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  • il y a 21 heures
Ce jeudi 28 mai, Gilles Moëc, chef économiste du Groupe AXA, a abordé les prix à la consommation aux USA en hausse de 3,8 % sur un an en avril, la volatilité sur les taux obligataires, et l'impact de l'adoption massive du quantique sur la croissance française, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'éco du monde.
00:04Gilles Mouèque d'AXA, merci d'être avec nous cet après-midi.
00:08Un petit coup d'œil sur les statistiques qui étaient attendues,
00:11notamment l'inflation côté PCE américain.
00:16PCE c'est les revenus et dépenses des ménages,
00:18donc c'est vraiment l'indicateur concret que surveille la Fed
00:20pour étalonner sa politique monétaire.
00:23On était à se dire, plus 3,8%, globalement c'était ce qui était attendu.
00:28Plus 3,8% quand même, on a confirmation que ça pique.
00:34Ça pique, c'est beaucoup, et ça n'est pas dû qu'à l'effet direct, mécanique,
00:40de l'élévation des prix du carburant, parce qu'on a un indicateur PCE sous-jacent,
00:47donc hors alimentaire, hors énergie, qui sort encore au-dessus de 3% en guillemets manuels.
00:52Et quand on regarde des graphes sur les six derniers mois,
00:55ce qui est assez clair, c'est qu'on a toujours les effets retardés
01:00des tarifs de l'année dernière, avec une inflation dans le secteur du bien effectué
01:03qui reste quand même assez élevée.
01:05Et puis on a le prix des services qui continue aussi à cavaler.
01:09Donc ça, ça donne vraiment de l'eau au moulin à ceux à la Fed
01:14qui, contrairement à ce que voudrait peut-être toujours Kevin Walsh,
01:19ne souhaite absolument pas que la Fed baisse la garde et reprenne la baisse des taux.
01:26Parce qu'encore une fois, ce qui se passe sur l'inflation aux États-Unis
01:30n'est pas soluble simplement dans la réouverture du détroit d'Hormuz.
01:34Il y a quelque chose de plus profond.
01:37Bon, ça c'est quand même à retenir, ce fait qu'il n'y a pas que l'effet guerre
01:42en Iran.
01:42Un petit coup d'œil sur les taux et l'échange.
01:46Mais surtout sur les taux, on a quand même un 10 ans allemand
01:49qui s'est installé tranquillement sous les 3%.
01:52Donc ça, ça doit vous tranquilliser théoriquement.
01:55Mais on a l'impression que la volatilité est un petit peu moins forte ces derniers jours
01:59et qu'on s'est installé sur un certain nombre de niveaux clés.
02:02Est-ce que c'est votre sentiment ?
02:05Oui, peut-être.
02:06Mais ça reste quand même très corrélé au bruit qui nous vient
02:12soit de Washington, soit de Téhéran,
02:13sur la réouverture possible du détroit d'Hormuz.
02:17Et ce qui se passe sur la partie longue de la courbe
02:20est très proche de ce qui se passe sur le pricing de marché,
02:25sur la trajectoire de la BCE et de la Fed.
02:27C'est-à-dire qu'on a commencé la semaine,
02:29plutôt juste avant toutes ces rumeurs de cesser le feu prolongé,
02:34on avait trois hausses de taux complètes pour la BCE pricée par le marché.
02:39Là, on oscille entre deux et trois.
02:42Donc pour moi, c'est quand même ça l'élément central.
02:44C'est-à-dire qu'on avait des attentes sur la BCE qui étaient quand même assez au quiche.
02:48On les a reprises un peu du fait de peut-être de meilleures nouvelles du côté du golf.
02:54Et ça, ça se transmet heureusement assez bien sur la partie longue de la courbe.
02:58Donc je crois que c'est ça vraiment l'élément dominant.
03:00Alors un dernier truc, Gilles.
03:03On entend des choses un petit peu folles et faramineuses,
03:07même du côté des grands argentiers.
03:09Tiens, on a le Trésor français.
03:11C'était dans Les Experts ce matin avec Raphaël Legendre.
03:15Ça m'a beaucoup intéressé.
03:15Le Trésor français qui prévoit que la croissance moyenne française
03:18pourrait grimper de huit points en cas d'adoption en masse du cantique.
03:24Il était question de vendre le cantique.
03:25Ça devient un enjeu national.
03:27Mais c'est vrai qu'on a des spécialistes là-dessus.
03:29Mais voilà.
03:29De manière un petit peu plus générale,
03:30est-ce que ce storytelling permanent sur l'IA, sur la tech,
03:34n'est pas en train d'aveugler quand même même les institutions,
03:37quitte à leur faire faire des erreurs ?
03:38Parce que le client a huit points de croissance, enfin.
03:41C'est très expérimental, c'est très beau et ça doit être très efficace.
03:45Mais par là même, est-ce qu'on n'est pas un petit peu en train de prendre des biais
03:48un petit peu spéciaux ?
03:51Je ne suis pas sûr.
03:52Parce que pour moi, ce qui compte, ce sont les prévisions à plus court terme,
03:56à l'horizon 2-3 ans.
03:58Parce que c'est celles-là qui sont utilisées par le Trésor pour ces prévisions budgétaires.
04:03C'est celles-là qui déterminent vraiment l'orientation des politiques budgétaires.
04:09Et pour l'instant, on n'a pas vu de contagion de ces hypothèses
04:14sur un impact très fort des gains technologiques sur ces prévisions court terme.
04:18Donc je ne pense pas qu'ils s'aveuglent.
04:19Il n'y a pas de calcul, de prise de risque ou de pari sur la tech.
04:26Ce danger de l'impression, c'est que tout le monde est un peu à la recherche d'une belle
04:29histoire.
04:30Et c'est normal.
04:31Parce qu'on a une situation conjoncturelle assez déprimée.
04:36On a de multiples raisons de stresser.
04:38Et n'importe quel économiste bien formé va toujours considérer,
04:44lorsqu'on lui demande, et alors, y a-t-il de bonnes nouvelles ?
04:46La bonne nouvelle, c'est toujours la technologie.
04:49Aujourd'hui, comme hier, vous êtes toujours obligés d'intégrer dans des scénarios à 5, 10, 15 ans,
04:56la possibilité qu'il y ait effectivement une innovation technologique forte,
05:01avec des effets déversements importants, qui vont véritablement relancer la croissance.
05:06C'est déjà arrivé, ça arrive régulièrement dans l'histoire.
05:09Donc, ne pas en parler, c'est finalement se condamner à une lecture extrêmement triste
05:15et assez désespérante de l'état de l'économie.
05:18Alors que, voilà, historiquement, ces révolutions technologiques ont eu lieu.
05:22Il n'y a pas de raison de penser que cette histoire-là se termine.
05:24Moi, je préfère qu'on regarde ces possibilités-là,
05:27que l'ambiance générale d'il y a quelques années,
05:31ou de quoi parlait-on ?
05:32On parlait de stagnation séculaire.
05:34Et c'était devenu absolument évident pour tout le monde
05:37dans le débat économique et dans le débat politique,
05:40qu'on allait vers, voilà, une économie extrêmement faible, extrêmement limitée,
05:45et que la vitesse d'innovation dans l'économie était en train de se réduire.
05:49Et là, ce qu'on a vu, en tout cas, on ne sait pas si l'innovation technologique
05:53va effectivement avoir un effet d'entraînement énorme sur l'économie,
05:56mais de l'innovation technologique, il y en a.
05:58L'EI est là. L'EI est active et a des effets sur l'investissement des entreprises.
06:04Donc, voilà, moi, je préfère qu'on regarde quand même ces possibilités-là,
06:08même s'il ne faut pas les injecter tout de suite
06:10dans des prévisions qui auraient un impact sur les politiques éco.
06:14Continuons à rêver un petit peu, effectivement.
06:16Merci infiniment, Gilles Mouek, du groupe AXA.
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