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  • il y a 21 minutes
Philippe Brun, vice-président PS de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce jeudi 9 juillet. Il est revenu sur sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 et a détaillé son projet visant à redresser les finances du pays, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:007h43 sur BFM Business, notre invité c'est Philippe Brun, bonjour, député PS, vice-président de la commission des finances
00:05de l'Assemblée Nationale
00:06et donc candidat à la présidentielle, il se passera un événement important ce soir parce que vous allez déterminer,
00:12enfin les adhérents vont déterminer la manière dont vont se passer les primaires, est-ce qu'il ne serait pas
00:17temps de se mettre en ordre de marche ?
00:18On voit quand même que du côté des LFI et du côté du RN, on est clair, au milieu c
00:22'est quand même le grand flou.
00:23Oui c'est le grand flou notamment dans notre espace à nous, la gauche démocratique, qu'il n'y a
00:28pas de candidat unique aujourd'hui
00:30et ce soir les militants socialistes vont voter pour choisir la modalité, soit une primaire très ouverte, soit une primaire
00:36réservée à nos adhérents
00:37sachant que n'importe qui pourra adhérer jusqu'au jour du vote. En tout cas moi je suis candidat à
00:42cette primaire
00:43et j'ai le bon espoir qu'en septembre-octobre on désigne enfin notre candidat et ça va être un
00:47moment pour faire valoir des idées nouvelles
00:49et c'est le sens de ma candidature.
00:50Alors vous, vous voulez être le candidat des salaires, vous avez une proposition sur la CSG, la faire varier sur
00:56les salaires sous les 4000 euros.
00:59Je rappelle que la CSG quand même c'est beaucoup beaucoup d'argent pour les finances publiques
01:03que quand on touche à la CSG, on parle d'un point de CSG sur les salaires, c'est 15
01:07milliards d'euros.
01:08Vous voulez faire baisser le taux qui est aujourd'hui à 9,2%, vous voulez le faire passer à 2
01:12,28 sur les salaires autour de 2200 euros.
01:15Ça fait un montant énorme pour les finances publiques, comment on finance ça ?
01:18Alors l'idée c'est d'abord de partir du constat, aujourd'hui on a 21 millions de salariés du
01:22privé, 5 millions d'agents publics
01:23qui assurent à eux seuls l'ensemble de la protection sociale des français.
01:27Auprès 70 millions à vivre sur le dos de ces salariés et qui aujourd'hui sont surtaxés.
01:31Quand vous faites le bilan entre la masse salariale et à la fin ce que vous touchez dans votre poche,
01:37c'est les salariés qui payent l'essentiel de la protection sociale dans notre pays.
01:40Moi ce que je souhaite c'est qu'on détaxe les salariés.
01:42Les salariés aujourd'hui payent beaucoup trop par rapport à leurs revenus et qu'on défende leur pouvoir d'achat.
01:47Et que dans le même temps on diversifie le financement de la protection sociale en mettant à contribution d'autres
01:53facteurs de production.
01:54Mettre à contribution davantage le capital, mettre à contribution aussi davantage, je le crois aussi, les retraités.
02:00Je crois que la CSG des retraités doit être la même que celle des actifs.
02:03Et puis je crois aussi qu'on va avoir dans les années qui viennent, vous savez, une grande transmission.
02:08On sait que l'héritage, il y a beaucoup de transmissions d'héritage en raison du baby-boom aujourd'hui.
02:14Les 7 milliards d'euros en plus par an qu'on va avoir naturellement des taxations d'héritage qui va
02:21arriver dans les finances publiques,
02:22ces 7 milliards de plus, je souhaite aussi les affecter à cette opération de pouvoir d'achat.
02:25Il faut défendre le pouvoir d'achat.
02:26Les salariés aujourd'hui, les jeunes, les actifs ont finalement peu de moyens pour vivre.
02:33Il y a une augmentation importante des prix alimentaires, plus de 27% durant les 3 dernières années.
02:37Des prix de l'énergie, plus de 40% durant les 4 dernières années.
02:39Il faut qu'on puisse aujourd'hui libérer la consommation, libérer le pouvoir d'achat pour tous ces gens qui
02:44bossent.
02:45Et la CSG, je vous propose justement de la rendre progressive jusqu'à 4 000 euros.
02:49Et on reviendrait au taux normal de CSG de 9,2 à partir de 4 000 euros.
02:52Sauf que derrière, à aucun moment dans le programme du Parti Socialiste, qui a été voté par les militants il
02:58y a quelques temps,
02:59il n'y a de baisse de dépense.
03:00C'est-à-dire qu'on a augmentation, on a retraite à 62 ans, on a hausse du SMIC.
03:04Tout ça, c'est déjà des dépenses à plusieurs milliards d'euros.
03:07Ce matin, on a le taux à 10 ans français sur les marchés qui tape quasiment les 4%.
03:11On est à 3,92.
03:13Donc vous ne pouvez pas utiliser le marché financier pour financer tout ça.
03:16Vous ne voulez pas baisser les dépenses.
03:17Donc ça ne peut être qu'une augmentation massive des impôts.
03:21Alors, le programme du PS, ce n'est pas un programme économique, il n'est pas financé.
03:24Ça a été dit d'ailleurs par Olivier Faure.
03:26Moi, par exemple, je n'y ai même pas participé.
03:28C'est un problème quand même.
03:29Chacun des candidats à la première va présenter son programme.
03:31Moi, je présente mon programme économique dans 15 jours.
03:33Et c'est un programme qui prévoit le retour sous la barre des 3% d'ici 5 ans.
03:37Il n'aura rien à voir avec le programme du PS présenté la semaine dernière ?
03:40Il sera beaucoup plus précis et on proposera également des baisses de dépenses sur l'ensemble de secteurs.
03:45Sur quoi ?
03:45Vous le verrez, sur l'amélioration de la bureaucratie, sur le fonctionnement aussi des collectivités locales.
03:53On proposera des économies aussi sur le fonctionnement du système de santé.
03:57Et on va proposer, et puis je proposerai aussi...
04:00Il y aura des baisses de dépenses.
04:01Je proposerai aussi la désindexation des grosses retraites.
04:05Parce qu'aujourd'hui, c'est une dépense qui est très, très importante.
04:07Ah oui, donc les retraités, ils vont prendre cher quand même.
04:09Parce que vous dites, même CSG pour tout le monde, désindexation sur les retraites.
04:13Donc, eux, c'est une cible quand même pour vous.
04:15Des très grosses retraites.
04:16C'est-à-dire que moi, j'estime qu'on peut faire un effort temporaire.
04:19Quand on gagne plus de 3 000 euros de retraite, que ce ne soit pas indexé pendant un an,
04:23on peut s'en remettre.
04:23Je rappelle d'ailleurs, c'est ce qu'avait fait Nicolas Sarkozy,
04:25ce qu'avait fait François Hollande au début de son mandat.
04:28Ça avait permis de rétablir les finances publiques.
04:30Aujourd'hui, la simple indexation des pensions de retraite sur l'année 2024,
04:34pour tout le monde, elle a coûté autant que le bénéfice de la réforme borne sur 10 ans.
04:40Écoutez, moi je crois en tout cas qu'il faut évidemment indexer les retraites
04:42pour tous les gens qui sont modestes, pour les gens qui sont au minimum vieillesse,
04:45pour les gens qui gagnent 1 500, 1 600, 1 700 euros de retraite.
04:48C'est logique qu'elles soient indexées sur l'inflation avec l'augmentation des prix.
04:51Donc, on a une très bonne retraite.
04:52Je crois qu'on peut contribuer à l'effort national en désindexant.
04:55Temporairement les retraites, les salaires ne sont pas indexés sur l'inflation aujourd'hui.
04:58Et c'est pourtant les salaires qui financent les retraites.
05:00Donc, il y a aujourd'hui un effet ciseau.
05:02Il faut qu'on puisse désindexer aussi les grosses retraites.
05:05Je crois que c'est un effort que chacun peut en faire.
05:07Sur les salaires, vous mettez le palier à 4 000 euros.
05:10En gros, on est riche à 4 000 euros.
05:11Sur les retraites, vous le mettez à 3 000.
05:13Ce n'est pas le même curseur.
05:14Non, on a une CSG qui est progressive jusqu'à 4 000.
05:19Même si à 4 000, le bénéfice est moins élevé qu'à 2 000.
05:23Donc, de toute façon, le but c'est que ce soit progressif.
05:25Je rappelle quand même que les salaires médiants en France, c'est autour de 2 000 euros.
05:29Sur les questions de réindustrialisation.
05:31Alors, ça aussi, c'est dans le programme du PS, mais je n'aurais pas dû le lire apparemment.
05:33Parce qu'en fait, ça ne sera pas le programme des candidats.
05:36Mais quand même, il y a la question de la réindustrialisation qui veut se poursuivre.
05:40Là aussi, il y a un sujet.
05:42Comment on fait pour attirer les capitaux ?
05:44Dire qu'il faut investir aux gens qui voudraient prendre du risque.
05:47Et en même temps, avec une hausse de la fiscalité sur les riches.
05:50Avec une augmentation de la fiscalité sur le capital de manière générale.
05:53Et une hausse des contraintes des entreprises.
05:55Comment vous faites pour rassurer les investisseurs ?
05:57Moi, je ne proposerai aucune hausse sur les contraintes des entreprises.
06:00Je pense qu'aujourd'hui, on meurt de trop de bureaucratie.
06:02L'État contrôle énormément et contrôle mal d'ailleurs.
06:05Parce que les différents scandales ont montré que ces contrôles tâtillons
06:08n'amenaient d'ailleurs pas à grand-chose,
06:09s'agissant de la sécurité industrielle ou de la sécurité sanitaire.
06:13Moi, je ne propose pas non plus d'augmentation des impôts de production.
06:16Bon, ils ont été baissés, il ne faut pas y toucher.
06:18Je propose surtout qu'on se mette d'accord pour la stabilité fiscale pendant 5 ans.
06:22C'est-à-dire que le premier projet de loi de finances adopté en 2027,
06:25soit le projet de loi de finances pour l'ensemble du mandat.
06:28La France ne sera jamais un paradis fiscal.
06:30Donc, il faut se le dire.
06:32On a un système social auquel les Français sont attachés, très attachés.
06:35Et donc, jamais la France aura des niveaux d'impôts semblables à ceux du Luxembourg.
06:39Donc, vous séparez les entreprises et les riches.
06:40Votre cible, c'est les individus riches.
06:42Que chacun contribue au redressement des finances publiques
06:45et que surtout nous ayons une priorité, que ce soit la croissance.
06:47C'est aussi le sens de ma mesure sur le pouvoir d'achat.
06:49C'est-à-dire qu'il faut aujourd'hui relancer la croissance.
06:52En Espagne, on a une croissance à 2,3.
06:54Les dernières à 3%.
06:55En France, on a une dénivelement à 0,9.
06:56Mais avec quoi on relance la croissance ?
06:57Quand on n'a pas de marge de manœuvre ?
06:59Si on a des marges de manœuvre, bien sûr qu'on en a.
07:01Bon, d'abord, moi, je crois qu'il faut qu'on contribue à réduire le déficit 2.
07:05Moi, je propose, vous verrez dans 15 jours,
07:07quand on propose un programme économique,
07:09des mesures fortes pour la réindustrialisation,
07:11pour le soutien à la consommation,
07:13ce que nous faisons ici avec le fameux salaire brun sur la CSG.
07:16Et puis aussi, je le crois, un plan d'investissement et de relance.
07:21Mais où sont les marges de manœuvre ?
07:22Où sont-elles ?
07:23Nous avons des marges de manœuvre.
07:25Mais oui, mais lesquelles ?
07:27On a dit non aux fonctionnaires hier.
07:28On leur a dit qu'on ne peut pas augmenter le point d'indice.
07:29C'est ce qu'a dit le ministre des Comptes publics
07:31parce que ça coûte 2,5 milliards, un point d'indice sur les fonctionnaires.
07:34Vous dites qu'il y a des marges de manœuvre pour relancer la consommation.
07:37Où ça ?
07:37Aujourd'hui, la France est en train de mourir d'une croissance trop faible.
07:40Cette croissance trop faible est liée à l'instabilité politique
07:42et à la décision du président de la République
07:44de dissoudre l'Assemblée nationale en 2024.
07:46Ce à quoi il faut œuvrer pour défendre la croissance
07:48et donc le rétablissement des finances publiques,
07:50c'est d'abord la stabilité politique.
07:51C'est la proposition que je fais en disant
07:53qu'il y aura un pacte fiscal qui sera adopté en 2027
07:57et on ne bouge pas pendant 5 ans.
07:59Pendant 5 ans, stabilité fiscale, stabilité réglementaire pour tous les entreprises.
08:02Si c'est une hausse de la fiscalité sur le capital
08:04et qu'elle est fixe pendant 5 ans, ça ne change rien.
08:07Écoutez, c'est une hausse de la fiscalité sur les revenus du capital
08:11mais ça ne change rien aux entreprises.
08:13Donc ça ne change rien la compétitivité, ça ne change rien l'emploi.
08:15Sur les entrepreneurs et sur la prise de risque ?
08:16Et dans le même temps, l'entrepreneur, au lieu de se payer en dividende,
08:19il se paiera en salaire parce que le salaire, lui, jusqu'à 4 000 premiers euros,
08:24aura une CSG plus basse.
08:26Donc c'est juste un changement aujourd'hui de la rémunération.
08:28On préfère le salaire, on défend le salaire plutôt que de défendre la rente.
08:33Mais la croissance, ça ne se décrète pas.
08:34Ce n'est pas quelque chose où on dit qu'il y a de la stabilité et voilà, il y
08:37a de la croissance.
08:37Ce n'est pas quelque chose qui se décrète politiquement.
08:40Il faut bien des mesures.
08:41C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on sait ce qui sont des embûchés à la croissance.
08:44On sait très bien que les charges sont trop élevées sur les entreprises.
08:47On le sait, c'est documenté.
08:50La stabilité ne suffit pas à relancer la croissance.
08:53Écoutez, un, on propose une augmentation.
08:55Je propose une augmentation importante du pouvoir d'achat.
08:57Vous imaginez l'augmentation de la consommation
08:59quand on fait un transfert d'environ 20 milliards aujourd'hui sur les salaires.
09:02On aura une hausse des salaires d'environ 20 milliards avec ce que je propose.
09:05Ça va évidemment ouvrir des marchés nouveaux
09:07et des opportunités de business pour beaucoup de gens.
09:10Ensuite, ça va avoir un effet richesse sur l'ensemble de la population.
09:13Et puis, la stabilité que je propose va permettre à tous les acteurs économiques de s'organiser.
09:19C'est, je crois, une bonne nouvelle.
09:21Et puis, je proposerai, vous le verrez dans les prochaines semaines aussi,
09:23un nouveau système de retraite avec à la fois une dose de répartition,
09:27comme nous avons aujourd'hui, et puis une dose de capitalisation.
09:30Vous êtes ouvert à la capitalisation ?
09:32Nous le proposerons dans le programme que je publierai dans 15 jours.
09:35Volontaire ? Parce que Marine Le Pen a dit ça, capitalisation volontaire.
09:38Une capitalisation collective, souveraine et publique,
09:42en augmentant l'encours du Fonds de réserve des retraites.
09:45On a fait un débat, je crois, avec vous et Jean-Hervé Lorenzi, on nous en parlions.
09:4815 milliards de plus, donc, sur ce Fonds de réserve des retraites,
09:51afin d'investir aussi dans les entreprises françaises.
09:54Parce que la France est aujourd'hui un pays capitaliste sans capital.
09:56Moi, je crois qu'avec ce Fonds souverain français, public, géré par les partenaires sociaux,
10:01on aura un instrument de compétitivité et de puissance dans la guerre économique.
10:04Est-ce que vous êtes un socialiste convaincu par l'économie de marché ?
10:09Je ne dirais pas convaincu par le libéralisme, je ne dirais pas jusque-là,
10:12mais là, je vois que vous avez un discours où vous essayez de convaincre,
10:14sur le plan économique notamment, les entrepreneurs, les entreprises.
10:18Vous vous qualifiez, vous ? Comment ?
10:20C'est quoi votre courant ?
10:21Moi, je suis socialiste tout court, je ne suis que socialiste français,
10:25je me reconnais dans les politiques économiques qui a mené le Parti socialiste
10:28quand il était au pouvoir et qui, je crois, a amené de la croissance.
10:30Je suis né le Jospin, avec Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius,
10:33je me reconnais dans ce que fait le gouvernement socialiste espagnol,
10:36qui a mis la priorité sur l'énergie et sur le pouvoir d'achat,
10:39et a permis à l'Espagne aujourd'hui d'avoir une croissance supérieure à 2%,
10:43d'avoir un déficit à 2,5% du PIB.
10:46Socialiste espagnol, je crois que c'est le modèle à suivre pour les socialistes français,
10:49c'est ce que je défendrais dans cette primaire.
10:50C'est social un peu libéral, à la fin ?
10:52Ce n'est pas libéral.
10:53Ou libéral, si vous détestez ce mot ?
10:55Non, mais ce n'est pas une question de libéralisme,
10:56c'est une question, je crois, de soutien aux entreprises,
10:58à la compétitivité, à l'emploi, à la prospérité.
11:01Moi, je faveur des politiques sociales ambitieuses,
11:03à beaucoup de services publics,
11:04pour ça, il faut qu'on arrive à produire.
11:06Et la production, je crois que ça doit aussi être le cœur
11:08de la discussion de cette campagne interne sur les primaires.
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