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  • il y a 1 jour
Ce lundi 1er juin, la valeur apportée par les data centers à la dynamique de réindustrialisation de la France a été débattue par Raphaël Legendre et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à Emmanuel aujourd'hui, c'est Raphaël Lejean.
00:02Donc cette annonce de 75 milliards d'euros pour fabriquer des data centers en France,
00:07jusqu'à 5 gigawatts de capacité, c'est l'équivalent de 5 centrales nucléaires.
00:13Emmanuel, Raphaël, est-ce que le data center, c'est l'avenir de l'industrie en France ?
00:18Emmanuel ?
00:19Non, pas vraiment, parce que le data center en réalité, c'est à la fois peu d'emplois et peu
00:25de valeurs.
00:25Quand on regarde bien, c'est peu d'emplois, parce qu'effectivement, on nous parle de réindustrialisation.
00:31Alors, les data centers, ce n'est pas du tout la réindustrialisation telle qu'elle est fantasmée par les Français,
00:36où on crée des usines, comme on crée des usines automobiles ou aéronautiques.
00:41Le data center, c'est du béton, c'est des serveurs, c'est des transformateurs électriques.
00:45Point barre.
00:45Donc, une fois qu'il est construit, ce n'est pas beaucoup d'emplois.
00:49En plus, ce n'est pas beaucoup de valeurs non plus,
00:53parce que la réalité, c'est que le data center, ce n'est pas du tout le cœur de la
00:56chaîne de valeurs de l'intelligence artificielle.
00:59Les data centers, ils ne produisent pas de l'intelligence artificielle,
01:03ils hébergent de l'intelligence artificielle.
01:06Donc, en gros, ça revient à fournir le foncier, à fournir l'électricité, à fournir les infrastructures,
01:12tandis que tous les géants du digital qui sont pratiquement américains,
01:18américains, voilà, ils ont les algorithmes, ils ont les données, ils ont les brevets, ils ont les bénéfices.
01:22Donc, ils gardent à peu près tout.
01:24C'est eux qui captent la vraie valeur, les Open Eye, les Anthropik, les Google, etc.
01:30Les équipements de ces data centers, je vous rassure, ils ne seront pas non plus très français,
01:34puisqu'on n'a pas énormément...
01:36Alors, on va avoir chénère électrique dans un instant, sur ce plateau.
01:38On va avoir chénère électrique.
01:39Laurent Bataille, vous écoutez dans le couloir.
01:41C'est vrai, mais en dehors de ça, il y a beaucoup d'équipements qui seront étrangers.
01:46Et puis, alors, la consommation d'électrique, c'est super, on a la capacité de production d'électricité,
01:53mais on va rappeler quand même que le problème, ce n'est pas la capacité de production totale d'électricité,
01:58parce que les data centers, ce n'est pas des petits trucs disséminés dans toute la France,
02:01comme ça, qui sollicitent un peu le réseau.
02:04C'est, à certains points du réseau, des consommations gigantesques d'énergie.
02:08Donc, si, en certains points du réseau, vos installations ne sont pas capables de surmonter tout ça,
02:16eh bien, c'est un vrai problème.
02:18Ce n'est pas parce que dans un pays, vous avez beaucoup de nappes phréatiques ou beaucoup de lacs
02:22que vous êtes capables d'alimenter en eau toutes les villes.
02:24Donc, ça pose quand même beaucoup de problèmes.
02:26Donc, c'est positif.
02:28Là, ils vont se coller à Graveline.
02:29C'est une première pièce de l'arrière industrialisation,
02:32mais ça n'est en aucun cas l'incarnation de l'arrière industrialisation.
02:34Raphaël ?
02:35Moi, je ne suis pas du tout d'accord.
02:36Je pense que les data centers, c'est un peu les hauts fourneaux du 21e siècle.
02:39C'est l'infrastructure sur laquelle tout va pouvoir se construire.
02:44C'est comme si on n'avait que les hauts fourneaux.
02:46Il n'y a rien du reste.
02:47C'est comme si vous expliquiez que les hauts fourneaux,
02:49ce n'est que des briques et des fours métalliques et qu'il n'y avait pas de valeur.
02:53C'est faux.
02:54C'est là que le cœur de l'IA va se loger pour les décennies à venir.
03:00Donc, l'investissement, il faut se rendre compte quand même de ce qu'est cet investissement.
03:03Parce qu'on fait valser les milliards comme ça en se disant « formidable, c'est beaucoup ».
03:07Ce n'est pas beaucoup.
03:08C'est le contrat de la décennie qu'on vient de signer là quand même.
03:1175 milliards, c'est trois fois les investissements,
03:15la totalité des investissements directs étrangers en France en 2024, par exemple.
03:22C'est gigantesque.
03:24Donc, peu de valeur, pardon, mais 75 milliards, ce n'est quand même pas une paille.
03:28On fait participer des entreprises européennes.
03:31Schneider, vous l'avez dit, Laure.
03:32Et par ailleurs, ça balaye le débat qu'on avait sur la consommation d'électricité.
03:39Qui était un peu en dessous.
03:41Pour dire qu'on a une consommation qui baisse et qu'on n'a pas besoin d'EPR.
03:44Bon, j'espère que ce débat est définitivement oublié.
03:49On a besoin d'un réacteur par data center.
03:52Grosso modo, un réacteur, c'est un giga.
03:53Un gros data center, c'est un giga.
03:55Et on a là une chance pour rebondir industriellement absolument majeure.
04:00On va avoir une électricité disponible en quantité avec le nouveau programme de construction d'EPR.
04:07Décarbonée, ce qui n'est pas rien.
04:08Alors, ce n'est peut-être pas la préoccupation principale des investisseurs internationaux.
04:13C'est quand même un plus par rapport à tout ce qu'on peut avoir ailleurs autour du monde.
04:17Et en quantité vraiment disponible.
04:20Et en fait, on va bénéficier par ailleurs de tout ce qui faisait notre désavantage jusqu'à maintenant.
04:26C'est-à-dire qu'on va avoir de la main d'œuvre disponible.
04:28C'est comme pour les entrepôts, le taux de chômage est élevé en France par rapport à ailleurs, par exemple
04:32en Allemagne.
04:33Là, on va avoir de la main d'œuvre disponible à très court terme.
04:36On a du foncier disponible à très court terme et une énergie en quantité absolument massive et décarbonée.
04:42Oui, c'est un pilier majeur de la réindustrialisation numérique.
04:46D'abord, ces fameuses nouvelles centrales électriques, je ne sais pas quand est-ce qu'on les aura.
04:52Il faut que ça suive derrière, par contre, on est bien d'accord.
04:54Il y a des gens qui ont déjà des projets de data center aujourd'hui en France
04:57dont on leur dit que leur raccordement, il n'aura pas lieu avant 5 ou 7 ans.
05:02Et puis la question, c'est est-ce que toute cette énergie, toute cette électricité qu'on va produire en
05:06plus en France,
05:08est-ce qu'il est bien intéressant de ne la consacrer quasi exclusivement qu'à faire tourner ces data centers
05:15?
05:15Mais il n'y a pas de conflit de demande, il n'y a pas de conflit de demande aujourd
05:18'hui.
05:19Je veux bien, mais si on vous dit qu'il faut des pompes à chaleur pour tout le monde,
05:22si on vous dit qu'il faut des voitures électriques pour tout le monde,
05:24attends, les anticipations d'augmentation de la consommation, c'est quand même 30% unique.
05:29Donc est-ce qu'on consacre une part très substantielle de cette augmentation de nos capacités
05:35à faire tourner des data centers pour émerger des données étrangères, etc.,
05:39on pourra les utiliser.
05:40Grâce aux data centers, justement, pour récupérer toute chaleur.
05:44Pour sauver, mais encore une fois, est-ce que c'est la meilleure utilisation
05:46de notre électricité supplémentaire par rapport aux besoins ?
05:50On n'arrête pas de nous rabâcher qu'il faut plus de souveraineté.
05:53Si c'est pour aller alimenter des data centers qui vont profiter essentiellement
05:57aux grands étrangers, moi je ne suis pas...
05:59Qui rapportent 75 patates, bien sûr que oui.
06:04On va poser la question à l'eurobataille qui nous attend dans le couloir et qui va d'enjoindre.
06:08Merci beaucoup à tous les deux, on se retrouve demain.
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