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  • il y a 3 semaines
Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, était l'invitée de Laure Closier dans Good Morning Business, ce vendredi 5 juin. Elle s'est intéressée à la directive européenne sur la transparence salariale qui devait être transposée avant le 7 juin sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:007h45 sur BFM Business et sur AMC Live, notre invitée ce matin c'est Marie-Lise Léon.
00:03Bonjour secrétaire générale de la CFDT, on a cette directive européenne sur la transparence salariale
00:10qui devait être transposée avant le 7 juin. Le 7 juin c'est dimanche donc ça ne sera pas fait.
00:15Ça fait trois ans qu'on doit le faire. Sur les 27 pays européens qui doivent transposer,
00:20il n'y en a que deux qui l'ont fait pour l'instant, la Slovaquie et l'Italie.
00:22On a un monde patronal qui est vent debout contre cette directive.
00:26Pour vous elle est importante, elle est utile pour les salariés.
00:30Qu'est-ce que vous répondez au patronat qui dit trop de reporting, ça va nous coûter cher
00:34et en plus la transparence ça va nous faire du conflit en interne ?
00:37Je pense qu'il faut que le patronat comprenne, en tout cas les organisations patronales
00:41qui considèrent qu'on va encore faire une usine à gaz, de dire que les choses sont beaucoup plus simples
00:45que ce qu'ils veulent bien croire. Il y a des indicateurs qui vont être produits,
00:48il y a une grande partie qui vont être produits non pas par les entreprises mais par l'administration.
00:53Donc je pense que c'est des faux, c'est un faux, de faux arguments.
00:57C'est une directive qui est extrêmement importante, un parce que c'est l'Europe qui nous donne
01:01un levier d'action dans les entreprises pour pouvoir, et les administrations d'ailleurs,
01:05ça ne concerne pas que le secteur privé, il y a également les fonctions publiques
01:10qui vont être concernées. Donc il faut pouvoir regarder les choses de façon rationnelle.
01:15Il y a je pense une évidence qui est partagée ou alors il faut qu'on m'explique pourquoi
01:18lorsqu'il y a des écarts salariaux au détriment des femmes, on peut considérer en 2026
01:23que c'est secondaire. Moi je pense que c'est une priorité.
01:26C'est une priorité de pouvoir regarder ces écarts, les mesurer, les évaluer
01:31et puis trouver des solutions pour les supprimer.
01:34Je pense qu'aujourd'hui en 2026, personne ne peut considérer comme normal
01:38qu'il y ait des écarts inexplicables, donc qui sont inacceptables
01:43et qu'on a aujourd'hui la possibilité d'avoir plus de transparence.
01:47Donc je pense que les arguments autour de la complexité du fait qu'on fasse
01:51des usines à gaz, c'est qu'en fait beaucoup d'employeurs considèrent
01:55que ce n'est pas important, que c'est secondaire et qu'il ne faut pas
01:59se poser la question 2-3 minutes pour essayer de trouver des solutions simples
02:03parce que je pense qu'il y a des solutions simples.
02:05Et puis il y a la question culturelle. Je pense qu'il faut qu'on passe un cap aussi.
02:09En France, particulièrement sur la transparence salariale.
02:12La SFDT ne dit pas qu'on va tous mettre nos fiches de paye à la machine à café.
02:15C'est le médium, c'est le salaire moyen.
02:17Ce n'est pas ça, c'est exactement.
02:19On constitue des échantillons et permettre aux salariés qui sont victimes d'écarts
02:24de pouvoir voir que certains collègues, parce que ce sont des femmes
02:28qui peuvent constater que des hommes à travail de valeur égale gagnent plus qu'elles
02:33et qu'elles puissent mener des actions.
02:35Et nous, en tout cas, en tant que représentants du personnel,
02:38c'est ce que l'on fera dans les entreprises.
02:42Acceptable, c'est-à-dire qu'est-ce qu'il y aura des moments où on pourra dire
02:44« Oui, il y a un écart entre vous deux parce que vous ne travaillez pas de la même manière
02:48? »
02:50Explicable, parce qu'on n'a pas la même expérience, parce qu'on n'a pas eu le même parcours.
02:54Est-ce qu'il n'y a pas un risque d'égalitarisme vers le bas ?
02:56Finalement, tout le monde est payé moins bien.
02:58C'est le boulot des syndicalistes aussi que nous sommes
03:01de pouvoir aller dans les entreprises et de pouvoir négocier les salaires.
03:04Donc, non, je ne pense pas que ça soit à la baisse.
03:07C'est que je pense que c'est faire respecter un principe de droit
03:12et qu'aujourd'hui, beaucoup de femmes qui travaillent,
03:17que ce soit dans les fonctions publiques comme dans le secteur privé,
03:20n'ont même pas conscience de ces écarts salariaux.
03:23Et donc, je pense que c'est extrêmement sain d'avoir cette transparence.
03:27C'est un changement culturel.
03:29Il va falloir passer ce cap.
03:31Et je pense que c'est une véritable attente.
03:34Les salariés ont envie ?
03:35C'est-à-dire que ce qu'on vous remonte chez vous,
03:37c'est qu'ils ont envie de transparence.
03:38Déjà, les femmes ont envie d'avoir ce levier
03:41pour pouvoir faire valoir leurs droits.
03:44Les représentants du personnel veulent pouvoir avoir ce levier
03:47parce qu'en fait, c'est un droit à la transparence de l'information.
03:51Donc, si les employeurs sont aussi opposés,
03:54c'est que je pense qu'ils n'ont pas forcément les bons arguments
03:57pour expliquer pourquoi il peut y avoir des écarts.
04:00Et ça, ça doit faire partie de l'objet d'un dialogue social.
04:04Et la directive, elle ne dit pas que ça.
04:06Il faut qu'on puisse transposer aussi le fait que demain,
04:09lorsque vous passez une annonce,
04:11vous serez obligé de mettre une fourchette d'indication de la rémunération.
04:17Lorsque vous êtes candidate ou candidat à un poste,
04:20grâce à la directive,
04:22l'employeur n'aura plus le droit de vous demander
04:24quelle est votre rémunération précédente.
04:26Je pense que c'est des principes extrêmement sains
04:29sur lesquels il faut qu'on puisse avancer.
04:31Donc, on attend le texte au plus vite.
04:35Pour le 7 juin, tout le monde a bien compris que c'était...
04:37Mais vous espérez quand ?
04:38Le plus rapidement possible.
04:41J'espère que le texte sera au Parlement
04:43avant la fin de la session parlementaire,
04:46donc autour du 20 juillet.
04:48Le gouvernement n'est pas très optimiste ?
04:49Oui, il n'est pas optimiste,
04:50sauf qu'on a passé un temps infini sur le 1er mai.
04:53On aurait mieux fait parler de la transparence salariale.
04:55Le congrès de la CFDT, c'est du 22 au 26 juin.
04:59Il y a la CGT qui a le sien pour les reconductions de mandat.
05:02A priori, vous devriez également, comme Sophie Binet, être reconduite.
05:06Il y a un sondage au DOXA pour BFM Business
05:08qu'on a révélé hier sur le rapport entre les Français et les syndicats.
05:12Et on voit que 62% des Français ont une mauvaise opinion des syndicats
05:17et qu'ils vous connaissent mal, vous, mais comme Sophie Binet,
05:20comme personnalité à la tête de ces syndicats.
05:22Est-ce qu'il y a quelque chose à revoir là-dedans ?
05:24Comment vous expliquez ce résultat ?
05:26Je l'explique comme...
05:28Vous savez, les relations entre l'opinion publique et les organisations syndicales
05:33sont fluctuantes.
05:34Il y avait un très fort taux d'opinion favorable,
05:38notamment au moment de la réforme des retraites.
05:40Donc, je pense que ça dépend aussi des moments sociaux
05:43et que les coups de projecteur...
05:44Il y a moins de combat, là.
05:45Non, ce n'est pas qu'il y a moins de combat,
05:47c'est qu'il y a moins de visibilité sur des manifestations
05:49comme sur les retraites,
05:51où ce sont des périodes qui arrivent à peu près tous les 10 ans.
05:54Donc, on n'est pas du tout dans le même contexte.
05:55Moi, ce qui compte, c'est tout le travail de terrain
05:58que je peux faire auprès des travailleurs,
06:01que je vais voir.
06:02J'étais encore hier aux Hospices Civils de Lyon, par exemple.
06:05J'ai vu des collègues dans un hôpital à Neuilly la semaine dernière.
06:10C'est cette proximité-là, moi, qui m'intéresse.
06:13Et le fait que, vous savez, incarner une organisation syndicale,
06:16c'est d'abord sur le terrain
06:17et c'est d'abord les délégués syndicaux qui font ce travail.
06:20Les gens adhèrent à la CFDT,
06:22parce qu'ils sont en phase avec ce que l'on porte,
06:25mais ils apprécient la personne qui est dans leur entreprise,
06:30dans leur administration.
06:31Donc, vous dites, en fait, si je ne suis pas connue, tant pis ?
06:33Non, mais je ne dis pas ça.
06:34Je dis que si, c'est important.
06:35Probablement qu'on peut faire mieux.
06:37Probablement qu'on peut faire mieux
06:39en termes de visibilité.
06:41Mais moi, ce qui m'importe,
06:43c'est que les salariés au quotidien,
06:45lorsqu'ils disent « Marie-Lise Léon de la CFDT,
06:47elle passe à la télé »,
06:48qui est mon représentant dans mon entreprise ?
06:51Vers qui je peux me tourner dans mon administration ?
06:53C'est qui la CFDT ?
06:54Et la CFDT, ce sont ces milliers de visages
06:57qui sont au cœur des lieux de travail.
07:00Dans les sujets, justement,
07:01que les Français veulent mettre en avant,
07:03notamment les travailleurs,
07:04il y a la question des congés payés,
07:06la question des salaires.
07:07Il y a cette idée de monétiser
07:10une cinquième semaine de congés payés,
07:12c'est-à-dire utiliser ces congés
07:14pour les transformer en salaires.
07:15Vous êtes contre ?
07:16Oui, parce que c'est expliqué aux salariés,
07:17si vous les gagnez plus,
07:18payez-vous vous-même vos augmentations.
07:20C'est quand même ça
07:20qu'il y a raconté aux travailleurs.
07:22Moi, je trouve ça quand même...
07:23C'est quand même gonflé, d'une part,
07:24et c'est scandaleux.
07:26On n'a jamais eu autant de problématiques
07:28d'accident de travail et de santé au travail,
07:29de conditions de travail dégradées,
07:319 millions d'arrêts de travail par an,
07:32et on nous explique
07:33qu'il faut moins de congés.
07:34Je pense que c'est de la facilité politique
07:39de considérer que les salariés ont des congés,
07:43c'est quand même fait pour se reposer,
07:44mais bon, il suffit d'aller taper dedans
07:46pour qu'ils puissent gagner un peu plus.
07:47Je ne trouve pas ça à la hauteur
07:49de la problématique actuelle,
07:51qui est la problématique numéro un,
07:53c'est le pouvoir d'achat.
07:54Effectivement, on a une problématique
07:56de plus en plus de personnes
07:58de pouvoir boucler les fins de mois
08:01à chaque mois.
08:02Donc, il faut pouvoir ouvrir
08:04de véritables négociations.
08:05Vous aviez appelé à réouvrir
08:07les négociations salarielles
08:08il y a trois semaines.
08:09Il y a une augmentation du SMIC
08:09de 2,41% au 1er juin.
08:13Vous avez 75% des branches professionnelles
08:15qui ont des premiers coefficients
08:18sous le SMIC.
08:19Alors, bien sûr,
08:19les gens ne sont pas payés sous le SMIC,
08:22mais ça veut dire qu'en fait...
08:32Ce n'est pas à la hauteur.
08:33Et ces grilles salariales,
08:34donc les conventions collectives
08:36qui définissent les métiers,
08:37les coefficients et votre rémunération,
08:39à minima,
08:40lorsque vous n'avez pas forcément
08:41de négociations locales
08:42dans votre entreprise,
08:44elles sont totalement dépassées
08:46dans la plupart des branches.
08:47J'étais encore hier
08:49dans la fonction publique hospitalière.
08:51Il y a des métiers, aujourd'hui,
08:52qui n'existent pas
08:53dans les grilles salariales.
08:55Donc, il y a un besoin
08:56de véritablement prendre les choses
08:58à bras-le-corps.
08:59C'est une demande de la CFDT
09:00qui a été faite à David Amiel,
09:02le ministre des Comptes publics
09:04et de la fonction publique.
09:06C'est une demande que l'on fait
09:07dans beaucoup de branches professionnelles.
09:08De revoir l'ensemble des...
09:09Il faut dépoussiérer.
09:10Il faut dépoussiérer.
09:11Vous avez des branches professionnelles.
09:12Il y a encore le...
09:15Comment dire ?
09:15Le coefficient afférent
09:17à sténo-dactylo.
09:19Voilà.
09:21À l'heure de l'IA,
09:22je pense que...
09:22Et du numérique,
09:23on a un peu changé d'époque
09:25et il est largement temps
09:26que les employeurs
09:27se mettent à la table des négo
09:28sur les négo
09:29classification
09:30dans les branches professionnelles.
09:31Merci.
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