- il y a 10 heures
Regardez "On refait le monde" avec Thierry Marx, Président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, Olivier Henno, sénateur Union centriste du Nord, rapporteur du projet de loi lutte contre les fraudes sociales et fiscales, Mathilde Piqué, journaliste au service économie de RTL, et Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de "L'Usine Nouvelle".
Regardez On refait le monde avec Vincent Parizot du 25 février 2026.
Regardez On refait le monde avec Vincent Parizot du 25 février 2026.
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00:02Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Vincent Parizeau.
00:07Oui, on refait le monde ce soir au moment où le projet de loi de lutte contre la fraude arrive
00:11à l'Assemblée.
00:12On se demande comment lutter plus efficacement contre l'un des aspects de la fraude,
00:18à savoir le travail non déclaré, le travail dissimulé, bref le travail au noir, sport national,
00:25qui coûterait à l'État 7 milliards d'euros par an.
00:29Alors, on en parle ce soir avec tout d'abord le rapporteur du texte au Sénat,
00:35sénateur de l'Union centriste du Nord, bonsoir Olivier Henault.
00:38Bonsoir.
00:39Merci d'être avec nous.
00:40Avec le directeur de la rédaction de l'Usine Nouvelle, bonsoir Emmanuel Duteil.
00:44Bonsoir.
00:45Avec le président de l'UMI, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, Thierry Marx, qui est
00:51à distance.
00:52Bonsoir Thierry Marx.
00:53La restauration étant considérée comme un secteur parmi d'autres,
00:57il y a le bâtiment ou autre, où l'on dit que le travail non déclaré est assez fréquent.
01:01Et puis avec Mathilde Piquet du service économie d'RTL.
01:10Travail non déclaré, vaste sujet, que tout le monde connaît.
01:14Et la vérité, c'est qu'on y a tous, de toute façon, été confrontés ou qu'on y a
01:19participé.
01:20Et après, c'est une question de volume.
01:22Écoutez ce professionnel du bâtiment qui fait de la rénovation.
01:25Il explique comment ça se passe.
01:27Ça va être très court.
01:28Comment ça se passe lorsqu'il arrive chez des clients qui l'ont contacté par le bouche à oreille.
01:32Ils ont eu mes coordonnées par une connaissance.
01:34La première phrase, c'est faites-moi un devis non déclaré.
01:37Ils préfèrent payer moins cher et même sans garantie plutôt que de donner à l'État.
01:41Tout le monde est content, sauf l'État.
01:43Voilà, tout le monde est content.
01:44Sauf l'État et l'État, c'est nous qui, rappelons-le, cherchons des milliards pour réduire nos déficits.
01:50Alors, on va dresser un état des lieux avant d'en parler tous ensemble.
01:53Avec vous, Mathilde Piquet du service économie d'RTL.
01:56Oui, alors la fraude au travail au noir, il faut savoir que c'est en fait la moitié de la
02:00fraude sociale.
02:01Vous l'avez dit, ça représente 7 milliards d'euros par an.
02:04Et c'est un tiers du déficit de la sécurité sociale.
02:07Donc, ce n'est pas négligeable.
02:08Les secteurs les plus touchés, on l'entendait, c'est le BTP, l'hôtellerie-restauration, on va en parler.
02:13Mais aussi les transports, la logistique par exemple.
02:16En fait, il y a plusieurs cas de figure possibles, plusieurs montages, si on peut dire, de travail au noir.
02:21Il y a le fait, effectivement, de dissimuler un emploi, donc de déclarer seulement quelques salariés.
02:27En fait, dans les faits, on en a beaucoup plus, de minorer aussi des heures travaillées.
02:32Et puis, il peut y avoir aussi des montages de sous-traitances assez complexes qui permettent d'échapper à la
02:38déclaration d'un emploi.
02:40Un des gros problèmes sur la fraude et le travail dissimulé, c'est le recouvrement.
02:46Quand on arrive à détecter ce travail au noir, l'histoire n'est pas finie.
02:50C'est-à-dire que l'URSSAF parvient à récupérer 1,5 milliard d'euros.
02:55Ça, c'est les chiffres publiés la semaine dernière pour l'année 2025.
02:58Au titre du travail dissimulé, on est donc bien loin des 7 milliards.
03:02Et ça, c'est effectivement le gros sujet auquel il va falloir s'atteler.
03:06C'est ce qui a été détecté, 1,5 milliard d'euros.
03:10Mais ce qui a été recouvré, c'est 150 millions d'euros.
03:14Soit 6%.
03:1710%.
03:17J'ai pris ma calculette.
03:19Mais c'est très peu.
03:20Et ça, c'est un autre problème.
03:22Et puis, il y a un problème aussi.
03:23Ça, c'est plus récent.
03:24C'est la déferlante des plateformes de vente chinoise qui a accéléré le phénomène.
03:28Oui, exactement.
03:29En fait, on voit vraiment une nouvelle donne arriver.
03:35Exactement.
03:36Avec les plateformes qu'on connaît, Chine, Temu, AliExpress.
03:39En fait, c'est lié au fonctionnement de ces plateformes.
03:41Elles recherchent une rentabilité à tout prix et maximale.
03:44Et donc, elles fonctionnent avec de nombreux sous-traitants sur le plan de la logistique en France.
03:50Elles fonctionnent avec 14 000 sous-traitants.
03:53Et selon le gouvernement, qui a calculé à partir d'un échantillon de ces salariés des 14 000 sous-traitants,
04:00presque la moitié de ces salariés ne sont finalement pas déclarés.
04:03Il y a aussi des heures de travail minorées.
04:05Donc, voilà, ça vous donne un peu l'idée de la pression, finalement, des exportateurs chinois
04:12et qui, derrière, mettent aussi la pression sur toute la chaîne de la concurrence.
04:17Emmanuel Dutey, est-ce qu'on s'attaque, on va venir évidemment sur le projet de loi,
04:21mais est-ce qu'on s'attaque à une montagne ?
04:23On s'attaque à un symbole.
04:24Et au moment où on cherche des dizaines de millions d'euros pour essayer de finir les fins de mois,
04:29il faut bien aller attaquer les symboles.
04:31Et puis, on envoie des signaux à la droite, voire à l'extrême droite,
04:34qui pensent qu'il y a des dizaines de dizaines de dizaines de milliards
04:38à aller chercher du côté de la fraude sociale.
04:40C'est un leurre, ça ?
04:42C'est un leurre.
04:42Votre journaliste, elle a donné l'état des lieux et c'est la réalité.
04:45On estime qu'au total, c'est 14 milliards.
04:47Alors, vous allez me dire, dans ces temps accrèles...
04:49Oui, on aimerait bien récupérer 14 milliards, quand même.
04:51Sauf qu'il faut faire très, très, très attention.
04:53C'est-à-dire qu'il y a deux systèmes de fraude.
04:55Là, on a parlé principalement du travail au noir.
04:56Donc, on pourrait dire que c'est principalement du côté des entreprises.
05:00Et c'est là où, dans tous les cas, il y a le plus d'argent à aller chercher.
05:02Le problème, c'est que ça paraît très simple de dire,
05:05il y a du travail au noir, allez hop, on tape la ligne là.
05:07Le problème, c'est que c'est très organisé.
05:09Il y a beaucoup d'entreprises qui vont fermer du jour au lendemain.
05:12On ne va pas réussir à les retrouver.
05:14Est-ce que là aussi, vous donniez les chiffres du recouvrement ?
05:16On pourrait se dire, attendez, on détecte, donc on devrait recouvrer.
05:18Moi, quand je me fais avoir pour une amende pour la circulation,
05:21a priori, on trouve mon adresse et on me récupère l'argent.
05:23Là, le problème, c'est qu'il n'y a plus personne et il n'y a plus d'adresse.
05:27Donc, on ne peut plus recouvrer.
05:28Mais il y a plusieurs dispositifs qui ont été mis en place.
05:30Et c'est ça qui est le plus important dans le texte de loi qui va être débattu.
05:34C'est qu'on veut commencer beaucoup plus tôt
05:36à s'attaquer potentiellement aux éventuels fraudeurs,
05:39à les fermer au moment où c'est possible.
05:42On va venir sur la possibilité qui sera donnée, notamment au préfet, d'intervenir.
05:45Mais ce que vous disiez sur l'organisation.
05:49Écoutez ce représentant de l'URSSAF qui dit une chose.
05:52Dans le cadre de la lutte contre le travail dissimulé,
05:54les URSSAF opèrent beaucoup d'actions auprès d'entreprises
05:58qui sont des entreprises éphémères, qui ont été créées pour frauder,
06:01qui n'ont pas d'actifs, pas de moyens.
06:05Elles sont incapables de faire face au recouvrement des sommes dues.
06:09Et elles organisent leur disparition, elles organisent leur insolvabilité.
06:13C'est-à-dire qu'concrètement, il n'y a pas de biens qui peuvent être saisis.
06:17Il n'y a pas d'argent sur les comptes bancaires de ces entreprises.
06:20Alors évidemment, on va parler tout à l'heure du travail dehors des particuliers.
06:22Mais là, on est dans un domaine industriel, avec Olivier Henault, si j'ai bien compris,
06:28des entreprises qui sont créées dans le seul but de frauder l'URSSAF, finalement.
06:32On a changé notre regard sur la fraude sociale.
06:35On a longtemps pensé que c'était une fraude occasionnelle.
06:38Du particulier.
06:38Des particuliers ou de la mère qui élève seule ses deux enfants.
06:42Non, non, c'est une fraude organisée.
06:44C'est la même que celle du certificat économie d'énergie, celle de ma prime rénov',
06:51vous voyez, la taxe carbone qui avait donné lieu à un...
06:53Donc on a affaire à des professionnels de la fraude.
06:56À des réseaux organisés, des professionnels de la fraude.
06:59Et donc, pendant longtemps, on n'a pas vu comme ça, la fraude sociale.
07:03Mais 7 milliards d'euros, c'est pas rien.
07:05Et comme nous l'avait dit la ministre Amélie de Montchanin,
07:09on en récupère très peu.
07:11Et l'objectif cette année, c'est d'en récupérer 1 milliard et demi.
07:15Bon.
07:16D'en détecter 7, mais d'en récupérer 1 milliard et demi.
07:19Alors, qu'est-ce qu'on a fait, nous ?
07:20Parce qu'on a musclé le texte.
07:22On s'est aperçus, et notamment France Travail,
07:26et puis les administrations sociales,
07:27elles nous demandent quoi ?
07:29Elles nous demandent de pouvoir bénéficier des mêmes armes,
07:33des mêmes moyens que le fisc.
07:36C'est-à-dire d'avoir accès aux fichiers des comptes bancaires,
07:38quand il y a suspicion,
07:40d'avoir accès aux fichiers des gens qui se déplacent en avion,
07:44d'avoir accès aux fichiers des entreprises.
07:46Parce qu'en réalité, les administrations sociales,
07:50elles sont démunies par rapport à l'organisation des fraudeurs.
07:54Il faut que, compte tenu de l'organisation des fraudeurs,
07:56on donne les mêmes moyens.
07:57Nous, dans la région des Hauts-de-France,
07:59avec Xavier Bertrand,
08:00on s'est aperçu, par exemple,
08:03qu'il y a beaucoup de gens,
08:04et puis le travis de l'organisation des départements aussi,
08:06qui créent des entreprises d'auto-entrepreneurs
08:11pour ne pas avoir les obligations par rapport au RSA
08:14de retrouver un emploi, par exemple.
08:16Mais tout ça est organisé, méthodique.
08:18Et donc, c'est...
08:19Et ça, c'est dans tous les domaines ?
08:20Ou c'est particulièrement dans les domaines
08:22qui, traditionnellement, sont touchés par...
08:26Alors, c'est par exemple aussi le domaine des locations de voitures,
08:29vous voyez ?
08:30C'est dans de plus en plus de domaines.
08:32Mais encore une fois, il faut bien comprendre
08:34que ce n'est pas une fraude occasionnelle.
08:36Longtemps, on a laissé filer,
08:38on n'a pas été assez rigoureux,
08:39parce qu'on croyait que c'était une petite fraude par-ci, par-là.
08:42Je ne dis pas que c'est normalement bien.
08:43On voit bien qu'il y a de la...
08:44Et là, ce sont des réseaux.
08:45Une organisation des réseaux.
08:46Est-ce que ça existe ?
08:47Le marché de l'énovité, c'est l'économie d'énergie.
08:49C'est les mêmes, les mêmes, les mêmes, les mêmes.
08:51Ça existe dans la restauration aussi, ça, Thierry Marx ?
08:53Est-ce qu'on nous a alerté ou pas ?
08:55Bien sûr.
08:57J'écoute avec beaucoup d'attention
08:59ce qui est évoqué sur le plateau,
09:00parce que là, on parle d'une fraude structurée
09:04sur le travail au noir.
09:05C'est vrai que dans la restauration,
09:07on n'était pas exempt de ça
09:09et de dire qu'il n'y avait pas de travail au noir
09:11dans la restauration.
09:12Donc, c'est un combat que j'ai mené,
09:13qu'on a réussi à mener avec l'URSSAF
09:15en défendant le thèse.
09:17Et le thèse, ça nous permet
09:19une vraie rémunération déclarée.
09:21Le thèse, vous expliquez ?
09:23Alors, c'est un...
09:24Bon, allez, on va faire court.
09:25C'est un chèque emploi-service.
09:27Si vous aimez mieux ce que vous donniez
09:29à votre employé, des fois, pour la maison,
09:31eh bien, là, on peut le faire
09:32pour la partie professionnelle.
09:33Ce qui permet, quand vous avez besoin
09:35de ce qu'on appelle dans notre métier un extra,
09:37parce que quelqu'un n'est pas venu,
09:39parce qu'il vous faut du personnel supplémentaire
09:41très rapidement, de pouvoir le rémunérer
09:42de façon déclarée.
09:44Mais, ce qui a été évoqué sur votre plateau,
09:46et ce qui est très intéressant,
09:47c'est de voir que maintenant,
09:48il y a tout un tas de structures
09:50dont vous croyez,
09:51ce que vous avez appelé un peu
09:53les entreprises fantômes,
09:54qui vous proposent des personnes
09:56dont vous croyez qu'elles sont déclarées
09:57et elles ne le sont pas.
09:59Et puis, ça a été évoqué aussi
10:01par l'un de vos invités,
10:03de ce vrai faux auto-entrepreneur
10:05ou ces plateformes d'auto-entrepreneurs
10:07qui, elles, ne payent pas non plus
10:08leur charge sociale.
10:09Et ça, ça a été évoqué
10:10avec les services de l'URSSAF.
10:12Donc, je comprends cette inquiétude
10:15et je vois l'argent
10:16que cela représente
10:18pour les finances de l'État.
10:20Et aujourd'hui, c'est vraiment un problème
10:22qu'il faut attaquer à bras-le-corps,
10:24mais aussi de s'interroger
10:25pourquoi ça existe.
10:26Alors, c'est ce qu'on va faire.
10:28On va le faire.
10:29Ce que je vous propose,
10:29c'est de marquer une petite pause, évidemment.
10:31Pourquoi ça existe ?
10:32Ça, on a bien l'intention de le faire.
10:33se poser la question dans une dizaine de minutes.
10:37Et avant cela, on va voir quand même
10:39les moyens qu'on se donne à travers ce projet de loi
10:43qu'on a de lutter un peu, beaucoup.
10:47On verra bien contre le travail au noir.
10:49Alors, à tout de suite sur RTL.
10:51On refait le monde sur RTL.
10:54Avec Vincent Parizeau.
10:57RTL.
10:59Il est 19h30.
11:01Vincent Parizeau.
11:02On refait le monde sur RTL.
11:04Mais tout d'abord, un petit rappel de l'actualité.
11:06Nathalie Michet.
11:07Et d'abord, la réaction d'Emmanuel Macron
11:09après l'adoption du droit à l'aide à mourir par les députés.
11:12Le chef de l'État salue des débats respectueux
11:15et une avancée dans le sens d'un modèle humaniste
11:17pas encore acquise.
11:19L'adoption définitive restera possible
11:21même si le Sénat rejette le texte.
11:24Les sénateurs qui ont dit non aujourd'hui
11:26à la nationalisation d'ArcelorMittal.
11:28Ce n'est pas une surprise,
11:29mais une déception pour les salariés du groupe.
11:32Ils avaient tenté de peser sur le vote
11:34en se rassemblant près du palais du Luxembourg.
11:37L'épiface au cœur d'un scandale sanitaire
11:39dans la Meuse et dans les Ardennes.
11:41Une enquête de Disclose et France 3
11:42révèle l'omniprésence de ces polluants éternels
11:45dans une quinzaine de communes
11:47des villes où les habitants ont déjà
11:49l'interdiction de boire l'eau du robinet
11:51depuis plusieurs mois.
11:52Et les analyses révèlent des taux de piface
11:5420 fois plus élevés que la norme.
11:56Le Paris Saint-Germain dans la position de favori
11:59ce soir avant le match contre Monaco
12:01en barrage retour de la Ligue des Champions.
12:03Coup d'envoi à 21h au Parc des Princes.
12:06Soirée à vivre en direct et gratuitement
12:07sur RTL.fr et sur notre application.
12:10Eric Silvestro et Philippe Sanfourche
12:12vous attendent dès 20h30.
12:13Merci Nathalie Michet et nous on vous attend
12:16dès 20h pour l'Info.
12:20RTL, on refait le monde.
12:22Vincent Parizeau.
12:23Et on se demande comment mieux lutter
12:25contre le travail au noir.
12:26Peut-être avec, et sans doute,
12:28avec ce projet de loi qui arrive
12:30maintenant à l'Assemblée.
12:33On est avec le rapporteur du texte
12:35au Sénat, qui est passé au Sénat,
12:37le sénateur union centriste du Nord,
12:39Olivier Henault.
12:39Avec Emmanuel Duteil,
12:42directeur de la rédaction de l'Usine Nouvelle.
12:44Avec en ligne Thierry Marx,
12:45le président de l'Union des Métiers
12:46et des Industries de l'Hôtellerie.
12:48Et avec vous du service économie
12:49d'RTL, Mathilde Piquet.
12:51Dites-nous ce qu'il y a dans ce projet de loi
12:54sur la fraude en général.
12:56Qu'est-ce qu'il contient sur le travail au noir ?
12:57Alors, on a deux mesures phares.
12:59La première, c'est que les préfets
13:01pourront prononcer une fermeture administrative
13:03temporaire d'un établissement
13:05qui a soit eu recours au travail au noir
13:08ou qui a contribué à ce qu'un travail dissimulé
13:11se mette en place.
13:12Ça, c'est une nuance qui est importante
13:13parce que, jusqu'à présent,
13:15on pouvait sanctionner uniquement
13:17des établissements qui avaient directement
13:19contribué à du travail au noir.
13:20Là, ça va permettre de remonter
13:22aux entreprises au-dessus des sous-traitants.
13:24Donc ça, c'est très important.
13:26Et aussi, le délai pour ces fermetures administratives
13:29va être raccourci.
13:30Ça sera 48 heures contre 15 jours aujourd'hui.
13:34Et donc, ça, ça va effectivement laisser
13:36beaucoup moins de temps aux entreprises fraudeuses
13:39de disparaître.
13:41Et donc, ça va améliorer le recouvrement.
13:44Et deuxième mesure,
13:45elle concerne là plutôt les particuliers.
13:47S'il y a une suspicion de fraude
13:50ou de revenu du travail non déclaré, par exemple,
13:53et bien là, leurs allocations chômage
13:56ou leurs prestations sociales
13:57pourraient être suspendues
13:59pendant maximum trois mois.
14:01Même s'il y a uniquement suspicion
14:03et pas preuve de travail au noir.
14:05L'idée, Olivier Henault,
14:07c'est d'aller vite
14:08pour éviter que le fraudeur
14:12disparaisse dans la nature
14:13ou s'organise pour qu'il n'y ait plus de traces ?
14:15L'idée est assez simple.
14:16C'est que, dès qu'il y a suspicion,
14:18on arrête le versement.
14:20Alors, si elle est non avérée,
14:23on rattrape par la suite.
14:25On rattrape.
14:25Parce que c'est ce qu'on appelle les indus.
14:27Une fois qu'on a versé l'argent
14:29à ces entreprises éphémères ou fantômes,
14:32peu importe comment on les appelle,
14:34on ne récupère jamais l'argent.
14:36L'entreprise, elle est fermée,
14:38ils sont partis.
14:40Encore une fois,
14:41c'est faire en sorte
14:42que les administrations sociales,
14:44je vais me répéter,
14:45mais France Travail,
14:46c'est France Travail notamment
14:47qui nous a demandé ça.
14:49France Travail,
14:50mais aussi la CPAM,
14:51la CAF,
14:51les départements,
14:53bénéficient des mêmes privilèges
14:54que le fisc.
14:55En termes d'investigation
14:57et aussi en termes d'agir
15:00des suspicions.
15:01Parce que si l'argent est versé
15:03et s'il y a des indus,
15:05les indus,
15:05c'est sûr qu'on ne les récupère pas.
15:07Donc on anticipe le problème.
15:08Oui, ça vous paraît,
15:11j'allais dire,
15:12en mesure d'être efficace
15:13et surtout d'impressionner
15:15peut-être ceux qui fraudent
15:18aujourd'hui Emmanuel Duteil.
15:19Je pense que ça n'a pas
15:20impressionné grand monde.
15:21Pour une simple et bonne raison,
15:22on ne parle pas des moyens.
15:24On parle là de l'action
15:25que l'on peut mettre en place.
15:26Mais il faut des humains derrière.
15:27Il faudrait considérablement
15:29augmenter les moyens humains
15:30de France Travail.
15:31Sur les contrôles.
15:32Sur les contrôles.
15:33Ça ne s'improvise pas malheureusement
15:35tout genre de contrôle.
15:37C'est très très compliqué
15:38de détecter ce genre de fraude.
15:40Et surtout,
15:41comme vous l'avez extrêmement
15:42bien expliqué,
15:43monsieur le sénateur,
15:44ils ont fermé une,
15:45ils réouvriront l'autre
15:46le lendemain,
15:47juste à côté.
15:48Donc le problème,
15:49c'est que c'est un peu,
15:50on est dans quelque chose
15:51de relativement endémique
15:53parce que,
15:54pardon de ce que je vais dire
15:54et surtout ne vous amusez pas
15:55à ouvrir des entreprises
15:56pour faire ça,
15:57c'est malheureusement
15:58relativement simple.
16:00Donc c'est là
16:01où on va avoir un problème
16:02dans le recouvrement.
16:04Après, dans l'autre côté,
16:05parce que ceux qui font
16:06également du travail au noir...
16:07C'est-à-dire que c'est simple,
16:08on ouvre la boîte,
16:09on fraude,
16:10et puis s'il y a un souci,
16:11on ferme,
16:12on disparaît,
16:13on prend une autre adresse...
16:13Mais vous avez l'autre côté aussi,
16:15et là, ce qui est intéressant,
16:16c'est que le projet de loi,
16:17sur proposition du ministre du Travail,
16:19propose de s'attaquer
16:20aux deux côtés,
16:21les entreprises,
16:22mais également potentiellement
16:23les salariés
16:24qui pourraient,
16:25pour certains,
16:26faire du travail au noir,
16:27où là,
16:27on va pouvoir regarder,
16:28et là,
16:29ça c'est quand même assez efficace,
16:30les billets d'avion,
16:32pour voir comment
16:33ils ont éventuellement circulé,
16:36téléphonique,
16:36donc, cher Vincent Paraiso,
16:38si vous avez des choses
16:39à vous reprocher,
16:39arrêtez tout de suite
16:40et changez le numéro de téléphone,
16:41mais c'est en tout cas
16:43des éléments qui, là,
16:44peuvent être quand même
16:45disposifs.
16:46Ce qui est intéressant,
16:47c'est que c'est un projet de loi
16:48qui est très pragmatique,
16:49mais se pose quand même
16:51la question,
16:51qui est très peu abordée
16:52par le projet de loi,
16:53des humains qui vont être
16:55derrière tout cela,
16:56pour faire appliquer ces mesures.
16:58On va demander à quelqu'un
16:59qui est sur le terrain,
17:00quand même,
17:00Thierry Mars,
17:01qui connaît ça de près,
17:02et qui reconnaissait quand même
17:03que son secteur
17:05est assez concerné
17:06par la question.
17:07Première chose,
17:08avant de vous poser la question
17:09sur l'efficacité,
17:12on parlait, là,
17:13du nombre de personnes
17:14qui réalisent des contrôles.
17:15Lorsqu'on est à un restaurant,
17:16on est contrôlé
17:17à quel rythme ?
17:19Alors,
17:20on peut être contrôlé
17:21assez régulièrement,
17:22une ou deux fois par an,
17:23ça peut arriver.
17:24Bien souvent,
17:25on est contrôlé
17:25quand on est un petit peu connu
17:27ou que l'établissement
17:28est stable,
17:29et on ne va pas aller contrôler
17:30des choses
17:31dont on sait
17:32qu'il n'y aura pas
17:34de solvabilité.
17:35et donc c'est toujours
17:36le problème des contrôles.
17:37Ça, c'est un petit teint.
17:38Ce qui a été dit précédemment
17:40sur votre plateau
17:40et ce qui est très intéressant,
17:41c'est les moyens humains
17:42qui vont être mis en face
17:44pour lutter
17:45contre cette fraude.
17:46Et là,
17:47je reconnais que
17:47si ça se passe
17:48comme les contrôles
17:49où l'État est obligé
17:50de déléguer
17:51à des sociétés privées
17:52ces contrôles,
17:53ça va être très compliqué.
17:54Mais ça ne veut pas dire
17:55qu'il ne faut pas faire cette loi.
17:56Je ne suis pas à dire cela.
17:58Maintenant,
17:58ça n'empêchera pas
17:59ce qu'on voit arriver aujourd'hui,
18:01c'est le vrai faux auto-entrepreneur
18:03ou ces plateformes
18:04qui se créent
18:04pour faire des auto-entrepreneurs.
18:06Et quand je rencontre
18:07le patron de l'URSSAF,
18:09il me dit
18:0960% des auto-entrepreneurs
18:11ne payent pas
18:11leur charge sociale.
18:12Quid du modèle social français ?
18:14Donc,
18:14il faut aussi regarder
18:15du côté
18:16de ces vrais faux auto-entrepreneurs
18:18qui finalement
18:19n'ont pas encore
18:20voix au chapitre
18:21dans les métiers
18:22de l'hôtellerie-restauration
18:23parce qu'il y a
18:23un lien de subordination.
18:25mais on voit quand même
18:27que ça arrive
18:27et que par moments
18:28dans les contrôles
18:29on est très embêté
18:30à accepter
18:30l'auto-entrepreneur
18:32parce qu'il n'y avait
18:33pas d'autres moyens.
18:34Donc,
18:35il y a tout ça
18:35quand on va mettre
18:36un outil de contrôle
18:37très fort,
18:38très puissant,
18:39s'il y a le personnel en face
18:40pour contrôler
18:41cet établissement,
18:42pourquoi pas,
18:43ça va dissuader.
18:44Mais,
18:44trop de quelque chose
18:45provoque souvent son contraire,
18:47eh bien,
18:48on ira vers
18:48ce qu'on appelle vulgairement
18:50et ce n'est peut-être
18:50pas le bon propos,
18:51pardonnez-moi,
18:51mais vers l'ubérisation
18:53du travail.
18:53qui contrôle aujourd'hui
18:54ces gens qui pédalent
18:56sans contrôle
18:56qui sont soi-disant
18:57auto-entrepreneurs.
18:58Vous voyez que
18:59la fraude,
19:00eh bien,
19:00elle se déplace,
19:01c'est une espèce
19:01de façon
19:03d'essayer de piéger
19:05une poignée de sable,
19:06quoi,
19:06et ça,
19:07ça me paraît très compliqué.
19:08Donc,
19:08cette loi,
19:09ben oui,
19:09d'accord,
19:10plus de contrôle.
19:11Il y a aussi
19:11les moyens à faire connaître
19:13qui sont effectivement
19:14ce que j'ai expliqué,
19:15ce thèse
19:16qui permet de
19:17très facilement
19:17déclarer quelqu'un
19:18et puis de regarder
19:19ce qui se passe
19:20du côté du coût du travail,
19:22pourquoi on en arrive
19:23Ah ben ça,
19:24on va y venir
19:25vous anticiper un petit peu
19:26sur la dernière partie
19:27de l'émission,
19:28mais vous avez mis le doigt
19:30quand même
19:30sur un point très important,
19:31Thierry Marx,
19:32même si vous-même
19:32dans l'hôtellerie
19:33et la restauration,
19:34comme vous l'avez dit,
19:34vous n'êtes pas très concerné
19:36par l'auto-entreprise,
19:37mais est-ce qu'il en est question
19:40dans ce texte de loi ?
19:41Mais bien sûr,
19:42je peux même vous donner
19:44un scoop,
19:44mais avant les Jeux Olympiques,
19:47clairement,
19:48on était très embarrassé
19:49de dire
19:49ouais,
19:50alors c'est interdit,
19:51c'est illégal
19:51dans la restauration
19:52parce qu'il y a un lien
19:53de subordination
19:54dans la restauration
19:55et l'hôtellerie,
19:55c'est la loi
19:56de la sécurité sociale,
19:57mais finalement,
19:58comme c'est avant les Jeux,
20:00on pourrait peut-être
20:01mettre un petit peu
20:02des œillères.
20:03Bon,
20:03on ouvrait
20:04ou on entre-ouvrait
20:05la porte
20:05et aujourd'hui,
20:06quand je vois
20:06les dégâts
20:08sur le modèle social
20:10par ce prisme
20:11de cette forme
20:12d'auto-entrepreneur,
20:13ce qu'on appelle,
20:14encore une fois,
20:14ce n'est pas le bon mot,
20:15l'ubérisation du travail,
20:16il y a un vrai sujet
20:17là aussi à traiter
20:19et qu'il ne va pas falloir
20:22gommer ce sujet-là.
20:24Parce qu'il y a par exemple
20:26le secteur de la livraison
20:27qui est composé essentiellement
20:29d'auto-entrepreneurs
20:30et là,
20:31il y a beaucoup de fraudes.
20:33La question des faux entrepreneurs,
20:36c'est la vraie question.
20:38Mais encore une fois...
20:40Ah, c'est la vraie question,
20:41c'est une question centrale ?
20:41C'est une des questions centrales,
20:43mais c'est une organisation
20:44en réseau.
20:46Là aussi,
20:46il faut bien comprendre
20:47que ce n'est pas
20:48l'auto-entrepreneur
20:51isolé dans son coin.
20:52C'est des gens organisés
20:54et au-dessus
20:55et dans des plateformes
20:57qui organisent.
20:58Et donc,
20:59cette question-là,
21:00encore une fois,
21:01moi,
21:01sur France Travail,
21:02vous voyez,
21:02parce que c'est nous
21:03avec le rapporteur Puissa
21:05qui avons
21:06ma collègue
21:07qui avons musclé
21:08ce texte
21:08sur les fichiers,
21:09notamment.
21:10Et parce qu'on a été
21:11très marqués
21:12par l'audition
21:12de France Travail.
21:13Et France Travail
21:14nous dit
21:14qu'à partir du moment
21:15où il bénéficie
21:17de ses armes
21:18qu'on a citées
21:19par rapport
21:20au téléphone...
21:21Ce n'est pas pour ça
21:22que vous devez changer
21:22de votre téléphone.
21:22Non, non,
21:23je vais garder mon numéro.
21:24Gardez votre numéro.
21:24Oui, oui,
21:25il m'a fait peur,
21:26mon ami Emmanuel Dutel.
21:26Vous ne pouvez pas
21:26vous créer des soucis.
21:27Les déplacements en avion aussi.
21:29Parce qu'il y a des gens
21:30qui sont parfois en vacances
21:31et qui bénéficient
21:33d'avantages sociaux,
21:36la création d'entreprises.
21:38Enfin,
21:38l'accès aussi
21:39à ces données.
21:40Il faut comprendre
21:41que comme on pensait
21:43que c'était
21:44une fraude occasionnelle,
21:46on n'a pas donné
21:47à ces administrations sociales
21:48les mêmes moyens
21:50que...
21:50Donc ça,
21:50c'est peut-être
21:51ce qui va changer.
21:52France Travail,
21:53lui,
21:53quand on lui...
21:54On a dit
21:55qu'on allait adopter
21:56ce dispositif dans le texte,
21:58enfin l'introduire dans ce texte,
21:59s'est engagé
22:00à des résultats.
22:01Encore une fois,
22:02moi,
22:02je vais vous dire,
22:03avant ces auditions,
22:04je ne voyais pas
22:05ce réseau
22:05de manière aussi systématique.
22:07Il n'y a pas de démagogie,
22:08ça ne nous empêchera pas
22:09de réguler le...
22:09Non,
22:10mais parce que
22:11l'auto-entreprise,
22:12on a dit,
22:12c'est magnifique
22:13pendant des années.
22:14C'est à ses avantages.
22:15Mais voyez,
22:15c'est des gens
22:16qui détournent
22:17la générosité
22:18du système français.
22:20C'est exactement
22:21la même chose
22:21que le C2E.
22:22En fait,
22:24ce sont des personnes
22:25qui bénéficient...
22:26On détourne
22:27la générosité
22:28du système français.
22:29Au-delà de détourner
22:30la générosité...
22:31C'est quand même ça
22:31qui est assez grave.
22:32Parce que derrière,
22:33c'est le salarié
22:34qui offre ses cotisations.
22:36Il faudrait...
22:36Il faut revenir
22:37là encore à la jeunesse.
22:38Pourquoi c'est des auto-entrepreneurs ?
22:39Le mot le définit très bien
22:40parce qu'il travaille tout seul.
22:42Un chef d'entreprise,
22:43quand il a plusieurs collaborateurs,
22:45s'il en a un
22:45qui n'est pas déclaré,
22:47mais qui va tomber
22:48sur un chantier,
22:49qui va se couper un doigt
22:50dans une des cuisines
22:52de Thierry,
22:52il est responsable.
22:54S'il ne l'a pas déclaré,
22:55je ne vous donne même pas
22:56le détail
22:57de ceux
22:57qu'ils risquent d'avoir.
22:59Donc, c'est assez logique
23:00finalement que ce soit ça
23:01et que c'est...
23:02On a créé,
23:03comme toujours en France,
23:04pourquoi on a créé
23:05les auto-entrepreneurs ?
23:06Parce qu'à un moment,
23:06c'était tellement compliqué
23:07de créer une entreprise
23:09et il y avait tellement
23:09de difficultés afférentes à cela
23:11qu'il a fallu,
23:12comme toujours,
23:13créer une dérogation.
23:14Eh bien, ça nous amène
23:14au troisième volet
23:16de ce débat.
23:17Est-ce qu'on peut aller
23:19plus loin, justement ?
23:20J'imagine que je vais faire
23:21plaisir à Thierry Marx
23:23en diminuant le coût du travail,
23:24en baissant les charges,
23:25en soutenant peut-être
23:26le pouvoir d'achat des particuliers.
23:27A tout de suite !
23:28Vincent Parizeau,
23:30on refait le monde
23:31sur RTL.
23:34Passez une bonne soirée
23:35sur RTL.
23:40RTL, votre radio.
23:43Vincent Parizeau,
23:45on refait le monde
23:45jusqu'à 20h sur RTL.
23:48Et on se demande
23:49comment mieux lutter
23:50contre le travail au noir
23:51au moment où le projet de loi
23:52contre la fraude
23:54arrive à l'Assemblée.
23:55On est avec le rapporteur
23:56du texte au Sénat,
23:57le sénateur centriste du Nord,
23:58Olivier Henault,
23:59avec Emmanuel Duteil,
24:00le directeur de la rédaction
24:01de l'Usine Nouvelle,
24:01et avec Thierry Marx,
24:03le président de l'UMI,
24:04l'Union des métiers
24:05et des industries
24:05de l'hôtellerie.
24:07On refait le monde
24:08sur RTL.
24:10Depuis le début
24:11de ma carrière,
24:12j'ai goûté
24:12au travail au black,
24:14au travail complémentaire,
24:15j'ai envie de dire,
24:16du week-end.
24:16Je travaille régulièrement,
24:18non déclaré,
24:19quasiment tous les week-ends
24:20en plus.
24:21Et des fois aussi,
24:21même le soir,
24:22après les heures de travail,
24:23ça paye beaucoup plus
24:24que notre salaire
24:25qu'on fait au mois,
24:26c'est sûr.
24:27C'est un confort supplémentaire.
24:28On peut se permettre
24:29de voyager,
24:30on peut se permettre
24:31de se faire plaisir,
24:32faire plaisir à ses proches.
24:33Des petits boulots
24:34de dépannage,
24:34par exemple,
24:35on travaillait minimum
24:36à moitié prix,
24:37minimum.
24:37Si on travaillait 3 heures,
24:38ça faisait à peu près
24:39dans les 60 euros.
24:40Mais 60 euros,
24:41c'était bien
24:41que ça rentre dans la poche.
24:42Un samedi,
24:43faire 3 heures,
24:44après vous allez faire vos courses
24:45et ça vous permettait
24:46de payer vos courses directement.
24:48Est-ce qu'on n'est pas là
24:49au cœur du problème,
24:51messieurs,
24:52à savoir,
24:53le pouvoir d'achat
24:55des uns et des autres,
24:56le travail au noir,
24:57c'est juste
24:59très tentant,
25:00non,
25:00Emmanuel Duteil ?
25:01Ça l'eut été.
25:02Parce qu'aujourd'hui,
25:03quand même,
25:03pour beaucoup de professions,
25:05je pense au nounou,
25:06je pense au jardinage,
25:07je pense à toujours deux choses.
25:08On a quand même aujourd'hui
25:09des crédits d'impôt
25:10qui ont eu pour principale vocation
25:13de rendre inintéressant
25:15de travailler au noir.
25:16Puisque grosso modo,
25:17entre ce que vous payez
25:19et ce que les impôts
25:19vous remboursent,
25:20vous êtes au prix
25:21de ce que vous auriez payé
25:22quelqu'un au noir
25:24et vous avez en plus
25:25une sécurité pour vous
25:26si jamais il arrive quelque chose
25:28à la personne
25:28et il y a potentiellement
25:31de la retraite,
25:32des cotisations sociales
25:33qui vont arriver.
25:33On entendait tout à l'heure
25:34quelqu'un qui disait
25:35en gros,
25:35celui qui travaille,
25:36il touche plus,
25:37celui qui emploie,
25:38il paie moins
25:38et celui qui perd
25:39c'est l'État.
25:40Oui, alors c'est l'État
25:42mais parce que la personne
25:43qui décide de travailler
25:44au noir en plus de son salaire,
25:46là c'est ce que j'entendais
25:47dans votre témoignage,
25:48c'est quelqu'un qui ne veut
25:49peut-être pas passer
25:50les seuils de déclaration
25:51de revenus
25:52et qui ne veut pas
25:52payer plus d'impôts.
25:54Donc là,
25:54on est véritablement
25:55dans de la dissimulation
25:56et dans du non-soutien
25:59collectif
26:00à ce que l'on peut apporter.
26:03Quand vous entendez
26:04ce qu'on a entendu
26:05à l'instant,
26:05Olivier Henault,
26:08qu'est-ce que ça vous inspire ?
26:10Ma conviction,
26:11c'est que notre système
26:14de redistribution
26:14est trop coûteux,
26:15il faut le revisiter
26:16mais il va quand même
26:17continuer à falloir
26:19soigner les gens
26:19si on veut dans ce pays
26:22qu'on ne soit pas soigné
26:24correctement
26:24quand on est riche
26:25et pas soigné
26:26quand on est pauvre
26:27ce qui existe aux États-Unis
26:28où l'espérance de vie
26:30diminue.
26:31C'est aussi ça.
26:32Si on veut continuer
26:33de verser les retraites
26:34ou les allocations familiales,
26:35c'est très concret.
26:36Mais est-ce que c'est risquer
26:37de travailler aux noirs ?
26:38Qu'est-ce qu'il risque
26:41ce monsieur
26:42qui travaille aux noirs
26:43pour finalement
26:44se payer des vacances
26:45un peu plus...
26:45Il faut renforcer
26:46la sanction aussi.
26:47Qu'est-ce qu'on risque
26:49aujourd'hui ?
26:50Détecter,
26:51récupérer
26:51et sanctionner.
26:52C'est les trois verbes
26:53du projet de loi.
26:54Mais la question quand même
26:56c'est qu'il faut alléger
26:57les charges sociales
26:58mais il faudra quand même
26:59des recettes
26:59pour financer
27:00notre système
27:01de protection sociale.
27:02Donc moi je crois
27:03à la diversification
27:04des recettes
27:05et notamment
27:06de transférer
27:07une part des charges sociales
27:08vers la CSG
27:09pour faire en sorte
27:10que les personnes
27:12aient un peu
27:13de salaire direct
27:14en plus.
27:14J'imagine que ça,
27:16ça vous parle
27:16Thierry Marx ?
27:18Oui, parce qu'il faut
27:19un petit peu
27:19d'humilité quand même.
27:21C'est-à-dire qu'aujourd'hui
27:22le problème
27:23c'est le pouvoir d'achat.
27:24Est-ce que ce problème
27:24est nouveau ?
27:25Non, il a 40 ans
27:26et que cette fracture sociale
27:27s'est construite
27:29très durement
27:30dans ce pays.
27:31Quand vous voyez
27:32plus d'un million
27:33de travailleurs pauvres,
27:34vous pouvez comprendre
27:35que des gens
27:35par réflexe
27:36essaient de trouver
27:38un moyen
27:39de faire
27:41un peu plus
27:41de revenus
27:42pour s'octroyer
27:43une vie meilleure.
27:44Donc encore une fois,
27:46je ne dis pas
27:46que c'est bien,
27:46je ne dis pas
27:47que c'est mal,
27:47je ne veux pas faire
27:48le censeur du propos
27:49mais interrogeons-nous,
27:51là il y a des élus
27:52sur votre plateau
27:53sur cette problématique
27:54de la différence
27:55entre le salaire net
27:56et le salaire brut.
27:57Moi quand je donne
27:582000 euros
27:59à un jeune
27:59qui démarre
28:00dans mon métier,
28:01il lui reste 1400 euros
28:02le 10 du mois
28:03il a été indécouvert
28:04une fois qu'il a payé
28:05son loyer
28:05et ses différents abonnements.
28:07Donc il y a un sujet
28:08de fond
28:09qui est un sujet
28:10politique pur
28:11dans le sens étymologique
28:13du mot politique
28:14qu'il faut prendre
28:14à bras-le-corps
28:15dans ce pays.
28:16Bien sûr la protection sociale,
28:18bien sûr lutter
28:18contre la fraude
28:19mais à un moment donné
28:20la réflexion de fond
28:22elle est quand même
28:23de travailler
28:23sur ce que représente
28:25le coût du travail.
28:26Et quand on me dit
28:26oui mais il faut protéger
28:28notre système social
28:28et qu'on ne contrôle pas
28:30l'ubérisation du travail
28:31ou ce qu'on appelle
28:32ces plateformes
28:33d'auto-entrepreneurs
28:34qui ne payent pas
28:35leurs charges sociales,
28:36il y a un sujet aussi.
28:37Donc interrogeons-nous
28:38pour pas que les gens
28:39aient envie de frauder
28:40que leur salaire net,
28:41il en reste quelque chose.
28:45La majorité du problème
28:46il est là.
28:47Après qu'on sanctionne
28:49durement des gens
28:49qui fraudent,
28:50je peux l'entendre
28:51mais quand j'entends
28:51ce monsieur sur votre plateau
28:53qui est un très joli témoignage,
28:54quand j'entends
28:55l'entrepreneur
28:56qui vous dit
28:57il y a des gens
28:57qui nous demandent
28:59un devis avec
29:00du déclaré
29:00et du non déclaré,
29:02et bien c'est parce que
29:03ça arrange
29:04un petit peu tout le monde.
29:05Donc on essaye
29:06de passer entre les mailles
29:07du filet.
29:07Je ne dis pas que c'est bien,
29:08je ne dis pas
29:09que ce n'est pas condamnable
29:10mais ça nous impose
29:11et notamment à nos élus
29:13de réfléchir sur le fond
29:14et pas simplement
29:15sur la forme.
29:16Pardonnez-moi un peu
29:17mon propos brutal
29:19mais il faut se mettre à base.
29:20Moi quand je vois
29:21que dans mon pays
29:22cette fracture sociale
29:23est de plus en plus dure
29:24que les gens ont
29:24de plus en plus de mal à terre
29:25donc ils sont auto-entrepreneurs,
29:27ils deviennent avec leur voiture
29:28chauffeurs de quelque chose
29:29avec tous les risques
29:30que ça représente,
29:31ils n'y arrivent plus
29:32et on n'arrive pas
29:33à raisonner
29:34sur le salaire net
29:35et sur le salaire brut
29:36et sur le coût du travail
29:37en France.
29:37Et quand on a comme rhétorique
29:39de plateau
29:40de dire
29:40oui mais alors
29:41il faut se faire soigner
29:42dans un pays
29:42où on n'arrive plus
29:43à se faire soigner
29:44en milieu rural
29:45il y a un sujet
29:46où va l'argent ?
29:48C'est la question
29:49du modèle social français
29:50on a l'impression
29:51qu'il y a quelque chose
29:52qui ne fonctionne plus.
29:53Qui coince
29:53et qui dysfonctionne
29:55depuis 40 ans.
29:57Donc à un moment donné
29:58regardons sur le fond
29:59et c'est ce qu'on attend
30:00un petit peu
30:00de nos élus
30:01qui aient des réponses.
30:03Là quand ce monsieur dit
30:04je fais un peu
30:05de travail au noir
30:05parce que ça me permet
30:06d'offrir des choses
30:07à mes enfants
30:08de partir un peu mieux
30:09en vacances
30:09et d'avoir directement
30:10l'argent dans ma poche
30:12et j'en fais ce que je veux
30:13ça a été tout le mécanisme
30:14des auto-entrepreneurs.
30:15Ils disent
30:16je décide de ma vie
30:17ils ne s'interrogent pas
30:18sur leur retraite
30:19ils ne s'interrogent pas
30:20donc moi ce qui m'inquiète
30:22c'est cette non-déclaration
30:23des auto-entrepreneurs
30:24des fois
30:24qui un jour
30:25vont faire appel
30:26à la solidarité nationale
30:28pour se faire soigner
30:29ou pour partir à la retraite.
30:30Donc il faut s'interroger
30:31sur le fond
30:31et pas simplement sur la forme.
30:33Voilà je vous coupe
30:33Thierry Mars
30:34parce qu'on vous écouterait
30:35pendant des heures
30:36mais Olivier Henault
30:37là il met évidemment
30:38Thierry Mars
30:39de doigt
30:40et je voudrais aussi
30:41avoir l'avis d'Emmanuel Duteil
30:42sur cette question
30:44finalement
30:44sur le fond
30:45du problème
30:46c'est-à-dire que
30:48il y a telle différence
30:49par exemple
30:50entre le salaire brut
30:51et le salaire net
30:52qu'à un moment
30:54on se dit
30:55je me suis fait avoir
30:56quelque part
30:56et il faut que je récupère ça
30:58d'une manière ou d'une autre.
31:00On ne peut pas
31:01blâmer totalement.
31:02c'est la question
31:03du financement
31:04de notre protection sociale
31:05qui repose
31:05depuis la libération
31:07seulement sur le travail
31:08je veux dire
31:08est-ce qu'on n'arrive pas là
31:10un petit peu
31:10au bout du système
31:12Emmanuel Croyer
31:13la question
31:14c'est l'acceptation
31:15on en revient toujours
31:16à cette même question
31:17qu'est l'acceptation à l'impôt
31:18l'acceptation à l'impôt
31:19on l'accepte
31:20quand on a des choses en face
31:21et le problème
31:21c'est que les gens
31:22ont l'impression
31:22d'avoir toujours plus
31:23de cotisations à payer
31:24pour un rendu
31:26au niveau des services publics
31:27qui ne serait pas au niveau
31:28qu'ils escomptaient
31:29qu'ils avaient avant
31:31et donc là
31:32c'est l'un des gros problèmes
31:34et effectivement
31:35même s'il y a eu
31:35des allégements de charges
31:36au niveau du SMIC
31:37aujourd'hui
31:38il y a un peu moins
31:38de différence
31:39entre le salaire brut
31:40et le salaire net
31:41c'est vrai que ça ne suffit pas
31:42et aujourd'hui
31:43dans des grandes métropoles
31:45vivre avec un salaire
31:47autour du SMIC
31:48c'est extrêmement compliqué
31:49c'est même pas possible
31:50de se loger
31:52effectivement
31:52un dernier mot quand même
31:53ce sera la question
31:54de la présidentielle
31:55une des questions
31:56de l'élection présidentielle
31:57c'est le financement
31:58de notre protection sociale
31:59et revisiter la question
32:00de notre système
32:01de redistribution
32:03du coup
32:03est-ce que c'est typiquement français
32:05ou est-ce que les pays
32:06qui sont un peu
32:07dans la même situation
32:08avec un modèle social
32:11très très très
32:12toutes les études le montrent
32:14la France est la plus importante
32:15dans tous les pays
32:15ultra réglementés
32:16puisque on n'en fait
32:17que de l'ultra contournement
32:19et on est spécialiste en France
32:21c'est vrai
32:22c'est vrai
32:22ça c'est très juste
32:23c'est aussi une question
32:24parce que notre système
32:25est très protecteur
32:26c'est un des plus protecteurs
32:28du monde
32:28alors est-ce qu'on veut
32:29rompre avec ça
32:30c'est plus vrai
32:31c'est plus vrai
32:31c'est plus vrai
32:33allez aux Etats-Unis
32:34vous allez voir
32:35les gens ils ont perdu
32:362,7 ans de vie
32:39lors du Covid
32:40c'est pas le cas
32:40en France quand même
32:41pardonnez-moi
32:42en tout cas merci à vous tous
32:43on a bien compris
32:44et on va suivre
32:44l'évolution
32:45de ce texte
32:47qui arrive à l'Assemblée
32:48après être passé
32:50vous en étiez le rapporteur
32:52Olivier Henault
32:53au Sénat
32:54je vous remercie
32:55Emmanuel Duteil
32:56directeur de la rédaction
32:57de l'usine nouvelle
32:57on vous remercie également
32:59Thierry Marx
33:00président de l'Union des métiers
33:01et de l'industrie
33:02de l'hôtellerie
33:03je vous remercie aussi
33:04Mathilde Piquet
33:04qui nous a dressé le tableau
33:07de ce travail au noir
33:08dont on est
33:09à mon avis
33:10pas près de se défaire
33:12dans l'immédiat
33:13merci beaucoup
33:14en tout cas
33:14à vous tous
33:15dans un instant
33:16on va retrouver
33:17André Dussolier
33:18pour le grand récit
33:20je voudrais juste vous dire
33:20avant ça
33:21que demain matin
33:22à 8h moins 20
33:23Thomas Soto
33:25recevra
33:25l'ancien ministre
33:26de la justice
33:27Eric Dupond
33:28Moriti
33:29et qu'à 8h15
33:30Marc-Olivier Fogel
33:32sera avec
33:33Romain Bolzenguer
33:34le journaliste
33:35réalisateur de la série
33:36Narco Circus
33:38au cœur
33:38des cartels mexicains
33:40mais donc dans un instant
33:41André
33:42pour le grand récit
33:43bonsoir André
33:44Dussolier
33:45de quoi vous nous allez
33:46nous parler ?
33:47bonsoir Vincent
33:47ce soir
33:49je vais vous raconter
33:49l'incroyable histoire
33:50de Minou Drouet
33:51qui du haut
33:52de ses 8 ans
33:53a fasciné la France
33:54avec ses poèmes
33:55à tout de suite
33:56sur RTL
33:57merci André
33:58à tout de suite
34:00RTL
34:00votre radio
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