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  • il y a 1 jour
Jeudi 28 mai, Hedwige Chevrillon a reçu Thierry Le Hénaff, président directeur général d'Arkema, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:02Le 18-19 d'Edvie Chevrillon
00:07Vous êtes toujours dans le 18-19, mon invité maintenant, c'est Thierry Lehenaf, qui est le président directeur général
00:13d'Arkema.
00:13Bonsoir Thierry Lehenaf, vous fêtez vos 20 ans, pas vous, mais Arkema, vous venez de les fêter.
00:19Oui, j'aurais bien aimé fêter mes propres 20 ans.
00:21Voilà, vous avez une incroyable transformation, on va y revenir.
00:25Vous avez votre assemblée générale qui s'est déroulée la semaine dernière.
00:28Beaucoup de questions à vous poser, parce que c'est sûr que, un, la conjoncture,
00:31évidemment, vous êtes touché, frappé par la conjoncture.
00:35On voit que le prix de l'énergie a forcément un impact,
00:38et que l'industrie de la chimie européenne est vraiment frappée par la crise.
00:43Comment est-ce que vous voyez la situation aujourd'hui ?
00:47En fonction des régions, déjà, la situation est très différente.
00:50Globalement, on est dans un univers géopolitique et macroéconomique,
00:53qui pour la chimie est difficile, mais je pense que c'est difficile pour beaucoup d'industries.
00:56Oui, on voit de la croissance en Asie.
00:59Avant de regarder la croissance, l'impact, il est où ?
01:02L'impact, il est sur le fait que le prix de l'énergie a explosé,
01:06que le pétrole, c'est beaucoup plus difficile d'en avoir.
01:10Je dirais que pour le Moyen-Orient, c'est vraiment le coût des matières premières.
01:14Donc, on voit nos matières premières qui ont augmenté de manière très importante,
01:17celles qui sont d'origine pétrolière, mais qui est l'essentiel de nos matières premières.
01:20Et donc, pour nous, c'est passer des hausses de prix à nos clients,
01:22en concertation avec nos clients, de manière rapide.
01:26Donc, les équipes sont sur le pont pour passer ces hausses de prix.
01:29Et c'est plus combien, justement ?
01:30Ça dépend vraiment des produits.
01:33On a des produits où quelques pourcents vont suffire,
01:35et d'autres, il va falloir doubler le prix.
01:37On a des gammes très, très variées.
01:39On a des impacts au niveau des dérivés pétroliers qui sont très différents.
01:43Et donc, notre rôle, c'est d'être extrêmement agile en fonction des clients,
01:46des marchés, des applications, des matières premières qu'on achète,
01:49et surtout d'aller très vite.
01:51Pourquoi très vite ?
01:52Très vite, parce que les matières premières n'attendent pas pour augmenter.
01:54Vous avez vu le pétrole, ça s'est fait en quelques jours.
01:57Il est passé de 60 à 100 en quelques jours.
02:00Oui, ok, mais on voit qu'il redescend un tout petit peu, mais ce qui remonte.
02:02Donc, à l'émission, si vous allez trop vite,
02:04vous êtes obligés de payer au prix fort, et peut-être que ça va redescendre.
02:07Très vite, pour passer les hausses de prix.
02:09Ah, d'accord.
02:10Alors, derrière, au niveau des matières premières,
02:12de toute façon, on n'a pas des stocks infinis.
02:14On gère plutôt bien nos stocks, donc on a des stocks qui sont assez réduits.
02:17Donc, tout est affaire de vitesse,
02:19sachant que ça prend quand même plusieurs semaines.
02:22Oui. Est-ce que vos clients, ils acceptent ?
02:25Les clients, ils sont comme nous.
02:27On explique à nos fournisseurs que tout ça est bien compliqué,
02:30que compte tenu de la conjoncture, on ne peut pas accepter grand-chose.
02:32Maintenant, il y a une réalité.
02:33La réalité, c'est l'augmentation du prix du pétrole,
02:35et que par rapport à cette augmentation,
02:37tout doit passer au niveau de la chaîne.
02:39Il n'y a pas de choix, parce que les augmentations sont très fortes.
02:42Mais si, il y a un choix, c'est de dire,
02:44écoutez, je mets sur pause et j'attends que ça baisse ?
02:46Oui, sauf qu'il y a quand même une demande finale,
02:48qui même si elle n'est pas formidable, elle est là.
02:51Et donc, il faut bien pouvoir livrer le consommateur final,
02:54et donc l'ensemble de la chaîne continue, bien entendu, à tourner,
02:57avec des matières premières qui sont plus élevées.
03:03Est-ce que vous pourriez, justement, cet impact des prix des matières premières,
03:08est-ce que vous aviez pu...
03:10Est-ce qu'aujourd'hui, vous vous dites, tirer le neuf,
03:12tiens, la prochaine fois, il faut qu'on ait des...
03:14Parce que ce n'est pas la première crise, il y a la crise de l'Ukraine,
03:17il faudrait qu'on ait des stocks plus importants.
03:19Oui, qu'est-ce que vous en tirez comme enseignement ?
03:23Malheureusement, à part l'agilité,
03:26mais c'est vrai pour toutes les crises,
03:27qu'elles viennent des matières premières ou pour d'autres raisons,
03:30par exemple, comme le Covid,
03:31c'est des choses qu'on ne peut souvent pas prévoir,
03:33pas prévoir non plus à quel moment,
03:34et donc il faut être agile, il faut aller vite,
03:37mais par contre, surstocker, ce serait une erreur,
03:39parce que vous serez toujours aussi surstocké
03:41quand les matières premières vont baisser,
03:42et là, ça serait une catastrophe,
03:43donc il faut vraiment coller au marché,
03:45coller à l'actualité,
03:46et plutôt avoir des stocks bas, mais réagir vite.
03:49Oui, enfin, en même temps, avoir à réagir,
03:51c'est ce qu'a fait Patrick Puyenier,
03:52qui a raflé quand même, je ne sais pas,
03:5570 bateaux, la cargaison de 70 bateaux,
03:58et qui en a fait son beurre, si je peux me permettre.
04:02Oui, alors...
04:02Avant la crise ?
04:04Non, mais chaque métier est différent.
04:06Je dirais que pour nous,
04:08on est dans une industrie qui est très fragmentée,
04:10avec des clients qui appartiennent à tout type de métiers,
04:13qui sont répartis partout dans le monde,
04:14donc c'est vraiment du travail terrain
04:16au niveau de nos commerciaux,
04:18de façon, justement, à regarder cela
04:21de manière constructive avec nos clients.
04:23Oui.
04:242026, ça va être une année comment pour vous,
04:26pour la chimie ?
04:27Est-ce que, parce qu'on a vu les résultats de BASF,
04:30c'est un peu une catastrophe,
04:31se lever aussi, vous,
04:32bon, vous en tirez plus ou moins bien.
04:34On ne peut pas de résister.
04:35Quand je regarde 2025,
04:36le premier trimestre 2026,
04:37on a plutôt été relativement résilients,
04:40même si on ne se satisfait pas du tout
04:41du niveau des résultats,
04:43puisqu'on était bien plus élevés,
04:44mais on reste avec des marges encore qui sont élevées,
04:46avec des capacités financières qui sont tout à fait correctes,
04:49et donc, sans s'en contenter,
04:52on peut dire qu'on a été plutôt plus solide
04:54qu'un certain nombre d'acteurs de la chimie.
04:57Oui, est-ce que certains demandent ?
04:59Hier, je recevais le ministre de l'Industrie
05:01qui dit qu'il faut des aides,
05:03il faut absolument qu'on reçoive des aides
05:06au niveau européen, au niveau français.
05:08Quel type d'aide vous voudriez recevoir
05:10et au niveau européen ?
05:13Ce qui est important,
05:14c'est de regarder les facteurs de non-compétitivité
05:17au niveau de l'Europe par rapport à la Chine,
05:19par rapport à l'Asie,
05:20par rapport aux Etats-Unis.
05:22L'Europe...
05:23Oui, mais pardon, la Chine,
05:24elle a aussi subi ces hausses de prix des matières premières ?
05:28Alors moi, je dirais que ce n'est pas des aides
05:30par rapport à ce qui se passe vis-à-vis du Moyen-Orient,
05:32ce sont des aides structurelles
05:33par rapport à des sujets structurels, c'est-à-dire...
05:36Donc là, vous ne voulez pas des aides conjoncturelles
05:37pour passer le mauvais moment ?
05:39Le conjoncturel, il faut qu'on se...
05:41Je n'oserais pas dire qu'il faut qu'on se débrouille par nous-mêmes,
05:43mais le conjoncturel, c'est de l'agilité,
05:45c'est faire ce qu'on doit faire.
05:47Donc, jouer sur les leviers qu'on a
05:48au niveau opérationnel de l'entreprise.
05:50Par contre, il y a un sujet européen
05:54qui est structurel et plus profond,
05:55avec des surréglementations,
05:58avec un coût du gaz qui est trop élevé,
06:00avec des charges sur les salaires
06:02qui sont trop importantes,
06:04avec des coûts du carbone
06:08qui sont également élevés.
06:10Donc, c'est là-dessus qu'il faut agir.
06:11Et on travaille, en tout cas,
06:13on discute avec le gouvernement
06:15de façon à ce qu'il nous aide vis-à-vis de l'Europe
06:18à saisir ces sujets-là,
06:19d'autant plus que la chimie,
06:21et vous l'avez souligné tout au départ,
06:22la chimie européenne.
06:23Je ne parle pas des acteurs européens de la chimie
06:25qui sont globaux.
06:26Nous, on est présents en Asie,
06:27on est présents aux États-Unis.
06:28Non, non, non.
06:28La chimie européenne est en grosse difficulté.
06:31Et donc, il faut l'aider, bien entendu.
06:32Et là, vous avez, je ne sais pas,
06:35vous avez des échos ?
06:36Est-ce que vous avez une oreille favorable ?
06:38Enfin, il ne suffit pas d'avoir une oreille favorable,
06:40il faut que ça se concrétise.
06:41C'est intéressant ce que vous dites,
06:42parce qu'effectivement,
06:42l'oreille favorable, on l'a,
06:43que ce soit en France
06:44ou que ce soit au niveau de l'Europe,
06:46avec la chimie pour la première fois
06:47depuis qu'Hercrema est née,
06:49qui est considérée comme un secteur stratégique
06:52pour l'industrie européenne
06:53et pour l'industrie française.
06:54On va rappeler qu'Hercrema
06:55était une filiale de Total.
06:57On était une filiale de Total.
06:58On a été introduit en bourse en 2006,
07:00donc c'est il y a 20 ans.
07:02Et aujourd'hui, je crois qu'on est une belle,
07:03comme vous l'avez gentiment souligné,
07:05on est plutôt une belle réussite.
07:06On est un des leaders dans le monde
07:09des matériaux spécialités,
07:10des polymères de spécialité.
07:12Chiffre-clé ?
07:13En chiffre-clé,
07:14on a un chiffre d'affaires
07:15qui est au-delà de 9 milliards.
07:17On dépense plus de 3%
07:19en recherche et développement.
07:20L'innovation, c'est très important
07:21pour Arkema.
07:22On est présents dans 55 pays,
07:23donc on est une entreprise
07:24complètement globale.
07:26On fait 35% de notre chiffre d'affaires
07:28aux Etats-Unis,
07:29donc c'est une zone importante,
07:31et 25% en Asie.
07:32Oui, et par contre,
07:33l'Europe, ça devient de moins en moins
07:36centrale.
07:37Oui, c'est quand même un tiers
07:38du chiffre d'affaires d'Arkema.
07:39Un peu moins, c'était, mais c'est...
07:40Donc ça reste...
07:42En fait, l'Europe est restée stable,
07:44mais a baissé un pourcentage
07:45parce que les deux zones,
07:46que sont l'Asie et les Etats-Unis,
07:48ont augmenté.
07:49Quelle est votre position ?
07:50Vous êtes ce qu'on appelle
07:51un électro-intensif.
07:54Arkema, vous...
07:54Oui, moins maintenant qu'on était.
07:55Oui, mais enfin,
07:56vous restez quand même.
07:58La question du prix de l'énergie,
07:59vous vous positionnez comment ?
08:00Est-ce que vous dites
08:02que les Français ont vraiment
08:03un atout avec le nucléaire ?
08:05Est-ce que vous trouvez
08:06qu'il faut peut-être avoir...
08:09Je ne sais pas,
08:10changer notre mix énergétique ?
08:11Comment vous vous positionnez
08:12en tant que patron
08:14d'un grand groupe industriel français ?
08:16Et est-ce que c'est plus facile
08:17de négocier maintenant avec EDF ?
08:19Donc je dirais qu'au niveau de l'énergie,
08:22vous avez deux choses.
08:22Vous avez l'électricité et le gaz.
08:24Au niveau d'Arkema
08:25et au niveau de l'électricité,
08:27on considère que le sujet est réglé.
08:30Ça veut dire quoi,
08:30le sujet est réglé ?
08:31Ça veut dire qu'on a aujourd'hui
08:33qui s'inscrit dans la durée
08:34puisque nous,
08:35on a besoin de visibilité.
08:36On a des prix qui sont compétitifs.
08:39Et donc, on a...
08:40À combien ?
08:41Alors là, on ne donne pas nos prix
08:42puisque tous nos prix sont...
08:43Ben non, ça serait trop facile.
08:45Mais en tout cas,
08:45on a des prix qui sont compétitifs.
08:46Par contre, le gros sujet,
08:48c'est le gaz.
08:49Aujourd'hui, à l'heure où je vous parle,
08:50il y a un ratio de 1 à 6
08:52entre le gaz américain
08:53et le gaz européen.
08:54C'est énorme.
08:55Donc, c'est plutôt un sujet maintenant de gaz,
08:57ce qui veut dire aussi
08:58l'approvisionnement du gaz,
09:00les moyens logistiques,
09:01qu'un sujet d'électricité
09:03qui me semble,
09:04en tout cas du point de vue d'Arkema
09:05par rapport à l'électricité.
09:06Vous avez signé avec EDF ?
09:07On a signé avec EDF, oui.
09:08D'accord.
09:09Les accords...
09:09EDF est incontournable.
09:11Sur le long terme ?
09:12De combien ?
09:12Sur le long terme, oui.
09:13Oui, d'accord.
09:13Donc, on est engagé
09:14pour bon nombre d'années,
09:16ce qui convient bien,
09:17notamment sur notre site
09:18qui est près de Grenoble,
09:19qui a eu besoin
09:19de cette visibilité-là.
09:21Mais la question sur le gaz,
09:22vous dites qu'il y a un rapport
09:22de 1 à 6
09:23quand on prend le prix du gaz français
09:25qui est six fois plus cher
09:26que le prix du gaz européen.
09:27Européen, d'ailleurs,
09:27c'est du gaz européen.
09:28Ou européen, oui, oui.
09:29C'est européen.
09:29Non, l'électricité
09:30n'est pas forcément la même
09:32entre la France.
09:32Elle est française ?
09:33Mais par contre...
09:35Mais en même temps,
09:36qu'est-ce qu'on peut faire ?
09:38C'est les moyens logistiques.
09:39C'est essentiellement
09:40l'approvisionnement.
09:41On sera toujours plus cher.
09:42On sera toujours plus cher
09:42parce qu'ils en ont.
09:43Donc, on l'apporte, bien sûr.
09:44Exactement.
09:45Par contre,
09:45on peut avoir davantage
09:46de moyens logistiques.
09:47En termes de décarbonation,
09:48où est-ce que vous en êtes
09:49chez Arkema ?
09:50Est-ce que vous avez pris
09:51des gros engagements ?
09:52Je ne sais pas,
09:52comme Marcel Normital ?
09:53Où est-ce que vous en êtes ?
09:54Oui, on a pris
09:54des gros engagements
09:55et nous en demandons
09:56d'ailleurs de plus en plus.
09:58C'est là où on dit
09:59à la Commission européenne
10:00comme le carbone est élevé
10:01de faire attention.
10:02Mais nous,
10:02on a réduit
10:05de deux tiers
10:06les émissions
10:07de gaz à effet de serre.
10:08Donc, c'est l'émission
10:09de carbone.
10:12entre l'introduction
10:13en bourse
10:13d'Arkema
10:14et aujourd'hui.
10:16Et entre 2019
10:19et 2025,
10:20on a réduit
10:21de moitié.
10:22Donc, c'est très important.
10:23Donc, on est vraiment
10:24complètement engagé.
10:25Et d'ailleurs,
10:25sur l'extra-financier,
10:26puisque tout ça,
10:27c'est de l'extra-financier,
10:29c'est impressionnant.
10:30Alors, ce n'est pas juste
10:30Arkema,
10:31mais les efforts
10:31de l'ensemble de la chimie,
10:33que ce soit
10:34sur les émissions
10:36de CO2,
10:37que ce soit
10:37les émissions dans l'air,
10:38les émissions dans l'eau,
10:39sur les aspects de sécurité,
10:40on fait vraiment
10:41des efforts
10:41qui sont très élevés.
10:44En même temps,
10:45vous êtes mise
10:47en acquisition
10:48dans la vallée du Rhône,
10:49à la vallée de la chimie,
10:51par des associations
10:53sur l'acquisition
10:54des faces.
10:55Où est-ce que vous en êtes ?
10:57On est...
10:58Sur ce sujet-là,
11:00de toute façon,
11:00on est une entreprise
11:01qui est extrêmement transparente,
11:02qui est extrêmement sincère.
11:03Qu'est-ce qui s'est passé ?
11:04Vous avez déversé,
11:05c'est ça que vous aviez ?
11:06Donc, on a eu
11:07un certain nombre
11:09de plaintes
11:10et on y répond,
11:11sachant qu'on rappelle
11:12quand même
11:13que le sujet
11:14des pifaces,
11:14déjà,
11:16le site,
11:16puisque c'est un
11:17de nos 150 sites,
11:18le site de Pierre Bénit
11:19qui est dans la vallée du Rhône,
11:21qui fabrique des pifaces,
11:23est un tout petit acteur
11:25dans le monde des pifaces.
11:25En fait,
11:26ce que souvent,
11:27on ne sait pas,
11:27c'est que l'univers des pifaces
11:29est très, très au-delà
11:31de ce site
11:32et son corps défendant
11:33est médiatisé.
11:34Donc, on travaille
11:36en concertation
11:37avec, bien sûr,
11:37les autorités,
11:38avec un certain nombre
11:38d'analyses,
11:39comme on doit le faire,
11:40bien entendu.
11:40Mais donc, là,
11:41parce que ces associations
11:43vous réclament
11:4336 millions d'euros
11:44et puis surtout
11:45de nettoyer
11:46ce que vous avez pollué.
11:48Est-ce que c'est...
11:49On va répondre.
11:50On va répondre.
11:51Quand ?
11:51Là, on répond.
11:53Déjà, on fait les analyses
11:54et puis quand on aura
11:55fait les analyses,
11:55on pourra se fonder
11:56sur la science
11:56et sur les faits
11:57et pas juste
11:58sur l'émotion
11:59et puis sur...
12:00Non, non, mais parce que
12:01je pensais que les analyses,
12:02ça va être déjà
12:02en quelque temps...
12:04Je peux vous dire
12:05que sur l'épiface,
12:06en termes d'analyse,
12:07on est très en avance
12:08par rapport
12:08à beaucoup d'acteurs.
12:10Et donc,
12:11qu'est-ce que ça a donné
12:12le résultat
12:13de ces analyses ?
12:14Pour l'instant,
12:15on continue à les faire
12:16et puis au fur et à mesure,
12:17elles sont, bien entendu,
12:18comme c'est toujours
12:19en concertation
12:20avec les autorités,
12:21quand elles doivent être publiées,
12:22elles sont publiées.
12:22D'accord.
12:23Et ça sera quand ?
12:25Ça peut être...
12:26Certaines vont être...
12:27Ça peut être
12:28dans les mois qui viennent,
12:28d'autres vont prendre
12:29plus de temps.
12:30C'est quand même
12:30des analyses
12:31qui sont très précises.
12:33Et d'ailleurs,
12:33la connaissance,
12:34c'est important de le dire,
12:34on a toujours tendance
12:35à regarder avec les yeux
12:37d'aujourd'hui
12:38ce qui s'est passé
12:38dans le passé.
12:39La connaissance d'aujourd'hui
12:40a énormément évolué
12:41et puis nous,
12:42on s'inscrit
12:42dans les progrès
12:43de cette connaissance,
12:44bien entendu,
12:45pour continuer
12:46à faire progresser le site.
12:47Est-ce que il y aura...
12:48Vous avez dit
12:49que c'est important,
12:50surtout lorsqu'on voit
12:51ce que fait Michelin,
12:52qui a annoncé
12:53quand même des plans
12:54de suppression d'emploi
12:56importants.
12:57Vous, vous avez dit
12:58il y aura
12:59des emplois,
13:00mais il n'y aura pas
13:00de gel des embauches.
13:02On réduit les embauches.
13:04Vous réduisez
13:05les embauches.
13:06L'idée, en fait,
13:07ce qu'on dit,
13:07c'est qu'on a une cible
13:09à peu près
13:10de réduire les emplois
13:11de 3% par an.
13:13Mais on dit,
13:14on ne veut pas le faire
13:15par des grandes restructurations.
13:17Ce n'est pas
13:18la culture de l'entreprise.
13:20On préfère le faire
13:21sur une somme de sujets
13:22au fil de l'eau.
13:23Et on veut utiliser
13:24au maximum
13:25le fait de réduire
13:26les embauches
13:27de manière à avoir
13:28un nombre très réduit
13:29de licenciements.
13:30Et donc,
13:31c'est ce qu'on fait.
13:31On utilise...
13:32D'accord,
13:32mais il y aura quand même
13:33des licenciements.
13:34Je ne sais pas,
13:34j'avais lu des propos
13:35où vous avez dit...
13:36Honnêtement,
13:37et puis chez nous,
13:38on le fait de manière
13:39toujours très souple
13:40et avec des solutions
13:42pour chacun,
13:42etc.
13:43Donc, ça dépend des cas de figure.
13:44Mais en tout cas,
13:45ça sera largement
13:46une majorité
13:48de non-embauches,
13:49en fait,
13:50et qui permet...
13:51Parce qu'on a un volant
13:53avec les départs à la retraite
13:54qui est assez important.
13:55Donc,
13:55on va jouer
13:57majoritairement là-dessus.
13:58Si je vous pose la question,
13:59c'est qu'évidemment,
14:00il y a Michelin,
14:00mais il y en a plein d'autres.
14:02On voit que l'industrie européenne,
14:05l'industrie française,
14:06c'est quand même...
14:07L'équation est assez compliquée.
14:09Est-ce qu'on peut rester
14:10à l'industriel en France ?
14:12Oui, alors déjà,
14:13bien entendu,
14:14mais peut-être sur les effectifs.
14:16Quand Arkema a été créé,
14:18on faisait 17 500 emplois.
14:21Aujourd'hui,
14:21on a plus de 20 000 emplois,
14:23ce qui veut dire
14:24qu'on n'a pas...
14:24Ce n'est pas une entreprise
14:25qui a...
14:26C'est un vrai dans ses effectifs.
14:28Simplement,
14:28on a beaucoup augmenté
14:29le chiffre d'affaires.
14:30On a énormément travaillé
14:32pour avoir de la croissance
14:33et c'est la croissance
14:34qui nous a permis
14:35d'être en entreprise
14:36solide aujourd'hui.
14:37Voilà.
14:38Après, sur la France,
14:39on a encore
14:40une empreinte industrielle
14:42en France
14:42qui est forte.
14:43On est même exemplaire
14:44de ce point de vue-là
14:44et on a une empreinte
14:45non seulement au niveau
14:46des usines,
14:46mais au niveau de l'R&D.
14:47Ce qui prouve,
14:48c'est un exemple,
14:49même si on souffre,
14:50même si on est peu rentable
14:51en France,
14:53c'est quand même un exemple
14:54qui montre qu'on peut exporter
14:56à partir de France
14:56en dehors d'Europe...
14:57Au niveau de l'Europe, pardon,
14:59et voire en dehors de l'Europe.
15:01Par contre,
15:02ça demande un certain nombre
15:03de prérequis
15:03et c'est là-dessus
15:04qu'on discute
15:04avec le gouvernement
15:06sur tous les facteurs
15:07de non-compétitivité
15:08que j'ai mentionné
15:09en début de l'entretien.
15:11Non, si je vous pose la question,
15:12c'est parce que c'est vrai
15:13que là,
15:13je disais,
15:14vous avez fêté vos 20 ans
15:15à Thierry Leenaf,
15:16mais c'est une incroyable
15:18transformation.
15:19C'est une très belle aventure
15:21que vous avez conduite.
15:23Donc,
15:24j'ai envie de dire,
15:25c'est un exemple
15:27peut-être à suivre
15:27pour l'industrie française.
15:30Oui,
15:30après,
15:31chaque domaine
15:31est différent.
15:32Vous étiez dans
15:33le plus difficile.
15:34Bien entendu,
15:35d'autant plus que la chimie,
15:36ce n'est vraiment pas
15:36un métier facile
15:37et puis,
15:38comme vous l'avez mentionné,
15:39le monde va de crise en crise.
15:40Donc,
15:40on est plutôt,
15:41je dirais que l'écosystème
15:42est plus difficile aujourd'hui
15:44qu'il était il y a 20 ans.
15:45D'un autre côté,
15:47notre défi,
15:48notre difficulté,
15:48c'était aussi
15:49notre opportunité.
15:50C'est-à-dire,
15:50comme on partait
15:51déjà d'une entreprise
15:52non rentable
15:53qui était sur des métiers
15:54de commodité,
15:55on pouvait avoir
15:56une feuille de route
15:56qui permet de porter
15:57l'entreprise
15:58avec une vraie ambition
15:59qui était d'aller
15:59vers des spécialités,
16:00vers des matériaux
16:01à forte valeur ajoutée
16:02et donc,
16:03on avait un territoire
16:04de jeu
16:04qui était très important
16:05parce qu'il y avait
16:06des technologies
16:07qui arrivaient.
16:07Donc,
16:08je dirais que chaque cas
16:08est différent.
16:09Nous,
16:09on a joué cette carte-là
16:10à fond
16:10et on a eu raison
16:11de la jouer.
16:12Après,
16:12on a fait beaucoup
16:13d'acquisitions,
16:13beaucoup de sessions.
16:14Est-ce que vous pensez
16:16qu'on peut réindustrialiser
16:18la France ?
16:19Vous qui êtes
16:19le symbole de l'industrie,
16:21encore une fois,
16:21est-ce que c'est possible ?
16:23Ou pas ?
16:24Je vous vois pousser
16:25un soupir
16:26dans le doute de la réponse.
16:27Ce que je voudrais,
16:27c'est qu'on...
16:28En tout cas,
16:29je parle de l'industrie
16:30traditionnelle.
16:31Je ne suis pas dans
16:32le data center,
16:33etc.
16:33Même si on essaie
16:34de développer nos ventes
16:35dans les data centers...
16:35Industrie manufacturière.
16:36L'industrie manufacturière,
16:38etc.
16:39Moi,
16:39je pense que déjà,
16:40si on arrivait à stabiliser
16:41le niveau de l'industrie,
16:42ça sera déjà
16:44un beau succès.
16:45Donc,
16:46ayons déjà cet objectif-là
16:47avant de remettre
16:48des usines
16:49qui soient plus nombreuses
16:51que les usines
16:51qui soient fermées.
16:53C'est quand même
16:53un vrai défi.
16:54Par contre,
16:55je pense qu'il y a
16:56un vrai défi
16:56sur la valeur ajoutée,
16:57un vrai défi
16:57sur la recherche
16:58et le développement
16:59et un vrai défi
17:00pour maintenir
17:00les emplois
17:01avec des évolutions
17:02de l'utilisation
17:03de ces emplois
17:04en fonction
17:04des nouvelles tendances
17:05parce que le monde
17:06évolue
17:06et le monde change.
17:08Là-dessus,
17:09est-ce que vous partagez
17:11quand même...
17:11Parce qu'on sent
17:12quand même
17:12une inquiétude,
17:14voire chez certains
17:15une colère qui monte
17:16dans le patronat,
17:17notamment lorsqu'ils voient
17:18la préparation
17:19du budget 2027
17:21où on parle
17:22de super profits,
17:23de fiscalité
17:24sur les super profits
17:25ou sur les profits
17:26encore une étape de plus
17:27ou sur la diminution
17:29des allégements
17:31de cotisations sociales.
17:33Est-ce que vous vous dites
17:34non mais attendez,
17:35si on nous demande
17:36de continuer
17:37à avoir des usines
17:38en France,
17:39il faut être un peu logique,
17:40on ne peut pas
17:41faire les deux quoi.
17:42Je suis parmi les premiers
17:43à le dire,
17:43on râle,
17:44on râle beaucoup,
17:45on essaye de râler
17:45de manière constructive
17:46parce qu'à la fin,
17:46le but c'est de faire évoluer
17:48les choses dans le bon sens
17:49mais on a râlé
17:49parce qu'il y a eu
17:50des allégements de charges
17:51qui ont été supprimés,
17:51on fait partie
17:52des premiers touchés,
17:53le crédit d'impôt recherche
17:54a été rogné.
17:55Donc oui,
17:56effectivement,
17:56ça va dans le mauvais sens
17:57et donc si on n'arrive pas
17:59à inverser la tendance
17:59sur tous ces sujets,
18:01on continuera à voir
18:02l'industrie française
18:03qui était à peu près
18:04en part du PIB
18:05qui était de l'ordre
18:07de 18%
18:08ou même 20%.
18:08Là, il y a très longtemps.
18:10Je ne sais pas encore
18:10quand est-ce qu'on remonte
18:11mais aujourd'hui
18:12on est à 11%.
18:13Oui, à 11%.
18:19Paradoxalement,
18:19ce n'est pas la dernière
18:20loi de finances,
18:20c'est celle d'avant
18:21qui a été très coûtée
18:22pour l'industrie
18:22donc c'est clair
18:23et on se méfie
18:24de chaque budget.
18:26Et là,
18:26le fait de supprimer,
18:28enfin non pas de supprimer,
18:30de diminuer
18:31des allégements de charges
18:33au niveau...
18:34Oui, parce qu'on les diminue
18:34sur les emplois
18:36à plus forte valeur ajoutée
18:37et donc une entreprise
18:39comme Marquema,
18:39nous, on a cette chance
18:41d'avoir des emplois
18:41à forte valeur ajoutée
18:42donc on est les premiers touchés.
18:43Oui, mais c'est...
18:44Donc ça on râle.
18:45Oui.
18:45Et alors ?
18:46Sans succès visiblement.
18:47Est-ce que vous dites
18:48aujourd'hui,
18:48on est rentré dans une phase politique
18:49dans d'autres manières
18:50chez les entreprises ?
18:51Il y a un divorce
18:52entre le patronat
18:53et les politiques quoi ?
18:55Je dirais que le gouvernement,
18:56il est bénévolant maintenant.
18:57Le gouvernement,
18:58c'est le Parlement
19:00qui décide
19:00et le Parlement
19:00est très fragmenté aujourd'hui
19:01et que donc
19:02les points d'atterrissage
19:03ne sont pas forcément
19:03ceux qu'on voudrait.
19:05Et donc ?
19:06Et donc on continue
19:08à pousser
19:08et le patronat
19:11exprime sa pensée.
19:12France Industrie
19:13exprime sa pensée.
19:14La FEP nous aide
19:15et puis on espère
19:16progressivement
19:18remettre l'industrie
19:19au centre du débat.
19:20Mais je dirais
19:20que depuis quelques années,
19:22il est moins au centre du débat
19:23qu'il a pu être
19:24il y a 5 ans
19:25ou il y a 10 ans.
19:25Oui,
19:26le deuxième quinquennat
19:27en fait d'Emmanuel Macron
19:28sans faire de la politique
19:28mais c'est quand même
19:29un peu là
19:29où il y a une rupture.
19:31On a eu un premier quinquennat
19:33qui était très favorable
19:33à l'industrie.
19:34Sur le deuxième quinquennat
19:35c'est vrai
19:35qu'on a reculé
19:37par rapport
19:38à un certain nombre
19:38de gains qu'on avait eus.
19:41Sur la question
19:41de la fiscalité,
19:43vous,
19:45la France représente
19:46combien
19:47dans votre bénéfice ?
19:49Zéro.
19:50Zéro ?
19:51Il y a des années plus
19:53il y a des années moins.
19:54Il y a des années
19:54où on est au-dessus,
19:55d'autres années très difficiles
19:56où on peut être même
19:58voire négatives.
19:59Donc nous,
20:00la question
20:00des impôts...
20:03Malheureusement,
20:04on aimerait bien
20:05payer beaucoup d'impôts
20:05en France,
20:06c'est clair.
20:06Mais pour ça,
20:07il faut gagner de l'argent.
20:08Donc le vrai sujet
20:08pour nous,
20:09au-delà de la fiscalité,
20:10c'est vraiment
20:12que le point mort
20:13soit abaissé,
20:14c'est-à-dire
20:15les charges,
20:16la compétitivité
20:17réglementaire,
20:17etc.
20:18Ça, c'est important
20:18parce qu'on a des sites
20:19qui sont sous l'eau.
20:20Oui.
20:21Combien de sites
20:22sous l'eau en Europe ?
20:24Ça dépend.
20:25C'est quelques sites,
20:26mais des sites
20:26souvent emblématiques,
20:27importants,
20:27parce que nous,
20:28on a toute taille
20:29de sites,
20:30donc on a tendance
20:30à regarder
20:31les plus gros sites.
20:32Mais il y a des sites
20:33qui peuvent être
20:34sous l'eau
20:34dans des conjonctures
20:35comme on vit aujourd'hui.
20:36Est-ce que vous avez dit,
20:37voilà, écoutez,
20:38si ça,
20:39c'est simple,
20:41est-ce que vous êtes prêts
20:42à dire,
20:43ben voilà,
20:44si ça continue comme ça,
20:45si on va droit
20:46dans le mur,
20:47eh bien à ce moment-là,
20:48on va augmenter encore
20:50la part de l'Asie,
20:51augmenter encore
20:52la part des États-Unis
20:53et voire diminuer
20:55la part de la France ?
20:56Ce n'est pas comme ça
20:57qu'on raisonne
20:57parce qu'on ne délocalise pas.
20:59On fait ce qui se passe
21:00et c'est quasiment indépendant
21:02de notre volonté,
21:03même si,
21:04franchement,
21:04on joue le jeu en France.
21:05On a encore,
21:06il faut savoir,
21:07la France,
21:07c'est à peu près
21:07un tiers des investissements
21:08industriels d'Arkema,
21:09un tiers.
21:10Donc,
21:10on n'est pas en train
21:11de désindustrialiser
21:12très très loin de ça.
21:13Mais,
21:14par contre,
21:16il y a une croissance
21:17en Asie,
21:17une croissance
21:18en Amérique du Nord
21:19pas en ce moment,
21:20mais il y a eu
21:21jusqu'à à peu près
21:22un an.
21:22Oui,
21:22la croissance,
21:26si on a de la croissance
21:27en Europe,
21:28on sera présents en Europe
21:29et on réinvestira en Europe.
21:31Mais pour avoir de la croissance,
21:32il faut être compétitif
21:34et il faut également
21:35avoir une demande,
21:36une demande finale.
21:38Pardonnez-moi,
21:38mais en maintenant,
21:38vous êtes en train de nous dire
21:39malgré tout
21:40que vous êtes compétitif
21:41même en produisant en France.
21:43Vous restez compétitif
21:44pour aller aux Etats-Unis
21:45voire en Chine.
21:46En fait,
21:46le message qu'on dit,
21:47c'est qu'on peut être compétitif
21:49et on l'est sur certains sites.
21:50Heureusement,
21:50sinon,
21:51ce serait extrêmement difficile.
21:53On l'est sur certains sites,
21:54ce qui veut dire
21:54qu'on peut être compétitif,
21:55mais ça nécessite
21:56un certain nombre de facteurs.
21:57La compétitivité,
21:58c'est multifacteur
21:59et donc,
22:00il faut vraiment travailler
22:01d'arrache-pied justement.
22:02Mais il faut également
22:03de la croissance finale,
22:03il faut de la croissance
22:04de la consommation.
22:05De façon à ce que nous,
22:07on suit vraiment nos clients.
22:09Donc,
22:09en fait,
22:09ce n'est pas une histoire
22:10de délocalisation,
22:11c'est une histoire
22:12de sourcer
22:13à partir de la région
22:14où sont nos clients.
22:15Donc,
22:16si nos clients
22:16ont des fortes croissances
22:17en Asie,
22:17on va investir
22:18de plus en plus en Asie.
22:19Comment vous voyez
22:19l'année 2026 ?
22:21Justement ?
22:22Pour l'instant,
22:22en continuité
22:24par rapport à 2025,
22:25on a eu un début d'année
22:27plutôt faible.
22:29On a eu un mois de mars
22:30qui est en amélioration,
22:33un mois d'avril également
22:34qui s'est bien comporté.
22:36Maintenant,
22:37il faut voir,
22:37il y a une telle volatilité
22:38par rapport à la crise
22:39du Moyen-Orient,
22:40par rapport à,
22:41je dirais,
22:42le monde tel qu'il est aujourd'hui.
22:43On est prudent.
22:44Donc,
22:45on a prévu quand même
22:46cette année
22:46une augmentation légère
22:48de l'EBIDA
22:49qui est un peu
22:51le critère le plus important.
22:52dans la chimie,
22:53à taux de change constant
22:55et on le confirme.
22:57Bon,
22:57c'est déjà ça.
22:59L'intelligence artificielle,
23:00maintenant,
23:00vous avez vu peut-être
23:01cet accord
23:01qui a été signé aujourd'hui,
23:03j'en faisais allusion
23:03tout à l'heure,
23:05avec Arthur Mensch
23:06de Mistral AI
23:07et Airbus
23:08et BMW.
23:10on voit que,
23:12là et maintenant,
23:13l'intelligence artificielle
23:14est en train
23:15de rentrer
23:16à vitesse grand V
23:17dans l'industrie.
23:18Certains disent même
23:19que c'est ça
23:19qui va peut-être
23:20sauver l'industrie,
23:21notamment l'industrie française.
23:22Vous,
23:23d'abord,
23:23est-ce que c'est le cas
23:24chez vous ?
23:25Est-ce que vous avez
23:25signé des accords ?
23:27Est-ce que vous allez en signer ?
23:29À quoi est-ce que vous réfléchissez ?
23:30Voilà.
23:30Où est-ce que vous vous situez,
23:32Thierry Luenaf ?
23:33On monte en puissance
23:34au niveau des accords,
23:35donc on travaille énormément
23:36sur le sujet,
23:37on est d'accord
23:38que c'est incontournable,
23:39donc ça fait vraiment
23:40partie du paysage.
23:41Maintenant,
23:41ce n'est pas l'intelligence artificielle
23:42qui va créer
23:44des nouveaux produits
23:45pour des applications
23:47de demain.
23:48Donc,
23:48c'est un outil
23:49sur lequel il faut être
23:50très présent.
23:51Ça peut aider beaucoup,
23:52ça peut aider au niveau
23:53de la robotique,
23:53au niveau de l'automatisation
23:54des sites,
23:55ça peut aider au niveau
23:56de la formulation.
23:58Par exemple,
23:59nous,
23:59on est très présents
23:59dans les adhésifs,
24:00il y a beaucoup de formulations.
24:01Avec l'intelligence artificielle,
24:02vous pouvez aller
24:03beaucoup plus rapidement
24:03et beaucoup plus loin.
24:05Ça peut aider également
24:06dans tout ce qui est administratif
24:08pour éliminer des tâches
24:10à faible valeur.
24:10Pourquoi vous dites ça peut ?
24:12Ça veut dire
24:12que vous ne le faites pas encore ?
24:13Si, ça commence,
24:14mais je dirais que la courbe
24:15va être exponentielle.
24:17En tout cas,
24:17c'est sûr que c'est le moment
24:18où ça s'accélère.
24:19On a vu les possibilités
24:20de l'intelligence artificielle
24:21entre il y a six mois
24:22et maintenant
24:23se sont accrues
24:24de manière très importante.
24:26D'accord.
24:27Et vous investissez combien ?
24:28Pour l'instant,
24:29on est sur
24:29plusieurs dizaines
24:30de millions d'euros
24:31dans l'entreprise.
24:32Mais ce n'est pas
24:32cette année
24:33où il faut accélérer ?
24:34Oui, je pense
24:34qu'il faut accélérer.
24:35Il faut accélérer,
24:36mais il faut également
24:37avoir des retours
24:37sur l'investissement
24:38qu'on fait.
24:39C'est toute la question ?
24:40C'est toute la question,
24:41donc il faut être sélectif,
24:42donc il faut trouver
24:42le bon rythme.
24:43Ce qui est différent d'ailleurs
24:44en fonction des industries.
24:45D'accord.
24:45Et vous,
24:46vous êtes en pleine réflexion
24:47là-dessus,
24:47vous n'avez pas encore
24:48trouvé le bon rythme ?
24:48On a commencé,
24:49on a des résultats tangibles,
24:50mais on est en accélération
24:51de réflexion là-dessus.
24:53Allez, en conclusion,
24:54les 20 prochaines années
24:55pour Arkema,
24:56c'est quoi ?
24:56C'est une entreprise
24:57qui est de plus en plus
24:58sur les spécialités,
25:00donc ça c'est clair,
25:01sur tous les gros potentiels
25:04que sont dans les batteries,
25:05dans le sport,
25:06dans les smartphones,
25:07les semi-conducteurs,
25:08donc on va jouer à fond
25:09cette carte-là.
25:10Au niveau géographique,
25:12encore plus en Asie
25:13et encore plus
25:15en Amérique du Nord,
25:16ça c'est clair,
25:17parce que c'est quand même
25:18deux gros moteurs,
25:19mais on restera
25:19une entreprise
25:20encore équilibrée,
25:22entre les trois régions
25:23et puis d'un point de vue
25:24culturel,
25:25une entreprise
25:25qui restera avec son ADN,
25:26qui est un mélange
25:27d'exigence,
25:28je dirais,
25:28de bienveillance humaine,
25:29qui est vraiment
25:30notre marque de fabrique.
25:32Qui est la vôtre en tous les cas.
25:34Merci d'avoir été avec nous.
25:35Merci Thierry Leenaf,
25:36donc le patron d'Arkema.
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