00:00Il est 7h45 sur BFM Business et sur AMC Live. Notre invité ce matin c'est Thomas Ménager.
00:04Bonjour, vous êtes député du Loiret, vous êtes vice-président de la commission des affaires sociales,
00:10conseiller régional du centre Val-de-Loire. On a plein de choses à se dire ce matin.
00:14Je vous ai entendu dire sur une autre antenne que le Rassemblement National est en tête
00:18chez les chefs d'entreprise et dans les milieux économiques.
00:20Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? C'est quoi les remontées de terrain qui vous font dire
00:24que vous êtes en tête dans les milieux économiques ?
00:25Alors ce n'est pas les remontées de terrain au doigt mouillé, c'est les derniers sondages
00:28qui montrent que depuis un certain temps les chefs d'entreprise, alors peut-être les TPE,
00:33les patrons de PME, de TPE, ont évolué dans l'image qu'ils ont du Rassemblement National.
00:37Peut-être qu'on a aussi fait évoluer notre programme, on l'assume ces dernières années,
00:41en faveur des entreprises, en étant beaucoup plus pro-business, en expliquant un message clair,
00:47c'est que si on veut pouvoir continuer à garder notre modèle social, continuer à avoir de l'argent public,
00:51l'argent public magique n'existe pas, c'est avant tout de l'argent privé.
00:54Et donc pour cela il faut pouvoir aider nos entreprises, réindustrialiser, accompagner
00:57ce qui crée la richesse en France.
00:59Mais ça veut dire quoi être pro-business ? Parce que moi quand je vous entends défendre
01:01la retraite à 62 ans, défendre la taxation des super-profits, parler de l'Europe,
01:06je me dis c'est incompatible, il n'y a pas de chef d'entreprise qui peut pousser ça.
01:10Tous les jours nous on essaye justement de parler de baisse des dépenses publiques,
01:14de voir à quel point le fait d'être plusieurs en Europe, on est plus fort que tout seul.
01:19Du coup qu'est-ce qui marche selon vous auprès des chefs d'entreprise ?
01:22Nous on assume totalement d'avoir deux jambes, d'avoir une jambe et de vouloir maintenir
01:26notre modèle social, mais de pouvoir donner aux entreprises la possibilité d'investir.
01:29Et ça passe par ce que l'on propose en matière de fiscalité, nous on propose de supprimer
01:33les impôts de production, on est le pire pays en Europe en termes d'impôts de production.
01:37On sait que c'est un boulet au plus des entreprises.
01:39Supprimer carrément.
01:39Ah oui, l'ensemble des impôts de production, les trois principaux, C3S, CFE et j'en oublie
01:44ce matin la CVAE, nous l'avions fait aussi dans le cadre des débats budgétaires, on
01:50avait obtenu la suppression de la C3S à hauteur de 4 à 5 milliards d'euros.
01:54Aujourd'hui il y a nécessité aussi de faire une amélioration en matière de ce qu'on
01:58pourrait appeler une forme d'impôt sur le papier, c'est-à-dire toutes les normes.
02:01On sait que c'est 3,5 à 4 points du PIB, du produit intérieur brut qui sont au final
02:06tués, tués par...
02:07Donc vous cassez tout, vous êtes ultra-libéral, pas dans votre production, on supprime les
02:11normes, mais on garde le modèle social.
02:12Il ne faut pas être caricatural sur les normes aujourd'hui, c'est-à-dire qu'on le sait
02:15très bien, il y a des normes qui sont utiles pour protéger l'environnement, pour protéger
02:19la santé publique, mais il y a aussi un certain nombre de normes qui sont là juste pour
02:22être un boulet au pied des entreprises et on le voit, il y a ce sommet de choses France,
02:28on y viendra peut-être, mais on voit que c'est beaucoup plus simple de faire un projet
02:32industriel quand on traverse le Rhin, quand on va dans d'autres pays européens, parce
02:36qu'il y a une complexité administrative en France et des normes qui ne sont pas
02:40utiles.
02:40– Du coup, je vais venir à Tchouz France dans un instant sur les investissements
02:43étrangers, mais du coup, vous dites maintenir le modèle social, ça veut dire ne pas baisser
02:47les dépenses, on voit encore ce matin...
02:49– Si, si, mais ce n'est pas parce que vous maintenez par exemple le modèle social
02:52sur la question des retraites que vous n'allez pas couper dans les dépenses...
02:53– Ah, c'est plus gros morceaux les retraites, si vous ne touchez pas aux retraites, ça
02:56ne sert à rien de discuter.
02:58– C'est un morceau, si, il y a d'autres sujets, bien entendu les retraites c'est un point
03:02important, mais il y a d'autres éléments de dépenses publiques en France, c'est-à-dire
03:05il y a tous la question de l'administration, la suradministration, la bureaucratie, les
03:10agences, on sait que c'est 80 milliards d'euros par an, alors il faudra garder un certain
03:13nombre de ces dépenses, mais il y a des économies à faire sur le domaine, il y a aussi des
03:17mauvaises
03:17dépenses publiques et nous, nous l'assumons, ce n'est pas un tabou, c'est aujourd'hui
03:21la question du coût de l'immigration, c'est-à-dire de privilégier les Français par rapport
03:24à des personnes qui n'ont pas la nationalité française, aussi en rééquilibrant, aussi avec
03:30la nécessité… – Mais vous ne touchez pas aux retraites et vous ne touchez pas aux dépenses
03:32de santé, donc en fait vous prenez des tout petits…
03:35– Parce qu'on ne demandera pas des efforts français…
03:36– …tout petits montants face à des choses spectaculaires.
03:38– Non mais c'est cumulé, ce ne sont pas des petits montants et en fait je pourrais
03:42vous aligner un certain nombre d'autres économies sur l'aide publique au développement,
03:45sur le coût de l'Union Européenne, sur la fraude fiscale et la fraude sociale et
03:49qu'aujourd'hui… – Vous dites on est libéral mais on est aussi socialiste,
03:52donc c'est compliqué en fait.
03:53– Mais non mais est-ce que vous êtes dans des caricatures, voilà, aujourd'hui, c'est
03:57pas un gros mot de vouloir dire qu'en France on a un modèle social qui protège,
04:01après ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des abus, qu'il n'y a pas
04:03de l'assistance,
04:04qu'il n'y a pas des gens qui aujourd'hui ne travaillent pas mais plutôt que de faire
04:08peser les efforts sur quelques-uns qui bossent dans notre pays aujourd'hui, c'est-à-dire
04:11ceux qui ont bossé toute leur vie, les retraités ou ceux qui bossent aujourd'hui, on va faire
04:15travailler plus de monde, recréer de l'emploi parce qu'aujourd'hui il y a 5 millions
04:18et demi de chômeurs et plutôt que de faire bosser ceux qui bossent déjà énormément,
04:22on va essayer de faire bosser ceux qui soit ne veulent pas travailler, soit ne trouvent
04:25pas à travailler.
04:26– Alors sur le sommet de Chouserance, c'est lundi, il y aura encore ce grand grand
04:29à Versailles où on attend pas mal d'investisseurs étrangers, on attend 200 à peu près chefs
04:34d'entreprise, vous dites quoi ? Vous dites bienvenue, on vous attend, investissez dans
04:39notre pays, qu'est-ce que vous dites par exemple aux investisseurs chinois qui regardent
04:42de très près notamment pour investir sur des usines de véhicules électriques, c'est
04:47quoi votre message ? – Bien entendu, on accueille tous les investisseurs, tous ceux
04:50qui veulent venir créer de la richesse, de l'emploi en France, avec un certain nombre
04:53de limites, c'est-à-dire il ne faut pas que ce soit forcément un pillage, un pillage
04:56de notre savoir-faire, une nouvelle étape parfois où on va prendre le contrôle d'un
05:01certain nombre d'entreprises sans créer réellement de nouveaux emplois, de nouvelles
05:05usines et avec le risque progressivement que le centre de décision étant évolué, partant
05:11à l'étranger, nous n'ayons plus la main et avec des nouvelles délocalisations,
05:14des nouvelles fermetures d'entreprises, mais aujourd'hui, bien entendu, il faut ouvrir
05:18grand les bras.
05:19Mais vous aurez beau faire beaucoup de communication, si derrière vous n'avez pas, vous n'avez
05:23un coût du travail qui continue d'augmenter, si vous avez des impôts qui continuent d'augmenter,
05:26vous avez des normes qui continuent d'augmenter et que vous n'êtes pas, à contrario, dans
05:29une amélioration en fait de ce qui peut donner aux entreprises l'envie d'investir, ça
05:33ne créera pas réellement d'emplois et on le voit, il y a eu un certain nombre
05:36d'investissements, on est bien placé, mais quand on regarde dans le détail précisément,
05:40on se rend compte que le nombre d'emplois créés, on est à 34 par projet, quand dans
05:44d'autres pays comme au Portugal, on est environ à 93 emplois créés par projet.
05:49Pourquoi ? Parce qu'en fait, ce sont peu d'emplois industriels, ce sont des emplois
05:54souvent dans le secteur des services, dans du tiers tiers, or ce que l'on veut aujourd'hui
05:58et ce dont on a besoin, ce sont des emplois créateurs de richesses, donc des emplois
06:02manufacturiers, donc des emplois industriels.
06:04Et là, peut-être, malheureusement, c'est triste de voir que le monde change totalement,
06:07les investissements chinois pourront être une piste, peut-être, pour recréer un certain
06:11nombre d'emplois sur notre territoire.
06:12Donc vous dites oui pour les investissements étrangers, mais j'ai l'impression à vous
06:15entendre que vous caressez tout le monde dans le sens du poil, alors sauf la question
06:19de l'immigration, mais c'est-à-dire que vous refusez de dire aux Français qu'il
06:22va falloir faire des efforts, qu'il va falloir réduire une partie des dépenses, vous
06:25ne voulez pas aller sur le terrain du sang et des larmes, en fait.
06:27Mais pourquoi ? Parce que peut-être qu'un jour, malheureusement, la situation sera tellement
06:30catastrophique qu'il faudra le faire.
06:32Mais vous ne pourrez pas demander des efforts aux Français qui bossent, qui triment,
06:35qui sont déjà les plus imposés d'Europe, des pays de l'OCDE, tant que l'État n'aura
06:40pas fait un effort en diminuant sa propre dépense publique, en ayant un certain nombre
06:45de dépenses qui ne sont pas utiles, qui ne servent aujourd'hui pas concrètement
06:47le pays, et quand vous n'aurez pas demandé des efforts à ceux qui n'ont pas la nationalité
06:51française, quand vous n'aurez pas demandé encore des efforts à ceux qui ne bossent
06:54pas dans notre pays.
06:55Donc on a une solution de facilité en France, c'est qu'il y a des jeunes agents, des gens
07:00qui bossent, des chefs d'entreprise, des salariés, ils payent, ils triment, ils
07:04staisent, et on continue de taper sur eux, quand d'autres, eux, on les épargne toujours.
07:07Il nous reste une minute, j'arrête juste qu'on parle du financement de la campagne,
07:09parce que le président de la FBF, Daniel Ball, qui est aussi le président du Crédit
07:14Mutuel, a proposé à ce micro de créer une banque de la démocratie, parce qu'il
07:18dit que ce n'est pas aux banques de porter le risque pour la campagne, il considère
07:22que ça doit être extérieur, soit par des PGE, soit par une banque de la démocratie.
07:26Qu'est-ce que vous en dites aujourd'hui, et quels sont les contacts que vous avez
07:29au Rassemblement National pour le financement de la campagne présidentielle ?
07:32Malheureusement, pour le moment, à ce jour, alors que le sondage d'aujourd'hui
07:35montre qu'on est en tête au premier tour, gagnant dans la quasi-totalité, je crois,
07:39voir la totalité des configurations au second tour, le premier parti de France n'est
07:42pas financé, c'est-à-dire qu'on a contacté toute, je crois, ou la quasi-totalité des
07:46banques françaises, la quasi-totalité des banques européennes, et nous n'avons, pour
07:50l'heure, aucun retour.
07:51La Banque de la démocratie, bien entendu, elle est sur la table, elle est sur la table
07:54depuis maintenant un an, depuis 2017, puisque celui qui avait proposé ça, c'était
07:57Emmanuel Macron.
07:59C'est une bonne idée ou pas ?
08:00C'est une bonne idée, s'il y a une frilosité des banques.
08:03Vous dites aucun risque quand ils disent Nicolas Sarkozy quand il a ses comptes de campagne
08:06qui ne sont pas certifiés, c'est un risque quand même.
08:08Oui, bien sûr, mais nous, par contre, il n'y a pas le risque de non-remboursement, donc
08:11c'est vrai qu'il y a des cas très exceptionnels où il y a un petit risque, ce qui
08:14est bizarre,
08:14c'est que ce risque, il existe pour tous les autres candidats, mais aujourd'hui, ceux
08:18qui ne sont pas financés, c'est le Rassemblement National, ce sont les candidats du Rassemblement
08:22National, donc la question de la Banque de la démocratie, aujourd'hui, elle était
08:25sur la table par Emmanuel Macron, il l'avait promis, il s'y était engagé,
08:28et on est dans une situation...
08:30Donc vous dites, oui, c'est ça qu'il faut, c'est bon, c'est bon...
08:32Mais on le dit, mais malheureusement, pour 2027, il ne faut pas prendre les gens pour
08:35des idiots, ça ne sera pas le cas.
08:36Pour l'instant, les banques ne veulent pas financer.
08:37Ça ne sera pas le cas, donc moi, j'appelle...
08:39Et un PGE, c'est facile, un prêt garanti par l'État ? Non, ça fonctionne, c'est facile
08:43à mettre en place ?
08:43Oui, mais il faut que le gouvernement le veuille, ce n'est pas nous qui le mettons à l'ordre
08:47du jour à un tel débat, mais bien entendu, ça serait la solution qui, aujourd'hui, démocratiquement,
08:52est la plus simple et attendue par les Français, parce que ça pose quand même
08:55une vraie question dans une des plus belles démocraties du monde, que le Premier Parti
08:59de France ne trouve pas de quoi financer, de quoi partir en campagne.
09:01Merci beaucoup, Thomas Ménager, vous êtes venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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