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  • il y a 4 mois
Vendredi 17 octobre 2025, retrouvez Philippe Fleurentin (Responsable Création et Entrepreneuriat Région Grand Est, Bpifrance), Oujda Hajem (Cofondatrice, Odygo), Saber Hajem (Cofondateur, Odygo), Ahmad Chalhoub (Fondateur, Noctimed) et Maëva Briwa (Fondatrice, Atelier Grand Paradis) dans LA TOURNÉE ENTREPRENEURIAT QUARTIERS 2030, une émission présentée par Juliette Miglierina, Mathieu Meffre et Sibylle Aoudjhane.

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Transcription
00:00Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous accueillir pour une nouvelle émission à l'occasion de la tournée Entrepreneuriat Quartier 2030, organisée en partenariat avec Bismarck for Change.
00:25Il s'agit d'une initiative gouvernementale portée par BPI France qui a pour objectif de soutenir, financer, accompagner les porteurs de projets dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, les QPV.
00:38Cette tournée parcourt toute la France métropolitaine à la rencontre de celles et ceux qui font bouger les lignes.
00:45Et pour l'étape d'aujourd'hui, nous sommes à Metz, en Moselle, à la découverte des entrepreneurs et des projets engagés.
00:55Et je suis ravie d'être en présence d'Oujda Agem et Samer Agem. Bonjour à tous les deux.
01:01Bonjour.
01:01Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes tous les deux cofondateurs de l'entreprise Odigo et lauréate, comme l'entreprise lauréate, du concours Money Time organisé par BPI France.
01:12Tout d'abord, est-ce que vous pouvez nous faire le pitch que vous avez réalisé il y a tout juste quelques minutes devant une assemblée ?
01:20Qu'est-ce que vous leur avez dit à cette assemblée ?
01:23Eh bien, nous leur avons expliqué que passer son permis de conduire en France aujourd'hui est un véritable parcours du combattant,
01:29puisqu'en moyenne, la durée pour un élève, c'est de réaliser son projet en huit mois à peu près.
01:35Quand Odigo, aujourd'hui, fait la promesse de faire passer formation et date d'examen comprise en moins d'un mois.
01:41Tout ça grâce à une organisation qui est structurée, millimétrée et surtout sur mesure pour permettre à l'élève d'obtenir son examen dès le premier passage.
01:50Félicitations pour ce premier pitch. Comment est-ce que vous avez mis en place cette entreprise ?
01:58Vous vous êtes rendu compte vous-même que c'était une difficulté ? D'où ça vient cette idée ?
02:03Oui, ça vient du fait que moi, à l'époque, j'avais déjà des auto-écoles traditionnelles et créé des auto-écoles, des plateformes en ligne.
02:11Et la question qui revenait le plus souvent des élèves, c'était « je suis pressé, j'ai besoin d'avoir mon permis rapidement, j'ai besoin d'avoir mon premier rapidement ».
02:17Donc, on est parti de ce constat-là que la durée était beaucoup trop longue et on s'est dit, avec Oujda, on a commencé à réfléchir à comment mettre en place une méthode pour pouvoir accélérer le passage au permis de conduire sans forcément dégrader la formation.
02:34Oui, c'est ça.
02:35C'est la sécurité routière. Donc, sans forcément dégrader la formation. Et là, on a fait naître et clore Oujigo.
02:44Et comment vous avez fait pour accélérer aussi tout ce qui n'est pas forcément peut-être de votre ressort, à savoir les dates d'examens qui peuvent prendre énormément de temps ? Comment vous faites pour ça ?
02:54Et alors, ce qu'il faut savoir déjà, c'est que nous avons accompagné plus de 1000 élèves depuis notre création.
03:00Donc, ça fonctionne bien déjà.
03:02Donc, ça veut dire que déjà, ça fonctionne bien. On n'a pas fait de communication en plus. Donc, ça veut dire que c'est que le bouche à oreille qui a fait que des élèves sont venus s'inscrire chez Oujigo.
03:10Donc, ça, ça veut dire que nos élèves sont satisfaits déjà du modèle de la formation.
03:14Et qu'est-ce qui fait qu'on arrive aujourd'hui à réaliser ce projet en moins d'un mois ?
03:19Eh bien, tout simplement parce que dans une auto-école traditionnelle, par exemple, vous avez une leçon tous les 15 jours, voire une leçon par mois.
03:25Donc, c'est ce qui va étaler la formation dans la durée.
03:28Et nous, en fonction des disponibilités de l'élève, on arrive à le faire, à lui donner entre 4 et 5 leçons par semaine, voire 10 leçons par semaine pour les très pressés.
03:37Puisqu'on a des gens, même des expatriés qui viennent d'autres pays pour réaliser leur projet chez nous en 15 jours.
03:43Et ça, on arrive à le faire.
03:45Donc, c'est condenser les leçons.
03:46Quand on condense les leçons, eh bien, on ne perd pas ses acquis d'une leçon à une autre.
03:50Et en réalité, on fait moins de leçons qu'ailleurs, finalement.
03:53Et tout ça, cette régularité et le suivi personnalisé que nous leur proposons arrivent à sécuriser le parcours.
04:00Et c'est ce qui fait qu'on leur prend une date d'examen très rapidement.
04:02Donc là, vous avez participé au concours Money Time.
04:06Ça fait deux ans que vous avez lancé cette entreprise.
04:09À quel stade vous êtes aujourd'hui ?
04:14Et comment est-ce que Money Time va pouvoir vous aider à aller plus loin ?
04:17Alors, nous, aujourd'hui, on a pris les deux ans d'Odigo pour vraiment bien ficeler toute la méthode.
04:24Et en fait, on s'est inscrit au concours Money Time parce qu'on a besoin aujourd'hui de financement.
04:29On a besoin de financement, on a besoin d'aller rechercher des fonds pour pouvoir développer, en fait, notre projet et de pouvoir surtout faire profiter à toute la France du permis en 1 mois.
04:43Parce que la problématique aujourd'hui, elle n'est pas que locale ou régionale, elle est vraiment nationale.
04:49Et nous, ce qu'on souhaiterait faire, c'est faire d'Odigo le leader du permis accéléré en France.
04:54Et qu'est-ce que vous avez rencontré comme problème ?
04:57C'était vraiment le financement jusqu'à présent. Ce serait ça le frein majeur que vous avez rencontré dans votre aventure entrepreneuriale ?
05:04Alors, j'ai envie de dire oui et non.
05:07Parce que oui, parce qu'il faut connaître d'abord tous les dispositifs qui existent.
05:11Et là, c'est vrai que BPI France nous a bien accompagnés pour nous exposer tous les outils à notre disposition.
05:18Et pas de difficulté parce qu'en fait, étant donné qu'on est sur une problématique nationale,
05:22on sait très bien que notre modèle de formation est vertueux puisqu'il répond vraiment à une problématique nationale.
05:29Faire passer le permis en moins d'un mois, c'est ce qui va permettre à des gens peut-être de retrouver un emploi plus rapidement, etc.
05:35Et tout ça, en fait, ça fait simplement qu'aujourd'hui, on a un vrai rôle à jouer.
05:40Et ce qui a réussi pour nous à Strasbourg, on voudrait le développer sous forme de franchise en France.
05:46Oui, et donc un business model finalement qui est assez simple puisque ça fait déjà deux ans que vous le testez, que vous l'affinez, etc.
05:53Oui, donc là, on va commencer à se développer sous forme de franchise à partir de fin 2025.
06:00Et une continuité sur 2026 avec un objectif à cinq ans de 100 franchises sur toute la France.
06:08Vous voulez rajouter ?
06:09Oui, parce que c'est vrai qu'on pourrait se dire ce que nous avons réussi à faire.
06:12Peut-être qu'un franchisé demain n'arrivera peut-être pas à le faire.
06:15Eh bien, nous avons développé notre propre application qui vient automatiser 80% de notre organisation aujourd'hui.
06:21Tout simplement pour apporter aux futurs franchisés une solution clé en main qui va venir sécuriser l'ensemble de ses dossiers de formation et structurer surtout son organisation.
06:31Et ça, c'est important de le dire.
06:33Merci beaucoup Oujda, Agem et Saber Agem.
06:36Je rappelle que vous êtes cofondateur de l'entreprise Odigo.
06:39Et bravo d'avoir été lauréat du concours Money Time.
06:42Et tout de suite, on passe au talent des cités.
06:45Et pour continuer cette émission, je suis ravie d'être en compagnie de Maeva Briva, qui est fondatrice de l'atelier Grand Paradis.
06:54Merci beaucoup d'être avec nous.
06:55Merci à vous.
06:56Et Amad Chaloup, vous êtes fondateur de Noctimed.
06:59Merci d'être avec nous.
07:00Merci à vous.
07:01Alors, vous allez tous les deux me répondre pour me savoir ce que fait votre entreprise.
07:06On commence par vous, peut-être ?
07:08Si vous voulez.
07:09Donc, je suis Amad, fondateur de Noctimed.
07:11Noctimed, c'est une entreprise qui a pour objectif de concevoir et de commercialiser des dispositifs médicaux innovants.
07:16Oui.
07:17Qui ont également pour viser de rendre le patient autonome à domicile.
07:21Donc, c'est un marché de niche auquel on a décidé de répondre.
07:25Donc, c'est vraiment l'autonomie des personnes à domicile.
07:28Par exemple, quel serait un chose innovant que vous pouvez proposer et pour quel cas, par exemple ?
07:36Eh bien, notre premier dispositif médical innovant est un dispositif médical de classe 1 qui va permettre à 2,7 millions de Français avec un handicap moteur au niveau des membres inférieurs
07:44de pouvoir se coucher au lit et se relever du lit, se mettre assis au bord du lit en autonomie et sans effort.
07:49D'accord.
07:49Ça répond à trois axes.
07:51Le premier, pour le patient, rendre autonome, indépendant et favoriser son retour à domicile ou son maintien à domicile.
07:57Le second, c'est le proche aidant ou le soignant.
08:00Ça permet d'être allégé d'une charge physique et mentale.
08:04Et enfin, pour l'établissement, c'est en investissant dans des dispositifs de Noctimed, c'est aussi d'investir dans la santé de leurs soignants,
08:11réduire les troubles musculosquelettiques qui est la première raison d'accident de travail, la première cause d'accident de travail chez les soignants.
08:16Et enfin, optimiser le temps de travail des soignants sur des actes à valeur ajoutée de soins et non sur des actes à répétition et pénibles.
08:25Vous avez dit que c'était de classe ?
08:26De classe 1.
08:27De classe 1, ça veut dire quoi ?
08:28Ce sont des dispositifs médicaux à faible risque d'usage avec un encadrement réglementaire qui est assez simplifié.
08:35Donc facile à installer chez soi, etc.
08:37Exact.
08:38Avec un risque de s'emparer de ça aussi.
08:40Tout à fait.
08:41Et donc vous, Maëva Briva, qu'est-ce que vous avez proposé notamment à mes pays comme Entre Druids ?
08:47Alors, je suis la fondatrice d'Atelier Grand Paradis, un atelier de maroquinerie qui est situé à Strasbourg.
08:52Mon activité repose sur trois piliers qui sont complémentaires.
08:55La création, la réparation et la transmission.
08:58Donc je crée des articles de maroquinerie et petite maroquinerie à partir de stocks dormants.
09:04Donc ce sont des cuirs qui sont déclassés.
09:08C'est-à-dire qui ont déjà été utilisés par des grandes maisons par exemple et qui sont laissés à l'abandon ?
09:13C'est des cuirs qui ont été produits pour des grandes maisons et qui n'ont pas été utilisés.
09:17Des chutes ? Ça s'appelle comme ça aussi ?
09:18Non, c'est vraiment des pots entières ou des demi-pots.
09:21Donc quand même une surface assez grande et de qualité que je peux transformer pour créer mes accessoires.
09:29Donc toutes mes gammes sont en petites séries voire en pièces uniques.
09:34D'accord, oui.
09:35Je fais aussi de la réparation d'articles de maroquinerie pour donner une seconde vie à des objets existants.
09:41Et de la transmission.
09:42Donc j'organise des ateliers d'initiation à la maroquinerie au sein de mon atelier ou auprès de partenaires.
09:47Histoire de valoriser mon artisanat et transmettre la valeur du fait main à des personnes qui viendraient faire les ateliers.
09:55Et là, ça fait combien de temps que vous êtes lancée ?
09:57Alors mon entreprise est lancée depuis la fin de l'année dernière, donc fin 2024.
10:02D'accord. Et depuis, qu'est-ce que c'est en majorité ?
10:05Est-ce que c'est des commandes privées justement qui viennent vers vous pour faire vraiment une œuvre en cuir, un sac, je ne sais pas, quelque chose ?
10:15Ou c'est vraiment des réparations, quelque chose de plus quotidien ?
10:19Alors je vends au sein de deux boutiques à Strasbourg.
10:22D'accord.
10:23Et je fais aussi de la personnalisation.
10:26Donc si des personnes ont un coup de cœur sur un modèle mais veulent un autre cuir, donc ils peuvent passer à l'atelier, toucher la matière et choisir leur coloris.
10:36Je peux aussi adapter des modèles à leurs besoins.
10:39L'idée, c'est qu'ils retrouvent un accessoire qui soit pratique pour eux.
10:43Et vous, Noctimed, ça fait combien de temps que vous vous êtes créé ?
10:45Eh bien, ça fait depuis juillet 2024, donc quasiment une année et quelques.
10:50Quelle a été la principale difficulté pour vous dans cette création d'entreprise ?
10:54Peut-être que vous pouvez continuer et puis après je me tournerai vers vous.
10:57La complexité dans notre cas de figure, c'est vraiment, ça a été premièrement aller au contact du marché,
11:04puisque le marché, ce sont les patients qui sont protégés, donc on ne peut pas les approcher comme ça.
11:09Donc premièrement...
11:10De la réglementation ?
11:10Exact, oui, tout à fait.
11:12Donc la première difficulté a été d'aller contacter le patient.
11:18Donc nous avons dû détourner tout ça, donc aller voir plutôt des membres d'associations de patients
11:22pour pouvoir challenger notre dispositif, comprendre le besoin et faire avec.
11:29On avait une volonté de faire avec le patient, le soignant, toutes les parties prenantes.
11:34Donc on a vraiment utilisé une méthodologie Lean Management,
11:39dans le sens où on a voulu concevoir, co-concevoir le dispositif avec toutes les parties prenantes,
11:44que ce soit un soignant, un patient, un proche aidant, et voilà.
11:48Et c'est après avoir contourné, ou aller au-delà du frein réglementaire,
11:53vraiment vous en tant qu'entreprise, est-ce que vous avez eu des difficultés pour vous développer ?
11:59Alors le contexte actuel, économique, parle de lui-même,
12:01mais en effet, comme je pense la majorité des start-up ou des entreprises nouvellement créées,
12:07aller récolter des fonds, lever des fonds, est une chose complexe.
12:13Et donc on a dû déjà premièrement au niveau personnel monter en compétence sur ce domaine-là,
12:17avant d'aller chercher des fonds.
12:18Mais oui, en effet, la levée de fonds est un déterminant pour toute entreprise de notre stade,
12:24et c'est compliqué.
12:25Et pour vous, Maéva, vous partagez le même constat, ou vous avez aussi eu d'autres difficultés ?
12:32Pour moi, la principale difficulté, ça a été de trouver un atelier pour installer mon activité.
12:37D'accord.
12:37Ça a été la première difficulté qui s'est présentée.
12:41Parce que par manque de place dans le lieu où vous souhaitiez vous développer, vous êtes à Strasbourg.
12:45Alors moi, je souhaitais rester à Strasbourg, et pas trop loin du centre-ville,
12:49en raison des ateliers, pour pouvoir accueillir du monde, que mon atelier soit accessible.
12:55Et donc la difficulté était de trouver un local adapté, et aussi un loyer qui soit modéré pour débuter mon activité.
13:04Maintenant, depuis que je suis lancée, je suis bien accompagnée.
13:07Donc les difficultés sont moindres, et je suis accompagnée pour lever ces difficultés, justement.
13:14En plus, vous êtes lauréate de à la fois Talent des Cités et Money Time,
13:18donc accompagnée sur deux versants de votre activité.
13:21Comment est-ce que vous avez vécu cet accompagnement ?
13:23Ça a été fondamental pour vous ?
13:25Là, c'est vraiment une belle preuve de reconnaissance et d'encouragement envers mon activité,
13:30d'être à la fois lauréate pour Money Time et pour le Talent des Cités.
13:35Donc vraiment, c'est un bel encouragement pour continuer mon activité et aller plus loin.
13:40Et justement, j'avais besoin de financement pour continuer à développer mon activité,
13:46pour passer un seuil et produire plus, donc gagner en productivité.
13:51Donc vraiment, grâce à Money Time et les rendez-vous privilégiés,
13:55je sens que je vais pouvoir passer ce stade sans difficulté.
13:59Et vous, Hamad, en quoi ça vous a aidé d'être lauréat de Talent des Cités ?
14:04Être lauréat du concours Talent des Cités, c'est premièrement une reconnaissance
14:08pour ce qu'on fait au quotidien, je trouve.
14:10C'est aussi montrer la voie aux autres jeunes qui proviennent des mêmes quartiers que nous,
14:16qui vivent les mêmes difficultés.
14:20C'est de leur dire qu'aujourd'hui, il n'y a plus de prétexte, vraiment, qui vaut la peine.
14:25De ne pas se lancer, qui vaut la peine de ne pas oser,
14:28puisque des dispositifs comme ceux-là, quartier ou de la BPI ou autres dispositifs concours,
14:34nous poussent à aller de l'avant et nous financent en plus, nous accompagnent, nous mettent en réseau.
14:38Donc moi, tout ce que je peux dire, c'est qu'il faut y aller.
14:41Il n'y a plus de prétexte comme avant.
14:42Est-ce qu'avoir des rôles modèles ou justement des retours de discours de personnes
14:49qui sont passées par le même chemin que vous, c'est vraiment utile ?
14:53Je pense que oui.
14:54Je pense que pouvoir se voir dans quelqu'un, entre guillemets,
15:00s'imaginer dans une personne et dans son parcours peut motiver certains à se dire
15:05« Bon, voilà, il n'a rien de plus que moi, il y arrive, pourquoi pas moi ? »
15:09Vous, ça vous a aidé, parce que je disais que c'est une reconversion, en fait, ce que vous proposez.
15:16Qu'est-ce qui vous a poussé à passer de l'autre côté,
15:19commencer à mettre les mains dans ce monde d'entrepreneur ?
15:22Alors, j'avais vraiment envie de donner du sens à mon travail.
15:26Je retrouvais, enfin, il n'y avait pas de sens dans ce que je faisais avant.
15:29J'avais envie d'une activité plus créative.
15:32Donc, je me suis lancée et je savais dès le départ que j'avais envie d'entreprendre.
15:38J'aime bien ce côté multicasquette des entrepreneurs.
15:41Se challenger, aller toujours plus loin.
15:44Donc, ça me parlait.
15:46J'ai osé me lancer.
15:47Eh bien, bravo, merci beaucoup à tous les deux.
15:49Maëva Briva, je rappelle que vous êtes fondatrice d'Atelier Grand Paradis.
15:53Et Amal Chaloum, vous êtes fondateur de Noctimed.
15:56Merci à tous les deux.
16:01Et pour cette dernière partie d'émission, je suis ravie d'être en compagnie de Philippe Florentin.
16:05Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous.
16:07Bonjour.
16:07Vous êtes responsable création et entrepreneuriat en région Grand Est pour BPI France.
16:13Tout d'abord, est-ce que vous pouvez nous décrire la dynamique entrepreneuriale de la région
16:18? Est-ce que c'est une région particulièrement dynamique ?
16:23Quel secteur on y trouve dans l'entrepreneuriat ?
16:26En région Grand Est, on a beaucoup d'une histoire déjà industrielle, avec des reconversions
16:32qui se sont engagées dans les années 70, puis dans les années 80 avec la sidérurgie,
16:38un peu avant les années 70 avec le textile dans les Vosges, la sidérurgie en Lorraine,
16:43sur tout le sillon Mosellan, l'axe Nancy-Messe.
16:47Et donc, on a eu d'ailleurs un préfet à la reconversion industrielle, M. Jacques Chérec,
16:56qui a été longtemps en action.
16:59Et puis, sur Grand Est, avec une région qui est marquée par l'histoire, la Grande Guerre,
17:07qui a couvert à la fois le terrain Champardonnay, le terrain Lorrain, les Vosges, l'Alsace,
17:15la Deuxième Guerre mondiale.
17:17Et toutes ces évolutions historiques et aussi industrielles ont fait qu'on a aujourd'hui
17:21un entrepreneuriat, une dynamique économique qui touche à peu près tous les secteurs d'activité.
17:27Aujourd'hui, une des grandes forces de la région, c'est aussi le monde universitaire,
17:31qui est très important avec un pile, le pile, c'est le pépite en Lorraine,
17:40qui est le premier pépite de France avec un grand nombre d'étudiants entrepreneurs
17:44et des pépites aussi très toniques en Champagne-Ardenne et en Alsace,
17:50qui font que le soutien à l'entreprenariat issu de l'université est fort.
17:54Oui, c'est ça. Donc, il y a un terreau de soutien, d'accompagnement qui est bien développé déjà ?
17:58Complètement et bien soutenu par la région, avec une politique qui, d'ailleurs, fait des petits,
18:07j'ai envie de dire, parce qu'elles s'aiment vers d'autres régions de France
18:11par rapport à des dynamiques de financement assez intéressantes.
18:14Dans ce cadre-là, quelles sont les actions de BPI ?
18:17Et donc, votre pôle aussi pour accompagner d'autant plus les entrepreneurs à se développer.
18:22Alors moi, mon rôle, c'est justement avec la région Grand Est, avec les EPCI,
18:27près de 150 EPCI en région Grand Est,
18:30de faire que l'ensemble des réseaux d'accompagnement de la création d'entreprises,
18:33qu'on appelle CapCrea, qui font partie du collectif CapCrea,
18:37mais aussi en lien avec les chambres consulaires, avec des experts comptables,
18:41avec les avocats d'affaires, avec les banques, évidemment,
18:44que l'ensemble de ces réseaux d'accompagnement de la création
18:47soient visibles de tous les territoires,
18:49parce qu'ils sont présents partout pour accompagner tous les entrepreneurs
18:54qui souhaitent s'engager, toutes les personnes, pardon,
18:57qui veulent s'engager sur le chemin de l'entreprenariat.
19:00Aujourd'hui, nous sommes donc à Metz, en Moselle,
19:02pour accompagner cette tournée entrepreneuriat quartier 2030.
19:07Quelle est votre vision de ce CRUD cette année 2025 ?
19:11Qu'est-ce qu'on y trouve ? Est-ce que vous avez rencontré des entrepreneurs aspirants ?
19:16Alors, j'ai envie de dire qu'on a un grand cru,
19:18parce qu'on a une jeune pousse lauréate du concours Tannan des Cité,
19:23qui est déjà un entrepreneur assez incroyable,
19:26parce qu'il a vraiment intégré tout le discours de l'entrepreneur,
19:30et au-delà du discours, toute l'action,
19:34tout le savoir-faire de l'entrepreneur,
19:36pour mener à bien son projet autour de l'assistance aux personnes,
19:40en difficulté de mobilité,
19:44parce que c'est un ergonome qui a développé l'entreprise Noctimed,
19:47Amad Chaloub.
19:48Une jeune femme assez étonnante,
19:51qui vient des quartiers de Strasbourg,
19:53qui, elle, sait capter, acheter du cuir
19:57dans des grandes maisons,
20:02chez qui on achète des sacs,
20:04d'ailleurs, à des prix importants,
20:09et qui, elle, transforme ce cuir en d'autres choses.
20:13Et ça fait que ce cuir qui, hier,
20:17n'était pas utilisé par ces maisons de haute couture,
20:19de maroquinerie,
20:20trouve une seconde vie, d'une certaine façon.
20:23Oui, on a fait un acteur de la circularité.
20:25Voilà, exactement.
20:26Et puis,
20:27d'autres entrepreneurs au niveau du concours Money Time,
20:31qui sont aussi assez intéressants.
20:34Odigo, de Strasbourg,
20:36Mu, de Charleville-Mézières.
20:39À nouveau,
20:40Madame Briouat,
20:42qui cumule à la fois le fait d'être lauréate de Talon des Cités
20:45et lauréate du concours Money Time.
20:47Enfin, tous des entrepreneurs vraiment de qualité,
20:50et puis dans une diversité assez large,
20:51qui montre ce que j'explique depuis qu'on a lancé
20:54le programme Entrepreneuriat des Quartiers 2030 en Grand Est,
20:58que l'entrepreneuriat des quartiers,
21:00il ne se résume pas aux barbeurs et aux kebabs.
21:03Il est bien plus large et il est hypertonique,
21:06si tant est qu'on a envie de le regarder,
21:09qu'on a envie de le capter et de l'accompagner
21:12pour le faire naître et le faire grandir.
21:14Quelle est justement cette spécificité ?
21:16Est-ce qu'on trouve une spécificité dans l'entrepreneuriat des quartiers
21:19où finalement leurs difficultés sont les mêmes,
21:23peut-être à des échelles différentes,
21:24mais toujours ces mêmes difficultés ?
21:26Je pense que les difficultés sont les mêmes.
21:29Peut-être renforcées parce qu'il y a eu des accidents de la vie
21:32chez certains entrepreneurs qui font qu'il peut y avoir des problèmes
21:37de précarité financière et sociale.
21:42Pour autant, ces difficultés, ces accidents de la vie,
21:45aussi leur ont donné de la résilience.
21:46Et c'est probablement des personnes qui, devant la difficulté,
21:50ne vont pas s'entêter, mais vont continuer à avancer,
21:55vont continuer à vouloir poursuivre ce chemin de l'entrepreneuriat.
22:00Et ça, c'est peut-être leur force qui va les amener vers la réussite.
22:04Et justement, nous, notre rôle chez BPI France
22:06avec le programme Entrepreneuriat Quartier 2030,
22:10c'est tourner Entrepreneuriat Quartier 2030
22:12qui va permettre d'incarner, de montrer à d'autres
22:15qu'il existe dans les quartiers des personnes qui ont réussi
22:18grâce à l'entrepreneuriat, grâce à la véritable économie.
22:23Et donc, la capacité de se dire,
22:25on peut nous aussi s'en sortir au travers de ce projet
22:28parce que peut-être on a une intelligence de la main,
22:31peut-être on a l'idée d'un produit ou d'un service.
22:34Et mener à bien ce projet,
22:35eh bien, on va nous permettre de vivre mieux demain.
22:39Et le rôle donc de BPI France
22:41et des réseaux d'accompagnement de la Créa
22:43qui sont regroupés au sein des collectifs Cap Créa,
22:46mais aussi de chambres consulaires,
22:48c'est de faire qu'on sécurise ces parcours
22:50pour que les personnes qui ont difficulté peut-être sociale aujourd'hui
22:54ne se retrouvent pas demain en plus grande difficulté
22:56parce que l'entreprise n'aurait pas fonctionné.
22:59L'une des premières manières, première étape
23:02d'accompagner ce développement,
23:04pour vous, ce serait d'avoir des rôles modèles.
23:06Vous pensez que c'est ça un des enjeux forts ?
23:09Oui, je pense que le rôle modèles,
23:11c'est vraiment très important
23:12parce qu'on incarne, on voit,
23:15on voit que cette personne,
23:17et en fin de compte, elle est comme nous.
23:19On la croit différente parce qu'elle a réussi,
23:21mais au bout du compte, elle est comme nous.
23:23Elle a deux bras, elle a deux jambes,
23:24deux oreilles, deux yeux et tout ce que l'on a nous.
23:26Donc, à partir de là, on peut se dire,
23:28ah oui, on peut se projeter,
23:30mais moi aussi, je suis capable de.
23:32Voilà, c'est vraiment très important.
23:36Et quels seraient les autres freins identifiés
23:38et que vous aurez identifiés
23:40et comment vous les avez accompagnés ?
23:41Les autres freins, c'est évidemment le financement.
23:44C'est en premier lieu aussi pour ça
23:46qu'on a créé le prêt d'honneur quartier.
23:49Prêt d'honneur quartier,
23:50qui est quelque chose de magique,
23:51d'ailleurs, y compris pour la banque,
23:53puisque c'est les moyens pour une banque
23:54avec seulement 1 500 euros de risque bancaire,
23:57d'apporter jusqu'à 2 500 euros de financement
24:00à son client.
24:01Comment ?
24:02Parce qu'elle fait un prêt ou un financement,
24:05même en crédit bail, de 7 500 euros,
24:07sur lequel France Active a apporté
24:09sa garantie égalité des territoires
24:11à hauteur de 80%.
24:12Et BPI France apporte 15 000 euros
24:15en prêt d'honneur quartier.
24:17Et là, c'est quelque chose de magique
24:18parce qu'on apporte un bon financement,
24:22un bon coup de pouce
24:22pour quasiment aucun risque bancaire.
24:25Est-ce qu'il y a déjà une belle histoire
24:28que vous avez suivie du début jusqu'à la fin ?
24:31Parce que c'est vrai que la tournée,
24:32ça a déjà plusieurs années.
24:34Est-ce qu'il existe des histoires
24:35qui aujourd'hui sont des entrepreneurs
24:38assez complets, installés
24:40et qui perdurent avec leur business model ?
24:43Une histoire assez remarquable,
24:46c'est celle probablement
24:47d'un entrepreneur installé à Reims
24:49qui est Gwenaëlle Bourdin
24:52qui est aujourd'hui à la tête
24:55de Marnéa Proproté,
24:57qui a été lauréat talent des cités
24:59l'année dernière, en 2024 donc.
25:03C'est un monsieur qui a été chauffeur routier.
25:05Chauffeur routier, grave accident
25:07de camion,
25:09qu'il mène dans le fauteuil roulant
25:11avec de grandes possibilités
25:13qu'il ne marche plus
25:14avec un accident de la vie,
25:18une rupture dans le couple
25:18suite à cet accident.
25:20Donc quelqu'un qui se retrouve
25:21complètement cabossé de tous les côtés
25:23au sens propre et au sens figuré
25:24et qui va vraiment rebondir
25:27puisqu'aujourd'hui, il est entrepreneur
25:29parce qu'il est entrepreneur
25:31et qu'il tend la main
25:32à d'autres personnes en situation de handicap,
25:34à d'autres personnes issues
25:35du quartier politique de la ville
25:36de Croix-Rouge à Reims
25:37et à qui il permet de s'en lancer,
25:41de retrouver goût à la vie
25:43comme lui a retrouvé goût à la vie
25:45grâce à l'entrepreneuriat.
25:47Est-ce que vous avez été aussi
25:49président de la commission
25:50Égalité Hommes-Femmes ?
25:53Est-ce que c'est une question...
25:55En tout cas, les femmes entrepreneurs
25:56issues des quartiers prioritaires,
25:58ce sont des femmes encore plus
26:00dans la difficulté
26:01ou ça, c'est un condamnement
26:02à faire d'une manière nationale,
26:05prioritaire ?
26:06Alors oui, j'ai été président
26:07de la commission Égalité Hommes-Femmes
26:09chez BPI France.
26:11L'entrepreneuriat féminin,
26:13c'est quelque chose
26:13auquel on s'attache beaucoup
26:15dans le cadre notamment
26:16du plan d'action régionale
26:17pour l'entrepreneuriat féminin
26:18qu'on mène avec l'État,
26:20la région, la BNP
26:22et la Caisse d'épargne
26:23qui sont aussi partenaires.
26:25Et l'idée là,
26:27c'est de promouvoir des actions
26:28orientées vers les femmes
26:30pour couper les pattes
26:33au syndrome de l'imposteur,
26:34pour montrer qu'elles sont...
26:35Oui, mais c'est ça,
26:36c'est le syndrome de l'imposteur
26:38qui fait que...
26:39Clairement, une femme
26:40qui entreprend,
26:42des études bancaires le montrent,
26:44une femme qui entreprend
26:45va demander pour un même projet
26:47moins d'argent à son banquier
26:49parce qu'elle se sent peut-être
26:51moins légitime,
26:51parce qu'elle va être
26:52plus précautionneuse,
26:53sauf que ces quelques milliers
26:55d'euros qu'elle va demander
26:56en moins,
26:58par précaution,
26:58va peut-être provoquer
27:00qu'elle ne va pas réussir
27:01ce projet.
27:02Et donc,
27:03il est important
27:05de couper court à ça
27:06parce que c'est
27:08dans les quartiers,
27:10beaucoup de mamans solos,
27:12mamans solos qui sont obligés
27:13peut-être,
27:14qui n'ont comme capacité
27:16à travailler
27:16que peut-être le temps
27:17scolaire de l'enfant.
27:18Et pendant ce temps scolaire,
27:20ils peuvent être entrepreneurs
27:20et créer eux-mêmes
27:21leur temps de travail
27:23en fonction de ces disponibilités-là.
27:24Un autre enjeu,
27:27au-delà des quartiers,
27:28c'est aussi le reprenariat.
27:29Aujourd'hui,
27:30en gros,
27:31en grand test,
27:3142% des femmes
27:32qui entreprennent,
27:3442% de ceux
27:36qui créent une entreprise
27:37sont des femmes.
27:38Quand seulement 10%
27:40des repreneurs
27:42sont des femmes.
27:43D'accord.
27:43Et là,
27:43il y a un véritable enjeu
27:44parce que beaucoup d'entreprises
27:45sont à reprendre
27:46dans les prochaines années
27:47en milieu rural,
27:48en milieu urbain.
27:49Et il faut qu'aussi,
27:52on arrive à faire
27:53que les femmes
27:54se sentent légitimes
27:55à reprendre des entreprises,
27:57aussi bien qu'un homme,
27:58que ce soit une entreprise,
27:59d'ailleurs,
28:00où il y a des hommes
28:00qui travaillent
28:01ou beaucoup de femmes.
28:02Peu importe,
28:03on s'en fiche.
28:04On s'en fiche.
28:05L'important,
28:05c'est qu'elles aient
28:06la capacité d'entreprendre.
28:07Et pour faire perdurer
28:08cette aventure entrepreneuriale.
28:10Merci beaucoup,
28:11Philippe Florentin.
28:12Je rappelle que vous êtes
28:13responsable création
28:14et entrepreneuriat
28:15en région Grand Est
28:16pour BPI France.
28:17Et merci à vous toutes et tous
28:18de nous avoir
28:19suivis.
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