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  • il y a 2 minutes
Léonard Prunier, président de la FEEF et président de Prunier, et Marie Sermadiras, directrice générale de Terre & Ciel Studio, étaient les invités de Laure Closier pendant la journée spéciale PME, ce mercredi 27 mai. Ils ont plaidé en faveur d'une simplification de la vie économique en souhaitant l'abolition des règles contraignantes qui empêchent les PME de prospérer et de faire des affaires, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 8h44 sur BFM Business et sur AMC Live. La journée à Cap PME commence.
00:04On est à Station F avec cette journée dédiée aux entrepreneurs pour faire émerger les solutions dans la présidentielle.
00:10Nos deux invités, c'est Marie-Sermadiras. Bonjour. Vous êtes directrice générale de Terre et Ciel Studio en face de
00:15vous.
00:15Léonard Prunier, bonjour. Président de la FEF et président de Prunier.
00:19On a beaucoup de choses à se dire ce matin, mais je commence un peu avec le thème de la
00:23journée.
00:23Est-ce que vous êtes un peu ce matin découragé, Léonard ? On se parle depuis des années.
00:28Mais est-ce que vous sentez, vous ou dans les entrepreneurs auxquels vous parlez, un petit sentiment de découragement ?
00:35Chez les entrepreneurs, on ne parlera jamais de découragement.
00:38Mais parfois de l'assitude un peu. Et puis à un moment de se dire, mais quand est-ce qu
00:42'on va se réveiller dans ce pays ?
00:44Simplifiez, créons de la valeur, avançons, arrêtons de mettre des contraintes.
00:47Il est temps de se réveiller et j'espère que les PME seront au cœur du débat présidentiel.
00:51Marie-Sermadiras, vous êtes dans la beauté. Vous avez créé un site en ligne, c'est ça, de beauté.
00:57Est-ce que vous avez toujours la niaque ?
00:59C'est dur de ne pas la voir quand on est entrepreneur. De toute façon, l'entrepreneur qui n'a
01:02pas la niaque, il ne tiendra pas longtemps.
01:04Donc évidemment que j'ai la niaque. Moi, je viens de recréer une nouvelle société dans le textile, cette fois
01:08-ci, il y a un an.
01:10Donc ça sera mon troisième chapitre entrepreneurial à 36 ans. Donc je pense que j'ai toujours la niaque, oui.
01:15Dans le textile, on était avec Guillaume Gibault il y a quelques instants.
01:18Effectivement, là, il faut avoir le cœur bien accroché. C'est-à-dire que c'est quoi votre vision à
01:22vous ?
01:22Vous dites qu'on peut, comme il le disait il y a quelques instants, faire du made in France, fabriquer
01:26en France. C'est possible pour vous ?
01:27C'est possible, c'est ce qu'on fait. Et on y croit et on voit que les résultats sont
01:30là. Donc oui, c'est possible.
01:32S'il y avait un verrou à mettre en avant et à faire remonter aux politiques, on sera tout à
01:38l'heure lors des plénières avec Serge Papin, le ministre des PME.
01:40Vous mettez quoi en avant ? Vous lui dites quoi ?
01:42Libération. Je pense qu'on a besoin de libérer nos énergies, on a besoin de simplifier et on a besoin
01:47de valoriser le travail.
01:48On est en train de séparer les travailleurs et le monde des entrepreneurs alors qu'on a besoin d'être
01:53unis pour y arriver.
01:54Donc c'est ça le message. Quand on regarde les sondages d'opinion, on voit quand même que quand vous
01:59interrogez les Français sur l'entreprise, ils sont positifs, Léonard.
02:02C'est-à-dire qu'ils ne disent pas du tout que c'est une caste à part, ça les
02:05rassure, c'est un cadre qu'ils comprennent.
02:08Ils aimeraient avoir plus d'idées d'entrepreneurs dans le politique. Il faut réussir à ramener ces deux mondes un
02:14peu.
02:15Mais aujourd'hui dans les entreprises, globalement, ça se passe bien. Le travail, on permet de développer ses compétences, ça
02:22met en valeur les talents des uns et des autres.
02:24On est toujours... En fait, c'est le quotidien de la vie de tout le monde, l'entreprise.
02:27Donc aujourd'hui, c'est comment on écoute les entrepreneurs, comment on écoute nos collaborateurs pour mettre en place des
02:34choses qui sont basées sur la confiance.
02:35Aujourd'hui, moi je considère, on parle de... Enfin la FEF, on défend la simplification et Serge Papin connaît bien
02:41nos mesures et on aimerait bien qu'elles soient adoptées la semaine prochaine dans le projet de loi d'urgence
02:45agricole.
02:45Parce que les PME sont encore la grande oubliée du texte. On parle toujours des grandes structures. Mais en fait,
02:51il faut juste nous laisser travailler, nous simplifier la vie.
02:54Il y aura des tests PME, des mesures qui seront testées auprès d'un panel. Ça, c'est une bonne
02:59chose ?
02:59C'est une bonne chose. C'est nécessaire, comme je dis, mais c'est pas suffisant. Là, nous, on le
03:03sait, dans notre métier, il faut nous simplifier.
03:04On a des règles qui sont impossibles pour des PME, qui sont faites pour des énormes structures. Il faut nous
03:09simplifier la vie et on va créer de la valeur.
03:11C'est quoi, par exemple, des règles qui sont impossibles, qui vous empêchent aujourd'hui de produire ?
03:15Ah ben nous, aujourd'hui, dans nos métiers des produits du quotidien, on doit mettre des formules de calcul pour
03:18pouvoir revaloriser nos prix par rapport aux distributeurs.
03:21On vit une nouvelle crise que personne n'a vu venir. Enfin, qui pouvait prévoir que le 28 février, c
03:26'est encore une nouvelle guerre ?
03:27Et on n'a pas d'outils, je dirais, en France qui permettent aux PME d'agir vite, d'impacter
03:33et du coup de se projeter dans l'avenir.
03:34Parce que l'enjeu sur le territoire, on parle beaucoup de reprise aussi. Là, on a une très belle reprise.
03:39Mais aujourd'hui, il y a 500 000 entreprises qui vont devoir être reprises dans les 10 ans. C'est
03:43énorme.
03:44Et l'emploi, il est déjà là. Donc, on se préoccupe beaucoup. Et c'est bien de réindustrialiser, de donner
03:48de nouveaux outils.
03:49Mais déjà aussi, occupons-nous de préserver les outils qui existent.
03:53Marie Cermadiras, je comprends que vous êtes une sérielle entrepreneuse dans l'âme.
03:56Quand on parle de ces 500 000 entreprises, il y a des dossiers que vous regardez, ça vous intéresse ?
04:00Vous vous dites, je monterai d'autres boîtes, je reprendrai d'autres boîtes ?
04:04Je n'ai fait que ça pour l'instant. Donc là, j'ai repris une entreprise où la personne qui
04:07la dirigeait avait envie de lever le pied et de partir à la retraite.
04:12Et c'est une magnifique aventure. Et on n'en parle pas assez de ces aventures-là.
04:14Pour succéder à une personne qui a envie de lever le pied, c'est le meilleur qui puisse arriver.
04:19C'est un jeune. Ce sont des belles histoires de transmission, de préservation d'un patrimoine, d'un savoir-faire.
04:25Une merveilleuse formation pour l'entrepreneur. Donc je pense qu'on devrait parler davantage de cette âme-là.
04:29Et oui, évidemment, je continue à regarder d'autres entreprises à reprendre.
04:32Parce qu'on gagne en valeur et on arrive à fédérer davantage d'énergie quand on est plus gros.
04:37Donc le but, c'est évidemment de continuer à avoir une croissance dans l'entreprise.
04:40Et elle peut se faire par des acquisitions.
04:41Et comment ces dossiers-là, ils vous arrivent ? C'est-à-dire que vous avez un banquier d'affaires
04:45qui vous remonte des dossiers ?
04:46C'est votre réseau régional ?
04:49Aujourd'hui, moi, je ne le fais que par réseau et que par recherche.
04:52Donc c'est en prenant le temps d'appeler des gens, parfois en disant « Tiens, est-ce que vous
04:54cherchez à vendre ? »
04:55Je trouve que le sujet est encore un peu tabou en France.
04:57C'est-à-dire que les entrepreneurs ont souvent du mal à dire « Je suis ouvert à la vente
05:02», comme si c'était sale, comme si c'était quelque chose qu'il ne fallait pas faire.
05:05Et c'est dommage parce qu'en fait, il y a plein d'entreprises à revendre, comme le disait Léonard.
05:09Et je pense qu'il va falloir créer des ponts entre ceux qui sont prêts à les reprendre,
05:13si possible aussi des entrepreneurs et pas seulement des investisseurs financiers,
05:17et que ces gens-là puissent se rencontrer plus facilement.
05:19Et qu'est-ce que vous dites sur le pack du Trey ? Vous l'avez utilisé ? Ça vous
05:22a aidé ? C'est un bon dispositif ?
05:24C'est un bon dispositif, mais pour moi, c'est un analgésique.
05:26C'est-à-dire que le vrai sujet n'est pas la transmission patrimoniale.
05:30Il y a évidemment besoin de transmettre les sociétés, les PME familiales aux héritiers.
05:35Mais il n'y a pas que ça.
05:36Et je pense qu'en France, on a envie d'avoir différents types de capitalisme.
05:38Et on a aussi envie d'avoir, d'un côté, des jeunes qui reprennent des sociétés,
05:42des salariés qui reprennent des sociétés.
05:44Et évidemment, des enfants qui reprennent la société familiale.
05:46Mais le pack du Trey, ça couvre une partie du problème.
05:49C'est qu'une seule partie du problème.
05:50Je pense que le véritable problème, c'est d'essayer de libérer les énergies des entrepreneurs
05:54pour leur permettre de faire ce qu'ils ont envie de faire,
05:56que ce soit des enfants d'entreprises familiales ou que ce soit de jeunes entrepreneurs.
06:00Léonard nous parlait de simplification.
06:02C'est aussi un sujet pour vous.
06:04Alors évidemment, on attend toujours le projet de loi.
06:06On attend depuis combien de temps, Léonard, le projet de simplification ?
06:09Deux ans, deux ans et demi, non ?
06:10Vous savez, on vise le long terme dans les PME.
06:11Donc on est patient, mais on sème, on sème.
06:13Mais on va y arriver.
06:14Ça doit faire au moins deux ans.
06:15C'est un sujet pour vous dans votre activité ?
06:17La simplification ?
06:17Oui.
06:18Au quotidien.
06:20Surtout, notre but en tant qu'entrepreneur, c'est évidemment de créer de l'emploi.
06:23On ne peut pas faire d'entreprise sans créer d'emploi.
06:25En tout cas, moi, je n'aime pas le monde.
06:25On se dit qu'il n'y aura que de l'intelligence artificielle et qu'on n'aura plus d
06:28'équipe.
06:29On le fait pour le collectif.
06:30Et pour ce collectif-là, on a besoin de simplifier.
06:32Si on veut recruter plus facilement, si on veut réussir à faire grandir les gens plus facilement dans l'entreprise,
06:36on a besoin de simplifier.
06:38Parmi les mesures mises en avant aujourd'hui, Patrick Martin lui relance la TVA sociale dans le débat public.
06:44Est-ce que ça, c'est quelque chose qui vous parle ?
06:46Léonard Prunier, vous qui vendez des produits, vous dites non, ça va faire trop.
06:50Le consommateur qui, parfois déjà, hésite un peu et fait des arbitrages, c'est mauvais pour lui.
06:55C'est quoi votre position ?
06:56À moi, à titre personnel, je suis très favorable à la TVA sociale.
06:59Il faut impérativement baisser le coût du travail.
07:01Si on veut des produits, il faut des usines.
07:03Aujourd'hui, on a l'écart entre ce que touche un collaborateur et ce qui coûte à l'entreprise, c
07:08'est insurmontable.
07:09Donc la TVA sociale, il faut explorer tous les sujets.
07:11Il faut repenser notre modèle social.
07:13Tout faire porter par le travail, ce n'est pas possible.
07:16Donc c'est un débat qui doit être posé.
07:18On doit baisser le coût du travail.
07:20En fait, aujourd'hui, on est revenu dans des logiques où on taxe de plus en plus.
07:23Mais non, il faut créer de plus en plus de valeurs et après, on pourra taxer.
07:27Mais aujourd'hui, on taxe avant que la valeur soit créée.
07:29Et l'enjeu, ce sont les industries sur les territoires.
07:32Moi, je suis catastrophé du nombre d'entreprises industrielles, PME, en dépôt de bilan depuis le début de l'année.
07:37Il y a une crise majeure.
07:38Vous voyez une crise des défaillances arriver, là ?
07:42Elle est déjà là.
07:43À la FEF, l'année dernière, c'est 30% de hausse de défaillances d'entreprises dans nos adhérents.
07:46Cette année, c'est plus 180%.
07:48C'est-à-dire qu'en 5 mois, c'est autant qu'en 1 an.
07:50Donc, il y a une crise majeure parce qu'on a un problème de coût du travail.
07:53On a un problème d'ajustement de nos prix de vente à la distribution.
07:56Mais là, il y a vraiment un débat à avoir.
07:58Et les usines sans usines, pas de vie dans les territoires.
08:01Je voudrais qu'on dise un dernier mot sur l'industrie du luxe puisque vous fournissez, vous, Marie, en partie
08:06du matériel pour cette industrie-là.
08:09Avec la crise au Moyen-Orient, qu'est-ce que vous voyez là ?
08:11Vous voyez une baisse des commandes où tout va bien ?
08:13Pour nous, tout va bien.
08:14C'est l'avantage d'être une petite PME.
08:16C'est que les crises sont beaucoup plus faciles à affronter pour les tout-petits plutôt que pour les moyens.
08:21Donc, nous, on n'en souffre pas du tout.
08:22Et on travaille avant tout dans l'hôtellerie et ce qu'on appelle l'hospitalité.
08:26Et dans ce métier-là, pour l'instant, on n'est pas touchés.
08:29On a cette chance.
08:29Donc, pas de mouvement majeur.
08:32Merci beaucoup à tous les deux d'avoir été avec nous.
08:34Marie Sermadiras, directrice générale de Teresiel Studio, Léonard Prunier, président de la FEF et président de Prunier.
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