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  • il y a 3 minutes
Ce jeudi 11 juin, la baisse du Nasdaq Composite et l'évolution des marchés européens, ont été abordés par Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Bonjour Alexandre, chef analyste d'IG. Je le disais en préambule, Nasdaq a perdu 6,3 % sur les
00:07quatre dernières séances, donc on est sur un repli assez significatif, même si quand on dézoome,
00:13on est vraiment sur l'épaisseur du trait. Comment vous expliquez un petit peu ce revirement ? Alors
00:18c'est vrai qu'il y a une semaine ou presque qu'on a eu les résultats de Broadcom, le
00:21titre avait
00:21perdu 10 %, bon hier c'est Oracle qui était à moins 10 là aussi après la publication de ces
00:26résultats. Est-ce qu'il y a une forme un petit peu de lassitude de ces augmentations de capital,
00:31que ce soit sur SpaceX, que ce soit sur Oracle, là encore hier qui dit on va lever 20 milliards
00:36de
00:36plus, Supermicro 7 milliards, bref tout le monde en ce moment souhaite de lever de l'argent pour l'IA.
00:41C'est un peu la grosse différence par rapport au cycle qu'on a observé pendant les années
00:45précédentes en fait. On était dans un schéma depuis 2000 grosso modo de rachat d'actions récurrents de
00:51ces groupes, à chaque fois qu'ils annonçaient leurs résultats, on était sur des annonces. Alors
00:55les dividendes progressaient relativement peu, ça c'est pas le fort de la tech parce que c'est
00:58des boîtes de croissance, mais en revanche ce qui est très souvent annoncé c'est des niveaux de
01:01rachat d'actions, donc on diminue le flottant, on diminue le nombre d'actions en circulation et ça
01:06forcément c'est favorable aux actionnaires, ça renforce les bénéfices par actions et ce qu'on
01:10observe et vous l'avez bien décrit depuis quelques semaines maintenant, c'est des annonces de l'autre
01:15côté, à la fois Alphabet qui explique qu'ils vont émettre pour 80, 85 milliards d'actions nouvelles
01:20et puis des sources qui laissent entendre que Meta pourrait faire pareil également donc pour financer le
01:24développement de l'IA, donc cette fois-ci c'est plus seulement un recours au fonds propres, au cash,
01:29c'est plus seulement un recours à la dette classique, c'est-à-dire par émission obligataire,
01:32désormais on voit que les méga caps américaines parlent très clairement de démettre des actions
01:36nouvelles, donc c'est l'opposé de rachat d'actions en fait, vous diluez un petit peu l'actionnaire
01:40existant et vous l'avez décrit, c'est à la fois, c'est un mix en fait cette correction-là,
01:44elle n'est pas
01:44délirante, rappelons que le Nasdaq a pris plus de 30% en deux mois et demi et le semi-conducteur,
01:48l'indice des semi-conducteurs a doublé en deux mois et demi, donc avoir 6, même 10% de baisse
01:53derrière
01:53ne serait pas dramatique, mais c'est effectivement à la fois Broadcom, des résultats qui sont très
01:57légèrement en dessous des attentes, ces émissions d'actions nouvelles, la question des taux aussi
02:01qui reste toujours élevée, l'incertitude géopolitique qui pèse un petit peu et puis probablement
02:04certains font un peu de place effectivement dans leur ligne pour accueillir la gargantuesque
02:10IPO de SpaceX qui va nécessiter de la liquidité et donc il est aussi possible qu'on ait quelques arbitrages
02:15au sein des portefeuilles, un petit peu en amont de cette introduction en bourse avec à l'horizon
02:19des anthropiques et des open airs également. En tout cas, l'Europe ces derniers jours surperforme
02:23par rapport aux Etats-Unis, l'Europe a été pénalisée par l'absence de grandes valeurs technologiques,
02:28bon là ces derniers temps c'est une force, typiquement le CAC 40 gagne 0,3 alors qu'il y
02:31a Wall Street
02:31a perdu 2, donc on est quand même sur un écart assez important. Maintenant la question c'est,
02:37c'est quoi le relais ? C'est quoi le relais en dehors de l'intelligence artificielle ?
02:41Le premier relais il va être dans le géopolitique, c'est-à-dire qu'on voit tout à fait en
02:46Europe
02:46et tous les indicateurs se sont retournés exactement au moment du début de la guerre en Iran,
02:51qu'on va regarder les indices de confiance en France, consommateurs par exemple,
02:55les indices en Allemagne, le ZU, l'IFO, qu'on va regarder les PMI aussi, ces fameux indices
02:59d'activité en zone euro, regardez bien sur les 10 derniers mois, vous allez voir que la cassure
03:04à la baisse est très nette à partir de mars, avril, mai, toute cette partie liée au début
03:08de la guerre en Iran. Et si vous regardez les indices européens, c'est ça qui les a aussi
03:12empêchés d'aller chercher de nouveaux records, contrairement aux indices américains
03:14beaucoup plus sensibles à la tech, en Europe on a des valeurs effectivement plus sensibles
03:17à l'énergie, l'Allemagne aussi, et je dirais que le premier gros catalyseur pour l'Europe
03:21sera la détente du conflit géopolitique parce que vous allez avoir une réaction en chaîne
03:25positive qui se créera à ce moment-là. Détente géopolitique égale pétrole qui retombe,
03:31égale taux qui se détendent, égale banque centrale qui diminue la rhétorique agressive
03:37par rapport aux hausses de taux, et puis également vous aurez une diminution du coût de l'argent.
03:41Donc on verra, je pense de manière instantanée, si la géopolitique se détend réellement
03:45avec de vrais accords, et que le pétrole retombe bien sous les 80 dollars, il ne faut pas
03:49rester au-dessus de 80, mais entre 70 et 80, vous verrez que les indices européens
03:52à ce moment-là, d'un seul coup, auront des réactions beaucoup plus positives, parce
03:55que c'est vraiment ça le frein des derniers mois. Et puis aussi ne pas oublier que l'Europe,
03:59alors c'est historique, on sait que l'Europe est moins chère que les marchés américains
04:02en termes de valorisation, mais si vous prenez le stock 600, donc l'indice élargi des
04:07valeurs européennes, il se paie 15 fois les bénéfices anticipés, c'est-à-dire exactement
04:11sa moyenne de valorisation des dix dernières années. C'est-à-dire qu'on n'a pas un marché
04:14qu'on peut considérer comme cher en Europe. Il n'est pas non plus donné, mais il n'est
04:17pas cher, alors que les marchés américains, eux, par rapport à la moyenne de valorisation,
04:21sont assez nettement au-dessus. Donc l'Europe n'attend pas grand-chose en termes de catalyseurs,
04:25et la géopolitique sera le principal d'entre eux, je pense.
04:26L'ABCE, cet après-midi, qui a probablement remonté ses taux, en tout cas c'est très
04:31largement intégré par le marché, qui anticipe au moins 70 points en termes de resserrement
04:37monétaire. Est-ce que c'est un sujet, ou non, au final, ce n'est pas un sujet, et au
04:40final tout est dans les cours déjà ?
04:42C'est un vrai sujet. Une hausse de taux n'est pas un très gros sujet à court terme,
04:46parce qu'effectivement on a une inflation sous-jacente en zone euro, c'est-à-dire
04:48hors alimentation, hors énergie, qui est remontée à 2,5%. Donc là-dessus, on a un taux
04:53de dépôt de l'ABCE qui est à 2%, le ramener à 2,25% avec une inflation à 2
04:56,5%, c'est
04:58tout à fait correct comme politique monétaire. Ce qui est plus problématique, et ce qu'il
05:01ne faudra pas faire, et espérons que l'Iran sera réglé ici-là, c'est la deuxième hausse
05:06de taux potentiellement en septembre, voire la troisième d'ici la fin de l'année.
05:10Le marché aujourd'hui, si on regarde les anticipations, les probabilités de marché,
05:13c'est 55% de probabilité pour une hausse en septembre, ce qui n'est pas négligeable,
05:17et on me demandait à l'instant qu'est-ce qu'ils pourraient faire, bouger un peu les indices
05:19européens, typiquement ça, des anticipations de hausse de taux,
05:23qui redescendent en dessous des 50% pour septembre. Et ça, ça va être lié à quoi ?
05:27Ça va être lié exclusivement à ce qu'on va voir sur les prix de l'énergie et sur l
05:30'évolution
05:30de la géopolitique. Donc la réunion du jour va être intéressante, on sait qu'il y aura
05:34une hausse de taux, donc ça c'est acquis, c'est vraiment le discours de Christian Lagarde
05:37qui va être intéressant, c'est le communiqué de l'ABCE qui va être intéressant, donc
05:41c'est vraiment les projections qui vont nous intéresser aujourd'hui, plus que le résultat
05:43de la réunion où on sait qu'il y aura hausse de taux.
05:45On est dans une séquence banque centrale, mercredi prochain, la Fed, hier on a eu des données
05:49d'inflation aux Etats-Unis, l'inflation qui est sur des plus hautes 2023, au-delà
05:53des 4%, 4-2, alors bien sûr les prix de l'énergie, notamment l'essence, plus 40%
05:57au mois de mai, donc forcément ça a pris une place importante dans cette inflation
06:01aux Etats-Unis. Alors Donald Trump a toujours l'air de surprendre, hier il a dit qu'il aime
06:05l'inflation, ce sont des super chiffres, alors bon c'est assez étonnant. Est-ce qu'il
06:09faut voir là le mania de l'immobilier qui parle et donc qui trouve que l'inflation
06:13c'est super ? En attendant, il essaye de rassurer à l'approche des mid-terms,
06:17bien sûr, après il dit, ne vous inquiétez pas, ça va tomber comme une pierre une fois
06:20que la guerre sera finie. Bon, en attendant, 4% c'est pas neutre quand même.
06:23Voilà, alors là où il n'a pas tort, c'est qu'effectivement, je pense qu'effectivement
06:25une fois que la guerre sera terminée, le pétrole retombera, on voit aussi qu'aux
06:29Etats-Unis, il y a eu des effets, ici on les a en Europe, évidemment aussi aux Etats-Unis
06:32ces effets liés au pétrole, mais le problème des Etats-Unis, que nous n'avions pas
06:35en Europe, c'est qu'avant la guerre en Iran, vous aviez déjà une inflation
06:39qui était assez nettement, toujours assez nettement, en dessous de l'objectif.
06:41Alors qu'en zone euro, si on aurait aidé l'inflation avant l'Iran, on était aux
06:44un taux de 2%, donc dans l'objectif, il n'y a pas de soucis de ce côté-là.
06:47Donc c'est ça le problème américain, c'est que leur économie, alors c'est pas un problème,
06:50mais ils ont une économie qui est plus résiliente, l'inflation s'est maintenue déjà avant la guerre
06:53en Iran, et puis il y a aussi l'effet des taxes douanières, ça n'en parle pas trop,
06:56mais beaucoup de banques américaines, JP Morgan, Goldman Sachs, estiment que les tarifs
07:00douaniers ajoutent actuellement entre 0,5 et 0,7% à l'inflation sous-jacente,
07:04ce qui est beaucoup donc, c'est grosso modo, s'il n'y avait pas les tarifs douaniers
07:07et pas la guerre en Iran, eh bien la Fed serait toujours en train de discuter,
07:11il y aurait même probablement, peut-être réaliser une baisse de taux là au printemps.
07:14Donc on voit qu'il y a deux gros paramètres pour l'économie américaine,
07:17effectivement les taxes douanières, il faut que ces effets s'estompent,
07:19et puis la fin de la guerre en Iran, et à ce moment-là, oui, Kevin Walsh,
07:22on parlera de baisse de taux, mais Donald Trump, effectivement,
07:24il essaie de minorer l'inflation, mais 4,2% d'inflation globale,
07:27rendez-vous compte, il y a aussi un élément, il ne faut pas oublier,
07:30c'est que si l'inflation est très forte, les salaires réels aux Etats-Unis,
07:33c'est-à-dire votre pouvoir d'achat réel, il est retombé négatif pour la première fois,
07:37c'est-à-dire que les salaires qui progressent de 3 et quelques pourcents
07:40avec une inflation à 4%, c'est la première fois depuis plusieurs années
07:43où vous avez un salaire réel qui redevient négatif aux Etats-Unis,
07:46ce qui implique donc, ce qui signifie une perte de pouvoir d'achat pour les Américains.
07:49Au milieu de tout ça, aujourd'hui, quel est votre biais, Alexandre Baradès,
07:52pour le marché actions en termes d'allocations de secteurs ?
07:54Qu'est-ce qui vous intéresse ?
07:55Pour moi, il y a trois strates, si vous voulez, les marchés américains assez chères
07:57et portées par la tech, donc en ce moment, je ne suis pas très chaud
08:00pour y aller sur ces niveaux de valorisation.
08:02L'Europe me paraît attractive sans attente de miracles à court terme,
08:05il y a 15 fois les bénéfices anticipés, avec encore une fois un début d'année
08:08qui s'était plutôt bien passé pour l'Europe, une fois que la guerre en Iran sera passée,
08:12les nuages vont se dégager et il sera temps d'y aller.
08:15Et puis la troisième strata, c'est la partie émergente,
08:17mais pas les émergents incluant la tech, c'est les émergents, surtout Chine,
08:20en fait, voilà, plus trop émergents aujourd'hui,
08:22mais je trouve que la Chine est vraiment à des niveaux de prix qui sont plus qu'attractifs actuellement,
08:26sur des gros indices type Hang Seng notamment,
08:28la tech chinoise n'en vaut pas grand-chose en bourse aujourd'hui,
08:30donc voilà, il y a un marché comme ça, autant la Corée du Sud,
08:32ça a flambé avec les Samsung et autres,
08:35autant les actions chinoises n'ont pas profité du boom qu'on a eu ces deux derniers mois,
08:39donc je dirais de manière très discrète, mais la Chine reste attractive,
08:43et sur les Etats-Unis, je méfie un peu de toutes ces annonces, IP ou autres,
08:46et surtout sur la tech, que je trouve clairement chère en ce moment.
08:48Merci beaucoup Alexandre Baradès de l'avoir accompagné ce matin en plateau,
08:52chef analyste d'IG.
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