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  • il y a 9 heures
Mercredi 25 mars 2026, retrouvez David Bellanger (Directeur de l’Immobilier et de l’Investissement, SERL), Luce Gramond (cofondatrice, Greenlobby), Nicolas Rousselet (Cofondateur, Damocles Diagnostics) et Nicolas Hazard (auteur, fondateur et président, INCO) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission de celles et ceux qui font de
00:13la transformation environnementale et sociétale un axe fort de leur stratégie.
00:17Et voici le sommaire, c'est Nicolas Hazard, le fondateur d'Inco, qui sera l'invité du Grand Entretien.
00:22A tout à l'heure, 26 minutes, pour parler évidemment d'investissement à impact, mais aussi de son livre «
00:28Je ne suis pas un algorithme » ou « Comment trouver du sens à l'ère de l'intelligence artificielle
00:33».
00:33Mais d'abord, je reçois David Bélanger, le directeur de l'immobilier et de l'investissement du groupe CERI.
00:38On parlera aménagement urbain avec un projet, vous allez voir, qui réinvente le concept d'usine en ville.
00:45Dans le zoom de ce Smart Impact, nouvelle rubrique consacrée aux affaires institutionnelles en partenariat avec Green Lobby.
00:51Tous les mois, avec Plus Grammont, on verra comment les réglementations peuvent être des freins ou des boosters d'activité.
00:58Et puis dans Smart Ideas, je vous présenterai Damoclès Diagnostics qui propose des solutions de détection bactérienne et de lutte
01:07contre l'antibiorésistance.
01:09Voilà pour les titres Taylor de Smart Impact.
01:18L'invité de ce Smart Impact, je vous le présente tout de suite, David Bélanger, bonjour.
01:22Bonjour.
01:23Bienvenue, vous êtes le directeur de l'immobilier et de l'investissement du groupe CERL. C'est quoi le groupe
01:27CERL ?
01:28La CERL, c'est un groupe qui existe depuis 1957, qui œuvre au sein du territoire en aménagement et en
01:34construction publique principalement.
01:36La CERL a des actionnaires publics et des actionnaires privés, c'est une société d'économie mixte.
01:40Qui est basée à Lyon, c'est ça ?
01:42Elle est basée à Lyon, son territoire d'intervention et donc principalement la métropole de Lyon et le territoire du
01:47département du Rhône également.
01:48Avec un projet bien avancé puisqu'il existe depuis plus de 5 ans, c'est ça, 5-6 ans.
01:55Et c'est celui-là qu'on a envie de développer ensemble, c'est pour ça qu'on a eu
01:58envie de vous inviter, ce projet Usine Lyon Paris-Lie.
02:02Alors, de quoi il s'agit ? Et puis on va parler d'usine en ville et j'ai plein
02:08de questions là-dessus.
02:08Mais de quoi on parle ? Est-ce que vous pouvez nous décrire ce lieu ?
02:11Usine Lyon Paris-Lie, c'est un site pilote du renouveau industriel en milieu urbain.
02:16On s'est rendu propriétaire d'un tenement historiquement utilisé par la société Bosch depuis les années 1930,
02:25sur 10 hectares, 30 000 m2 déjà bâtis, et sur lequel, depuis le début des années 2000, Bosch avait un
02:32usage moins intensif.
02:34Quand ce site s'est mis en vente, nous avons décidé, groupe SER, le côté de la Banque des Territoires,
02:40Caisse des dépôts et consignations et de la Caisse d'épargne Rhône-Alpes, de porter un projet sur le long
02:44terme,
02:46en maintenant une occupation industrielle, mais en faisant d'un site mono-usagé un site partagé par plusieurs entreprises et
02:54industrielles.
02:55Donc, quand on parle d'usine en ville, en quoi ça réinvente ce concept d'usine en ville ?
03:02L'usine, au fur et à mesure des dernières décennies, s'est déportée de plus en plus vers l'extérieur
03:09des milieux urbains.
03:11Pour différentes raisons, la pression foncière, son image et parfois ses nuisances également.
03:19L'usine en ville, le fait de la maintenir, c'est participer finalement à faire en sorte que nos milieux
03:25urbains restent multifonctionnels.
03:27On a cette notion, depuis quelques années, de la ville du quart d'heure pour re-rendre une proximité entre
03:33les espaces où nous résidons,
03:34les espaces où nous menons nos loisirs et les espaces où nous travaillons.
03:39Donc, l'usine en ville consiste à maintenir finalement des emplois productifs en milieu urbain,
03:46mais en veillant effectivement aussi à être compatible, et là on peut parler en toute transparence de nuisances,
03:53d'être compatible effectivement avec notre environnement et même d'embarquer notre environnement dans l'enthousiasme de ce type d
03:59'aménagement.
04:00Vous êtes maître d'ouvrage, aménageur, qu'est-ce que ça signifie ?
04:03Comment vous avez, j'imagine, transformé le site ?
04:06D'ailleurs c'est un processus, vous êtes en train de transformer le site.
04:10Notre ADN d'aménageur, ce qu'il nous apporte effectivement sur ce dossier-là,
04:14c'est une approche globale, multifactorielle, c'est-à-dire qu'on va avoir effectivement une approche en termes de
04:20cohésion du territoire,
04:21qui passe par la cohésion sociale, et donc finalement par la compréhension,
04:25mais plus que la compréhension, l'échange et les passerelles avec notre environnement urbain.
04:30Ça va passer également, bien évidemment, en termes d'aménagement,
04:35avec l'intégration de vertus, de vertus environnementales, dans la manière de réaliser, de composer,
04:40et puis bien évidemment, en termes d'immobilier, des immobiliers durables,
04:46des immobiliers en phase avec les différentes réglementations thermiques
04:53et en poussant même un peu plus le curseur.
04:56Alors on va rentrer dans le détail, quelques chiffres, 23 entreprises accueillies,
04:59plus de 750 emplois créés, 11 hectares de site, 30 000 m² de locaux industriels existants,
05:0515 000 m² d'espace vert.
05:07Tiens, je m'arrête sur ce dernier chiffre, ils n'existaient pas du tout,
05:10c'est vous qui les avez créés, vous les avez développés, ces espaces verts ?
05:14Il y a une vraie caractéristique des sites industriels du siècle dernier,
05:18c'est effectivement une forte imperméabilisation des sols,
05:22des surfaces d'enrobés importantes, que l'on peut réinterroger sur les projets.
05:27Et donc, on est arrivé sur un site sur lequel on a trouvé très peu de plantations,
05:32il y avait une dizaine d'arbres, nous en avons planté déjà plus de 300,
05:36il y en aura 550 à terme.
05:38Ça, je dirais que c'est la partie visible au-dessus des sols,
05:41mais on a surtout travaillé une régénérescence des sols.
05:48Ces sols qui étaient très pauvres sur le site, pour ceux qui n'étaient pas enrobés,
05:53on a intégré du compost fabriqué par l'un de nos locataires à partir de déchets alimentaires,
06:00et donc on les a recomposés in situ, un peu plus de 3000 m3 de sols,
06:04qui sont destinés déjà aux différentes plantations.
06:08Et puis, on a désimperméabilisé en effet, on a réduit les surfaces d'enrobés,
06:12ce qui nous a permis de respecter un cycle de l'eau pour renvoyer les eaux vers la nappe
06:17le plus rapidement possible à partir de bassins d'infiltration.
06:20Il y a encore des bâtiments en construction en ce moment ?
06:22Tout à fait, Thomas.
06:23On a acheté ce site avec 30 000 m2 déjà construits,
06:28et on a ce qu'on appelle un permis d'aménager,
06:31donc une composition d'ensemble qui va nous permettre d'en réaliser 30 000 supplémentaires à l'horizon 2032.
06:38Aujourd'hui, on a fait la moitié de ce programme supplémentaire,
06:41on est à un peu plus de 10 000 m2 réalisés,
06:43qui ont permis eux aussi d'accueillir depuis 2023 des nouvelles entreprises.
06:48Nous avons 2000 m2 qui sont actuellement en cours,
06:51qui à partir d'octobre permettront d'accueillir des entreprises sur des plus petites surfaces,
06:56et l'année prochaine nous poursuivrons ce développement.
06:59Quels types d'entreprises viennent sur ce site ?
07:03On a deux typologies principales d'entreprises.
07:06On a tout d'abord des start-up,
07:07avec des start-up qui sont nées dans notre environnement lyonnais,
07:11au sein de différentes pépinières,
07:13notamment Axel One, Insa Valor, accompagnées par Pulsalis.
07:18Des start-up, pour la plupart, dans le domaine de la circularité.
07:22J'ai pu citer précédemment les alchimies sur la fabrication de compost.
07:26On a Recycle Elite dans la reprise des déchets et séparation des polymères et l'astomère.
07:32Pourquoi vous montrez votre veste ?
07:33Parce qu'à partir de tissus, ils savent séparer tout ce que l'on a dans nos tissus.
07:38Et qu'effectivement, que ce soit nos téléphones pour lesquels nous avons des entreprises
07:43qui savent récupérer les métaux rares plutôt que d'aller les extraire dans des mines,
07:47que ce soit sur les tissus que nous portons, que nous utilisons pour savoir recréer
07:52dans les chaînes de matières premières des polymères, du coton, des élastomères.
07:57Finalement, toute cette matière est en général sous notre nez, sur notre territoire.
08:01Et les entreprises ont des procédés innovants qui leur permettent effectivement d'oeuvrer
08:07et de remettre sur le marché des matières.
08:09Une start-up qui s'installe sur le site Usine Lyon Paris,
08:14elle peut y grandir ou alors il y a forcément un moment où elle va devoir partir ?
08:17Vous voyez ce que je veux dire ?
08:18On a cette notion de parcours.
08:20On a des surfaces effectivement qui démarrent dès les plus petites surfaces,
08:2550 à 80 mètres carrés, et on peut aller jusqu'à 10 000 mètres carrés.
08:28Alors dans cette notion de parcours, c'est un produit à la location.
08:32On reste propriétaire, puisqu'effectivement on peut accompagner les entreprises
08:38dans leur développement.
08:40C'est le cas avec certaines à qui nous offrons de nouveaux locaux.
08:44Mais la vie d'une entreprise est aussi faite d'accidents, Thomas.
08:47Ce qui a amené pour trois d'entre elles déjà à parfois savoir réduire la surface
08:52pour s'adapter effectivement à leur marché réduit sur certaines périodes,
08:57s'adapter aussi à leur capacité financière.
08:59Comment vous animez ce site avec des entreprises qui peuvent parfois avoir des points communs,
09:07des complémentarités ou au contraire être dans des secteurs très différents les unes des autres ?
09:10C'est une des grandes caractéristiques du site, effectivement,
09:13de pouvoir créer des synergies entre elles, mais aussi d'offrir des moyens de mutualisation.
09:17On a à la fois un domaine technique ou en termes de mutualisation,
09:22certains fluides, notamment la production de froid, la production de chaleur, l'électricité,
09:28à partir notamment d'autoconsommations collectives produites en photovoltaïque,
09:32sont distribuées aux différents locataires.
09:35La sécurité incendie, qui est importante aussi pour nos locataires,
09:38et puis un certain nombre de services en libre accès,
09:42que ce soit le fait de pouvoir utiliser des vélos électriques ou des salles de réunion.
09:46Mais ça ne suffit pas pour les industriels.
09:48On a aussi une mise en réseau, grâce à une association qu'on héberge sur site,
09:52la Ruche Industrielle, qui a d'ailleurs un périmètre d'intervention plus large que le site usine.
09:57Elle réunit...
09:57Qui va animer un peu la vie collective sur le site ?
09:59Qui anime, effectivement, les transitions industrielles.
10:04Donc, ça va relever aussi bien de sujets techniques sur lesquels des industriels voudraient prototyper ensemble
10:10et peuvent massifier et accélérer des transformations,
10:14que sur les ressources humaines, qui sont un vrai défi aussi pour les industriels,
10:18le recrutement et la formation.
10:20Je voudrais qu'on termine.
10:21Il nous reste deux minutes sur ces bâtiments,
10:23parce que, vous nous l'avez dit, vous récupérez 30 000 m2 de locaux existants,
10:28et puis vous êtes en train de construire.
10:30À quel point ce que vous construisez répond à des normes
10:34et se différencie de ce qui existait en termes d'impact thermique,
10:39de consommation d'énergie, etc., etc.,
10:41ou d'autoconsommation ?
10:43Vous parliez des panneaux photovoltaïdes.
10:45Déjà, en termes d'usage, on se rend compte que nous devons apporter une plus grande flexibilité,
10:49une grande modularité.
10:51Même avec un même locataire, il peut y avoir des mutations dans son process à l'avancement.
10:56Ensuite, on upgrade, par rapport aux réglementations,
10:59effectivement la performance thermique de nos bâtiments.
11:01Ça nous permet, nous, en tant qu'aménageurs, mais aussi propriétaires de ces bâtiments,
11:07d'impacter finalement notre bilan carbone.
11:13Depuis notre acquisition du site en 2020 et aujourd'hui,
11:17nous avons réduit le bilan carbone de plus de 40%,
11:19en passant sur un réseau de chaleur pour le chauffage,
11:24qui lui-même est alimenté principalement en biomasse,
11:27mais aussi en énergie fatale.
11:29L'énergie fatale, c'est ce qui est issu des process, des industriels.
11:33L'énergie qui se travaille aussi autour du photovoltaïque.
11:37Et puis, effectivement, c'est construire le juste nombre de mètres carrés
11:40en mutualisant aussi des espaces et des salles communes.
11:45Il y a une liste d'attente là, aujourd'hui ?
11:47C'est un site qui attire, j'imagine ?
11:50C'est un site qui attire, il est très bien distribué.
11:53C'est aussi l'un des intouts du milieu urbain.
11:56Donc, aujourd'hui, c'est l'une des principales recherches des entreprises,
12:03c'est la capacité de pouvoir recruter.
12:05Donc, c'est un atout, en effet, du site usine.
12:08On a de la disponibilité.
12:10À date, on a 5 000 mètres carrés sur un peu plus de 40 000 mètres carrés
12:13qui sont effectivement disponibles.
12:16Et donc, comme je l'indiquais, à partir du mois d'octobre,
12:19de 400 à 800 mètres carrés, quatre lots seront disponibles.
12:22Dernière question sur la porosité entre le contexte économique global
12:28et une activité comme la vôtre.
12:30C'est-à-dire, quand on est dans une période d'incertitude,
12:33de crise géopolitique, peut-être de moindre investissement,
12:36est-ce que vous en ressentez les effets ?
12:38On le ressent forcément dans la demande.
12:41Et Thomas, on ne va pas se le cacher, dans l'actualité récente,
12:44jeudi dernier, un de nos locataires, MobEnergie, une des start-up,
12:48est malheureusement rentrée en procédure de liquidation judiciaire.
12:53On doit absolument accompagner sur le long terme nos entreprises
12:58sur le territoire national.
13:00Ça fait partie du plan France 2030.
13:03Il faut aussi que les financeurs, les établissements financiers,
13:08puissent être au soutien de ces entreprises
13:10et pas uniquement en soutien du numérique ou des services.
13:13Là, ce qui a pu manquer à MobEnergie, effectivement,
13:16c'est de faire face à une trésorerie
13:19qui s'est rapprochée de l'état zéro,
13:22alors que le produit développé,
13:24qui consiste à récupérer des batteries de seconde vie
13:27pour stocker de l'énergie et la restituer en journée
13:31aux véhicules électriques,
13:32était très pertinent pour développer les véhicules décarbonés,
13:38les mobilités plus douces sur notre territoire national.
13:42Merci beaucoup, David Bélanger.
13:43À bientôt sur BeSmart4Change.
13:46Tout de suite, on parle affaires institutionnelles et lobbying.
13:54C'est une nouvelle séquence que je vous propose dans Smart Impact
13:58pour mieux comprendre comment les affaires institutionnelles
14:01peuvent accompagner les entreprises à impact.
14:04Ça peut être un booster, ça peut être un frein,
14:07et on va en parler tous les mois avec Luz Gramont.
14:09Bonjour, bienvenue.
14:10Bonjour, Thomas.
14:10Vous êtes la cofondatrice de Green Lobby.
14:14Chaque mois, vous serez ici avec une entreprise.
14:17Mais d'abord, on va un peu planter les enjeux.
14:19De quoi on parle ?
14:20On parle d'un mot qui fait parfois grincer les dents.
14:22On va parler de lobbying ensemble, finalement.
14:25Oui, il y a beaucoup de préjugés derrière ce mot.
14:29Et une image très cachée, très opaque.
14:34En réalité, je suis là pour démystifier et montrer que ce n'est pas seulement l'affaire
14:39de quelques multinationales.
14:42Ça peut concerner, et ça doit concerner, toutes les entreprises.
14:46Et c'est accessible.
14:47Oui, et elles n'en sont pas forcément conscientes.
14:49Alors, on va revenir à l'origine.
14:50Pourquoi vous avez créé Green Lobby ?
14:53Et qu'est-ce que c'est, Green Lobby ?
14:54Alors, Green Lobby, c'est un cabinet d'affaires publiques, d'affaires institutionnelles
14:58qui est dédié aux acteurs de la transition écologique et sociale,
15:02que j'ai cofondé il y a maintenant 7 ans,
15:05après avoir travaillé près de 30 ans dans les lieux où se décident les lois.
15:11Donc d'abord au Parlement français, plusieurs années en cabinet ministériel,
15:16à l'échelon européen, la Commission européenne,
15:19à l'échelon local, très important,
15:22dans une grande ONG et aussi dans une grande entreprise.
15:26Et à l'issue de ce parcours...
15:28Vous avez testé un peu tous les lieux, tous les cadres, quoi.
15:32Un peu un 360,
15:33qui m'a permis effectivement d'avoir une vision assez complète
15:37de comment se fabriquent les lois à chaque échelon.
15:42Et avec deux constats.
15:44Le premier, c'est qu'effectivement, la loi,
15:47elle est capturée par une poignée de multinationales,
15:49aujourd'hui étrangères,
15:50qui fait et défait les lois.
15:55Alors que la loi, c'est très structurant.
15:57Il y a aussi des préjugés sur la loi anti-compétitivité.
16:00Moi, j'ai fait un travail de recherche appliqué.
16:03Ça peut être un vecteur de compétitivité aussi, une loi ?
16:06Évidemment, de prospérité.
16:07Et en fait, c'est à la fois un risque, une contrainte.
16:12Et s'il y a contrainte, s'il y a opportunité,
16:14si on l'anticipe et qu'on a un coup d'avance.
16:17La loi, ça représente la société.
16:21C'est les évolutions sociétales.
16:23Donc la loi, c'est des nouveaux marchés.
16:25C'est une remise en cause d'un modèle d'affaires
16:27ou la création d'un nouveau marché.
16:30Donc quand on la fabrique,
16:33quand on prend part,
16:34et ce n'est pas si compliqué, on va le voir,
16:37ça peut être un booster d'activité.
16:39Alors, ce qu'on va découvrir ensemble,
16:42tous les mois, c'est quoi ?
16:43C'est comment une entreprise peut promouvoir ses solutions,
16:48éventuellement, ça peut marcher dans ce sens-là, c'est ça ?
16:50Pour essayer de faire évoluer la loi,
16:52ou alors au contraire, va réagir à une nouvelle réglementation
16:55et l'intégrer à son business model ?
16:58Exactement.
16:59Alors, ça paraît un peu magique comme ça.
17:01La plupart des entreprises se disent
17:02« Oh là là, mais ce n'est pas pour moi ».
17:03Oui, bien sûr.
17:04En fait, chez Green Lobby, on a développé,
17:06on démystifie, on simplifie,
17:08on explique qu'on peut agir.
17:13Alors, je vais prendre un exemple très simple.
17:17Une entreprise qui est en train de construire
17:19la filière du reconditionnement des lunettes.
17:21Vous savez, les lunettes, elles restent dans les tiroirs
17:23la plupart du temps.
17:24Oui, j'en ai quelques pères qui ne servent plus à rien.
17:26Voilà, c'est ça.
17:27Eh bien, il y a une entreprise extrêmement innovante,
17:30rejointe par plusieurs autres entreprises.
17:34La filière du reconditionnement des lunettes.
17:37Et en fait, pour ça, il a fallu une loi.
17:39Et il a fallu les décrets d'application
17:41et les arrêtés d'application
17:44pour concrètement faire le remboursement
17:46de la sécurité sociale.
17:48Et puis, c'est des nouvelles pratiques pour les opticiens.
17:50Donc aujourd'hui, cette entreprise,
17:51elle a été rejetée par un grand groupe.
17:55Donc, comment on modifie la loi ?
17:56À l'échelle d'une petite structure, vous voyez ?
18:00Oui, ce n'était pas une multinationale.
18:02Pas du tout.
18:03Quand ça a démarré, c'est une petite structure.
18:04Voilà, donc très concrètement,
18:07nous, on propose des amendements prêts à l'emploi.
18:09Ça s'écrit, c'est de la transcription logistique.
18:12Vous voyez, c'est un savoir-faire, une expertise.
18:16Ça ne suffit pas, il faut trouver le véhicule législatif.
18:19Ça aussi, c'est un savoir-faire un peu technique.
18:21Mais ce qui compte vraiment,
18:22c'est de construire le rapport de force.
18:24C'est-à-dire qu'il ne suffit pas de le donner à un député.
18:27Il faut convaincre à la fois le gouvernement
18:28et plusieurs groupes pour que ça passe
18:30de tendances politiques différentes.
18:33Donc, pas se faire récupérer politiquement.
18:37Et il faut avancer essentiellement
18:39des arguments économiques, en fait.
18:41C'est un peu notre façon de faire chez Green Lobby.
18:43Donc, on explique que c'est l'avenir,
18:46que c'est du pouvoir d'achat pour les consommateurs,
18:48que c'est de la rentabilité pour les opticiens
18:51et que ce n'est pas compliqué,
18:53que c'est soutenu par les mutuelles,
18:54qui voient aussi un intérêt.
18:56Pourquoi il y a besoin d'une loi ?
18:58Il y a besoin d'une loi pour, je l'ai dit,
19:01le remboursement de la sécurité sociale.
19:03Et puis, c'est un matériel médical.
19:06Donc, effectivement, la loi est structure.
19:10Le marché n'est pas structuré tout seul.
19:12La plupart des innovations,
19:13elles ont besoin d'une loi,
19:15de décret d'application,
19:16d'un portage politique.
19:18Moi, je parle souvent dans mes émissions
19:20de la loi AGEC,
19:22et avec le sentiment que c'est une loi
19:24qui a beaucoup transformé, finalement,
19:26les tissus économiques.
19:28Alors là, on est dans l'autre sens.
19:29Comment une loi va finalement créer des opportunités,
19:32c'est ça ?
19:33Tout à fait.
19:34Alors, c'est effectivement de cette loi
19:37dont on parle, mais ça ne suffit pas.
19:39Il faut des décrets d'application.
19:40Et puis après, il faut voir au niveau local.
19:43L'échelon local est extrêmement important.
19:46Parce que l'échelon local,
19:47et chaque entreprise va le comprendre,
19:48c'est une implantation, un permis de construire.
19:50C'est aussi de l'argent.
19:52Ils ont des fonds propres, les communes.
19:54Ils ont des dotations de l'État,
19:55même si elles sont en baisse.
19:56Ils ont de l'argent aussi du niveau européen.
19:59Ça, c'est la région qui capte l'Europe,
20:03dispatche sur les territoires.
20:04Et en fonction des thématiques.
20:08Ça veut dire que cet échelon-là,
20:11l'échelon local et européen,
20:13on n'y reviendra,
20:14mais il est presque plus stratégique
20:16ou aussi stratégique que la loi au niveau national ?
20:21Il est aussi stratégique en fonction du niveau de développement
20:24de la structure,
20:26du collectif d'industriel
20:27ou de la PME ou de l'ETI.
20:30Ça peut être beaucoup plus intéressant
20:32de commencer parfois par l'échelon local.
20:35Vous voyez, on a accompagné une entreprise
20:42dont le cœur de métier n'était pas à l'impact,
20:44qui distribuait des plastiques à usage unique,
20:46mais qui avait quand même bien conscience
20:48que leur modèle d'affaires pouvait être fragile
20:51et qui voulait se pivoter sur du réemploi
20:55avec des boucles de lavage locales.
20:58Eh bien, on leur a permis de faire des expérimentations
21:01en faisant connaître leurs solutions
21:03auprès du préfet, auprès des élus,
21:04pour concrètement qu'ils fassent leurs premiers tests
21:08dans des festivals de musique
21:10et pour le compte d'entreprises qui livrent à domicile.
21:14Donc, vous voyez, ça c'est un exemple concret.
21:16Un autre exemple, c'est de capter de l'argent.
21:18Je disais que l'argent venait retomber,
21:21en tout cas sur l'échelon régional.
21:23Eh bien, il y a des régions qui ont comme priorité
21:26l'accélération de la rénovation énergétique.
21:28Les passoires thermiques, vous voyez, c'est un gros sujet.
21:31Et donc, on a travaillé pour le compte d'une entreprise
21:34qui vend des isolants thermiques très performants,
21:36mais un peu plus chers que le marché.
21:38Et dans ces cas-là, faire coïncider,
21:41faire connaître les actions de cette entreprise
21:43auprès de la région, du président de la région
21:46et de ses équipes,
21:47pour qu'ils puissent accorder des subventions
21:51à leurs clients.
21:52Et vous voyez là qu'il y a vraiment un intérêt
21:58économique majeur.
21:58Il y a un autre exemple
21:59qui illustre très bien ce que vous faites
22:02et ce dont on va parler tous les mois
22:04dans cette nouvelle séquence,
22:06dans cette nouvelle rubrique.
22:07que c'est le travail qui a été mené
22:09pour faire évoluer la fiscalité
22:10autour du vélo de fonction.
22:11Qu'est-ce qu'on peut en dire de ça ?
22:13Parce que là aussi, c'était une nouvelle pratique,
22:16donc nouvelle réglementation, c'est ça ?
22:18Oui, tout à fait.
22:19Les vélos de fonction,
22:21c'est une jeune boîte en plein développement,
22:23parce qu'effectivement,
22:24il y a des entreprises,
22:25les salariés le veulent, etc.
22:27Et en fait, c'était moins avantageux fiscalement
22:30d'avoir des vélos de fonction
22:31plutôt que des voitures de fonction.
22:32Vous voyez, c'est quand même un peu aberrant
22:33quand on veut rendre plus durable la mobilité.
22:37Et puis, pour les salariés,
22:40c'est quand même une image beaucoup plus dynamique.
22:43Vous voyez, c'est aussi la marque employeur.
22:44Donc, il y avait de la demande.
22:47Et on a réparé en proposant
22:49cette dissonance fiscale
22:52en écrivant un amendement en loi de finances.
22:55Comme ça, ça paraît un petit peu impressionnant,
22:57mais en fait, ce n'est pas si compliqué.
22:58Quand on avance, encore une fois,
23:00des arguments,
23:01moi, je suis économiste de l'environnement,
23:04économiste et juriste,
23:05donc, pour ne pas aller à Bercy,
23:07pour ne pas aller à Matignon
23:09et au ministre des Transports
23:11et puis au ministre de l'Environnement,
23:13mais on sait bien que le ministre de l'Environnement
23:14seul ne peut pas,
23:16eh bien, il faut avancer
23:17des arguments économiques en disant
23:19ça va donner un signal,
23:20ça va tirer le marché,
23:21la filière vélo va se construire,
23:25française, locale, vertueuse,
23:27des emplois non délocalisables.
23:28Vous voyez, ce type d'argument
23:29peut convaincre des députés
23:32le gouvernement.
23:33Est-ce que c'est plus compliqué,
23:34pardon de m'interromper,
23:34est-ce que c'est plus compliqué
23:36dans un contexte
23:37qui est le contexte
23:38que l'on vit depuis deux ans ?
23:39C'est-à-dire un contexte parlementaire,
23:42principalement à l'Assemblée,
23:44heurté, des difficultés,
23:45pas de majorité,
23:46des lois de finances
23:48qui passent sans vote, etc.
23:50C'est à la fois plus compliqué
23:51parce qu'effectivement,
23:53il y a un backlash au niveau européen,
23:55donc on déconstruit un peu le cadre
23:59du Green Deal.
24:00On intervient beaucoup au niveau européen
24:01pour les entreprises
24:02dont c'est un enjeu majeur.
24:06Vous allez en recevoir une
24:08dans le 17 avril.
24:10Mais c'est aussi un atout
24:12qui n'est pas de majorité absolue
24:14parce qu'on peut,
24:15il y a recomposition
24:17et finalement le parlementarisme.
24:20On peut déconstruire les majorités
24:22sur justement un amendement
24:24ou un projet.
24:25Voilà, filière par filière.
24:26Quand on arrive
24:27avec des arguments tangibles,
24:29les députés,
24:29ils veulent être utiles.
24:30Ils sont absolument ravis
24:33d'avoir un contact
24:34avec l'économie réelle
24:36et des DG
24:36qui sont implantés dans le territoire,
24:38qui veulent être utiles
24:39et de leur donner
24:41leurs petits secrets
24:43et aussi tout ce qu'ils peuvent percevoir
24:45de la tendance
24:46de l'évolution de la société.
24:48Parce qu'au quotidien,
24:50ils travaillent sur des rapports
24:52des missions d'information,
24:53des commissions d'enquête.
24:54Au niveau européen,
24:55on a les livres blancs,
24:55les livres verts.
24:56Au niveau local,
24:57on a aussi des priorités
24:59locales qui sont définies
25:01dans les programmes
25:02des municipales.
25:05Voilà, on est en plein
25:06dans l'actualité.
25:07Et là, on a 100 jours
25:09pour définir la politique municipale.
25:11Donc c'est vraiment le moment
25:12d'arriver avec des solutions
25:13que les élus apprennent.
25:14Et pour ça,
25:15il faut parler leur langue.
25:16C'est un petit peu
25:17comme un rendez-vous commercial
25:18pour un chef d'entreprise.
25:19C'est-à-dire qu'ils décryptent
25:21le besoin.
25:23Voilà, le besoin d'un politique,
25:24c'est d'être utile.
25:25C'est de parler à ses administrés
25:28au-delà de la politique politicienne.
25:30Si je ne sais pas,
25:30justement,
25:31d'entrer dans un parti,
25:32de prendre recours
25:33au débat un peu
25:34de cours de récréation
25:36qui, là, ne nous intéresse pas.
25:37mais on peut vraiment agir concrètement.
25:40Et c'est très utile.
25:43C'est très utile pour les élus.
25:45C'est un enjeu démocratique.
25:46C'est un enjeu économique
25:46pour vraiment construire
25:48les innovations,
25:49les passer à l'échelle.
25:50Merci beaucoup,
25:51justement.
25:51Et donc, au mois prochain,
25:5317 avril, c'est ça ?
25:54Mais oui, à très bientôt.
25:55On sera là pour un premier cas,
25:56une première entreprise
25:58emblématique.
25:58On passe tout de suite
25:59au grand entretien
26:00de ce Smart Impact.
26:06Prêt pour l'impact ?
26:07C'est la question que je pose
26:09chaque jour
26:09à une personnalité
26:10qui compte dans notre économie.
26:12Je reçois aujourd'hui
26:13Nicolas Hazard.
26:14Bonjour.
26:14Bonjour.
26:15Bienvenue.
26:15Vous êtes le fondateur
26:16du groupe Inco
26:17et vous publiez
26:18« Je ne suis pas un algorithme ».
26:20C'est aux éditions.
26:22Flammarion va commencer
26:23par Inco
26:25que vous allez nous présenter
26:26tout simplement
26:27en quelques mots.
26:28Bien sûr.
26:28Inco, c'est un groupe
26:29que j'ai fondé il y a 15 ans
26:30pour lancer l'impact en France.
26:32Donc, ça tombe bien.
26:34Vous êtes au bon endroit
26:35pour en parler.
26:35On est au bon endroit
26:35pour en parler.
26:37Et donc, on a créé
26:37le premier fonds à impact
26:39pour faire de l'impact investing
26:41dans la finance à impact.
26:42Aujourd'hui, on continue.
26:43On a plusieurs fonds.
26:44On a plus de 120 entreprises
26:46dans lesquelles on a investi
26:47et qui démontrent
26:47qu'on peut allier
26:48rentabilité économique
26:49et performance sociale
26:50et environnementale.
26:51Et puis, c'est aussi
26:52de la formation professionnelle
26:54pour les jeunes
26:55qui sont éloignés de l'emploi.
26:56On est dans plus de 120 pays.
26:57On forme plus de 200 000 personnes par an.
26:59Donc, c'est un grand groupe
27:00de formation
27:01et de l'incubation aussi
27:03d'entrepreneurs à impact.
27:04Et ça, on fait ça aussi
27:05sur les cinq continents.
27:07Et donc, c'est vraiment accompagné
27:09à la fois sur les entreprises
27:11et à la fois pour ceux
27:12qui veulent y travailler.
27:13Et parce qu'aujourd'hui,
27:14notre secteur, celui de l'impact,
27:16il a énormément grandi en 15 ans.
27:18C'était quoi ?
27:18Alors justement,
27:19votre vision
27:20ou votre ambition de départ
27:22il y a 15 ans.
27:22et à quel point
27:24cette vision-là,
27:24elle a pu,
27:25ou pas d'ailleurs,
27:26je ne sais pas,
27:27évoluer ?
27:27La vision, c'était de dire
27:29que c'était juste
27:29après la crise financière
27:31où on disait
27:33la finance,
27:33c'est mon ennemi.
27:34C'est le grand débat.
27:35C'est la phrase de François Hollande
27:36pour se faire élire.
27:37Et l'idée, c'était de dire
27:39en fait, la finance,
27:40c'est qu'un outil,
27:40c'est pas bon ou mauvais
27:41par essence.
27:43Et donc,
27:44qu'est-ce qu'on en fait
27:44aujourd'hui avec la finance ?
27:45On a des milliards
27:46de milliards d'euros,
27:48de dollars, etc.
27:49Et si on les utilisait,
27:50ne serait-ce que 1%,
27:515%,
27:5210%,
27:52pour essayer de construire
27:53l'économie de demain,
27:54une économie qui soit inclusive,
27:55une économie qui soit durable,
27:57c'est là où vraiment
27:58on changera les choses.
27:59Et donc, l'idée,
27:59c'était de créer
28:00ce premier fonds à impact.
28:01Oui, avec ce chiffre,
28:02je me suis reposé la question,
28:04ça pèse quoi ?
28:06La finance à impact aujourd'hui,
28:08c'est environ,
28:08alors c'est difficile
28:09parce que,
28:09pas de chiffre très précis,
28:11mais environ 1%
28:11du total des actifs
28:12gérés dans le monde.
28:141%, évidemment,
28:14on se dit,
28:15c'est hyper décevant
28:16et ça ne bouge pas beaucoup.
28:17Alors déjà,
28:18est-ce que vous confirmez
28:18ce chiffre-là ?
28:19Alors, ce chiffre,
28:20il est dur à confirmer,
28:22mais c'est à peu près ça
28:23parce qu'après,
28:24vous l'avez vu aussi,
28:25vous avez pu le constater,
28:26moi je sais que vous êtes
28:27dans le secteur,
28:28en tout cas depuis longtemps,
28:29enfin vous connaissez ce secteur,
28:30c'est qu'il y a un peu de tout,
28:32il n'y a pas à boire
28:32et à manger sur l'impact,
28:34il y a un peu de tout
28:34et donc il y a bien évidemment
28:36des gens qui,
28:37parce que c'était tendance,
28:38qui se disent à impact
28:38alors qu'ils n'en font pas beaucoup
28:39mais aujourd'hui,
28:40la vraie finance à impact,
28:41c'est autour de 1%.
28:47Il y a des milliards
28:47et des milliards
28:48qui peuvent être mobilisés là-dessus.
28:49L'idée,
28:50ça serait d'arriver à 10%,
28:51à 20%.
28:52Aujourd'hui,
28:52on n'en prend pas le chemin
28:53parce qu'aujourd'hui,
28:55c'est la défense qui compte,
28:57c'est un certain nombre
28:58de stratégies,
28:59la géopolitique joue beaucoup
29:00mais c'est des cycles
29:01et moi je pense que ça va revenir
29:02et donc ce mouvement,
29:03il va continuer à s'amplifier.
29:04Mais on parle d'un levier
29:06qui est sans doute
29:06le levier le plus puissant
29:08pour transformer nos sociétés.
29:10C'est le levier,
29:10c'est pour ça.
29:11Donc j'ai quand même du mal,
29:12pardon,
29:14à comprendre
29:16pourquoi on reste
29:17presque à ce seuil
29:19de 1% finalement.
29:19C'est très simple,
29:21c'est très très simple.
29:22Aujourd'hui,
29:22la finance à impact
29:23promet des rentabilités
29:25qui sont inférieures
29:26à si on fait du pétrole,
29:29du gaz, etc.
29:30Donc on a des rentabilités
29:31qui sont inférieures
29:32mais qui sont honnêtes
29:32pour autant
29:34et donc qui vraiment
29:35permettent de créer de l'emploi,
29:37créer de la durabilité
29:38là où les grands fonds,
29:40notamment les fonds de pension,
29:42eux investissent
29:43dans tout ce qui rapporte
29:44très vite et très fort
29:45et tout de suite
29:46sans vraiment tenir compte
29:47de cet impact-là.
29:49Donc bien évidemment,
29:50il y a une sorte de moins-value
29:51mais c'est là où les États,
29:53la France,
29:54l'Union Européenne,
29:56on devrait plus pousser
29:57la finance à impact.
29:58Aujourd'hui,
29:58il n'y a pas de niche fiscale
30:00ou de bénéfice
30:01quand on fait un fonds à impact
30:02alors que moi,
30:03je pense qu'on devrait
30:04pouvoir le faire
30:04et pour inciter justement
30:06les investisseurs
30:07à investir plus là-dedans
30:09que dans les autres fonds.
30:10Oui, effectivement.
30:11Un levier réglementaire
30:13peut-être au niveau européen.
30:15Alors ça,
30:15c'était peut-être
30:16le côté vert à moitié vide
30:18mais alors si on prend
30:20le vert à moitié plein,
30:22le développement d'Inco
30:23un peu partout sur la planète,
30:25c'est quand même un bon signal.
30:26Exactement,
30:27c'est un mouvement mondial
30:28de toute façon
30:28parce qu'on ne va pas y échapper
30:30la crise écologique
30:31devant laquelle on est.
30:33Elle arrivera,
30:33quoi qu'il arrive.
30:34Alors on repousse un peu
30:35les échéances
30:35et les écrans de fumée
30:36aujourd'hui,
30:37notamment via la géopolitique
30:38internationale
30:39mais on va y arriver.
30:40Aujourd'hui,
30:41il y a des milliards
30:42de personnes
30:42qui vont être déplacées
30:43dans le monde
30:44du fait notamment
30:45de l'impact
30:47de l'environnement.
30:49Des sociétés
30:49qui deviennent
30:50et on le voit
30:51même en France,
30:51on a des élections
30:52de plus en plus radicalisées
30:54et donc on sent
30:55qu'il y a un besoin
30:55de cohésion sociale
30:57qui est fort
30:58et donc il va falloir
30:59aussi trouver
31:00d'autres modèles là-dessus.
31:01Et c'est ça
31:01ce que la finance à impact
31:02et les entreprises à impact
31:04apportent.
31:04C'est des modèles économiques
31:05pour créer de la cohésion sociale,
31:07pour répondre
31:07aux problématiques environnementales
31:08et c'est ce dont on a besoin.
31:10Alors, question posée
31:11par l'un de vos prédécesseurs
31:13alors qu'il n'était pas
31:14à cette place
31:14puisque c'était
31:15Nathalie Croizet
31:15qui avait fait son interview
31:16à l'occasion du Perifem Day.
31:18C'est Franck Charton,
31:19délégué général
31:20de Perifem.
31:22Bonjour Nicolas.
31:23Comment les grands acteurs
31:24du commerce
31:25peuvent mobiliser davantage
31:27la finance à impact
31:28pour accélérer
31:30leur transformation climatique,
31:31leur transformation écologique,
31:33leur transformation énergétique,
31:35la décarbonation des produits
31:37ou encore l'adaptation
31:38au changement climatique ?
31:39Les besoins de financement
31:40seront importants
31:42et donc ma question,
31:43c'est comment
31:43est-ce que les acteurs
31:45de la distribution
31:46peuvent mobiliser davantage
31:48la finance à impact ?
31:50Question vraiment spécifique
31:51sur ce secteur-là,
31:52le commerce,
31:53la distribution.
31:54C'est un secteur
31:55qui vraiment fait la différence,
31:57qui peut faire la différence
31:58parce que c'est le secteur
31:58de l'alimentation,
32:00c'est le secteur
32:00qui est lié à l'agriculture
32:01et donc c'est un secteur
32:03qui concerne tous les habitants
32:04de cette planète-là.
32:06Eux, ils ont une vraie responsabilité
32:08pour le coup,
32:08surtout les grandes surfaces,
32:10c'est-à-dire qu'à un moment,
32:11il faut arrêter d'importer
32:14un peu tout et n'importe quoi,
32:16il faut prendre en compte
32:17l'empreinte environnementale
32:19des produits,
32:19il faut sourcer localement
32:20et il y en a beaucoup
32:21qui jouent le jeu
32:21parce que les consommateurs,
32:22ils ont envie de ces produits-là
32:23et donc c'est la capacité
32:25qu'on va avoir
32:25de proposer ce type de produit
32:27sur l'agriculture,
32:28l'agriculture locale
32:29parce qu'il faut aider
32:30nos agriculteurs aujourd'hui
32:31qui font des choses
32:31et qui, d'un point de vue environnemental,
32:33sont généralement
32:34meilleurs qu'y compris
32:36leurs voisins européens
32:37et donc ça, il faut le dire
32:38et il faut les soutenir
32:38et aussi quand il y a des produits
32:40qui viennent de l'autre bout du monde,
32:41il y a le commerce équitable,
32:43il y a une marque
32:43qui s'appelle Ethicable par exemple
32:45dans laquelle on a investi
32:46il y a 15 ans
32:47et qui démontre
32:49qu'on peut avoir
32:51un impact environnemental positif,
32:53socialement responsable
32:54et en même temps
32:55qu'il soit bon pour le consommateur.
32:57Donc eux, ils ont
32:58une responsabilité fondamentale
33:00par rapport à ça
33:01et donc j'espère que ça va continuer
33:02et que le consommateur
33:04sache que c'est possible
33:05de le faire.
33:06Vous avez créé un sommet
33:07qui s'appelle
33:08le sommet Impact au Carré.
33:10De quoi il s'agit
33:11et pourquoi vous l'avez créé ?
33:12Alors j'ai créé
33:12il y a 15 ans justement,
33:13c'était le premier sommet
33:15pour lancer le concept d'impact
33:16parce que c'était un concept
33:17qui était neuf.
33:17C'était déjà pour le faire connaître.
33:18Et c'était pour le faire connaître
33:19parce que les gens,
33:20et pourquoi au carré ?
33:21Parce que c'était de dire
33:22qu'on peut créer
33:23de l'impact économique
33:23et puis de l'impact social
33:25et puis de l'impact environnemental
33:26en même temps.
33:27Et donc voilà,
33:28c'était pour expliquer
33:29que c'était possible
33:30de créer cette nouvelle économie
33:32et ce qui est génial
33:32et moi c'est là où je suis ravi,
33:34je pourrais presque partir
33:34à la retraite,
33:35c'est que finalement
33:36aujourd'hui ça a pris.
33:37Il y a des émissions de télé,
33:40il y a plein de gens,
33:40il y a des magazines,
33:41il y a beaucoup de choses
33:42qui existent autour
33:42de ce concept-là.
33:43Il faut voir qu'il y a 15 ans
33:44c'était quelque chose
33:45qui était complètement nouveau
33:46qui venait des Etats-Unis
33:47et d'Angleterre
33:48et que du coup
33:49on l'a poussé
33:50avec d'autres acteurs
33:50bien évidemment.
33:51Mais on est,
33:52vous avez commencé à l'évoquer
33:53quand même dans une période
33:55de creux,
33:56très clairement,
33:57de creux européens,
33:58de creux américains.
34:00Est-ce qu'on l'a un peu
34:03surévalué
34:04quand on parle de backlash
34:05à longueur de temps
34:05ou est-ce qu'il est réel ?
34:06Notamment en matière de finances
34:07quand on parle de
34:09le backlash,
34:10le retour en arrière,
34:11le retour en arrière
34:12sur l'ambition environnementale.
34:14Je pense que si on parle
34:15de banques
34:15ou d'institution financière,
34:16les grandes banques américaines
34:17elles se sont retirées
34:18de l'initiative mondiale
34:19pour une finance durable
34:21par exemple.
34:22Oui,
34:22et puis quand on voit
34:23le désaveu
34:23sur les filières automobiles,
34:25notamment sur l'électrique,
34:26etc.,
34:27le retour en arrière
34:28qu'il y a eu,
34:28il y a une sorte de conservatisme
34:30et je pense que c'est
34:31des mouvements,
34:31c'est des cycles
34:32encore une fois.
34:33Donc aujourd'hui
34:33une sorte de conservatisme
34:35qui est apparu.
34:36Encore une fois,
34:37il y a des phénomènes exogènes
34:39qui sont importants,
34:41notamment géopolitiques.
34:42Donc bien évidemment
34:43qu'il y a un retour.
34:45Pour autant,
34:46je pense que ça va revenir.
34:47C'est-à-dire qu'à un moment,
34:49on ne peut pas...
34:49Ça ne nous oblige pas,
34:50pardon,
34:51je vous interromps,
34:51mais même collectivement
34:54et les médias y compris
34:55à se poser la question
34:56de la façon
34:57dont on en a parlé
34:58ou dont on en parle
34:59de cette transition environnementale,
35:02alors justement,
35:03j'allais dire
35:03des efforts à faire.
35:05Voilà,
35:06ça c'est faux.
35:06Ça c'est pas bon déjà.
35:08Parce que bien évidemment,
35:09on peut parler d'efforts,
35:11mais c'est surtout
35:11le bénéfice
35:12qu'on va en tirer.
35:13Et en fait,
35:14on n'a jamais su
35:16prendre vraiment ce sujet
35:17et démontrer
35:19qu'on avait tous à y gagner,
35:21y compris à court terme.
35:22Parce qu'à chaque fois,
35:23on l'explique à long terme,
35:24oui,
35:24la planète va brûler,
35:25etc.
35:26Mais c'est vrai
35:26que pour beaucoup de gens,
35:28en fait,
35:28ce qui leur importe,
35:30c'est la fin du mois,
35:31comment ils bouclent
35:32la fin du mois
35:32et comment ils achètent
35:33des produits.
35:33Mais quand on voit,
35:34par exemple,
35:35le sujet de l'agriculture
35:36dans ce moment-là,
35:37qui est venu très très fort,
35:38on voit qu'on signe
35:41des accords internationaux,
35:43enfin l'Union européenne
35:44avec l'Amérique latine,
35:45etc.,
35:46les fameux traités
35:46qui sont signés.
35:48En fait,
35:48on oppose souvent
35:49l'agriculture
35:50et l'écologie
35:51et l'environnement.
35:52Alors qu'il n'y a pas
35:53plus écologique de base
35:55que les agriculteurs,
35:56parce que c'est eux
35:57qui prennent soin de la terre.
35:58Et pourquoi on les oppose ?
35:59Parce qu'on oppose
36:00fin du monde
36:01et fin du mois
36:03à chaque fois,
36:04la fameuse phrase.
36:05Alors que moi,
36:06je pense que l'agriculture
36:07et l'environnement
36:07est le meilleur allié,
36:09finalement,
36:09de l'écologie.
36:10Pourquoi ?
36:10Parce que si on soutient
36:11aujourd'hui nos agriculteurs
36:12en France
36:13et qu'on fait du circuit court,
36:14c'est l'empreinte,
36:15y compris écologique,
36:17qu'on peut réduire,
36:18etc.
36:18Et donc,
36:19c'est comment on incite.
36:20Et aujourd'hui,
36:21moi,
36:21je suis pour une fiscalité,
36:22par exemple,
36:22sur la TVA
36:22qui est rabaissée,
36:23une fiscalité de l'impôt
36:24sur les sociétés
36:25qui doit être baissée
36:26à partir du moment
36:26où on a un impact écologique
36:28qui est clair.
36:29Et à partir du moment
36:30où ça devient une incitation,
36:32du coup,
36:32on change le narratif.
36:33Mais alors,
36:34sur ce bac-là,
36:35vous avez fondé
36:37aux États-Unis
36:38une filiale
36:38qui s'appelle Calso,
36:39c'est ça ?
36:40Alors,
36:41justement,
36:41est-ce qu'il est réel ?
36:43Est-ce que c'est plus compliqué
36:44de parler de finances
36:45à impact aux États-Unis
36:46aujourd'hui ?
36:47Ou est-ce qu'au contraire,
36:48il y a toujours
36:48des grandes entreprises,
36:50des États,
36:51qui,
36:53presque en réaction
36:54au discours global
36:56de l'État fédéral
36:57et du Président,
36:58veulent aller encore plus loin
36:59et agir ?
37:00Aujourd'hui,
37:00aux États-Unis,
37:01le mot environnement
37:03et gain,
37:04en l'occurrence,
37:05il est banni.
37:06Enfin,
37:07il est banni politiquement,
37:08etc.
37:08Donc,
37:09la plupart des grandes entreprises
37:10aujourd'hui
37:10ne veulent plus rien faire
37:11dans ce domaine-là.
37:12Elles l'ont gommé
37:12de leur communication.
37:13Elles l'ont gommé
37:14de leur communication,
37:14bien évidemment.
37:15Il y a les gouverneurs
37:16de Californie,
37:17par exemple,
37:18et des États comme ça
37:18qui font contrepoids
37:20et qui, eux,
37:21continuent à faire tout ça.
37:22Aujourd'hui,
37:22politiquement,
37:23c'est sûr que c'est vraiment
37:25un mot qui est tabou.
37:26Et donc,
37:27les entreprises
37:27ne vont pas prendre
37:32le risque
37:33d'utiliser ce mot,
37:34elles vont le gommer.
37:35Même si elles continuent
37:36d'en faire.
37:37Les entreprises,
37:37elles sont terrorisées
37:38aujourd'hui.
37:40Elles ne bougent plus
37:40sur ce sujet-là
37:41et on en a profité,
37:43l'Union européenne,
37:45Ursula von der Leyen
37:46en a profité aussi
37:47pour revenir en arrière,
37:49pour l'automobile allemande,
37:50etc.,
37:51pour aligner tout ça.
37:52Alors que les Chinois
37:53sont en train d'avancer
37:54à grands pas par ailleurs
37:55sur ces sujets
37:57et prennent un leadership
37:58incroyable.
37:58Donc, c'est dommage,
37:59on rate des occasions,
38:00mais pour autant,
38:01je pense que l'administration
38:02Trump,
38:03elle va aussi bouger
38:04à un certain moment
38:05et donc les lignes
38:05rechangeront.
38:06C'est pour ça que je parle
38:07de cycle,
38:07parce que je pense
38:08qu'on est sur des cycles.
38:09Pour autant,
38:10l'impact ne disparaît pas,
38:11l'environnement ne disparaît pas,
38:13c'est juste qu'il est
38:13un peu moins à la mode,
38:14mais ça reviendra.
38:15Alors, on va s'intéresser
38:17maintenant à votre livre
38:19Je ne suis pas un algorithme
38:20livre publié
38:23chez Flammarion,
38:24dans lequel vous affirmez
38:25qu'on vit une sorte
38:26d'illusion de liberté.
38:28Pourquoi c'est une illusion
38:30de liberté
38:30face à ces algorithmes ?
38:32Finalement,
38:32il nous guide
38:34en permanence.
38:35Je ne sais pas vous,
38:36je ne sais pas si vous êtes
38:37accro à votre téléphone,
38:38vous, un petit peu.
38:38Alors, si,
38:39mais plus aux réseaux sociaux.
38:40En fait,
38:41je suis sorti des réseaux sociaux,
38:42je passe toujours
38:43beaucoup de temps
38:43sur mon téléphone
38:44parce que je suis abonné
38:46à un certain nombre
38:46de sites d'information,
38:48donc c'est ma source d'information.
38:49En revanche,
38:50j'ai gommé tous les réseaux sociaux,
38:51sauf LinkedIn.
38:52Aujourd'hui,
38:53la plupart d'entre nous
38:54sont quand même
38:55assez accros
38:56aux réseaux sociaux,
38:58etc.
38:58Et l'illusion de liberté
38:59qu'on a,
39:00c'est qu'en fait,
39:00avec son téléphone,
39:01on a l'impression
39:01de s'ouvrir au monde,
39:03que tout est possible,
39:04qu'on peut tout acheter,
39:04qu'on peut tout voir,
39:05qu'on peut tout comprendre,
39:06qu'on peut parler
39:06avec n'importe qui
39:07et en fait,
39:08on s'isole paradoxalement.
39:11Et donc,
39:11l'illusion de liberté
39:12parce que ça crée
39:14de la dopamine
39:15dans notre cerveau
39:16à chaque fois qu'on scrolle.
39:17Vous savez,
39:17je ne sais pas
39:18si vous avez vu ça,
39:18mais moi,
39:19je peux passer,
39:20j'ai eu des tunnels
39:21de scrolling
39:21pendant des minutes,
39:23voire des heures,
39:24etc.
39:24On scrolle,
39:24on scrolle,
39:25on scrolle.
39:25En fait,
39:25ça génère de la dopamine
39:26dans notre cerveau,
39:27donc on a l'impression
39:28d'être heureux,
39:29d'avoir du plaisir,
39:30en tout cas.
39:31D'avoir des récompenses.
39:32Et d'avoir des récompenses.
39:33Mais à la fin,
39:34on se sent un peu sale
39:35quand on a fini
39:36et on ne voit pas l'intérêt.
39:37En fait,
39:37on a passé deux heures
39:38à perdre son temps.
39:40Et donc,
39:40la liberté aujourd'hui,
39:41on pense que c'est
39:42de pouvoir choisir
39:43de scroller autant qu'on veut.
39:44Non,
39:44la liberté,
39:44c'est de pouvoir arrêter
39:45et de poser son téléphone
39:46et dire mon téléphone,
39:47il ne doit me servir
39:48que pour des choses
39:49qui sont importantes.
39:50Oui,
39:50effectivement.
39:51Avec une surabondance
39:53de choix,
39:55de contenus,
39:56est-ce qu'on peut prouver
39:57que ça nous rend
39:59finalement moins heureux
40:00que prévu ?
40:01Exactement.
40:01Bien évidemment
40:02que ça a été prouvé scientifiquement.
40:03C'est démontré ça.
40:04C'est démontré scientifiquement
40:06que ça accélère
40:08l'obésité,
40:09la dépression,
40:10l'anxiété,
40:11etc.
40:11Et surtout,
40:12et ça je tiens à le dire
40:13parce que c'est très important,
40:14surtout chez les plus jeunes
40:16et notamment les adolescents
40:17ou les encore plus jeunes
40:19qui n'ont pas un cerveau
40:21qui leur permet
40:21de bloquer suffisamment
40:23ce scrolling
40:24et cette dopamine,
40:25etc.
40:26C'est comme si on leur donne
40:27un pot de pâte à tartiner.
40:28En fait,
40:29ils ne vont jamais s'arrêter.
40:30C'est la même chose
40:30sur le téléphone
40:31alors que c'est très mauvais
40:32pour la santé.
40:32Donc,
40:33c'est prouvé non seulement
40:33que c'est mauvais
40:34par la santé,
40:34qu'il faut faire quelque chose,
40:36que ça amène
40:37à des états graves.
40:38Des conséquences psychologiques
40:39dont on peut parler.
40:40qui sont fortes,
40:42puis psychologiques et physiques aussi
40:43parce qu'en fait,
40:44rester sur son canapé
40:45à scroller,
40:46au lieu d'aller faire
40:46une activité sportive,
40:47il y a une vraie différence.
40:49Et en fait,
40:49ça n'a l'air de rien.
40:50On se dit,
40:51son téléphone,
40:52on ne regarde que de temps en temps,
40:53etc.
40:53Mais en fait,
40:54en cumulé,
40:55c'est des heures,
40:56voire des jours par mois
40:57qu'on passe sur son téléphone
40:58et c'est ça qui est très grave.
41:00Et dans le livre,
41:01vous dites,
41:01la rencontre de l'autre,
41:03connu ou inconnu,
41:04nous est nécessaire.
41:05C'est dans la confrontation
41:06avec l'altérité
41:07que nous nous découvrons.
41:10En fait,
41:11ce dont on parle là,
41:12il y a le risque d'isolement,
41:14si on parle de risque psychologique.
41:17De repli aussi,
41:18vous employez ce terme-là ?
41:19Oui, de repli
41:20et puis d'addiction surtout.
41:22On voit aujourd'hui
41:24qu'on a rarement été aussi addict
41:25dans nos sociétés
41:28aux médicaments,
41:30à l'alcool,
41:32bien évidemment,
41:33aux drogues,
41:33parce que voilà.
41:35à la pornographie
41:37qui explose.
41:38Et donc,
41:39on a l'impression
41:40qu'on s'ouvre au monde,
41:42etc.,
41:43mais en fait,
41:43on se replie sur soi-même
41:45et on crée des addictions
41:47qui sont terribles pour nous
41:49et surtout,
41:50on perd complètement sens
41:52dans la vie.
41:52Ça peut aller jusqu'au suicide.
41:53Avec, vous l'avez dit,
41:55une jeune génération
41:56qui est certainement
41:56encore plus vulnérable
41:58à cette influence algorithmique.
42:02La responsabilité,
42:03je veux bien qu'on...
42:03Ensuite,
42:04on va proposer les solutions.
42:06Mais je veux bien
42:06que dans le constat,
42:08on s'intéresse quand même
42:09au modèle économique
42:11des grandes entreprises
42:12qui nous proposent
42:13ces réseaux sociaux
42:15et donc
42:16à leur responsabilité.
42:18Alors,
42:19moi,
42:19je pense qu'il y a
42:19une responsabilité individuelle
42:20qui est d'abord
42:21la plus forte.
42:23Il faut décider d'arrêter,
42:23oui.
42:24En tout cas,
42:25c'est ce que je propose
42:26dans le livre.
42:27C'est des astuces
42:27et des conseils
42:28pour justement arrêter
42:29et de reprendre le contrôle
42:30sur soi-même.
42:32Aujourd'hui,
42:33la responsabilité...
42:34Bien évidemment que...
42:36Enfin,
42:36les outils,
42:37que ce soit l'IA,
42:38que ce soit les téléphones,
42:39que ce soit les écrans,
42:39ne sont pas bons
42:40ou mauvais par essence.
42:41C'est l'usage qu'on en fait.
42:42Avec l'IA,
42:42on peut faire des choses fabuleuses.
42:44On peut sauver des vies.
42:45C'est l'IA
42:45et un outil formidable.
42:47Encore une fois,
42:48mais ça peut être aussi
42:49un outil
42:50qui nous met
42:51dans des états
42:52qui ne sont pas recommandables.
42:54Donc,
42:54c'est quelle responsabilité individuelle
42:56on a par rapport à tout ça ?
42:57Et notamment pour les enfants,
42:59encore une fois,
42:59qui eux n'ont pas forcément
43:00de responsabilité individuelle directe,
43:02c'est les parents
43:02qui sont responsables de tout ça.
43:04Et c'est très dur
43:05quand on est parent
43:05de dire
43:06ferme la tablette,
43:08arrête de...
43:09Tu n'auras pas de téléphone
43:10avant 16 ans,
43:11etc.
43:11Bon courage !
43:12Voilà !
43:12Mais c'est ça la responsabilité
43:14et c'est ça qui fait la différence.
43:16Il y a une étude
43:16très intéressante
43:17qui a été faite
43:18dans les années 70.
43:19C'est le test du marshmallow.
43:20Est-ce que vous connaissez ?
43:21Allez-y !
43:22En fait,
43:23on mettait un enfant de 5 ans
43:24devant un marshmallow
43:25et on lui disait
43:26« Si tu le manges,
43:27tu le manges
43:28parce que je quitte la pièce
43:30et si pendant que je quitte la pièce
43:31tu ne le manges pas,
43:32quand je reviendrai,
43:33je t'en donnerai deux. »
43:35Eh bien,
43:35la majorité des enfants
43:37ne peuvent pas résister
43:38et mangent le marshmallow
43:39quand le parent est parti.
43:41Mais l'étude,
43:42elle a duré,
43:43elle continue à durer,
43:44il y en a eu beaucoup
43:45de cet acabit
43:46pendant des années.
43:47On a remarqué
43:47que les enfants
43:48qui réussissent à 5 ans
43:49à se retenir
43:50pendant le deuxième marshmallow
43:51ont une espérance de vie
43:52qui est supérieure,
43:53ont une qualité de vie
43:54qui est supérieure,
43:55ont moins de problèmes
43:55avec la justice
43:56et en gros,
43:58ils font plus d'études
43:59et réussissent mieux
44:00dans la vie.
44:01Ça veut dire quoi ?
44:02Ça veut dire que l'éducation
44:03elle est encore une fois centrale.
44:04Le marshmallow d'hier,
44:05c'est le téléphone d'aujourd'hui,
44:07c'est l'écran d'aujourd'hui.
44:08Donc, il y a les parents aussi.
44:10Cette habilité à se contrôler,
44:12à se réprimer,
44:14à contrôler
44:15et à mettre sa juste place
44:17pour le téléphone,
44:18elle est absolument clé.
44:19Donc, d'abord,
44:20la responsabilité individuelle
44:21et parentale.
44:22Mais je pose quand même
44:23la question
44:23et je repose la question
44:24de la responsabilité
44:27des géants d'Internet,
44:28leur modèle économique
44:29qui repose sur notre attention.
44:31Voilà,
44:31j'apprends rien
44:32à nos téléspectateurs.
44:33Et on est sur une économie
44:35de l'attention aujourd'hui.
44:36Notre économie,
44:36elle est basée
44:37sur l'économie d'attention.
44:38Donc, eux,
44:38c'est leur jeu.
44:39Mais c'est la même chose
44:40que les casinos aujourd'hui.
44:43En fait,
44:44dans le mécanisme dopaminique,
44:45encore une fois,
44:46c'est la même logique
44:48que le casino,
44:48ou que le bandit manchot,
44:51par exemple.
44:51Quand on tourne
44:52le bandit manchot,
44:53on pourrait avoir
44:53le résultat tout de suite.
44:54Vous savez,
44:54les triple 7 qui arrivent.
44:55Non, on attend.
44:56Parce que la dopamine,
44:57elle se génère
44:58au moment où ça tourne,
45:00pas au niveau du résultat.
45:01Donc, tout est fait
45:02dans le scrolling.
45:03Par exemple,
45:03ça tourne.
45:04Donc, on a un petit moment
45:06d'attente.
45:06Ce n'est pas parce que
45:07les technologies
45:07ne sont pas assez bonnes.
45:08C'est parce que, justement,
45:10on crée ce moment-là.
45:11Et ça, aujourd'hui,
45:12on en est conscient.
45:13On le sait.
45:15On est sur une économie
45:16de l'attention
45:16qui fonctionne comme ça.
45:17Et donc, voilà.
45:18Sauf qu'on reproduit
45:20un peu ce dans nos sociétés.
45:22Alors là encore,
45:23responsabilité individuelle
45:24des citoyens
45:25et peut-être aussi
45:26des politiques.
45:28Avec l'IA,
45:29on reproduit
45:29ce qu'on a vécu
45:30avec les réseaux sociaux
45:33il y a quelques années.
45:34C'est-à-dire que
45:35c'est rentré dans nos usages.
45:37Là, à toute vitesse,
45:38on est passé
45:38à l'usage
45:40de l'intelligence
45:41artificielle générative
45:43sans forcément
45:44se poser la question
45:46de l'effet
45:46sur notre santé mentale,
45:49notre santé physique,
45:51sur la planète
45:52avec les data centers
45:53qui tournent
45:54à plein régime, etc.
45:55Alors, est-ce que
45:55c'est déjà trop tard
45:56pour réglementer,
45:58puisqu'on va rentrer
45:59dans les solutions,
45:59pour réglementer
46:00cet univers
46:02de l'intelligence artificielle ?
46:03Le problème,
46:03encore une fois,
46:04ce n'est pas la technologie
46:05qui est un outil.
46:05Le problème,
46:06c'est qu'on est dans
46:06une société d'ultra-consommation.
46:08Et c'est ça, en fait.
46:09C'est-à-dire,
46:09finalement,
46:10c'est le modèle.
46:10On revient en arrière
46:11parce que l'outil
46:14des réseaux sociaux
46:14n'est qu'un accélérateur.
46:16Aujourd'hui,
46:16on existe,
46:18et ça a été mesuré,
46:19on n'existe que
46:19parce qu'on consomme,
46:20parce que ce qu'on va poster
46:21en disant,
46:22regarde,
46:22j'ai une belle voiture,
46:23j'ai une belle maison,
46:24j'ai acheté ça,
46:25j'ai telle montre,
46:25etc.
46:26Ça nous donne
46:28de l'orgueil
46:29et puis ça nous donne
46:30une place
46:32dans la société.
46:33Et donc, en fait,
46:34c'est ça le problème
46:35aujourd'hui.
46:35C'est la question
46:37de la valeur
46:38et de la richesse.
46:38C'est quoi la richesse
46:39aujourd'hui ?
46:40Est-ce que la richesse,
46:41c'est la possession
46:42et c'est que l'argent
46:43et c'est que la consommation
46:44ou est-ce que la richesse,
46:45elle est différente,
46:46elle est intérieure
46:47mais où est-ce que la richesse,
46:49elle n'est pas aussi sociale,
46:50environnementale ?
46:51Et c'est là où il faut
46:52qu'on re-questionne tout ça.
46:53Aujourd'hui,
46:54dès qu'on parle à des enfants,
46:56on leur dit
46:57« Ah, tu vas devenir riche demain »
46:58ou il y a des gens
46:59qui ont dit
47:00« Le but d'être entrepreneur,
47:02c'est d'être riche,
47:03de vendre sa start-up. »
47:04Non, la richesse,
47:06l'argent ne fait pas le bonheur,
47:07on connaît bien tout ça.
47:08Et d'ailleurs,
47:09ce que j'explique dans le livre,
47:10c'est que le don,
47:11d'ailleurs,
47:11génère plus de dopamine
47:13que la possession,
47:14c'est-à-dire que
47:14il y a des études scientifiques,
47:16j'invente rien,
47:17c'est des études de Zurich,
47:18de UCLF.
47:19C'est partie des solutions
47:20que vous proposez.
47:21Exactement,
47:21c'est-à-dire que de donner,
47:22ça génère plus de dopamine
47:24et ça rend plus heureux
47:25à long terme
47:26que d'acheter.
47:27Et donc voilà,
47:27il y a des choses,
47:28donc il faut se re-questionner
47:29sur ce qu'il y a de la valeur,
47:30est-ce que l'achat a de la valeur
47:31ou est-ce que c'est avoir un sens
47:32dans sa vie qu'il y en a ?
47:34Quelle autre solution
47:34vous proposez ?
47:36Bon, déconnecter,
47:37ça on a compris,
47:38ou en tout cas,
47:39modérer son usage,
47:40le don ?
47:43En fait,
47:43c'est encore une fois,
47:44il faut savoir se contenter.
47:45Je pense que ça,
47:46c'est absolument fondamental,
47:48savoir se contenter,
47:49encore une fois,
47:49et remettre à sa juste place.
47:51Donc oui,
47:51faire des petites cures
47:53pour arrêter,
47:54le don,
47:55mais c'est surtout,
47:56ce que je pense,
47:57là où on se perd beaucoup,
47:58c'est quel est le sens
48:00qu'on a à sa vie ?
48:01Et en fait,
48:01c'est une question
48:02qui est vertigineuse
48:03et où en fait,
48:04il y a une fuite en avant
48:05avec les réseaux sociaux
48:06parce qu'on se dit...
48:07Ça permet de ne pas se la poser,
48:08la question.
48:08On ne se la pose pas,
48:09on suit des influenceurs
48:10qui nous disent
48:12quoi manger,
48:13comment s'habiller,
48:14quand faire du sport,
48:15etc.
48:16Et in fine,
48:17on ne se retrouve pas soi-même
48:18et on est tous quand même uniques,
48:20on a nos spécificités
48:21et on a une sorte de destin,
48:25entre guillemets,
48:26dans la vie
48:26où en tout cas,
48:27on est fait pour faire des choses
48:28et donc c'est se reposer
48:29cette question.
48:30Et donc moi,
48:30dans le livre,
48:30je donne aussi des clés
48:32pour que chacun puisse
48:33se poser cette question-là
48:35pour mettre en parallèle
48:37et en cohérence,
48:38en tout cas,
48:39qu'il n'y ait pas de dissonance
48:40entre ce qu'on est
48:41et ce qu'on fait.
48:43Donner du sens
48:44à l'ère de l'intelligence
48:45artificielle
48:46avec quand même
48:46cette question
48:47qui est presque anthropologique
48:49d'une société du futur,
48:52je ne sais pas
48:52si elle arrivera,
48:53mais d'une société
48:54où les humains
48:55ne travailleront plus.
48:57Alors la question
48:58de l'emploi,
48:59ça c'est ma...
48:59On est en plein dedans là.
49:01C'est mon grand...
49:02Il y a un certain nombre de voix,
49:03alors peut-être
49:04qu'elles sont trop pessimistes,
49:05je ne sais pas,
49:05mais qui disent
49:06qu'on est face
49:06à un désastre
49:09en matière d'emploi
49:10à cause
49:10de l'intelligence artificielle ?
49:12L'intelligence artificielle
49:13va transformer
49:14en profondeur
49:15de toute façon
49:15le marché du travail.
49:16Il y a plein d'études
49:17qui sont sorties là-dessus.
49:18J'avais écrit un livre
49:19qui s'appelle
49:19« Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? »
49:20chez Flammarion aussi
49:21sur ce sujet-là
49:23pour expliquer
49:23que la manière
49:25dont ça va changer,
49:26ça va être énorme.
49:27Avant,
49:27c'était que l'école bleue,
49:28c'est-à-dire que
49:28les révolutions technologiques,
49:30elles changeaient
49:30les métiers d'école bleue
49:32qui étaient très répétitifs.
49:34Aujourd'hui,
49:35l'intelligence artificielle,
49:36elle touche surtout
49:37l'école blanc,
49:37les comptables,
49:39les avocats,
49:40même les médecins,
49:41les journalistes.
49:42Mais bien sûr.
49:43Il y a un impact
49:44qui va être très très fort.
49:46Il y a deux solutions.
49:47Soit on attend
49:48que ça se passe,
49:48soit on essaie
49:49de réfléchir
49:50à quoi ressemblera
49:51les emplois de demain.
49:52Mais pour vous dire,
49:54moi je suis plutôt optimiste,
49:55on ne dirait pas,
49:56mais finalement
49:57je suis plutôt optimiste
49:58vis-à-vis de tout ça.
49:59Pourquoi ?
49:59Parce que
49:59est-ce que vous avez envie
50:01que vos parents,
50:02vos grands-parents
50:03en EHPAD,
50:04ils se fassent soigner
50:05par une intelligence artificielle ?
50:07Non,
50:07vous avez envie
50:08qu'il y ait plus d'humains
50:08et on sait
50:09qu'il n'y a pas assez d'humains.
50:10Est-ce que ces enfants
50:11à la crèche,
50:12on a envie
50:13que ce soit
50:14une intelligence artificielle
50:15qui prenne le dessus ?
50:16Non,
50:16on a envie
50:16que ce soit
50:17quelqu'un d'humain.
50:18Est-ce que quand on appelle
50:18un service client,
50:20est-ce qu'on n'en a pas marre
50:21d'avoir un chatbot
50:22qui nous oriente
50:23et qui ne comprend rien ?
50:24Non,
50:25on a envie de parler
50:25à des humains.
50:26Donc en fait,
50:26l'IA,
50:27elle va faire ressortir
50:28ce qu'il y a de plus humain
50:29en nous
50:29et y compris
50:29sur le marché du travail.
50:30Donc toutes les compétences
50:32humaines d'interaction
50:33qui créent du lien,
50:34qui créent du sens
50:35entre les humains
50:36vont se développer
50:37énormément
50:38y compris
50:38les métiers
50:39un peu de la communication
50:40et des relations
50:42interpersonnelles.
50:43Donc la compétence
50:44de demain,
50:45c'est l'empathie
50:46sur le marché du travail.
50:47C'est de comprendre
50:48comment on parle
50:49avec quelqu'un.
50:50Donc bien évidemment,
50:50on aura besoin
50:51des gens qui gèrent
50:51les robots,
50:52qui gèrent
50:52l'intelligence artificielle
50:53mais on aura aussi besoin
50:54de beaucoup d'humains
50:55pour faire ces travaux-là
50:56et donc il faut préparer
50:58ce changement
50:59du marché du travail.
51:00Merci beaucoup Nicolas Hazard.
51:02Je rappelle le titre
51:03de votre livre
51:04« Je ne suis pas un algorithme »
51:06c'est aux éditions
51:08Flammarion.
51:09C'est l'heure tout de suite.
51:10Voilà la couverture
51:11de notre rubrique
51:12« Start-up et innovation ».
51:14C'est parti.
51:22Smart Ideas,
51:23la bonne idée du jour
51:23elle est signée Nicolas Rousselet.
51:25Bonjour.
51:25Bonjour.
51:25Bienvenue.
51:26Vous êtes le président,
51:27le cofondateur
51:28de Damoclès Diagnostics.
51:30lauréat du programme
51:31Impact Nouvelle Aquitaine 2025.
51:35On en parlera tout à l'heure.
51:37C'est cette sélection annuelle
51:38qui met en avant
51:38les start-up innovantes
51:40dans la région.
51:41Mais je reviens
51:41à Damoclès Diagnostics.
51:43C'est quoi l'idée ?
51:43Comment est née cette entreprise ?
51:45Alors comment elle est née ?
51:45Elle est née d'une rencontre
51:46en 2023
51:47entre moi-même
51:49avec une équipe
51:50de chercheurs
51:51de l'Université de Limoges
51:52qui avait développé
51:53une technologie
51:53très innovante
51:54et très disruptive
51:54de diagnostic rapide
51:56appliquée à la microbiologie.
51:58Et pourquoi ça a fait sens
51:59pour moi ?
52:00Simplement parce que moi
52:00il y a un de mes enfants
52:01qui a eu en fait
52:02une bactérie multirésistante
52:03et on a attendu
52:04quatre jours à l'hôpital
52:05pour avoir l'antibiogramme.
52:07C'est-à-dire que le test
52:08qui permet de savoir
52:09quel antibiotique
52:09il faut vous donner
52:10pour vaincre en fait
52:11la bactérie qui vous infecte.
52:12Et donc j'ai quitté le spatial
52:14qui était mon domaine
52:15de référence
52:16pour aller vers ce projet-là
52:19vers Damocles Diagnostics
52:20qu'on a cofondé
52:21à SIS fin 2023.
52:23Alors donc c'est récent
52:24vous en êtes où aujourd'hui ?
52:26Vous avez développé
52:27une technologie
52:28peut-être déjà breveté
52:29vous en êtes où ?
52:30Alors on a un brevet
52:30on a développé une technologie
52:32donc nous c'est une machine
52:34qui a deux intérêts
52:35le premier intérêt
52:36c'est qu'elle est point of care
52:37c'est-à-dire qu'elle va
52:38proche du patient
52:38elle n'est pas dans
52:39les laboratoires distants
52:40et la deuxième chose
52:41c'est qu'elle est très rapide
52:42au lieu d'avoir un antibiogramme
52:43en 48 à 72 heures
52:44on a un antibiogramme
52:45en une heure.
52:46Qu'est-ce qui permet
52:47d'aller aussi vite ?
52:48C'est une techno
52:48très particulière
52:49qui est brevetée
52:50c'est un trieur cellulaire
52:52vous n'avez pas donné
52:52la recette du Coca-Cola
52:54je peux donner une partie
52:54c'est breveté
52:54mais globalement en fait
52:56on regarde les propriétés
52:57biophysiques des bactéries
52:58les bactéries
52:59c'est une population vivante
53:00et en fait cette population vivante
53:01elle est sujette
53:04en fait aux antibiotiques
53:06et donc on arrive à voir
53:07de manière très très rapide
53:08quel impact a
53:09quel antibiotique
53:10sur la population bactérienne
53:11c'est tout le cœur
53:12en fait de la technologie
53:12avec un
53:13alors j'ai vu ça
53:15en préparant un automate
53:16qui s'appelle Damast
53:17exactement
53:17alors de quoi il s'agit
53:19et quel rôle il joue ?
53:20Alors c'est une machine
53:20qui fait un cube
53:21de 50 cm de côté
53:22et en fait l'intérêt
53:23c'est que vous mettez une urine
53:24prenez un prélèvement d'urine
53:25vous le mettez dedans par exemple
53:26et ça va vous donner
53:27en une heure directement
53:28trois informations
53:29première information
53:30est-ce que vous avez une infection
53:31parce que dans beaucoup de cas
53:32il n'y a pas d'infection
53:33deuxième chose
53:34c'est quoi l'infection
53:35c'est quel type de bactéries
53:36troisième chose
53:37l'antibiogramme
53:37donc quel antibiotique vous donnez
53:41et c'est lui qui permet
53:42d'aller aussi vite ?
53:43c'est la machine
53:44qui fait tout toute seule
53:45exactement
53:46alors vous en avez tout maintenant
53:47donc c'est déjà commercialisé
53:50vous avez déjà des partenariats
53:52avec je ne sais pas
53:53des hôpitaux
53:55des centres de santé par exemple ?
53:56Alors on a deux programmes
53:57on a un programme de santé humaine
53:58un programme de santé animale
53:59chez Damoclès
54:00le programme de santé animale
54:01on l'a financé
54:01par une première levée de fonds
54:02l'année dernière
54:03donc là on a des partenaires
54:04on fait un essai clinique actuellement
54:06et on va commercialiser
54:07dès la fin de l'année
54:08et en santé humaine
54:09là on continue l'essai clinique
54:11donc on a déjà un partenariat
54:12avec un centre hospitalier
54:13pour tester en fait
54:14à l'aveugle des urines
54:15et pouvoir regarder
54:16comment rentrer ça
54:17dans le flux de travail
54:18d'un laboratoire
54:18de centre hospitalier
54:20parce que l'essentiel là-dedans
54:21la valeur ajoutée
54:22c'est de pouvoir s'immiscer
54:23à l'intérieur du workflow
54:24c'est extrêmement important
54:25effectivement
54:27derrière ça
54:28il y a un enjeu
54:28de santé publique
54:29qui est majeur
54:30alors il y a trois impacts
54:31en fait
54:32il y a un impact personnel
54:33le fait d'aller vite
54:34parce qu'en fait
54:34quand vous consommez un antibiotique
54:36si c'est pas le bon
54:36vous allez continuer
54:37à avoir des bactéries résistantes
54:38vous allez prendre des antibiotiques
54:40qui vont détruire en fait
54:40votre flore
54:41vous allez avoir mal aux ventes
54:42etc
54:42donc un premier impact personnel
54:43deuxième impact
54:44c'est la santé collective
54:45c'est ce qu'on appelle
54:46l'antibiorésistance
54:47c'est un phénomène naturel
54:48qui fait qu'au bout d'un moment
54:50en fait
54:50à force de mal utiliser
54:51les antibiotiques
54:52les bactéries deviennent résistantes
54:54donc on ne peut plus les vaincre
54:55donc ça tue à peu près
54:56un million de personnes
54:56actuellement dans le monde
54:57et d'après l'Organisation
54:58mondiale de la santé
54:59c'est 10 millions de décès
55:00d'ici une trentaine d'années
55:01soit plus que le cancer
55:02et ensuite il y a une question
55:03de santé publique
55:04et de coûts pour la santé publique
55:06on en entend beaucoup parler
55:07en ce moment
55:07mais quand vous avez
55:08une personne âgée
55:08qui arrive aux urgences
55:09et qui doit rester 2-3 jours
55:10pour avoir le test
55:11avant de repartir
55:12ça coûte cher
55:14je le disais en présentation
55:16vous êtes lauréat
55:16du programme Impact
55:17NA20
55:18de la région Nouvelle-Aquitaine
55:19qu'est-ce que ça ouvre
55:21comme porte
55:23pour une start-up comme vous ?
55:25déjà c'est une fierté
55:27d'être lauréat
55:28parce que c'est une bonne reconnaissance
55:29en fait de l'impact
55:30qu'on peut avoir
55:30on est une des rares start-up
55:32à être positionnée
55:32sur aussi bien
55:33la santé humaine
55:34animale et environnementale
55:35donc c'est ce qu'on appelle
55:36l'approche One Health
55:37donc c'est quelque chose
55:38qui est extrêmement important
55:39donc on est très fiers de ça
55:39et c'est important
55:40en termes d'image
55:41puisqu'en fait
55:41on est une start-up
55:42donc on cherche à se financer
55:43donc à partir du moment
55:44où on peut être reconnu
55:45en fait pour nos impacts
55:46c'est toujours bien
55:47en fait dans les phases
55:47de financement qu'on a
55:48un dernier mot
55:49sur le potentiel de marché
55:51que peut représenter
55:51le potentiel est extrêmement important
55:54ça dépend des segments
55:55globalement
55:55sur le segment
55:56des infections urinaires
55:57c'est un marché
55:58qui pèse à peu près
55:59100 milliards
55:59à l'échelle de la planète
56:00c'est le plus gros prélèvement
56:02microbiologique utilisé
56:03et la plupart en fait
56:04est assez mal traité
56:05donc le fait
56:07qu'on puisse rentrer
56:08directement en pharmacie
56:08ou qu'on puisse rentrer
56:10dans un service d'urgence
56:12c'est un potentiel de marché
56:13qui est extrêmement important
56:14Merci beaucoup Nicolas Rousselet
56:15bon vent à Damoclès
56:17Diagnostic
56:18voilà c'est la fin
56:19de ce Smart Impact
56:20je voudrais remercier
56:21Nathalie Croizet
56:22la coordinatrice éditoriale
56:23Alexis Mathieu
56:24à la production
56:25Fabien Bouknog
56:26le réalisateur
56:27et Paul Sanchez
56:28au son
56:29belle journée
56:31sur la chaîne
56:31des audacieuses
56:32et des audacieux
56:33salut
56:33Sous-titrage Société Radio-Canada
56:38et des audacieux
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