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  • il y a 6 semaines
Regardez "On refait le monde" avec Christophe Barbier, éditorialiste politique, Nicolas Bouzou, économiste, et Olivier Bost, chef du service politique de RTL.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 09 décembre 2025.

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News
Transcription
00:00Un message du gouvernement.
00:03Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL.
00:06Avec Anne-Sophie Lapix.
00:08L'épreuve de vérité, Sébastien Lecornu a été reconduit à Matignon en octobre
00:12parce qu'il était, selon l'Elysée, le seul à pouvoir obtenir un accord, un compromis et un budget.
00:19Le vote de ce soir à l'Assemblée Nationale sur le budget de la Sécu
00:24va donc valider ou pas cette stratégie et la méthode.
00:27Lecornu, on va décortiquer les enjeux de ce vote et ses conséquences avec nos invités.
00:33Christophe Barbier, éditorialiste politique. Bonsoir.
00:35Bonsoir Anne-Sophie.
00:36Nicolas Bouzou, économiste et fondateur du cabinet Asterès. Bonsoir.
00:40Bonsoir.
00:40Et Olivier Bost, notre chef du service politique de RTL. Bonsoir.
00:44Bonsoir.
00:45On refait le monde sur RTL.
00:48Je ne suis pas un artisan du chaos.
00:51C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, alors même qu'un certain nombre de députés de mon groupe
00:54aurait, sur la valeur du texte, plutôt préféré voter contre, je leur recommanderais de s'abstenir.
01:01Et voilà.
01:01Et c'est la petite phrase, et c'est la petite recommandation d'Edouard Philippe au groupe Horizon
01:06qui a mis un peu le feu, sans doute, au gouvernement.
01:11Christophe Barbier, c'était une surprise malgré tout, ce revirement d'Edouard Philippe.
01:16Oui, revirement sévère dans le jugement et ferme dans la décision de s'abstenir,
01:21avec même tous les arguments pour voter non et une abstention qui semble comme un sursis accordé à Le Cornu,
01:27comme une grâce faite pour ne pas entraîner la chute probable du gouvernement.
01:31Donc oui, c'est un durcissement d'Edouard Philippe, avec un message à court terme qui semble brouillé.
01:35Il n'est donc plus dans le bloc central, Le Cornu n'est plus son ami, il est dans l'opposition.
01:39Mais un message à long terme qui se veut plus clair de la part d'Edouard Philippe.
01:42Il veut être candidat à la présidentielle, il est candidat à la présidentielle,
01:45il veut être l'homme de la vérité dite aux Français, des comptes publics qui doivent se redresser.
01:50Il ne veut pas participer au creusement du trou de la sécu.
01:54Nicolas Bouzou, vu le contexte, vu les risques sur le budget,
01:57est-ce qu'on peut se permettre des messages à long terme,
02:01comme vient le dire Christophe Barbier et comme vient de le faire Edouard Philippe ?
02:06Écoutez, je n'en sais rien, mais c'est vraiment un très mauvais budget sur le plan financier.
02:10On avait à peu près 30 milliards de déficit de la sécurité sociale,
02:15on va avoir 20 milliards.
02:17En fait, ce qui est assez frappant, je trouve, c'est que c'est un budget qui augmente la dépense publique,
02:22qui augmente les prélèvements obligatoires et qui baisse marginalement le déficit.
02:25Donc vous voyez, on a un peu en synthèse tous les mots des mauvais budgets de ces 20 dernières années.
02:31Alors après, là où je donne vraiment crédit au Premier ministre,
02:35c'est que je ne suis pas sûr qu'il y ait d'alternative.
02:38Je crois que c'est Cécile Cornudet ce matin dans Les Echos,
02:41ou l'un de ses collègues qui disait que c'est le pire des budgets à l'exception de tous les autres.
02:46Je trouve que, économiquement parlant, je trouve que la formule est excellente.
02:52Laurent Wauquiez, lui, aussi, il a joué un jeu un petit peu trouble, Olivier Bost.
02:57Oui.
02:58Ce qui fait quand même partie du socle commun, lui aussi, le patron des LR.
03:02Oui, alors il faut bien voir qu'il joue, autant Edouard Philippe que Laurent Wauquiez,
03:07quand même un jeu qui est un peu bizarre, mais qui, à la fin, est très tactique.
03:13C'est-à-dire qu'il est possible que l'un et l'autre ne soient pas formellement suivis dans leur consigne de vote
03:19et que ça soit assez piloté et assez volontaire de leur part.
03:21C'est-à-dire qu'en fait, ils montrent leur opposition, opposition de principe, effectivement,
03:27un budget qui est beaucoup trop en déficit, un budget qui est quasiment un budget de gauche.
03:31Donc, ils ne peuvent pas voter ça, opposition de principe posée.
03:35Et après, dans les votes, on verra tout à l'heure le résultat, quand on se mettra à décrypter le résultat,
03:41on verra s'il y a autant de gens qui s'abstiennent, s'il n'y a pas quelques pours, s'il y a quelques contres pour le principe.
03:46Et l'équilibre général recherché, je pense, à la fin, par Laurent Wauquiez et par Édouard Philippe,
03:51et si je vous le dis, je pense, c'est aussi, parce que je peux vous le relayer par des confidences,
03:57c'est qu'à la fin, ils vont faire en sorte que ça passe.
03:59Et ça, c'est quand même...
04:00Voilà, c'est-à-dire qu'il y a le message de façade.
04:02Le message de façade, c'est impossible, ce budget, c'est l'horreur absolue.
04:05C'est tout l'inverse de ce qu'on pense, ce qui est vrai.
04:07Et après, la volonté quand même de ne pas être tenue pour responsable,
04:13d'être à l'origine d'un chaos politique,
04:15ou en tout cas d'une situation qui semble totalement impossible
04:18si on n'arrive pas à faire adopter un budget.
04:20Très franchement, je ne vais pas me lancer dans les explications sur les scénarios
04:23si ce soir, le budget de la Sécu n'est pas adopté,
04:28parce que c'est extrêmement compliqué.
04:30Et on se retrouve dans une situation où les premiers qui vont être très, très lassés de la situation,
04:35ce sont les Français.
04:36Alors, on a un gouvernement qui est plus tourné vers la droite,
04:40vers le centre et la droite,
04:42et on a plutôt des voix de gauche qui vont peut-être lui permettre d'adopter ce budget.
04:48On va écouter Cyrielle Châtelain, qui était sur notre antenne il y a quelques minutes,
04:54qui explique que pour son abstention, elle a obtenu quelques garanties.
04:58Le gouvernement voulait faire des économies sur la santé,
05:01nous, on voulait faire plus d'argent pour la santé.
05:03Quand on cherche un compromis, en fait, finalement, le milieu qui est de dire au moins de garantir des moyens constants,
05:09c'est ce qui nous semble être l'élément de compromis.
05:12Ce n'est pas suffisant.
05:14Mais au moins, nous avons garanti que les médecins, les soignants, de manière générale,
05:18ne feront pas le même travail avec moins d'argent.
05:19Cette abstention-là, on n'en avait jamais parlé avant, Olivier ?
05:25Non, effectivement.
05:26Et en plus, c'était une vraie inconnue, la position des écologistes,
05:30parce qu'en général, et jusque-là, ils sont contre, contre, contre et contre.
05:33Et là, il y avait une vraie inconnue pour le gouvernement sur cette position.
05:37Il y a eu ce geste, effectivement, de remonter le budget,
05:40qui est globalement le budget de l'hôpital, pour obtenir leur vote,
05:43au risque, et ça, on va voir tout à l'heure,
05:46au risque, quand même, de voir si certains votes vont manquer
05:50dans ce qu'on appelle le bloc central.
05:53C'est quand même important, parce que ça veut dire que les écologistes,
05:57qui, effectivement, jusque-là, étaient dans une opposition,
05:59et notamment parce qu'ils ne voulaient jamais trop s'éloigner de la France insoumise,
06:04prennent un peu en autonomie, sont sûrs.
06:07Alors, ils ne sont pas comme les socialistes, ils ne vont pas voter pour,
06:09mais ils vont s'abstenir.
06:10Ça marque quand même un petit virage.
06:12Et puis, je pense qu'ils ne veulent pas aller aux élections,
06:14ils ne veulent pas entendre parler d'une dissolution, aussi, pour dire les choses.
06:17Justement, donc, vous disiez que les socialistes vont voter pour,
06:22et ça, c'est quand même un séisme,
06:26puisque, jusqu'à présent, quand on votait pour un gouvernement,
06:30ça veut dire qu'on était dans la majorité,
06:32et quand on votait contre, ça définissait, en fait, l'opposition.
06:36On va écouter Boris Vallaud, le patron des députés PS, sur ce sujet.
06:39Une opposition responsable de chacun de ces actes,
06:43qui peut faire et défaire les majorités,
06:46faire et défaire les gouvernements,
06:49faire et défaire les budgets.
06:51Une opposition, néanmoins,
06:53déterminée à combattre la politique d'Emmanuel Macron,
06:56dont nous dénonçons depuis le premier jour,
06:59la brutalité.
07:00Et tant pis, si certains font feu aujourd'hui sur nous,
07:03comme ils le faisaient hier,
07:06feu sur Léon Blum,
07:08car pour cela, gouverner, c'est trahir,
07:10même quand on ne gouverne pas.
07:13Ça, Christophe Barbier, c'est une petite révolution.
07:16Oui, c'est une révolution tactique et même stratégique chez les socialistes.
07:19En effet, quand on vote un budget, c'est qu'on appartient à la majorité,
07:22sauf qu'il n'y a pas de majorité depuis 2024,
07:24donc ils ne se sentent pas tenus.
07:26Par ailleurs, c'est le budget de la Sécu,
07:27ce n'est pas encore le budget de l'État.
07:28Celui-là, dans quelques jours, sera autrement plus compliqué à faire adopter.
07:32Mais les socialistes sont en train de cranter autre chose.
07:35Le retour à la culture du gouvernement.
07:36Nous sommes un parti responsable.
07:38Nous sommes un parti qui veut rapporter du gibier à ses électeurs.
07:41On leur apporte toute fumante la réforme des retraites de bornes qui est suspendue.
07:45On leur apporte l'abandon des franchises médicales qui devaient augmenter, etc.
07:49Nous sommes un parti qui apporte du concret par rapport à LFI,
07:53qui est un parti qui apporte du rêve révolutionnaire qui ne verra jamais le jour.
07:56Donc ça, c'est une véritable rupture.
07:58À bas mot, parce que s'il y avait une dissolution,
08:00les socialistes seraient bien obligés de refaire une alliance de type NUPES-Nouveau Front Populaire.
08:05Mais c'est une véritable rupture.
08:07Les socialistes se tournent vers 2027 en disant aux Français, aux Français de gauche, aux Français populaires,
08:12vous pourrez voter pour nous, vous aurez du concret, vous aurez un parti responsable.
08:16C'est le début du retour d'une gauche type Jospin ou Hollande.
08:21Nicolas Bouzou, vous vous considérez, vous voyez un petit peu sceptique ?
08:26Dans la tactique, dans la tactique.
08:27Dans la tactique ?
08:28Sceptique pas à l'égard de ce que dit Christophe Varnier, mais sur le fond.
08:31Bon, écoutez, il m'avait semblé que le principal objectif de ce gouvernement,
08:34c'était de réduire les déficits publics et notamment les déficits sociaux,
08:37ce qui me semble en effet une idée tout à fait indiquée,
08:40parce que je pense qu'on a un vrai...
08:41Et pas seulement, de fournir un budget finalement.
08:43On a un vrai problème, exactement.
08:45Et en réalité, qu'est-ce qui s'est passé ces dernières semaines ?
08:47Toutes les négociations dont on parle,
08:49elles ont porté sur, au fond, des réductions de dépenses
08:51qui ont été, les unes après les autres, annulées.
08:54Donc vous avez la suspension de la réforme des retraites.
08:56Vous aurez quand même rappelé que notre système de retraite, il est en déficit.
08:59Donc on suspend une réforme dont le seul tort a été d'être insuffisante
09:04pour remettre le système à l'équilibre.
09:06Et on remet le débat un peu plus tard pour que ce soit finalement les anciennes qui franches.
09:10Très bien. Sur la question de la santé, où on avait aussi un déficit,
09:14on avait cette histoire des franchises médicales, c'est passé à la trappe.
09:17Et donc on finance tout ça par une hausse de la CSG,
09:20une hausse de la fiscalité sur le capital.
09:22Donc vous voyez quand même que, si je regarde les choses du strict point de vue financier,
09:27cette promesse qui était de réduire les déficits publics
09:30et de commencer à nous remettre sur une trajectoire financière soutenable,
09:34tout ceci est passé à la trappe sur l'autel de la stabilité.
09:38Et c'est vrai, de mesures de gauche, et je comprends que Boris Vallaud, honnêtement,
09:44enfin je veux dire...
09:45Votre pour.
09:45Enfin, très honnêtement, ce budget, ce sont les propositions des propositions social-démocrates,
09:51si vous voulez, de centre-gauche.
09:52Donc oui, il est normal qu'il vote pour.
09:54Oui, moi je pense que le PS a effectivement fait un bon choix tactique, ça c'est vrai.
09:59Il a permis, grâce à Sébastien Lecornu,
10:02il a pu prendre ses distances avec la France insoumise,
10:04ce qui était le principal but de cette opération.
10:07En revanche, sur le plan idéologique,
10:10on reste sur un PS qui est très...
10:13On augmente les impôts, enfin c'est principalement de la taxation, etc.
10:17Les économies, il n'y a pas le début d'une économie dans ce qu'ils ont proposé ou fait voter.
10:21Donc il n'y a pas non plus, on ne retrouve pas une sociale-démocratie responsable
10:25et qu'on avait pu connaître avant.
10:28Il y avait des budgets quand même, ils étaient capables de baisser des budgets de l'État,
10:33sous Hollande comme sous Jospin.
10:36Là, ce n'est pas du tout le cas.
10:38On a une vieille gauche quelque part.
10:40Le PS ne s'est pas renouvelé sur le plan idéologique à cette occasion-là.
10:43Ils font un bouger tactique, mais ne bougent pas sur le plan des idées.
10:46On garde un oeil, évidemment, sur l'Assemblée Nationale,
10:49mais ça va être l'heure du rappel des titres de Nathalie Michet.
10:54On refait le monde sur RTL.
10:57Avec...
10:58La marche ou le vélo.
11:00RTL.
11:02Il est 19h30.
11:04Anne-Sophie Lapix.
11:05On refait le monde sur RTL.
11:07Le rappel des titres avec Nathalie Michet.
11:08Un vote imminent à l'Assemblée Nationale sur le projet de budget de la Sécurité Sociale.
11:13Les élus ont largement validé, il y a un peu plus d'une heure, le volet dépense.
11:17Mais le vote solennel sur l'ensemble du texte pourrait se jouer à quelques voix près.
11:22Le groupe LR annonce choisir l'abstention de même que les écologistes.
11:27Une association féministe annonce portée plainte contre Brigitte Macron.
11:31L'association Les Tricoteuses Hystériques accuse la première dame de mépris.
11:35Réaction à ses propos jugés insultants contre des activistes
11:38qui ont interrompu le spectacle du comédien Harry Habitant.
11:42Le parquet de Paris ouvre une enquête pour violences volontaires
11:45après des faits de maltraitance contre un enfant suivi par l'aide sociale à l'enfance.
11:50Dans une vidéo tournée en février, on voit des animateurs d'un foyer parisien
11:54tondre la tête du petit garçon contre son gré.
11:57La ville de Paris dénonce un acte de violence et d'humiliation.
12:01Le football, la Ligue des champions à vivre gratuitement et sans interruption
12:05ce soir sur RTL.fr et l'appli mobile de RTL dès 20h45.
12:10Monaco reçoit Galatasaray et l'OM joue en déplacement en Belgique contre l'Union Saint-Géloise.
12:16Merci Nathalie, on vous retrouve à 20h.
12:17On continue de suivre ce qu'il se passe à l'Assemblée alors que le vote sur le budget
12:30de la Sécurité sociale devrait intervenir dans une dizaine de minutes.
12:34On a vu quels étaient ceux qui allaient s'abstenir, ceux qui allaient voter pour.
12:38On va voir ceux qui vont voter contre et qui pour le coup n'ont pas changé d'avis.
12:42On le fait avec nos invités, Christophe Barbier, éditorialiste politique,
12:46Nicolas Bouzou, économiste, directeur d'études du cabinet de conseil Asterès
12:50et Olivier Bost, chef du service politique de RTL.
12:53On refait le monde sur RTL.
12:57Le groupe parlementaire insoumis dans son intégralité votera contre ce budget
13:01notamment parce qu'il contient encore de nombreuses horreurs.
13:04Je vous en cite quelques-unes qui consistent toujours à faire payer les malades
13:09sur le dos de la Sécurité sociale et des cadeaux qui ont été faits aux plus riches et aux multinationales.
13:14Je le dis très solennellement, aucun député qui se dit de gauche ne peut accepter cela.
13:20Mathilde Panot, la patronne des députés LFI, ça a le mérite d'être clair.
13:24Quand on est de gauche, on ne peut pas accepter cela.
13:28C'est le démantèlement du nouveau Front populaire.
13:32Il y a les socialistes qui vont voter pour, les écologistes qui vont s'abstenir
13:36et LFI qui va voter contre, comment pourrait-il un jour de nouveau s'entendre, Christophe Barbier ?
13:40S'il y a une dissolution, sauver son siège sera l'argument qui passera par-dessus tous les autres.
13:45Rappelez-vous comment après le 7 octobre 2023, c'était un chemin sans retour,
13:49ils étaient définitivement froissés et en 48 heures après la dissolution du 9 juin 2024,
13:54le Front populaire s'est reconstitué.
13:56Là, il s'éloigne quand même.
13:57Là, il s'éloigne, mais pas parce qu'ils sont en train de disloquer le Front populaire,
14:01c'est parce qu'ils sont en train de préparer la présidentielle, tous.
14:04Et évidemment, Jean-Luc Mélenchon a besoin d'incarner la radicalité révolutionnaire.
14:08Il lui faut pour cela, bien sûr, défier le macronisme, défier la droite,
14:12mais aussi écraser ses partenaires.
14:14D'ailleurs, ça se retrouve aussi dans une franche hostilité LFI au municipal,
14:18dans les villes de gauche où il y a des maires sortants.
14:21Les écologistes, eux, jouent en permanence les allers-retours.
14:24Ils sont avec le PS dans les négociations avec le gouvernement
14:27et souvent avec LFI dans la radicalité des positions.
14:31Ils ont voté la censure au début de le cornu avec LFI,
14:33mais ils sont allés négocier quand même avec les socialistes à Matignon.
14:37Ce côté ambivalent des écolos leur a permis de voter non la semaine dernière
14:40et de s'abstenir aujourd'hui,
14:42de condamner le gouvernement la semaine dernière
14:44et de sauver le budget cette fois-ci.
14:46Les socialistes, eux aussi, tournés vers 2027,
14:48reconstruisent quelque chose qui ressemble à une sociale démocratie raisonnable de progrès.
14:54Olivier Faure joue gros.
14:55Parce que si ça passe là, si ça passe sur le budget de l'État,
14:59il pourra en effet se tourner vers la France de gauche en disant,
15:02vous voyez, il y a quelque chose qui s'appelle un socle
15:04qui a été posé à notre reconquête.
15:07Ça sera une mauvaise nouvelle d'ailleurs pour Raphaël Glucksmann
15:09qui pensait bien que sur les ruines du PS,
15:11il pourrait creuser une voie nouvelle.
15:12C'est pour vous dire, même François Hollande ce matin sur RTL
15:14a dit du bien d'Olivier Faure.
15:15Ça n'est pas arrivé depuis assez longtemps.
15:17D'accord, c'est un vrai signe.
15:19Donc dislocation un peu de l'union de la gauche
15:21et puis dislocation du socle commun aussi, Nicolas Bouzou.
15:24Que reste-t-il du socle commun ?
15:26Alors déjà, c'est un socle à gauche qui a été acheté,
15:29mais qui a été acheté à crédit, donc quand même tout ça.
15:31Non, non, mais je veux dire qu'on parle beaucoup
15:33Acheté donc par Sébastien Géthornu avec toutes ses mesures.
15:36C'est très important, on vit là-dedans en ce moment,
15:38donc c'est très important d'en parler,
15:40mais il faut bien voir que, en fait,
15:41c'est quand même une partie relativement facile
15:43qui consiste, notamment pour la gauche,
15:46à enlever tous les irritants
15:47et à les faire financer par la dette
15:49ou par des augmentations d'impôts.
15:51Le socle commun, c'est une vraie question.
15:53Moi, je me la pose à titre personnel.
15:55C'est-à-dire, je veux dire,
15:55si j'étais moi-même député du socle commun,
15:57ce qui serait a priori ma destination naturelle
16:00si j'étais député,
16:01est-ce que je me serais abstenu
16:03ou est-ce que j'aurais voté contre ce budget ?
16:06Je pense que, comme beaucoup de députés,
16:07j'aurais été viscéralement contre
16:08parce que je pense qu'il est mauvais,
16:09mais je me serais abstenu
16:10parce que le problème, on le voit bien,
16:12c'est qu'il n'y a pas d'alternative.
16:14C'est-à-dire qu'aujourd'hui, de toute façon,
16:15vous n'avez pas un gouvernement alternatif
16:17capable de s'appuyer sur une majorité alternative
16:20qui est capable de mettre le pays
16:22sur le chemin du redressement des comptes publics.
16:23Donc, on ne peut guère faire mieux
16:26que ce qu'on fait,
16:27c'est-à-dire essayer de bricoler
16:29de façon plus ou moins heureuse
16:31en espérant qu'il n'y aura pas
16:33de crise financière d'ici 2027
16:35et en espérant,
16:36ça fait voyer beaucoup d'espérance,
16:37je ne sais pas si elles seront toutes satisfaites,
16:39que nous aurons quelqu'un qui sera élu
16:42et qui fera ce job de restauration
16:43de nos finances publiques.
16:44Qu'est-ce qui vous irriterait le plus
16:46si vous étiez un député ?
16:47Très clairement, la suspension de la réforme des retraites.
16:49Je vais vous dire pourquoi.
16:50C'est que la France, c'est un pays
16:52dans lequel il est toujours plus compliqué qu'ailleurs
16:54de réformer les retraites.
16:55Ça a toujours été le cas.
16:56Mais, par le passé,
16:58une fois qu'on avait fait la réforme des retraites,
17:00tout le monde l'oubliait,
17:01on n'y revenait pas.
17:02Là, je dois dire que nous avons inventé...
17:03Elle s'appliquait aussi sur le temps long.
17:06Certes, mais celle-là...
17:07L'allongement de la durée de cotisation.
17:09Mais là, on a inventé une espèce de masochisme
17:12qui consiste à revenir sur une réforme
17:14qui en plus avait mis des millions de personnes
17:15dans la rue.
17:17Et donc là, si vous voulez,
17:18je trouve que c'est un gâchis absolument insupportable.
17:21sachant que, de toute façon,
17:23on y reviendra dans l'autre sens.
17:25C'est quand même ça ce qu'il faut bien dire.
17:27La France ne peut pas être le seul pays au monde
17:30qui aille à l'inverse des lois de la démographie.
17:32Ça n'existe pas.
17:33Sauf à baisser les pensions de retraite.
17:35Alors, bien sûr.
17:36Vous avez raison, bien sûr.
17:38Pardonnez-moi de m'avoir dit,
17:39mais personne ne le veut.
17:40Et je pense que le Parti Socialiste,
17:42la gauche ne veut pas ça non plus.
17:44Donc, ce que dit Olivier Boss tout à l'heure,
17:46je trouve que c'est une idée très importante.
17:48cette idée que la gauche,
17:49mais on pourrait faire la même remarque de la droite,
17:51pour être tout à fait honnête,
17:52n'a pas du tout investi intellectuellement
17:55dans ce que pourrait être l'État demain,
17:58la sécurité sociale demain,
18:00les questions de la prévention,
18:01de la réorganisation de l'hôpital,
18:02de l'articulation entre les soins de vie
18:04et l'hôpital,
18:04de l'articulation entre l'assurance maladie
18:06et les complémentaires santé.
18:07Ce sont des sujets absolument passionnants.
18:09Je suis sûr que ça vous intéresserait,
18:10vous, médias journalistes,
18:11parce que ça engage véritablement les Français.
18:13Vous n'avez aucun investissement des partis politiques
18:16sur ce type de sujet.
18:17Donc, on bricole.
18:17On va faire une petite pause maintenant,
18:19parce que quand on reviendra,
18:21ce sera le moment du vote
18:22et on voudrait le vivre en direct avec vous sur RTL.
18:25A tout de suite.
18:26Jusqu'à 20h,
18:28Anne-Sophie Lapix refait le monde sur RTL.
18:31À demain.
18:34RTL, on refait le monde.
18:36Anne-Sophie Lapix.
18:37On refait le monde et on s'intéresse au vote
18:40qui devrait avoir lieu dans quelques secondes.
18:42Je me fais durer le plaisir,
18:44mais à l'Assemblée,
18:46ça aurait dû être là maintenant.
18:47Alors, ça s'éternise un petit peu encore
18:48les discours pour expliquer le vote de chacun,
18:52le vote sur le budget de la Sécu.
18:55Et on en parle avec nos invités,
18:58Christophe Barbier, éditorialiste politique,
19:00Nicolas Bouzou, économiste et directeur d'études
19:03du tabiné de conseil Asterès,
19:04et Olivier Bost,
19:06chef du service politique de RTL.
19:08Je vous propose de partir tout de suite à l'Assemblée,
19:11retrouver Arthur Bélier.
19:13Arthur, mais quand est-ce qu'on vote ?
19:15Alors, c'est une question de minutes.
19:18Anne-Sophie, le dernier député est en train de s'exprimer.
19:21C'est un député communiste qui annonce que son groupe,
19:24en grande majorité, votera contre.
19:26Un dernier député.
19:27Ensuite, très certainement,
19:29que la ministre des Comptes Publics, Amélie de Montchalin,
19:32prendra la parole peut-être quelques minutes,
19:33puis on passera au vote.
19:35Ce vote, toujours aussi incertain
19:37sur l'ensemble du budget de la Sécurité sociale.
19:40Donc, suspense, toujours aussi maximal.
19:44Donc, suspense sur le moment de ce vote
19:47et sur le résultat.
19:48Est-ce qu'on sait combien il va coûter
19:51ce budget de la Sécurité ?
19:52Quel est le montant du déficit ?
19:54Parce qu'au début, on visait 17 milliards et demi,
19:57ensuite, c'était 20, on a parlé de 22.
19:59Il y a une partie aussi du déficit
20:01qui a été refilé au budget de l'État.
20:03C'est ça, Nicolas ?
20:04Absolument.
20:05On sera à 20 milliards, à peu près, de déficit.
20:08Et ce qu'il faut vraiment comprendre,
20:09c'est qu'il n'y a aucune raison
20:10pour que la Sécurité sociale soit en déficit.
20:13Aucune.
20:13Enfin, je veux dire, la maladie, les retraites,
20:16le chômage, ce sont des dépenses sociales.
20:18Il n'y a pas d'investissement là-dedans, si vous voulez.
20:20Donc, autant, au sein du budget de l'État,
20:22on peut comprendre qu'à certaines périodes,
20:24il y a des déficits, etc.
20:25Mais sur le fond, il n'y a aucune raison
20:27que la Sécurité sociale soit en déficit.
20:29J'ajoute qu'il n'y a pas d'événement exceptionnel
20:31qui justifie ça.
20:32Il n'y a pas eu une pandémie particulièrement forte.
20:34On a un taux de chômage qui augmente un tout petit peu,
20:37mais qui reste quand même contenu.
20:38Donc, vous n'avez pas d'événement économique ou sanitaire
20:40ou ce que vous voulez qui justifierait ce déficit.
20:43On rappelle quand même que Sébastien Lecornu
20:45avait demandé un rapport pour estimer ce que ça coûterait
20:49si ce budget de la Sécurité sociale n'était pas voté.
20:52Et on avait parlé de 30 milliards de déficit.
20:54Oui, absolument.
20:55Parce qu'il y a quand même de toutes petites mesures
20:57qui vont dans le sens de la réduction du déficit.
21:01Notamment une augmentation d'une partie de la CSG.
21:03D'ailleurs, au passage, vous allez dire que je critique beaucoup,
21:05mais la CSG qui était un impôt simple,
21:06on est en train de le compliquer
21:07en en faisant des espèces de couches.
21:09C'est-à-dire que vous avez une partie
21:11des revenus assujettis à la CSG.
21:13Et je vous coupe !
21:14Majorité 241 pour 247 contre 234.
21:19L'Assemblée nationale a adopté.
21:22L'Assemblée nationale...
21:24Je vous remercie, la séance est suspendue.
21:26L'Assemblée nationale vient d'adopter le budget de la Sécurité sociale.
21:31On retrouve tout de suite Arthur Bélier sur place.
21:34Est-ce que vous pouvez nous dire le détail de ce vote ?
21:36Et oui, ça passe à 7 voix près à rien du tout.
21:417 voix de marge, 241 voix pour 234.
21:46Compte cette petite voix de marge pour Sébastien Lecornu
21:49et son budget de la Sécurité sociale.
21:51Au bout d'un suspense intenable,
21:53jouant avec les nerfs du gouvernement,
21:55des ministres, des députés,
21:56et il faut dire de nous tous, journalistes,
21:58réunis à l'Assemblée.
22:00Le budget de la Sécurité sociale est donc adopté
22:02en deuxième lecture à l'Assemblée
22:04par un hémicycle quasiment plein.
22:07573 votes exprimés sur 570...
22:10Enfin, 573 votes, pardon.
22:12Il y a aussi des abstentions sur 577 députés.
22:15Donc l'hémicycle était quasiment plein.
22:17Sébastien Lecornu réussit donc ce soir son pari.
22:20Le pari du compromis, de la négociation permanente,
22:24acharnée avec les socialistes notamment,
22:26mais aussi avec ses propres troupes de droite d'horizon
22:29qui ont rechigné au dernier moment à voter ce budget.
22:32Et puis négociation aussi, on l'a vu cet après-midi,
22:34avec les écologistes, quelque peu oubliés,
22:36mais dont il a su rattraper l'abstention au dernier moment.
22:40Ce soir, personne n'est heureux de ce budget.
22:42On l'a bien entendu dans les positions des présidents de groupe tout à l'heure.
22:46Mais il est adopté et la méthode Lecornu est adoubée.
22:49Merci beaucoup Arthur.
22:51On a pu vivre donc ce moment en direct,
22:53cette annonce par la présidente de l'Assemblée nationale,
22:55Yael Brunpivet, du résultat,
22:57et donc de l'adoption du budget de la Sécu.
23:01Olivier Boss, vous pouvez revenir sur le détail ?
23:03C'est peut-être un petit peu plus que ce que disait Arthur ?
23:06Oui, en fait, il fallait...
23:08241 voix pour que ça soit adopté.
23:11Il y a eu 247 pour, 234 contre.
23:15Ce qui nous fait donc 13 voix de différence.
23:18C'est à peu près une centaine d'abstentions.
23:21Donc, la centaine d'abstentions est importante
23:23puisqu'elle faisait baisser le niveau pour la majorité.
23:27Et donc, c'est effectivement une majorité pour...
23:31Alors, ce n'est pas très large.
23:32Si ça avait été un gouvernement, entre guillemets, avec une majorité,
23:37s'il avait senti un vote comme celui-là,
23:39il aurait déclenché le 49-3.
23:41On ne prend pas ce type de risque.
23:43Donc là, c'est vraiment un vote chaud.
23:46Alors, c'est un vote qui est intéressant
23:47parce que c'est un vote qui, finalement, va provoquer plus de soulagement que de bonheur.
23:53Oui, c'est ça. Personne n'a vraiment gagné, ça.
23:54C'est le budget de personne, en fait.
23:56Personne ne va se mettre à applaudir.
23:58Personne ne va vraiment revendiquer ce budget
24:00en dehors des petites victoires dont on parlait
24:02pour le Parti Socialiste de manière très spécifique.
24:04Mais je ne pense pas que non plus, ils se mettent à fanfaronner.
24:07Et ça, c'est intéressant parce que c'est la première fois.
24:10C'est quand même un moment inédit.
24:12Avoir un budget voté avec une partie de ce qu'on peut considérer comme l'opposition,
24:16ça ne s'est jamais produit.
24:18Et sans même une partie de la pseudo-majorité, en tout cas du socle commun.
24:22Voilà, exactement.
24:22Et la grande question maintenant, c'est est-ce que ça crée quelque chose,
24:26une dynamique, qui est une dynamique qui peut être intéressante
24:28et même qui peut nous amener jusqu'à 2027
24:30parce qu'en 2027, il n'est pas sûr que le président ou la présidente élue
24:33ait une majorité.
24:34Et peut-être que le fonctionnement qu'on vient de connaître ce soir
24:37sera celui des mois et des années qui viennent.
24:41et peut-être que ce soir, on vient de vivre quelque chose.
24:44Il y a beaucoup de peut-être, mais c'est quand même intéressant
24:48parce que c'est inédit.
24:50Ça, on ne peut pas dire autre chose.
24:51Ce qu'on vient de vivre est inédit, d'avoir un budget adopté
24:54avec une part de l'opposition et avec un assemblage qui est très hétéroclite.
24:58Christophe Barbier, ça reste quand même une petite victoire pour Sébastien Lecornu.
25:02C'est le seul à avoir vraiment marqué un point.
25:04On se retrouve à peu près avec l'écart qu'il y avait eu en première lecture.
25:07C'était un peu plus, mais il y a des députés qui s'étaient trompés de vote.
25:11Donc, on avait cru ça à peu près 13 voix d'écart.
25:14Mais ça a été très acrobatique pour retomber sur ce résultat-là
25:18compte tenu de l'agressivité qu'on écrivait d'horizon,
25:21compte tenu des états d'âme à gauche et notamment chez les écologistes.
25:24Oui, pour Sébastien Lecornu, c'est une petite victoire,
25:27sauf qu'elle ne sert pas à grand-chose.
25:29Parce que le match, c'est le budget de l'État.
25:31C'est-à-dire que si ce soir, il avait perdu, il perdait tout.
25:34Il y avait un effet de domino.
25:35Si elle sert à quelque chose, c'est qu'elle valide sa méthode quand même.
25:37Elle valide sa méthode.
25:38C'est quoi d'ailleurs ? Comment maintenant on peut définir la méthode ?
25:40C'est la méthode du compromis par le quoi qu'il en coûte.
25:43Et autant le compromis s'est plébiscité par les Français,
25:46parce qu'ils reconnaissent l'honnêteté, la bonne volonté de Sébastien Lecornu,
25:50qui se décrète comme le Premier ministre le plus faible de la Ve République,
25:53qui a renoncé au 49-3.
25:55Et honnêtement, il va chercher une à une les voies dans cet esprit de compromis.
26:00Mais c'est du quoi qu'il en coûte.
26:01C'est-à-dire qu'il cède quand même chaque jour un peu plus.
26:04Ce n'est pas seulement ça la méthode de Sébastien Lecornu.
26:06Pour moi, c'est aussi le fait d'avancer au fur et à mesure,
26:10de ne pas avoir de deal avant,
26:11ce qui est normalement dans le type de parlementarisme dans lequel on est.
26:18Et dans les autres pays, il y a des deals avant sur les votes.
26:22Là, il avance.
26:23C'est vraiment une méthode très originale et risquée.
26:25On le voit ce soir.
26:26Il avance petit à petit.
26:28Il discute.
26:29Il y a des gains.
26:30Il en donne à certains, etc.
26:32C'est ça qui l'amène à céder beaucoup, peut-être.
26:34Ce côté pas à pas.
26:35À chaque pas, il doit acheter le pas suivant.
26:37Oui, mais personne n'a envie de discuter avant.
26:40Nicolas Bouzou, on ne peut pas faire des économies
26:42quand on n'a pas de majorité, en fait.
26:43C'est ça l'idée.
26:44Quand on n'a pas un soutien fort du pays.
26:47Alors, écoutez, je vous confirme que ce n'est pas ce qu'on est en train de faire.
26:50Mais la méthode Lecornu, très bien, elle a marché ce soir.
26:55Le vrai test, ça va être dans quelques jours, avec le vote du budget de l'État,
26:58qui est un morceau plus gros.
27:00Mais surtout, avec des débats parlementaires qui ont été beaucoup plus vifs
27:05et beaucoup plus clivés que lors du débat sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
27:10Souvenez-vous, par exemple, la gauche qui a voté énormément d'impôts.
27:15Le Rassemblement National en a voté pas mal aussi.
27:17Ça avait créé beaucoup de débats il y a quelques semaines.
27:20Donc, on voit que l'engagement des députés a été beaucoup plus fort
27:24concernant l'État que la Sécurité sociale.
27:27Donc, le vrai sujet, ça va être là.
27:30Et je ne vois pas comment on pourra éviter, au bout du compte, un 49.3.
27:36Vous n'êtes pas le seul.
27:37On va écouter l'ancien président François Hollande,
27:40et aujourd'hui député socialiste, au micro ce matin de Thomas Soto sur RTL.
27:44Quand on est dans cette situation, je l'ai annoncé, je pense que la meilleure des façons
27:49de faire passer ce budget, c'est le 49.3.
27:51La meilleure des façons, c'est de mettre chacun devant sa responsabilité.
27:55Il y aura un budget, ça sera celui du gouvernement.
27:57Nous le contesterons, nous le critiquerons.
27:59Les Français auront à délibérer en 2027,
28:02mais nous n'empêcherons pas la France d'avoir des dépenses publiques
28:05qui soient, pour les Français, une façon de garantir leur avenir.
28:08Sauf que Sébastien Lecornu s'est engagé à ne pas utiliser le 49.3.
28:14Est-ce qu'on peut revenir sur un tel engagement ?
28:17Lui, non.
28:18Mais les socialistes, oui.
28:19C'est les socialistes qui ont obtenu de Sébastien Lecornu.
28:22C'était une victoire fondamentale.
28:23C'est pour ça qu'ils ne l'ont pas censuré.
28:24Le renoncement au 49.3.
28:26Donc le 49.3, qui est une arme gouvernementale,
28:29un revolver de l'exécutif,
28:31il est passé dans la poche du Parlement.
28:32Il est dans la poche des socialistes.
28:33C'est-à-dire que les socialistes vont devoir implorer Sébastien Lecornu ?
28:37Mais autoriser.
28:39Les socialistes, s'ils veulent aller au bout de leur travail raisonnable
28:42de dotation d'un budget pour la France,
28:45quand le budget de l'État arrivera,
28:46ils auront gagné plein de choses dans ce budget de l'État.
28:49Pas tout.
28:49Ils auront des gains.
28:50Ils pourraient dire à Sébastien Lecornu,
28:53compte tenu de l'ambiance et de l'urgence,
28:55on t'autorise le 49.3.
28:57Ça veut dire quoi le 49.3 ?
28:58Il y aura immédiatement une motion de censure,
28:59et même plusieurs.
29:00Donc qui va la voter, qui va pas la voter ?
29:02Et plein, ça sera celle de LFI, communiste, écologiste, RN.
29:06Et c'est tout.
29:07RN et Ciotti.
29:08Et ça, on l'a vu lors de l'investiture de Sébastien Lecornu,
29:11ça ne fait pas une majorité de 289 censeurs.
29:14Et donc, le PS aura les mains propres,
29:16il n'aura pas voté ce budget de l'État
29:17dans lequel il n'aura pas toutes ses satisfactions,
29:21mais il n'aura pas provoqué de crise gouvernementale.
29:23Et Sébastien Lecornu aura tenu sa promesse,
29:26je ne déclenche pas le 49.3,
29:28c'est le PS, l'opposition, qui l'y aura autorisé.
29:30Je fais de la politique fiction.
29:32Je vais même vous dire, je fais de la cinquième république fiction, là.
29:35Mais c'est un peu ce qu'on est en train tous de faire,
29:38c'est une boîte à outils imaginaire.
29:40Parce que les socialistes se disent que le 49.3,
29:42c'est mieux que les ordonnances,
29:44c'est mieux que la loi spéciale aussi ?
29:47Franchement, le trajet, s'il n'y a pas de budget adopté,
29:53c'est compliqué.
29:53Ça veut dire qu'on se retrouve au début de l'année prochaine.
29:57Après, il y a un délai avec les élections municipales,
30:00parce qu'il y a un moment où l'Assemblée nationale ferme,
30:02on n'aura donc pas de budget ni en janvier,
30:04ni en février, ni en mars.
30:05Et ça nous amène à beaucoup plus loin,
30:08et c'est très problématique.
30:09Le signal envoyé à ceux qui nous prêtent de l'argent,
30:12serait catastrophique.
30:14On a déjà été dégradé plusieurs fois ces derniers mois,
30:17ça pourrait continuer.
30:18Et après, derrière, il y a le coût de l'emprunt.
30:20Donc c'est une situation qui, à mon avis, est intenable.
30:23Ce qui est intéressant dans le 49.3,
30:25c'est qu'il y a des gens qui vont le réclamer
30:26pour des raisons différentes.
30:28Il y a ceux qui veulent faire tomber Sébastien Lecornu,
30:31qui veulent voter une censure.
30:33Il y a ceux qui, effectivement,
30:34vont vouloir se laver les mains, tel Ponce Pilate,
30:37pour dire, faites votre truc,
30:39ok, ce n'est pas notre responsabilité,
30:41mais au moins, ça sera fait,
30:43et je n'aurai pas les mains sales.
30:45Et puis, il y a ceux qui veulent un budget,
30:47notamment, aujourd'hui, le camp des socialistes.
30:50Et donc, ces trois intérêts-là
30:52font qu'effectivement,
30:55le 49.3 va redevenir peut-être un peu à la mode.
30:58Nicolas Bouzou,
30:59est-ce que les socialistes ont autant pesé
31:01sur le budget de l'État
31:02qu'ils l'ont fait sur le budget de la sécurité ?
31:04Non.
31:05Dans une première période, oui,
31:07mais comme le Sénat est à droite
31:09et a, entre guillemets,
31:11pardonnez-moi pour le terme,
31:12mais il est employé par les sénateurs,
31:13nettoyé une grande partie
31:15de ce qui avait été fait à l'Assemblée nationale,
31:16et c'est la raison pour laquelle,
31:17je pense que la droite aussi,
31:19sans le dire,
31:20n'est pas hostile à l'utilisation du 49.3.
31:22Parce qu'en réalité,
31:23ce budget de l'État,
31:24il ne plaît à personne,
31:26il n'a pas de marqueur fort.
31:27Le marqueur de la suspension des retraites,
31:29dans le cadre du projet de loi de financement
31:30de la sécurité sociale,
31:31pour le Parti socialiste,
31:32c'était un marqueur extrêmement fort.
31:33Donc, il est logique qu'il l'ait voté.
31:35Mais sur l'État,
31:36vous n'avez pas de marqueur aussi fort.
31:37Donc, vous avez un budget
31:38qui déplaît, grosso modo,
31:40à tout le monde,
31:41mais vous avez quand même,
31:42je pense,
31:43une majorité de parlementaires
31:45qui n'a pas envie
31:47de voir tomber le gouvernement,
31:48parce qu'on va rentrer,
31:49en plus,
31:49dans une période de campagne électorale
31:51avec les municipales,
31:52et après,
31:53on va enchaîner quasiment directement
31:54avec la campagne présidentielle.
31:56Et donc,
31:56je pense que les parlementaires
31:57n'ont pas envie
31:58d'ajouter une éventuelle
32:00élection législative là-dessus.
32:01Est-ce qu'on peut faire le pari
32:02qu'on aura un budget à Noël ou pas ?
32:04On est un petit peu obligés
32:06parce que c'est Noël
32:07ou loi spéciale.
32:08C'est le 23 décembre
32:09qu'il faut envoyer
32:10au Conseil constitutionnel
32:11cette copie.
32:12D'ailleurs,
32:13ça sera l'ultime suspense.
32:15C'est que cette copie budgétaire
32:16va être tellement bricolée,
32:17parfois tellement étrange,
32:20que le Conseil constitutionnel,
32:21alors là,
32:21ça sera plutôt le 30 ou le 31 décembre,
32:23pourrait bien la couper en morceaux.
32:25Merci beaucoup à tous les trois
32:27d'être venus débattre
32:28et d'avoir vécu
32:30ce moment d'histoire,
32:31en fait,
32:31en direct sur RTL
32:33dans RTL Soir.
32:35Il est l'heure
32:35de retrouver
32:36Éric Jean-Jean
32:37pour le très grand studio RTL.
32:39C'est une première,
32:40le très grand studio.
32:41Bonsoir,
32:42Éric Jean-Jean.
32:42Bonsoir,
32:43chère Anne-Sophie,
32:43vous allez bien ?
32:44Très bien.
32:45Et vous nous promettez
32:46une affiche de rêve ce soir.
32:47une affiche de rêve
32:48et quand même une vraie question
32:49que pose Benjamin Biolet
32:50depuis le début.
32:51Benjamin,
32:51tu me demandais
32:52si elle était là,
32:52Anne-Sophie Lapix.
32:54Mais elle n'est pas là,
32:55je ne la vois toujours pas.
32:56Je suis au-dessus,
32:57je suis à l'étage du dessus.
32:57C'est-à-dire qu'elle est au-dessus ?
32:58Bonsoir.
33:00Alain Souchon se pose la même question.
33:02Clara,
33:03Luciani,
33:03tu dis ?
33:04Est-ce que c'est la vraie ?
33:05Oui,
33:05c'est la vraie Anne-Sophie Lapix.
33:06Alors,
33:06comment le prouver ?
33:07Je ne sais pas.
33:08Il faut descendre.
33:08Tu vais descendre alors ?
33:10Oui,
33:10au-dessus.
33:12Tu vois,
33:12là,
33:12on est là
33:13et puis il y a le dessus.
33:15Elle a toujours été au-dessus.
33:18Où est Marine ?
33:19Bonjour Marine.
33:20Tu la connais,
33:21Anne-Sophie Lapix ?
33:21Non.
33:21Oui.
33:22Alors,
33:22j'ai l'intention,
33:23Anne-Sophie,
33:24j'ai l'intention de vous présenter
33:25aux artistes qui veulent tous vous voir.
33:27Donc,
33:28ce serait bien.
33:28Ça nous ferait plaisir
33:29que vous descendiez,
33:30Anne-Sophie.
33:30Je fonce.
33:31Alors,
33:31je ferme et je fonce.
33:33Comment,
33:33comment ?
33:34Non,
33:36Alain,
33:36non !
33:38J'ai loupé,
33:38j'ai loupé.
33:39C'est rien,
33:40c'est Alain qui fait l'imbécile.
33:42D'accord.
33:42En tout cas,
33:42on vous retrouve dans quelques secondes,
33:45dans quelques minutes
33:45pour le très grand studio d'RTL.
33:48RTL,
33:52votre radio.
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