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  • il y a 2 semaines
Retrouvez notre soirée spéciale « Incendie dans le Var », présentée par Brigitte Boucher, sur BFMTV, ce samedi 1er août 2026.

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00:01Ce soir, en tout cas, nous sommes satisfaits parce que les sapeurs-pompiers et toutes les personnes engagées dans les
00:08airs et à terre
00:09ont réalisé un véritable exploit en réussissant à mettre en oeuvre la stratégie telle qu'elle avait été définie hier
00:16soir.
00:17Nous restons prudents parce que le combat continue, les vents changent, ils sont parfois tournoyants,
00:26que la vérité d'un soir n'est pas forcément la vérité du lendemain matin.
00:30Mais ce qu'on peut dire, c'est que les 24 heures qui viennent de se passer ont été des
00:35heures d'âpres combat
00:37et d'une bataille qui a été gagnée, qui est remportée ce soir, même si ce n'est pas la
00:42fin de la guerre contre ce feu du gros baissillon.
00:45Nous avons réalisé, les avions ont réalisé, les hélicoptères ont réalisé 450 largages aujourd'hui
00:52sur les communes de Corrance, de Montfort-sur-Argence, du Val.
00:56C'est un record et c'est un chiffre qui explique pourquoi le feu, qui n'est pas du tout
01:03fixé ce soir, est stabilisé.
01:06Il est resté dans son enveloppe et hier soir, il y a eu des brûlages tactiques pour éviter que du
01:12combustible
01:13ne soit à disposition ce matin à la reprise du Mistral.
01:16Il y a eu des reconnaissances tous azimuts, il y a eu de la pause retardant, que ces 450 largages
01:22sont venus compléter toute la journée
01:24avec le résultat que je viens de dire.
01:28Le bilan, alors qu'on était à 1500 hectares hier soir, nous sommes à 1800 hectares ce soir,
01:33ce qui prouve aussi comment l'enveloppe a été contenue.
01:38Bonsoir à tous et bienvenue dans BFM Grand Soir, nous sommes ensemble jusqu'à minuit,
01:42une édition très largement consacrée aux incendies, celui du Var en priorité.
01:48Il a redémarré hier dans le massif du Gros Bessillon, 1800 hectares ont été parcourus.
01:54La progression est contenue ce soir, la situation reste néanmoins extrêmement précaire
01:59et à très haut risque jusqu'à 22 heures à cause du vent et de la chaleur.
02:041700 pompiers sont toujours mobilisés, 5 canadaires, 3 dèches et 3 bombardiers d'eau également.
02:10En revanche, en Gironde, le feu est désormais fixé, 90% des habitants ont pu rentrer chez eux
02:15à l'exception de ceux de l'Eche-Cap-Ferret.
02:17Le trafic ferroviaire est aussi rétabli, la vie reprend,
02:21mais les pompiers restent extrêmement vigilants face à une reprise éventuelle des feux.
02:26Les incendies sont globalement aujourd'hui sous contrôle,
02:30déclaration du Premier ministre Sébastien Lecornu.
02:34Nous allons vous faire vivre évidemment ces événements avec toutes nos équipes déployées sur le terrain,
02:38mais aussi de nombreux témoignages d'habitants, d'élus et nos experts en plateau.
02:43On prend tout de suite la direction de Montfort sur argent dans le Var, bien sûr.
02:49Francesco Carveli, vous êtes avec Emma Arnault.
02:51Quelle est l'évolution de la situation ce soir ?
02:57Eh bien pour l'heure, l'évolution de la situation, c'est qu'il y a quelques reprises de feu,
03:01comme vous pouvez le voir sur ces images d'Emma Arnault.
03:03On voit des flammes tout simplement prendre de la lévation,
03:07de les hauteurs de 2, 3, 4 mètres qu'on peut apercevoir à plusieurs centaines de mètres.
03:11On voit également de la fumée noire à 3, 4 points précis sur ces collines du gros Bessillon.
03:17Et effectivement, on voit encore des allers-retours de dash pour lâcher du retardant.
03:23Et en attendant, sur la voie terrestre, on voit également l'arrivée de beaucoup de colonnes de sapeurs-pompiers
03:28qui viennent, il faut le dire, de toute l'hexagone, que ce soit des sapeurs-pompiers qui viennent de Gironde,
03:32mais aussi des Alpes de Haute-Provence, de Hudson.
03:35En fait, vous le voyez, tous les moyens sont mis en œuvre pour tenter de contenir ce feu.
03:39Alors, c'est une bataille de gagné, disait tout à l'heure le préfet Duvar.
03:43Pour autant, le combat continue sur le terrain.
03:46Et ce sont les moyens terrestres qui vont permettre de continuer à contenir ce feu, ces flammes, cet incendie.
03:53Mais pour autant, il y a encore beaucoup de travail à faire.
03:55C'est une étape de franchime.
03:57Il y a encore un combat à poursuivre.
03:59Et dans la foulée, on espère, c'est en tout cas les échanges que nous avons pu avoir avec les
04:03sapeurs-pompiers,
04:04parvenir à mieux maîtriser ces départs de flammes qui sont parfois de manière impromptue.
04:08Mais cette fois, ça va se passer dans la nuit, avec une meilleure occupation du terrain,
04:13ce qui n'était pas possible tout au long de l'après-midi, comme on a pu le constater.
04:17Et on espère justement pouvoir arrêter de voir ces départs de feu intempestifs,
04:21ces fumées noires qui continuent de polluer un petit peu ce paysage du département du Var.
04:28Merci, Francisco Carveli.
04:30Donc, avec Emma Arnaud qui vous accompagne.
04:34Pénélope, Hérault, on va faire un petit point parce que ce qui était vraiment très critique,
04:38c'était les vents, c'était le Mistral qui rendait cette situation à haut risque jusqu'à 22h.
04:42Quelles sont les prévisions dont vous disposez ?
04:45Alors, la bonne nouvelle, c'est qu'à l'heure où l'on se parle, effectivement,
04:47là, le Mistral, c'est quand même adouci.
04:50En l'occurrence, cet après-midi, on avait des rafales à 30-40 km heure.
04:54Là, on est plutôt autour des 10-15.
04:57Autant vous dire que donc, c'est quand même une amélioration.
04:59Il faut le souligner, c'est aussi important.
05:00Bon, maintenant, une fois qu'on a dit ça, pour la nuit, eh bien, on va avoir une nuit tropicale.
05:05C'est-à-dire qu'on ne va pas descendre sous la barre des 22 degrés.
05:08Donc, effectivement, nuit tropicale qui s'annonce.
05:11Et donc, il y a évidemment un enjeu dans ce contexte d'éviter la propagation du feu cette nuit.
05:15Et puis, demain, des températures caniculaires qui repartent encore à la hausse avec près de 38 degrés.
05:20Mais je dois quand même souligner ce vent qui va changer de direction,
05:24qui pourra apporter un peu plus d'humidité.
05:25On aura un vent de secteur sud-est, donc un vent marin.
05:28Mais bon, là encore, avec des rafales qu'il faudra surveiller, 30-40 km heure.
05:33Voilà, changement de direction.
05:34C'est ce qu'a annoncé le préfet Simon Babre tout à l'heure, le préfet du Var.
05:38Et ce qui laisse donc espérer qu'effectivement, le feu, en tout cas, ne progresse pas dans cette direction actuellement.
05:46Stéphane Lessir, bonsoir.
05:48Vous êtes sapeur-pompier, porte-parole délégué départemental du syndicat Sud 1089.
05:54Quand on entend le préfet ce soir nous dire que le feu est contenu, que le feu est stabilisé, qu
06:03'est-ce que ça veut dire précisément ?
06:05Alors, ça veut dire que le feu n'évolue plus, ne se déplace plus.
06:09Mais la situation, pour autant, n'est pas du tout sécurisée.
06:12Vous l'avez très bien dit, le vent peut repartir.
06:14La sécheresse, de toute façon, elle dure déjà depuis plusieurs semaines.
06:18On n'est que le 1er août.
06:19Il nous reste encore août, septembre, voire octobre.
06:21On va parler des feux jusqu'au mois d'octobre-novembre.
06:25Je vous le dis, la Gironde, on ne dira pas feu éteint.
06:27La Gironde, en plus, la particularité, c'est d'être sur de la tourbe.
06:30Donc, il va falloir tout gratter.
06:32Il va falloir tout arroser.
06:33Les journalistes seront tous partis.
06:35C'est ce que je disais encore hier à vos confrères, que nous, on sera toujours sur place en train
06:38de tout éteindre.
06:39Et on peut annoncer que le feu est fixé, circonscrit, et puis il repartira.
06:44Il faut bien comprendre que ce n'est pas un on-off.
06:46On n'est pas sur un feu de barbecue.
06:47On est sur un feu de végétation, des densités énormes.
06:50Si vous prenez la Gironde, la particularité de la Gironde, c'est quand même que c'est que du résineux.
06:54C'est l'essence de térébenthine, essence, chaleur.
06:57Donc, les gaz s'enflamment et ça repartira.
07:01Donc, pour l'instant, il n'y a rien de...
07:02Oui, la situation est mieux.
07:03Et ça, il faut s'en réjouir.
07:04Il faut se réjouir qu'il n'y ait pas de population décédée.
07:08Il faut quand même s'inquiéter.
07:09On a quand même des pompiers professionnels, volontaires.
07:11Alors, il y a 1 700 pompiers qui sont sur le pont, là, on pourrait dire.
07:15C'est un département complet.
07:16C'est beaucoup, hein ?
07:16C'est un département complet.
07:17C'est ça.
07:18Si je prends le département d'Ougien, Lyon, il y a 1 700 pompiers, volontaires et professionnels.
07:22Donc, ça dit de l'ampleur de cet incendie.
07:25Mais ce que je veux vraiment vous faire comprendre, c'est qu'aujourd'hui, on dit que c'est un
07:27feu exceptionnel.
07:28Demain, ce sera un feu, dans les futures années, ce sera un feu normal.
07:33Il y aura pire.
07:34On a eu 20 000 l'an dernier, il y a deux ans.
07:3740 000 cette année.
07:38Peut-être 60 000 dans un an, deux ans, trois ans, je n'en sais rien.
07:41Je n'ai pas ma boule de cristal.
07:42Mais des phénomènes climatiques dus au dérèglement climatique, on va en prendre tout le temps.
07:46On aura des épisodes sévenoles, on aura des feux de forêt, on aura des méga-tempêtes en hiver.
07:50Il va falloir qu'on s'habitue à ça et qu'on se prépare.
07:52Et c'est là où on pêche.
07:53Ce n'est pas sur les hommes qui sont sur le terrain, les femmes et les hommes qui sont sur
07:56le terrain.
07:56Ça marche très bien, en fait.
07:57On a la même formation.
07:59Il faut bien le comprendre.
08:00Que l'on soit à Lille, à Marseille ou à Nantes, on a exactement la même formation sur les feux
08:05de forêt.
08:05On en mange.
08:06On sait ce que c'est.
08:07On sait que c'est compliqué, que ça fait mal.
08:09Mais on sait ce qu'on a à faire.
08:10Par contre, on a une impréparation et qu'il va falloir retravailler.
08:14Et ça, les syndicats le disent depuis des années.
08:16Je le rappelle.
08:17On va retrouver Coralie, qui est témoin de cet incendie, qui a repris vigueur hier dans le Var.
08:24Vous êtes à Corrance.
08:25Corrance, qui est une des communes qui a été confinée.
08:30Et puis aujourd'hui, le préfet vient d'annoncer que vous pouvez désormais sortir de chez vous.
08:36Racontez-nous surtout cette reprise de feu que vous avez vue hier.
08:41Décrivez-nous.
08:43Bonsoir.
08:44Alors, effectivement, là, actuellement, je suis à Toulon.
08:47J'ai pu partir de Corrance.
08:49Et en fait, ça a démarré hier, en début d'après-midi, où nous avons aperçu plusieurs canadaires passer.
08:57Et nous avons entendu l'alarme résonner dans le village.
09:01Et au moment de sortir, en fait, on s'est aperçu que le feu était beaucoup trop avancé.
09:05On n'a pas eu le temps de s'en aller.
09:07On a voulu.
09:08On a essayé d'aller jusqu'aux voitures.
09:09C'était trop tard.
09:10Le village était complètement affolé.
09:13Les personnes partaient de tous les côtés avec leurs bagages, leurs enfants à bout de bras.
09:18D'autres essayaient de prendre des vélos, des voitures, des motos pour essayer de s'en aller.
09:22Alors, c'était compliqué parce qu'en plus de ça, ça bloquait l'accès aux pompiers.
09:25On ne savait pas trop où aller.
09:27On était un peu dans la précipitation.
09:29Le vent, enfin, le feu avançait très vite.
09:32Et du coup, on a été redirigé vers le château de Corrance où on a été confiné sous masque avec
09:39les autres habitants.
09:41Et une fois que la situation s'est un petit peu apaisée, on nous a demandé de regagner nos habitations
09:47respectives pour être confiné.
09:49Mais c'était très compliqué.
09:50On a passé une nuit d'horreur parce que, concrètement, on avait les flammes autour de nous.
09:55On savait qu'on était encerclés par les flammes.
09:58Et on n'avait plus d'eau, plus d'électricité, plus de réseau.
10:02Impossible de contacter nos familles.
10:03C'était très compliqué.
10:05Personne ne venait nous voir.
10:06C'était une nuit très stressante, très, très stressante, vraiment.
10:10Coralie, dans quel état psychologique vous êtes aujourd'hui ?
10:13On sent évidemment la douleur et la difficulté que vous avez eue à vivre cet événement hier.
10:19Comment vous vous sentez là, aujourd'hui ?
10:22Je suis très émue parce qu'on a vu des choses qu'on ne devrait pas voir.
10:27C'était horrible.
10:29Des flammes gigantesques.
10:30Les personnes qui portent leur douleur en eux, on voyait la peur dans le regard des gens.
10:37Et personne ne savait quoi faire.
10:39En fait, on se sent impuissant à ce moment-là.
10:41Et c'est vraiment un sentiment horrible.
10:44Le fait d'être confiné, ça vous a procuré du stress supplémentaire ?
10:50Énormément.
10:50De se dire qu'éventuellement, les flammes pourraient arriver jusqu'à vous ?
10:54Oui, complètement.
10:55Parce que déjà, on n'a pas dormi de la nuit.
10:57Et en plus de ça, au moment de vouloir essayer de dormir, on a regardé par la fenêtre et on
11:03voyait les flammes par la fenêtre.
11:05Donc on se disait, en fait, on est confiné dans un endroit.
11:07Parce que, je voudrais préciser ça aussi, on nous dit souvent que les villages autour, notamment Montfort, Château Vert, etc.,
11:16qui ont été évacués.
11:17Nous, nous n'avons pas été évacués.
11:19Nous avons été confinés.
11:20Donc c'est pire.
11:21En fait, on se dit qu'on est entouré par les flammes et que nous n'avons aucune issue, puisque
11:25les routes qui permettaient l'évacuation des personnes étaient enflammées.
11:30Donc en fait, on n'avait pas d'issue de secours.
11:32Alors aujourd'hui, comment est la situation ?
11:34Là, par exemple, ce soir, vous voyez encore des flammes de chez vous ou ça s'est considérablement calmé ?
11:41Alors moi, là, actuellement, j'ai regagné Toulon, la ville de Toulon, parce qu'on a réussi à s'enfuir
11:47ce matin.
11:48Alors c'est ma cousine qui est venue nous chercher par un sentier qu'elle a réussi à trouver en
11:53voiture.
11:54Elle a réussi à venir nous chercher.
11:55Donc on a pris nos voitures et on s'est en allées.
11:58Mais c'était compliqué.
11:59Ça fumait encore au bord de la route.
12:02Les paysages étaient apocalyptiques.
12:04C'est vraiment la fin du monde.
12:06Et nous, alors actuellement, je ne suis plus à Corrance.
12:08Mais en tout cas, j'ai eu des nouvelles un petit peu de mes cousines qui habitent le secteur.
12:13Et ils sont toujours confinés à l'heure actuelle.
12:15Et on va leur apporter des repas.
12:18On va leur apporter de l'eau.
12:20Et voilà.
12:21Mais à l'heure actuelle, ils sont toujours confinés.
12:23Elles sont inquiètes, vos cousines, là, que vous avez pu joindre ?
12:26Elles sont très inquiètes parce que la situation, elle n'évolue pas dans le bon sens.
12:31Ça continue.
12:32Il y a toujours des flammes.
12:33Il y a toujours le feu.
12:34Voilà.
12:35Vous faites confiance aux pompiers, quand même, qui travaillent, qui sont à pied d'oeuvre
12:38pour s'y conscrire, cette incendie.
12:41Oui, complètement.
12:42D'ailleurs, j'aimerais leur adresser un mot.
12:44Ils ont fait un travail remarquable.
12:45Et franchement, c'est inimaginable.
12:48Tout ce travail qu'ils fournissent, c'est incroyable.
12:51Et puis aussi, la solidarité des personnes, des habitants.
12:56Tout le monde essaye de faire de son mieux.
12:58Et c'est très touchant.
13:00Votre espoir, désormais, c'est de rentrer chez vous, de pouvoir regagner votre maison ?
13:07Alors, actuellement, oui, j'ai regagné ma maison.
13:09Mais c'est parce que ce matin, on a pris la décision de s'en aller très tôt.
13:12Et on a réussi.
13:13Mais c'était dangereux.
13:16Voilà.
13:18Merci, merci Coralie.
13:19On aurait dit la fin du monde.
13:21Voilà ce que vous venez de déclarer sur BFM TV.
13:24Je vous ai vu faire nom de la tête, Stéphane Lessier,
13:28parce qu'elle disait, cette habitante, il n'y a aucune issue.
13:32Vous, vous avez l'air de dire qu'effectivement, on peut toujours quitter les lieux,
13:36même si on demande aux habitants de rester confinés ?
13:38Non, ce que je voulais appuyer sur un terme qui est important, c'est le confinement.
13:43Coralie a l'impression que le fait d'être confinée, elle est en danger.
13:45En fait, si on ne l'évacue pas, elle l'a très bien dit d'ailleurs dans la deuxième partie
13:49de son propos,
13:50c'est que les routes sont en feu.
13:51Donc en fait, on va l'exposer à un danger.
13:53Donc à un moment donné, il vaut mieux, et ça se fait dans toutes les missions sapeurs-pompiers,
13:56on confine des fois et on évacue d'autres fois.
13:59On a des fuites de gaz où on va confiner les gens et on ne va pas les évacuer.
14:02En l'occurrence, il vaut mieux confiner dans un village.
14:04On sait que la population est là, plutôt que de les voir tous partir dans tous les sens.
14:07Alors là, pour le coup, en Gironde, il n'y a qu'une route, donc il n'y a pas
14:0950 routes.
14:10Mais projetez-vous sur le reste du pays.
14:12Il vaut mieux confiner les gens.
14:14On sait où ils sont.
14:15Quand la situation est maîtrisée par les sapeurs-pompiers,
14:17avec les forces de l'ordre, on peut les évacuer ou en rester là.
14:20Donc je comprends très bien.
14:21Et ce qui est important, et je voudrais vraiment appuyer aussi là-dessus,
14:24c'est qu'on est en train de dépenser des milliards,
14:26mais on dépense aussi des milliards dans les maladies post-traumatiques en fait.
14:29Parce qu'elle l'a très bien dit, en fait, elle le vit très mal.
14:31Vous savez, quand vous avez 20 mètres de flammes en face de vous,
14:34vous soyez sapeurs-pompiers, nous on est formés pour ça, d'accord.
14:36Mais je peux vous dire que quand vous l'avez en vrai,
14:38entre la formation et la vérité, c'est autre chose.
14:40Et la chaleur, exactement.
14:41Toute la chaleur, le ressenti, cette odeur.
14:43Moi, j'étais à Montpellier ce week-end, je sentais le feu de Bordeaux.
14:47Je vous dis simplement que les gens appelaient le 18 pour dire, il y a le feu.
14:50Non, c'était l'odeur de Bordeaux qui se déplaçait.
14:52Vous voyez la distance ?
14:53Donc on est vraiment sur un phénomène, certes exceptionnel,
14:56mais on doit aussi expliquer aux populations qu'elles ont un rôle à jouer,
15:00qu'elles ne peuvent pas faire tout et n'importe quoi,
15:02et qu'elles doivent aider les sapeurs-pompiers.
15:04Je ne dis pas d'aller éteindre le feu à notre place, mais il y a tout.
15:06En tout cas, respecter les consignes, celles qui sont données.
15:08Voilà, si on le fait, si les autorités, pour le coup, décident ça,
15:11c'est qu'il y a une raison, il faut faire confiance à l'État pour ça.
15:13Miguel Musquet, vous êtes spécialiste de la prévention des risques naturels.
15:17Qu'est-ce qu'on enseigne finalement à ces habitants qui sont dans des lieux,
15:22des endroits qui peuvent être menacés, soit par les incendies,
15:25mais aussi par d'autres catastrophes naturelles ?
15:28C'est la notion d'exercice, de culture du risque,
15:31c'est l'exercice qui permet vraiment de vivre dans sa chair,
15:33comme vous le disiez très bien, ce que ça va demander d'être confiné.
15:36Ça peut paraître contre-intuitif, mais ce qu'il faut avoir en tête,
15:39c'est que l'exercice, il a pour but d'avoir des réflexes.
15:43C'est-à-dire qu'on n'est pas à chercher l'information,
15:46qui j'appelle, quel numéro, quelle fréquence, quelle radio j'écoute, etc.
15:49L'exercice, il est obligatoire aujourd'hui, maximum tous les cinq ans,
15:53dans la loi Matras, il est inscrit qu'à l'échelle des intercommunalités,
15:59ces communes doivent rédiger ce qu'on appelle des plans intercommunaux de sauvegarde,
16:02d'ailleurs à Bordeaux, Métropole, et du côté du Médoc Atlantique,
16:07ou de la Cobane, du côté de la Gironde,
16:10ces intercommunalités ont inscrit un document dans lequel elles sont solidaires entre elles,
16:15ce qu'elles doivent faire, qui s'occupe de quoi, de la nourriture,
16:18ce qui facilite pour avoir été sur le terrain toute la semaine, croyez-moi,
16:22ces élus sont en première ligne, ce sont ceux qui assurent la nourriture,
16:26l'approvisionnement en eau, l'hébergement, héberger tous ces pompiers,
16:30il faut imaginer les lipicaux qu'il faut déployer, les gymnases qu'il faut réquisitionner,
16:34et tout ça, ça ne profite pas.
16:35Et c'est grâce à ces exercices que ces élus acquièrent ces compétences,
16:39c'est grâce aussi à ces exercices que la population acquiert les bons réflexes,
16:43pour qu'en cas d'aléa, quel qu'il soit, là on est sur du feu,
16:47ça aurait pu être un tsunami, ça aurait pu être une crue, une inondation,
16:53mais qu'elles puissent vraiment faire ce qu'il faut,
16:54et qu'on puisse avoir aussi des personnes qui ont des compétences pour les soins,
16:58pour les transmissions, avec des radiamateurs en sécurité civile, par exemple,
17:02d'accompagner aussi sur la nourriture, sur la distribution d'eau potable,
17:06parce que c'est aussi ce qui va souvent manquer.
17:08Vous voyez, je regardais avant le plateau les puissances radiatives,
17:12c'est-à-dire l'énergie qui a été émise par ces feux,
17:15on est à 6200 mégawatts en pic sur ce feu-là.
17:196200 mégawatts, c'est six tranches de centrales nucléaires.
17:22Ça fait 3 millions de Français potentiellement alimenter l'électricité
17:25si on doit convertir et avoir une équivalence.
17:27Un Canadair va larguer 56 000 litres d'eau.
17:30Donc il faut imaginer toute l'eau qui est nécessaire pour pouvoir éteindre ces feux.
17:35Les moyens à l'échelle de la puissance du feu sont ridicules,
17:39mais ils sont nécessaires pour pouvoir au moins à minima le contenir
17:42et éviter malheureusement qu'ils fassent des dégâts et des morts.
17:45On va retrouver Célia Vallée qui est avec l'adjointe à la mairie de Montfort-sur-Argent.
17:50Là-bas, on a transformé effectivement des lieux pour accueillir des personnes évacuées.
17:58Alors on est à quelques centaines de mètres sur la commune de Montfort-sur-Argent.
18:02Vous voyez, on va la fumer de là où on est.
18:04Quelques centaines de mètres de l'incendie.
18:06Ici, effectivement, on est dans une cave, une cave à vin, qui s'est transformée en poste de commandement,
18:11en endroit un peu de repli et de réconfort pour les pompiers, pour les gendarmes,
18:15pour tous ceux qui veulent venir ici.
18:16Il y a des dons, effectivement, et on va essayer de poser la question à Stéphanie.
18:21Excusez-moi Stéphanie, vous êtes un peu débordée.
18:23Vous êtes au téléphone.
18:24Bon, d'accord, on reviendra vous voir dans cinq minutes.
18:25On va vous montrer ce qui se passe ici.
18:26Regardez, il y a des dons, il y a de la nourriture, il y a des lingettes pour les pompiers,
18:30il y a également des sanitaires.
18:32C'est ici, leur point de repli, là où ils peuvent trouver du réconfort.
18:36Stéphanie, racontez-nous comment ça se passe ici, alors.
18:39Donc ici, il y a le PC des pompiers.
18:44Et ensuite, on est la base de ravitaillement des pompiers aussi.
18:51On a à peu près entre 500, 600, voire plus, pompiers qui viennent pour récupérer à manger, à boire,
19:03se reposer aussi un petit peu.
19:06Ce sont des dons de la mairie, des associations.
19:09D'où viennent toutes les victuailles qu'on voit sur les images de Margot Vizade ?
19:13Alors, on a une partie, tout ce qui est sandwich depuis quelques temps est livré directement par le SDIS,
19:23donc par les pompiers eux-mêmes, qui est répartie sur les différents points.
19:30Et l'eau aussi, enfin une partie de l'eau aussi.
19:33Mais après, tout ce qui est le reste, fruits, gâteaux, chips, etc.,
19:39tout ça, ce sont des dons.
19:43Ce sont des dons, et c'est aussi des achats aussi de la commune,
19:50et des dons de particuliers, d'associations,
19:54et qui viennent un peu de différents adhommes.
19:59On ne voit pas forcément ici à côté, quoi.
20:01Merci beaucoup. On vous laisse, parce que vous êtes au point d'accueil de ce poste de commandement,
20:05de ce point de repli.
20:06Il est au vert depuis une dizaine de jours maintenant.
20:08Il avait refermé plus ou moins, alors que le feu était fixé.
20:11Mais forcément, vous l'avez compris, il y a eu besoin de le réouvrir.
20:14Donc voilà, les pompiers peuvent venir ici se reposer et se ravitailler.
20:18Merci, Célia Vallée.
20:19C'est la solidarité dont nous parlait cette habitante aussi tout à l'heure,
20:23et puis cette organisation, Gaëlle Musquet, que vous évoquiez aussi.
20:27Stéphane Lessir, je voudrais que vous nous commentiez ces images qu'on voit en direct à l'écran,
20:33des images de Montfort sur Argent dans le Var,
20:35avec cette importante fumée noire qui se dégage de la forêt.
20:40Qu'est-ce que ça veut dire ?
20:41Bon, là, l'image est figée.
20:43Ce qui serait intéressant, c'est de voir le développement de la fumée,
20:45c'est-à-dire voir si elle est dense, si elle se développe rapidement.
20:47C'est-à-dire qu'en fait, plus vous allez voir...
20:49Alors, l'image est en direct, donc ce n'est pas figé.
20:51Donc, ce n'est pas figé, je pensais que c'était juste une image.
20:53Si c'est une vidéo, en fait, ce qu'il faut comprendre, c'est que le feu se nourrit par
20:56l'oxygène.
20:57Il est capable, vous l'avez vu en Gironde, il est capable même de créer sa propre météo.
21:02Là, vous voyez que...
21:02Là, on a une fumée qui est assez dense.
21:04Elle est dense, certes.
21:05Oui, elle est dense.
21:06Pour un sapeur-pompier, elle n'est pas non plus excessivement dense,
21:09mais surtout, elle ne se déplace pas à une vitesse de fou, en fait.
21:11C'est-à-dire qu'il n'y a pas un apport d'oxygène important,
21:13ce qui fait que le nuage se déplace.
21:15Là, en plus, la nuit tombe, on ne voit pas de flamèche.
21:17Ça veut dire que la progression est moins importante ?
21:20Pour moi, oui. Après, je ne suis pas sur le terrain, je ne vais pas vous mentir.
21:22Mais pour moi, de voir ça comme ça, justement, je pensais que c'était plutôt une photo,
21:26plus que... Bon, là, je vois le camion passer, donc effectivement, c'est bien une vidéo.
21:29Mais ça ne me paraît pas non plus être quelque chose d'aussi grand que ce qu'on a connu
21:34précédemment.
21:34Je voulais juste revenir sur quelque chose, sur le fait que la population n'est pas prête.
21:40Je vous aurais quand même rappelé qu'en 2017, le président Macron avait promis ça, justement,
21:45le fait qu'on allait éduquer les Français à ça.
21:47On est capable, aujourd'hui, de faire les gestes qui sauvent
21:49pour sauver une personne qui fait un arrêt cardiaque.
21:51C'est génial, c'est très bien ce qu'on fait.
21:53On a mis tout ça en place.
21:54Mais aujourd'hui, la population, elle a un rôle à jouer dans cette naissance de feu.
21:57Vous connaissez le dicton des sapeurs-pompiers.
21:59Une minute, deux minutes, trois minutes.
22:01Une minute, un verre d'eau.
22:02Deux minutes, un seau d'eau.
22:03Et trois minutes, une tonne d'eau.
22:05Vous voyez ?
22:06Mais ça, c'est en mode normal.
22:07Pas sur un feu, comme on peut connaître en Gironde,
22:09où on est sur des choses complètement folles.
22:12Donc, vous vous dites qu'il faut former, effectivement,
22:14mais à l'ensemble des risques naturels.
22:15Exactement.
22:16Sur cette fumée qui est noire, qu'est-ce que ça signifie, en fait ?
22:21Ça signifie déjà qu'il faut porter des masques.
22:23Parce que la fumée, elle est nocive.
22:25Ce n'est pas parce que c'est simplement du verre qui brûle.
22:28Donc, déjà, il faut que la population se protège de tout ça.
22:30Ce n'est pas anodin.
22:31Nos sapeurs-pompiers mangent beaucoup de fumée en ce moment.
22:34On pourra certainement en reparler.
22:36Donc, voilà.
22:37Ce qu'il faut vraiment comprendre, c'est qu'il faut surveiller ce qui se passe.
22:40La problématique qu'on a aussi, c'est que les feux sont tournants.
22:42Donc, ça, c'est un vrai problème.
22:44Parce que quand on décide de faire une ligne d'attaque à un endroit,
22:47qu'on prépare nos engins,
22:49et que le feu décide au dernier moment de tourner,
22:52tout ce qu'on a préparé avant ne sert plus à rien, en fait.
22:54On a évoqué des feux tourbillonnants et le préfet, des feux de toupie.
22:59Qu'est-ce que ça...
23:00Mais c'est un fou.
23:01Ce n'est pas le préfet, bien sûr.
23:03Mais je parle bien du feu, en fait.
23:05C'est un feu qui devient hors de contrôle, finalement.
23:06Mais c'est ça, en fait.
23:06Il fait ce qu'il veut, en fait.
23:07Quand on dit qu'il crée sa propre météo, il crée sa propre météo.
23:10Quand il arrive à créer un orage,
23:12et on a eu quand même des sauts de flammes,
23:14vous comprenez bien, un kilomètre.
23:15Un saut de flammes, un kilomètre.
23:17Vous vous rendez compte ce que ça représente ?
23:18Quand vous avez vos hommes et vos femmes disposés à un endroit,
23:20que vous attendez l'ordre pour envoyer l'eau,
23:23que le feu passe de l'autre côté et qu'il est un kilomètre derrière vous,
23:26là, ça devient très dangereux, en fait.
23:28Donc, on est sur quelque chose qui est hors de contrôle, effectivement.
23:30On n'est pas sur la même météo à l'endroit de la Gironde
23:33qu'on sera ailleurs en France.
23:34Mika Blujon-Mérède, on est dans une situation
23:37qui est, en fait, assez exceptionnelle, quand même.
23:40Alors, oui, elle est évidemment exceptionnelle.
23:42Mais comme l'a dit très justement notre collègue un peu plus tôt
23:45pour commencer cette émission,
23:46et bien, effectivement, c'est le début d'une nouvelle normalité.
23:49Et ici, il faut bien se rendre compte, encore une fois,
23:51de ce dont on parle.
23:52On a un coup de chance vis-à-vis de ce feu, ici, dans le Var.
23:56C'est qu'il se soit redéclenché à cette magnitude,
23:59à cette force-là, pile au moment,
24:02c'est-à-dire le lendemain, littéralement,
24:03où le feu en Gironde a été véritablement stabilisé et fixé.
24:08Donc là, pour le coup, c'était un vrai coup de chance,
24:11dans le sens où c'est pas qu'on aurait manqué de moyens,
24:14de canadaires, etc., s'il avait fallu.
24:16Mais ça aurait été le début de quelque chose qui nous attend,
24:18effectivement, à l'avenir,
24:19c'est-à-dire une situation où, avec l'extension géographique des zones,
24:24en France, propice aux feux de forêt,
24:26et bien, de fait, on risque d'avoir plusieurs feux significatifs,
24:31en même temps, en divers points du territoire.
24:34C'est la raison pour laquelle...
24:35C'est le cas, quand on regarde la carte des feux,
24:37je pense que vous pouvez le confirmer, M. Pénélotin.
24:39Oui, tout à fait.
24:40Et d'ailleurs, c'est documenté, notamment,
24:42par les scientifiques, ça fait déjà plusieurs dizaines d'années
24:44qu'on le sait, ce risque de feux de forêt progresse
24:47de plus en plus vers les régions du Nord.
24:49Il touche aujourd'hui des pays comme l'Angleterre, par exemple.
24:52Donc, effectivement, ça en dit long.
24:54Et peut-être, pour reprendre les termes qui ont déjà été dits,
24:58effectivement, quand on analyse un petit peu
25:00les projections futures en 2050,
25:02et je ne vous parle pas non plus d'un futur extrêmement loin,
25:042050, c'est demain,
25:06les scientifiques tablent sur 5 fois plus de vagues de chaleur.
25:09Et 10 fois plus d'ici 2100 ?
25:11Effectivement, et 2 fois plus de journées
25:12qui seront concernées par ce risque d'incendie.
25:14Bon, une fois qu'on a dit ça...
25:16D'où la nécessité, effectivement, de se former,
25:18de former la population...
25:19C'est exactement ce que...
25:19Tout à fait.
25:20C'est de l'éducation, de la prévention,
25:21mais aussi, je me permets de le redire ici,
25:23c'est aussi de la réduction.
25:25D'un moment, il faut appeler un chat, un chat,
25:27permettez-moi,
25:27mais il faut aussi réduire massivement
25:28nos émissions de gaz à effet de serre
25:30qui sont de l'origine du problème.
25:32Anthony est au Val.
25:34On va poursuivre le débat dans un instant en plateau.
25:37Anthony, vous n'êtes pas loin de l'incendie.
25:39Qu'est-ce que vous voyez ?
25:40Est-ce que vous pouvez nous décrire
25:42ce que vous apercevez ?
25:45Nous, on voit les flammes,
25:46on voit la fumée,
25:48on voit...
25:49En fait, globalement,
25:50c'est à même pas un kilomètre de chez nous, quoi.
25:54Là, ils nous ont demandé d'évacuer.
25:56Nous, on reste sur le secteur.
25:58Parce qu'on voit que ça n'a pas l'air
25:59trop, trop non plus tendu au centre du Val.
26:02Mais apparemment, ouais, ouais.
26:04Nous, on a un ami qui habite justement
26:05à côté du feu, qui est dans la colline, là.
26:07Et il a dû évacuer en urgence dans l'après-midi.
26:10Vous, vous ne voulez pas quitter votre maison ?
26:13Nous, non.
26:14On a décidé de rester.
26:15Parce que pour le moment,
26:16on voit que c'est pas...
26:18C'est pas encore trop tendu
26:20au centre du village, quoi.
26:22Est-ce que vous pouvez éventuellement
26:23tourner votre appareil
26:24pour nous montrer ce que vous voyez ?
26:27Est-ce qu'on peut apercevoir, nous,
26:29les flammes ?
26:31Nous, au centre du village,
26:32vous ne le verrez pas.
26:33Mais au centre du village,
26:35on ne le verra pas.
26:35Il faut vraiment aller un peu plus
26:36à l'extérieur.
26:37Mais en fait, il suffit de sortir de la maison
26:39et marcher 500 mètres
26:41qu'on le voit directement
26:42que c'est à...
26:42que c'est à même pas un kilomètre de nous.
26:45Ce sont des flammes qui sont très hautes,
26:47qui sont très importantes.
26:49Quel genre de feu, vous voyez ?
26:51C'est un bon feu, ouais.
26:52C'est un bon feu.
26:53Si on reçoit des alertes comme ça
26:55à longueur de journée,
26:56c'est que c'est un bon feu.
27:00Nous, globalement,
27:01on est plutôt jeunes,
27:01donc on n'a pas forcément la peur
27:03qu'on a plus peur pour les habitants
27:05parce que c'est un village
27:06un peu de vieux, quoi.
27:08C'est un village de vieilles personnes,
27:09de personnes âgées.
27:10Donc c'est plus tendu pour eux, quoi.
27:12Et ces flammes,
27:13vous les voyez depuis hier ?
27:16Ah ouais, ouais, ouais.
27:17Même depuis, en fait,
27:19depuis...
27:19Ouais, globalement, depuis hier, ouais.
27:21Avant, on ne voyait que la fumée.
27:22Mais là, ouais,
27:23là, depuis hier,
27:24c'est les flammes...
27:26Ça ne s'arrête pas, quoi.
27:27Pourquoi ne pas respecter
27:29la consigne, finalement,
27:31des pompiers qui vous disent
27:32d'évacuer ?
27:36Parce qu'on n'est pas touchés
27:38globalement dans le centre du village.
27:40C'est autour du village.
27:41Et nous, on peut partir, en fait,
27:43à tout moment.
27:43Donc, on préfère plutôt
27:45ranger nos affaires
27:46et préparer ce qu'il faut
27:47à l'avance
27:47pour ne pas être surpris.
27:49Mais globalement,
27:49je ne pense pas que ça risque
27:50d'arriver au centre du village.
27:52Vous avez préparé votre valise.
27:55Vous pouvez partir, là,
27:56dans l'urgence,
27:57si jamais on vous demande
27:58d'évacuer rapidement ?
28:00Oui, s'il faut vraiment évacuer
28:02dans la minute,
28:03c'est sûr qu'on partira directement.
28:06Mais là,
28:07ils ne sont pas venus
28:08toquer à la maison, quoi.
28:09Personne n'est venu
28:10mettre une alerte
28:11au centre du village.
28:12Ils nous ont envoyé
28:12le message comme quoi
28:13c'était préférable
28:14d'évacuer à Brignol,
28:15la ville d'à côté.
28:17Mais si ça continue comme ça,
28:18la prochaine fois,
28:19Brignol va devoir évacuer
28:20au village d'à côté,
28:21encore une fois.
28:22Et là, c'est catastrophique,
28:25ce qu'il se passe.
28:25Ça, c'est une scène
28:26d'apocalypse, quoi.
28:27On a envoyé des vidéos,
28:28je ne sais pas si vous avez vu,
28:29mais on n'a jamais vu
28:31de notre vie
28:31des avions frôler le sol
28:32haut en bas comme ça,
28:34des flammes haut en haut
28:35à 20, 25 mètres de haut,
28:37autant de pompiers,
28:38les routes barrées de partout.
28:40On n'a jamais vu ça
28:41de notre vie.
28:431700 pompiers
28:44qui sont mobilisés,
28:455 Canadair,
28:463 DASH et 3 bombardiers
28:47qui ont travaillé
28:48effectivement tout l'après-midi.
28:50C'était quoi ?
28:50C'était de l'eau
28:50qui déversait ?
28:51C'était du retardant ?
28:53Est-ce que ça a calmé
28:54le feu ?
28:58Non,
28:58ça n'a pas calmé le feu,
28:59non.
28:59Ils ont fait 450 largages,
29:01apparemment,
29:02d'eau,
29:02de retardants,
29:04avec les hélicoptères aussi,
29:05ils ont largué de l'eau.
29:08Ça continue de fumer
29:09et on ne sait pas
29:10juste où ça va aller.
29:12Vous n'avez pas l'air
29:13très inquiète,
29:14pas très stressée
29:14pour votre vie ?
29:16Si, en fait,
29:17moi, je ne m'inquiète pas
29:17pour moi,
29:18je m'inquiète plutôt
29:18pour les gens du village
29:19et ma grand-mère.
29:20Moi, j'ai ma grand-mère
29:21sur le village
29:21qui est en plus
29:21un peu handicapée.
29:23Donc, c'est plutôt
29:23pour ma grand-mère
29:24qu'on est tendue
29:24pour les gens du village
29:25qui sont plutôt âgés,
29:26ceux qui ne sont pas véhiculés,
29:28pour les maisons
29:28qui sont au centre du feu.
29:30Parce que là,
29:31comme on vous a dit,
29:31j'ai envoyé plein de vidéos.
29:33J'ai mon collègue
29:33qui est pareil,
29:34sa maison.
29:35Il y a deux heures,
29:36il m'envoyait les vidéos,
29:37le feu était derrière
29:38sa clôture.
29:38Là, il ne me répond plus.
29:40Je ne sais même pas
29:40si la maison n'a pas prise.
29:43Donc, en fait,
29:43on est un peu stressé,
29:44mais on essaie
29:45de ne pas le montrer.
29:46Vous ne voulez pas partir
29:47avec votre grand-mère ?
29:47Vous ne voulez pas
29:48aller la chercher ?
29:49Elle est juste à côté de moi,
29:51elle est dans l'appartement,
29:52juste à côté.
29:52Donc, on se tient aux news
29:54comme ils font.
29:55On est prêt à partir
29:56à tout moment.
29:58Merci, en tout cas,
29:59Anthony.
30:00Donc, au Val,
30:01c'est de là,
30:03tout près,
30:03en tout cas,
30:03qui est reparti
30:05cet incendie hier.
30:07Incendie qui touche
30:09le Var
30:09depuis le 21 juillet.
30:11Il était circonscrit
30:12le 28.
30:13Et puis,
30:13nous sommes au quatrième jour
30:15maintenant
30:16avec ce départ de feu.
30:19Je vous ai vu réagir,
30:20Stéphane Lessir,
30:22quand on reçoit un message,
30:23vous vous dites
30:24qu'il faut respecter
30:25les consignes,
30:26c'est ça ?
30:26Je ne vais pas faire
30:27de leçon de morale,
30:27je ne suis pas là pour ça,
30:28je suis sapeur-pompier,
30:29mais je ne peux pas comprendre
30:30que d'un côté,
30:31on dit ce que l'État ne fait pas
30:32et quand l'État envoie
30:33des informations
30:34pour demander aux populations
30:35de partir,
30:36que n'on parte pas,
30:37en fait.
30:38Ce monsieur, Anthony,
30:40qui est très jeune,
30:40qui peut se déplacer facilement,
30:42nous dit aussi
30:42que sa grand-mère est handicapée.
30:43Ce qu'il faut qu'ils comprennent,
30:44c'est qu'à un moment donné,
30:45s'ils ne sont pas partis
30:46et que la situation s'aggrave,
30:47les sapeurs-pompiers,
30:48la première chose,
30:48avant de sauver les forêts,
30:50on va sauver les gens.
30:51Donc la première chose
30:52qu'on va faire,
30:52on va déplacer des pompiers
30:53pour aller déplacer des gens
30:54à qui on a dit peut-être
30:553, 4, 5, 6 heures avant
30:56de se déplacer.
30:58Donc, on n'est pas plus fort
30:59que la nature, en fait.
31:00Si l'État vous dit,
31:02si le département,
31:02la préfecture vous dit
31:04quittez,
31:04allez dans la ville d'à côté,
31:05faites-le, en fait.
31:06Et je ne suis pas tout à fait
31:13sa maison serait au feu aujourd'hui,
31:14elle serait couchée, en fait.
31:16Donc, quand je vois, moi,
31:17la fumée qui se déplace,
31:18je suis désolé,
31:19les largages ont un effet.
31:21Ce que les sapeurs-pompiers
31:21sur place font ont un effet.
31:23Par contre, quand ce monsieur-là,
31:25et s'ils sont 10, 15, 20, 30,
31:26à dire la même chose,
31:27à dire non, on reste chez nous,
31:28mais ce n'est pas correct, en fait.
31:30Et c'est ce problème,
31:31en France, c'est quand même un problème.
31:32Et il va falloir aussi
31:33que ça, ça change.
31:34Parce qu'on ne peut pas applaudir
31:35les pompiers et dire
31:36c'est bien ce que vous faites.
31:36Et là, il met les pompiers
31:37en difficulté.
31:38Je vous le dis,
31:38si le feu,
31:39on ne sait pas ce qui va se passer
31:40cette nuit.
31:40Enfin, je ne sais pas
31:41ce que vous en pensez
31:41sur le plateau,
31:42mais ce n'est pas possible
31:43de faire ça.
31:44Je voudrais avoir votre avis,
31:44Nathalie Delat,
31:45sénatrice de Gironde,
31:47représentante de l'État aussi.
31:49Est-ce qu'il faut respecter
31:51les consignes ?
31:51Est-ce qu'en Gironde,
31:52on sait que le feu est fixé ?
31:5490% des habitants
31:55ont pu retrouver
31:57leur habitation.
31:58Pour autant,
31:58ça reste une situation
31:59qui est dangereuse quand même
32:02et beaucoup de vigilance
32:03face à une éventuelle reprise
32:04des feux.
32:05Vous êtes choqués
32:06parce que ce que vous venez d'entendre...
32:07Oui, bien sûr,
32:08c'est d'une irresponsabilité totale.
32:10Je crois que,
32:11vous savez,
32:11en 2022,
32:12nous l'avons connu déjà en Gironde,
32:13c'était un avertissement.
32:15En 2026,
32:16on vit un basculement.
32:18Et donc,
32:19entre-temps,
32:20on voit bien
32:20que c'est très difficile
32:22tant que les gens
32:22ne sont pas confrontés
32:23à grande échelle
32:24d'impulser
32:25une culture du risque,
32:27impulser
32:28une culture de prévention.
32:29C'est-à-dire que
32:29les gens vont maintenant
32:31écouter les consignes
32:32de sécurité,
32:33je pense,
32:33parce qu'ils se sentent
32:34en danger partout
32:35sur le territoire.
32:36Tant que ça arrive aux autres,
32:38eh bien,
32:38on ne se sent pas concerné.
32:39Aujourd'hui,
32:40évidemment,
32:41nous avons des plans
32:42communaux de sauvegarde
32:44qui ont été faits
32:45par des élus.
32:45Alors,
32:46en 2022,
32:47Philippe de Gonville,
32:48qui est le maire
32:49de l'Age-Cap-Ferré,
32:49n'a pas été touché.
32:50Et pourtant,
32:51il venait chaque jour
32:52au PC Sécurité
32:53de la test
32:54pour nous dire
32:55« Mais si ça arrive
32:56au Cap-Ferré,
32:57moi,
32:57je vais avoir des morts. »
32:58Et il a eu
33:00vraiment à cœur
33:00de faire son plan
33:02communal de sauvegarde
33:03et de faire
33:04deux exercices
33:06réels
33:07depuis 2022.
33:08Je me perds
33:09de couper,
33:09il a raison.
33:10L'Age-Cap-Ferré,
33:10c'est une des communes
33:11qui n'a pas pu voir
33:13ce qu'il y a de provenir
33:14chez elle.
33:14Vous avez vu,
33:15nous avons évacué
33:16la presqu'île notamment
33:17et nous avons évacué
33:18220 000 personnes.
33:19Nous n'avons pas eu
33:21de problème
33:21à la presqu'île
33:22de l'Age-Cap-Ferré.
33:23Les gens avaient pour consigne
33:24d'aller sur la plage.
33:25Il y a eu des rotations
33:26de bateaux.
33:27Toutes les communes
33:28n'ont pas encore
33:29effectué leur exercice réel.
33:31Il faut y passer.
33:32Il faut qu'il y ait
33:33des messages
33:35de prévention.
33:35Il faut que les gens
33:36se rendent compte
33:37que oui,
33:38dans certains pays,
33:38au Japon,
33:39vous avez tous les sacs
33:41de survie
33:41qui sont prêts.
33:43Là,
33:43je pense que...
33:45Est-ce que ça doit
33:46être décidé
33:47au niveau de la commune ?
33:49Sur la prévention,
33:50bien sûr,
33:51c'est à toutes les échelles.
33:52Il faut répéter
33:54du plus jeune âge
33:56jusqu'à des âges
33:57plus avancés
33:58ce qu'il faut faire.
33:59Et donc,
34:00bien sûr,
34:00préparer sa valise
34:01avec les papiers.
34:04Je l'ai dit plusieurs fois,
34:06il faut aussi...
34:06On sait que les bonbonnes
34:07de gaz
34:08sont très dangereuses
34:09pour les pompiers.
34:10Donc,
34:10on met soit dans la piscine
34:12si on en a une,
34:12soit on emporte
34:13sa bonbonne de gaz
34:14avec soi.
34:15On emporte ses animaux
34:16parce qu'on ne sait pas
34:17combien de temps
34:17on va être évacué.
34:19Donc,
34:19en fait,
34:19il faut vraiment maintenant
34:20que l'on change de paradigme.
34:22C'est-à-dire qu'il faut
34:23que l'on donne des moyens
34:24à la hauteur de...
34:25Moi,
34:26j'ai appris un nouveau mot
34:27en 2026,
34:28c'est pyro-cumulonimbus
34:29convectif.
34:30C'est le fameux orage
34:31de feu.
34:31En 2022,
34:32j'ai appris méga-feu
34:33puisque nous étions
34:34les premiers en Gironde
34:35à avoir des méga-feu.
34:36Et là,
34:36nous avons ces pyro-cumulonimbus
34:39convectifs
34:40qui sont des murs de feu.
34:41Voilà,
34:44ça va se passer partout,
34:45effectivement.
34:46Quelques semaines avant,
34:48quelques semaines avant,
34:49enfin,
34:49à l'échelle d'une vie,
34:51quelques semaines avant,
34:52nous avions des inondations.
34:53Nous avons appelé
34:54les pompiers à la rescousse
34:55parce que l'aréole,
34:56par exemple,
34:57était sous l'eau.
34:59Et nous avons eu
34:59des tempêtes.
35:00Donc,
35:01en fait,
35:01il faut se préparer
35:02à tous les risques.
35:03Pénélope,
35:04c'est pour ça qu'il faut parler
35:05de dérèglement climatique
35:06plus que de réchauffement
35:07parce que tout est amplifié,
35:08finalement.
35:09C'est exactement ça.
35:10Vous avez bien résumé,
35:11effectivement,
35:11la situation.
35:13Vous avez tout à fait raison.
35:14Il y a quelques semaines de ça,
35:16quelques mois,
35:16on avait les pieds dans l'eau.
35:18Il faut bien imaginer
35:18que le mois de février
35:19a été particulièrement pluvieux,
35:20deux fois plus pluvieux,
35:21d'ailleurs,
35:21que la normale de saison,
35:23avec, d'ailleurs,
35:23sur l'ensemble de l'hiver,
35:25plus de pluie,
35:2635% de pluie en plus,
35:28alors qu'aujourd'hui,
35:29on est dans une situation
35:30de sécheresse.
35:31Et sur les plateaux,
35:31on nous posait la question
35:32est-ce que finalement,
35:33ce trop de pluie,
35:34c'est plutôt un bon signal,
35:35on devrait éviter
35:36ou pas la sécheresse ?
35:37Et en fait,
35:38on se rend bien compte
35:38que non.
35:39Quelques semaines
35:40nous séparent
35:40de ces deux situations.
35:42Qu'est-ce qu'on peut en dire
35:43avec un peu de recul ?
35:44Eh bien, en fait,
35:45que le dénominateur commun,
35:47c'est le dérèglement climatique
35:48qui, à la fois,
35:50accentue ces phénomènes
35:51d'inondations
35:52qui seront de plus en plus intenses
35:53parce qu'on a plus
35:54de vapeur d'eau
35:55dans l'atmosphère.
35:56Et par ailleurs,
35:57c'est aussi des épisodes
35:58de sécheresse
35:59beaucoup plus intenses.
36:00On va repartir
36:01à Montfort sur argent.
36:02Francesco Carveli,
36:03vous êtes évidemment
36:04toujours sur place.
36:06Racontez-nous
36:07ce que vous voyez.
36:08Nous, on a ces images
36:09avec une densité
36:11de plus en plus importante
36:13de fumée.
36:14C'est ce que vous constatez,
36:15vous aussi ?
36:18Tout à fait.
36:19Comme vous venez de le dire,
36:20on constate
36:20une densité de fumée
36:21davantage noirâtre
36:23que grisâtre
36:23comme on a pu avoir
36:24tout au long de la journée.
36:25Des reprises de feu partielles.
36:27On a pu le voir
36:28sur le centre de votre écran
36:30il y a quelques instants.
36:31Par moment,
36:32depuis un peu plus
36:33de 20-30 minutes,
36:34on a des reprises de feu,
36:35des flammes
36:35qui repartent
36:36à plusieurs mètres de hauteur.
36:38Pourquoi ?
36:39Tout simplement
36:39parce qu'il y a encore
36:41et toujours du vent.
36:42C'était prévu
36:42jusqu'à 22h, 23h.
36:43On vous confirme
36:44qu'il y a encore
36:45des rafales de vent
36:46entre 30 et 40 km heure,
36:48ce qui peut favoriser
36:49la propagation du feu.
36:50En attendant,
36:51on a pu voir
36:52le décollage,
36:53le dernier survol du dash.
36:54Il y a de cela
36:55un petit quart d'heure
36:56pour appliquer du retardant.
36:57C'est en cela
36:58que l'on parle
36:58d'une première bataille
36:59de gagnés
37:00puisqu'on a pu contenir
37:01l'enveloppe de ce feu
37:02qui s'étend désormais
37:03sur place de 1800 hectares
37:06et place désormais
37:07à partir de cette nuit
37:08qui commence encore une fois
37:10pour les sapeurs-pompiers.
37:111500 sur le terrain,
37:1215 colonnes de renfort,
37:14plus de 310 engins
37:15sont actuellement
37:16sur le terrain
37:16et ils passent
37:17juste devant votre écran
37:18à l'instant.
37:19C'est en cela
37:20que la deuxième partie
37:21de la stratégie
37:22doit fonctionner
37:23pour permettre
37:23justement de conserver
37:25l'enveloppe de ce feu
37:26et qu'il ne soit pas
37:27en train de s'étendre.
37:29C'est en tout cas
37:30ce qui a fonctionné aujourd'hui
37:31puisque cela n'a pas atteint
37:32le massif du Val d'Argent
37:34qui est juste à proximité
37:35qui aurait menacé
37:36trois autres communes.
37:37C'est en cela
37:37qu'aujourd'hui
37:38la situation catastrophe
37:39qui aurait pu arriver
37:41n'a pas eu lieu.
37:43Fort heureusement,
37:43reste que les sapeurs-pompiers,
37:45les 1500 sapeurs-pompiers
37:46poursuivent leur travail
37:47cette fois-ci
37:48de manière terrestre.
37:49Encore une fois,
37:49juste tout au fond,
37:50il y a une nouvelle reprise
37:51de feu
37:52qui se poursuit
37:53à l'instant.
37:54Donc preuve qu'il faut
37:54faire preuve de vigilance
37:56une nouvelle fois.
37:57Merci Francesco Carveli.
37:58On va vous retrouver
37:59tout au long de la soirée
38:00pour nous faire vivre
38:01effectivement cette progression
38:04ou non du feu.
38:05Le combat continue
38:06a quand même dit
38:06le préfet tout à l'heure
38:08alors que ce feu
38:09est stabilisé,
38:11en tout cas
38:11qu'il est contenu
38:13même si la situation
38:14demeure extrêmement précaire
38:16compte tenu du vent
38:17qui souffle toujours.
38:18Boris Veliachef,
38:19vous êtes architecte
38:21et expert
38:21en risques majeurs.
38:23On évoquait tout à l'heure
38:23l'absence de formation
38:25peut-être des Français.
38:27Il faut apprendre
38:29à vivre avec
38:30ces risques
38:31qui vont se multiplier
38:32dans les années qui viennent ?
38:33C'est surtout le fait
38:34que je tiens une grosse partie
38:35de ma formation du Japon
38:36où j'ai vécu plus de 10 ans
38:37et où je me suis occupé
38:38de prévention,
38:39je me suis occupé
38:40d'éducation des populations
38:41y compris des populations
38:42qui ne sont pas japonaises
38:43donc qui ont besoin
38:43d'une éducation spécifique
38:45sur le territoire du Japon.
38:47Et il faut comprendre
38:48que la façon de procéder
38:50et d'éduquer les populations
38:51est complètement différente
38:52de la nôtre.
38:53Ici, on a tendance
38:54à éduquer.
38:54Alors il y a
38:55plein de sauvegardes
38:56qui sont faits,
38:57qui sont prévues
38:57où il y a les élus,
38:58il y a les responsables
39:00et c'est vrai qu'ils s'entraînent
39:01mais les populations
39:02elles ne sont pas du tout entraînées.
39:04Et en plus,
39:06il faut bien comprendre une chose,
39:07c'est gentil de donner
39:08des consignes aux gens
39:09mais à partir du moment
39:09où ils ne comprennent pas
39:10là-même,
39:11ils ne comprennent pas
39:12ce que c'est qu'un incendie,
39:13ce que c'est qu'une inondation,
39:14ce que c'est qu'un ouragan,
39:15etc.
39:17On va leur dire
39:19de faire ceci,
39:20de faire cela
39:21mais ils n'en comprennent
39:22pas la raison.
39:23Et comme en plus,
39:24dans notre pays,
39:25on est confronté
39:25à une perte de confiance
39:27dans les autorités,
39:28on l'a bien vu
39:28lors du Covid
39:30avec la Guadeloupe
39:31parce qu'il y a eu aussi,
39:32il y a un passé,
39:32derrière il y a l'histoire
39:34du chlordécone,
39:35plein de choses,
39:35ce qui fait qu'il est certain
39:37que si vous faites
39:38trois alertes de tsunami
39:39en France
39:40et qu'il n'y a pas
39:41de tsunami derrière,
39:42à la troisième,
39:42ils ne se déplacent plus.
39:43Au Japon,
39:44au bout de la neuvième,
39:44ils se déplacent toujours
39:45de la même façon.
39:46Parce que,
39:46comme je l'ai fait récemment
39:48d'ailleurs à Mayotte,
39:48on m'a demandé
39:49de faire une notice
39:50de bon comportement,
39:51je leur ai dit
39:52je veux bien vous faire
39:52une notice,
39:53qui va être publiée
39:53ce mois-ci
39:54par le conseil départemental,
39:56je leur ai dit
39:57je veux bien faire une notice,
39:58mais on va le faire
39:58comme au Japon,
39:59c'est-à-dire que vous avez
39:59trois pages de l'avant
40:00pendant après,
40:01des recommandations,
40:02mais il y a aussi deux pages
40:03qui doivent être
40:04sur l'explication
40:05des allées à eux-mêmes.
40:06En France,
40:06on sous-estime le risque,
40:08on l'a vu très bien
40:09avec votre interlocuteur,
40:10le jeune qui était
40:11d'un village,
40:12on sous-estime
40:13le risque incendie,
40:14on ne comprend pas
40:15ce risque incendie.
40:16Moi, je demande
40:16à mes propres étudiants
40:17en architecture,
40:18qui sont censés
40:19s'occuper du risque
40:20incendie dans le bâtiment.
40:21Je leur demande
40:21combien de temps
40:22dure un extincteur
40:23une fois qu'on l'a dégoupillé.
40:24Il n'y en a aucun
40:24qui est capable
40:25de me répondre.
40:26Au Japon,
40:26il n'y a pas un seul enfant
40:28depuis l'école primaire
40:29qui n'a pas eu une séance
40:30où il y a des pompiers
40:31qui viennent dans l'école
40:32avec 300 bouteilles,
40:33ils allument des feux
40:34et chacun passe
40:35en quel lieu
40:36à éteindre le feu.
40:37Ils ont une conscience,
40:38ils savent
40:39à quelle vitesse
40:39se propage un incendie,
40:41à partir de quel moment
40:42on ne peut plus
40:43approcher du feu
40:43parce que la montée
40:44en température
40:45est bien trop forte.
40:46ils ont une notion,
40:47une compréhension
40:48des aléas
40:48qui changent complètement
40:50leur comportement
40:51vis-à-vis de ces aléas.
40:52Et ça,
40:53je pense qu'il faut
40:54vraiment qu'on reprenne
40:56l'éducation des populations
40:57mais vraiment
40:57très sérieusement
40:58si on veut réellement
40:59avoir une véritable
41:01culture du risque
41:02dans ce pays.
41:03On va retrouver
41:03Sébastien Berger,
41:04il est référent
41:05feu de forêt
41:05une sape pompier.
41:07Sébastien Berger,
41:08vous êtes rentré
41:08avant-hier du Var,
41:09vous avez passé
41:1048 heures sur place.
41:12Quelle situation
41:13avez-vous connue là-bas ?
41:16Bonsoir.
41:17Ce n'était pas
41:17avant-hier,
41:18c'était il y a une semaine
41:19mais j'ai passé
41:2048 heures sur place
41:21mais on est rentré
41:23vendredi dernier
41:24mais près de cette semaine
41:25la semaine d'avant
41:25et donc on a plus fait
41:28l'attaque
41:28du feu de Pont-Evesse.
41:30On est arrivé
41:31une déconne
41:31parce qu'on a été
41:32positionnée dans l'Aude
41:33et donc on est arrivé
41:36un peu de temps après
41:37c'est-à-dire qu'on a été
41:37déclenché en début
41:38d'après-midi
41:38et on a fait des défenses
41:40de points sensibles
41:41dès le soir
41:42et donc là
41:43on est confronté
41:44ce soir à peu près
41:45à la même surface
41:46au même terrain
41:47et donc c'est un terrain
41:48qui est très accidenté
41:49où il y a beaucoup
41:50de vallons
41:50même si on a 800 mètres
41:51à peu près de hauteur
41:53mais voilà le vent
41:54on a un vent dominant
41:55qui vient de l'ouest
41:56donc à Mistral
41:57et donc aujourd'hui
41:59il est très compliqué
41:59parce que c'est un vent tournant
42:00et puis en fonction aussi
42:02de la topographie du terrain
42:04vous pouvez avoir
42:05un vent tournoyant
42:06qui accélère également
42:07et donc c'est des contraintes.
42:09Donc là ce soir
42:11bon il est contenu
42:14je ne vais pas dire
42:14qu'il est fixé
42:15mais j'ai des contenus
42:16dans sa globalité
42:17aujourd'hui là peut-être
42:19que ce que vous voyez
42:20là en train de brûler
42:21c'est des parcelles
42:21qui brûlent
42:22mais à l'intérieur
42:23du brûlé
42:24c'est-à-dire que
42:25à cause du vent
42:26le vent évolue très vite
42:28et donc vous avez
42:29des parcelles
42:30c'est-à-dire que peut-être
42:31que là ce soir
42:32alors je vous parle
42:32on considère
42:34qu'il y a 1500 hectares
42:35de brûlés
42:36mais de superficie brûlée
42:38mais au final
42:39si on refait le total
42:40il y aura peut-être
42:411000 hectares
42:42au final de brûlés
42:43de bois
42:44et il reste 500 hectares
42:46de non brûlés
42:46parce que vous avez
42:47à l'intérieur du brûlé
42:48des parcelles
42:50où le feu
42:51est passé tellement vite
42:52qu'ils n'ont pas eu
42:53le temps de brûler
42:53donc peut-être
42:54que la fumée
42:54qu'on voit ce soir
42:55c'est ces parcelles
42:56qui sont en plein milieu
42:57qui sont en train de brûler
42:58donc après
42:59il faut vraiment être sur place
43:00et puis après
43:00là je pense que
43:01l'objectif
43:02qui a été annoncé
43:03par le préfet
43:05et puis par le directeur
43:06du ZIS du Var
43:07c'est vraiment
43:07ce soir que les pompiers
43:09du terrain
43:10aillent attaquer le feu
43:11parce que déjà
43:12il fait moins chaud
43:13des fois on a peut-être
43:14un peu plus de visibilité
43:17par rapport
43:18à l'évolution du feu
43:19même si le terrain
43:20il est accidenté
43:20et puis avec les barrières
43:22de retardant
43:22qui ont été faites
43:24on peut espérer
43:25être optimiste
43:25après c'est vrai
43:26qu'on en saura peut-être
43:27un peu plus demain
43:28demain on a un vent de sud
43:30qui fait que la stratégie
43:31qui a été faite aujourd'hui
43:32par rapport à la pose
43:34de barrières de retardant
43:35et peut-être
43:36de feu tactique
43:37en fin de compte
43:39ne servira à rien
43:40parce que demain
43:40au final
43:41on va avoir un vent de sud
43:42et donc il va falloir
43:43peut-être être plus vigilant
43:45sur le côté nord
43:46de la superficie brûlée
43:48information pour les téléspectateurs
43:50qui nous regardent
43:51sur la gauche de votre écran
43:53ce sont donc des images
43:54infrarouges
43:55qui nous permettent
43:56de voir
43:56donc l'évolution du feu
43:57c'est cette fumée
43:59que vous évoquez
44:00Sébastien Berger
44:01de nuit
44:02image donc en direct
44:04vous dites
44:05il faut que les pompiers
44:07attaquent le feu
44:08qu'est-ce que vous entendez
44:09par ce vocabulaire
44:11que vous utilisez
44:11parce qu'on a l'impression
44:13que depuis hier
44:14ils sont effectivement
44:15à pied d'oeuvre
44:16au travail justement
44:17pour circonscrire
44:19cet incendie
44:22Alors depuis hier
44:23si vous voulez
44:23quand on dit attaquer
44:24c'est que depuis hier
44:26en fin de compte
44:26le temps
44:27que les colonnes
44:28que l'ensemble
44:30des pompiers arrivent
44:31parce que si vous voulez
44:31on est efficace
44:32que lorsqu'on fait
44:34une attaque massive
44:35mais en même temps
44:36c'est-à-dire que
44:37si vous avez un fond de flamme
44:39de je veux dire
44:40d'un kilomètre
44:42aujourd'hui on considère
44:43qu'avec un groupe
44:44d'intervention
44:44en feu de forêt
44:45donc on se base
44:47sur 4
44:47cagnoncitères
44:48en feu de forêt
44:49donc on peut atteindre
44:50on peut éteindre
44:51100 mètres
44:52de fond de flamme
44:53donc sur 1 kilomètre
44:54je ne laisse pas imaginer
44:55il faudrait
44:5710 gifs
44:58donc 10 gifs
44:59c'est l'équivalent
44:59de
45:01les gifs
45:01c'est des groupes
45:02d'intervention
45:02en feu de forêt
45:03donc c'est l'équivalent
45:04de 3 colonnes
45:05et donc il faut laisser
45:06le temps à ces 3 colonnes
45:07d'arriver
45:07parce que vous avez
45:07des colonnes
45:08qui viennent
45:08d'autres départements
45:10et donc
45:11le temps que ça arrive
45:12ce qu'on fait
45:13c'est ce qu'on appelle
45:14des lignes d'appui
45:14ou après on va faire
45:15des lignes d'appui
45:16c'est-à-dire que vous attendez
45:17le feu
45:17parce qu'on sait très bien
45:18que lorsqu'on va l'attaquer
45:19on va être rapidement
45:20en manque d'eau
45:21et donc le feu va passer
45:22sur les côtés
45:23alors que si vous attaquez
45:25tous ensemble
45:25vous êtes efficace
45:27parce que ça évite
45:28que le feu se propage
45:28sur les côtés
45:29et en attendant
45:30ce qui se passe
45:31c'est que les moyens aériens
45:32si vous voulez
45:32peuvent jouer sur les flancs
45:34ce qu'on dit
45:35pour réduire justement
45:36le fond de flamme
45:37et de façon à ce que
45:38quand ça va arriver
45:39sur une route
45:40ou sur une piste
45:41des FCI
45:42et bien ensemble
45:43on va être efficace
45:43et ça a été efficace
45:44en Gironde
45:45parce que vous pouvez voir
45:46si vous regardez
45:47les images
45:48en fin de compte
45:48il y a énormément
45:49de lignes d'appui
45:50où on voyait
45:51les véhicules en colonne
45:52et ce qu'aujourd'hui
45:53c'est ce qui a été fait
45:54toute la journée
45:55parce qu'on avait
45:55de risquer
45:56enfin le compte
45:57au personnel
45:58qui est au sol
45:58de risquer justement
46:00aussi d'avoir des coups de chaud
46:01parce qu'il faisait
46:02quand même 40 degrés
46:03on est en tenue lourde
46:05on doit progresser
46:06et ce soir justement
46:07quand je vous dis
46:08attaquer
46:08c'est qu'au final
46:10vu qu'il y a la température
46:12extérieure
46:13il fait un peu plus frais
46:14on a plus de visibilité
46:16par rapport aux flammes
46:17mais c'est peut-être bête
46:17mais voilà
46:18on a plus de visibilité
46:19et là quand j'ai attaqué
46:20c'est que là
46:21on va faire ce qu'on appelle
46:21les établissements
46:22ça veut dire
46:23qu'on va aller chercher le feu
46:24de façon à pouvoir
46:26l'atténuer
46:27et pourquoi pas
46:28demain
46:28permettre au moyen aérien
46:30de le coiffer
46:31dès qu'ils vont pouvoir
46:33reprendre
46:34les envols
46:36merci Sébastien Berger
46:37d'avoir été avec nous
46:38ce soir
46:39on va partir en Gironde
46:40maintenant
46:40où le feu est fixé
46:42où le feu ne progresse plus
46:43la situation
46:44est stable
46:4590% des habitants
46:47ont pu rentrer
46:49chez eux
46:49Marie Roux
46:50vous êtes
46:51sur la plage
46:52et vous n'êtes pas
46:53toute seule
46:56oui effectivement
46:57on est à Arès
46:57ici
46:58et c'est les habitants
46:59qui ont pu regagner
46:59leur logement
47:006700 habitants
47:01ont pu regagner
47:02la commune
47:03et puis il y a Eva et Margot
47:03qui sont de la commune
47:04d'Andernos
47:05la commune juste à côté
47:06eux ils ont pu regagner
47:07elles ont pu regagner
47:07leur logement
47:08hier déjà
47:09on sent que c'est un moment
47:10convivial en famille
47:11ça fait plaisir
47:12après cet incendie
47:13assez dramatique
47:14pour la région
47:15oui ça fait du bien
47:16se retrouver en famille
47:17autour d'un bon repas
47:19ça fait vraiment plaisir
47:20après ces heures
47:21qui ont été très compliquées
47:22ces jours
47:23qui ont été très compliquées
47:24justement
47:24quel sentiment
47:25un peu un soulagement
47:27ouais un soulagement
47:27bon après
47:28on va pas vous cacher
47:29que c'est quand même
47:29assez triste
47:30ce qui s'est passé
47:30mais ça fait du bien
47:31de se retrouver en famille
47:32et de pouvoir repartir
47:34sur une vie
47:34on va dire normale
47:35donc ouais
47:36c'est quand même
47:36assez chouette
47:37même si les rues
47:38sont assez fides
47:38quand même
47:39dans la région
47:40on sent que tout le monde
47:40n'est pas encore rentré
47:41n'a pas encore sauté le pas
47:43si on peut dire ainsi
47:44ouais je pense surtout
47:45que les gens rentrent chez eux
47:46et je pense qu'ils processent
47:47aussi ce qui vient de se passer
47:48mais après il y a quand même
47:49quelques restaurants
47:50qui auraient ouvert
47:53aussi peuvent ressortir
47:54et reprendre leur vie
47:55normalement quoi
47:56donc non c'est bien
47:57parce que psychologiquement
47:58c'est sûr que ça a été
47:59très compliqué
47:59pour les habitants
48:00du bassin
48:01de vivre ça
48:02donc là c'est aussi
48:03le temps de se retrouver
48:04d'en parler
48:05comment vous appréhendez
48:07les choses là ?
48:07c'est vrai quitter la maison
48:08d'un coup
48:09on a eu un appel
48:10le SMS d'alerte
48:12on a dû quitter d'un coup
48:13prendre deux trois affaires
48:14et partir sur le champ
48:16ça a été un peu complexe
48:17mais ça fait du bien
48:18de se retrouver à la maison
48:19et de partager
48:20un bon moment
48:21entre famille
48:22entre amis
48:22merci beaucoup
48:23d'avoir témoigné
48:24à notre micro
48:25je voulais juste
48:26vous montrer cette image
48:27derrière moi
48:27parce que ce que vous voyez
48:28c'est le Cap Ferret
48:29la commune de Lèche-Cap-Ferret
48:31qui n'a toujours pas
48:31rouverte aux habitants
48:33c'est l'une des communes
48:34avec le porche
48:35où pour l'instant
48:35les habitants
48:36ne peuvent pas
48:37regagner leur logement
48:38notamment parce qu'il y a
48:39encore des points chauds
48:40où les pompiers travaillent
48:41et aussi autre précision
48:43les communes
48:44où les habitants
48:45ont pu être réintégrés
48:46et bien il ne faut pas
48:47aller dans les massifs forestiers
48:48évidemment
48:49puisque le feu
48:49n'est toujours pas éteint
48:51effectivement
48:51beaucoup de prudence
48:52et de la vigilance
48:53parce que si le feu
48:55est reparti dans le Var
48:56il pourrait aussi
48:57repartir en Gironde
48:58donc il faut être
48:59très prudent
49:00Nathalie Delade
49:01vous êtes sénatrice
49:03de Gironde
49:03il y a quand même
49:04un retour
49:05à la vie normale
49:06qui semble
49:07se dessiner ce soir
49:08c'est plutôt rassurant
49:10alors vie normale
49:10moi je suis très prudente
49:13avec ce mot
49:14parce que j'ai connu
49:15donc les feux de la test
49:16de l'Andiras 1
49:18l'Andiras 2
49:18donc je sais très bien
49:19que les feux peuvent reprendre
49:20à la fois parce que
49:22nous avons des fumeroles
49:23parce que nous avons
49:24un sol tourbeux
49:25et l'on sait que dans ce sol
49:27et bien le feu continue
49:29à s'immiscer
49:30et qu'il passe de racine
49:31en racine
49:31alors vous pouvez avoir
49:32des arbres verts
49:33pensant qu'ils ont été
49:34épargnés
49:35et en fait ils sont fragilisés
49:36parce que les racines
49:37sont brûlées
49:38donc il faut faire
49:39très attention pour ça
49:40et puis l'Andiras 1
49:41l'Andiras 2
49:43ce sont des mains criminelles
49:44qui ont allumé
49:46à nouveau le feu
49:47des pyromanes
49:47et des incendiaires
49:49donc voilà
49:50nous pouvons avoir
49:50ces cas de figure
49:51alors le ouf de soulagement
49:52oui on l'a
49:53parce qu'on est content
49:54de rentrer chez soi
49:55et puis demain
49:55elles vont commencer
49:57à découvrir
49:57je dis elles
49:58parce que nous avons vu
49:59deux jeunes femmes
50:00elles vont commencer
50:01à découvrir leur environnement
50:02et là nous allons
50:03commencer à traiter
50:04des chocs post-traumatiques
50:06parce que oui
50:08j'ai pu évacuer
50:10oui j'ai
50:10mais j'aurais pu
50:11rester dans ce feu
50:13j'aurais pu
50:13voilà
50:14donc en fait
50:14vont se développer
50:15pas mal de chocs
50:17post-traumatiques
50:17nous
50:17on a à peu près quantifié
50:19à 25% de la population
50:20de la test
50:21et de l'Andiras
50:22de ceux qui ont été
50:23touchés à l'Andiras
50:24qui ont dû être suivis
50:25donc il ne faut pas hésiter
50:27effectivement
50:27à revenir vers des professionnels
50:29parce que c'est très important
50:30de pouvoir le faire
50:31mais je veux dire
50:32que quelque part
50:33nous avons là
50:33des ambassadrices idéales
50:35de ce que demain
50:36devrait être la prévention
50:37parce que
50:38elles vont normalement
50:40apprendre à se dire
50:41parce que moi
50:41je l'ai fait en 2022
50:43quand on m'a demandé
50:43d'évacuer
50:44je me suis dit
50:44mais j'en porte quoi
50:46et je n'avais pas très longtemps
50:47donc j'ai
50:49heureusement
50:49nous avions quelques consignes
50:50quand même
50:51sur les papiers
50:51de première nécessité
50:54mais je pensais
50:55comme tout le monde
50:55partir un ou deux jours
50:56et en fait
50:57on a été évacués
50:58dix jours
50:58donc voilà
50:59je pense que depuis
51:00après
51:01nous à la population
51:02de Cazot
51:03notamment
51:04et puis ceux
51:05de l'Andiras 1
51:05et de l'Andiras 2
51:06sont déjà
51:07mieux préparés
51:08que les autres
51:09et puis
51:10on parlait tout à l'heure
51:11des maires
51:11qui sont en première ligne
51:12et qui ont fait
51:13un travail formidable
51:15avec effectivement
51:16les bénévoles
51:17mais les élus
51:18ont été là
51:19ils ne sont pas partis
51:20ils sont restés
51:21pour secourir
51:22et protéger
51:23la population
51:24il faut aussi les former
51:25parce que quand je parlais
51:27tout à l'heure
51:27quand nous parlions
51:27tout à l'heure
51:28des programmes
51:28des plans
51:30communaux de sauvegarde
51:32et bien il faut savoir
51:33qu'il y a de nouveaux élus
51:34depuis mars
51:35qui n'ont pas forcément
51:36eu le temps
51:37de prendre encore connaissance
51:39de ces plans de sauvegarde
51:40et donc c'est une formation
51:42là aussi
51:42qu'il faut que nous ayons
51:44assez rapidement
51:45en formation rapide
51:46et en accélérer
51:47effectivement
51:47face à cette accélération
51:50aussi du dérèglement climatique
51:52Rémi Chabou
51:53vous êtes pompier
51:54et porte-parole
51:54du syndicat Sud
51:56vous restez extrêmement prudent
51:58ce soir
51:59face aux images
52:00que vous voyez
52:01notamment dans le Var
52:03image infrarouge
52:04sur la gauche
52:05de votre écran
52:05là
52:07oui oui tout à fait
52:08on reste très prudent
52:09vous savez
52:10le ministral
52:11c'est quelque chose
52:12qui est complètement
52:13imprévisible
52:13vient se rajouter
52:14avec la chaleur
52:14mais au-delà de tout ça
52:16je voulais réagir
52:16sur le fait
52:18qu'il ne s'agit pas
52:18d'un nouveau feu
52:20isolé
52:21et en fait
52:22et qui vient en lieu
52:22et place des précédents
52:23il vient en fait
52:24se superposer
52:25au feu
52:26qu'il y a eu
52:26déjà dans les Pyrénées
52:27orientales
52:30en Savoie
52:31à Fontainebleau
52:32en Gironde
52:33donc ça fait
52:33plusieurs feux
52:34qui viennent se superposer
52:35avec une sur-sollicitation
52:36des personnels
52:37sur le terrain
52:37et parce qu'en fait
52:39c'est la partie
52:39la plus ingrate
52:40la moins spectaculaire
52:41ce que tout à l'heure
52:42mon collègue Stéphane
52:43décrivait
52:44il va falloir
52:45pendant des semaines
52:46et des semaines
52:46gratter
52:46la partie superficielle
52:48du sol
52:48parce que le feu
52:49il peut encore couver
52:50en dessous
52:50et aller redémarrer
52:52bien plus loin
52:52donc ça c'était important
52:53de noter
52:53et vous avez posé
52:54une question tout à l'heure
52:55et vous n'avez pas eu la réponse
52:55je voudrais vous éclairer
52:57vous parler
52:58de qu'est-ce que c'est
52:58que ces fumées noires
52:59et bien les fumées noires
52:59figurez-vous
53:00que c'est
53:01c'est l'accumulation
53:02des polluants
53:04l'usure des pneus
53:05les pluies
53:06avec des hydrocarbures
53:07qui tombent
53:09de façon continue
53:11au fur et à mesure
53:12de l'année
53:12et qui se déposent
53:13sur les feuilles
53:14et lorsque vous avez
53:15des incendies
53:16bizarrement
53:17vous avez
53:17les mêmes odeurs
53:18que des feux d'hydrocarbures
53:19alors pourtant
53:20qu'on est en présence
53:21uniquement de végétaux
53:22je ne sais pas
53:22si je suis bien clair
53:23et du coup
53:23ça m'amène forcément
53:24à une réflexion
53:25sur le désastre sanitaire
53:27auquel nous allons
53:28nous retrouver
53:30très prochainement
53:30ce désastre sanitaire
53:32c'est de se dire
53:33qu'on a évacué
53:34plus de 200 000 personnes
53:36sur des territoires
53:38en disant
53:38que les fumées
53:39étaient toxiques
53:42et pourtant
53:43on ne gère pas
53:44les intervenants
53:45les primo-intervenants
53:46et même les intervenants
53:47tout court
53:47sur ces mêmes territoires
53:49qui eux sont
53:49au contact du feu
53:50et c'est pour ça
53:51que je vous parle
53:52de désastre sanitaire
53:53pour lequel on va être
53:55confronté très prochainement
53:56aussi bien pour la population
53:57mais également
53:58pour les sapeurs-pompiers
54:01parce qu'on est quand même
54:02à plus de 200 maisons
54:03qui ont été détruites
54:03plus de 200 000 évacués
54:05je viens de vous le dire
54:05à l'instant
54:06150 à 160 sapeurs-pompiers
54:08blessés
54:08on en a plusieurs
54:10qui ont été en question
54:11hyperbars
54:11on a plus d'une vingtaine
54:12de véhicules
54:13qui sont incendies
54:15qui sont détruits
54:16nos quatre collègues
54:18décédés
54:19et à un moment
54:20il va falloir se poser
54:21des questions
54:21parce que dans n'importe
54:22quel pays
54:23dans le monde
54:24ce bilan-là
54:25aurait occasionné
54:27le départ des autorités
54:28aux responsabilités
54:29ça fait beaucoup de choses
54:30et nous sommes vraiment
54:31vraiment inquiets
54:32pour la suite
54:32parce que c'est que
54:33le début de la saison
54:34on est à mi-chemin
54:35le 1er août
54:36on est à mi-chemin
54:36et ça a été très bien dit
54:38par les intervenants
54:39sur le plateau
54:40c'est que ça va s'étaler
54:41quand même
54:42jusqu'à peut-être
54:43fin septembre
54:44mi-octobre
54:45donc c'est une vraie crainte
54:46que nous avons aujourd'hui
54:47Merci Rémi Chabou
54:49d'avoir été avec nous
54:49et merci pour ce témoignage
54:51effectivement
54:52on est à mi-chemin
54:53de cette saison
54:54qui montre déjà
54:57beaucoup d'incendies
54:581700 pompiers
54:59toujours mobilisés
55:00dans le Var
55:01le combat continue
55:02même si le feu
55:02est stabilisé
55:03restez avec nous
55:04sur BFM TV
55:05Sous-titrage Société Radio-Canada
55:07Sous-titrage Société Radio-Canada
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