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  • il y a 12 heures
Thomas Ménagé, député RN du Loiret et vice-président de la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce vendredi 29 mai. Ils sont revenus sur la percée du RN chez les patrons TPE et PME, le projet économique du RN qui suscite de vifs débats, et les enjeux autour du financement des partis lors des campagnes électorales, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 7h45 sur BFM Business et sur AMC Live. Notre invité ce matin c'est Thomas Ménager.
00:04Bonjour, vous êtes député du Loiret, vous êtes vice-président de la commission des affaires sociales,
00:10conseiller régional du centre Val-de-Loire. On a plein de choses à se dire ce matin.
00:14Je vous ai entendu dire sur une autre antenne que le Rassemblement National est en tête
00:18chez les chefs d'entreprise et dans les milieux économiques.
00:20Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? C'est quoi les remontées de terrain qui vous font dire
00:24que vous êtes en tête dans les milieux économiques ?
00:25Alors ce n'est pas les remontées de terrain au doigt mouillé, c'est les derniers sondages
00:28qui montrent que depuis un certain temps les chefs d'entreprise, alors peut-être les TPE,
00:33les patrons de PME, de TPE, ont évolué dans l'image qu'ils ont du Rassemblement National.
00:37Peut-être qu'on a aussi fait évoluer notre programme, on l'assume ces dernières années,
00:41en faveur des entreprises, en étant beaucoup plus pro-business, en expliquant un message clair,
00:47c'est que si on veut pouvoir continuer à garder notre modèle social, continuer à avoir de l'argent public,
00:51l'argent public magique n'existe pas, c'est avant tout de l'argent privé.
00:54Et donc pour cela il faut pouvoir aider nos entreprises, réindustrialiser, accompagner
00:57ce qui crée la richesse en France.
00:59Mais ça veut dire quoi être pro-business ? Parce que moi quand je vous entends défendre
01:01la retraite à 62 ans, défendre la taxation des super-profits, parler de l'Europe,
01:06je me dis c'est incompatible, il n'y a pas de chef d'entreprise qui peut pousser ça.
01:10Tous les jours nous on essaye justement de parler de baisse des dépenses publiques,
01:14de voir à quel point le fait d'être plusieurs en Europe, on est plus fort que tout seul.
01:19Du coup qu'est-ce qui marche selon vous auprès des chefs d'entreprise ?
01:22Nous on assume totalement d'avoir deux jambes, d'avoir une jambe et de vouloir maintenir
01:26notre modèle social, mais de pouvoir donner aux entreprises la possibilité d'investir.
01:29Et ça passe par ce que l'on propose en matière de fiscalité, nous on propose de supprimer
01:33les impôts de production, on est le pire pays en Europe en termes d'impôts de production.
01:37On sait que c'est un boulet au plus des entreprises.
01:39Supprimer carrément.
01:39Ah oui, l'ensemble des impôts de production, les trois principaux, C3S, CFE et j'en oublie
01:44ce matin la CVAE, nous l'avions fait aussi dans le cadre des débats budgétaires, on
01:50avait obtenu la suppression de la C3S à hauteur de 4 à 5 milliards d'euros.
01:54Aujourd'hui il y a nécessité aussi de faire une amélioration en matière de ce qu'on
01:58pourrait appeler une forme d'impôt sur le papier, c'est-à-dire toutes les normes.
02:01On sait que c'est 3,5 à 4 points du PIB, du produit intérieur brut qui sont au final
02:06tués, tués par...
02:07Donc vous cassez tout, vous êtes ultra-libéral, pas dans votre production, on supprime les
02:11normes, mais on garde le modèle social.
02:12Il ne faut pas être caricatural sur les normes aujourd'hui, c'est-à-dire qu'on le sait
02:15très bien, il y a des normes qui sont utiles pour protéger l'environnement, pour protéger
02:19la santé publique, mais il y a aussi un certain nombre de normes qui sont là juste pour
02:22être un boulet au pied des entreprises et on le voit, il y a ce sommet de choses France,
02:28on y viendra peut-être, mais on voit que c'est beaucoup plus simple de faire un projet
02:32industriel quand on traverse le Rhin, quand on va dans d'autres pays européens, parce
02:36qu'il y a une complexité administrative en France et des normes qui ne sont pas
02:40utiles.
02:40– Du coup, je vais venir à Tchouz France dans un instant sur les investissements
02:43étrangers, mais du coup, vous dites maintenir le modèle social, ça veut dire ne pas baisser
02:47les dépenses, on voit encore ce matin...
02:49– Si, si, mais ce n'est pas parce que vous maintenez par exemple le modèle social
02:52sur la question des retraites que vous n'allez pas couper dans les dépenses...
02:53– Ah, c'est plus gros morceaux les retraites, si vous ne touchez pas aux retraites, ça
02:56ne sert à rien de discuter.
02:58– C'est un morceau, si, il y a d'autres sujets, bien entendu les retraites c'est un point
03:02important, mais il y a d'autres éléments de dépenses publiques en France, c'est-à-dire
03:05il y a tous la question de l'administration, la suradministration, la bureaucratie, les
03:10agences, on sait que c'est 80 milliards d'euros par an, alors il faudra garder un certain
03:13nombre de ces dépenses, mais il y a des économies à faire sur le domaine, il y a aussi des
03:17mauvaises
03:17dépenses publiques et nous, nous l'assumons, ce n'est pas un tabou, c'est aujourd'hui
03:21la question du coût de l'immigration, c'est-à-dire de privilégier les Français par rapport
03:24à des personnes qui n'ont pas la nationalité française, aussi en rééquilibrant, aussi avec
03:30la nécessité… – Mais vous ne touchez pas aux retraites et vous ne touchez pas aux dépenses
03:32de santé, donc en fait vous prenez des tout petits…
03:35– Parce qu'on ne demandera pas des efforts français…
03:36– …tout petits montants face à des choses spectaculaires.
03:38– Non mais c'est cumulé, ce ne sont pas des petits montants et en fait je pourrais
03:42vous aligner un certain nombre d'autres économies sur l'aide publique au développement,
03:45sur le coût de l'Union Européenne, sur la fraude fiscale et la fraude sociale et
03:49qu'aujourd'hui… – Vous dites on est libéral mais on est aussi socialiste,
03:52donc c'est compliqué en fait.
03:53– Mais non mais est-ce que vous êtes dans des caricatures, voilà, aujourd'hui, c'est
03:57pas un gros mot de vouloir dire qu'en France on a un modèle social qui protège,
04:01après ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des abus, qu'il n'y a pas
04:03de l'assistance,
04:04qu'il n'y a pas des gens qui aujourd'hui ne travaillent pas mais plutôt que de faire
04:08peser les efforts sur quelques-uns qui bossent dans notre pays aujourd'hui, c'est-à-dire
04:11ceux qui ont bossé toute leur vie, les retraités ou ceux qui bossent aujourd'hui, on va faire
04:15travailler plus de monde, recréer de l'emploi parce qu'aujourd'hui il y a 5 millions
04:18et demi de chômeurs et plutôt que de faire bosser ceux qui bossent déjà énormément,
04:22on va essayer de faire bosser ceux qui soit ne veulent pas travailler, soit ne trouvent
04:25pas à travailler.
04:26– Alors sur le sommet de Chouserance, c'est lundi, il y aura encore ce grand grand
04:29à Versailles où on attend pas mal d'investisseurs étrangers, on attend 200 à peu près chefs
04:34d'entreprise, vous dites quoi ? Vous dites bienvenue, on vous attend, investissez dans
04:39notre pays, qu'est-ce que vous dites par exemple aux investisseurs chinois qui regardent
04:42de très près notamment pour investir sur des usines de véhicules électriques, c'est
04:47quoi votre message ? – Bien entendu, on accueille tous les investisseurs, tous ceux
04:50qui veulent venir créer de la richesse, de l'emploi en France, avec un certain nombre
04:53de limites, c'est-à-dire il ne faut pas que ce soit forcément un pillage, un pillage
04:56de notre savoir-faire, une nouvelle étape parfois où on va prendre le contrôle d'un
05:01certain nombre d'entreprises sans créer réellement de nouveaux emplois, de nouvelles
05:05usines et avec le risque progressivement que le centre de décision étant évolué, partant
05:11à l'étranger, nous n'ayons plus la main et avec des nouvelles délocalisations,
05:14des nouvelles fermetures d'entreprises, mais aujourd'hui, bien entendu, il faut ouvrir
05:18grand les bras.
05:19Mais vous aurez beau faire beaucoup de communication, si derrière vous n'avez pas, vous n'avez
05:23un coût du travail qui continue d'augmenter, si vous avez des impôts qui continuent d'augmenter,
05:26vous avez des normes qui continuent d'augmenter et que vous n'êtes pas, à contrario, dans
05:29une amélioration en fait de ce qui peut donner aux entreprises l'envie d'investir, ça
05:33ne créera pas réellement d'emplois et on le voit, il y a eu un certain nombre
05:36d'investissements, on est bien placé, mais quand on regarde dans le détail précisément,
05:40on se rend compte que le nombre d'emplois créés, on est à 34 par projet, quand dans
05:44d'autres pays comme au Portugal, on est environ à 93 emplois créés par projet.
05:49Pourquoi ? Parce qu'en fait, ce sont peu d'emplois industriels, ce sont des emplois
05:54souvent dans le secteur des services, dans du tiers tiers, or ce que l'on veut aujourd'hui
05:58et ce dont on a besoin, ce sont des emplois créateurs de richesses, donc des emplois
06:02manufacturiers, donc des emplois industriels.
06:04Et là, peut-être, malheureusement, c'est triste de voir que le monde change totalement,
06:07les investissements chinois pourront être une piste, peut-être, pour recréer un certain
06:11nombre d'emplois sur notre territoire.
06:12Donc vous dites oui pour les investissements étrangers, mais j'ai l'impression à vous
06:15entendre que vous caressez tout le monde dans le sens du poil, alors sauf la question
06:19de l'immigration, mais c'est-à-dire que vous refusez de dire aux Français qu'il
06:22va falloir faire des efforts, qu'il va falloir réduire une partie des dépenses, vous
06:25ne voulez pas aller sur le terrain du sang et des larmes, en fait.
06:27Mais pourquoi ? Parce que peut-être qu'un jour, malheureusement, la situation sera tellement
06:30catastrophique qu'il faudra le faire.
06:32Mais vous ne pourrez pas demander des efforts aux Français qui bossent, qui triment,
06:35qui sont déjà les plus imposés d'Europe, des pays de l'OCDE, tant que l'État n'aura
06:40pas fait un effort en diminuant sa propre dépense publique, en ayant un certain nombre
06:45de dépenses qui ne sont pas utiles, qui ne servent aujourd'hui pas concrètement
06:47le pays, et quand vous n'aurez pas demandé des efforts à ceux qui n'ont pas la nationalité
06:51française, quand vous n'aurez pas demandé encore des efforts à ceux qui ne bossent
06:54pas dans notre pays.
06:55Donc on a une solution de facilité en France, c'est qu'il y a des jeunes agents, des gens
07:00qui bossent, des chefs d'entreprise, des salariés, ils payent, ils triment, ils
07:04staisent, et on continue de taper sur eux, quand d'autres, eux, on les épargne toujours.
07:07Il nous reste une minute, j'arrête juste qu'on parle du financement de la campagne,
07:09parce que le président de la FBF, Daniel Ball, qui est aussi le président du Crédit
07:14Mutuel, a proposé à ce micro de créer une banque de la démocratie, parce qu'il
07:18dit que ce n'est pas aux banques de porter le risque pour la campagne, il considère
07:22que ça doit être extérieur, soit par des PGE, soit par une banque de la démocratie.
07:26Qu'est-ce que vous en dites aujourd'hui, et quels sont les contacts que vous avez
07:29au Rassemblement National pour le financement de la campagne présidentielle ?
07:32Malheureusement, pour le moment, à ce jour, alors que le sondage d'aujourd'hui
07:35montre qu'on est en tête au premier tour, gagnant dans la quasi-totalité, je crois,
07:39voir la totalité des configurations au second tour, le premier parti de France n'est
07:42pas financé, c'est-à-dire qu'on a contacté toute, je crois, ou la quasi-totalité des
07:46banques françaises, la quasi-totalité des banques européennes, et nous n'avons, pour
07:50l'heure, aucun retour.
07:51La Banque de la démocratie, bien entendu, elle est sur la table, elle est sur la table
07:54depuis maintenant un an, depuis 2017, puisque celui qui avait proposé ça, c'était
07:57Emmanuel Macron.
07:59C'est une bonne idée ou pas ?
08:00C'est une bonne idée, s'il y a une frilosité des banques.
08:03Vous dites aucun risque quand ils disent Nicolas Sarkozy quand il a ses comptes de campagne
08:06qui ne sont pas certifiés, c'est un risque quand même.
08:08Oui, bien sûr, mais nous, par contre, il n'y a pas le risque de non-remboursement, donc
08:11c'est vrai qu'il y a des cas très exceptionnels où il y a un petit risque, ce qui
08:14est bizarre,
08:14c'est que ce risque, il existe pour tous les autres candidats, mais aujourd'hui, ceux
08:18qui ne sont pas financés, c'est le Rassemblement National, ce sont les candidats du Rassemblement
08:22National, donc la question de la Banque de la démocratie, aujourd'hui, elle était
08:25sur la table par Emmanuel Macron, il l'avait promis, il s'y était engagé,
08:28et on est dans une situation...
08:30Donc vous dites, oui, c'est ça qu'il faut, c'est bon, c'est bon...
08:32Mais on le dit, mais malheureusement, pour 2027, il ne faut pas prendre les gens pour
08:35des idiots, ça ne sera pas le cas.
08:36Pour l'instant, les banques ne veulent pas financer.
08:37Ça ne sera pas le cas, donc moi, j'appelle...
08:39Et un PGE, c'est facile, un prêt garanti par l'État ? Non, ça fonctionne, c'est facile
08:43à mettre en place ?
08:43Oui, mais il faut que le gouvernement le veuille, ce n'est pas nous qui le mettons à l'ordre
08:47du jour à un tel débat, mais bien entendu, ça serait la solution qui, aujourd'hui, démocratiquement,
08:52est la plus simple et attendue par les Français, parce que ça pose quand même
08:55une vraie question dans une des plus belles démocraties du monde, que le Premier Parti
08:59de France ne trouve pas de quoi financer, de quoi partir en campagne.
09:01Merci beaucoup, Thomas Ménager, vous êtes venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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