- il y a 2 heures
Jeudi 4 juin, Hedwige Chevrillon a reçu Christelle Thieffinne, candidate à la présidence de la CFE-CGC, secrétaire nationale à la protection sociale, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.
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00:01Le 18-19 d'Edwige Chevrion
00:07Vous êtes bien dans le 18-19, mon invitée c'est celle qui sera intronisée le 10 juin prochain à
00:13la tête du syndicat CFE-CGC.
00:16Bonsoir Christelle Théphine.
00:18Bonjour.
00:19Bonjour, bonsoir, comme vous voulez.
00:21Merci d'être avec nous, vous êtes votre première interview dans tous les cas ici.
00:26Merci, vous êtes donc la future, puisqu'il n'y a qu'un seul candidat, c'est un peu à
00:30la Poutine, je veux dire, il n'y a qu'un seul candidate, une seule candidate, le 10 juin pour
00:35prendre donc la succession de François Omryl pour la CFE-CGC.
00:40Vous avez un parcours qui est assez étonnant, vous êtes, vous étiez la madame retraite en fait de la CFE
00:48-CGC, c'est vous qui avez fait négocier pendant le conclave qui vous a laissé un goût amer, je vous
00:54cite.
00:54Évidemment, on parlera des retraites puisque le 11 juin cette fois-ci, donc la semaine prochaine décidément très chargée, il
01:01y aura le rapport du corps du conseil d'orientation des retraites, ça sera intéressant, et puis les retraites qui
01:06seront au cœur de la campagne présidentielle.
01:08Trois femmes à la tête des cinq principaux syndicats, Christelle Théphine.
01:12Est-ce que ça va changer quelque chose ? Parce qu'on va rappeler qu'il y a Marie-Lise
01:17Léon qui est à son congrès la semaine prochaine, et puis il y a fin juin, et c'est Sophie
01:24Binet de la CGT qui est en ce moment même.
01:28Est-ce que pour vous ça change quelque chose ? Comment vous voyez vous insérer au milieu de ces deux
01:34femmes que le MEDEF surnomme, paraît-il, les deux terribles ?
01:40Seriez-vous la troisième terrible ?
01:42Ça, on verra quels noms ils nous donneront. Ce qui est toujours étonnant, c'est que quand il y a
01:48des femmes qui sont comme ça, en éclairage, et qui sont en responsabilité, on en fait des commentaires,
01:54alors que je pense que quand c'est des hommes, je ne suis pas sûre qu'on le fasse.
01:57Donc en fait, sur le fond, moi je crois foncièrement que ça ne change rien.
02:03Cependant, c'est au moins en termes d'image, et puis pour notamment les femmes qui pourront me succéder, qui
02:10sont présentes aujourd'hui, qui sont militantes, et notamment à la CFE-CGC, c'est quand même quelque chose qui
02:14compte.
02:15En même temps, vous savez, on dit, c'est comme le journaliste, c'est comme les infirmières, c'est que
02:19quand il y a beaucoup de femmes, ça veut dire que c'est un métier qui est en train de
02:23perdre de sa force.
02:25Je ne sais pas si ça veut dire quelque chose pour vous.
02:28Non, je ne crois pas en fait. C'est le signe par contre d'une évolution, ça c'est certain.
02:32Quand il y a la législation qui arrive, et notamment dans tout ce qui est représentation du personnel, et qui
02:37oblige à cette représentativité, cette mixité, on en voit aujourd'hui le résultat.
02:43Et puis, c'est aussi de dire que les syndicats se sont occupés de cette mixité, de cette parité dans
02:49leur organisme.
02:50Et en fait, moi comme les autres, j'arrive à un moment donné, ce n'est pas parce que je
02:54suis une femme que j'arrive là,
02:55mais il se trouve que j'y arrive parce que je fais partie de ce mouvement.
03:00C'est quoi votre parcours ? Vous travaillez chez Thalès ?
03:04Exactement, je suis salariée de Thalès, je suis ingénieure en process industriel, spécialisée dans le milieu de l'aéronautique.
03:12Moi, ça fait depuis 28 ans que j'y travaille, j'y suis très attachée, et j'ai un mandat
03:19syndical depuis aussi plus de 20 ans, 22 ans maintenant.
03:22Mais en même temps, on voit bien que ça va être difficile d'être à la fois présidente de la
03:26CFE-CGC,
03:27quand même, qui est un très grand syndicat, et le syndicat des cadres, des agents de maîtrise,
03:32et puis en même temps, être ingénieure chez Thalès, non ?
03:35Non, effectivement, je ne suis plus ingénieure chez Thalès,
03:38mais par contre, j'ai vraiment envie de tout le temps garder un pied dans mon établissement.
03:45Moi, je viens, je suis sur un établissement industriel dans le Loir-et-Cher, à Vendôme,
03:50et en fait, j'y tiens beaucoup, et je suis toujours en lien avec mon site.
03:53Et on verra, un peu plus tard, comment les plans sociaux, justement, se multiplient dans les territoires,
04:00dans des industries, il y a Michelin, il y a Legrand, tout à l'heure, qui va regrouper des sites.
04:05Alors, ils vont continuer à investir, mais quand même, c'est le signe de quoi il y a la redoute
04:09aussi,
04:09et peut-être d'autres encore.
04:12Vous arrivez dans un contexte, il y a ce sondage, mais qui vient plutôt confirmer un sentiment
04:18que les syndicats sont assez ou très impopulaires parmi les Français.
04:2562% des Français disent qu'ils n'ont pas forcément une bonne image de vous.
04:29Comment vous expliquez ça ?
04:30Alors, ça veut dire qu'il faut qu'on change encore notre image.
04:34Moi, je crois qu'on ne nous a pas aussi fait de cadeau dans les commentaires et par les politiques,
04:38parce que je crois qu'au contraire, on a montré qu'on était capable d'aller toujours négocier, ça c
04:45'est certain.
04:46Toujours négocier, mais pas signer.
04:48À part la CFDT ?
04:49Ah bon ? Écoutez, moi, dans les entreprises, en fait, ce qui compte, c'est dans les entreprises.
04:52Sur les ruptures conventionnelles, vous n'avez pas signé.
04:54Oui, ben on...
04:54On va y revenir, on va y revenir.
04:58Vous êtes d'accord que quand même, vous êtes toujours dans l'opposition ?
05:01Alors, on n'est pas en opposition, on est dans la concertation et dans la négociation.
05:05Mais en fait, on ne signe pas n'importe quoi.
05:07Et effectivement, quand les textes ne nous plaisent pas ou ne correspondent pas,
05:10et nous particulièrement, à la CFE-CGC, aux populations que l'on défend,
05:15c'est-à-dire les techniciens, agents de maîtrise, ingénieurs et cadres,
05:18évidemment, on ne signe pas.
05:19Vous serez sur la même ligne que votre prédécesseur, François Ombril,
05:22que j'ai souvent reçu sur ce plateau ou pas ?
05:25Vous serez plutôt à gauche, plutôt centre, plutôt quoi ?
05:28Ce n'est pas une position politique, en fait, qu'a la CFE-CGC.
05:32C'est une liberté de ton, ça c'est certain.
05:34Et c'est ce qui est le reflet de toute la CFE-CGC.
05:37Donc je serai dans ce cadre-là.
05:38C'est surtout porter, en fait, la voix d'ingénieurs, de cadres, de techniciens,
05:45de gens qui sont en responsabilité dans les boîtes et qui ont le droit de parler, en fait.
05:50Et c'est ça qui est un peu atypique.
05:52Et souvent, c'est là où on ne nous attend pas.
05:54Oui, mais vous voyez, il suffit d'accord, vous allez les défendre.
05:57Le problème, c'est que vous allez les défendre comment ?
06:00Vous voyez, je veux dire, est-ce que agressive ?
06:02Est-ce que vous êtes plutôt une Marie-Lise Léon ou plutôt une Sophie Binet ?
06:06Voilà, comme ça, on va parler clair.
06:08Non, moi, je ne suis ni l'une ni l'autre.
06:11Alors, moi, je suis quelqu'un de pugnace.
06:12Alors, j'aime beaucoup la négociation.
06:15Et ce que j'aime, c'est d'avoir une ligne de négociation, savoir où je vais,
06:19et rentrer vraiment dans la rupture pour aller voir jusqu'où on va.
06:23Mais moi, ce n'est jamais, on va dire, dans la violence ou dans les trances.
06:29Mais par contre, je ne suis pugnace, en fait.
06:31Quand j'ai quelque chose, je ne l'ai jamais.
06:33Vous allez diriger comment ?
06:34Parce qu'en fait, ce qui s'est passé, c'est que vous aviez un adversaire
06:38et puis qui s'est retiré parce qu'il y a Alliance Police,
06:40qui est assez visiblement, un syndic assez puissant chez vous,
06:44qui a retiré son soutien.
06:46Et vous avez le soutien de la Crédit Agricole.
06:49En fait, vous avez été soutenue, même si vous êtes ingénieure et dans l'industrie,
06:53par les assurances et les banques dans votre élection,
06:57dans votre future élection.
06:59Quand on est au niveau d'une confédération nationale,
07:02ce n'est plus la marque de fabrique qu'on a qui compte, en fait.
07:05Et moi, c'est de porter toute la CFE-CGC.
07:07Et de toute façon, c'est toujours ce que j'ai porté,
07:10parce que moi, mon métier, c'est le milieu des organisations, des entreprises.
07:13Donc qu'on soit assureur, une industrie,
07:17dans la chimie, dans les services, en fait, pour moi, c'est toujours pareil.
07:20Et ce que j'observe, c'est le travail.
07:21– Le climat des affaires, vous le voyez, le moral des troupes, il est comment ?
07:27Il y a eu plutôt des bons chiffres sur l'emploi des cadres,
07:32mais que le climat, il est comment ?
07:35Dans ce contexte géopolitique tellement incertain
07:38et qui conduit à un choc économique, il peut s'avérer violent.
07:41– Le climat, il est en demi-teinte, puisque, effectivement,
07:45sur l'emploi des cadres, on a une situation qui est en train de s'améliorer,
07:49parce qu'on a eu deux années qui étaient un peu en retrait.
07:52Donc on est en train d'observer que c'est en train de s'améliorer,
07:56notamment sur tous les métiers qui sont techniques, de R&D.
08:00Donc ça, c'est intéressant.
08:03Je dirais que c'est en demi-teinte, parce qu'effectivement,
08:05quand on est dans un contexte géopolitique,
08:07on ne sait pas trop ce qui va arriver.
08:09Et puis, ce qu'on va observer, c'est notamment en demi-teinte
08:12par rapport aux jeunes.
08:14Et moi, j'ai vraiment une inquiétude par rapport à l'emploi aujourd'hui,
08:17des jeunes qui ont du mal à rentrer sur le marché du travail.
08:20– Ce n'est pas nouveau, hein ?
08:21– Ce n'est pas nouveau, mais c'est en train de s'accélérer.
08:24Et notamment, on a un sujet qui est sur l'intelligence artificielle.
08:28Et moi, ce que je crains, et ça va faire partie de mon programme,
08:32vraiment d'observer, d'aller voir ce qui se passe pour tous ces jeunes
08:36et aussi l'impact de l'intelligence artificielle sur notamment l'emploi,
08:40mais aussi sur les compétences et sur les conditions de travail.
08:43– On en parle déjà beaucoup.
08:45Il y a des études un peu dans tous les sens qui montrent
08:46qu'effectivement, il y a un impact très important.
08:49Mais vous, en tant que syndicaliste,
08:51qu'est-ce que vous allez porter ?
08:54Vous voyez, ça va se traduire comment ?
08:57– Alors, nous, à la CFE-CGC, ça fait très longtemps
08:59qu'on travaille sur les sujets d'intelligence artificielle,
09:03que ce soit au niveau national, d'ailleurs, ou international.
09:05Et ce que l'on porte, c'est vraiment d'avoir du dialogue social
09:08autour de cet objet qui est un peu étrange
09:11et qu'on ne peut pas tenir dans les mains.
09:14– Mais c'est quoi concrètement le dialogue social autour de l'IA ?
09:16Vous voyez, c'est un peu des grands mots,
09:18mais ça va se traduire comment ?
09:19– Le dialogue social, en fait, la première chose,
09:22c'est déjà de faire un diagnostic dans nos boîtes.
09:24C'est-à-dire, où est-ce qu'on en est ?
09:25Est-ce qu'il y a de l'implantation ?
09:26Parce que tout ça est très, très transparent, flou,
09:29voire passe un peu en dessous des radars.
09:31Donc, en fait, il faut qu'on soit très clair
09:33où est-ce qu'elle en est l'entreprise dans l'implantation,
09:36de l'IA dans ses processus,
09:38dans les processus de décision.
09:39– Vous êtes favorable ou pas favorable ?
09:41– Écoutez, moi, je ne suis pas contre l'implantation
09:45de l'intelligence artificielle
09:46parce qu'aujourd'hui, ça fait partie du paysage.
09:48Et si la France n'y va pas,
09:50notamment en termes d'expertise, d'études et de recherches,
09:53on va se faire dépasser.
09:54Moi, j'ai en tête toujours le virage
09:56que n'a pas pris la France sur la robotique.
09:59Et il ne faut pas qu'on fasse la même chose sur l'IA.
10:01Pour moi, ça, c'est quelque chose qui est certain.
10:03Pour autant, il ne faut pas qu'on fasse n'importe quoi.
10:05Et surtout, il faut que ce soit transparent,
10:07que l'on sache où on va,
10:09qu'on sache mettre des limites
10:10et qu'on puisse en discuter.
10:12Moi, j'ai des exemples, par exemple,
10:14où aujourd'hui, y compris si l'employeur,
10:16l'entreprise ne veut pas y aller,
10:18il y a des salariés qui s'en servent
10:19de façon, j'allais dire personnelle,
10:22mais au travail.
10:23En fait, il y a une inquiétude,
10:25par exemple, sur les fuites de données,
10:26sur la sécurisation.
10:28Oui, on voit ça tous les jours.
10:29Oui, mais là, c'est quand même un phénomène qui est nouveau.
10:32Bien sûr.
10:33Et ce n'est pas le seul cas,
10:35mais on a beaucoup de sujets
10:37sur lesquels il faut vraiment
10:39que l'entreprise s'en saisisse,
10:40qu'on discute.
10:41Et ça va tellement vite
10:43qu'il faut vraiment qu'on attrape
10:45maintenant le sujet.
10:46Je vous demandais, Christelle Chéphine,
10:48comment ça peut se traduire ?
10:50Est-ce que ça veut dire,
10:50vous faites partie de la conférence sociale,
10:52du reste, on ne sait plus très bien
10:53ce que c'est,
10:54où est-ce qu'on est,
10:54puisque vous nous ferez un petit point,
10:55on ne sait jamais.
10:57Mais si vous savez,
10:58est-ce qu'il faudrait une conférence sociale
11:02autour de l'intelligence artificielle ?
11:04Avec les autres syndicats,
11:06avec le MEDEF,
11:07est-ce que vous appelez
11:08à ce qui est,
11:10plus qu'un dialogue social,
11:12à nous une conférence
11:13autour des conséquences
11:16sur l'emploi
11:17de l'intelligence artificielle,
11:18de l'arrivée ?
11:19Oui, tout à fait,
11:20parce qu'en fait,
11:20une conférence,
11:21ce qui est intéressant,
11:22c'est d'avoir de l'expertise,
11:23c'est-à-dire de mettre
11:24dans le paysage
11:24ce qui est en train de se passer
11:25et mettre de l'expertise
11:27et de comprendre
11:27où on en est,
11:29y compris sur tous les impacts
11:30que ça peut avoir,
11:31mais véritablement,
11:32c'est-à-dire qu'il peut aussi
11:33y avoir des fantasmes.
11:34Donc, c'est toujours intéressant
11:36de comprendre ce que c'est.
11:37Est-ce que vous en profitez là
11:39puisque vous êtes là
11:39avec un micro devant vous
11:40et une caméra ?
11:41Oui, non,
11:42mais de dire à Sophie Binet,
11:44à Marie-Léon,
11:45à Patrick Martin.
11:46Il vous faut une négociation
11:47sur le sujet.
11:48Oui.
11:48Exactement.
11:49Il vous faut une négociation
11:50sur l'intelligence artificielle.
11:52Tout à fait.
11:52Et vous savez,
11:53en fait,
11:53on en a parlé justement
11:54la semaine dernière
11:55à la conférence sociale.
11:56On avait un groupe
11:57sur l'IA
11:59et tous les représentants
12:01qui étaient autour de la table
12:02ont affirmé la même chose.
12:04Donc, ça devrait se faire.
12:06Donc, ça devrait se faire.
12:07D'accord.
12:07OK.
12:08Mais ça, c'est une bonne nouvelle.
12:09Conférence sociale,
12:10vous dites quoi ?
12:11Ça, c'est encore quelque chose
12:12ou pas ?
12:12Oui, la conférence sociale.
12:14Oui.
12:14Non, non, non.
12:15En fait,
12:16alors,
12:16ce n'est pas parce que
12:17ce n'est pas dans les médias
12:18derrière tous les feux
12:19de la rampe
12:20qu'en fait,
12:21ça ne sert à rien.
12:21Au contraire,
12:22ce qu'on est en train
12:23de faire,
12:25c'est de mettre
12:28dans le paysage
12:29beaucoup d'informations,
12:30beaucoup d'expertises.
12:32Et moi,
12:32ce que j'espère,
12:33c'est vraiment
12:34d'arriver à ce qu'il y ait
12:35un document qui émerge
12:36et qui soit utile
12:38à, on va dire,
12:40tous les Français
12:40d'une manière générale
12:41pour comprendre la situation,
12:42mais surtout aux politiques
12:44dans la période
12:45dans laquelle on va rentrer.
12:47Est-ce qu'il y aura,
12:48dans votre nouvelle direction,
12:50il y a Raki dans votre,
12:52on sait qu'il y aura
12:53un représentant
12:55de la Fédération de l'énergie,
12:57mais ça sera votre numéro 2,
12:58c'est ça ?
12:59Exactement.
12:59Donc, mon numéro 2,
13:00William Virial-Mose
13:01est de la Fédération des énergies.
13:03Il y aura qui d'autres
13:04autour de vous ?
13:04Autour de moi,
13:06nous, à la CFE-CGC,
13:08on constitue un trio.
13:10Donc, il y aura...
13:13Yara ?
13:13Voilà.
13:14Yara qui ?
13:16Excusez-moi,
13:17mais j'ai perdu son nom.
13:18Mais voilà,
13:18il y aura Farida Karad,
13:20qui est donc ma trésorière
13:22et qui vient du monde
13:22des assurances.
13:23Donc, ce trio déjà
13:25est assez emblématique
13:26finalement
13:27de ce qu'est
13:31le monde
13:32de la CFE-CGC
13:33avec beaucoup
13:34de composantes différentes
13:35et c'est assez emblématique
13:38ce trio d'ailleurs
13:39des transformations
13:40qui sont devant nous.
13:41Entre industrie,
13:42énergie et assurance
13:44qui vont être au cœur
13:45en fait
13:46des préoccupations
13:47des Français.
13:47Mais il n'y a pas
13:48un monsieur ou un madame Ia ?
13:50Alors si,
13:51après j'ai une équipe
13:51plus large,
13:52j'ai un bureau exécutif,
13:53et il y aura quelqu'un
13:54en charge
13:55de l'intelligence artificielle.
13:56Exactement.
13:56D'accord.
13:57Intéressant à savoir.
13:58Vous le voyez
13:59encore tout à l'heure,
14:01que ce soit chez Legrand,
14:02chez Mislain
14:03il y a quelques jours,
14:04chez La Redoute,
14:05les plans sociaux
14:05se multiplient.
14:07Alors avec Legrand
14:08et qui a présenté
14:09justement
14:10un projet
14:11de réorganisation
14:12qui implique
14:13le regroupement
14:14de plusieurs sites
14:14en France,
14:16donc fermeture progressive
14:17de quatre sites,
14:18suppression de 178 postes,
14:20mais ils disent
14:21qu'en fait
14:22le projet consiste
14:23à regrouper
14:24certaines activités
14:25afin de renforcer
14:27plusieurs sites industriels
14:28en fait pour spécialiser
14:30et peut-être
14:31monter en gamme
14:32sur certains sites,
14:33notamment peut-être
14:34avec l'intelligence artificielle.
14:36Comment est-ce que
14:37vous interprétez ça ?
14:38Parce que d'un côté
14:38c'est plutôt une bonne nouvelle,
14:40c'est plutôt
14:42l'avenir
14:42de l'industrie française
14:43de monter en gamme,
14:44puis en même temps
14:45suppression de postes
14:46et de sites.
14:46Oui, alors ça
14:47cette histoire
14:48de regroupement,
14:50de réorganisation
14:50et de suppression
14:52de postes
14:52et de sites,
14:53on va dire
14:54que le monde industriel
14:55en effet,
14:56moi j'en ai vu
14:56beaucoup passer,
14:57il y a des opérations
14:58qui se sont bien passées,
14:59il y a des opérations
15:00qui ne se sont pas bien passées,
15:02moi je dirais
15:03là c'est vraiment
15:04au cœur de la négociation
15:05avec les salariés
15:06et donc les représentants
15:07qui sont dans l'entreprise
15:09qu'on arrive
15:10à mener ce projet
15:12de façon conjointe,
15:13de façon constructive
15:14et moi c'est ce que
15:15j'espère.
15:17Mais est-ce qu'on va
15:18être offensif là-dessus ?
15:19Fait-on tirer
15:20la sonnette d'alarme ?
15:21Alors moi je sonne
15:25cette sonnette
15:26d'une façon
15:27un peu générale
15:29parce qu'effectivement
15:29c'est quelque chose
15:31on s'en aperçoit
15:32un petit peu partout
15:32dans le paysage français
15:33en ce moment,
15:34c'est-à-dire que
15:35ce n'est pas le seul cas,
15:36on a dans la chimie,
15:38dans la mentalurgie,
15:39dans l'industrie
15:39mais aussi dans les milliers
15:41de la banque,
15:42on a des inquiétudes
15:43dans l'assurance
15:44mais aussi dans tout
15:46ce qui est
15:46les milieux du syntec
15:47c'est-à-dire le conseil
15:48informatique,
15:49on voit poindre
15:50tous ces plans
15:51un petit peu partout.
15:54Un des sujets
15:54est l'automobile
15:55aussi en ce moment
15:56avec les mêmes phénomènes
15:57de réorganisation,
15:58de centralisation
15:59avec l'apparition
16:01aussi d'industries
16:03d'Asie
16:04qui viennent
16:04implanter leurs produits
16:06directement sur une chaîne.
16:07Il y a un vrai phénomène.
16:08Donc tout ça en fait,
16:09il y a à regarder tout ça
16:11avec courage
16:11pour un syndicat en fait.
16:13Moi je crois
16:13que c'est ça la vérité
16:15parce que là
16:16on est en train d'observer
16:17qu'on est capable
16:18d'aller à la discussion.
16:18Pourquoi vous faut-il
16:19du courage ?
16:20Pour aller à la bataille ?
16:22Mais parce que
16:23quand on prend l'exemple
16:23de Legrand,
16:24c'est forcément du courage
16:25quand on supprime des postes,
16:26quand il y a des recentrages
16:27de sites.
16:27Parce que vous allez
16:29déposer après la grève,
16:31vous allez faire quoi ?
16:31Non, c'est pas forcément...
16:33On va dire que
16:34si le dialogue social
16:34se passe bien,
16:35qu'il y a des discussions
16:36et que chacun s'y retrouve,
16:38il n'y a pas forcément
16:39des préavis de grève.
16:40Je ne sais pas encore
16:41quelle est la situation
16:42des organisations syndicales
16:44chez Legrand
16:44et quelle va être
16:45leur décision.
16:46Ou chez Michelin,
16:47au dos, ailleurs.
16:48Alors chez Michelin,
16:49la situation
16:49elle est quand même différente.
16:50Là on est en train
16:51d'enclencher le énième plan
16:52encore une fois
16:54et puis il me semble
16:55avec un dialogue
16:56qui n'a pas été toujours
16:58notamment là dernièrement
16:59au rendez-vous
17:00et notamment avec une annonce
17:01qui est assez abrupte
17:03et avec des résultats
17:04qui pour le coup
17:05chez Michelin
17:06sont en rendez-vous.
17:07Et quand on ne comprend pas
17:08où on va,
17:09en fait ça ne marche pas.
17:10Et donc ?
17:11Et donc en fait...
17:13Quel levier avez-vous ?
17:14Nous le levier
17:15c'est toujours
17:16la négociation,
17:17la concertation.
17:18Effectivement,
17:19le levier final
17:20si ça se passe mal
17:21c'est le rapport de force.
17:22Ça c'est certain.
17:23Et là,
17:24chez Michelin,
17:24vous en êtes où ?
17:26Là aujourd'hui,
17:27chez Michelin,
17:28on est un peu
17:29entre les deux.
17:31on enclenche les nouvelles
17:32et le rapport de force
17:34risque de s'enclencher
17:36si ça ne se passe pas bien
17:37et qu'on n'est pas entendu
17:38dans les revendications.
17:41Il y a le rapport du corps
17:44du Conseil d'intention
17:45des retraites
17:46qui sera présenté
17:48mardi prochain,
17:49le 11,
17:51donc non c'est jeudi prochain,
17:53c'est le lendemain
17:54de votre élection.
17:54Exactement.
17:55Définitif,
17:55c'est pour ça que vous savez
17:56ça mieux que moi.
17:58Vous savez ce qu'il y a dedans
17:58à peu près ?
17:59Vous vous attendez à quoi ?
18:01Parce que ce rapport,
18:02chacun conteste
18:03toutes les hypothèses,
18:05c'est toujours un moment
18:07important en tous les cas.
18:09ce qui est dommage
18:09c'est qu'ils puissent être contestés
18:11parce qu'en fait
18:11c'est justement
18:12un milieu d'expertise.
18:14Il y a beaucoup
18:14de cellules grises
18:15au sein du corps
18:16et il faut le reconnaître.
18:17Ça c'est important
18:19et ce qui est souvent
18:20contesté ou contestable
18:21c'est finalement
18:22les critiques
18:23ou les commentaires
18:23qui sont faits en parallèle.
18:25Moi ce que je m'attends
18:26dans ce rapport du corps
18:27c'est finalement
18:28une embellie à court terme
18:30et une dégradation
18:31à long terme.
18:32Pourquoi ?
18:33Parce qu'un des éléments
18:34ou des éléments
18:35qui sont mis à jour
18:36c'est les questions démographiques.
18:38Donc on parle souvent
18:39de la natalité
18:40et du vieillissement
18:41de la population.
18:42Les problématiques
18:43de natalité
18:44vont effectivement
18:45dégrader
18:46les situations
18:47des régimes de retraite
18:48dans quelques années
18:49mais on parle
18:50à partir de 20 ans
18:52et puis entre 20 ans
18:52et 40 ans.
18:54Par contre à court terme
18:55on a la question
18:55de l'arrivée
18:59en fait de population
19:00en France
19:01et d'immigration
19:02et là en fait
19:03on a revu à la hausse
19:04les chiffres
19:04parce que l'INSEE
19:06a revu à la hausse
19:07donc tout ça
19:07est très posé
19:08et n'est pas critiquable.
19:09Oui et puis lundi
19:10il y a...
19:12Donc effectivement
19:12et lundi
19:13il y aura les chiffres
19:14de l'INSEE.
19:15C'est pour ça
19:15qu'on s'attend à ça
19:16je ne les ai pas encore en main
19:18mais on s'attend
19:19à cette situation
19:20un peu ambivalente
19:21et donc moi
19:22ce que je voudrais dire
19:22par rapport à ça
19:23c'est que ça confirme
19:24ce que nous
19:25on a dit depuis 2023
19:27c'est qu'une réforme
19:28des retraites
19:29sans doute
19:29il faut en faire une
19:30si on regarde à long terme
19:31par contre
19:32il n'y avait pas urgence
19:33et qu'on a le temps
19:34de décider
19:35de regarder
19:35d'expertiser le sujet.
19:37Enfin on a le temps
19:37oui on a le temps
19:38on a un an
19:39parce que dans un an
19:40il y a la campagne présidentielle
19:42et donc évidemment
19:42ça sera au coeur
19:43au coeur des débats.
19:44Oui mais enfin
19:45moi mon signal
19:46c'est aussi
19:46les politiques
19:47qui seront élus
19:49l'année prochaine
19:50ça veut dire aussi
19:51qu'ils auront le temps
19:52pour poser
19:53pour poser le sujet
19:54et réfléchir
19:55à ce qu'ils veulent faire.
19:56Vous croyez encore
19:56que la réforme
19:57à 62 ans
19:58c'est encore un sens
19:5863 c'est possible
20:00quand vous voyez
20:00la dégradation
20:02la dégradation
20:03le poids
20:04que ça
20:05notamment sur
20:07le salaire
20:08les cotisations
20:09la différence
20:10entre le salaire brut
20:11et le salaire net
20:12tout ça c'est
20:13En fait moi ce que je crois
20:14c'est pas la bonne question
20:15en fait
20:16cette question là
20:16et c'est ce qui voit jour
20:17de plus en plus
20:18parce que en fait
20:19et c'est pour ça
20:20qu'on a critiqué
20:21ce recul de l'âge
20:23parce qu'en fait
20:23le sujet c'est plutôt
20:24de se dire
20:25mais est-ce que je suis
20:26en capacité
20:26à y travailler
20:28jusqu'à l'âge
20:30auquel on me le demande
20:31aujourd'hui
20:32on a beaucoup de populations
20:33qui ne peuvent même pas
20:34travailler jusqu'à 62 ans
20:35qui ne sont pas en capacité
20:37ou qui n'ont pas envie
20:38et en fait
20:38c'est ça le sujet
20:40la question des carrières longues
20:41la question des carrières longues
20:42est élargie
20:43alors il n'y a pas que
20:44les carrières longues
20:45il y a tous les gens
20:45qui sont en invalidité
20:46qui sont en incapacité
20:47de travail physique
20:48ou mental
20:49de travailler
20:49ou aussi qui sont au chômage
20:51parce que je vous rappelle
20:52quand même
20:52on a une grosse problématique
20:54aujourd'hui en France
20:55quand vous avez 57 ans
20:56pour retrouver du travail
20:57c'est extrêmement compliqué
20:58surtout si vous êtes une femme
21:00sauf si vous devenez
21:01président d'un syndicat
21:02voilà c'est ça
21:02c'est l'avenir
21:03l'avenir pour les femmes
21:04merci beaucoup Christelle
21:05qui est fine
21:06d'avoir été avec nous
21:07donc la future présidente
21:08de la CFE CGC
21:09qui notamment s'intéresse
21:10beaucoup à la question
21:10de l'intelligence artificielle
21:12vous viendrez nous en parler
21:13merci beaucoup
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