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  • il y a 11 minutes
Regardez "On refait le monde" avec Mathieu Plane, économiste, directeur adjoint du département Analyse et prévision de l'OFCE, Grégory Caret, directeur de l'observatoire de la consommation de l'UFC-Que Choisir, et Benoît Heilbrunn, philosophe et professeur à ESCP Business School. co-directeur de l'observatoire "Marques, imaginaires de la consommation et politique" à la Fondation Jean-Jaurès.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 07 avril 2026.

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Transcription
00:01Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Anne-Sophie Lapix.
00:06Comment redonner du pouvoir d'achat quand les caisses sont vides ?
00:09La question se pose plus que jamais pour le gouvernement avec la flambée des prix des carburants,
00:14dépenses incompressibles pour de nombreuses professions, tout simplement pour les habitants de zones rurales.
00:19Le gouvernement a accordé quelques aides ciblées, comment peut-il faire plus sans se ruiner ?
00:24Doit-il bloquer les prix ? On le lui suggère.
00:26On va poser toutes ces questions à nos invités. Mathieu Plan, économiste, directeur adjoint du département analyse et prévision de
00:32l'OFCE.
00:33Bonsoir.
00:34Bonsoir.
00:34Grégory Carré, directeur de l'Observatoire de la consommation de l'UFC Que Choisir. Bonsoir.
00:39Bonsoir.
00:39Et Benoît Elbrune, philosophe et professeur à l'ESCP Business School, co-directeur de l'Observatoire.
00:46Marc, imaginaire de la consommation et politique à la Fondation Jean Jaurès.
00:50Bonsoir.
00:51On refait le monde sur RTL.
00:54Il faut prendre deux mesures d'urgence immédiates.
00:58La première, c'est bloquer les prix pour mettre fin aux profits et à la spéculation des pétroliers.
01:04Et puis la deuxième, c'est augmenter les salaires, puisque on sait qu'aujourd'hui c'est les carburants qui
01:09augmentent,
01:09mais à moyen terme et même à terme assez court, que c'est tous les prix qui vont suivre.
01:15Et donc il faut un coup de pouce au SMIC et une indexation des salaires sur les prix,
01:19pour que tous les salaires suivent l'augmentation des prix.
01:22C'est la responsable de la CGT, Sophie Binet, qui était invitée d'Amandine Bégaud à midi sur RTL,
01:27et qui veut bloquer les prix avec un plafond à 1,70€.
01:31C'est précis.
01:31Alors ce n'est pas nouveau, et les filles demandent depuis longtemps, le début de la crise,
01:35depuis le début de la crise, ce blocage des prix.
01:38Mais cette fois, on a donc un prix 1,70€.
01:41Mathieu Plannes, est-ce que c'est une mesure folle ?
01:44C'est une mesure, alors folle, ça serait peut-être un peu dure,
01:47mais en tout cas difficile à appliquer, pour plusieurs raisons.
01:52La première, c'est que si vous bloquez les prix, vous pouvez les faire de façon extrêmement temporaire,
01:57dans des situations d'urgence quasiment absolues,
02:00ou quand on l'avait eu pour le Covid, on l'a eu sur par exemple le gel hydroalcoolique,
02:04donc c'était quand même quelque chose d'assez spécifique.
02:06Donc vous pouvez le faire vraiment en cas exceptionnel, et pour une courte durée.
02:10Si vous l'étendez dans le temps, ça pose la question,
02:12si vous bloquez un prix qui est très inférieur au coût de production,
02:16du coup, vous avez deux solutions.
02:18Soit vous ne compensez pas, et à ce moment-là, les producteurs n'ont plus intérêt à produire,
02:23et donc vous avez les risques de pénurie.
02:24Donc vous ne compensez pas, c'est-à-dire soit l'État ne compense pas,
02:26donc ce sont les producteurs et les distributeurs qui financent ça.
02:30Et donc si jamais ça leur coûte plus cher de produire, finalement, que du prix de vente,
02:37à ce moment-là, vous avez les risques de pénurie qui sont assez connus,
02:40ou alors l'État dit, ok, on bloque les prix, mais on va compenser,
02:44du coup, les producteurs et les distributeurs par rapport aux pertes qu'ils pourraient encaisser.
02:47Et à ce moment-là, il y a un coût budgétaire qui est élevé.
02:50Élevé, ça veut dire que ce serait dans quelle ordre ?
02:51Ça dépend de l'écart, par exemple, si vous êtes 1,70 par rapport à 2,30€,
02:56ça veut dire que c'est 60 centimes par litre d'essence.
02:59Si vous faites, sur le coût des taxes, par exemple, 1 centime sur une année,
03:03c'est à peu près 500 millions.
03:04Donc si vous faites 500 millions fois 60,
03:07vous voyez, sur une année complète, vous arrivez à des montants qui sont quand même extrêmement forts.
03:14Il y a des milliards, là, pour le coup.
03:15Oui, là, on serait presque à 30 milliards sur l'année.
03:17Et ça veut dire qu'on ferait quelque chose de 60 centimes d'écart sur une année complète.
03:22La question, c'est, est-ce que vous le faites sur quelques mois, quelques semaines ?
03:26Combien il est vraiment le coût réel de production ?
03:29Mais ce qu'il faut peut-être juste savoir, c'est que face à des chocs comme ça,
03:33énergie, en tout cas pétrole, enfin pétrole, je ne sais pas, en tout cas d'hydrocarbures,
03:37de toute façon, comme on n'est pas producteur d'hydrocarbures,
03:39de toute façon, c'est un coût pour la France à absorber ce choc.
03:41Et la question, c'est qui absorbe ce choc ?
03:44Est-ce que c'est finalement les ménages qui encaissent ce choc-là ?
03:47Est-ce qu'on voit la question du coût d'achat ?
03:47Pour l'instant, c'est le cas.
03:48C'est plutôt eux, au moment à court terme.
03:51Est-ce que c'est l'État, et il va compenser, mais il y a un coût budgétaire,
03:54qu'il va falloir financer, donc ça veut dire que c'est de la dette future ?
03:56Ou alors c'est les entreprises qui revalorisent plus les salaires pour compenser le choc ?
04:00Et là, vous avez une problématique qui est plutôt sur les profits,
04:02les coûts de production, la compétitivité.
04:04Donc, j'allais dire, c'est comment on se partage le mystic-gris, en fait.
04:07Alors, je précise, les prix, vous les avez évoqués, le prix à la pompe,
04:10le gazole, c'est 2,28 euros, et le sans-plomb, 95, 2,05 euros.
04:18Benoît Elbrun, est-ce que vous, vous pensez que bloquer les prix, c'est une bonne idée ?
04:22Non, moi, je partage ce qui vient d'être dit.
04:24Je pense que c'est totalement illusoire.
04:26Je pense que le vrai sujet, c'est la question du revenu.
04:30Il faut savoir qu'on vit dans une société d'abondance,
04:32dont la caractéristique, c'est qu'elle ne peut pas proposer de hausse significative des revenus.
04:38Ça, on le sait depuis la fin des années 50.
04:40Et donc, tout le discours se focalise sur la question du prix bas.
04:44Donc, plutôt que de parler du prix, je pense qu'il vaut mieux parler de redistribution,
04:50sachant qu'aujourd'hui, on voit que le discours sur la nécessité, le besoin, etc.,
04:57a complètement disparu, parce qu'il a été remplacé dans les années 60
05:01par les pulsions, les désirs, etc.
05:04Et ça veut dire que même dans la mesure de la pauvreté,
05:10jusque dans les années 50, on estimait que ne pas être pauvre,
05:14c'était pour voir un certain nombre de besoins fondamentaux.
05:17Donc, en fait, on additionnait des nécessités.
05:19On disait qu'il faut gagner ça pour vivre décemment.
05:22Et puis, on a complètement changé de mesure, à partir des années 50,
05:26en regardant ce qu'on appelle le revenu médian,
05:29c'est-à-dire en comparant par rapport aux autres revenus.
05:32Et du coup, je pense qu'il faut revenir à quelque chose qui est du l'ordre de la nécessité.
05:36Il faut revenir à une rhétorique du besoin
05:38qui a été totalement évacuée par la société de consommation.
05:40Et si on parle de nécessité, on va venir en aide
05:43à ceux qui peuvent plus payer leur litre de gazole pour aller travailler ?
05:47Moi, je défends depuis très longtemps l'idée, par exemple,
05:50d'une carte vitale alimentaire.
05:53C'est-à-dire l'idée qu'on donnerait à chaque individu
05:56une somme équivalent de 250 ou 300 euros pour se nourrir.
06:01Donc, pour moi, l'un des axes importants, c'est l'état-providence.
06:05On va revenir à l'alimentation.
06:08On va commencer d'abord avec le carburant.
06:13Grégory Carré, pour l'instant, le gouvernement,
06:15il distribue au compte-gouttes des aides
06:17à ceux qui, selon lui, sont le plus en danger.
06:20Alors, il y a eu les transporteurs, les agriculteurs, les pêcheurs.
06:23Ce pourraient être bientôt les infirmières, les aides à domicile,
06:28parce qu'elles sont réellement en danger aujourd'hui
06:30avec cette hausse des carburants ?
06:32Oui, oui, oui. Vous annonciez des prix.
06:34Là, je regardais juste avant de venir.
06:35On enlève les prix tous les jours.
06:37Là, on est à 2,36 euros pour le gazole aujourd'hui.
06:39Les prix que je donne, c'est la moyenne qui est faite
06:41sur la semaine précédente, tous les lundis.
06:44Aujourd'hui, c'est le chiffre le plus élevé
06:47qu'on ait jamais mesuré.
06:482,36 euros pour le gazole.
06:49C'est un peu moins pour ceux qui sont au super sans plomb.
06:51Pour des raisons un peu de spéculation intermédiaire.
06:56Effectivement, il y a des vraies difficultés pour les consommateurs.
06:58Tous les ménages ne sont pas allogés à la même enseigne.
07:00Les ménages modestes, il faut savoir que c'est ceux
07:02qui consacrent le plus d'argent
07:05en proportion de leurs revenus
07:07à l'énergie et à l'alimentation.
07:09C'est quasiment un tiers de leurs dépenses.
07:10Et en plus, comme ils consacrent quasiment
07:12tous leurs revenus à la consommation,
07:14ils n'ont pas du tout de marge de manœuvre.
07:15Donc, effectivement, pour ces ménages,
07:17il y a véritablement besoin d'aide.
07:20Et puis, c'est vrai que je pense que tout le monde
07:22doit être mis à contribution.
07:23Parce que si on regarde les exemples pressants,
07:26c'était il n'y a pas longtemps, en 2022,
07:28flambé des prix des carburants.
07:29Alors là, c'est vrai que le gouvernement
07:31avait mis des remises à la peau,
07:32des ristournes à la pompe.
07:34Ça a aidé indifféremment les ménages aisés
07:36comme les ménages modestes,
07:37même plus les ménages aisés
07:38qui avaient des voitures plus grosses,
07:40qui consommaient plus et qui faisaient plus de distance.
07:42Il y a eu des chèques énergie ciblés aussi.
07:44Après, dans un deuxième temps.
07:44Parce qu'en fait, ils ont vidé les caisses
07:46et il n'y avait plus rien derrière.
07:47Et en revanche, ce qu'on a constaté
07:49dans un deuxième temps,
07:50c'est qu'il y a eu une compression
07:51assez forte de la consommation.
07:52Et finalement, tout le monde en a payé,
07:54y compris les secteurs
07:55qui n'avaient pas été inflationnés.
07:56Ceux qui n'avaient pas augmenté les prix,
07:58ils ont constaté que les gens n'allaient pas là.
07:59L'habillement, on a vraiment...
08:01Déjà, quand on réduisait nos dépenses dans l'habillement,
08:03là, on les a drastiquement réduits.
08:05Qui est-ce qu'on a bénéficié ?
08:07C'est Chine, c'est ému.
08:08Et donc, voilà.
08:09Donc, c'est vrai qu'il faut que vraiment...
08:11Il y a aussi une logique de politique économique globale,
08:13c'est-à-dire ne pas réagir
08:14en laissant les choses aller comme ça.
08:17Il y a d'autres secteurs
08:18qui vont en faire des frais.
08:19Donc, effectivement,
08:20les ménages modestes ont des vrais soucis.
08:25Encore plus que ceux qui sont à l'essence.
08:27L'essence, on a un peu plus de 2 euros.
08:29C'est un moindre mal,
08:30pardon pour les auditeurs qui vont hurler.
08:32Oui, vous parlez de moindre mal.
08:34Alors, on parlait tout à l'heure de blocage des prix.
08:36Pour l'instant, c'est Total Energy
08:38qui a bloqué ces prix.
08:39Enfin, moyennement bloqué,
08:41parce qu'ils étaient bloqués à 1,99€
08:45et 2,00€, je ne sais plus.
08:47Enfin, il a été...
08:48Voilà, 2,09€.
08:492,09€.
08:51Et aujourd'hui, Total a décidé
08:54de reconduire à ce blocage.
08:55Mais il a augmenté un petit peu
08:56le prix du diesel
08:57à 2,25€ le litre.
08:59À ce prix-là,
09:00Mathieu Plannes,
09:01il ne perd pas grand-chose finalement.
09:02Total Energy.
09:03Oui, d'ailleurs, on voit bien
09:04qu'il a quand même recalé
09:05plus de 25 centimes.
09:06Du coup, ça montre bien
09:07qu'il s'est ajusté
09:09et que finalement,
09:11il y a ce choix-là.
09:12Et même à 2,25€,
09:13il reste compétitif.
09:14C'est ça qui est intéressant là-dedans.
09:16C'est qu'on est à des prix qui sont tels
09:17que même 2,25€
09:18devient intéressant sur le marché.
09:20Et d'ailleurs, Total a eu des problèmes
09:23pour le coup de pénurie
09:24parce que les consommateurs
09:26ont bien sûr arbitré
09:28et sont allés plus chez Total
09:29qu'ailleurs parce qu'effectivement
09:30ces prix à la pompe étaient bloqués.
09:31Oui, parce que là,
09:32il y a une concurrence.
09:33Mais si tout le monde
09:34était obligé de vendre moins cher,
09:36est-ce que vous pensez vraiment
09:37qu'il y aurait une pénurie ?
09:37Est-ce que vraiment
09:39les distributeurs
09:39arrêteraient de vendre
09:40parce que finalement,
09:41ça ne rapporte rien ?
09:43Ah oui, il y aurait quand même
09:43cette question qui se posait.
09:45Oui, bien sûr.
09:45Enfin, je veux dire,
09:46forcément,
09:47une fois de plus,
09:48ça dépend où vous mettez ce prix-là,
09:51où vous bloquez le prix
09:52et combien de temps
09:52vous le bloquez
09:53et puis comment le conflit
09:55évolue en Iran
09:56parce que tout ça,
09:57on subit quand même
09:57les conséquences d'un conflit,
09:59enfin, je veux dire,
10:00de quelque chose
10:00qui est quand même très particulier.
10:01Et donc, soit vous avez
10:02un scénario de l'escalade
10:03et vous pouvez avoir
10:04encore des prix qui augmentent
10:05et donc, si vous bloquez
10:06les prix à la pompe,
10:07on aurait plus l'écart
10:08entre le prix du baril
10:10et ces prix à la pompe
10:11est important,
10:12plus vous avez quand même
10:12ce risque de savoir
10:13est-ce que vous aurez encore
10:14des fournisseurs
10:15et des producteurs.
10:16Donc, c'est une vraie question.
10:19J'allais dire, malheureusement,
10:20il n'y a pas vraiment
10:20de solution miracle
10:21et puis, si l'État intervient
10:23d'une autre façon,
10:24par exemple,
10:25en faisant des remises carburants
10:26comme il a fait
10:26ou comme dans d'autres pays
10:27en réduisant les taxes,
10:29le problème,
10:30c'est qu'effectivement,
10:30ça redonne un peu
10:31de pouvoir d'achat
10:32aux ménages,
10:33notamment qui ont des voitures,
10:34mais par contre,
10:34ce n'est pas du tout ciblé.
10:35C'est-à-dire que,
10:36j'allais dire,
10:36le ménage plutôt aisé
10:37qui utilise beaucoup sa voiture,
10:39qui consomme beaucoup,
10:40qui n'a pas forcément
10:41besoin de la prendre
10:41versus, comme vous disiez,
10:43l'infirmière libérale
10:44ou l'artisan
10:45qui doit prendre sa voiture
10:45tous les jours,
10:46qui n'a pas forcément
10:47une grosse voiture,
10:48vous n'allez pas forcément
10:49aider les bonnes personnes.
10:50Et donc, aujourd'hui,
10:51il y a quand même une histoire
10:51qui s'appelle
10:52la question budgétaire,
10:54les déficits publics,
10:55nos engagements.
10:56Et donc, on voit
10:56que le gouvernement français,
10:57d'ailleurs,
10:58parmi les pays européens
10:59et les autres,
11:00même du pays du monde,
11:01est peut-être celui
11:01qui réagit,
11:02un des pays qui réagit le moins
11:03aujourd'hui
11:04à la hausse des prix d'énergie
11:05parce que, effectivement,
11:06la question budgétaire
11:07est plus contraignante
11:08en France actuellement
11:09qu'ailleurs.
11:09Alors, la crise des carburants
11:10est de contaminer l'économie,
11:12de faire bondir l'inflation.
11:13Comment le gouvernement
11:13peut amortir le choc
11:14et préserver le pouvoir d'achat
11:16toujours sans moyens
11:17dans le débat
11:18après l'Essentiel de l'Info
11:19avec Nathalie Michel.
11:20Tout a changé,
11:22bien la chance.
11:22Merci d'écouter RTL.
11:24Toujours le même effet
11:25que tu connais,
11:27que tu connais.
11:29Tu me vois que t'as reconnu,
11:31mourir.
11:31RTL,
11:32votre radio.
11:34RTL Soir
11:35avec Anne-Sophie Lapix.
11:36Il est 19h30,
11:38l'Essentiel de l'Info
11:39avec Nathalie Michel.
11:40Nous n'avons aucune réponse
11:41à toutes nos propositions.
11:43Bilan de la chef de la CGT
11:45après une réunion
11:46entre le ministère de l'Économie
11:47et les syndicats.
11:48La CGT qui réclame
11:49notamment un blocage
11:50des prix à la pompe
11:51et des mesures de soutien
11:52pour les aides à domicile.
11:54Les députés valident
11:55le projet de loi
11:56contre les fraudes sociales
11:57et fiscales.
11:58Le texte a été largement voté
12:00avec les voix notamment
12:01du Rassemblement National.
12:02Les partis de gauche,
12:04eux, ont voté contre,
12:05dénonçant un acharnement
12:06contre les plus précaires
12:07et un flicage
12:08des allocataires.
12:10Cécile Collère
12:10et Jacques Paris
12:11s'attendus en France
12:12dans les prochaines heures.
12:13Le couple d'enseignants
12:14a été définitivement libéré
12:16en Iran
12:16après plus de 3 ans
12:18de détention
12:18et 5 mois
12:19d'assignation à résidence
12:20à l'ambassade de France
12:22à Téhéran.
12:23Et puis,
12:23Paul Sexas,
12:25magistral
12:25sur le tour du Pays Basque.
12:27Deuxième victoire
12:28en deux jours.
12:29Le français s'est imposé
12:30en montagne
12:31et il conforte son maillot jaune.
12:33Merci Nathalie,
12:34on vous retrouve à 20h.
12:37On refait le monde
12:39jusqu'à 20h sur RTL.
12:41Il n'y a plus un fif relâche
12:43chez nous.
12:445% de déficit,
12:455% du PIB,
12:47c'est le pire chiffre
12:48de la zone euro.
12:49Pour la première fois,
12:51on mesure que la France
12:52n'a plus aucune marge budgétaire.
12:54Elle se trouve incapable
12:56de protéger normalement
12:58les catégories
12:58les plus exposées au choc.
13:01C'était François Langlais
13:02ce matin dans son édito.
13:04Benoît Elbrune,
13:05est-ce que ça veut dire quelque chose ?
13:06On n'a plus un fif relâche,
13:08on n'a pas d'argent
13:08quand on est dans une situation pareille.
13:10En fait,
13:10c'est un discours social
13:12qui relève de la propagande
13:13et de la manipulation
13:15parce qu'en fait,
13:16on essaye de régler
13:17des problèmes de structure
13:18avec des sparadraps
13:19et on sait très bien
13:20qu'il faut avoir
13:21un courage politique
13:22qui va consister à dire
13:23que de façon structurelle,
13:26les prix vont augmenter
13:27dans la plupart des catégories
13:29je ne pense pas simplement
13:30à la question du pétrole
13:33mais on a une rare réflexion
13:34des ressources
13:35donc on va peut-être
13:36entrer dans un cycle
13:37de la rareté
13:38et ça veut dire
13:39que le prix
13:40nécessairement va augmenter.
13:42Donc l'inflation
13:42elle va être structurelle
13:43et donc la question
13:44c'est d'abord
13:45de prévenir
13:46les populations
13:47de ce mécanisme
13:48et après
13:49c'est de réfléchir
13:50à des mécanismes
13:52de redistribution
13:52et je ne vois pas
13:54d'autre solution
13:55que de doper
13:57l'état Providence.
13:57J'en connais pas d'autre ?
13:59Il n'y a plus d'argent
13:59mais il va falloir
14:00quand même
14:00il n'y a plus d'argent
14:01quand il faut
14:02aider tel pays
14:03on trouve facilement
14:04de l'argent
14:05quand il faut investir
14:06dans l'intelligence artificielle
14:07on trouve facilement
14:08de l'argent
14:09le président Lula
14:10a fait une tribune
14:11extraordinaire
14:12en octobre
14:12paru dans
14:14des quotidiens internationaux
14:16dans lequel il disait
14:18la faim
14:18est un choix politique
14:20bon ben donc
14:20qu'est-ce qui est important
14:21pour nous ?
14:22C'est de préserver
14:23le budget
14:23et le poste
14:24de monsieur Lecornu
14:25ou c'est d'éradiquer
14:26la pauvreté ?
14:27C'est d'éradiquer
14:28la pauvreté
14:28bien évidemment
14:29Il n'y a pas un consensus
14:30sur le fait
14:31qu'on n'a plus d'argent
14:32et qu'on ne peut plus
14:33en dépenser ?
14:33Non mais ça
14:33c'est un discours
14:35c'est-à-dire que
14:37l'argent
14:37on peut toujours
14:38en trouver
14:39ce qu'il faut
14:39c'est réfléchir
14:40à des effets
14:41de structure
14:42parce qu'en fait
14:43la consommation
14:44c'est des effets
14:44de production
14:45de distribution
14:46et effectivement
14:47d'usage et de consommation
14:48et il faut repenser
14:50complètement le modèle
14:51dans une logique
14:52de raréfaction
14:53des ressources
14:53mais aussi parce que
14:54il faut réfléchir
14:56au partage
14:57des ressources
14:58et de la valeur
14:58c'est-à-dire que
14:59seule une société
15:00plus équitable
15:02produira une société
15:03plus durable
15:04Vous disiez que
15:05ça ne concerne plus
15:05que le pétrole
15:07c'est quoi
15:08le processus
15:09d'ailleurs ?
15:09Comment une crise
15:10du carburant
15:11contamine le reste
15:12de l'économie ?
15:12Mathieu Plannes
15:14Le processus
15:15il est simple
15:15alors d'abord
15:16il faut que
15:16le choc soit durable
15:18et pas juste transitoire
15:19c'est quand même
15:20la grande question
15:20aujourd'hui
15:21est-ce qu'on a un épisode
15:22d'augmentation
15:23des prix de l'énergie
15:24qui pourrait retomber
15:25et se renormaliser
15:25par exemple en 2027
15:27ou alors
15:27est-ce qu'on est parti
15:28dans une escalade
15:30notamment sur ces prix-là ?
15:31Les gens qui ont des infrastructures
15:33qui sont très emblommagées
15:34de toute façon
15:34on nous dit que ça prendra du temps
15:35Bien sûr
15:36ça va prendre du temps
15:36mais il y a
15:39si par miracle
15:40les trois normaux
15:40se relibéraient
15:41etc.
15:41qu'il y avait une circulation
15:43des barils
15:44ça pourrait changer
15:45un certain nombre
15:45de choses
15:47et donc c'est vrai
15:48que ce qu'il faut dire
15:48c'est qu'aujourd'hui
15:49tous les prix de l'énergie
15:50travaillent sur différents types
15:51de scénarios d'énergie
15:52et qui n'ont pas du tout
15:53les mêmes répercussions
15:53sur l'inflation
15:55Et ça n'a pas commencé
15:55l'inflation là ?
15:56Si si ça a commencé
15:57mais sûrement
15:57on est passé de 0,9 à 1,7
15:59ce qui est assez important
16:01mais si vous voulez
16:02on n'est pas
16:02voilà
16:02l'escalade spirale inflationniste
16:04et sa transmission
16:05sera plus ou moins forte
16:06en fonction du choc initial
16:07ce qu'il faut savoir
16:08c'est que dans un premier point
16:09effectivement
16:10ça va être transmis
16:11par le prix à la pompe
16:13des hydrocarbures
16:14et après vous le retrouvez
16:15dans les coûts de production
16:15et dans les coûts de production
16:17c'est dans le transport
16:18et donc effectivement
16:18tout le monde va utiliser du transport
16:20y compris dans les entreprises
16:21même de services
16:21vous avez toute l'industrie
16:23qui va être très énergivore
16:24qui consomme du pétrole
16:25et donc vous allez le trouver
16:26dans les prix de production
16:26y compris des biens manufacturés
16:28et puis après
16:28vous pouvez le retrouver
16:29au niveau mondial
16:30y compris dans vos exportations
16:31et vos importations
16:32et puis après
16:32vous avez quelle réaction
16:34des revenus à ça
16:35et ça ça a été dit
16:36est-ce que les prestations sociales
16:37sont indexées ou pas
16:38donc les retraites sont revalorisées
16:39les minima sociaux
16:40comment les salaires réagissent
16:42le SMIC
16:42il faut savoir que le SMIC
16:43est réaugmenté
16:44dès qu'il y a 2% d'inflation
16:47vous avez pris de 2%
16:47il est automatiquement revalué
16:49et puis après
16:50les discussions dans les entreprises
16:51dans les négociations salariales
16:52et donc c'est ça
16:52ce qu'on appelle
16:53une forme de boucle prix-salaire
16:54qui peut s'instaurer
16:56qui est assez logique
16:57et puis la transmission
16:57de tout ça
16:58donc c'est vrai que
17:00il y a pour le moment
17:01encore beaucoup d'éléments
17:03sur la table
17:03pour le moment
17:03on est au début d'un choc
17:05mais on ne sait pas encore
17:06comment il va se transmettre
17:07et quelle va être sa durée
17:08parce qu'en fait
17:08on vit dans une société
17:09du tout plastique
17:10le plastique c'est le pétrole
17:12donc il faut parler aussi
17:15des emballages
17:15le packaging
17:16même les matériaux
17:18pour les voitures
17:19donc ça pose la question
17:20de savoir
17:22vers quel modèle
17:23de consommation
17:25on veut aller
17:26alors tout à l'heure
17:27je disais que la CGT
17:28voulait donc plafonner
17:29le prix du carburant
17:30mais elle veut aussi baisser
17:30la TVA à 5%
17:32sur tous les produits
17:34de première nécessité
17:35et puis un collectif
17:37d'associations
17:38qui a proposé
17:38la semaine dernière
17:39de plafonner le prix
17:40de vente
17:40de 100 produits alimentaires
17:42essentiels
17:43des produits sains
17:44des produits alimentaires
17:45donc il demande
17:46qu'il soit vendu
17:47à prix coûtant
17:48dans la grande distribution
17:50est-ce que c'est une bonne proposition
17:52Grégory Carré ?
17:53alors c'est une tentative
17:55de réponse
17:55mais ça reste quand même
17:56quelque chose
17:57d'une portée
17:59question bien sûr
17:59au directeur de l'observatoire
18:00de l'UFC
18:03donc ce sera
18:03d'une portée
18:04très très limitée
18:04en fait ça part du constat
18:07quand on parlait
18:08de quel est l'impact
18:09des hydrocarbures
18:11ou de l'inflation
18:12dans les hydrocarbures
18:13sur le reste de l'économie
18:14on l'a observé
18:15en 2022
18:152022
18:16flambé des prix de l'énergie
18:18et alors
18:19on a oublié
18:20il y a le poste de chauffage
18:21des ménages
18:22qui va bouger
18:23donc première chose
18:24le fuel
18:24déjà il a flambé
18:25le fuel
18:25il est à 40%
18:26plus cher qu'il y a un an
18:27donc les gens qui doivent
18:29remplir la cuve du fuel
18:30je ne vais pas vous dire
18:31que ce n'est pas le moment
18:31en tout cas c'était moins
18:32le moment qu'avant
18:33et je ne sais pas
18:33ce que va devenir
18:34en effet
18:35le prix du fuel
18:36dans les mois à venir
18:37on a très peur
18:38sur les tarifs du gaz
18:39parce que le droit d'Hormuz
18:40c'est aussi le canal
18:41de sortie du gaz
18:43et puis le gaz
18:44il faut savoir
18:45que ça sert à faire
18:45effectivement
18:46tous les engrais
18:46et oui
18:47c'est très étonnant
18:48mais les engrais
18:48effectivement
18:49on a besoin de beaucoup de gaz
18:50donc le prix des engrais
18:51des engrais
18:51commence à flamber
18:52les agriculteurs
18:53commencent à dire
18:54nous il va falloir
18:54qu'on répercute les prix
18:55et donc toute l'industrie
18:57agroalimentaire
18:58dit nous aussi
18:59il va falloir
18:59qu'on répercute les prix
19:00parce que les produits
19:02des matières premières
19:03augmentent
19:03parce qu'il y avait eu
19:04des négociations
19:06avec des prix
19:06mais évidemment
19:07c'est indépendamment
19:08de l'augmentation
19:09des prix
19:10entre distributeurs
19:12industriels
19:12de l'agroalimentaire
19:13effectivement
19:13on s'engage
19:13sur les prix de l'année
19:15or
19:16inflation des matières premières
19:172022-2023
19:18les prix ils augmentaient
19:19tous les mois
19:20nous on faisait
19:20des relevés de prix
19:21en magasin
19:21c'était spectaculaire
19:22le panier il augmentait
19:23tous les rayons augmentaient
19:24et donc il y a
19:25une très forte crainte
19:26que les prix alimentaires
19:27soient touchés
19:28d'ici quelques mois
19:30et ce qui s'est passé
19:31en 2022
19:31quand les consommateurs
19:32ont vu une augmentation
19:33des prix en grande surface
19:34c'est un signal
19:35qui est très fort
19:36pour les consommateurs
19:37ils ont deux stratégies
19:38soit ils consomment moins
19:40soit ils consomment moins cher
19:41ils consomment moins cher
19:42ça veut dire qu'ils vont
19:43retirer certains produits
19:44la viande
19:44qui coûtait cher
19:45remplacée par des oeufs
19:46mettre des marques
19:47de distributeurs
19:48à la place de marques nationales
19:49et consommer moins
19:50c'est ce qu'on a vu
19:51dans les fruits et légumes
19:51et ça c'est pas une bonne nouvelle
19:52et notamment dans les ménages
19:54plus modestes
19:54qui sont ceux
19:55qui consomment
19:55le moins de fruits et légumes
19:57et bien ils ont décidé
19:58de retirer des fruits et légumes
19:59c'est pour ça
19:59qu'il faut essayer
20:00de sanctuariser un peu
20:02des prix des fruits et légumes
20:03qui soient à un prix accessible
20:05parce qu'il y a des conséquences
20:06donc c'est une bonne idée
20:06de bloquer
20:07de vendre à prix coûtant
20:08certains produits
20:09pour qu'ils soient accessibles
20:10à tout le monde
20:11c'est la santé des enfants
20:12à moyen terme
20:13qui va être impactée
20:14l'Etat peut le décider
20:14ces produits là maintenant
20:16mais non parce que
20:17nous ne sommes pas
20:17dans une économie administrée
20:19nous sommes dans une économie libérale
20:20donc vous ne pouvez pas
20:21obliger un distributeur
20:22à vendre à prix coûtant
20:24il le fait parfois
20:25parce qu'il se rattrape
20:26sur certains produits
20:26la seule chose qu'il n'a pas le droit de faire
20:26c'est de vendre à perte
20:28même si on peut évidemment
20:29contourner cette loi facilement
20:31donc on ne peut pas
20:33obliger un distributeur
20:34et vous avez remarqué
20:35que ce n'est plus du tout
20:38le politique qui prend la parole
20:39ce sont les distributeurs
20:41en fait qui phagocytent
20:42depuis les années 70
20:43tout le discours
20:44sur la consommation
20:46le prix et le pouvoir d'achat
20:47il faut que le politique
20:49reprenne la main
20:49alors s'il n'y a pas de prix administré
20:51comment il fait
20:51pour reprendre la main
20:53proposer des mesures
20:54de structure
20:55réfléchir à ce que
20:55signifie vivre
20:56dans une société de consommation
20:58et encore une fois
21:00penser à des mesures
21:01de redistribution
21:02je parlais tout à l'heure
21:03de la carte vitale alimentaire
21:04je pense que ça
21:05c'est un vrai projet
21:06alors on va
21:07on va évoquer
21:08d'autres mesures
21:09d'autres possibilités
21:10pour l'état d'intervenir
21:11pour essayer d'aider
21:12un petit peu
21:13le pouvoir d'achat
21:14des français
21:15juste après la pause
21:36comment redonner du pouvoir d'achat aux français
21:38sans dépenser un centime
21:41c'est l'équation compliquée du gouvernement
21:43et bien en les incitant par exemple à piocher dans leur bas de laine
21:46mais si c'était simple
21:47on va voir si ça peut marcher avec nos invités
21:49Mathieu Plan
21:49économiste directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE
21:53Grégory Carré
21:54directeur de l'observatoire de la consommation de l'UFC
21:57que choisir
21:57et Benoît Elbrune
21:59philosophe et professeur à l'ESCP
22:01business school
22:01co-directeur de l'observatoire
22:03marque imaginaire de la consommation et politique
22:06à la fondation Jean Jaurès
22:08On refait le monde sur RTL
22:11Nous faire croire que nous allons avoir plus de pouvoir d'achat
22:15en utilisant notre propre argent
22:17les chèques restaurants
22:18c'est moi qui les paye
22:20et mon entreprise
22:20je ne comprends pas ce type de raisonnement
22:22ce n'est pas de l'argent rétrocédé par le gouvernement
22:26Alors ça c'est Laurent
22:27sur le répondeur d'RTL
22:30il fait référence à ces tickets restaurants
22:32qu'on peut déjà utiliser
22:34dans les grandes surfaces
22:36dans les petites surfaces
22:38le ministre des PME du commerce
22:40veut pérenniser ça
22:41et puis surtout il veut permettre
22:42aux gens d'utiliser
22:44leurs tickets restaurants
22:45le dimanche
22:46est-ce que c'est une arnaque
22:48ou est-ce que finalement
22:48ça peut débloquer des situations
22:50aider un peu les consommateurs ?
22:53UFC que choisir va nous répondre
22:55C'est là c'est vraiment dans la petite mesure
22:57mais c'est l'illustration effectivement
22:58que vraiment le gouvernement
23:00a très peu de flèches dans son carquois
23:03il a vraiment des difficultés à aller très loin
23:05et j'ai quand même envie de dire
23:07qu'il y a intérêt quand même à réagir
23:09parce que si je me réfère encore
23:10je suis désolé à l'exemple 2022-2023
23:13les consommateurs face à l'inflation
23:15vraiment se sont serrés la ceinture
23:16et qu'est-ce qu'on a découvert à la fin de l'année
23:18que les recettes de TVA n'étaient pas du tout au rendez-vous
23:20et du coup le déficit était encore plus important
23:23donc des fois
23:23c'est pas mal d'essayer de maintenir un peu la machine
23:27un pour que les ménages vraiment modestes
23:29puissent maintenir une consommation satisfaisante
23:32notamment en fruits et légumes
23:33et deux parce que dans un deuxième temps
23:35ils risquent de le payer
23:35là c'est quand même un peu une mesurette
23:37effectivement
23:38cet argent c'est pas du tout l'argent de l'Etat
23:40c'est des choses entre les entreprises
23:43et après c'est les restaurateurs
23:45qui vont râler
23:46ils vont dire déjà
23:46ils sont pas très contents qu'on puisse acheter ça
23:48il n'y en a plus un ticket restaurant d'ailleurs
23:50c'est le ticket restauration
23:51enfin oui c'est ça
23:52le ticket restaurant est une marque
23:54les chèques déjeuners etc
23:55enfin il y a plein de marques
23:56titre, voilà c'est plus le nom
23:57titre restaurant
23:57titre, je ne sais plus comment ça s'appelle
23:58enfin bref
23:59on sait, en tout cas
24:00vous vous disiez
24:01on s'est rendu compte tout d'un coup
24:02que les gens avaient restreint leurs achats
24:03on sait aussi que les français épargnent beaucoup
24:05et beaucoup trop
24:0718,3% de leurs revenus en moyenne
24:10alors évidemment
24:11la tentation c'est d'aller taper dans cette épargne
24:14et notamment taper dans l'épargne salariale
24:17alors tout le monde n'en a pas évidemment
24:18mais ça représente 230 milliards d'euros
24:21est-ce qu'on peut rappeler de quoi il s'agit ?
24:23qu'est l'épargne salariale Mathieu Plann ?
24:25l'épargne salariale c'est effectivement
24:27alors c'est d'abord pas tous les salariés
24:29mais c'est une épargne que certains salariés
24:31ont pu se constituer au cours du temps
24:33par des mécanismes d'abondement
24:34d'intéressement, de participation
24:36dans les entreprises
24:37qui facilitent cette épargne
24:40et donc c'est vrai que c'est un bas de laine
24:41qui est assez important
24:43mais j'allais dire
24:44au-delà de ça
24:45il faut savoir qu'en France
24:46aujourd'hui
24:46les niveaux d'épargne sont extrêmement élevés
24:48vous avez rappelé
24:49un peu plus de 18%
24:51avant le Covid
24:51on était plutôt entre 14 et 15
24:54donc on est un peu dans ce paradoxe
24:55mais qu'on arrive à comprendre
24:56avec des problématiques de pouvoir d'achat
24:57très fort
24:58et des niveaux d'épargne très élevés
24:59et on fait partie désormais
25:01des pays
25:01qui épargnons le plus au monde
25:03on est passé même devant les Allemands
25:04ce qui est quand même historique
25:06parce que les Allemands sont connus
25:06pour épargner
25:08beaucoup
25:08donc ça montre aussi
25:10que les gens vont pas taper forcément
25:11dans leur bas de laine
25:12pour consommer plus
25:13c'est-à-dire qu'ils vont pas compenser
25:15ce choc inflationniste
25:16en consommant plus
25:16au contraire
25:17ils sont inquiets
25:18et ils ont épargne pièce
25:18et donc ils vont se serrer la ceinture
25:20il faut savoir qu'aussi
25:21dans cette épargne
25:22vous avez des gens
25:22qui sont très différents
25:23l'épargne est quand même
25:24très concentrée
25:24plutôt sur les revenus
25:25donc vous avez 30%
25:27des ménages
25:28qui concentrent une grosse partie
25:29de cette épargne
25:29beaucoup d'autres
25:30en ont moins
25:32mais clairement
25:33on voit pas
25:33les ménages
25:34en tout cas
25:34compenser cet effet-là
25:35ce qu'il faut savoir aussi
25:37c'est que
25:37quand on dit
25:38des épargnés
25:39ça fait plus de pouvoir d'achat
25:40c'est pas vrai
25:41c'est quand on a du revenu
25:42du pouvoir d'achat
25:43soit on le consomme
25:43soit on l'épargne
25:44donc en fait
25:45cette épargne
25:46c'est du pouvoir d'achat
25:47non consommé
25:47d'avant
25:48donc il faut quand même
25:49avoir en tête
25:49qu'en fait
25:50redistribuer de l'épargne
25:51c'est pas un supplément
25:52de pouvoir d'achat
25:52c'est juste que vous avez utilisé
25:53ce que vous avez mis de côté
25:55pour qu'il y ait plus de pouvoir d'achat
25:56il faut aussi qu'il y ait plus de revenus
25:57et pour qu'il y ait des revenus
25:58il faut qu'il y ait soit plus de salaire
26:00soit plus de prestations
26:01soit plus de revenus financiers
26:02pour le moment
26:02c'est pas le cas
26:03ou des baisses de fiscalité
26:04donc là il y a une proposition de loi
26:06qui a été examinée aujourd'hui
26:07au Sénat
26:07pour permettre aux Français
26:08de débloquer leur épargne
26:11alors pour l'instant
26:11il y a plusieurs motifs
26:12de déblocage
26:13plusieurs enfants
26:14l'achat d'un appartement
26:16là ce serait
26:17hop
26:17on débloque 5000 euros
26:18d'un coup sans condition
26:20de revenus
26:21et de projets
26:23on peut en plus
26:24cette épargne
26:24aller le mettre ailleurs
26:25en fait
26:25on peut le mettre
26:26sur un support
26:26qui est
26:27plus accessible
26:29est-ce que c'est du flan
26:30tout ça en fait
26:31du flan je sais pas
26:32c'est une entouroupe
26:33parce que c'est encore une façon
26:34de ne pas régler le problème
26:36qui est un problème structurel
26:38parce que de toute façon
26:39là on a un raisonnement
26:40qui est conjoncturel
26:41moi je pense que
26:42le problème est structurel
26:44au-delà de ce qui se passe
26:45en Iran
26:45la hausse des prix
26:46est structurelle
26:47pour des raisons
26:49de raréfaction des ressources
26:50donc il faut repenser
26:51complètement le modèle
26:52vous dire que la crise
26:53n'a rien à voir avec ça
26:55les prix ils sont
26:55moi je ne crois pas du tout
26:55à la question de la crise
26:56je pense qu'il faut
26:57que les médias arrêtent
26:58de parler du déficit
26:59et du budget
27:00ce n'est pas le sujet
27:01le sujet c'est l'équité
27:03c'est la pauvreté
27:04c'est la famine
27:04c'est ça les vrais sujets
27:05et si on veut combattre
27:07ces maux
27:07il faut des mesures
27:09de structure
27:09et aujourd'hui
27:11les politiques
27:11ne s'intéressent pas
27:12à ces questions de structure
27:13d'ailleurs nous n'avons pas
27:14de ministre de la consommation
27:16monsieur Papin
27:17s'occupe du pouvoir d'achat
27:18le pouvoir d'achat
27:19ça ne veut absolument rien dire
27:20c'est un oxymore
27:21j'ai expliqué ça
27:22dans un petit livre
27:23ce qui est important
27:24c'est le pouvoir
27:25de vivre décemment
27:27et d'ailleurs
27:28je rappelle que
27:29consommer
27:29ce n'est pas simplement acheter
27:30c'est-à-dire qu'on a une société
27:32qui nous donne aussi
27:36l'éducation
27:37la santé
27:38des biens culturels
27:39c'est tout ça
27:39la consommation
27:40pour ça ce qui est important
27:41ce n'est pas simplement
27:42de parler des prix
27:43c'est de parler du revenu
27:44disponible
27:45et de ce qu'on appelle
27:46la part arbitrable
27:47du revenu
27:48et c'est sûr que
27:48cette part arbitrable
27:49elle a tendance
27:50à diminuer
27:51donc il faut envisager
27:53des mesures de structure
27:54pour essayer
27:55d'augmenter
27:56l'autonomie
27:57et la capacité
27:58de choix
27:58des individus
27:59c'est quoi ces mesures
28:00de structure ?
28:00moi je vous dis
28:01je pense que c'est
28:02l'état provident
28:03c'est-à-dire qu'il faut
28:04déjà assurer
28:05le minimum
28:06aux nécessiteux
28:06c'est important
28:07il y a 14%
28:08des français
28:09qui vivent
28:10dans une situation
28:10de pauvreté
28:11de précarité
28:12c'est absolument
28:13inadmissible
28:14dans un pays
28:14comme la France
28:15donc ça
28:15c'est une urgence
28:16absolue
28:16beaucoup plus important
28:18que le déficit
28:18et puis après
28:19il faut repenser
28:20des mécanismes
28:22de production
28:23de distribution
28:24c'est tout le système
28:25qui est à changer
28:26aujourd'hui pour vous
28:27le gouvernement
28:28il a des moyens
28:29ou il n'a pas de moyens
28:29je veux dire pas seulement
28:30d'argent
28:31est-ce qu'il a les moyens
28:31d'agir ou pas ?
28:32le gouvernement
28:33n'a pas de projet
28:33puisque le seul projet
28:34de monsieur Lecornu
28:35c'est de rester en place
28:36jusqu'à mai 2027
28:37mais il n'y a absolument
28:38aucun projet
28:39la France est à l'arrêt
28:40et en fait
28:41on a des discussions
28:42de Gaulois
28:42parce que dans les autres pays
28:44les Allemands
28:45les Anglais
28:45ne descendent pas dans la rue
28:47quand l'essence augmente
28:48le gazole
28:49c'est un bien inflammable
28:50au sens propre et figuré
28:51c'est-à-dire que
28:53si vous comparez
28:54par exemple
28:54l'évolution du prix
28:55du paquet de cigarettes
28:56il a été multiplié
28:57par 2,5 en 15 ans
28:59pour des raisons
29:00tout à fait compréhensibles
29:02c'est la seule façon
29:03de faire en sorte
29:04que les gens fument moins
29:05ou arrêtent de fumer
29:07si vous vous mettez
29:08à la place de quelqu'un
29:09qui fume un paquet par jour
29:10et qui prend sa voiture
29:11pour aller travailler
29:11je pense que
29:12les deux budgets
29:13sont à peu près équivalents
29:14jamais les gens
29:15vont descendre dans la rue
29:16pour manifester
29:17contre l'augmentation
29:17du prix du tabac
29:20donc encore une fois
29:21on est sur la gestion
29:22du symbolique
29:22et on a des hommes politiques
29:24qui ne sont pas capables
29:25de gérer le symbolique
29:26tout simplement
29:27parce qu'il n'y a pas
29:27de réflexion sur ce sujet
29:28et il n'y a pas de projet
29:30Grégory Carré
29:31aujourd'hui
29:32est-ce que les français
29:33arbitrent en permanence
29:35dans leurs achats ?
29:36Oui, oui, et d'ailleurs
29:38les consommateurs étaient encore
29:40dans une phase d'adaptation
29:41de l'inflation 2020
29:42ça a commencé mi-2021
29:43d'ailleurs sur l'énergie
29:45les consommateurs
29:46étaient encore en train
29:46d'adapter leurs consommateurs
29:47et arrive
29:48le deuxième coup d'inflation
29:51quand on mesure l'inflation
29:53nous on est toujours
29:53un peu au-dessus de l'INSEE
29:54toujours au moins
29:55un point au-dessus
29:56de l'INSEE
29:57là, ce qu'on a mesuré
29:58au mois de mars
29:58c'est déjà plus élevé
29:59que tout ce qu'on a mesuré
30:00depuis 18 mois
30:01donc on voit qu'elle est déjà
30:02en train de reprendre
30:02juste sur le prix des carburants
30:04et quand les consommateurs arbitrent
30:06ils vont arbitrer
30:07sur plein de dépenses
30:08et alors que choisir
30:09on fait beaucoup de tests
30:10en électroménager
30:11en équipement de la maison
30:12en auto, etc.
30:13et on voit bien
30:14on suit tous les marchés
30:15on voit bien
30:15que ces demandes
30:17cette consommation
30:17est en train de se compresser
30:18depuis quelques années
30:19Et ça commence par quoi
30:20quand on arbitre ?
30:21Alors, ça commence par l'alimentaire
30:22ça commence par les carburants
30:23non, non, pardon
30:24ça commence par les carburants
30:25et par l'énergie
30:25alors comment on arbitre ?
30:27Déjà, le kilométrage
30:29par français
30:30il diminue
30:30au cours du temps
30:31donc on prend
30:31un peu moins la voiture
30:33qui ne peut pas faire de mal
30:34Oui, mais ce qui est souvent
30:35par contrainte
30:35c'est-à-dire que des gens
30:36qui habitent un peu loin
30:37ils vont prendre un peu plus
30:38les transports en commun
30:39faire du covoiturage
30:41limiter les déplacements
30:42Deuxième chose
30:43sur le chauffage
30:43alors là, il fait très chaud
30:44on a de la chance
30:45mais en 2022
30:46il nous avait dit
30:46il chauffait moins
30:47et il chauffait moins de pièces
30:49Enfin, ça c'est voilà
30:50c'était ce que nous disaient
30:51les consommateurs
30:52Bien sûr, ce n'est pas
30:53de l'investissement à long terme
30:54c'est-à-dire qu'on ne rentre pas
30:55dans des problématiques
30:56d'isoler son logement
30:57ça c'est inaccessible
30:58c'est trop cher
30:59de mettre une pompe à chaleur
31:00c'est trop cher
31:00et donc c'est peut-être pour ça
31:01qu'en voulant libéraliser
31:02un peu l'épargne
31:04il y a l'idée peut-être
31:04d'aider les gens à investir
31:05pareil pour la voiture
31:06on dit il faudrait peut-être
31:07prendre une voiture électrique
31:09mais prendre une voiture électrique
31:10on n'a jamais vendu
31:11aussi peu de voitures
31:12avant on vendait
31:13quasiment aux particuliers
31:142 millions de véhicules
31:15neufs par an
31:15aujourd'hui on vend
31:16aux particuliers
31:18j'enlève les flottes professionnelles
31:191 million de véhicules
31:20parce qu'elles sont trop chères
31:22en revanche
31:23les voitures d'occasion
31:24c'est 5 millions
31:24et c'est des voitures
31:25qui ont 11 ans
31:26la moitié sont au diesel
31:27vous voyez
31:27il y a un décalage
31:28entre le discours officiel
31:29et effectivement
31:30est-ce que les français
31:30peuvent se payer
31:31et ils arbitrent aussi
31:33pour répondre à votre question
31:34dans d'autres secteurs
31:35l'équipement de la maison
31:36l'électroménager
31:37alors ça peut être bien
31:38mais on renouvelle un peu moins
31:39nous on a vu
31:40on teste la fiabilité
31:41de l'électroménager
31:42en estimant la durée de vie
31:43des produits
31:44elle est en train
31:44de se prolonger un peu
31:45c'est-à-dire que le vieux frigo
31:46qui est un peu branque-ballant
31:48on va le garder
31:49on va l'amener un peu plus longtemps
31:51on va garder ce changement
31:54pour des jours meilleurs
31:56et bien il y a aussi
31:57d'ailleurs
31:57d'ailleurs c'est pas moi
31:58de parler à leur nom
31:59mais les professionnels
31:59du coup eux constatent
32:00effectivement que les rayons
32:01se vident
32:02je pense que Fnac Darty
32:03ça va pas très très bien
32:05je pense qu'il y a
32:06tout le secteur
32:07effectivement
32:08de l'automobile
32:09qui se pose des questions
32:10et donc
32:11on était déjà
32:12dans une phase d'arbitrage
32:13qui n'était pas réglée
32:14là je pense qu'on va
32:15y repartir
32:15et que psychologiquement
32:16on réagit d'ailleurs
32:17beaucoup plus
32:18beaucoup plus fort
32:19qu'on ne devrait
32:19c'est à dire que
32:20on n'a pas envie de consommer
32:22donc on va aller encore plus
32:24vers l'État
32:24et bien merci beaucoup
32:25d'être venu
32:27sur ce plateau
32:29débattre
32:29demain Thomas Soto
32:30recevra Jean-François Copé
32:31maire Les Républicains
32:32de Maux
32:33et auteur de
32:33Quand les populistes
32:34trahissent le peuple
32:35chez Plon
32:36quant à Marc-Olivier Fogel
32:37il accueillera
32:38Christine Ocrent
32:39journaliste et auteur du livre
32:40Le Trump de A à Z
32:42aux éditions de Noël
32:43il est l'heure de retrouver
32:44André Dusselier
32:45Bonsoir André
32:46quelle belle histoire
32:47allez-vous nous raconter ce soir
32:48Bonsoir Anne-Sophie
32:49ce soir je vais vous raconter
32:51Clint Eastwood
32:52du western
32:53à l'inspecteur Harry
32:55vous allez découvrir
32:56l'homme derrière la légende
32:58à tout de suite
32:59sur RTL
33:00Merci André
33:01à tout de suite
33:03RTL
33:03votre radio
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