00:01En portefeuille, oui, on va parler un petit peu d'allocation, qu'est-ce qu'il faut faire aujourd'hui
00:05?
00:05Sachant que c'est vrai que c'est compliqué de faire une émission, sans parler d'intelligence artificielle,
00:10avec toujours beaucoup de volatilité liée notamment aux valeurs liées au second conducteur,
00:15on le voit notamment depuis vendredi, et la très forte volatilité, notamment sur l'indice de Philadelphie,
00:20qui a perdu 10% vendredi et qui a repris un peu plus de 5% hier.
00:24Bonjour Olivier Lévy.
00:25Bonjour Étienne.
00:26Président de Lévy Capital Partners.
00:28Oui, alors on va essayer de parler des marchés sans parler que de l'intelligence artificielle,
00:32parce que dans un portefeuille, on ne peut pas que avoir des valeurs liées à l'intelligence artificielle.
00:37Comment vous regardez un petit peu ce qui se passe sur les marchés ?
00:39Encore ce matin, c'est poussif en Europe, et puis du côté de l'Asie, du côté des États-Unis,
00:43on a une énorme volatilité avec ces valeurs liées aux semi-conducteurs qui prennent une place énorme dans les indices,
00:49avec des capitalisations boursières qui sont juste stratosphériques.
00:52Encore SKINX ce matin, plus 10%, ça pèse 1000 milliards,
00:55donc c'est vrai que c'est compliqué de faire l'impasse et de ne pas en parler.
00:58Oui, c'est compliqué de ne pas en avoir, par contre il faut raison garder, il faut pouvoir écréter, en
01:02bonne gestion.
01:03Les marchés sont nerveux, resteront volatiles,
01:07dans l'attente effectivement de ce que les banques centrales vont faire fin de semaine.
01:12Le Moyen-Orient est dans la séquence, là aussi,
01:16donc cela rajoute du stress, alors que si on regarde sur le long terme,
01:20de l'inflation il y aura, et il faut savoir s'en protéger.
01:23Donc nous, dans nos portefeuilles, on reste sur des positions très solides,
01:28où on a des actions qui ont un véritable pricing power sur le long terme.
01:33On a des obligations qui nous protègent de l'inflation, comme les OATI,
01:38qui là aussi s'indexent sur l'inflation.
01:41On a des actifs réels, qu'on joue et qu'on surjoue.
01:45On a beaucoup de matières premières aussi,
01:47donc là aussi on se laisse porter par la volatilité,
01:50mais sur le long terme on a besoin de cette décorrélation apportée par les matières premières.
01:55Quand vous parlez des matières premières, c'est du pétrole, c'est de l'or, c'est des minerais,
02:01c'est très large les matières premières.
02:02On dit souvent les hard et les soft commodities,
02:05c'est-à-dire aussi bien les matières premières agricoles
02:08que des matières premières type pétrole ou de l'or, le nickel,
02:13pour se couvrir et pour jouer la tendance ou la raréfaction de ces matières sur le long terme.
02:18On nous a souvent dit qu'il y avait le peak oil,
02:20c'est-à-dire qu'on serait sur la fin du pétrole,
02:23mais en fait on ne le voit pas,
02:24puisque les grandes économies continuent à utiliser l'énergie fossile massivement.
02:31Donc on continue, pour certaines poches, à jouer effectivement ces matières premières.
02:37Dans un family office, on est là sur du temps long,
02:39on n'est pas là pour faire de la spec ni du trading.
02:41Néanmoins, on l'a vu depuis le début de l'année,
02:43il y a eu quand même beaucoup de revirements.
02:46En termes de conviction, comment ça a évolué ?
02:48Est-ce que vous avez pris des billets nouveaux ?
02:51Est-ce qu'il y a certaines positions que vous avez arrêtées ?
02:53Comment ça s'est déroulé ?
02:54On arrive bientôt à la fin du premier semestre.
02:57Ça n'a pas été un long fleuve tranquille pour l'instant ?
02:59Non, vous avez raison, mais on reste arc-bouté sur nos convictions,
03:05où effectivement l'inflation n'est pas morte,
03:07et ça joue sensiblement,
03:09puisque chez les V-Capital Partners,
03:10on doit neutraliser l'inflation, la fiscalité,
03:14et le train de vie de nos clients.
03:15Donc effectivement, l'inflation est un des moteurs de protection,
03:19de performance que sais-je,
03:20pour effectivement jouer cette tendance-là.
03:22Il faut être sur des tendances longues,
03:24et de facto, effectivement,
03:26c'est sur un portefeuille obligataire,
03:29mitiger la sensibilité et la duration des portefeuilles,
03:32à l'aune des nouveaux taux.
03:34Les taux, il y a encore quelques années, étaient très bas.
03:36Le 10 ans français a fait une pointe à 4%.
03:38Il y a encore 10 jours,
03:40on est revenu à 3,60, 3,70.
03:42Donc, et c'est peut-être pas fini,
03:44puisqu'on a eu un moment en Angleterre très douloureux,
03:48très douloureux, le moment listresse,
03:50où là aussi, les marchés financiers n'ont pas aimé
03:52la politique gouvernementale anglaise en son temps,
03:55quid de la politique française, à l'aune des élections.
03:58Donc, on n'est pas à l'abri que les taux puissent,
04:01là aussi, continuer à progresser.
04:02Et puis, mécaniquement, il semblerait que les banques centrales
04:06hauchent leurs taux bientôt.
04:08Avec notamment la BCE, qui est attendue au tournant jeudi.
04:11Donc, plutôt sur la duration courte ?
04:13Courte, ou pourquoi pas forcément.
04:15Il y a des choses aussi très longues.
04:16On doit faire preuve d'audace aussi.
04:19Quand vous avez du Bundis 30 ans qui sert des taux très sympathiques,
04:23bon, ben voilà, on a des convictions sur l'Allemagne
04:25qui a une structure bilancielle exceptionnelle.
04:27Ce n'est pas l'Italie, ce n'est pas la France.
04:28En termes actions, ça ressemble à quoi aujourd'hui,
04:30la poche actions, que ce soit en termes sectoriels,
04:33mais aussi géographiques ?
04:35Toujours concentré sur les US pour les moteurs de performance
04:39que vous l'avez mentionné en début,
04:40l'intelligence artificielle, la technologie, le cloud et autres.
04:44Ils sont incontournables.
04:45Incontournables, malgré la hausse de l'année ?
04:47Oui, parce que vous avez des faiseurs.
04:49Donc, les grands faiseurs, les alphabètes, les Microsofts,
04:52seront encore là dans quelques années,
04:54parce qu'elles prennent, là aussi, les bonnes décisions.
04:59Quand bien même, il y a beaucoup, effectivement,
05:01de spéculation autour des data centers et de l'IA.
05:04En Europe, on continue à être sur des sociétés comme, par exemple, Safran,
05:09qui va profiter des lois de programmation militaire.
05:11On l'oublie, mais bon, eux, ils ont, là aussi, un boulevard dans le civil et le militaire.
05:17Donc, ça, c'est pour des grandes capitalisations.
05:19Sur des petites, il y a beaucoup de sociétés qui sont très délaissées
05:22ou des situations spéciales.
05:24Et je pense à la santé, comme Boiron,
05:26qui avait, là aussi, une tentative de retrait de la cote il y a deux ans et demi.
05:30Le cours ne vaut pas grand-chose.
05:32Donc, c'est le moment de s'y réintéresser avec des coupons
05:35qui viennent, là aussi, nous conforter dans l'approche.
05:38Quand on a 5-6% de dividendes,
05:40eh bien, ça nous permet d'être patient et de porter notre position.
05:44Diversification, bien sûr.
05:45Ce n'est pas un conseil.
05:46Vous êtes là pour partager un petit peu vos convictions.
05:49Et puis, les foncières.
05:51C'est vrai que les foncières ont bien performé l'année dernière en bourse.
05:55Et puis là, forcément, avec ce contexte inflationniste,
05:58pourquoi pas des banques centrales qui vont remonter leurs taux à plusieurs reprises.
06:02Est-ce que ça ne remet pas un petit peu en cause le modèle des foncières ?
06:05En tout cas, la profitabilité.
06:07Ça ne remet pas en cause le modèle,
06:09puisque sous Mitterrand, les taux n'étaient pas les mêmes,
06:12l'inflation n'était pas la même
06:13et ça n'a pas empêché les foncières de bien se développer.
06:15La question, c'est de trouver celles qui sont sur, là aussi,
06:20les leviers de performance de demain.
06:21Donc, il y a effectivement des moteurs de croissance dans la logistique,
06:25la santé, les résidences étudiantes
06:26que vous ne trouvez plus dans le résidentiel.
06:28Vous avez eu l'effet richesse.
06:30Il y en a qui sont peut-être mieux gérés que d'autres.
06:33Il y en a qui sont mieux géographiquement diversifiés que d'autres.
06:37Vous avez Merci Alice qui est très franco-française.
06:39Vous aviez Unibac qui est européenne et américaine pour 30%.
06:44Vous avez des acteurs comme Clépierre qui sont en Italie et en Scandinavie.
06:47Vous avez des acteurs comme Vonovia qui sont très concentrés sur l'Allemagne
06:50avec un encadrement des loyers.
06:53Donc, vous avez, là aussi, du shopping à faire dans un gisement qui est très petit
06:57parce qu'il n'y a pas beaucoup de foncières cotées en bourse.
06:59Mais ce sont encore les grandes aristocrates.
07:01Cela veut dire quoi ?
07:02Cela veut dire qu'elles vous distribuent un dividende
07:04entre 4, 5, 6 ou 7% selon les années
07:08qui est souvent appréciable.
07:09Et ce sont des sociétés qui ne sont pas toutes endettées.
07:12Là aussi, il y a des sociétés qui avaient fait la restructuration
07:14qui s'imposait il y a quelques années.
07:16Il y en a d'autres qui sont très endettées
07:17comme Around Town en Allemagne,
07:20comme Vonovia en Allemagne
07:22et d'autres qui le sont beaucoup moins,
07:24qui avaient profité, là aussi, pour vendre des actifs
07:27et se désendetter, je pense, à Merci Alice ou Carmilla.
07:30Mais quand vous voyez la remontée des taux longs,
07:31c'est vrai que tout à l'heure, vous parliez du disant français,
07:33le Bund allemand à 3%, etc.
07:35Pour vous, non.
07:36Il faut garder la tête froide et ne pas vendre ses foncières.
07:39Cela ne remet pas en cause la thèse d'investissement.
07:41Comme je vous l'ai dit, il faut pouvoir être sélectif
07:44dans ce gisement-là.
07:45Évidemment, il y a un effet mécanique.
07:47Quand les taux montent,
07:48les gens se désengagent de cette classe d'actifs.
07:51Quand je dis les gens, c'est les ETF.
07:53Quand je dis les gens, il y a des institutionnels
07:55et des investisseurs audacieux qui, eux, y rentrent.
07:58Merci beaucoup, Olivier Lévy.
07:59Il nous a repartagé les convictions de votre famille.
08:01Je rappelle que vous êtes président de Lévy Capital Partners.
08:04Le CAC.
08:04Merci.
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