00:01Bonjour Pierre-Alexis Dumont, merci d'être avec nous en plateau. Vous êtes le directeur des
00:05investissements de Sycomore Asset Management. Il y a un instant on commentait la publication de
00:09Broadcom. Je vais vous parler de l'intelligence artificielle parce que comment ne pas faire
00:13l'impasse sur ce qui est en train de se passer en ce moment, que ce soit Dell qui prend
00:1740-45%
00:18l'espace de deux jours, HP plus 20 plus 25%, Johnson Young qui trouve que Marvel c'est une
00:24société super, le titre prend 35% en deux jours, l'IR, Broadcom moins 11%, bref chaque jour en fait
00:30il y a des exemples de variations très violentes. Comment vous regardez cette volatilité qui est
00:35quand même historique ? On parle pas de micro-cap. Ah non, c'est des volatilités historiques et juste
00:41pour vous donner un ordre de grandeur, depuis le début de l'année, si on regarde les différents
00:45segments de la technologie, donc la technologie, on regarde les différents segments de la technologie,
00:50il y a plus de 100% de différence entre le segment des semi-conducteurs et le segment des
00:55softwares en l'espace de cinq mois. Donc on a une dispersion et une volatilité très forte avec,
01:02il faut le dire, en ce moment un phénomène d'accélération qui crée un phénomène d'engouement.
01:07Et donc on est dans une période où la moindre annonce crée, vous le disiez très bien, des réactions
01:15boursières qui sont relativement importantes, voire très importantes, 20, 30, 40% de hausse sur des
01:22contrats dont certains, voilà, hier on a eu aussi Valeo qui prenait 14% sur un contrat, sur la batterie
01:31qui va représenter moins de 1% de son chiffre d'affaires. Donc voilà, on a...
01:35Pour l'instant ce sont des tests, le groupe a bien dit c'est des tests, c'est pas de
01:38la commercialisation encore.
01:39Mais c'est 14% en bourse, voilà. Donc tout ça pour dire que, clairement, nous on garde notre
01:46conviction que l'IA est un phénomène qui passe de phénomène d'expérimentation à un vrai boom industriel
01:52qui s'étend. Mais plus il s'étend, plus il va falloir être sélectif entre les gagnants et les
01:58perdants, puisqu'on va avoir des gagnants et des perdants. Et là, aujourd'hui ce qu'on voit c'est
02:02que ce
02:02phénomène d'engouement crée un halo qui emmène des titres sur lequel, soit vous avez deux problèmes,
02:10une opportunité certes, mais à très long terme, et avec la vitesse à laquelle avance la technologie,
02:16le très long terme c'est plus que long, voilà. On sait pas du tout dans 5 ans à quoi
02:20va ressembler
02:21la technologie des data centers, donc attention à ça. Et deuxième chose, des réactions boursières
02:30sur des sociétés qui sont grosso modo assez peu exposées directement à l'IA, c'est 1, 2, 3, 5
02:39% du
02:40chiffre d'affaires, donc avant que ça fasse une différence au niveau du groupe, il faudrait vraiment
02:45que cette division-là explose. Donc nous, on est très sélectif et on va se concentrer évidemment sur
02:51les sociétés qui sont les gagnants aujourd'hui et qui pourront continuer à l'être, puisqu'ils vont
02:57gagner beaucoup d'argent, donc ils vont pouvoir réinvestir. On voyait hier SKINX qui va doubler
03:04sa production de mémoire et qui va gagner plus de 140 milliards de dollars cette année.
03:08Donc on a un vrai avantage compétitif aux premiers entrants qui sont dans des phénomènes
03:13de boule de neige et qui peuvent, de ce fait, garder leur position.
03:17Néanmoins, on ne peut pas mettre tout sur l'intelligence artificielle, même si aujourd'hui
03:21c'est compliqué de diversifier. Quand vous voyez Air Liquide qui vous dit hier, justement,
03:25SKINX, on fait un partenariat avec eux. Schneider Electric, en début de semaine,
03:28on fait un partenariat avec Softbank. C'est-à-dire qu'en fait, même des valeurs
03:31industrielles, même des défensives comme Veolia disent « Nous, aujourd'hui, on fait de l'IA ».
03:34C'est-à-dire qu'en fait, aujourd'hui, chercher une boîte qui ne parle pas d'intelligence
03:37artificielle, c'est quand même hyper difficile.
03:40Alors, vous posez la bonne question. Ça, c'est clair. C'est qu'aujourd'hui, le problème
03:44que l'on a, c'est un phénomène de diversification. Après, j'ai envie de dire qu'il y a
03:47des
03:47bonnes nouvelles. Les bonnes nouvelles, c'est que comme le périmètre s'élargit,
03:52on n'est plus concentrés sur les Magnificent Seven ou les Hyperscalers. Maintenant, on a
03:58l'infrastructure IA. On a le phénomène qui s'étend aussi à l'Asie. Et l'Asie est aussi
04:03une source d'opportunités très intéressante sur ce point-là. Et après, on a l'infrastructure
04:08qui crée une opportunité sur les matières premières. Donc, c'est lié à l'IA.
04:14Mais si demain, on veut se protéger en se disant « Le Nasdaq ou le S&P va peut-être
04:22on ne va pas prendre 50% tous les 6 mois ou tous les 2 mois ». Si demain, ça
04:25baisse,
04:25comment on peut se dire « Tiens, demain, si je me réveille, le S&P fait moins 4,
04:30je peux dormir tranquille ».
04:31Alors, c'est une bonne question. Il y a une des possibilités, c'est déjà de se diversifier
04:39à l'intérieur de l'IA et d'être sélectif. Et la deuxième possibilité, c'est de préparer
04:45à l'avenir. Donc, aujourd'hui, on a un phénomène qui est le détroit d'Ormose,
04:49qui crée quand même des disruptions dans l'économie. Et donc là, nous, on prépare
04:53les portefeuilles à ces disruptions-là avec deux grandes conséquences qui est un,
04:58aujourd'hui, on va avoir une période relativement longue d'inflation plus élevée
05:04qu'attendue et sans doute de prix de l'énergie et de prix des matières premières qui vont
05:07rester à des niveaux élevés. Donc, ça, ça nécessite de réinvestir sur la partie
05:13matières premières, hors forcément de l'électrification, mais sur d'autres thématiques
05:17que celle que la partie aluminium. Voilà. Donc, ça, c'est des sociétés comme North
05:24Hydron en Europe, des choses de ce type. Donc, ça, c'est le premier point. Et après,
05:29il y a le phénomène de souveraineté qui va faire, notamment sur l'Europe, qui va faire
05:34qu'on va avoir des investissements. On commence à avoir des investissements. Et là, on a une
05:38capacité, aujourd'hui, de diversifier hors un peu de ce phénomène. Il y a sur la partie
05:42défense, sur la partie infrastructure, qui nous semble intéressant.
05:46Mais tout ce qui est staple, la conso, là, on ne parle pas d'IA. Quand on parle de lessive,
05:51d'alimentaire, etc., non, ça ne vous intéresse pas ? Ou, je ne sais pas, d'autres secteurs
05:54qui ne sont pas liés à l'IA.
05:56Alors, vous parliez de Ralph Lauren. Donc, déjà, sur la partie conso, il y a aussi une
06:00vraie dispersion. En Europe, vous avez Montclair, qui est une marque qui marche très bien.
06:05Donc, on reste exposé sur cette partie consommation. Et par contre, on prépare les portefeuilles,
06:11c'est vrai, à une réouverture potentielle d'Hormuz, qui créerait un phénomène d'appel
06:17d'air et de bol d'air sur, notamment, la partie consommation. Donc, on a, aujourd'hui,
06:24identifié des sociétés qui seraient intéressantes dans ce contexte-là, des sociétés telles qu'Unilever,
06:32voilà. Aujourd'hui, on a vraiment eu une dispersion énorme, et vous le disiez, 40%
06:37de hausse sur la tech. Et nous, on anticipe que, voilà, dans un contexte où les choses
06:43s'améliorent, on aura un catalyste suffisant pour revenir sur cette partie-là. Et nous,
06:47en plus, l'autre chose, c'est que ça diversifie les portefeuilles, ce qui est clairement
06:53le but recherché.
06:54Plus 45% pour le S&P Tech en l'espace de deux mois et demi, en l'espace de
06:59dix semaines.
06:59Alors, je lisais ce matin sur CNBC, les analystes de BTIG disent très clairement
07:03qu'on est en zone de surachat. Ça s'est rarement produit. Et souvent, ça finit pas très bien.
07:08Bon, on verra comment ça va se passer. Justement, on va en parler avec Jean-Louis Cussac.
07:11Merci beaucoup, en tout cas, de nous avoir accompagné ce matin.
07:14Pierre-Alexis Dumont, le directeur des investissements de Sycomore Asset Management.
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