00:00BFM Bourse, l'éco du monde.
00:04Gilles Mouèque d'AXA, merci d'être avec nous cet après-midi.
00:08Un petit coup d'œil sur les statistiques qui étaient attendues,
00:11notamment l'inflation côté PCE américain.
00:16PCE c'est les revenus et dépenses des ménages,
00:18donc c'est vraiment l'indicateur concret que surveille la Fed
00:20pour étalonner sa politique monétaire.
00:23On était à se dire, plus 3,8%, globalement c'était ce qui était attendu.
00:28Plus 3,8% quand même, on a confirmation que ça pique.
00:34Ça pique, c'est beaucoup, et ça n'est pas dû qu'à l'effet direct, mécanique,
00:40de l'élévation des prix du carburant, parce qu'on a un indicateur PCE sous-jacent,
00:47donc hors alimentaire, hors énergie, qui sort encore au-dessus de 3% en guillemets manuels.
00:52Et quand on regarde des graphes sur les six derniers mois,
00:55ce qui est assez clair, c'est qu'on a toujours les effets retardés
01:00des tarifs de l'année dernière, avec une inflation dans le secteur du bien effectué
01:03qui reste quand même assez élevée.
01:05Et puis on a le prix des services qui continue aussi à cavaler.
01:09Donc ça, ça donne vraiment de l'eau au moulin à ceux à la Fed
01:14qui, contrairement à ce que voudrait peut-être toujours Kevin Walsh,
01:19ne souhaite absolument pas que la Fed baisse la garde et reprenne la baisse des taux.
01:26Parce qu'encore une fois, ce qui se passe sur l'inflation aux États-Unis
01:30n'est pas soluble simplement dans la réouverture du détroit d'Hormuz.
01:34Il y a quelque chose de plus profond.
01:37Bon, ça c'est quand même à retenir, ce fait qu'il n'y a pas que l'effet guerre
01:42en Iran.
01:42Un petit coup d'œil sur les taux et l'échange.
01:46Mais surtout sur les taux, on a quand même un 10 ans allemand
01:49qui s'est installé tranquillement sous les 3%.
01:52Donc ça, ça doit vous tranquilliser théoriquement.
01:55Mais on a l'impression que la volatilité est un petit peu moins forte ces derniers jours
01:59et qu'on s'est installé sur un certain nombre de niveaux clés.
02:02Est-ce que c'est votre sentiment ?
02:05Oui, peut-être.
02:06Mais ça reste quand même très corrélé au bruit qui nous vient
02:12soit de Washington, soit de Téhéran,
02:13sur la réouverture possible du détroit d'Hormuz.
02:17Et ce qui se passe sur la partie longue de la courbe
02:20est très proche de ce qui se passe sur le pricing de marché,
02:25sur la trajectoire de la BCE et de la Fed.
02:27C'est-à-dire qu'on a commencé la semaine,
02:29plutôt juste avant toutes ces rumeurs de cesser le feu prolongé,
02:34on avait trois hausses de taux complètes pour la BCE pricée par le marché.
02:39Là, on oscille entre deux et trois.
02:42Donc pour moi, c'est quand même ça l'élément central.
02:44C'est-à-dire qu'on avait des attentes sur la BCE qui étaient quand même assez au quiche.
02:48On les a reprises un peu du fait de peut-être de meilleures nouvelles du côté du golf.
02:54Et ça, ça se transmet heureusement assez bien sur la partie longue de la courbe.
02:58Donc je crois que c'est ça vraiment l'élément dominant.
03:00Alors un dernier truc, Gilles.
03:03On entend des choses un petit peu folles et faramineuses,
03:07même du côté des grands argentiers.
03:09Tiens, on a le Trésor français.
03:11C'était dans Les Experts ce matin avec Raphaël Legendre.
03:15Ça m'a beaucoup intéressé.
03:15Le Trésor français qui prévoit que la croissance moyenne française
03:18pourrait grimper de huit points en cas d'adoption en masse du cantique.
03:24Il était question de vendre le cantique.
03:25Ça devient un enjeu national.
03:27Mais c'est vrai qu'on a des spécialistes là-dessus.
03:29Mais voilà.
03:29De manière un petit peu plus générale,
03:30est-ce que ce storytelling permanent sur l'IA, sur la tech,
03:34n'est pas en train d'aveugler quand même même les institutions,
03:37quitte à leur faire faire des erreurs ?
03:38Parce que le client a huit points de croissance, enfin.
03:41C'est très expérimental, c'est très beau et ça doit être très efficace.
03:45Mais par là même, est-ce qu'on n'est pas un petit peu en train de prendre des biais
03:48un petit peu spéciaux ?
03:51Je ne suis pas sûr.
03:52Parce que pour moi, ce qui compte, ce sont les prévisions à plus court terme,
03:56à l'horizon 2-3 ans.
03:58Parce que c'est celles-là qui sont utilisées par le Trésor pour ces prévisions budgétaires.
04:03C'est celles-là qui déterminent vraiment l'orientation des politiques budgétaires.
04:09Et pour l'instant, on n'a pas vu de contagion de ces hypothèses
04:14sur un impact très fort des gains technologiques sur ces prévisions court terme.
04:18Donc je ne pense pas qu'ils s'aveuglent.
04:19Il n'y a pas de calcul, de prise de risque ou de pari sur la tech.
04:26Ce danger de l'impression, c'est que tout le monde est un peu à la recherche d'une belle
04:29histoire.
04:30Et c'est normal.
04:31Parce qu'on a une situation conjoncturelle assez déprimée.
04:36On a de multiples raisons de stresser.
04:38Et n'importe quel économiste bien formé va toujours considérer,
04:44lorsqu'on lui demande, et alors, y a-t-il de bonnes nouvelles ?
04:46La bonne nouvelle, c'est toujours la technologie.
04:49Aujourd'hui, comme hier, vous êtes toujours obligés d'intégrer dans des scénarios à 5, 10, 15 ans,
04:56la possibilité qu'il y ait effectivement une innovation technologique forte,
05:01avec des effets déversements importants, qui vont véritablement relancer la croissance.
05:06C'est déjà arrivé, ça arrive régulièrement dans l'histoire.
05:09Donc, ne pas en parler, c'est finalement se condamner à une lecture extrêmement triste
05:15et assez désespérante de l'état de l'économie.
05:18Alors que, voilà, historiquement, ces révolutions technologiques ont eu lieu.
05:22Il n'y a pas de raison de penser que cette histoire-là se termine.
05:24Moi, je préfère qu'on regarde ces possibilités-là,
05:27que l'ambiance générale d'il y a quelques années,
05:31ou de quoi parlait-on ?
05:32On parlait de stagnation séculaire.
05:34Et c'était devenu absolument évident pour tout le monde
05:37dans le débat économique et dans le débat politique,
05:40qu'on allait vers, voilà, une économie extrêmement faible, extrêmement limitée,
05:45et que la vitesse d'innovation dans l'économie était en train de se réduire.
05:49Et là, ce qu'on a vu, en tout cas, on ne sait pas si l'innovation technologique
05:53va effectivement avoir un effet d'entraînement énorme sur l'économie,
05:56mais de l'innovation technologique, il y en a.
05:58L'EI est là. L'EI est active et a des effets sur l'investissement des entreprises.
06:04Donc, voilà, moi, je préfère qu'on regarde quand même ces possibilités-là,
06:08même s'il ne faut pas les injecter tout de suite
06:10dans des prévisions qui auraient un impact sur les politiques éco.
06:14Continuons à rêver un petit peu, effectivement.
06:16Merci infiniment, Gilles Mouek, du groupe AXA.
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