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00:06Mais il n'y a pas que la pure tech qui monte, vous allez le voir, la guerre en Iran,
00:09serait-elle en train de faire rebondir aussi les valeurs vertes ?
00:12Anne-Catherine Husson-Traoré nous rejoint, la fondatrice d'Actors for Sustainability.
00:15Bonjour Anne-Catherine.
00:17Bonjour Guillaume.
00:17Bienvenue, on parle tout le temps des records de la tech, bien sûr,
00:20des records des valeurs pétrolières, aussi avec la hausse des cours du pétrole.
00:22On a peut-être tort d'oublier, de regarder les records des valeurs vertes,
00:25parce qu'elles montent elles aussi.
00:26Eh bien oui, en fait, c'est vrai que par exemple, toute l'attention médiatique
00:29est polarisée sur les profits de TotalEnergie en France,
00:33qui sont de 51%, enfin la hausse est de 51% depuis le début de l'année.
00:38Mais en fait, Vestas, qui est le champion européen de l'éolienne,
00:41lui, il a fait plus 1300% depuis le début de l'année.
00:45De bénéfices, on parle bien des bénéfices.
00:46On parle bien des bénéfices, c'est-à-dire qu'il a multiplié par 14 ses bénéfices
00:50parce que son carnet de commandes explose.
00:52Et alors ça, par contre, attention médiatique quasi nulle.
00:55Enfin, heureusement, je suis là.
00:57Mais du coup, ce qui est intéressant, c'est qu'ils parlent vraiment.
01:00Donc, ils ont publié leurs résultats au premier trimestre.
01:04Et en fait, il explique que le carnet de commandes explose,
01:06qu'il est à 36 milliards de commandes de turbines
01:09et que ça vient de partout dans le monde.
01:11Et en fait, c'est ça qui est intéressant.
01:13Et évidemment, la guerre au Moyen-Orient est un accélérateur.
01:17C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a une fantastique accélération
01:21partout dans le monde des énergies renouvelables.
01:22Je dis bien partout dans le monde, plus ou moins en Europe,
01:25même si dans ce carnet de commandes, on est quand même quasiment à 3 gigawatts de commandes pour l'Europe.
01:30Pas forcément pour la France, où là, on marque le pas, on va dire.
01:34Mais ce qui est intéressant, c'est qu'en fait,
01:38c'est complètement à rebours de toute la musique du moment
01:41et à rebours de la politique de Trump.
01:43C'est ce que j'allais vous dire, Trump, c'est drill, baby drill.
01:46Alors, on sait qu'il est assez ambivalent sur tout ce qui peut se passer sur le photovoltaïque
01:51et notamment au Texas, parce que globalement, il est un petit peu comme tout le monde,
01:55il n'est pas totalement idiot non plus, c'est-à-dire qu'il se dit qu'on a des
01:57besoins énergétiques
01:58et que globalement, si le Texas est aussi puissant en photovoltaïque,
02:02le photovoltaïque a quelques vertus.
02:04Mais voilà, idéologiquement, on voit ses propos sur les éoliennes aussi,
02:09qui sont horribles, etc.
02:11Ils demandent à ce que ce soit foutu au feu.
02:14Mais globalement, on sent une certaine ambivalence.
02:17Alors, ce qui est assez fascinant, c'est qu'en mars, il a signé un deal,
02:21enfin, il a fait signer à l'administration un deal avec Total Energy à 1 milliard
02:25pour que Total Energy renonce à ces deux projets offshore
02:27qui étaient en fait déjà lancés depuis 2022.
02:30Et le communiqué de presse de Total Energy qui explique ce deal,
02:34explique que oui, en fait, la technologie éolienne, ce n'est pas efficace,
02:38c'est trop coûteux, etc.
02:40On est en mai et on voit bien que l'économie américaine,
02:43enfin, les énergéticiens américains eux-mêmes,
02:45ont pari sur le renouvelable.
02:47C'est-à-dire qu'on est à 93% des nouvelles capacités installées aux États-Unis
02:52qui sont à base de renouvelables.
02:53Alors, toutes énergies confondues.
02:55Enfin, pas que l'éolien.
02:56Donc, de ce point de vue-là, en fait, la réalité de terrain
02:59est en train vraiment de dire à Trump que peut-être il peut dire tout ce qu'il veut,
03:04mais qu'en fait, ce n'est pas ce qu'ils font.
03:06Et c'est ça qui est intéressant.
03:07Et d'autant plus qu'effectivement, en mars,
03:10c'est aussi le moment où presque plus d'un tiers de l'énergie électrique,
03:14enfin, de l'électricité, pardon, produite aux États-Unis
03:17venait d'énergies renouvelables.
03:18Donc, c'est vraiment partout dans le monde,
03:20avec des fortes accélérations, en particulier en Inde et en Asie,
03:22qui sont particulièrement impactées par la crise du T3 d'Ormousse
03:25et qui, donc, se tournent vers l'éolien,
03:27enfin, vers les énergies renouvelables.
03:29Et pourtant, on revient au temps d'avant où on disait,
03:32il y a 20, 30 ans, ne pas avoir d'énergie fossile,
03:35c'est mauvais pour les portefeuilles boursiers.
03:36C'est les énergies fossiles qui apportent la performance.
03:38On revient un peu à ce discours aujourd'hui,
03:39parce qu'effectivement, on voit que le pétrole qui monte,
03:42oui, on entend à nouveau des analystes expliquer
03:43qu'il faut avoir des énergies fossiles pour trouver de la performance.
03:46Alors, depuis 2022, c'est manifeste,
03:47depuis la guerre en Ukraine qui a fait exploser,
03:49effectivement, qui a fait revenir en grâce,
03:51parce que les pétroliers n'allaient pas si bien que ça,
03:53d'un point de vue boursier.
03:54Donc là, effectivement, globalement,
03:57il y a eu plusieurs années où les portefeuilles sans énergie fossile,
04:00pour des raisons de finances durables,
04:02affichaient des performances décalées.
04:04Et donc, évidemment, ça a contribué à accélérer ce mouvement
04:07dit de backlash ou de désintérêt pour la finance durable.
04:10Ce qui est intéressant, c'est que là, vraiment,
04:12les choses sont en train de bouger,
04:14avec un effet d'accélération compte tenu de cette guerre
04:16dont tout le monde ignore à quel moment elle peut s'ajouter.
04:20Et du coup, si on prend juste un exemple,
04:22le Gringotts Sustainable Futures,
04:24sa fondatrice, Maud Caillot,
04:26explique qu'en fait, le fonds qu'elle a fait
04:28qui est absolument sans nouvelles capacités d'énergie fossile,
04:32soit parce qu'elle a des entreprises à 70% à peu près
04:35qui sont vraiment des solutions vertes,
04:37soit dans le reste parce qu'elles sont totalement neutres
04:39en énergie fossile.
04:40Elles n'ont pas d'énergie fossile.
04:42Dans ces deux cas,
04:43elles surperforment tous les autres indices
04:45depuis le début de l'année,
04:46qui peuvent être Euronext, K40, etc.
04:49Et donc, on est vraiment...
04:50Les indices européens,
04:51elles surperforment les indices européens.
04:52Mais le Nasdaq aussi.
04:55Même le Nasdaq, ah oui, ah oui, effectivement.
04:57Et le S&P 500.
04:59Non, non, ce n'est pas que européen.
05:00Donc, c'est vrai.
05:01Et ce qui est assez étonnant, finalement,
05:03c'est qu'il y a un effet d'aubaine,
05:05j'allais dire quasi évident,
05:06dont à son détruit,
05:08enfin, c'est très clairement à l'insulte de son plein gré,
05:10Donald Trump fait la promotion.
05:12Mais en revanche,
05:13qui est vraiment là,
05:14qui est en train de s'installer
05:15parce que la démonstration
05:16que les énergies renouvelables
05:18rendent moins dépendants
05:20de sources très problématiques,
05:21c'est déjà un premier sujet.
05:22Et puis surtout,
05:23c'est beaucoup plus facile à installer aussi.
05:25C'est-à-dire que quand vous installez
05:26des capacités solaires,
05:27vous bénéficiez de l'électricité très rapidement.
05:29Et ça, dans beaucoup de pays,
05:31en particulier en Asie,
05:33c'est extrêmement important.
05:34Et c'est plus d'agilité aussi,
05:35à l'heure où on construit partout
05:36des data centers, etc.
05:38On ne peut pas parler de ces thématiques
05:39sans évoquer quand même
05:40ce qui est en train d'arriver à BP.
05:43BP a encore un patron de BP
05:44contraint de partir,
05:46limogé avec effet immédiat.
05:47Alors BP, c'est le loser magnifique de tout.
05:50C'est-à-dire qu'en fait,
05:51au départ,
05:52alors que c'était une belle histoire
05:53il y a 20 ans,
05:53c'est les premiers pétroliers
05:55qui ont investi
05:55dans la transition énergétique
05:57et dans le verre.
05:58Première catastrophe
05:58avec l'explosion
05:59dans le golfe du Mexique
06:01et première catastrophe
06:02dont il n'est jamais vraiment sorti.
06:04Puisque ça lui a coûté
06:05plus de 60 milliards,
06:06voire plus encore.
06:08Et que depuis,
06:09finalement,
06:10il va de crise en crise.
06:11avec des dirigeants
06:12qui changent de gouvernail
06:13à peu près.
06:14Ils ont été aussi
06:15les plus engagés sur le climat
06:17à partir de 2020.
06:18Mais en 2025,
06:19ils ont totalement tout abandonné.
06:21Et de toute façon,
06:22pour l'instant,
06:23ça n'existe pas.
06:24J'allais dire,
06:25ils déperforment.
06:26À peu près,
06:27ils déperforment tous azimuts.
06:29Et là,
06:30effectivement,
06:31en plus,
06:31c'est complètement étrange
06:32puisque l'AG s'est très mal passé.
06:34D'une part,
06:35parce qu'ils avaient refusé
06:36d'inscrire la résolution
06:39des actionnaires
06:39demandant des comptes
06:41sur cette stratégie
06:41toute hydrocarbure
06:43parce qu'elle paraissait
06:44quand même hasardeuse.
06:46Et ensuite,
06:47parce qu'ils voulaient
06:48éviter le dialogue
06:49avec les actionnaires.
06:50Donc,
06:50ils voulaient que tout
06:51devienne virtuel
06:51et qu'il n'y ait plus d'AG.
06:52Donc,
06:53il avait été mal élu.
06:55Mais de là,
06:56il deviait Manu Militari
06:57par l'ensemble
06:58du conseil d'administration
06:58sans qu'on donne
06:59aucune explication
07:00à part qu'il aurait
07:01fait des erreurs
07:02de supervision de gouvernance,
07:03ce qui ne veut
07:04strictement rien dire.
07:05On n'a pas plus de détails
07:06que ça.
07:07On n'a pas plus de détails
07:07mais ce qui est intéressant
07:08c'est qu'on peut être
07:09une major pétrolière
07:10pure player
07:10et avoir encore plus
07:12de problèmes.
07:13Donc,
07:14c'est quelque part
07:15une incitation supplémentaire
07:16à regarder les valeurs vertes.
07:18Anne-Catherine
07:19du Centre à Auré
07:20avec nous,
07:20fondatrice d'Actors
07:21for Sustainability.
07:23Merci beaucoup Anne-Catherine.
07:24Merci.
07:24BP qui perd 3% encore aujourd'hui.
07:26Alors,
07:26hier,
07:26le titre sous-performait
07:27son secteur.
07:28Aujourd'hui,
07:28il baisse aussi
07:29mais avec son secteur
07:30puisque c'est l'ensemble
07:30du secteur
07:31qui subit la chute
07:32des cours du pétrole.
07:32On peut dire la chute
07:33parce qu'on est désormais
07:34sur le Brent
07:34à moins de 95 dollars.
07:3693 dollars
07:37pour le baril de Brent.
07:38Le marché veut vraiment
07:39voir la fin
07:40de ce conflit en Iran
07:40même si on n'a pas
07:41de signe tangible supplémentaire.
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