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Regardez "On refait le monde" avec Mathieu Plane, économiste, directeur adjoint du département Analyse et prévision de l'OFCE, Antoine Foucher, président de Quintet Conseil et essayiste, et Luc Mathieu, secrétaire national de la CFDT.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 02 juin 2026.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 02 juin 2026.
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00:01Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL avec Anne-Sophie Lapix.
00:07Vous ne trouverez pas beaucoup de candidats à la présidentielle qui vous diront le contraire.
00:11Dans un contexte d'économie au ralenti et d'inflation qui repart, il faut augmenter les salaires.
00:17Le souci, c'est que ce ne sont pas eux qui décident, ce sont les employeurs.
00:21Alors il reste une arme entre leurs mains.
00:24Réduire les cotisations sur les salaires, c'est 20% qui financent notre système social.
00:30Comment faire ? C'est le moment de mettre toutes les idées sur la table avec nos invités d'On
00:35refait le monde.
00:36Mathieu Plan, économiste, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE.
00:41Bonsoir.
00:42Bonsoir.
00:43Antoine Fouché, président de Quintet de conseil et EICIIS.
00:46Bonsoir.
00:47Bonsoir.
00:47Et Luc Mathieu, secrétaire national de la CFDT.
00:50Bonsoir.
00:50Bonsoir.
00:51On refait le monde sur RTL.
00:54Le travail doit payer.
00:56Le travail doit permettre de vivre, pas seulement de survivre.
01:01Alors notre combat, notre combat, ce sera de faire monter les salaires.
01:06Pas une hausse de façade.
01:09Pas une hausse imposée comme le propose la gauche qui étoufferait les entreprises et qui détruirait des emplois.
01:15Non.
01:15Un vrai choc pour les salaires.
01:19Alors vous aurez sans doute reconnu l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, également candidat à la présidentielle.
01:26C'était lors de son premier meeting de lancement de campagne samedi dernier.
01:30D'abord Mathieu Plan, est-ce que les salaires sont bas en France par rapport aux voisins ?
01:36C'est une bonne question.
01:38Alors d'abord la dynamique des salaires, elle n'est pas bonne.
01:40Ce qui est clair, c'est que depuis 5 ans, on a des salaires qui évoluent même en dessous de
01:45l'inflation.
01:45Si on fait le cumul sur 5 ans, c'est normal qu'il y ait une forme de ras-le
01:50-bol sur la question du pouvoir d'achat autour du salaire.
01:53Ce qui n'est pas forcément le cas de, par exemple, les retraites, elles sont indexées.
01:57Ce qui n'est pas le cas forcément des salaires.
01:59Donc ça, c'est le premier point.
02:01Donc c'est vrai que ça se retrouve à la fin du mois.
02:03On voit que la question du pouvoir d'achat préoccupe un certain nombre de Français.
02:06En revanche, le SMIC lui est garanti, c'est-à-dire qu'on voit, et d'ailleurs il est réindexé
02:11au 1er juin de 2,4%,
02:13mais pas toute la grille des salaires.
02:15Et donc la question, moi je pense en France, le problème c'est la compression plutôt des salaires.
02:19C'est un tasse au niveau, juste au-dessus du SMIC.
02:20En fait, pour vous dire simplement les choses, vous avez, le SMIC aujourd'hui n'est pas loin des 1500
02:25euros net, si je ne dis pas de bêtises.
02:27Le salaire médian en France est autour de 2002.
02:30Donc en fait, vous avez assez peu d'écarts, sachant qu'en plus, quand vous êtes au SMIC, et c
02:34'est plutôt une bonne chose,
02:35vous avez une prime d'activité, ce que vous n'avez plus au niveau du salaire médian.
02:37Ce qui veut dire que, en fait, les progressions salariales en France sont relativement faibles.
02:41Donc vous cumulez deux choses, c'est-à-dire une dynamique salariale qui est très mauvaise depuis 5-6 ans,
02:46plus une forte compression des salaires qui ont tendance, alors il y a, certains parlent de SMICardisation,
02:50c'est peut-être un peu exagéré, mais en tout cas une compression vers le bas.
02:53Qu'est-ce qui pousse les patrons à augmenter les salaires, Luc Mathieu ?
02:57Est-ce que c'est vous ? Est-ce que ce sont les syndicats ?
02:58J'aimerais bien que...
03:00Vous n'avez pas ce pouvoir ? Vous essayez en tout cas.
03:02Je n'ai pas ce pouvoir, on essaye, c'est ce qui s'appelle le rapport de force dans les
03:05entreprises,
03:06mais oui, ce qu'on constate quand même, c'est que cette augmentation du SMIC qui est...
03:13Automatique quasiment ?
03:14Automatique, oui, qui s'est déroulée là depuis hier matin,
03:18elle a quand même des conséquences assez importantes,
03:20c'est-à-dire qu'il y a, dans les salaires minimums des branches professionnelles,
03:2470% aujourd'hui des branches qui se retrouvent avec au moins un niveau de classification qui se retrouve sous
03:28le SMIC,
03:29et dans certaines branches professionnelles, il y a jusqu'à 12 niveaux sous le SMIC,
03:35voire même une branche où il y a 81 niveaux sous le SMIC,
03:40et ça, ça change profondément les choses parce que...
03:42Sachant que personne n'est payé en dessous du SMIC, je le rappelle.
03:45Bien sûr, personne n'est payé en dessous du SMIC,
03:47mais ce que je veux expliquer, c'est que les grilles de classification et les salaires minimums,
03:53au-delà de donner un repère, enfin ça donne un repère en termes de salarial,
03:58mais ça dessine aussi pour les salariés dans les branches professionnelles des parcours professionnels possibles.
04:03C'est-à-dire que quand vous êtes dans une branche professionnelle où vous avez 20 niveaux de classification
04:07et que vous en avez la moitié qui est sous le SMIC,
04:10ça ne dessine strictement aucun parcours professionnel.
04:13Donc il y a la question des écarts de salaire et de la progression ensuite.
04:21C'est-à-dire, quel est l'éventail à un moment donné ?
04:23Et qu'est-ce que ça veut dire aussi demain en termes de progression des salaires ?
04:27Et là, cette question, elle est très difficile.
04:30Et la question des systèmes de classification, elle est primordiale pour nous.
04:35Alors, vous nous l'avez dit, vous n'avez pas beaucoup de moyens finalement pour faire pression sur les patrons
04:40pour augmenter les salaires.
04:41La marge de manœuvre, est-ce qu'elle se situe dans cette zone entre le salaire brut et le salaire
04:48net,
04:49c'est-à-dire les cotisations salariales, Antoine Fouché ?
04:53À court terme, oui. Il n'y a pas tellement d'autres marges de manœuvre.
04:56À long terme, non. À long terme, c'est ce qu'on appelle la productivité,
04:59c'est-à-dire le fait de produire plus ou mieux pour le même temps de travail.
05:03Parce que c'est ça qui fait que les salaires augmentent.
05:05Si vous produisez exactement la même chose d'une année sur l'autre, pas mieux, pas plus,
05:09il n'y a aucune raison que votre salaire augmente.
05:11Et ce qui fait que le niveau de vie depuis deux siècles a été multiplié à peu près par dix,
05:17c'est qu'on a produit plus et mieux en travaillant moins.
05:23Et le problème qu'on a depuis 30 ans, c'est que c'est quasiment plus le cas,
05:27et donc les salaires n'augmentent plus.
05:30Moi, sur le diagnostic, je serais plus lucide ou plus sévère ou plus pessimiste,
05:37peut-être un mélange des trois.
05:38Mais quand même, quand on fait deux choses, dans l'histoire et dans la géographie,
05:44dans le temps et dans l'espace,
05:46quand on regarde la France aujourd'hui par rapport aux autres pays européens,
05:49le niveau de vie, qui n'est pas exactement les salaires,
05:52parce que tout le monde ne vit pas que de son salaire,
05:55mais qui est quand même une moyenne, une approximation,
05:58le niveau de vie des Français est en dessous de la moyenne européenne maintenant.
06:00En moyenne, un Européen vit mieux qu'un Français.
06:03Donc ça, quand même, ça ne nous est jamais arrivé dans notre histoire.
06:06Quand on regarde les salaires de l'OCDE,
06:08les salaires français sont au-dessus des salaires de l'OCDE,
06:10donc on est déclassé.
06:13Non pas que ce soit infamant d'être en dessous de la moyenne,
06:15mais enfin, ça ne nous est jamais arrivé à nous, Français.
06:17Et la deuxième, donc ça c'est l'espace,
06:19et le temps, c'est quand même que,
06:22oui, c'est vrai, c'est complètement d'accord avec ce qu'a dit Mathieu Plein avant,
06:25on s'est, depuis 5 ans, on s'est particulièrement tassé,
06:29enfin, ça fait 15 ans que ça dure maintenant,
06:31c'est-à-dire que ça fait 15 ans que l'augmentation du pouvoir d'achat du travail,
06:34elle est inférieure à 1%.
06:36Donc, à ce rythme-là, il faudrait que la majorité des gens bossent
06:39plus de 80 ans pour doubler leur niveau de vie,
06:42juste qu'on se rappelle,
06:44pendant les années 50, 60, 70, en 15 ans de travail,
06:47on doublait son niveau de vie,
06:48on partait beaucoup plus bas.
06:50Et même dans les années 80, 90, 2000,
06:53donc jusqu'à la crise de 2008,
06:55c'était 2% par an d'augmentation du pouvoir d'achat,
06:57donc en une vie de travail, 40 ans,
06:59vous doubliez votre niveau de vie.
07:01Ça, c'est fini.
07:03Et donc, il y a quand même,
07:04et, pour le dire de façon très simple,
07:07et après je me mettais,
07:09depuis 1945, on a toujours râlé
07:11sur la faiblesse des salaires en France,
07:13pendant 60 ans, grosso modo,
07:15on a eu tort,
07:15parce que le travail payait,
07:17au sens, permettait de changer son niveau de vie,
07:19depuis 15 ans,
07:20on a vraiment raison de râler.
07:21Alors, évidemment, je disais,
07:22on cherche peut-être,
07:24dans la marge de manœuvre des politiques,
07:26en tout cas,
07:27c'est-à-dire entre le net et le brut,
07:28est-ce que vous pouvez nous rappeler
07:29à quoi servent les cotisations salarielles,
07:32ces 20% de différence entre le brut et le net ?
07:36En plus, il y a le brut et le super brut.
07:39Oui, on va parler du super brut après.
07:40On va commencer par le brut,
07:41parce que...
07:42Voilà, c'est les cotisations payées par les salariés.
07:44Et après, de l'autre côté,
07:45on a les cotisations payées par les entreprises.
07:47En gros, vous avez un peu plus de 20%
07:50de cotisations salariées,
07:51qui pèsent au-dessus du salaire net, du coup.
07:54Une partie assez significative,
07:57c'est les retraites,
07:59cotisations retraites,
08:00plus les complémentaires.
08:01Et le reste, c'est la CSG et CRDS,
08:04qui financent essentiellement les dépenses de santé.
08:08Avant, on avait des cotisations chômage,
08:09elles ont été supprimées,
08:10d'ailleurs, au début du premier mandat de Médé Macron,
08:12qui a été transférée par la CSG.
08:14D'ailleurs, les retraités n'étaient pas très contents de cette affaire,
08:16parce qu'ils ont perdu,
08:17alors que les salariés ont gagné.
08:18Oui, parce qu'il faut compenser,
08:19parce qu'il faut bien payer notre système.
08:21C'est-à-dire que si on veut rapprocher le brut,
08:23du net, c'est une idée qui se défend,
08:27la question, c'est son financement.
08:28C'est-à-dire que, du coup,
08:29vous avez des effets de vastes communicants,
08:32et donc, il faut faire peser cette fiscalité.
08:34Alors, la CSG est un impôt,
08:36en fait, plus qu'une cotisation est un impôt,
08:37parce que ça touche tous les types de revenus,
08:39alors avec des façons différentes,
08:40mais en tout cas, c'est la question de l'organisation des transferts.
08:42Et peut-être juste un mot pour rebondir sur ce que disait Macron.
08:45Moi, je voulais rebondir sur ce que vous disiez.
08:46Pardon, désolé.
08:47Mais en fait, la problématique qui souligne,
08:49c'est une problématique de croissance.
08:50Là, ce qui est regardé, c'est le PIB par tête,
08:52en parité de pouvoir d'achat.
08:53C'est-à-dire qu'on a une forme de décrochage sur la croissance.
08:55Donc, si on veut aussi retrouver des dynamiques salariales,
08:57il faut retrouver de la croissance.
08:59Là, on organise des transferts fiscaux,
09:00ce qui est quelque chose de différent.
09:02Vous disiez, Emmanuel Macron, effectivement,
09:03avait supprimé certaines cotisations chômage.
09:06Est-ce qu'on l'a senti ?
09:08Est-ce qu'il y a...
09:09Oui ?
09:09Parce qu'en fait, on a l'impression que ça fait longtemps
09:11que l'écart brut et net est le même.
09:14On l'a senti ?
09:15Oui, alors juste un petit mot là-dessus.
09:16C'est intéressant parce que,
09:17ce n'était pas une mince affaire.
09:19Je crois que ça représentait 24 ou 25 milliards de transferts.
09:22À la fin, de mémoire,
09:25c'était un gain pour les salariés
09:27de l'ordre de 1,5%, voire peut-être un petit peu plus.
09:31C'est vrai qu'on n'en a pas parlé tant que ça.
09:33D'ailleurs, je crois qu'à un moment donné,
09:35c'était sur la fiche de paye pour bien expliquer
09:37qu'on avait un gain permanent.
09:39Par contre, les retraités, on les a entendus.
09:41C'est-à-dire qu'à chaque fois,
09:43et je ne dis pas qu'il ne faut pas faire des choses,
09:45mais on entend assez peu les gagnants
09:47et on entend beaucoup les perdants.
09:48Et donc, c'est vrai que, d'un point de vue politique,
09:50il faut quand même gérer cette affaire-là.
09:52Alors, on va voir les propositions
09:55parce qu'il y a plein de propositions
09:56aujourd'hui pour réduire cet écart.
09:58Mais ce sera après l'essentiel de l'info
10:01de Nathalie Miché.
10:14C'est RTL.
10:19Anne-Sophie Lapix, on refait le monde sur RTL.
10:22Il est 19h30, l'essentiel de l'info avec Nathalie Miché.
10:25Cette information RTL, l'IGPN mène désormais deux enquêtes
10:29sur de possibles tirs de balles de défense
10:31après des blessures subies par deux mineurs,
10:33défaits survenus samedi soir lors des violences
10:35en région parisienne après la victoire du PSG
10:38en Ligue des Champions.
10:40Des violences qui, on le rappelle,
10:41ont fait 178 blessés parmi les forces de l'ordre.
10:44Un premier cap pour la loi d'urgence agricole.
10:47Elle a été adoptée par les députés en première lecture
10:49avec les voix du RN ajoutées à celles du camp gouvernemental.
10:53Le texte facilite notamment l'installation de bassines
10:57pour stocker l'eau,
10:58mesure qui inquiète les défenseurs de l'environnement.
11:01On est à fond derrière vous,
11:02les mots d'Emmanuel Macron à Clairefontaine.
11:04Le président est allé aujourd'hui à la rencontre
11:07des Bleus de Didier Deschamps.
11:09Tradition respectée en vue du départ
11:11de l'équipe de France aux Etats-Unis
11:12la semaine prochaine pour la Coupe du Monde.
11:14Et puis à Roland-Garros ce soir,
11:16le tchèque Yacoub Mensik
11:18contre le brésilien Joao Fonseca
11:20affiche nocturne d'écart de finale.
11:23On en parlera à 20h avec Isabelle Langer.
11:25Merci Nathalie, on vous retrouve à 20h.
11:28Anne-Sophie Lapix,
11:30on refait le monde jusqu'à 20h sur RTL.
11:33Est-ce qu'il faut réduire à tout prix
11:35l'écart entre salaire brut et salaire net
11:37pour relancer le pouvoir d'achat ?
11:39On a tous envie de dire oui,
11:40mais comme il n'y a pas de solution magique,
11:42il faudra quand même que quelqu'un paye
11:44à la place des salariés les cotisations sociales.
11:46Qui devra compenser avec plus d'impôts ?
11:48Qui sera le dindon de la farce ?
11:50Avec nous dans ce studio,
11:51Mathieu Plan, économiste,
11:53directeur adjoint du département analyse et prévision
11:55de l'OFCE.
11:56Antoine Fouché,
11:57président de Quintet de Conseil et essayiste.
11:59et Luc Mathieu, secrétaire national de la CFDT.
12:02On refait le monde sur RTL.
12:05La mesure majeure pour moi pour 2027,
12:08c'est de revaloriser le travail.
12:10Revaloriser le travail, ça veut dire quoi ?
12:12Ça veut dire qu'il y a 50 ans,
12:14les Français touchaient 70% du super brut
12:17sur leur fiche de paye.
12:18C'est-à-dire quand on enlevait toutes les charges,
12:19il restait 70%.
12:21Aujourd'hui, sur une fiche de paye,
12:23il ne reste plus que 52%.
12:25On fait trop porter au travail les charges,
12:27il faut les réduire pour augmenter les salaires.
12:31Voilà, c'était Dominique Schellcher
12:32du supermarché Super U ce matin
12:37au micro d'Olivier Bois.
12:39Alors justement, Mathieu Plan,
12:40c'est l'occasion d'expliquer ce que c'est
12:42que ce super brut,
12:43c'est le brut...
12:45Pardon, c'est...
12:46Non, je vous ai coupé.
12:46Non, non, je vous en prie.
12:48C'est le coût du travail.
12:48C'est le coût du travail.
12:49C'est ce qui, à la fin,
12:51ce que paye l'employeur
12:52pour verser le salaire aux salariés
12:55une fois qu'il a payé les cotisations patronales
12:58et après les cotisations salariées
13:00et là, après, il y a le salaire net.
13:02Donc en fait, il y a beaucoup de choses là-dedans.
13:03Et d'ailleurs, on a quand même quelque chose
13:06qui aussi, je pense qu'on peut en discuter,
13:08en France, qui est quand même une singularité,
13:10c'est que comme ce coût du travail
13:12est relativement élevé
13:13à cause des cotisations patronales,
13:15on a mis en place des exonérations
13:16de cotisations patronales
13:17qui représentent près de 80 milliards désormais.
13:19Donc c'est beaucoup,
13:20c'est même presque l'essentiel
13:21de la politique de l'offre
13:22qu'on a visé à baisser ça.
13:23Sauf que ces exonérations,
13:24elles sont maximum au niveau du SMIC.
13:26Et qu'en fait, elles sont dégressives.
13:27Mais ça a un problème,
13:29c'est que ça incite assez peu
13:30l'employeur à augmenter le salarié
13:32parce que ça lui coûte plus cher,
13:33il reçoit moins d'exonérations,
13:35le salarié a aussi moins de primes d'activité.
13:37Et donc il y a des études, par exemple,
13:39qui ont montré
13:40que pour un salarié au SMIC à temps plein,
13:42si vous voulez lui donner 100 euros net
13:44de plus à la fin du mois,
13:45si vous prenez tout en compte,
13:46il faut quasiment augmenter
13:47le super brut de 500 euros.
13:48Donc il y a une désincitation fiscale
13:51qui est extrêmement forte
13:53et on parle aussi du risque
13:54de trappe à bas salaire
13:55pour ces raisons-là.
13:56Alors on va parler de la solution du jour.
13:58Et c'est vous qui l'a proposé,
14:00Antoine Fouché.
14:01Vous voulez supprimer
14:03toutes les cotisations salariales ?
14:05Pas toutes, la moitié.
14:06Oui, la moitié.
14:07Comme l'a dit Mathieu tout à l'heure,
14:08il y a 22 points qui restent encore,
14:1140 points patronales,
14:13enfin quand il n'y a pas d'exonération,
14:1440 points de cotisation patronale,
14:1622 points de cotisation salariale.
14:17Si on supprime la moitié,
14:20donc 10 points,
14:20c'est par exemple toute la CSG
14:22et la CRDS sur les revenus d'activité.
14:24Ça fait en ordre de grandeur
14:26parce que sinon ça paraît un peu abstrait.
14:28Ça fait 100 milliards d'euros.
14:30Et alors on va dire après,
14:31la question comment est-ce qu'on va les chercher ?
14:33Mais ça fait quoi dans la vie des gens ?
14:34Oui, par exemple pour un salaire de 2000 euros,
14:36ça fait quoi en net ?
14:37Il faut le faire,
14:38pas one shot,
14:39pardon pour l'anglicisme
14:40parce que sinon les entreprises
14:43n'ont mangé les salaires
14:44et dit tu as eu 10 points d'exonération.
14:46Donc voilà.
14:47Si vous le faites en 5 ans,
14:48ça fait que 2% par an,
14:51ça fait qu'au bout de 5 ans,
14:52il y a une augmentation
14:53pour l'immense majorité des gens
14:55de 22 à 25% du net.
14:57Donc pour un salaire qui est...
14:59Tout à l'heure j'ai dit,
15:00vous gagnez 2000 en brut,
15:01vous êtes payé 1600 en net,
15:03là ça ferait combien ?
15:04Enfin brut,
15:05c'est même parce que...
15:07Un point sur le coût du travail
15:08et cotisation patronale quand même
15:09parce qu'on appelle ça cotisation patronale.
15:10Vous êtes des deux côtés,
15:11moi j'étais que sur la feuille du salaire,
15:12enfin que sur le salarié.
15:14En fait,
15:15le coût du travail,
15:16c'est le salaire gagné
15:17par le salarié.
15:18Parce que,
15:19c'est une forme d'arbitraire comptable
15:23de se dire,
15:24ça c'est du patronal,
15:25ça c'est du salarial.
15:26A la fin,
15:27économiquement,
15:28c'est du salaire.
15:30Bien sûr.
15:30Et c'est le salaire qui est gagné
15:31par le salarié
15:32parce qu'aucune boîte
15:34ne peut tenir
15:35si elle paye ses salariés
15:37plus cher que ce qu'il gagne.
15:39C'est-à-dire que ce qu'il rapporte
15:40à l'entreprise.
15:40Donc,
15:41ça s'appelle cotisation patronale
15:42mais c'est à la fin quand même
15:44gagné par le salarié
15:45et la meilleure preuve,
15:46c'est que quand vous augmentez
15:47les cotisations patronales,
15:48il n'y a plus d'augmentation du net.
15:49Parce que le patron dit,
15:51écoute,
15:52l'argent que je pensais te donner,
15:53je vais être obligé
15:54de le donner à l'URSSAF.
15:55Et le pire,
15:56c'est qu'il est de bonne foi.
16:00Salaire aujourd'hui médian,
16:02comme l'a dit Mathieu Pérenne
16:02tout à l'heure,
16:03c'est,
16:04moi j'avais en tête,
16:05alors si tu parlais moyens,
16:06médian,
16:07c'est-à-dire 50% de moins,
16:0850% de plus,
16:09c'est 2200 euros net.
16:10Mais pour avoir 2200 euros net
16:13qui va dans sa poche,
16:14il faut en gagner 3008.
16:15Et donc,
16:16pour répondre à votre question,
16:17donc il y en a 1600 qui s'en vont.
16:18Parce qu'il y a nos auditeurs
16:19qui se disent alors,
16:20combien gagnent ?
16:20Et donc du coup,
16:22cet exemple-là,
16:23très concrètement,
16:23ça fait 300 euros net
16:25de plus par mois.
16:27300 euros,
16:27Luc Mathieu,
16:27c'est une bonne idée ?
16:29C'est toujours une bonne idée
16:30de gagner plus.
16:30Maintenant,
16:31la question c'est par quoi,
16:32que ces cotisations,
16:33elles financent des choses.
16:35Et que donc,
16:36la question c'est par quoi
16:37on va remplacer ces cotisations.
16:39Donc certains disent,
16:40on va les remplacer
16:40par des points de TVA.
16:42Le problème de la TVA,
16:43c'est que tout le monde
16:44paye pareil.
16:45C'est-à-dire que,
16:45alors que les cotisations sociales,
16:48elles sont quand même
16:49proportionnelles au salaire.
16:50Et que donc,
16:51fondamentalement,
16:51ce type de solution,
16:52elle est foncièrement injuste
16:54pour un certain nombre
16:55de salariés.
16:56C'est la TVA sociale,
16:57c'est ça ?
16:57Oui, la TVA sociale.
16:58Simplement,
16:58c'est ce que...
16:59Pas exactement ?
17:00Vous allez préciser.
17:01Après,
17:02vous pourrez détailler.
17:03Parce qu'il me semble
17:04que c'était ce que
17:05Nicolas Sarkozy avait fait.
17:06C'est sur les cotisations
17:06employeurs,
17:07la TVA sociale,
17:08c'était que sur les compétitivités.
17:09D'accord,
17:09que sur les employeurs.
17:10Donc là,
17:10on est sur les salariés.
17:11Mais le problème,
17:12c'est que si on remplace
17:12par des points de TVA,
17:13quel que soit le don
17:14qu'on donne à ça,
17:15c'est que c'est assez régressif
17:16et que donc,
17:17les plus pauvres
17:18vont payer proportionnellement
17:20plus que les plus riches
17:24pour financer
17:24la protection sociale.
17:27Parce que la TVA,
17:28c'est injuste ?
17:29Parce que la TVA,
17:30c'est injuste.
17:31Tout simplement,
17:31parce que ça touche
17:32tout le monde
17:32de la même manière.
17:33Alors,
17:33qui va répondre ?
17:36On est très,
17:37très,
17:37très bien élevés
17:37sur ce plateau.
17:40Deux choses très rapidement,
17:41c'est que
17:43la différence
17:44avec la TVA sociale
17:45qui avait été proposée
17:46par Nicolas Sarkozy
17:47en 2007
17:48et qui est encore
17:48proposée par le Menef,
17:49et puis même la TVA votée
17:51en 2012 même.
17:52Voilà,
17:53c'est que là,
17:54on baisserait non pas
17:55les cotisations patronales
17:56mais salariales.
17:58Donc,
17:58ça fait d'augmentation
17:59du net.
18:00Donc,
18:00ce n'est plus vrai.
18:01Ce qui était vrai,
18:02c'est une baisse
18:03de cotisation patronale.
18:04Ce qu'a dit Luc Mathieu
18:05est tout à fait vrai
18:05quand une baisse
18:06de cotisation patronale.
18:06Quand c'est une baisse
18:07de cotisation salariale,
18:08ce n'est plus vrai
18:08pour la raison suivante.
18:09C'est que tous les salariés,
18:12tous ceux qui travaillent
18:12en fait gagnent.
18:13Ils gagnent 25%,
18:1522 à 25%
18:15de salaire en plus.
18:17Qui perd ?
18:17Parce qu'à la fin,
18:18la question c'est
18:18qui perd ?
18:19Les retraités ?
18:20Évidemment.
18:21Ça peut, non ?
18:23C'est-à-dire,
18:23en fait,
18:24tous les retraités,
18:25les rentiers,
18:25les héritiers.
18:25C'est-à-dire,
18:26tous ceux qui gagnent
18:27avec un mécanisme de TVA
18:29qui vient compenser
18:30une baisse de cotisation salariale,
18:32c'est assez simple.
18:33C'est tous ceux qui gagnent,
18:34c'est ceux qui gagnent
18:35leur argent en travaillant,
18:36les salariés,
18:37les fonctionnaires
18:37et les indépendants.
18:38Et tous ceux qui perdent,
18:40c'est ceux qui ont
18:40la hausse de la TVA
18:41sans avoir eu
18:42la hausse de salaire avant
18:43et donc ce sont
18:44les rentiers,
18:45les retraités
18:45et les héritiers.
18:46Mais si on fait,
18:47par exemple,
18:47une baisse de suppression
18:49de la CSG,
18:50c'est 10 points en plus
18:52compensés par 3 points
18:54de hausse de TVA.
18:55Vous voyez bien
18:55que même si on fait
18:56le calcul bêtement comme ça
18:58parce que c'est plutôt
18:5820% d'augmentation que 3,
19:00ça fait 7 points
19:01de gain de pouvoir d'achat en plus.
19:03Là où c'est vrai,
19:05il reste une objection,
19:06c'est que oui,
19:06mais alors ça sera plus
19:07de pouvoir d'achat
19:08pour les hauts salaires
19:09et un peu moins
19:10pour les plus bas salaires.
19:11Et ça, c'est vrai.
19:12Et là où on peut répondre,
19:13c'est qu'on peut,
19:15il y a 4 taux de TVA
19:16en France aujourd'hui,
19:17on peut très bien
19:18dans ce mouvement-là
19:19augmenter plus la TVA
19:21des biens consommés
19:22par les ménages
19:23les plus aisés
19:24et moins,
19:25voire baisser
19:26dans le même mouvement
19:26la TVA consommée
19:28par les ménages
19:29les moins aisés
19:30pour éviter,
19:31voire répondre complètement
19:32à la critique
19:34sur l'injustice.
19:35Mathieu Plannes,
19:36si j'ai bien entendu
19:37Antoine Fouché,
19:38vous avez parlé
19:38de plus de 100 milliards,
19:40il faut augmenter
19:40la TVA
19:41et la CSG
19:42de combien
19:43avant d'arriver
19:43à 100 milliards ?
19:45Il nous a donné
19:45une partie du calcul,
19:46j'ai l'impression Antoine,
19:47qui est déjà
19:483 points de TVA.
19:50Mais 3 points de TVA,
19:51ça ne fait pas
19:5240 milliards.
19:54Il ne faut pas
19:54que la TVA.
19:55Après,
19:56du coup,
19:57je ne sais pas,
19:57c'est une proposition,
19:58moi je ne l'ai pas
19:59la proposition,
20:00c'est-à-dire que je pense
20:00qu'il faut basculer
20:01une partie de la CSG
20:02sur les revenus du capital
20:04et peut-être
20:04augmenter la CSG
20:05sur les retraités.
20:06Donc en fait,
20:07c'est un choc
20:07assez massif
20:08en réalité
20:09sur les retraités.
20:11C'est un choc fiscal
20:12qu'il faut assumer
20:15pour donner
20:16du pouvoir d'achat
20:17aux salariés.
20:18Donc en fait,
20:19après vous pourriez dire
20:20on sort la CSG,
20:20on le met sur l'impôt
20:21et tout le monde le paye,
20:22enfin sur l'impôt,
20:23sur le revenu,
20:23ça serait autre chose
20:24et on mettrait
20:25une progressivité.
20:26En fait,
20:27ce que propose
20:27l'Antoine Fougé,
20:28je l'expliquerai mieux que moi,
20:29mais en fait,
20:30c'est des transferts fiscaux.
20:33Mais là,
20:34où j'ai un doute,
20:35c'est que
20:36en réalité,
20:36ces transferts sont quand même
20:37massifs.
20:38Et que politiquement,
20:39c'est vrai que c'est assez séduisant
20:41parce qu'on voit bien
20:42que ça permettrait
20:42d'augmenter le salaire net,
20:43mais par contre,
20:44il faut qu'une grande partie
20:46du reste de la société
20:47accepte ce transfert-là.
20:49Et on voit bien,
20:50et c'est peut-être
20:51un manque de courage politique,
20:52je ne sais pas,
20:52mais quand on a 17 millions
20:53de retraités,
20:54forcément,
20:55ces retraités-là
20:56vont voir un impact
20:57très négatif
20:59sur leur niveau de vie.
21:01Voilà,
21:02et donc,
21:02c'est pas juste
21:02taxer la rente,
21:03c'est taxer aussi
21:03des retraités,
21:04y compris des retraités
21:05qui ne sont pas très riches.
21:07Donc voilà,
21:07c'est ce transfert-là
21:09qui est toujours
21:10assez délicat
21:11à opérer,
21:12même si j'entends
21:13les arguments.
21:14Et sachant qu'il y a
21:14effectivement des élections
21:16il n'y a pas très longtemps.
21:17On va voir quelles sont,
21:18on va rentrer dans le détail
21:19aussi des pistes
21:21qui reprennent un peu
21:21cette idée
21:22des pistes
21:22des différents candidats
21:24à la présidentielle
21:24juste après la pause.
21:30Cette émission vous plaît ?
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21:36RTL,
21:37on refait le monde.
21:38Anne-Sophie Lapix.
21:40Libérer les salaires,
21:41ce pourrait être
21:42le mot d'ordre,
21:43mais comment financer
21:45dès lors
21:45notre système social
21:46dont on est si fier ?
21:47On va regarder de près
21:48les différentes propositions
21:49des politiques,
21:50notamment des candidats
21:51à la présidentielle,
21:52et les commenter
21:53avec nos invités.
21:53Antoine Fouché,
21:54président de Quintet de Conseil
21:56et Essayiste,
21:57Luc Mathieu,
21:57secrétaire national
21:58de la CFDT,
21:59et Mathieu Plan,
22:00économiste,
22:01directeur adjoint
22:01du département
22:02analyse et prévision
22:03de l'OFCE.
22:04On refait le monde
22:05sur RTL.
22:07On peut se demander
22:08s'il provoquait
22:09un tel bazar,
22:10ce n'est pas un peu périlleux
22:11pour un résultat
22:12qui resterait modeste
22:14parce que,
22:15encore une fois,
22:15cette proposition
22:16fait l'impasse
22:17sur la moitié du sujet.
22:18Vous parlez de quoi ?
22:19La dépense publique.
22:20La véritable issue stratégique
22:22pour le pays,
22:23c'est quand même
22:24d'évaluer les dépenses,
22:25de les baisser,
22:26de façon à rendre
22:27aux Français
22:27une partie de l'argent
22:28qu'on leur prend
22:29en baissant les impôts,
22:30justement,
22:31sans contrepartie.
22:32Si ce travail de tri
22:33dans la dépense
22:34et d'évaluation
22:35n'est pas fait,
22:36on est condamné
22:37au jeu à somme nulle,
22:38c'est-à-dire
22:38une révolution de façade
22:39tandis que rien ne change.
22:40Ça, c'est François Langlais
22:43qui réagissait hier
22:45à la proposition
22:46du député macroniste
22:47Pierre Cazeneuve
22:48de baisser de 200 euros
22:50les cotisations salariales
22:52pour les salaires
22:54de 3 SMIC et moins
22:55en augmentant des impôts
22:57pour compenser.
22:57et lui dit
22:58il ne faut pas augmenter
22:59les impôts
22:59pour compenser,
23:00il faut réduire
23:02les dépenses.
23:03C'est ça,
23:03le job de l'État.
23:06Mathieu Plannes ?
23:08Bon courage.
23:09Bon courage.
23:10Au moins,
23:11le transfert fiscal,
23:12on le maîtrise.
23:12Autant la réduction
23:13des dépenses,
23:14elle est compliquée.
23:15Et surtout,
23:16ce qu'on évoquait
23:17un peu hors antenne,
23:18c'est qu'on est engagé
23:18dans une réduction
23:19de déficit.
23:19Comme tout le monde sait,
23:20on a un déficit public
23:21qui est quand même
23:22assez embêtant
23:22qu'il va falloir réduire.
23:23On est les plus élevés
23:24de la zone euro
23:24et qu'il faut trouver
23:24une centaine de milliards d'euros.
23:26Et dedans,
23:27déjà,
23:27il risque d'y avoir
23:27un certain nombre
23:28de coupes budgétaires
23:29pour réduire ce déficit.
23:30Donc si vous rajoutez à ça
23:33les 100 milliards
23:34de transferts
23:35qui portent uniquement
23:35sur la dépense,
23:36je me dis,
23:36bon courage,
23:37ce n'est pas possible.
23:37Sachant que,
23:38plus que 50%
23:40de la dépense publique,
23:41c'est le modèle social
23:41et c'est de la retraite
23:42et c'est de la santé.
23:43Le reste,
23:44on a des choses à faire
23:45sur l'écutité locale,
23:46mais ça ne fera jamais
23:47cette somme-là.
23:48Et puis,
23:48la dépense de l'État,
23:49elle est essentiellement
23:50dans l'éducation,
23:51le ministère de l'Intérieur
23:52et la justice
23:56et l'extérieur,
23:57c'est-à-dire
23:58tout ce qui va être l'armée.
23:59Donc,
24:00en fait,
24:00du grain à moudre,
24:01il y en a,
24:01on peut regarder,
24:02passer au pain de faim
24:03les choses,
24:04mais il faut dire la vérité.
24:05C'est-à-dire que soit
24:05vous changez radicalement
24:06le modèle social
24:07et vous en privatisez une partie,
24:09mais là,
24:09vous rentrez dans autre chose,
24:11soit vous êtes obligés
24:12d'organiser un peu
24:12des transferts fiscaux
24:13si vous voulez être sérieux
24:14et crédibles.
24:15Parce que,
24:16une fois de plus,
24:16la dépense publique
24:17va déjà être mise à contribution
24:19pour réduire déficit
24:20et même
24:21en pistant ça
24:22et en le mettant en avant,
24:24c'est loin d'être gagné.
24:25Alors,
24:26si je regarde un petit peu
24:27les propositions
24:27qui vont un peu
24:29dans le sens
24:30de ce rééquilibrage
24:32brut net,
24:32je vois que Gabriel Attal
24:34veut baisser une partie
24:35des cotisations sociales,
24:36les cotisations vieillissent
24:37en finançant
24:38par une hausse de la TVA.
24:39Ça va dans le sens
24:40de ce que vous proposez,
24:41Antoine Fouché ?
24:42Ou c'est encore trop timide
24:43pour vous, peut-être ?
24:44À ma connaissance,
24:45il n'a pas donné de chiffrage,
24:47mais...
24:47Il vous parle
24:47des cotisations vieillissent.
24:49Oui, à la fin,
24:50oui, mais il n'y en a plus
24:51beaucoup quand même.
24:52Oui, c'est bizarre de faire ça.
24:53Ça dépend lesquelles.
24:55En fait,
24:56pour être crédible,
24:57me semble-t-il,
24:58il faut dire
24:59à la fin,
25:00combien ça fera en net
25:01d'augmentation
25:02pour les gens.
25:03Oui, c'est ce que je vous demandais
25:04tout à l'heure.
25:05C'est ça que les gens attendent.
25:06Oui, bien sûr.
25:07Je vous ai répondu.
25:07Alors, une fourchette,
25:0822-25.
25:09Oui, oui.
25:09Voilà.
25:11Et si on veut
25:13que vraiment...
25:14Il ne faut pas perdre de vue
25:15l'objectif.
25:16L'objectif,
25:16c'est de faire en sorte
25:17qu'à court terme,
25:18travailler permette
25:19d'améliorer sa vie matérielle.
25:21Ce qu'on a perdu
25:22depuis 15 ans.
25:23Et donc,
25:24il faut que ça soit massif.
25:25Massif,
25:26c'est-à-dire que
25:26c'est de l'ordre de 15-20%
25:28d'augmentation
25:29du pouvoir d'achat
25:30des gens qui travaillent
25:31en 5 ans.
25:32Sinon,
25:32si on se dit,
25:33je ne sais pas si c'est que 10%,
25:34par exemple,
25:35je dis,
25:35bon,
25:35dans 5 ans,
25:36je gagnerai 10% de plus.
25:37Est-ce que vraiment,
25:38j'aurais le sentiment
25:39que mon niveau de vie matériel
25:40se sera amélioré ?
25:42Peut-être pas.
25:42Après,
25:43c'est une question de...
25:44On ne passe pas on-off,
25:45c'est une question de degrés.
25:47Mais je pense que
25:49la crédibilité
25:49sur ces sujets-là,
25:51elle viendra
25:51de l'ordre de grandeur.
25:52Et il y aura ceux
25:53qui font du symbole.
25:54Comme ça a été fait en 2017,
25:56et j'y ai participé,
25:57donc c'est autocritique,
25:58ça n'a rien changé à rien,
26:002017,
26:01parce que c'était
26:01moins de 4 de cotisations,
26:02plus un 7 de CSG.
26:04Oui,
26:04on disait quand Emmanuel Macron
26:06a supprimé des cotisations chômage.
26:08Donc,
26:09il ne faut pas refaire de la com.
26:10Et si on ne veut pas refaire de la com,
26:11il faut être sérieux
26:12sur les ordres de grandeur.
26:13Et un ordre de grandeur sérieux,
26:15à mon humble avis,
26:16c'est autour de 100 milliards d'euros
26:17qu'on rend aux travailleurs.
26:20Ce n'est pas qu'on leur donne,
26:21c'est que c'est de l'argent en moins
26:22qu'on ne leur prend pas
26:23et qu'on prend ailleurs.
26:25Juste une petite question,
26:26tout à l'heure,
26:26on se disait qu'en France,
26:28les salaires,
26:29ils n'ont pas une bonne dynamique.
26:30Mais c'est mieux
26:31chez nos voisins ?
26:32Oui,
26:32c'est mieux,
26:33parce que c'est pour ça
26:33que nous,
26:33à la fin,
26:34on avait,
26:36par exemple,
26:37le même niveau de vie
26:37que les Allemands
26:38il y a 50 ans,
26:39et maintenant,
26:39il y a 12% d'écart.
26:40Pourquoi on y arrive ?
26:41En Allemagne,
26:42et pas en France ?
26:43Il y a deux grandes différences
26:44pour nous,
26:45Français.
26:46C'est un,
26:46on a fait la pire
26:48désindustrialisation d'Europe.
26:49Donc,
26:50on est le pays
26:51le plus désindustrialisé d'Europe.
26:54Juste,
26:54il n'y a que Chypre et la Grèce
26:56qui sont pires que nous,
26:57mais enfin,
26:57c'est des maigres consolations.
26:58Et en fait,
26:59c'est dans l'industrie
27:00qu'il y a le plus de productivité.
27:02Voilà,
27:02et donc cette idée que
27:04la modernité,
27:05c'était les services,
27:06l'industrie,
27:06c'était la pollution,
27:07le monde d'avant,
27:08c'est une erreur intellectuelle
27:10qu'on paye aujourd'hui,
27:12cash en termes de niveau de vie
27:14et donc de conflits sociaux
27:16et de tensions sociales.
27:17Et puis,
27:18c'est un truc
27:18qui ne fait pas plaisir à dire aussi,
27:19mais on a décroché
27:21en termes de compétences.
27:22C'est-à-dire,
27:23on est devenu un peuple
27:24moyennement compétent.
27:25Quand vous prenez
27:26toutes les études internationales
27:27qui comparent l'école
27:28et le niveau de compétence
27:29des Français,
27:30vous prenez PISA,
27:31Pearls,
27:32Teams,
27:33PIAC,
27:33tous ceux qui voudront regarder,
27:36toutes ces études
27:37sont disponibles en ligne.
27:38On est entre la 20e
27:40et la 25e place maintenant
27:42des classements internationaux.
27:44Ce qui veut dire
27:44qu'il y a 15,
27:4520 pays dans le monde
27:47où en moyenne,
27:48les enfants sont mieux formés
27:50et les gens sont plus compétents.
27:52Luc Mathieu,
27:52on n'est pas assez bon
27:53pour être augmenté ?
27:54Non,
27:54ce n'est pas ça,
27:55mais c'est que...
27:56Ce n'est pas tellement ça,
27:57mais c'est qu'on sait bien
27:58que tout le débat,
27:59pendant des années,
28:00il a été sur la compétitivité prix
28:02et pas sur la compétitivité hors prix.
28:05Et du coup,
28:05on a laissé une partie
28:07à la fois des salariés
28:08et peut-être des gens
28:10en formation un peu.
28:12On n'a pas fait suffisamment de choses
28:14et donc on se retrouve
28:15dans la situation
28:16dans laquelle on est aujourd'hui.
28:16Pour revenir sur les propositions,
28:18alors j'en prends une
28:19qui est également
28:21celle de Gabriel Attal,
28:22mais ce n'est pas le seul.
28:23Il veut augmenter,
28:25il veut qu'il y ait une prime
28:26que les entreprises
28:27peuvent verser à leurs salariés
28:28qui est exonérée de charges.
28:29C'est la prime de partage
28:30de la valeur.
28:32Elle irait jusqu'à 10 000 euros.
28:34Donc, elle serait exonérée de charges.
28:36Est-ce qu'on n'est pas en train
28:37d'aller un peu plus
28:39vers une déconnexion
28:40entre le salaire
28:41et les cotisations sociales
28:42qui peut être dangereuse
28:43pour ensuite financer
28:44notre système social ?
28:44C'est la prime exceptionnelle
28:46de pouvoir d'achat,
28:47dans le premier mandat
28:49de Macron,
28:50qui est transformée
28:51en prime
28:53en prime de...
28:54en prime de...
28:57Oui, je ne sais plus le nom.
28:58J'ai oublié, mais voilà.
28:59Prime de partage de la valeur.
29:00Prime de partage de la valeur.
29:01Oui, pardon, merci.
29:01On a signé un accord là-dessus.
29:03Enfin, entre autres là-dessus.
29:04Ce qu'on voit,
29:05c'est que l'INSEE,
29:07sur la prime PEPA,
29:08donc prime exceptionnelle
29:09de pouvoir d'achat
29:10dans le premier mandat
29:12du Président,
29:13avait estimé
29:15à un tiers
29:15le taux de substitution
29:17de cette prime-là
29:17par rapport aux augmentations
29:18de salaire.
29:19Donc, je veux dire,
29:19le problème de ces dispositifs
29:21d'intéressement,
29:21de participation de prime
29:22de partage de la valeur,
29:23c'est qu'il y a un effet
29:25substitutif.
29:25C'est-à-dire que la prime,
29:26elle est donnée globalement
29:28au bon vouloir de l'entreprise
29:29au moment où elle a envie
29:32et puis on ne discute plus
29:34en fait de la question
29:35de l'hierarchie des salaires,
29:37des systèmes de classification,
29:39de comment est-ce qu'on récompense
29:40la compétence,
29:41l'investissement dans le poste de travail,
29:43les responsabilités
29:43qui sont prises, etc.
29:44Tout ça, normalement,
29:45c'est géré dans les conventions collectives
29:47au travers de la classification
29:48des emplois.
29:49Or, quand on a des systèmes
29:51de classification,
29:52premièrement,
29:53où 60% des conventions collectives
29:54n'ont pas révisé leur système
29:55depuis au moins 5 ans,
29:57certaines ne l'ont pas révisé
29:58depuis 1994,
30:00la pierre,
30:00je crois que c'est 1984,
30:02dans lequel il y a encore
30:03des dactylos,
30:03des choses comme ça,
30:06quand, eh bien,
30:07on se retrouve dans une situation
30:10où on perd le sens
30:11et le salarié ne retrouve pas
30:13le sens que peuvent avoir
30:15ces systèmes de classification
30:16dans la dynamique salariale
30:17et on se retrouve avec des systèmes,
30:19encore une fois,
30:20où, sur certains métiers,
30:22pendant 30 ans,
30:23son salaire de référence,
30:25c'est le SMIC.
30:26Il y a aussi une proposition...
30:27Y compris dans la fonction publique,
30:28d'ailleurs.
30:28Il y a aussi une proposition
30:30du Rassemblement National
30:31qui date de 2022,
30:33pour inciter les employeurs
30:35à augmenter les salaires,
30:36ils promettaient
30:36de les exonérer de charges
30:38à partir de 10% de hausse.
30:40Je ne sais pas si vous vous souvenez de ça.
30:42Non ?
30:42Si, si, si, si.
30:43C'est une usine à gaz
30:44assez impressionnante.
30:46D'abord, est-ce que ça va vraiment...
30:47Est-ce que ça va convaincre
30:49les patrons d'augmenter de 10% ?
30:50Non, mais d'abord,
30:51est-ce que ça les convaince ?
30:53Est-ce que c'est des effets permanents ou pas ?
30:54Comment vous contrôlez ça dans le temps ?
30:56Non, mais ce n'est pas du tout réaliste.
30:59La deuxième année,
31:00si vous avez une haute augmentation
31:01dans son enlève,
31:01quand vous changez d'emploi,
31:03vous embarquez avec vous
31:05votre exonération ou pas ?
31:06Non, quand vous allez changer d'emploi,
31:08vous allez avoir plus de cotistes,
31:09donc moins de nets.
31:11Comme on dit,
31:12très simplement,
31:12ça ne vole pas du tout.
31:13Ça ne vole pas.
31:13Ça ne vole pas du tout.
31:14J'avais d'autres,
31:15mais on n'a pas le temps.
31:16On n'a pas le temps,
31:16tant pis pour eux.
31:18Bruno Retailleau
31:19et son seuil zéro charge
31:20pour les heures sub.
31:20Ce sera pour une autre fois.
31:22Merci d'être venu
31:23dans RTL Soir.
31:26Demain, Thomas Soto est de retour.
31:27Il recevra Dominique de Villepin,
31:29l'ancien Premier ministre
31:30et candidat à la présidentielle également.
31:32Quant à Marc,
31:32enfin, pas tout à fait,
31:33mais presque.
31:34Quant à Marc-Olivier Fogel,
31:35il accueillera Yves de Gaulle,
31:36le petit-fils du général de Gaulle
31:38à l'occasion de la sortie
31:40en salle de la bataille de Gaulle,
31:42premier volet d'un diptyque biographique
31:43signé Antonin Baudry.
31:45Notez que nous,
31:46nous recevrons de Gaulle lui-même,
31:48enfin, celui qui l'interprète,
31:49c'est Simon Abkarian.
31:51Il est l'heure de retrouver
31:52André Ducellier.
31:53Bonsoir André.
31:54Quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir ?
31:55Bonsoir Anne-Sophie.
31:56Ce soir, je vais vous raconter
31:58l'incroyable destin de Coluche,
32:00l'homme qui a fait rire la France entière
32:02avant que sa vie ne bascule.
32:04À tout de suite sur RTL.
32:05Merci André, à tout de suite.
32:11Bonne soirée sur RTL.
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