- il y a 7 minutes
Un décryptage de l’actualité internationale présenté par Gauthier Le Bret le mercredi à 21h et par Olivier de Keranflec’h le dimanche à 16h : #LHeureInter
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Il est 16h sur CNews, le Flash Info avec Valentin Rouillon. Valentin, bonjour.
00:24Alors nous avons un problème technique mon cher Valentin.
00:28On a un problème de son et visiblement, merci, on fera un point si vous le voulez bien à 17h
00:34tout à l'heure.
00:35Bienvenue chers amis dans l'heure inter, votre rendez-vous dominical pour vous accompagner.
00:40Xenia Fedorova, Xenia bonjour.
00:42A vos côtés Michel Fayal, Michel bonjour.
00:45Régis Le Sommi est également avec nous, bonjour Régis.
00:47Et Dora Abdelrazik du service international de CNews.
00:52Puisque je vous propose pour démarrer de revenir sur la victoire du PSG.
00:57Puisqu'elle est largement commentée dans le monde aujourd'hui.
01:00Plus précisément sur les violences auxquelles on a assisté hier soir.
01:04Dora Abdelrazik et vous avez lu pour nous aujourd'hui la presse internationale.
01:08Oui exactement, je me suis intéressée à la presse européenne en particulier.
01:12Voilà pour voir un peu ce qui s'écrit chez nos voisins.
01:15Alors il faut savoir que la victoire du PSG évidemment elle est commentée un petit peu partout.
01:18Que ça soit en ligne, à la télévision ou même donc dans la presse.
01:23Avec l'Allemagne notamment et le journal The Build qui titre violentes émeutes à Paris.
01:29Avec cette image des forces de l'ordre sur l'esplanade du Trocadéro.
01:33L'article justement parle de scènes déplorables.
01:36Une fête qui dégénère en violence.
01:38Même constat également chez les Italiens avec La Stampa ou encore Corriere della Sera.
01:44Paris plongé dans le chaos avec un bilan tragique.
01:47Un mort, 219 blessés et 416 arrestations.
01:50C'était bien évidemment au moment d'imprimer, de diffuser ce journal.
01:56Puisqu'on sait qu'il y a eu plus d'arrestations.
01:58Les journaux espagnols, l'Ile Monde ou El Paez ou encore Marca parlent d'une deuxième victoire consécutive du Paris
02:03Saint-Germain.
02:04En Ligue des champions qui a déclenché une nouvelle vague de violence et de vandalisme dans les rues de Paris.
02:11Chez nos voisins, les Anglais, The Telegraph, The Sunday Times ou encore The Guardian parlent d'émeutes qui ont gâché
02:17les célébrations.
02:18Et puis je me suis également intéressée à un journal en particulier.
02:21Il s'agit d'un journal égyptien.
02:22Alors pourquoi l'Egypte ?
02:23Pour plusieurs raisons.
02:25D'abord, l'Egypte a accueilli la Cannes à plusieurs reprises, la Coupe d'Afrique des Nations.
02:31Et puis ils ont aussi l'un des clubs les plus titrés au monde qui est égyptien.
02:35Il s'agit d'Al-Ahli et qui a remporté douze fois la Champions League d'Afrique.
02:40Donc la Ligue des champions d'Afrique.
02:42Et lui aussi, et surtout les journalistes de El Manselium s'interrogent comment les célébrations parisiennes se sont-elles transformées
02:50en affrontements de rue.
02:51Alors c'est vrai qu'en Égypte, même dans les pays du Maghreb, que ce soit au Maroc ou en
02:55Algérie,
02:55on n'a pas l'habitude de voir ces scènes de violence.
02:57On voit surtout des peuples qui célèbrent une victoire, mais qui ne s'en prennent pas aux forces de l
03:03'ordre.
03:03D'ailleurs, on a retrouvé quelques vidéos d'archives.
03:06On va vous les montrer, notamment en 2022, lors de la victoire du Maroc face à l'Espagne.
03:12C'était lors de la Coupe du Monde.
03:14Eh bien, c'était vraiment l'explosion de joie dans les rues de Casablanca.
03:18Aucune violence n'a été signalée.
03:21Pas de police attaquée à Alger, ou également, lorsque l'Algérie a remporté la Cannes face à l'équipe du
03:31Sénégal.
03:31C'était en 2019.
03:32Eh bien, là aussi, on a assisté à des scènes de liesse et de joie.
03:35C'est vrai qu'en France, à Paris notamment, on l'a vu l'année dernière, et cette année encore,
03:40eh bien, c'est une image ternie que l'on garde de cette victoire, malheureusement.
03:47Malheureusement, ma chère Dora, merci beaucoup pour ce tour complet.
03:49Alors moi, j'ajouterais la Gazeta.
03:52C'est un média russe, puisque en Russie, également, la presse est revenue sur ce qui s'est passé hier.
03:59Émeute, Paris en flamme et des centaines d'arrestations.
04:01Comment la France a fêté la victoire du Paris Saint-Germain ?
04:04Xenia Federova.
04:05On imagine que de telles scènes seraient inimaginables en Russie,
04:09comme on l'a vu dans les pays du Maghreb, d'ailleurs, ou dans d'autres pays de l'Europe
04:12de l'Est,
04:13même si, peut-être, c'est déjà arrivé.
04:14Vous savez, à ma connaissance, c'est arrivé une fois, en 2002,
04:18quand l'équipe de foot russe a perdu, encore une fois, contre le Japon.
04:25Et en fait, c'était vraiment, je pense, une colère qui est sortie.
04:29Ils sont tous insacrés.
04:33Mais c'était la seule fois, je pense, que depuis, les polices ont pris les mesures assez fortes.
04:38Et depuis, on n'a pas vu ça reproduire.
04:40Mais ça, c'était peut-être parce que c'était une défaite.
04:44Aujourd'hui, en France, l'image de la France, c'est même quand c'est une victoire.
04:48Curieusement, il y a quand même, par exemple, quand on a travaillé avec notre équipe à Moscou,
04:54chaque Nouvel An, on s'est dit combien de voitures seront brûlées à Paris le jour de Nouvel An.
05:00Donc, vraiment, c'est devenu un petit peu, oui, un petit peu l'image pour la France qui est assez
05:06triste.
05:07L'image particulièrement triste de cette France dans le monde,
05:10sachant qu'à Budapest, alors là, nous sommes en Hongrie, Régis Le Saumier,
05:13il y a eu une dizaine d'arrestations, dont un britannique, je lisais ça,
05:16un britannique arrêté parce qu'il est monté sur une voiture.
05:19Oui.
05:20Donc, quand vous comparez ce qu'il joue là-bas et ce qu'il joue ici en France...
05:24Oui, nous, on a un député qui est monté sur une voiture, il s'appelle Karl Olive,
05:28c'est le député de Poissy, alors il a dit que l'ami qui avait possédé la voiture était consentant
05:33et qu'il s'était un peu laissé déborder par le sens de la fête.
05:36Enfin, bon, ce n'est pas un exemple.
05:38Et il y a cette espèce de rituel dont on a vraiment l'impression qui s'est installé dans notre
05:43pays.
05:43Vous parliez des voitures brûlées, des compétitions pour le nombre de voitures brûlées au 1er de l'An,
05:51on est presque habitué à ça.
05:53Et là, oui, que ce soit dans la défaite comme dans la victoire, on casse.
05:59Et je me mettais même, l'an dernier, j'étais sur les champs au moment des émeutes,
06:04et je me souviens d'un policier, j'avais discuté avec un policier qui m'avait dit
06:07« Nous, on en est presque à souhaiter qu'ils perdent parce qu'il y a moins d'émeutes quand
06:12ils perdent que quand ils gagnent. »
06:14Vous imaginez.
06:14Et je ne vous raconte pas les riverains qui, eux, ont l'habitude, barricadent leurs magasins,
06:21mais n'arrivent pas toujours à empêcher les pillages.
06:23Parce que là aussi, il y a eu des pillages.
06:25Il y a des gens qui viennent délibérément habillés avec un maillot du PSG
06:30pour faire croire qu'ils sont supporters et qu'ils se livrent à ces actes.
06:34C'est ce que nous avons observé, effectivement, Régis Le Saumier, toute la nuit.
06:37Peut-être pour clore ce premier chapitre, Michel Fayad, c'est intéressant de voir que dans les pays des Maghreb,
06:43il y a effectivement des liesses populaires.
06:45Mais en revanche, le seuil de tolérance à la fois de la policier et des populations
06:48n'est pas du tout le même ici qu'en France.
06:51Ah oui, non, bien sûr.
06:52Et même parfois, il y a des liesses dans ces pays-là pour des équipes nationales et des clubs
06:57qui ne sont même pas de chez eux.
06:59Moi, je sais que, par exemple, lorsque la France a remporté la Coupe du Monde en 1998,
07:04il y a beaucoup de pays, y compris au Liban, où il y a eu des feux d'artifice et
07:07des célébrations
07:08comme si c'était leur propre pays qui avait remporté cette Coupe du Monde.
07:13Donc, c'est un peu dommage, effectivement, qu'aujourd'hui, en France, on voit le mauvais côté
07:17et que, par les autres pays, on voit le bon côté.
07:20Et la victoire du Paris Saint-Germain, peut-être pour la parenthèse un peu plus joyeuse,
07:24grâce aussi à son gardien, Xenia Fedorova, c'est l'un de votre compatriote,
07:30Madhves Savonov.
07:31Madhves.
07:32Voilà, je le prononce mal, pardonnez-moi.
07:34Beaucoup ont pu le découvrir hier, effectivement.
07:36Et au début, son arrivée, d'ailleurs, avait fait un peu de bruit.
07:40Pourquoi ? Uniquement parce qu'il était russe, d'ailleurs.
07:42Oui, mais vous savez, aujourd'hui, si vous êtes russe en France,
07:46c'est déjà public, ça commence à être un peu compliqué.
07:50Je pense qu'il y a un...
07:52Malheureusement, on a un genre de russophobie, à partir du moment, à partir de 2022,
07:57dans toutes les médias, à parler des invasions russes.
07:59Je pense que ça a eu une sorte d'effet sur, en fait, de tous les côtés.
08:05Si vous parlez de culture, si vous parlez des sports, par exemple, aujourd'hui, les athlètes russes n'ont pas
08:09le droit d'afficher leur drapeau, toujours.
08:12Mais ça commence à changer un petit peu.
08:14Mais oui, j'imagine que ce n'était pas très facile pour Mathieu, tout au début.
08:18Mais chaque victoire, je pense, porte quelque chose.
08:21Et heureusement, pour Paris Saint-Germain, qui est l'air.
08:24Et l'occasion, pour moi, de vous réitérer toute mon amitié avec Zenia Fedorova.
08:27C'est un plaisir de travailler à vos côtés et de vous écouter, puisqu'on apprend énormément,
08:31et notamment sur cette actualité internationale que nous décryptons chaque dimanche.
08:36Et on va revenir, si vous le voulez bien, sur la guerre en Ukraine.
08:39Alors, plus précisément, sur un incident qui a provoqué beaucoup de réactions ces derniers jours.
08:45Le 29 mai, un drone s'est écrasé sur le toit d'un immeuble d'habitation à Galati.
08:50Alors, Galati, c'est en Roumanie.
08:52C'est une ville portuaire sur le Danum, près de la frontière ukrainienne.
08:56Et cela a provoqué, vous le voyez sur ces images, un incendie.
08:59Et deux civils ont été légèrement blessés.
09:02Et les autorités roumaines, elles ont parlé d'une grave et irresponsable escalade de la part de la Russie,
09:07même si le drone a probablement été dévié par les défenses ukrainiennes.
09:11Enfin, en tout cas, il faudra une enquête pour le déterminer.
09:14L'OTAN, l'UE, condamne unanimement ce comportement irresponsable russe.
09:18Je les cite, Zenia Fedorova.
09:20Est-ce que nous sommes face à ce qu'on pourrait appeler une escalade artificielle ?
09:23Puisqu'il n'y a pas eu d'enquête, est-ce qu'il ne faudrait pas avant tout avoir les
09:26résultats de l'enquête
09:28pour en tirer des conclusions ?
09:30Puisqu'il y a eu, on le sait, des précédents, des drones qui se sont écrasés dans d'autres pays.
09:34Ce n'est pas la première fois.
09:35Ce n'est pas la première fois.
09:37Et c'est arrivé déjà qu'on parlait réflexe.
09:40La Russie était condamnée, par exemple, en Pologne, quand il y a eu un missile qui tuait deux personnes.
09:46Et tout de suite, les autorités ukrainiens, mais aussi les autorités européennes, sont condamnés à la Russie.
09:50Après, on a appris que c'était un missile ukrainien.
09:54Avec les drones, ça arrive aussi.
09:56Il y a des drones, par exemple, si on parle des pays baltes, il y a eu plusieurs incidentes avec
10:02les drones ukrainiens.
10:03Et les plus récentes, je pense que c'était deux drones ukrainiens qui ont explosé la réserve de pétrole.
10:12Et en fait, c'est inévitable.
10:16La question, est-ce qu'il y a vraiment une enquête ?
10:19Et il faut toujours regarder, parce que selon ma connaissance, aujourd'hui, la Russie n'a pas confirmé que c
10:25'était un drone ukrainiens.
10:26Mais pour regarder un peu le big picture, je ne pense pas que la Russie a intérêt de provoquer l
10:32'OTAN pour que l'OTAN puisse déclencher, par exemple, l'article 4.
10:35C'est parce que s'il y a une escalade de ce côté, c'est-à-dire qu'on va
10:42se trouver dans une guerre mondiale.
10:45Parce qu'une guerre avec l'OTAN...
10:47Déjà, on peut dire que l'OTAN participe dans cette guerre par procuration, ce que je dis souvent, par envoyer
10:54les armements, l'Union européenne qui envoie l'argent, les ressignements, qui est très importante.
10:59Mais un conflit ouvert avec l'OTAN, oui, ça, je ne pense pas du tout que c'est dans l
11:04'intérêt ni des Européens, ni de l'Américain, déjà, ni des Russes.
11:09Alors ça, c'est intéressant, Régis Le Saumier.
11:11Quel serait effectivement l'intérêt de la Russie de rentrer frontalement en guerre contre l'OTAN ?
11:19Visiblement, il n'y en a pas.
11:20Et pourtant, c'est ce que cherche à dire, on le voit bien, l'Union européenne, sans attendre les conclusions
11:26d'une enquête concernant ce drone tombé en Roumanie.
11:29Alors déjà, par rapport à ce drone tombé en Roumanie, vous constatez...
11:33Quelle hypothèse, d'ailleurs ?
11:34Moi, je m'en réfère à ce qu'a déclaré sur son compte X Nikushor Dan, qui est le président
11:40roumain,
11:40qui expliquait que c'était probablement un drone qui avait été dévié par la défense antiaérienne ukrainienne,
11:45et qui s'était abattu, donc, en Roumanie, mais qui n'était certainement pas délibéré,
11:51ni, voilà, l'objet, enfin, le déclencheur de ce qui pourrait être une escalade.
11:57Ce qui est intéressant, en revanche, c'est que les drones ukrainiens qui se sont abattus sur les Pays-Baltes,
12:02en particulier sur la Lettonie, ont provoqué une crise politique en Lettonie, avec démission de la présidente.
12:09D'abord, l'immogeage du ministre de la Défense, pour incompétence, pour ne pas avoir intercepté ces drones,
12:17et ensuite, donc, mise en minorité de la présidente.
12:20Donc, il y a des conséquences, on va dire.
12:22Maintenant, c'est dû à quoi ?
12:24C'est dû à une, on va dire, une intensification de la guerre des drones entre les Russes et les
12:30Ukrainiens,
12:31et en particulier pour ce qui est des Pays-Baltes, ce sont des drones souvent envoyés par les Ukrainiens,
12:35à destination de la zone de Saint-Pétersbourg, et des objectifs militaires, des raffineries, etc.
12:44Donc, ce sont des objectifs visés par les Ukrainiens, et de même, les Russes font aussi une sorte d'intensification
12:50de ces frappes aériennes qui ont lieu en général de nuit, et évidemment, de temps en temps,
12:55il y a un drone qui passe à travers et qui franchit une frontière.
12:58Ce qui est intéressant, c'est quand même que, vous voyez que la Roumanie, tout de suite, son président explique,
13:06dégonfle l'histoire.
13:07C'était aussi ce qui s'était passé, souvenez-vous, en 2022, mais là, tout à coup, il y avait
13:12eu une montée en puissance des craintes en Pologne,
13:16puisque un S-300, la défense antiaérienne ukrainienne, si je me souviens bien, s'était désintégré,
13:23enfin, en tout cas, avait intercepté un missile russe, et il y avait eu deux morts dans un village en
13:29Pologne.
13:30Donc, évidemment, là, ça avait été, ça y est, c'est le début de l'escalade, etc.
13:35Et à l'époque, c'était les Polonais qui avaient dit, non, non, non, attendez, il y a eu un
13:38seul missile,
13:39mais le problème, c'est qu'on est quand même dans une surenchère du verbe dans cette guerre, depuis tout
13:45le temps,
13:45et qu'à chaque fois qu'il y a un événement comme ça, il est immédiatement exploité, immédiatement, pour essayer
13:52de faire monter la sauce.
13:54Du point de vue de Volodymyr Zelensky, ça se comprend, c'est avec la perte, on va dire, des moyens
14:00américains et de l'allié américain,
14:02même s'il est toujours là, mais en tout cas, avec la prise de distance, Volodymyr Zelensky, lui, il a
14:08tout intérêt à dire aux Européens,
14:10c'est votre guerre, venez, voilà.
14:12Vous parlez de la communication et de cette potentielle escalade, on va peut-être voir ce qu'a déclaré Ursula
14:18von der Leyen,
14:18justement, après cet incident, la guerre d'agression de la Russie a franchi une nouvelle ligne,
14:23une incursion de drones russes a frappé une zone d'enseignement peuplée en Roumanie, blessant des civils.
14:28Sur le territoire de l'UE, nous exprimons notre solidarité totale avec la Roumanie et son peuple,
14:32alors que nous continuons à renforcer notre sécurité et notre dissuasion, en particulier à notre frontière orientale,
14:37nous maintiendrons l'augmentation de la pression sur la Russie,
14:41qui nous préparons à un 21e paquet de sanctions.
14:44Avec Zénia Fédoroba sur cette réaction d'Ursula von der Leyen.
14:47Ursula von der Leyen, elle répète toujours un peu les mêmes mots,
14:52mais si, par exemple, les sanctions ont marché comme Ursula von der Leyen voulait,
14:56aujourd'hui, on ne dit pas un 20e paquet de sanctions.
14:59C'est clair que, vous savez, c'est très intéressant, parce qu'en un moment, vous avez le discours que
15:06la Russie n'arrive pas à avancer.
15:08Ça fait cinq ans, la Russie est en train de perdre.
15:11On attend un peu la même chose de Jean-Noël Barraud, par exemple, qui est un échec économique et militaire.
15:15Mais en même temps, vous avez aussi le discours que la Russie va attaquer l'Europe.
15:20Et en fait, c'est un peu contradictoire.
15:21Et je pense qu'aujourd'hui, l'Union européenne essaie de ne pas déjà perdre la face,
15:26parce qu'avec tous les investissements, tout l'argent qui était envoyé l'Ukraine,
15:29surtout dans le contexte d'un énorme scandale de corruption en Ukraine,
15:33pour le fait que l'argent a été détourné,
15:36je pense qu'elles sont en train d'essayer de un peu sauver la face
15:39pour continuer avec les discours très forts contre la Russie.
15:43Mais la vérité est que, oui, on peut dire que peut-être la Russie n'a pas avancé,
15:47même si ce n'est pas le cas, elle avance petit à petit chaque jour.
15:50Mais la vérité est que la Russie n'est pas affaiblie.
15:54Elle n'a pas un défaite ni stratégique, ni militaire, ni économique.
15:57Et donc aujourd'hui, on se trouve dans une situation un peu de déni, en fait,
16:02des côtés de l'Union européenne.
16:03Et je pense qu'accepter le fait qu'il faut peut-être négocier
16:08et aller plutôt vers la voie diplomatique et trouver une solution diplomatique,
16:12c'est ça ce qui manque aujourd'hui, manque de cette volonté
16:16pour les dirigeants de l'Union européenne, Ursula von der Leyen.
16:19Pas de volonté de diplomatie, donc, Michel Fayad.
16:23Et ce qui est intéressant, c'est que d'un côté,
16:25l'Union européenne propose encore des sanctions visant la Russie.
16:30L'Union européenne qui désigne la Russie comme l'ennemi numéro un.
16:34Et dans le même temps, c'est vrai qu'il n'y a aucun renforcement concret
16:38des capacités de défense aérienne, si vous voulez, de l'Union européenne.
16:42Donc il y a un certain paradoxe.
16:43C'est-à-dire d'un côté, on agite le chiffon rouge.
16:46Et de l'autre, vraisemblablement, on n'a pas vu, si vous voulez,
16:49très concrètement de mise en place de dômes un peu dômes anti-drone, par exemple.
16:54On en a entendu parler, mais il n'y a pas concrètement sur le terrain de mise en œuvre.
16:59Je pense qu'il y a plusieurs choses.
17:00Déjà au niveau des drones et au niveau de la protection,
17:03je pense que les Européens misent sur les Américains.
17:06Et que les Américains, en ce moment, ont d'autres choses à faire,
17:08notamment au Moyen-Orient, pour protéger les pays arabes du Golfe et Israël.
17:13Et ça, c'est une première chose.
17:15Et sur l'autre, il faut se rappeler que cette semaine, il y a eu une réunion
17:19afin de s'entendre au niveau européen pour discuter avec la Russie.
17:23Cette réunion, elle a été tuée dans l'œuf par Mme Callas,
17:26qui a dit que ça ne sert à rien de négocier avec la Russie ou de discuter avec la Russie.
17:31Et tout de suite après, on a cette histoire de drones.
17:34Et donc la déclaration de Mme Van der Leyen,
17:37qui ne veut pas entendre parler de toute négociation
17:42et qui va justement vers une nouvelle vague de sanctions.
17:45On sent malheureusement, effectivement, qu'il y a une partie des Européens
17:49qui en ont assez et qui souhaitent vraiment tourner la page de cette guerre.
17:52Et d'autres qui sont encore jusqu'au boutiste et veulent cette guerre.
17:57Sachant que la France n'est pas en guerre contre la Russie,
18:00il faut le répéter, parce que parfois, on peut s'interroger,
18:03si vous voulez, quand on entend les déclarations ici ou là,
18:05la France n'est pas aujourd'hui en guerre contre la Russie.
18:08Elle ne l'est pas, parce que de fait, elle l'est,
18:11avec quand même l'aide qu'elle donne à l'armée ukrainienne,
18:16l'intervention sur place de certains soldats français, instructeurs français.
18:21Il y a quand même la fourniture d'armes, la fourniture de prêts.
18:25Il y a quand même une certaine aide.
18:27Et quand on aide, on participe d'une manière ou d'une autre à cette guerre.
18:30Et est-ce que la Russie, Xenia Fedorova, considère que la France est un but de guerre,
18:35que la France est un ennemi aujourd'hui, très concrètement ?
18:38Je ne pense pas que la Russie ne voit pas la France comme un ennemi,
18:42j'imagine aujourd'hui, mais comme un pays plutôt hostile vis-à-vis de la Russie,
18:47exactement pour les raisons qui étaient évoquées par Michel Fayad.
18:49Et aujourd'hui, ajouter à ça les déclarations de dirigeants français,
18:55comme Emmanuel Macron, Jean-Noël Barraud, sont assez claires.
18:59Et même le chef d'état-major français qui dit qu'il faut préparer les enfants
19:05pour aller en guerre contre la Russie.
19:07En un moment, les sentiments que la Russie a,
19:10ce que la France veut plutôt, la défaite de la Russie,
19:12veut que l'Ukraine gagne.
19:14Et c'est comme ça qu'on voit en fait la position de la France.
19:17Donc elle n'est pas du tout neutre, la ligne de gouvernement français
19:21n'est pas neutre du tout.
19:22Et c'est pour ça aussi, c'est dommage que la France ne peut pas jouer
19:25aujourd'hui un rôle de médiateur dans ces conflits.
19:28Parce qu'on a besoin aujourd'hui, je pense que...
19:30Ce n'est pas la Russie qui a besoin de ça.
19:33Parce que la Russie, en un moment, elle a compris que l'Union européenne,
19:35l'Europe ne veut pas du tout parler.
19:38Mais c'est plutôt pour l'Europe, ce qui est important,
19:40c'est de reprendre les négociations avec la Russie.
19:42Pourquoi ? On va peut-être parler, déjà parce que c'est une partenaire importante.
19:47stratégique pour l'Europe, avec les ressources naturelles,
19:50avec les gaz, les pétroles.
19:51C'est ça ce qui est important.
19:52Je veux aujourd'hui que, selon Bloomberg, l'Union européenne a considéré
19:56de temporairement lever les restrictions des prix sur le pétrole russe.
20:01Qu'est-ce que ça explique ?
20:02Ça explique qu'en fait, aujourd'hui, l'Europe n'arrive pas à sortir
20:06de cette crise énergétique, déjà à cause du blocage des détroits d'Hormuz.
20:10Le fait que Ursula von der Leyen a signé un accord avec les États-Unis
20:13pour acheter gaz américain trois fois plus cher que le gaz,
20:18même peut-être quatre fois plus cher que le gaz russe.
20:21Donc, en un moment, les pressions économiques vont peser lourdes sur l'Union européenne.
20:27Et ça, l'Union européenne, alors, Michel Fayad, je me tourne vers vous
20:30parce que vous êtes spécialiste aussi des flux d'énergie, de pétrole,
20:35notamment dans le monde.
20:37Est-ce que, quand l'Union européenne dit non, c'est absolument pas vrai,
20:41nous n'avons absolument pas besoin de la Russie aujourd'hui,
20:44notamment dans ce contexte de potentielle pénurie de pétrole,
20:48c'est vrai ou c'est faux ?
20:50Non, c'est faux.
20:51Parce qu'on vous traite de fou.
20:54Si vous dites, non, non, on a besoin, malgré tout, de la Russie
20:56sur les questions énergétiques, on ne vous dit absolument pas,
20:59vous êtes telle ou telle chose.
21:01Si vous voulez vous apercevoir que vous n'êtes pas fou,
21:03vous allez lire la presse américaine et ils expliquent exactement ça.
21:07C'est-à-dire qu'il n'y a pas le choix et qu'effectivement,
21:09on ne peut pas mener deux fronts, c'est-à-dire ne plus avoir le pétrole d'Hormuz
21:14et ne plus avoir le pétrole russe en même temps.
21:17Ce n'est pas possible.
21:17Michel Fayad.
21:18Absolument, il faut faire un arbitrage.
21:20Et on ne peut pas maintenir à la fois des sanctions contre la Russie
21:23et être privé de tout ce qui peut sortir du détroit d'Hormuz.
21:27Quand on parle du détroit d'Hormuz, il faut parler à la fois du pétrole
21:30et aussi du gaz, parce qu'on a quand même 77 millions de tonnes
21:34de gaz naturel liquéfié qui sortent du Qatar.
21:37Et donc, c'est aussi à peu près 20-22% du gaz naturel liquéfié mondial
21:42qui passe par là.
21:43Et donc, c'est quand même quelque chose qui est extrêmement important.
21:46Et puis, il y a aussi des métaux stratégiques qui viennent de Russie.
21:49Et le fait qu'on mette des sanctions contre la Russie fait également monter les prix
21:52pour ces métaux.
21:53Parce qu'on se concentre uniquement sur le pétrole et le gaz.
21:56Mais la Russie, c'est également du nickel, c'est également quelques terres rares,
22:02de l'or, différents...
22:04Oui, oui, bien sûr.
22:05Les engrais.
22:06Oui, bien sûr, les engrais, sachant que les engrais, il y a quand même le tiers des engrais mondiaux
22:10qui passent par le détroit d'Hormuz.
22:11Donc, si on bloque le détroit d'Hormuz, c'est aussi une question d'engrais.
22:16Enfin, tout ça pour vous dire que...
22:17Je reviens à ce qu'on disait au début, c'est-à-dire qu'on est obligé de faire un
22:21arbitrage
22:22si les deux voies sont fermées.
22:23On doit choisir si on rentre en guerre avec les Etats-Unis contre l'Iran.
22:28Et là, dans ce cas-là, on libère soi-disant le détroit d'Hormuz.
22:31Mais bon, je ne sais pas comment ça va se faire.
22:32Ou alors, on négocie avec les Russes et on s'entend avec les Russes pour avoir ce qu'on peut
22:37parler.
22:38Mais ça, c'est une réalité tabou, ce qui vient d'être exprimé aujourd'hui sur le plateau de l
22:41'Or-Inter.
22:42Comme une autre réalité tabou.
22:43C'est vrai que dans ce conflit, il y a des choses que vous pouvez dire, d'autres que vous
22:46pouvez moins dire
22:46ou qui sont moins audibles.
22:47Par exemple, on va s'intéresser à cette colère de la Pologne vis-à-vis de l'Ukraine.
22:52Alors, la raison, jeudi, Volodymyr Zelensky a signé un décret pour attribuer le nom honorifique
22:58« Héros de l'UPA » à un centre d'opération des forces spéciales ukrainiennes.
23:02Arrêtons-nous peut-être, Zénia Fedorova, sur cette organisation pour démarrer.
23:07L'UPA, c'est l'armée insurrectionnelle ukrainienne, une formation armée active entre 1942 et 1949
23:15et qui a commis des massacres ethniques en Pologne.
23:18C'est bien cela ?
23:19Oui, évidemment. En Pologne, il y a des dizaines de milliers de Polonais qui étaient mortes.
23:25Ce qui est intéressant, en fait, c'est qu'aujourd'hui, il y a un visage caché de l'Ukraine
23:30qui, comme vous avez dit, est un tabou pour les médias européens.
23:35Et ça, c'est cette glorification de certaines personnalités ukrainiens
23:39qui sont participées dans les massacres.
23:41Pas seulement les Juifs, mais les Polonais, les Soviétiques, les Romains.
23:45C'est quelque chose qui est difficile à comprendre.
23:49Parce que récemment, c'était Vladimir Zelensky qui a mis en honneur Melny,
23:56qui était un collaborateur des Nazis et aussi de Bander.
24:01Il y a une avenue, par exemple, centrale, en Kiev, qui s'appelle l'avenue de Stéphane Bander.
24:06Donc, c'est un héros.
24:07En revanche, on n'en parle pas jamais.
24:10Il n'y a eu aucune condamnation de la part de la France.
24:14En tous les cas, moi, je n'ai pas vu.
24:17Vous avez eu certaines personnalités politiques qui s'étaient déplacées à Kiev dans ce jour-là,
24:22mais personne n'a touché ces sujets.
24:24Et ça, je pense que c'est grave et c'est dramatique.
24:27C'est un peu la même chose quand on ne parle pas au vent d'argent envoyé à l'Ukraine.
24:32Il n'y a pas une seule audite.
24:33Il n'y a pas un débat public sur ces sujets.
24:35Donc, il y a ces gens de tabou parce qu'on a l'impression qu'on ne peut pas toucher
24:40aujourd'hui les sujets
24:42qui peuvent écraser ou détruire cette image de l'Ukraine transparente, démocratique, une pays libre.
24:50Mais en fait, il faut toujours regarder tous les côtés.
24:53Il faut nous parler parce que ça montre aussi à quel point pas tout est noir et blanc.
24:59Mais c'est Arnaud Clarsfeld qui vient régulièrement dans l'heure inter,
25:02notamment le mercredi soir à 21h.
25:05Je me permets de le dire parce qu'il ne s'engage pas.
25:07Il le dit régulièrement sur ce plateau.
25:09Il est davantage pro-américain, davantage atlantiste.
25:12Et lui avait dénoncé cela.
25:14Mais on l'avait tout de suite, Régis Le Saumier.
25:16Taxé, il n'était plus dans le bon camp finalement.
25:19Mais c'était au nom de son combat contre l'antisémitisme.
25:22Mais vous avez cette réalité.
25:23Et là, on voit avec la réaction du président polonais qui, lui, s'est dit totalement outré.
25:29Mais il y a un silence sur ces dossiers-là.
25:31Depuis le début de cette guerre.
25:33C'est intéressant d'ailleurs qu'Arnaud, lui, est un peu sorti du bois au départ.
25:37Et s'est fait d'ailleurs extrêmement critiquer.
25:39Pour avoir dénoncé cela ou pour avoir rappelé ces propos, à propos des nationalistes ukrainiens et de certains actes perpétrés
25:49par eux,
25:50avaient été dénoncés par Simone Veil.
25:52Publiquement, il y a une archive de l'INA où Simone Veil explique que les Allemands, en rencontrant les Ukrainiens,
25:58ont tout de suite trouvé une aide favorable pour l'élimination des Juifs et des Polonais.
26:03Parce que les minorités polonais de Volonie, par exemple, ont été éliminées par cette fameuse organisation.
26:08Alors, ce qui est intéressant aussi, c'est que les Ukrainiens ont collaboré avec les Allemands.
26:13Alors, on peut expliquer aussi que le stalinisme a été une atrocité.
26:17Et que Holodomor, ce que les Ukrainiens considèrent comme la grande famine,
26:23eh bien, ça a été perpétré par le stalinisme et donc par la Russie, on va dire, l'URSS.
26:30Et que les nationalistes ukrainiens se sont battus contre ça.
26:32Les Allemands arrivant, ils se sont alliés aux Allemands contre l'URSS, en fait.
26:38Voilà.
26:38Ça, c'est l'explication.
26:40Maintenant, en termes de responsabilité, il est vrai que vous prenez quelqu'un comme Tchoukiewicz ou comme Bandera ou Melnik,
26:47ce sont des gens qui ont participé, coordonné, ordonné pour ce qui est de Bandera,
26:52puisque Bandera était plutôt en retrait là-dessus, mais Tchoukiewicz et Melnik sont quand même des gens
26:57qui ont énormément de sang sur les mains et qui sont aujourd'hui, on va dire, honorés par l'Ukraine
27:05et le président Zelensky.
27:06Donc, ce que je trouve incroyable, c'est que, de la part, on va dire, des commentateurs,
27:11c'est qu'on n'explore pas, qu'on n'ait pas pu explorer cet aspect du nationalisme ukrainien.
27:16C'est dans les livres, on peut en parler.
27:18Oui, on n'avait pas le droit d'en parler parce que cette guerre, parce que ça donnait une mauvaise
27:22image de l'Ukraine
27:23et qu'il fallait expliquer que l'Ukraine, c'était le gentil et que la Russie, c'était le méchant
27:28et le méchant agressait le gentil.
27:30Bref, cette vision manichéenne nous interdisait d'aller d'explorer ces territoires-là.
27:35Or, dans le même temps, vous avez des gens, souvent les mêmes, qui viennent expliquer, par exemple, à Marine Le
27:39Pen,
27:40que son père, qu'au moment de la naissance du Front National en 1972,
27:45il y avait un ancien Waffen-SS de la division Charlemagne parmi les gens qui ont procédé à la création
27:51du Front National
27:52et que c'était un péché impardonnable à Marine Le Pen et qu'évidemment, forcément, le RN, c'était des
27:58nazis, etc.
27:59Alors, dans un cas, on nous rappelle des choses.
28:02Je veux dire, Marine Le Pen, elle avait 4 ans au moment de la création du Front National.
28:07Bon, on lui donne ça comme péché originel.
28:11Et puis, pour ce qui est des Ukrainiens, quand on essaye d'analyser ce qui se passe et d'en
28:15parler, on va dire, froidement,
28:18en rappelant les faits, eh bien, on n'a pas le droit parce que ça viendrait ternir une image.
28:22Et ça, c'est insupportable d'un point de vue journalistique, d'un point de vue historique.
28:27Et malheureusement, ça continue.
28:28Parce que le président polonais, il est outré, mais il crie tout seul, Xenia Fedorov, après cet acte de Volodymyr
28:35Zelensky.
28:35Il y a de Vachem, quand même, qui a fait un communiqué.
28:37Qui a fait un communiqué, mais sinon, voilà, c'est assez peu relégué.
28:40Et Israël aussi qui a condamné.
28:41Et Israël qui a condamné, oui.
28:42C'est tout.
28:43Non, mais en fait, au début de cette guerre, beaucoup de monde s'en dit,
28:47quand ils ont entendu la Russie dire qu'il y a des neo-nazis en Ukraine,
28:52c'était traité plutôt comme de fake news, c'est la narrative russe, etc.
28:58Mais même aujourd'hui, si on regarde, récemment, il y a quelques jours,
29:01il y a eu une marche de jeunes qui sont faits les saluts nazis.
29:07Il y a des vidéos en Internet, on peut en trouver.
29:09Et il y a des bataillons, par exemple comme bataillon Azov,
29:13mais il y a aussi plusieurs bataillons avec les éléments neo-nazis dedans.
29:17Donc, en fait, c'est ça ce qui m'intéresse,
29:20parce qu'il n'y a pas beaucoup de journalistes en Europe qui sont touchés à ces sujets.
29:26Et quand ils touchent ces sujets, curieusement, ils sont très attaqués,
29:31ils sont décrédibilisés, ils sont tout de suite libélisés comme un pro-russe.
29:35Mais en fait, notre travail journalistique, c'est toujours avoir la capacité
29:40de dire aussi des choses qui sont interdites.
29:43Et un enjeu diplomatique, Michel Fayad, puisque à tout le moins,
29:46peut-être un manque de sensibilité historique du côté de la présidence ukrainienne,
29:52mais la Pologne accueille des millions d'Ukrainiens aussi.
29:55Donc, vous avez aussi une relation diplomatique et peut-être un but contre ce camp,
30:00je me permets cette expression, de Volodymyr Zelensky, diplomatique en tout cas.
30:04Après, je ne suis pas sûr que ce soit vraiment son intérêt de se mettre vraiment à dos les Polonais.
30:08Donc, je pense que c'est une vraie erreur qu'il a effectuée.
30:11Parce que, enfin, Régis l'a très bien expliqué, ce qui a été commis,
30:16et c'est quelque chose qui devrait être vraiment révoltant au niveau de tous les pays européens.
30:21Et donc, la réaction polonaise est totalement, en fait, normale.
30:26Et en réalité, je pense que les Ukrainiens se sont vraiment mis dans une mauvaise situation en faisant cela.
30:33Mais on ne comprend pas encore, effectivement, ce soutien aveugle qu'on veut encore lui donner à Bruxelles.
30:40Mon sujet tabou, en tout cas, pour Clor Régis.
30:43Pour aller dans votre sens, moi, j'ai traversé la frontière ukrainienne au début de la guerre,
30:47dans un quart avec des réfugiés ukrainiens, des femmes, des enfants, des vieillards essentiellement,
30:52qui fuyaient les zones de combat.
30:53J'ai assisté, puisque j'étais dans SCAR, à la frontière polonaise, au traitement.
30:58J'ai vu le traitement que les douaniers polonais offraient aux Ukrainiens.
31:03C'était impeccable.
31:04Il y avait même des jouets pour les enfants.
31:06Enfin, il y avait de tout.
31:08Ils étaient avec eux, très attentifs, etc.
31:10C'est fraternel.
31:11Totalement.
31:12Moi, je l'ai vécu, ça.
31:13Donc, je peux vous dire que, voilà, maintenant, c'est vrai que, voir...
31:17Et dernière précision, l'OUN, la fameuse OUN de Melnik et l'UPA,
31:22qui est célébrée par Zelensky,
31:23était financée par la VER, qui était quand même les services de renseignement militaire allemand,
31:30pour préparer, justement, Barbarossa et l'invasion de la Russie en juin 1941.
31:34Donc, c'est quand même des gens qui étaient largement, largement impliqués.
31:38Il n'y avait pas simplement le côté, si vous voulez, nationaliste ukrainien dans l'histoire.
31:42Donc, très intéressant de soulever cette actualité, cette colère, donc, du président polonais.
31:47Guerre au Moyen-Orient.
31:48Tout est lié.
31:49L'incertitude qui persiste autour d'un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.
31:55Vendredi, alors, une décision finale était attendue.
31:58Tout le monde attendait la déclaration de Donald Trump.
32:01Et puis, rien.
32:02Rien.
32:02Et c'est un scénario qui semble se répéter.
32:05Aujourd'hui, Donald Trump affirme que l'Iran s'est engagé à ne pas se doter de l'arme nucléaire.
32:10C'est l'un des points de friction, on le sait bien, dans les négociations entre Washington et Téhéran pour
32:15mettre fin à la guerre.
32:17Vous voyez la déclaration de Donald Trump.
32:20Alors, réponse ce matin du Parlement iranien.
32:22L'Iran n'approuvera aucun accord avec les Etats-Unis tant que ses droits ne seront pas pleinement garantis.
32:30Quand l'Iran dit que les droits du peuple iranien doivent être pleinement garantis,
32:35qu'est-ce qu'il faut comprendre, Dina Fedorova, c'est que finalement, ce n'est pas négociable, la question
32:39du nucléaire côté iranien,
32:41contrairement à ce que semble dire Donald Trump aujourd'hui ?
32:44Je pense que pour Iran, ce qui est très important, c'est d'avoir la capacité de continuer avec sa
32:50programme nucléaire,
32:52ce qu'on s'appelle l'attente pacifique.
32:54Je pense que quand on parle des droits des peuples iraniens, c'est ça, cet accès à cet attente pacifique.
33:01Pour Donald Trump, évidemment, ce qu'on voit, c'est que pour lui, c'est une arme nucléaire,
33:05mais on n'a jamais eu une seule confirmation qu'Iran possède une arme nucléaire.
33:12Ce qu'on sait aujourd'hui, c'est qu'ils ont enrichi l'uranium jusqu'à le pourcentage qui n
33:17'est pas nécessaire pour le programme pacifique.
33:21Donc ça, c'est un sujet, mais ça fait très longtemps qu'on attend qu'Iran ait deux minutes de
33:28créer une bombe nucléaire.
33:30Alors, pour revenir un peu sur le contexte, je pense que Donald Trump cherche un accord qu'il peut prononcer
33:36comme un victoire.
33:37Il ne peut pas revenir à l'arrière parce que pour lui aussi, ça sera peut-être une baisse de
33:45sa popularité.
33:46Ça va mener vers la baisse de sa popularité.
33:49Mais c'est vrai qu'Iran continue, ces pays sont capables de continuer de résister.
33:55Et encore, on a vu ça avec l'élimination de personnalités majeures des gouvernements iraniens,
34:04mais le pouvoir est très décentralisé.
34:07Encore une fois, je pense qu'il a bien compris que ça ne sert à rien de continuer cette guerre.
34:12Il faut frapper, il faut débloquer du droit d'armôtre, il faut trouver un accord.
34:16Sauf qu'il y a certains points qui sont importants.
34:18Il ne faut pas oublier aussi le rôle d'Israël dans tout ça.
34:21Parce que ça, c'est très important.
34:23Cette guerre a commencé, selon les médias américains, en tous les cas,
34:27par Netanyahou qui a demandé à Donald Trump d'intervenir.
34:30Donc je pense qu'aujourd'hui, il y a plusieurs points qui sont difficiles.
34:33Mais Donald Trump, à mon avis, il cherche toujours à en sortir.
34:36Mais alors, comment expliquer cet optimisme de Donald Trump qui nous dit depuis plusieurs jours maintenant
34:43« Nous sommes proches d'un accord » et en même temps, systématiquement, l'Iran voit un message contraire.
34:49C'est ça qu'on a du mal à comprendre et à suivre, Michel Fayad.
34:53Parce que les Iraniens ont leur position.
34:56Ils veulent continuer effectivement leur programme nucléaire.
34:59Ils ne veulent pas y renoncer.
35:01Sur l'idée comme quoi les Iraniens ne veulent pas d'un nucléaire militaire officiellement,
35:07ça a toujours été le cas.
35:08Puisque, soi-disant, ils ont une fatwa d'Ali Khomeini qui interdit le fait que ça devienne une bombe nucléaire.
35:16Mais la réalité, c'est qu'effectivement, ils ont enrichi l'uranium à plus de 60%.
35:21Et ce qui est beaucoup plus proche d'un nucléaire militaire que d'un nucléaire civil.
35:25Parce que 60%, c'est très rapide ensuite pour arriver à un programme militaire.
35:30La question, c'est qu'est-ce qu'on va faire de cet uranium ?
35:33Les Russes ont proposé de le récupérer.
35:36Pour le moment, ça n'a pas été accepté.
35:38Puisque, justement, on a appris dans un communiqué de Moshlaba Khomeini
35:41comme quoi il ne souhaitait pas le transfert de l'uranium enrichi à l'extérieur du pays.
35:47Là, hier, il y a une nouvelle proposition, celle du Kazakhstan,
35:50pour recevoir cet uranium enrichi.
35:52On va voir.
35:54Mais clairement, Donald Trump ne peut pas simplement faire un accord
35:59qui serait similaire à celui de 2015 avec Obama
36:03parce que lui a déclaré que cet accord est le pire accord jamais signé dans l'histoire.
36:08Donc, il doit obtenir quelque chose de mieux.
36:10Et en l'état, c'est très compliqué en raison, justement,
36:13de ce qui s'est passé dans l'étroit d'Hormuz.
36:15Avec ce qui s'est passé dans l'étroit d'Hormuz,
36:17aujourd'hui, Trump est obligé de faire quelque chose
36:20pour ne pas paraître, effectivement, comme un loser,
36:24comme un perdant vis-à-vis de ses électeurs.
36:26Parce qu'en réalité, si jamais ce qu'on voit à l'heure actuelle dans les médias
36:31est ce qui va être signé,
36:33ce n'est pas vraiment mieux que l'accord sur le nucléaire
36:35qui avait été signé en 2015 avec Obama.
36:37Retour à la case départ, finalement.
36:39Régis Le Saumier, la question des droits d'Hormuz,
36:43la question du nucléaire, qui reste toujours en suspens aujourd'hui.
36:47Est-ce que, comment vous interprétez cet optimisme américain ?
36:52Donald Trump qui présente déjà un engagement comme déjà acquis.
36:55Voilà, comment est-ce que vous lisez tout cela ?
36:57Ce n'est pas tout à fait retour à la case départ.
36:59Parce qu'à la case départ, le détroit d'Hormuz était libre de circulation.
37:03Alors c'est ça. Donc c'est pire.
37:04C'est bien le problème.
37:05Ce serait pire.
37:06Le problème, il est là.
37:07C'est-à-dire que les Américains négocient avec une feuille de route
37:10qui est comparable à celle qu'ils avaient globalement.
37:13Maintenant, évidemment, le détroit d'Hormuz s'est ajouté à ça.
37:16Mais ils continuent à s'imaginer qu'ils sont dans la position
37:19dans laquelle ils étaient le 28 février.
37:21Et les Iraniens, eux, sont dans une position où ils ont des cartes.
37:25Vous savez, Donald Trump aime beaucoup parler en termes de cartes,
37:29qui a les cartes, etc.
37:30Il avait dit à Zelensky, d'ailleurs, vous n'avez aucune carte.
37:33Là, le fait est que les Iraniens ont quelques cartes.
37:36Alors, ils vont essayer évidemment de les jouer.
37:38Mais je pense que globalement, et moi, je suis toujours optimiste,
37:41mais en tout cas, là, je pense que les deux veulent l'accord.
37:47Enfin, ils veulent en tout cas sortir.
37:49Les Iraniens pour engranger, on va dire,
37:54ils appelleront ça une victoire.
37:55Mais en tout cas, cette position dominante dans la région
37:59qui est en train de se concrétiser.
38:01C'est-à-dire que ce qui est quand même intéressant pour l'Iran,
38:03c'est que vous avez un Iran qui, avant février,
38:06était un pays exclu, comment on va dire,
38:10une sorte de trou noir médiatique où il n'y avait pas d'Internet.
38:13Enfin bref, on était, voilà, dans un...
38:15Là, on a un Iran qui ressort plus dominant que jamais,
38:19qui a prouvé qu'il était capable de viser ses voisins,
38:23de provoquer, voire de mettre un terme à toute activité économique dans la zone.
38:27C'est quand même assez incroyable.
38:28Une zone dont dépend, finalement, toute une machine mise en place
38:32par les Américains qui s'appelle le pétrodollar.
38:34Qui est quand même très...
38:35Et d'un autre côté, vous avez les Américains qui, eux,
38:39se sont rendus compte, et je pense que Donald Trump le sait très bien,
38:43qu'il avait beau balancer, c'est comme à l'époque du Vietnam,
38:47des centaines de milliers de tonnes de bombes sur le pays,
38:51ce n'est pas ça qui ferait capituler les Iraniens.
38:54Donc, voilà, il y a une sorte d'ajustement.
38:56Il faut que chacun ait les termes, les bons termes,
38:59pour pouvoir vendre à sa propre population sa victoire.
39:03Pour Donald Trump, pour aborder les mid-terms de façon plus sereine.
39:07Alors, peut-être qu'il attaquera Cuba pour avoir une victoire, ça, je ne sais pas.
39:10Et pour les Iraniens, en tout cas, c'est pour dire, voilà, on a résisté.
39:14De toute façon, là-bas, résister, c'est déjà vaincre.
39:17Au Moyen-Orient, c'est ça, la définition.
39:19Voilà, il faut se mettre aussi dans la tête des autres.
39:22Et les États-Unis, qui n'excluent pas Xenia Fedorova à reprendre les frappes militaires,
39:27c'est-à-dire qu'en même temps, ils disent, nous sommes prêts d'un accord,
39:30et en même temps, nous sommes aussi prêts à frapper.
39:33Est-ce que les États-Unis ont intérêt à remettre une pièce dans la machine militaire, finalement ?
39:39Les États-Unis, c'est un pays très puissant, militairement parlant.
39:42Mais on sait très bien que, comment c'est fini, par exemple, pour les États-Unis en Afghanistan.
39:4920 ans après, vous avez toujours les talibans qui ont le pouvoir.
39:52Et la retraite des Américains, c'était quand même, avec les images assez dramatiques, on peut dire,
39:57ce n'est pas exactement ce que Donald Trump, je pense, cherche aujourd'hui,
40:01de s'engager dans une guerre de longue durée.
40:03Parce que pour vraiment changer le régime iranien, il faut aller sur les tirants.
40:07Enfin, les frappes tactiques, même si c'est les frappes massives,
40:12ça ne va pas changer beaucoup de choses, à mon avis.
40:14En tous les cas, je pense que c'est important pour Donald Trump de rappeler chaque jour
40:18qu'ils sont toujours capables de reprendre.
40:21C'est une façon de mettre encore plus les pressions sur les Éraignens.
40:26Après, est-ce que c'est vraiment dans son intérêt ?
40:28On a déjà évoqué le fait que, pour sa popularité, avant les midterms.
40:32Mais aussi, qu'est-ce que c'est le don, en fait ?
40:35Ça coûte très cher, cette guerre, ça coûte cher aux Américains.
40:39Il faut demander encore une fois, en un moment, d'accord de congrès.
40:43Je pense qu'ils cherchent, c'est pour ça qu'on voit aujourd'hui,
40:47qu'un jour, ils disent qu'ils sont très proches d'un accord,
40:50parce qu'ils cherchent un accord, ils essayent de...
40:52Mais les Perses, ils sont très bien en négociation.
40:56C'est pas sûr, évidemment.
40:58Et donc, je pense que là, comme Régis Lissami a dit,
41:01ils ont les cartes, quand même.
41:03Donc, c'est pas si facile pour Donald Trump.
41:06À mon avis, s'il fait encore les frappes, ça sera les frappes tactiques.
41:10Mais je pense pas que Donald Trump a un intérêt de s'engager
41:13dans un conflit de longue durée avec Iran.
41:15Michel Fayad.
41:16Oui, il faut quand même juste...
41:17Je suis d'accord avec ce qui a été dit, mais il y a une chose quand même
41:19qu'il ne faut pas oublier, c'est que l'Iran a perdu
41:21240 milliards de dollars durant cette guerre.
41:25Déjà, l'Iran avait besoin de 300 à 400 milliards de dollars
41:28pour se développer.
41:29Mais donc, il a eu un fardeau économique sans précédent
41:33pour son économie qui était déjà par terre.
41:36Donc, il y a aussi la question économique qu'il ne faut pas mettre de côté.
41:40C'est pour cela que les Iraniens, dans leurs négociations,
41:42sont en train d'essayer de pousser vers, en fait,
41:45un certain gain économique.
41:47Parce que, en fait, économiquement,
41:49ils sont vraiment, vraiment très, très, très mal.
41:52Ce qui a changé par rapport au 28 février,
41:54c'est 240 milliards de dollars de pertes
41:56en plus des 300 à 400 milliards dont leur économie avait besoin.
41:59Donc, ce n'est pas rien.
42:01Ça, c'est une chose.
42:01L'autre chose...
42:02Ou l'intérêt d'obtenir des compensations.
42:03Bien sûr.
42:04Soit en taxant Ormuz, soit...
42:07Soit en obtenant notamment le prêt de 12 milliards
42:09qu'ils ont demandé auprès des Qataris.
42:11Mais ça pose aussi des questions, les 12 milliards.
42:13Parce que quand ils ont perdu 240 milliards
42:15et que leur économie avait déjà, avant la guerre,
42:17besoin de 300 à 400 milliards,
42:19les 12 milliards, on a plus l'impression
42:20qu'ils veulent utiliser pour l'Hezbollah,
42:21les Hachal-Shaabi et les gardiens de la Révolution.
42:23Et une dernière chose,
42:25c'est que le régime, aujourd'hui,
42:27il est détenu par les gardiens directement.
42:29Il y a quatre personnalités clés, aujourd'hui,
42:31qui ont le vrai pouvoir.
42:33C'est Morsen Rezaé, qui est le conseil militaire du guide,
42:36ancien chef des gardiens pendant 16 ans.
42:38Il y a Mohamed Ali Jafari,
42:39qui est l'architecte de cette défense mosaïque
42:42et qui est resté 12 ans à la tête des gardiens de la Révolution.
42:45Il y a Mohamed Barer Zolkader,
42:48qui est le successeur d'Ali Larijani
42:49à la tête du Conseil Suprême de Sécurité Nationale
42:52et qui était le premier chef de la force Al-Code,
42:54c'est-à-dire cette force d'élite
42:55qui va dans les théâtres étrangers.
42:57Et le quatrième personnage,
42:58c'est Ahmad Vaidi,
42:59le chef des gardiens actuels.
43:01Donc, c'est quatre personnages clés
43:03qui contrôlent le pays.
43:04Aujourd'hui, c'est vraiment...
43:05Tout le pays est entre les mains des militaires,
43:07des gardiens,
43:08et non plus des mollards.
43:09Ils parlent tous d'une même voix ou pas ?
43:10Ils parlent tous d'une même voix ou pas ?
43:11Oui.
43:11En tout cas, ces quatre personnes que je viens de citer,
43:15c'est vraiment le camp de Morsen Rezaé,
43:17qui est le Conseil Militaire du Guide Suprême,
43:19un guide qu'on ne voit pas.
43:20Donc, c'est vraiment là où se trouve la décision aujourd'hui.
43:23Autre front.
43:24Zénia Fedorova, vous l'évoquiez il y a un instant.
43:26Donc, les États-Unis sont en pleine négociation avec l'Iran.
43:29L'armée israélienne a annoncé aujourd'hui
43:31que son opération terrestre au Liban
43:33est désormais étendue pour cibler le Hezbollah.
43:36Hezbollah, on le rappelle, pro-iranien.
43:39L'armée qui a franchi le Litani
43:41et a étendu ses opérations contre des cibles du Hezbollah.
43:44Voilà ce que le dit Tsaal.
43:46Au nord du fleuve, l'opération est en train de s'étendre à d'autres zones.
43:50Téhéran conditionne tout accord à l'arrêt des combats au Liban.
43:55Mais côté américain,
43:56les violations du Hezbollah, du cessez-le-peu,
43:59peuvent peut-être impacter l'accord aussi,
44:02l'accord que nous évoquions entre l'Iran et les États-Unis.
44:05Zénia Fedorova, il y a aussi ce front qui est important.
44:08Bien sûr, c'est très important.
44:09Parce qu'au début, souvenez-vous
44:10qu'Iran a demandé comme condition de cesser le feu
44:15avec cet accord avec les Américains,
44:17qu'il y a aussi un cessez-le-feu au Liban,
44:20qu'Israël n'a pas respecté.
44:21Il y a eu même une petite tension entre Netanyahu et Donald Trump
44:25à un moment parce qu'il n'a pas exactement joué
44:28par la règle de jeu.
44:29Donc aujourd'hui, la vraie question,
44:32est-ce qu'Israël est prête de suivre la ligne imposée,
44:35par exemple, par Donald Trump ?
44:38C'est difficile à dire pour moi
44:39parce que je ne suis pas spécialiste de cette région.
44:41Mais ce que je vois aujourd'hui,
44:43qu'Israël a ses objectifs,
44:45et je ne suis pas sûre que Benjamin Netanyahu
44:48va suivre exactement ce que Donald Trump le demande.
44:51Si Arnaud Klarsfeld était là,
44:53elle me probablement dit que oui.
44:55Mais je pense qu'ils ont toujours ses objectifs
44:58et ils vont continuer.
45:00Et ça peut mettre en risque le vrai accord
45:03entre les Américains et les Arnaudiants.
45:05Michel Fayad qui connaît très bien le Liban.
45:07Vous partagez ou pas l'expertise de Xenia Fedora ?
45:10Vous avez les mêmes clés de lecture ?
45:13Déjà, ce qu'il faut savoir,
45:14c'est que les Israéliens affirment avoir tué
45:168000 combattants du Hezbollah.
45:18Maintenant, est-ce que c'est vrai sur les 8000 ?
45:20Je ne sais pas.
45:21En tout cas, il s'est passé quelque chose aussi hier
45:23qui a été très dur.
45:26Ça a été vécu de manière très compliquée au Liban.
45:28C'est que l'œuvre d'Orient a révélé
45:30que Marjeyoun, qui est un village chrétien du sud Liban,
45:33a été visé directement par le Hezbollah.
45:35On va voir les photos d'ailleurs.
45:36Et donc ça, c'est quelque chose qui est mal vécu.
45:40Il y a une autre chose qui est mal vécue.
45:42C'est une école de religieuses, pardonnez-moi,
45:44pour commenter pour les téléspectateurs.
45:45Voilà, à Marjeyoun.
45:46À Marjeyoun, une école religieuse visée par le Hezbollah.
45:51Voilà.
45:51Et c'est également mal vécu le fait que l'Iran veuille inclure le Liban
45:55pour une raison simple.
45:56C'est que ça veut dire qu'il n'y a pas de souveraineté libanaise.
45:59C'est-à-dire que d'un côté, le Hezbollah ne veut pas
46:02que le gouvernement libanais négocie avec Israël
46:04et même le menace de descendre dans la rue et de le renverser.
46:06Et de l'autre côté, il se réjouit que l'Iran négocie à sa place,
46:10à la place du Liban, en fait, tout accord avec Israël.
46:13Enfin, c'est invraisemblable d'un côté.
46:15L'autre chose, la prise du château de Beaufort dont vous avez parlé.
46:19On va voir les images.
46:20C'est très important de comprendre que c'est en fait,
46:25au début des années 70, jusqu'en 1982 en réalité,
46:29le château de Beaufort était sous le contrôle
46:31de l'Organisation de la Libération de Palestine de Yasser Arafat.
46:34C'est de là d'où il contrôlait en fait tout le Liban Sud,
46:38puisque le Liban Sud était en fait ce qu'on avait surnommé au Liban
46:41à l'époque le Fatah Land,
46:42donc le territoire contrôlé par son organisation, le Fatah.
46:46Et puis en 1982, Israël avait fait,
46:49lors de l'opération Paix en Galilée,
46:50la prise de ce château de Beaufort.
46:53Du château de Beaufort, vous pouvez voir en fait
46:56toute la région du Litanie, que ce soit au sud ou au-dessus.
47:00Et vous pouvez également voir ce qu'on appelle
47:03Jabal El-Sher, c'est-à-dire en fait ce qui correspond dans la Bible aux mentions.
47:08Donc en fait vous avez une vue stratégique extrêmement importante.
47:13Mais il y a un problème qu'Israël a et ne pourra pas résoudre à mon sens,
47:16c'est que les armes lourdes du Hezbollah se trouvent dans le Hermel,
47:20c'est-à-dire à l'extrémité nord du Liban.
47:22Et donc sans invasion complète de tout le Liban,
47:24Israël ne pourra pas finir du Hezbollah.
47:27Fournit par la République islamique d'Iran.
47:28Fournit par la République islamique d'Iran.
47:29Et donc en fait la seule solution...
47:31Par les stocks de Bachar el-Assad aussi.
47:32Par les stocks de Bachar el-Assad.
47:33Oui, oui, bien sûr.
47:34Mais la seule solution en réalité, c'est le renforcement de l'armée libanaise.
47:38Parce que seule l'armée libanaise pourra prendre le contrôle de cette zone,
47:42le Hermel, à l'extrémité nord du Liban.
47:44parce qu'en fait Israël ne n'ira jamais jusque-là.
47:47Alors justement, Régis Le Sommier qui revient du Liban,
47:49alors j'ai un défi à vous proposer pour vous Régis,
47:51parce qu'il nous reste un peu deux minutes.
47:54Est-ce que vous êtes capable de parler moins d'une minute ?
47:56Écoutez, je vais essayer en tout cas pour ce qui est de Marjayoun.
47:59J'en suis désolé puisqu'il y a un mois j'y étais.
48:01Vous y étiez.
48:01J'étais à Marjayoun.
48:02Pour vous expliquer un petit peu le contexte vraiment rapidement,
48:06c'est que vous avez juste en face de Marjayoun,
48:07vous avez un village qui s'appelle Chiam,
48:09pour lequel le Hezbollah et Israël se sont battus.
48:13Le village est complètement anéanti.
48:15C'est Hiroshima le village.
48:16C'est-à-dire qu'il a été entièrement détruit.
48:18Vous avez des...
48:20J'ai visité un autre village frontalier
48:23de cette fameuse ligne jaune
48:24qui Israël tente d'imposer,
48:26qui s'appelle Hebel Alsaki.
48:29Et Hebel Alsaki a perdu la moitié de son territoire.
48:31C'est-à-dire que la moitié du territoire de la commune
48:34est maintenant dans...
48:35Donc vous avez des gens qui ne peuvent plus accéder à leur champ,
48:38qui ne peuvent plus rien faire économiquement.
48:40Et si vous voulez, des humanitaires,
48:42tant bien que mal,
48:42essayent d'obtenir une présence,
48:44je cite en particulier,
48:45vous avez cité l'œuvre d'Orient,
48:46mais moi j'étais avec les gens des SOS chrétiens d'Orient,
48:49qui font un travail extraordinaire,
48:51au péril de leur vie,
48:52avec effectivement des roquettes du Hezbollah qui tombent,
48:55et effectivement des roquettes israéliennes aussi,
48:58et des avions de chasse qui viennent détruire des positions.
49:01Et dans cette espèce d'enfer
49:05qui est devenu le Liban Sud,
49:07vous avez des personnes âgées, pour la plupart,
49:09qui ne peuvent pas partir,
49:10qui n'ont pas leurs médicaments.
49:12Et vous avez...
49:13Comme je n'ai pas beaucoup de temps,
49:14j'essaie d'insister là-dessus.
49:15Non mais c'est important,
49:17parce qu'on ne se rend pas compte
49:18de ce que des gens font pour d'autres gens,
49:20dans ces endroits-là,
49:21et le Liban malheureusement est défiguré.
49:23Peut-être qu'à l'occasion,
49:25nous aurons l'occasion de voir
49:25qu'il y ait des images et des rois.
49:26Bien sûr, avec grand plaisir.
49:27Avec grand plaisir, bien sûr.
49:28Ça doit être absolument...
49:29C'est une région magnifique.
49:30Le Liban Sud est vraiment magnifique.
49:31En plus, c'est sublime.
49:32On arrive au terme de cette émission.
49:34Merci à tous les trois.
49:35L'heure interne, c'est aussi le mercredi,
49:3721h, avec Gauthier Lebrecht.
49:39À ne pas manquer, bien évidemment.
49:41Merci à David Bourunessa, à Gaudron,
49:44et à Axel Thomas,
49:45de m'avoir aidé à préparer cette émission.
49:47L'actualité continue sur CNews.
49:50On se retrouve très vite.
49:52À bientôt.
Commentaires