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Samedi 30 mai 2026, retrouvez Audrey Bazin (Fondation, Louis Roederer), Edouard Fouré Caul-Futy (Directeur artistique, Philharmonie), Thibault Le Gouis (Directeur général, Maison Villeroy) et Chizuko Kimura (Chef, Sushi Shunei) dans EXPERIENCES, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:01Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Expérience,
00:11l'émission qui vous fait voir l'art de vivre comme vous ne l'avez jamais vécu.
00:15Quelle sera votre prochaine inspiration ?
00:17Partez avec nos invités, nos chroniqueurs, nos reporters pendant une heure d'immersion au cœur du luxe, de l'élégance
00:23et du savoir-vivre.
00:24Les sportifs peuvent-ils, doivent-ils s'exprimer sur la politique ?
00:28Avant d'être un sportif, on est avant tout un citoyen, c'est ce que défend Kylian Mbappé.
00:33Jamal Gull reviendra sur son accrochage avec le Rassemblement National dans Culturoscope.
00:38Et dans Tempolux, Laurent Meff nous emmènera dans les coulisses des hôtels les plus exclusifs de Paris,
00:43avec l'exemple de Maison Villeroy, côté gastronomie, rencontre avec Shizuko Kimura,
00:49première femme maître sushi au monde, aujourd'hui étoilée à Paris.
00:53Ce sera dans Bouche B avec Béatrice Constant.
00:56Et pour finir, notre grande interview, la Philharmonie de Paris, temple de la musique classique,
01:01s'associe avec la Fondation Louis-Roderer pour co-créer un festival de musique expérimentale.
01:07Comment une institution aussi prestigieuse prend-elle des risques artistiques ?
01:12Edouard Fourré-Colfutic est directeur artistique de la Philharmonie,
01:15et Audrey Bazin, directrice de la Fondation Louis-Roderer, nous répondent.
01:18C'est parti, c'est expérience.
01:24Les sportifs doivent-ils s'exprimer sur la politique ?
01:27Vous avez deux heures, ou plutôt quelques minutes.
01:30Bonjour Charles, c'est l'heure de votre culture au scope.
01:32Bonjour Simil, tout à fait.
01:33Kylian Mbappé a provoqué de vives réactions politiques,
01:37parce que dans une interview accordée au magazine Vanity Fair,
01:41le capitaine de l'équipe de France explique être inquiet d'une éventuelle arrivée au pouvoir
01:46du Rassemblement National en 2027.
01:48Voici ce qu'il dit, moi ça me touche, je sais ce que ça signifie
01:51et quelles conséquences cela peut avoir pour mon pays
01:54lorsque des gens comme eux arrivent aux commandes.
01:56Puis il ajoute vouloir combattre l'idée selon laquelle un footballeur
02:00doit se contenter de jouer et se taire.
02:02On a beau être joueur de foot, on est avant tout citoyen.
02:06La réaction n'a pas tardé.
02:08Jordan Bardella s'est fendu d'un tweet sur X en le taclant sur le terrain du football,
02:13en rappelant que le PSG avait remporté la Ligue des Champions
02:15après le départ de Mbappé pour le Real Madrid.
02:18Marine Le Pen a également réagi.
02:20La prise d'opposition de Mbappé a surtout fait réagir le Rassemblement National,
02:25directement visé par ses propos.
02:27Mais elle a aussi relancé dans certaines médias
02:30un débat qui revient souvent sous forme d'arlésienne,
02:33qui concerne la légitimité des sportifs à intervenir dans le débat politique.
02:37Et pourtant le sport et la politique sont depuis toujours intimement liés.
02:41Depuis toujours, ce n'est pas nouveau.
02:43Le sport de haut niveau n'a jamais été totalement séparé.
02:47On peut penser aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936,
02:50qui ont été une vitrine du régime nazi.
02:53Plus récemment, et sur le football, la Coupe du Monde 1978 en Argentine,
02:58organisée sous la dictature militaire.
03:00Ou alors encore plus récemment, la Coupe du Monde au Qatar,
03:03qui a aussi montré que les compétitions sportives,
03:06elles posaient des questions politiques très concrètes,
03:09que ce soit autour des droits humains, de l'image internationale ou du soft power.
03:14Donc, dire que le sport est politique, ce n'est pas une idée nouvelle.
03:18La vraie question ici, en fait, elle est plus précise.
03:21Elle est de savoir qui a le droit de faire de la politique avec le sport.
03:25Les États, les institutions, les partis et les dirigeants
03:29utilisent en fait régulièrement le sport comme symbole national.
03:32Et Jordan Bardella, lui-même, l'a déjà fait lorsqu'il félicitait par exemple les Bleus
03:38après leur qualification en demi-finale,
03:40où il remerciait Olivier Giraud, Didier Deschamps et l'équipe de France.
03:44Donc, le vrai problème ici, c'est vraiment que Mbappé prenne position, qu'il s'engage.
03:49Oui, c'est là que se situe un peu le paradoxe.
03:51Lorsqu'un joueur de foot appelle à soutenir les Bleus sur les réseaux sociaux, par exemple,
03:56on reste dans une forme de registre très consensuelle.
03:59Mais lorsqu'il prend position contre un parti politique,
04:03là, ça devient immédiatement clivant.
04:05Les sportifs sont des figures dont on attend qu'ils rassemblent un petit peu les gens.
04:11Ils sont beaucoup moins acceptés lorsqu'ils deviennent des citoyens qui sont engagés.
04:16Pourtant, l'histoire du sport, on le sait, elle est faite de prises de position.
04:20On peut penser à Mohamed Ali, qui est aujourd'hui admiré pour son refus
04:24de partir combattre au Vietnam pour l'armée américaine.
04:27Colin Kaepernick, ce joueur de NFL, donc de football américain,
04:31qui est devenu une figure mondiale après s'être agenouillé pendant l'hymne américain
04:36pour dénoncer les violences policières contre les afro-américains.
04:39Mais évidemment, ces engagements, ils ont rarement été consensuels au moment où ils ont lieu.
04:45C'est souvent après coup qu'on transforme les sportifs engagés en figures courageuses, en symboles.
04:52Sur le moment, on les accuse, comme à chaque fois, de sortir de leur rôle.
04:57Et Didier Deschamps même a soutenu, défendu son droit à la liberté de parole.
05:02Alors oui, il l'a défendu.
05:03Et c'est intéressant, puisque le sélectionneur des Bleus n'a pas forcément commenté le fond politique
05:09des propos de Mbappé, mais il a défendu sa liberté de parole.
05:13En conférence de presse, il a ainsi résumé le paradoxe.
05:16S'il ne parle pas, on se demande pourquoi.
05:18Et s'il parle, on se demande pourquoi il a parlé.
05:21Kylian, c'est un footballeur, mais aussi un citoyen.
05:25Alors certes, Mbappé, ce n'est pas un joueur comme les autres.
05:27Il est capitaine de l'équipe de France.
05:29C'est une star mondiale.
05:31Il est suivi par des millions de personnes.
05:33Et chacune de ses prises de parole, elle a un poids énorme.
05:36Alors, évidemment, on peut ne pas être d'accord avec ce que dit Mbappé.
05:40Mais là, ce n'est pas la même chose.
05:41Là, ce qu'on conteste, c'est son droit à s'exprimer sur un sujet politique.
05:46On peut être un champion, un capitaine, un symbole national.
05:51Tout ce qu'on veut, on reste avant tout un citoyen civil.
05:53Merci beaucoup, Jem.
05:54Et tout de suite, on va aller découvrir le fonctionnement d'un hôtel de luxe parisien avec Laurent Meffre.
06:05Et si aujourd'hui, le vrai luxe était d'échapper au regard ?
06:08Bonjour Laurent.
06:09Votre invité de Tempolux dirige la Maison Villeroy, une adresse parisienne confidentielle
06:13qui cultive l'art de recevoir, loin du bruit et de l'ocentation.
06:18Merci Sybille.
06:19Aujourd'hui, on va parler de Maison Villeroy à travers la personne de Thibault Legoui
06:23que j'ai l'honneur et le plaisir de recevoir aujourd'hui.
06:26Bonjour Thibault.
06:27Bonjour Laurent.
06:28Bonjour Sybille.
06:29Alors, Maison Villeroy, une adresse qui est fabuleuse pour certains, totalement inconnue pour d'autres.
06:35Est-ce que vous pouvez nous expliquer en deux mots le concept de Maison Villeroy et ce que ça veut
06:42dire pour vous ?
06:42Alors, Maison Villeroy, c'est un hôtel.
06:46On est en plein cœur du 8e arrondissement, en triangle d'or.
06:49On est rue Jean-Goujon, à quelques pas du pont de l'Alma.
06:54Maison Villeroy, c'est un établissement d'un niveau, un établissement hôtelier d'un niveau palace.
07:01En tout cas, nous n'avons pas le label palace.
07:04Et très confidentiel dans le sens où on a 11 chambres et suite à Maison Villeroy.
07:10Dans l'hôtel, vous trouvez tout ce que vous trouvez dans les plus beaux, les plus grands hôtels parisiens.
07:14Vous trouvez un restaurant étoilé Michelin, une étoile.
07:17Vous trouvez un très beau bar, c'est un bar à vin.
07:20Vous trouvez un spa, vous trouvez tout ce que proposent les plus beaux hôtels de la capitale, mais en miniature.
07:26La particularité de Maison Villeroy, c'est qu'on est très confidentiel, intimiste, du fait que l'établissement soit petit
07:33par la taille.
07:34Une fois de plus, 11 clés.
07:36Voilà, 7 tables au restaurant étoilé, 5 tables au bar à vin.
07:39Donc c'est vraiment un cocon de luxe.
07:45Le lieu, c'était dans un hôtel particulier ?
07:47Voilà, à l'origine, Maison Villeroy, c'est un hôtel particulier.
07:51C'est la famille Villeroy, en 1908, qui a construit cet hôtel particulier pour eux, pour en faire une résidence
07:57de famille.
07:58Et la famille Villeroy n'y est pas restée très longtemps, au moment de la Première Guerre mondiale.
08:03Ils ont dû s'en séparer.
08:04De décennie en décennie, il y a eu beaucoup de différentes occupations dans ce bâtiment.
08:12Juste avant d'être Maison Villeroy, nous on a ouvert en 2020, vous aviez l'Institut français de la mode.
08:17L'école, l'IFM, qui avait ses salles de classe dans le bâtiment et qui ont dû le quitter vers
08:232007 ou 2008.
08:25Nous, on a repris, le propriétaire actuel a repris les lieux en 2017 pour le rénover jusqu'en 2020.
08:30On a ouvert en 2020, voilà.
08:32Donc on est encore relativement jeune, on a ouvert depuis 5, bientôt 6 ans maintenant.
08:37Alors, dans un monde où les palaces poussent tous les curseurs de l'excellence,
08:43comment une maison comme Maison Villeroy se place sur ce marché-là du palace,
08:54mais sur une échelle différente, sans l'appellation, mais en proposant tout ce qu'un palace propose.
09:01Qu'est-ce que ça veut dire en termes de clientèle ?
09:04À qui s'adresse Maison Villeroy ?
09:07Alors, en fait, ce qui est très important pour un établissement comme le nôtre,
09:13il faut comprendre qu'avec 11 clés, avec la capacité qu'est la nôtre,
09:16on a une force de communication et une capacité à se mettre en avant aux yeux du monde entier
09:22qui est assez limitée par rapport à des très gros et des très grands établissements,
09:27grands par la taille ou par le prestige, comme la plupart des grands palaces parisiens.
09:31Nous, on est un peu le petit poussé de la liste, si vous voulez.
09:35Et donc, ce n'est pas toujours évident de se faire une place au soleil, n'est-ce pas ?
09:39Donc, une chose très importante pour nous, c'est de fidéliser au maximum.
09:44C'est-à-dire qu'à partir du moment où les gens nous ont découverts et ont mis les pieds
09:47à Maison Villeroy,
09:48que ce soit des Parisiens pour venir au restaurant étoilé ou au bar à vin ou au spa,
09:52que ce soit des Américains ou des Asiatiques pour venir loger à l'hôtel,
09:57il faut qu'on mette tout en place pour les fidéliser et pour s'assurer qu'ils reviennent.
10:02Et ça, ça passe par l'excellence du service, bien entendu, par une ultra-personnalisation de l'expérience.
10:10C'est très important dans un établissement comme le nôtre.
10:12Je suis certain que n'importe quel palace parisien vous dira la même chose, bien entendu.
10:16Cela dit, c'est fait de manière assez différente dans un petit établissement, petit par la taille une fois de
10:23plus,
10:23qu'à ça peut l'être dans un très grand établissement de plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de chambres.
10:28Nous, on connaît tous nos clients par leur nom.
10:31Ils sont adressés par leur nom à la seconde où ils franchissent les portes de l'établissement
10:34et pendant la durée de leur séjour.
10:36Et d'un autre côté, ils connaissent nos noms à nous.
10:39C'est-à-dire que nos clients vont être accueillis par peut-être Charlotte, directrice de l'hébergement.
10:44Et ils vont se souvenir de Charlotte qui sera là tout au long de leur séjour, probablement,
10:47puisque l'équipe est tellement petite, que rapidement on est amené à connaître tout le monde.
10:52On est 35 à Maison-Villeroy, 35.
10:55Donc vous voyez, ça va très vite.
10:56On connaît rapidement tout le monde.
10:57Donc vous êtes 35 à vous occuper de l'hôtel et du restaurant et du bar, évidemment.
11:02Et du spa, oui.
11:02Et du spa, pardon.
11:03Et donc, vous avez plus de personnes sur place que de clients, la plupart du temps ?
11:09Je parle du nombre de chambres ?
11:10Bien sûr, bien sûr, certainement.
11:13Et sur ces clients, on en parlait juste avant l'émission,
11:18un marché américain très important pour l'hébergement.
11:21Toujours.
11:22Et en deux, le marché français, qui est clé pour vous.
11:26Qui est finalement assez dynamique.
11:27Oui, très.
11:29Le premier marché, pour nous, comme pour beaucoup de palaces parisiens,
11:33c'est le marché américain.
11:36Là, je parle de l'hébergement.
11:38Dans un restaurant, vous avez deux mondes qui se côtoient,
11:41qui sont, somme toute, très différents.
11:43Les clients que vous accueillez qui logent à l'hôtel,
11:45qui sont des gens qui voyagent à Paris.
11:46Et les clients qui, souvent, sont la majorité de vos clients au restaurant ou au bar,
11:51qui sont bien souvent des parisiens.
11:53D'accord ?
11:54Donc ces deux mondes se côtoient.
11:55Et donc c'est deux clientèles très différentes.
11:58Et à l'hôtel, beaucoup d'Américains à l'année.
12:00On est à 45-50% de la clientèle américaine qui est large à l'hôtel à l'année.
12:04Et ensuite, vous avez le marché français, qui est assez fort.
12:07Le marché européen avec Londres, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg.
12:11Et ensuite, mais c'est vraiment tertiaire des marchés comme le Moyen-Orient,
12:16l'Amérique du Sud, l'Asie,
12:18qui sont, pour nous, qui représentent peut-être à E3 les 20 ou 25 derniers pourcents.
12:23En fait, le plus gros, c'est le marché américain, le marché français, le marché européen.
12:29Et par contre, comme je le disais, au restaurant, au bar, là, vous avez beaucoup de Parisiens.
12:34D'où l'importance de ce dont on discutait ensemble avant l'émission,
12:36de savoir que, pour nous, Maison-Mélois, c'est important de se faire connaître auprès des Parisiens.
12:42Et aujourd'hui, c'est quelque chose sur lequel, si vous voulez, Maison-Viron a toujours eu un côté très
12:47confidentiel, intimiste.
12:50On l'a voulu tel quel. On a toujours voulu rester discret, notamment sur les réseaux sociaux,
12:54parce qu'on cherchait à rester ce petit cocon caché à découvrir.
12:59Et il a toujours fallu trouver l'équilibre entre être suffisamment connu,
13:04notamment des Parisiens qui aiment sortir et connaître tous les beaux endroits,
13:09pour que ces gens-là viennent chez vous, mais pas trop pour rester la belle découverte.
13:13Et l'équilibre, parfois, est compliqué à trouver, mais on y arrive plutôt bien.
13:18Et puis, il y a une question d'ambiance aussi, parce que, dans la plupart des grands palaces parisiens,
13:23on a toujours cette notion un peu guindée, qui revient très souvent,
13:29et qui écarte, de fait, une clientèle qui n'en a pas envie.
13:34Et on ne parle pas de moyens, on parle d'ambiance.
13:37Comment vous traitez ça chez Maison-Viron ?
13:39Ça, c'est un vrai sujet, parce que c'est vrai que le palace...
13:43Alors, une fois de plus, pardon, j'utilise ce terme,
13:46alors même que Maison-Viron n'a pas le label palace.
13:48Toutefois, je considère que notre produit, que ce soit la qualité de nos chambres
13:52ou la qualité de nos restaurants, bars,
13:54notre produit n'a rien à envier aux plus beaux palaces parisiens.
13:57Pour des raisons matérielles, on n'a pas le label palace.
14:00Toutefois, j'ai la certitude qu'on est tout à fait sur la même gamme de produits
14:06que les plus beaux palaces parisiens.
14:07Là où je voulais en venir, c'est que souvent, ce type de produit peut effrayer
14:11des gens qui n'ont pas déjà leurs habitudes dans ce type d'établissement.
14:14Beaucoup de gens n'oseront pas passer la porte,
14:17parce que ça peut être impressionnant,
14:19notamment lorsque vous êtes devant certains palaces parisiens,
14:22vous avez des gens en uniforme, des portiers, des bagagistes,
14:27vous avez le poids du prestige de l'établissement dans lequel vous rentrez
14:31qui n'est pas toujours facile de franchir les portes.
14:35Nous, on fait tout pour, malgré ça, encourager les gens à venir nous voir.
14:40D'ailleurs, j'encourage tous les gens qui passent dans le 8e arrondissement
14:43à venir jeter un oeil.
14:44On a un bar à vin qui est, même si on se trouve dans un très bel établissement,
14:48chargé d'histoire, avec un service prestigieux, haut de gamme, niveau palace.
14:54On fait les choses avec beaucoup de simplicité, malgré tout,
14:58et on est très peu conformiste, on n'est jamais guindé,
15:02on cherche à démocratiser un peu le luxe,
15:06et surtout, on est ouvert à tous.
15:08On n'est pas du tout élitiste dans notre manière de faire.
15:11Merci beaucoup Thibault Lougui, je rappelle que vous êtes directeur général de Maison Ville-Roy.
15:15Merci beaucoup.
15:16Merci beaucoup Léron de nous avoir organisé, présenté, Psempolix.
15:20Merci beaucoup.
15:21Et de suite, on passe à boulevé.
15:28Dans l'univers du sushi, tout se joue dans le geste,
15:31la précision, la maîtrise absolue du produit.
15:34Oui, Béatrice Constant est allée à la rencontre de Shizuko Kimura,
15:38première femme maître sushi au monde, à être étoilée.
15:41Un parcours rare à découvrir tout de suite dans Bouche B.
15:45Aujourd'hui, nous sommes chez Sushi Shunei, avec Shizuko Kimura.
15:51C'est la toute première femme maître sushi, étoilée par le guide Michelin.
15:56Nous allons découvrir ensemble sa cuisine, son inspiration,
16:00et surtout son héritage qu'elle détient de son mari.
16:04qui avait créé ce restaurant.
16:06C'est un endroit qui est inspiré des grands comptoirs japonais sushi,
16:09où évidemment, le makase est réalisé dans la pure tradition,
16:14avec une attention portée au produit, du poisson au riz,
16:18et bien entendu, toujours dans cette tradition,
16:20avec une petite touche de modernité.
16:22Je vous laisse découvrir avec moi.
16:24Merci beaucoup Shizuko pour nous avoir à Sushi Shunei.
16:27Oui, c'est bien.
16:28Premièrement, une question très obvious,
16:30comment vous devenez un sushimaster ?
16:32Avant, mon mari a travaillé ici,
16:35et environ 4 ans, il a eu de cancer.
16:40Après ça, je voulais continuer cette tradition.
16:47Et vous êtes la première femme chef,
16:51avec une store,
16:53comme un sushimaster dans le monde,
16:56en France.
16:57C'est assez incommant.
17:00Comment est-ce que c'est important pour vous ?
17:01C'est pas important pour moi.
17:04Si mon mari n'a pas pris un sushimaster,
17:08je ne pensais pas à la store.
17:09Si mon mari n'a pas pris un sushimaster,
17:12je voulais revenir à la store.
17:16C'est juste ça.
17:17C'est une histoire de l'égalité,
17:19de votre travail de sushimaster.
17:21Comment vous continuezz votre travail ici,
17:24à la restauration ?
17:25Nous travaillons ensemble,
17:26pendant 9 mois.
17:28Et chaque jour, j'ai vu le sushimaster.
17:31Il a pris un sushimaster,
17:33mais après ça, il a été sick,
17:35et je l'ai vu et je pense que c'est son rêve.
17:41Et je voulais, je voulais, je voulais continuer.
17:45Et j'ai commencé, c'est ce qui s'est passé.
17:49Pour vous concentrer sur votre kitchen,
17:52pour vous,
17:53ce qui fait un sushimaster ?
17:55Un sushimaster est très important,
17:58c'est la cuisse de la cuisse.
18:00Ce n'est pas un nigiri.
18:01Et avant, les n'igiri, il y a des fish,
18:06les câts, les japonais, les nettes.
18:10Les n'igiri sont comme le canapé.
18:12Et le sushimaster est très important.
18:16Qu'est-ce qui est la technique du travail ?
18:19La technique, c'est pas une technique.
18:22Chaque fois, c'est la même façon.
18:26Chaque fois, c'est la même façon.
18:28Chaque fois, c'est la même façon.
18:31Et pour tous les clients, c'est très important.
18:34C'est pas la technique, mais c'est important pour le service.
18:38Les fish qui sont servés ici,
18:40viennent de France,
18:42de Spagne, de Japon ?
18:44Oui, de Japon, de Spagne.
18:45Et il y a des fish qui sont des Néderlands.
18:47Oui, ça dépend des fish.
18:49Et j'ai vérifié chaque fois.
18:52C'est très important pour devenir un sushimaster.
18:59C'est pas encore.
19:00C'est pas encore.
19:01C'est pas encore.
19:29C'est pas encore.
19:31C'est un huit.
19:36C'est un huit.
19:59C'est un huit.
20:03le temps et la température.
20:05C'est juste une pièce,
20:07c'est chaque fois que je fais très attention.
20:11C'est juste ça.
20:12Merci beaucoup pour votre temps.
20:14C'était un plaisir de vous rencontrer à Bouche Bay.
20:17J'espère que je vous rencontre très bientôt.
20:19Merci.
20:20Arigato.
20:21Arigato.
20:26La Philharmonie, c'est un paradoxe fascinant.
20:28Une institution qui accueille les plus grands orchestres du monde,
20:31mais aussi qui co-crée avec la Fondation Roderère,
20:34un festival de musique expérimentale.
20:36Comment trouver l'équilibre entre l'excellence classique
20:40et l'audace de la création contemporaine ?
20:42Comment toucher un grand public sans renoncer à prendre des risques ?
20:45C'est la question centrale de notre grande interview d'expérience
20:48aujourd'hui avec deux invités qui incarnent ce défi.
20:51Edouard Fauret-Colfuti, bonjour.
20:53Bonjour.
20:54Vous êtes co-directeur du département Concerts et Spectacles
20:56de la Philharmonie de Paris.
20:58Et Audrey Bazin, bonjour.
20:59Bonjour.
20:59Vous êtes directrice de la Fondation Roderère.
21:02Tout d'abord, je me tourne vers vous, Edouard.
21:05La Philharmonie, comme on la connaît aujourd'hui dans le nord de Paris,
21:09c'est un lieu qui a été inauguré en 2015.
21:11Mais entre concerts, expositions, c'est vraiment un lieu de vie.
21:15Comment est-ce que vous définiriez la Philharmonie
21:17entre tous ces événements qui ont lieu presque tous les jours ?
21:21C'est la plus grande plateforme autour de l'objet musique au monde,
21:25sans aucune arrogance, c'est-à-dire que vous avez quasiment
21:29deux millions de personnes qui passent à la Philharmonie, qui passent, qui y restent.
21:33C'est des concerts, évidemment, 450, 500 concerts par an.
21:37C'est des ateliers pour les enfants, un énorme service d'éducation.
21:41C'est des expositions, trois par an, plus le musée de la musique,
21:45collection permanente, qui était un cabinet de curiosité absolument hallucinant.
21:50C'est une école, c'est un orchestre, l'Orchestre de Paris,
21:54avec maintenant l'ensemble intercontemporain.
21:56C'est des orchestres résidents, l'Orchestre des Chambres de Paris,
22:00l'ONDIF, l'Orchestre National d'Île-de-France, les Arts Florissants.
22:03Donc c'est en fait une gigantesque plateforme dédiée à la musique
22:09et qui est visitée de plus en plus.
22:13Vous avez parlé de 450, 500 concerts.
22:15La programmation a été annoncée pour 2026-2027.
22:18Comment ça se prépare, une programmation comme ça ?
22:22C'est combien de temps de travail ?
22:25Comment est-ce qu'on peut visualiser cette préparation ?
22:28C'est sûr qu'il y a un mode de cuisine un peu en anticipation.
22:31C'est deux ans à l'avance, deux, trois ans à l'avance.
22:33Donc là, je travaille déjà sur 27-28 et 28-29.
22:37Alors, c'est un rythme qui est un peu imposé, pour être tout à fait honnête,
22:40par la musique dite classique.
22:42Parce que les orchestres ont besoin de beaucoup anticiper.
22:46Donc on s'est un peu calqué sur la rythmique des tournées internationales.
22:52Et ça nous donne le tempo.
22:53Évidemment, quand on parle des musiques amplifiées, jazz, musique actuelle,
22:57c'est plus tardif.
22:58C'est généralement un an.
22:59Donc en fait, tout l'intérêt et la difficulté aussi parfois,
23:03c'est de livrer une saison où moi, avec les équipes, fin janvier,
23:07on doit tout envoyer à l'impression, pour septembre d'après.
23:13Mais la difficulté, c'est d'arriver à concilier tous ces calendriers.
23:16Et notamment, ça a été un objet assez important pour livrer cette première édition du festival Explore.
23:25Oui, on va en parler tout de suite.
23:26Audrey, avant, comment est-ce que vous pouvez nous raconter ?
23:29Comment est-ce que vous vous êtes rencontrés ?
23:30Comment est-ce que la Fondation Roderer rencontre la Philharmonie ?
23:32Comment est-ce que la Philharmonie rencontre la Fondation Roderer ?
23:35Je suis de ceux qui connaissaient la Philharmonie parce que je m'y rendais pour les concerts.
23:41Et puis après, il y a des liens d'amitié qui s'installent, qui se développent.
23:45Et quand moi, j'ai eu envie de défendre la composition contemporaine,
23:50je me suis tout de suite tournée vers la Philharmonie pour commencer un dialogue
23:56et voir ensemble ce qui pourrait être fait.
23:59Parce que ce que j'ai beaucoup aimé dès le départ, c'était l'audace de dire
24:03« Ah bah oui, tiens, on va développer cet aspect de la musique ».
24:07Et voilà, c'est tous ces chants qui sont défendus à la Philharmonie.
24:12Ça ne pouvait être que ce lieu-là pour le prix Pichon Comtesse et pour le festival Explore.
24:16Est-ce que vous pouvez nous redonner quelques éléments de contexte du coup
24:19et nous décrire ce que c'est que ce festival Explore ?
24:22Le festival, il est né, enfin, Édouard pourra en parler un peu mieux que moi,
24:29mais dans ma tête, il est né autour justement de ce prix de la composition de musique expérimentale,
24:36musique exploratoire.
24:37Moi, je me suis basée sur ma connaissance du terrain,
24:41où il y avait nécessité d'accompagner les artistes de la musique expérimentale, exploratoire.
24:48Et avec Édouard, on a justement pensé au-delà de ce prix de composition
24:54et d'avoir des têtes d'affiches, d'avoir des artistes émergents.
24:59Voilà, c'était un pur équilibre entre le contemporain,
25:04le plus déjà réputé, reconnu.
25:08C'était, voilà, une belle aventure.
25:11Est-ce que quand vous souhaitiez soutenir cette musique expérimentale,
25:16comment est-ce que, enfin, ça venait de vous ?
25:19Parce que c'est vrai que la Fondation Roderère est aussi présente
25:22sur beaucoup d'autres différents secteurs culturels.
25:27Cet intérêt pour la musique exploratoire, d'où ça venait ?
25:31Alors, moi, je crée des actions culturelles dans les domaines viticoles
25:36qui constituent le groupe Roderère Collection.
25:40Je crée des actions culturelles qui sont faites sur mesure
25:43et qui sont faites aussi pour répondre à mon envie de décentraliser la culture
25:48et de la rendre accessible.
25:51Donc, je suis partie du domaine Pichon-Comtesse, qui est à Pauillac,
25:55qui est dirigé par Nicolas Glumineau,
25:57qui a une formation dans la musique et dans l'art lyrique, plus précisément.
26:03Et puis, après, ma connaissance du terrain,
26:05je sais que la musique classique est quand même assez soutenue,
26:09valorisée par des prix.
26:11Et j'avais envie, moi, par la Fondation,
26:14d'aller du côté de la musique expérimentale, exploratoire,
26:18qui nécessite plus de soutien, de valorisation.
26:22Donc, c'est le cumul des deux, de deux envies,
26:26l'accessibilité, la décentralisation
26:28et cette nécessité du côté des compositeurs.
26:32Et donc, Edouard, quand Audrey est venue vers vous,
26:34comment ça s'est passé ?
26:35Qu'est-ce qui vous a convaincu tout de suite ?
26:38En fait, grâce à cette collaboration,
26:41on a mis autour de la table des gens qui ne se parlaient pas, déjà.
26:44C'est la grande vertu des musiques expérimentales,
26:46des musiques de recherche,
26:47des musiques qui ne sont pas standardisées.
26:49Je crois que dans la recherche du vin,
26:51dans toutes les discussions absolument passionnantes
26:53qu'on a eues avec Audrey et Nicolas Glumineau,
26:55en fait, c'était presque une évidence
26:58que ces mondes un peu en silo,
27:00qui avaient cette notion de laboratoire,
27:02mais pas de laboratoire fermé sur soi,
27:04de laboratoire ouvert,
27:05c'est-à-dire qui étendent le champ de nos perceptions,
27:09que ce soit gustatives, olfactives,
27:11mais aussi sonores.
27:13C'est-à-dire,
27:14donc, ça a été très évident depuis le départ,
27:18et les musiques expérimentales,
27:19pour être tout à fait honnêtes,
27:20alors c'est un mot, c'est une définition,
27:22mais c'est beau, ça va au-delà de ça.
27:25Par rapport aux grosses industries musicales,
27:28c'est la forêt qui est cachée par l'arbre,
27:30mais c'est une forêt.
27:31C'est-à-dire que c'est un terrain à explorer
27:35qui est encore énorme ?
27:36Mais ça représente déjà un gros public.
27:38C'est un public qui venait peu à la philharmonie,
27:41parce que deux traditions,
27:43on était plutôt sur des musiques dites contemporaines,
27:48enfin, musiques modernes,
27:49qui étaient plus sérieuses.
27:51On a une histoire particulière,
27:52liée aussi, bien sûr, à Pierre Boulez,
27:54donc on a cet ensemble intercontemporain
27:56et cette grande tradition de la musique contemporaine,
27:59et puis on avait ce chant-là
28:01qui était comme une espèce de trou noir
28:03qui n'existait pas à la philharmonie.
28:05Donc, on se revendique, nous,
28:07d'une culture vraiment œcuménique à 360 degrés
28:09de toutes les cultures musicales,
28:11en maniant les grandes industries,
28:13mais aussi les choses plus niches,
28:15mais l'agrégation de niches,
28:17déjà, tout simplement,
28:20je ne veux pas ramener ça à une mission
28:22de service public,
28:23mais en tout cas, une mission,
28:24pas que de service public,
28:25mais de découverte.
28:28Ça active quelque chose,
28:30et ça activait, on l'a vu
28:31au sein de cette soirée de musique promenade,
28:34où le prix Pigeon-Comtesse a été décerné,
28:36c'est-à-dire que ce n'est pas réservé
28:39à une catégorie de curieux
28:42qui sont plus curieux que d'autres.
28:43C'est littéralement du très grand public.
28:47La seule chose qu'on demande au public,
28:49c'est d'être un tout petit peu curieux.
28:51Oui, d'être quand même ouvert à l'idée d'être surpris.
28:52Exactement.
28:53Comment ça s'est passé,
28:54le festival concrètement ?
28:55C'était sur trois jours.
28:57Comment est-ce qu'on décide
28:59qu'on va faire trois jours,
29:01que ce soir-là,
29:02ce sera le concert promenade,
29:03ce soir-là,
29:04ce sera quelque chose d'autre ?
29:05Alors moi,
29:06en tant que mécène philanthrope,
29:08je laisse complètement libres
29:10les institutions que je soutiens.
29:12Donc la question,
29:13elle est plus pour Edouard,
29:15parce que moi,
29:16à aucun moment,
29:16j'ai demandé
29:19d'avoir un oeil
29:20sur la programmation.
29:22Je me suis livrée
29:23à leur champ d'expertise
29:24et j'ai fait totalement confiance.
29:28C'est quatre jours.
29:30Alors en fait,
29:30c'est un festival.
29:31Donc on a plusieurs festivals
29:32aussi au sein de la Philharmonie.
29:34Donc c'est vrai
29:34qu'on a un volume de projets
29:36qui est assez important.
29:37Donc à chaque fois
29:38qu'on lance une nouvelle initiative,
29:40ce n'est pas tous les ans,
29:40ça veut dire que ça crée
29:41une responsabilité.
29:42Là, pour le coup,
29:43il a été décidé aussi
29:44avec Audrey Bazin
29:46la question de la biennale,
29:48c'est-à-dire que tenir ce rythme
29:49tous les ans,
29:50ça aurait été très compliqué.
29:51D'accord.
29:52Donc on devait aussi
29:53tirer les enseignements de ça.
29:54La prochaine édition
29:55sera en avril 28,
29:56toujours au printemps.
29:57D'ailleurs,
29:57il y a un peu cette métaphore
29:58de la Renaissance,
30:00c'est-à-dire d'un monde qui naît.
30:01Donc on a vraiment,
30:02on a voulu positionner ça là.
30:05Et en gros,
30:05donc on est toujours confronté
30:07à une espèce de courant
30:09au chaud, au froide.
30:11Une grande utopie.
30:12On veut tout faire.
30:13Il y a un côté exhaustif.
30:14On veut faire le plus possible.
30:15Mais on est quand même rattrapé
30:17par une activité
30:18très, très, très importante.
30:19Donc c'est de créer un événement
30:21qui a un impact.
30:22sur 3-4 jours.
30:24Donc un peu plus qu'un week-end.
30:26Il y avait une quinzaine de concerts.
30:28Au final,
30:29à peu près 7000 personnes
30:30sont venues.
30:31Pour donner quelques chiffres.
30:33C'est beaucoup.
30:34Et donc,
30:35le point de départ de tout ça,
30:36c'est de dire
30:36quel cahier des charges on se fixe.
30:38On veut toucher
30:39toutes les strates de population.
30:41Donc il y avait des projets
30:42pour les enfants.
30:43Projet éducatif,
30:44projet famille,
30:45projet participatif.
30:46Il y avait
30:47figure de proue,
30:49on va dire,
30:49cheval de Troyes,
30:50des grandes affiches.
30:51Laurie Anderson,
30:52Caterina Barbieri.
30:55Il y avait des choses
30:57un peu au milieu,
30:59des choses en extérieur,
31:00des balades zinzin
31:01avec Maxime Lemoyne.
31:02Il y avait des choses
31:03qui étaient du domaine
31:04du gratuit aussi,
31:05parce qu'on voulait avoir
31:05une offre qui était payante,
31:07mais très accessible.
31:08C'est toute la clé.
31:10Et aussi,
31:10grâce à cette collaboration
31:11vertueuse,
31:12on a pu aussi garder
31:13des prix de place
31:14qui étaient vraiment
31:15archi-accessibles.
31:16il y avait des concerts gratuits
31:18en extérieur.
31:19On se rappelle
31:20d'une espèce de boom
31:20avec deux 205
31:23chargés dans le coffre
31:25d'enceinte
31:27qui sont arrivés
31:28le soir à 10h du soir,
31:29qui ont ouvert le coffre.
31:31Et ça a été
31:31une espèce de boom
31:33techno, électro,
31:34mais très très bon esprit
31:35jusqu'à 1h du matin.
31:36Donc,
31:37ça nous permet
31:38de tester des formats
31:40de nouveaux rapports
31:41au public.
31:42Oui,
31:43parce que la promenade,
31:44c'était aussi ça
31:44qui était intéressant.
31:45C'était un spectacle
31:46où on était debout,
31:47on pouvait se balader,
31:48les artistes étaient
31:49dans toute la salle.
31:51Donc ça,
31:51c'est aussi des formats
31:52qui sont chouettes
31:53qu'on voit quand même
31:55pas souvent.
31:56Bien sûr,
31:57et on pourrait se dire
31:58c'est un peu du domaine
31:59du papier peint,
32:00c'est un peu
32:02le rapport
32:03artiste-public.
32:05Mettre des gens debout
32:06ne crée pas
32:07l'expérience de musique.
32:08Par contre,
32:08effectivement,
32:09de faire
32:09que dans une salle
32:10où vous avez l'habitude
32:11d'être en frontal
32:12avec une scène qui est là,
32:14situation relativement fixe,
32:15vous cassez ça complètement,
32:17vous déshaussez la salle,
32:18vous enlevez les sièges
32:19au parterre
32:20et vous avez 4 scènes
32:21qui activent
32:23ce volume
32:24d'une manière originale
32:25et qui créent
32:28littéralement
32:29des expériences d'écoute
32:30différentes,
32:31plus proches,
32:32plus éloignées,
32:33ce sentiment de liberté,
32:35ce sentiment d'être actif
32:36avec son corps
32:37pour aller à la rencontre.
32:38On est assez alerte
32:38quand même,
32:39parce qu'on a l'impression
32:39qu'on ne sait pas
32:40d'où va venir
32:40le prochain son.
32:41Vous voulez vous asseoir
32:42une demi-heure
32:43parce que vous vous êtes crevé,
32:44vous pouvez le faire,
32:45ça dure 3 heures
32:46et ça permet aussi
32:47de travailler
32:47sur un temps long,
32:48c'est-à-dire que
32:49quand on parle
32:49d'expérience sonore,
32:51pas parce que vous allez
32:51faire un marathon
32:52que ça va être
32:53une expérience en soi,
32:54c'est comment on habille
32:55par le contenu
32:56et par le narratif,
32:57un fil narratif,
32:59des expériences
32:59qui créent une sorte
33:00d'odyssée
33:01de 3 heures,
33:02mais comme vous avez
33:03quand vous regardez
33:045 séries d'affilée
33:05ou un film un peu long,
33:06c'est-à-dire une grande
33:07odyssée sonore.
33:08Et pourquoi est-ce que
33:09c'est important pour vous
33:10de vous tourner
33:11vers une fondation
33:12pour créer ce genre
33:13d'événement ?
33:14Parce que c'est vrai
33:14qu'on peut se dire
33:15que la Philharmonie
33:15c'est quand même
33:15une très grande institution.
33:19Le soutien d'une fondation,
33:20ça vous aide en quoi ?
33:22On n'aurait pas pu le faire
33:23sans le soutien
33:24de la fondation Roderère
33:25parce qu'on est sur
33:27un modèle économique
33:27à la Philharmonie
33:28où, à la fin de l'année,
33:31les recettes artistiques,
33:33ce qui est généré
33:34par la billetterie,
33:36couvrent l'ensemble
33:37des dépenses artistiques.
33:39Donc, il y a des concerts
33:40où vous gagnez
33:41un petit peu d'argent,
33:42des concerts
33:42où vous perdez
33:42un peu d'argent.
33:43Donc, bénéfice, recette.
33:45Il se trouve que
33:45dans le cadre
33:47d'un festival
33:47avec une quinzaine
33:48de concerts,
33:49avec des prix
33:49qui sont forcément accessibles,
33:52parce que ce chant
33:54des musiques expérimentales,
33:55en dehors de la Philharmonie,
33:56existe,
33:57dans toute la France,
33:57dans toute l'Europe,
33:58c'est énorme,
33:59mais sur une politique tarifaire
34:01qui est très très très basse.
34:03Très très basse.
34:05Et donc, du coup,
34:06pour pouvoir produire
34:07tous ces concerts,
34:08c'est un coût
34:09qui est assez conséquent.
34:10Oui, d'accord.
34:11Et donc, du coup,
34:12le soutien de la Fondation,
34:13en dehors du prix
34:15Pichon-Comtesse,
34:16en fait,
34:16c'est une expérience
34:18extrêmement vertueuse
34:19de rapprochement
34:19entre privé et public
34:21au service d'un projet.
34:23Audrey, justement,
34:25j'imagine,
34:25tous vos projets,
34:26parce que la Fondation,
34:27quand même,
34:27c'est beaucoup de projets,
34:28tous ceux-là sont conçus
34:31dans l'idée
34:31de toucher différents publics,
34:34d'une volonté
34:35de démocratisation
34:37de la culture.
34:39Oui, toujours.
34:40Ça m'anime.
34:41Moi, je suis une enfant
34:42de l'école publique.
34:44J'ai beaucoup profité
34:45des musées publics.
34:47Donc, il y a un soutien
34:49à l'institution publique
34:50qui m'est chère.
34:51Et puis, après,
34:52il y a cette envie aussi
34:53d'ouvrir le champ culturel
34:56partout en France.
34:58Et donc, ce prix
34:58Pichon-Comtesse,
34:59il y aura un concert,
35:01justement,
35:01dans le domaine
35:02à Pauillac
35:03qui sera ouvert
35:04à tous et toutes
35:05et gratuit
35:06sur inscription.
35:08Donc, c'est vraiment
35:09une mission,
35:11on parlait de mission
35:11tout à l'heure,
35:12aussi de la Fondation.
35:14C'est important
35:16de permettre à tous
35:17d'avoir accès
35:18à cette culture.
35:19Pour aller un peu
35:19au-delà de la Philharmonie,
35:21vous soutenez
35:22quel autre type
35:23d'événements
35:25et de causes ?
35:26Alors, elles sont
35:27nombreuses.
35:29Après, elles...
35:29Vous fêtez vos 15 ans
35:31cette année ?
35:31En fait, nos 15 ans,
35:33oui, disons qu'il y a
35:35un soutien
35:35à l'institution publique,
35:37il y a toutes les actions
35:38que je crée
35:39et bien d'autres choses.
35:40Mais si on doit parler
35:41de soutien
35:42à l'institution publique,
35:43oui, c'est le jeu de paume
35:45un peu sur le festival
35:46de la photographie,
35:47mais également
35:47la salle de cinéma.
35:50C'est la Bibliothèque
35:51nationale de France
35:52avec une bourse
35:53de recherche,
35:54les rencontres d'art
35:55avec le prix Découverte,
35:56la semaine de la critique
35:58avec le prix Révélation,
36:00la Villa Médici
36:01avec des bourses
36:01de production.
36:02Et donc,
36:03c'est un soutien,
36:03mais un soutien
36:06très, comment dire,
36:07dans le détail,
36:08c'est-à-dire
36:08toujours tourné
36:09vers la valorisation
36:10de l'institution,
36:12mais aussi des artistes
36:13et des chercheurs.
36:14Et à chaque fois,
36:14vous arrivez à avoir
36:15un retour sur le public
36:17que vous touchez.
36:18C'est peut-être une question
36:19que je vais vous poser
36:19à tous les deux
36:20parce que vous avez
36:20des angles différents
36:21de vues.
36:22Comment est-ce que vous savez
36:23si vous arrivez à toucher
36:24le public escompté
36:25et la largesse
36:26qu'on souhaite ?
36:27Là, pour parler justement
36:29du Festival Explore,
36:30tu parlais tout à l'heure
36:32de 7000 visiteurs,
36:33mais aussi,
36:35ce qui est intéressant,
36:35c'est le taux de remplissage.
36:37Le taux de remplissage,
36:38c'était de 97%
36:41sur l'ensemble du festival.
36:43Donc,
36:43ça montre à quel point
36:45la mission de ce Festival Explore
36:48est accompli.
36:51S'agissant des autres,
36:53j'ai un retour direct
36:56quand je peux rencontrer
36:58le public,
36:59quand je suis présente
37:00sur les événements.
37:02Mais après,
37:03c'est de faire surtout.
37:05Moi,
37:06c'est le faire
37:06qui m'intéresse
37:07et qui me motive.
37:10Les impacts,
37:11la rentabilité,
37:13l'image,
37:13je mets toujours ça de côté.
37:15C'est vraiment faire
37:16pour dire,
37:17la Fondation,
37:18elle est auprès
37:18de la création,
37:20mais aussi de manière
37:21complètement détachée.
37:23Et ça,
37:23je tiens à le redire.
37:25Oui,
37:25mais vous pouvez quand même
37:26proposer des formats
37:27qui pourraient être intéressants
37:29selon vous
37:29ou vous laissez vraiment
37:30carte blanche ?
37:31Je laisse complètement
37:33carte blanche.
37:34Moi,
37:34je suis actrice
37:35de mes propres actions.
37:37Par exemple,
37:38j'ai créé un programme
37:39qui s'appelle
37:39Thinking Sustainability
37:40où il y a plusieurs volets.
37:42Un volet prix photo,
37:44un volet recherche,
37:45un volet résidence
37:46c'est maintenant
37:46un volet involvement.
37:48Et là,
37:49oui,
37:49je suis décideur
37:51des personnalités
37:53que j'associe,
37:54des chercheurs
37:55que je sollicite,
37:56etc.
37:56Mais pour le reste,
37:58non,
37:58c'est une liberté
37:59qui me semble essentielle
38:00justement à respecter
38:02pour faire la différence
38:04entre un mécénat
38:05d'entreprise
38:05et un mécénat
38:06de fondation
38:07d'entreprise.
38:08D'accord.
38:08Et Édouard,
38:10cet équilibre
38:11toujours entre
38:12découverte,
38:14grand public,
38:15etc.,
38:15c'est quelque chose
38:16qui est vraiment
38:16au cœur de votre métier,
38:19c'est ce qui vous anime
38:19tous les jours ?
38:20Complètement,
38:21c'est exactement ça.
38:22C'est ce qui nous anime
38:23tous les jours
38:25et qui nous rappelle
38:26la mission
38:26qu'on peut avoir
38:27dans des institutions
38:29comme ça.
38:29C'est peut-être pas
38:30le bon mot d'ailleurs,
38:30institution,
38:31c'est parce que c'est
38:31vraiment une œuvre ouverte,
38:32c'est une plateforme
38:34génialissime
38:34au service
38:35d'une démocratisation
38:37de la culture.
38:37et c'est pas un mot
38:41politique,
38:42démocratisation,
38:42c'est dans le fer
38:44dont Audrey parlait.
38:47On a un nouveau public,
38:49en fait,
38:49c'est quoi une institution ?
38:50C'est des murs,
38:51des murs qui accueillent
38:52un public
38:53pour des concerts,
38:54donc on est très heureux
38:55d'avoir ce taux
38:55de remplissage
38:57incroyable.
38:58Mais c'est aussi
38:59des nouveaux publics,
39:00une institution,
39:01mais comme une langue,
39:02elle se renouvelle
39:03avec des nouveaux publics
39:04et quand je dis
39:05nouveau public,
39:06je pense à plusieurs paramètres,
39:09je pense à des paramètres
39:10d'âge,
39:10de jeunesse,
39:11à des paramètres sociaux
39:13ou sociologiques,
39:14c'est-à-dire des gens
39:14qui ne venaient pas
39:16et qui viennent.
39:17On l'a vu dans ce festival
39:18Explore,
39:18je crois que les équipes
39:20d'accueil de la Philharmonie
39:21étaient vraiment
39:23absolument impressionnées
39:24par des publics
39:25qu'on avait l'impression
39:26de ne jamais avoir vus.
39:27Donc ça,
39:28pour avoir des chiffres,
39:29c'est compliqué.
39:29On a des études d'impact
39:31de publics
39:32mais qui sont
39:33des grosses entreprises
39:34qui analysent ça
39:36sur un an.
39:37Là,
39:37sur Explore,
39:38je dirais en tout cas
39:39que le sentiment
39:39était très fort
39:40d'un nouveau public
39:41et puis,
39:42on a travaillé
39:43pour cette dernière
39:44soirée
39:45Musique Promenade
39:46avec les centres nationaux
39:48de création musicale
39:49qu'on appelle les CNCM
39:50qui sont en toute la France.
39:51Et donc,
39:51je rappelle aussi
39:52qu'une institution
39:54comme la Philharmonie
39:55qui est prescriptrice,
39:57qui est un instrument
39:58pour les Parisiens,
39:59pour les Franciliens
40:00et pour tout le monde
40:02et tous les publics,
40:04elle doit aussi se connecter
40:06au niveau national.
40:07Et c'est pour ça
40:08qu'on a fait appel
40:09à ces huit centres
40:11de création musicaux
40:13qui fêtaient d'ailleurs
40:14leurs 30 ans aussi
40:15en leur disant
40:16on ne peut pas faire
40:16le truc tout seul.
40:18On a envie d'avoir
40:19ce sens du collectif
40:20qu'il y a d'ailleurs...
40:20Il faut avoir des publics régionaux aussi
40:21parce que c'est vraiment...
40:22Alors, publics régionaux
40:23et puis aussi des antennes
40:24qui peuvent faire vivre,
40:26explore en région.
40:28à Reims,
40:29à Dijon,
40:30à Marseille,
40:31à Lyon.
40:32Donc, c'est une force de frappe
40:33très forte
40:34mais souvent,
40:35dans, on va dire,
40:36le paradigme culturel,
40:38on fait les choses
40:39pour soi,
40:39pour son endroit
40:40et tout ça.
40:41Ça,
40:42dans le modèle
40:44de la culture,
40:45du développement culturel,
40:46je ne dis pas
40:47que c'est fini.
40:48Ceux qui décident
40:49ou qui n'ont pas
40:50cette curiosité
40:50de trouver des partenaires,
40:52dans les 20 prochaines années,
40:54ça sera un petit peu compliqué,
40:54je pense.
40:55Et puis après,
40:55il y a le niveau européen
40:56et puis après,
40:57il y a le niveau mondial,
40:57c'est-à-dire l'impact
40:58dont on parle là,
40:59entre nous,
40:59c'est les 7000 personnes
41:01qui étaient là,
41:01nouveau public,
41:02mais c'est aussi
41:03l'impact,
41:04grâce évidemment aussi,
41:06je veux dire,
41:06à un impact médiatique
41:07qui se fait le relais de ça.
41:09Et d'ailleurs,
41:09je trouve ça formidable
41:10que nous soyons là
41:10aussi à en parler,
41:11d'un festival
41:12de musique expérimentale.
41:15Donc,
41:15pour nous,
41:18la notion d'expérience
41:19va bien au-delà
41:19des simples concerts
41:21et touche
41:22un point de rencontre
41:23avec vraiment
41:24la société.
41:26Voilà.
41:26Si vous aviez deux mots
41:27pour terminer,
41:28à dire à quelqu'un
41:29qui n'aura pas eu
41:30encore la curiosité
41:32de venir
41:33à la Philharmonie,
41:34vous lui diriez quoi ?
41:35Je dirais,
41:36je dirais,
41:38tous les chemins
41:38mènent à Rome,
41:39sauf celui du milieu.
41:41ça veut dire
41:43qu'on est dans un monde
41:46de très grosses industries
41:47qui monopolisent
41:49beaucoup l'attention.
41:51Mais c'est l'arbre
41:52qui cache la forêt.
41:55Et c'est-à-dire,
41:56dans une société
41:57où l'intelligence artificielle
41:59et tous les débats
42:00qu'on peut avoir
42:00autour de ça,
42:03je dirais que
42:04la curiosité,
42:06l'écoute active,
42:10va renforcer
42:11le maillage de la société
42:12mais renforcer aussi
42:12le bonheur.
42:13Vous savez,
42:13le moment où en fait
42:14on n'est pas heureux,
42:14c'est le moment où
42:15on écoute moins les gens,
42:16le moment où on est
42:16moins disponible,
42:17le moment où on est
42:18moins curieux.
42:19Voilà.
42:20Ce sont des signaux.
42:22Donc,
42:23revenons,
42:23préservons cette part
42:24de curiosité
42:26et surtout,
42:27n'ayons pas peur
42:27des choses qui ne sont pas
42:28trop standardisées.
42:30Moi, je rajouterais
42:31l'inattendu
42:32parce qu'on contrôle
42:33un peu trop nos vies
42:34et de faire place
42:35à l'inattendu.
42:36restons ouverts
42:38à l'inattendu.
42:38C'est essentiel
42:40et puis surtout aussi
42:41changer peut-être
42:42les canaux
42:43d'information
42:44pour être au courant
42:46parce qu'on a beau
42:47faire le maximum,
42:49si en face,
42:50il n'y a pas aussi
42:51une manière
42:52de rechercher
42:53l'information
42:53qui bouge,
42:55beaucoup peuvent
42:56passer à côté.
42:57Merci beaucoup
42:58à tous les deux.
42:59Edouard Fauré,
43:00Colifotti,
43:00je rappelle que vous êtes
43:01co-directeur du département
43:02Concerts et Spectacles
43:03à la Fille Harmonie de Paris.
43:04Audrey Bazin,
43:05directrice de la Fondation
43:06Roderère.
43:07Merci à tous les deux
43:07d'avoir été présents.
43:09Expérience,
43:09c'est terminé
43:10pour ce mois-ci.
43:11Merci à tous les chroniqueurs,
43:13reporters de cette émission culturelle.
43:15Jem Al Ghul,
43:16Anne Bassi,
43:17Laurent Meffre,
43:17Béatrice Constant,
43:19Alexandre Loré
43:19et Camille Rioal.
43:21Et merci à vous toutes et tous
43:22de nous avoir suivis
43:22cette expérience.
43:23Sous-titrage Société Radio-Canada
43:33Sous-titrage Société Radio-Canada
43:35Sous-titrage Société Radio-Canada
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