- il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00On va maintenant dans le signe et consigné parler politique et peut-être faute politique.
00:05Ce sera le thème du débat de la part de Jordan Bardella.
00:08Est-ce qu'il a commis une erreur ?
00:09Il était au Grand Prix de Monaco alors que s'est tenu en même temps dans le Gers,
00:14il y a dix jours maintenant, la marche blanche pour Liana.
00:17Alors ce sont les photos qui sont parues sur les réseaux, qui sont parues dans la presse.
00:21Jordan Bardella en compagnie de sa compagne, la princesse Bourbon des deux Siciles.
00:27Voilà ce que répondait Jordan Bardella à ses critiques en disant
00:30il y avait un instant solennel, la France était en peine à propos du meurtre de Liana.
00:37Est-ce que c'était votre place au Grand Prix de Monaco, au milieu de la Jet Set, au milieu
00:41des People, M. Bardella ?
00:44Est-ce que vous répondez à ses opposants, notamment Fabien Roussel ?
00:48C'est une question sérieuse ?
00:49D'abord, la marche blanche que vous mentionnez, il y en a tous les jours,
00:52mais la marche blanche que vous mentionnez, la famille avait demandé à ce qu'il n'y ait aucun responsable
00:56politique.
00:56Donc je ne comprends pas bien ce que vous me reprochez.
01:00Il y a des photos qui ont été diffusées de vous avec votre compagne à ce Grand Prix de Monaco
01:05en buvant du champagne.
01:08Non, non, en buvant un coca avec des glaçons.
01:10Alors du coca, ce que ça pose c'est la question du décalage entre ces images et ce qui se
01:15passait à ce moment-là dans le pays.
01:17Pardon, des marches blanches, il y en a tous les jours.
01:19Vous n'allez pas me reprocher de ne pas m'être exprimé sur cette affaire.
01:21Je fais ça tous les jours.
01:24Il se trouve que j'apprécie la Formule 1 et que j'ai régulièrement l'occasion d'aller à des
01:29Grands Prix avec ma famille.
01:31Est-ce que j'ai encore le droit dans ma vie privée ?
01:33Est-ce que vous pensez sincèrement que c'est à la hauteur de ce que les gens vivent là tous
01:36les jours ?
01:36Alors, on va en discuter, on va en débattre dans le signé Consigny.
01:40Ce soir avec, bien sûr, Charles Consigny.
01:41Bonsoir.
01:43Bonsoir, Julien Aubert, président des Républicains.
01:46C'est une faute ? Faute politique ou pas ?
01:48De ne pas être allé à une marche blanche où il n'est pas attendu, non.
01:53D'aller au Grand Prix de Monaco.
01:57Moi, j'y vois plus le signe d'une certaine griserie dont est déjà atteint le jeune Bardella.
02:04Je pense qu'il s'y voit déjà et qu'il ne résiste pas au plaisir de se retrouver avec
02:10ce qu'il pense être sans doute une certaine autre société.
02:16Et donc moi, d'abord dire, bon, marche blanche, il y en a tous les jours des marches blanches comme
02:21ça, ça c'est un peu, je ne sais pas comment vous dire, ça pour le coup c'est très
02:26maladroit.
02:26Il n'a pas pris la mesure du choc provoqué quand même par la disparition de cette petite Liana dans
02:33ses propos, non ?
02:34D'abord, c'est faux. Il n'y a pas des marches blanches tous les jours pour des gens tués
02:38dans les conditions de cette jeune fille.
02:40Ça, c'est sûr qu'il n'y en a pas tous les jours.
02:42Et donc banaliser ça, au fond, comme si pour lui, les marches blanches, etc., c'était au fond sa vie
02:49professionnelle.
02:51Alors que normalement, l'engagement politique, c'est un petit peu plus que ça.
02:54Ce n'est pas seulement la vie privée et la vie professionnelle.
02:57Dans tous les cas, il y a quand même un malaise au RN, Julien Aubert, parce que voilà les petites
03:01informations qui ont été glanées par le service politique de BFMTV
03:06où on se dit, voilà, ce n'est pas très adroit à marche blanche tous les jours, ça ne va
03:10pas comme réponse, a dit un cadre du Rassemblement national à BFMTV.
03:15Cette fascination pour le luxe est un risque dans lequel il ne faut pas tomber, c'est un risque qui
03:18est identifié.
03:20Et puis enfin, Monaco, ça ne fait pas l'unanimité au RN, c'est un euphémisme.
03:24Ces images sont une erreur.
03:26Je pense qu'il y a plusieurs sujets dans votre affaire.
03:28D'abord, il invoque la vie privée.
03:30C'est lui qui a décidé de rendre public son idylle, d'en faire un instrument de sa conquête politique.
03:37Et donc, je peux comprendre son argumentation, mais malheureusement, une fois qu'on a décidé de faire de sa famille,
03:42je dirais, un argumentaire pour la présidentielle,
03:46il fallait s'attendre à ce qu'il n'ait pas paradis.
03:47Vous voulez parler des photos publiées dans Paris Match ?
03:49Oui, il fallait s'attendre à ce qu'il y ait des paparazzi qui le suivent.
03:52Même là, il ne se cache pas.
03:53Non, parce qu'avant, il disait, ce n'est pas moi, ce sont des paparazzi.
03:57Mais malheureusement, le concept de vie privée, quand on a décidé d'annoncer dans Paris Match sa vie privée,
04:02elle est évidemment, pour un responsable politique, très limitée.
04:05La deuxième chose, c'est qu'il y a une attaque qui vient de la gauche sur le luxe.
04:09Il buvait du champagne.
04:10Alors, lui, il dit, non, non, je ne buvais pas du champagne, je buvais du Coca-Cola.
04:12Moi, je vous le dis en tant que responsable français, je préfère qu'on boive du champagne,
04:17qui est produit en France, plutôt que du Coca-Cola.
04:19Et il y a une idée quelque part derrière que, comme c'est Monaco, comme c'est du champagne, comme
04:25c'est de la Jet Set,
04:26évidemment, pour le Rassemblement National, ce n'est peut-être pas très bon par rapport aux classes populaires, etc.
04:31Mais je pense qu'il ne faut pas tomber, si vous voulez, dans cette espèce d'argumentaire anti-riche.
04:35La Formule 1, ce n'est pas seulement regardé par l'élite.
04:39Non, mais voilà, le vrai sujet, en fait, c'est qu'effectivement, à mon avis, d'abord, c'est en
04:44fait le manque de compassion.
04:45C'est que je pense qu'il n'a pas pris conscience, peut-être d'ailleurs, parce que je ne
04:49sais pas s'il y a des enfants,
04:49mais du choc national, du drame national.
04:52C'est l'équivalent d'un deuil national, mais populaire.
04:56C'est-à-dire que pour les familles françaises, c'est vraiment le sentiment de fragilité.
05:02N'importe quelle famille a pu se sentir blessée en disant, mais demain, ça peut m'arriver.
05:06Et qu'il soit passé à côté de ça, non pas au moment où il est allé à la Formule
05:101,
05:10mais au moment où on l'interroge, en montrant le choc des images, le choc des photos,
05:15parce qu'il lisait ses éléments de langage, en disant, j'aime la Formule 1.
05:19Eh bien ça, pour moi, elle est là, l'erreur.
05:21C'est-à-dire que...
05:22C'est une faute politique ?
05:23Sur ça, oui, pas le fait d'être allé...
05:25Non, c'est sur la réaction, ensuite.
05:26Oui, c'est-à-dire qu'il est passé à côté, je dirais, de la profondeur,
05:30et c'est la même chose quand il dit, il y a des marches blanches tous les jours.
05:33Mais enfin, il y a un manque, si vous voulez, de cœur, c'est pas une question d'esprit,
05:36c'est un manque de cœur, d'empathie par rapport au sujet.
05:39Est-ce que c'est une faute politique ?
05:41Et peut-être la première commise par quelqu'un qui, quand même, maîtrise plutôt bien sa communication,
05:47qui est en tête de tous les sondages de la présidentielle.
05:50Moi, ce que je vois aussi, c'est un début de déconnexion.
05:56Ça m'a fait penser à une interview récente de Simon Liberati,
06:00qui est un excellent écrivain, à qui on demande ce qui distingue les riches des autres.
06:05Et au-delà de l'argent, il dit que c'est justement une difficulté à être ému,
06:10une difficulté à être touché.
06:12Il y a une espèce de déconnexion affective, humaine,
06:16qui se fait au fur et à mesure qu'on a beaucoup d'argent,
06:18et que donc on se sépare un peu du reste de la société.
06:22Je pense qu'il est en voie de déconnexion.
06:24C'est un jeune homme qui se déplace dans Paris avec un chauffeur,
06:28qu'on croise dans des restaurants chers,
06:32et qui est en train d'épouser, en tout cas est en couple.
06:36Vous balancez là, vous balancez sur le mythe,
06:38le mythe Bardella n'est pas celui qu'on croit.
06:40Moi, je dis les choses comme elles sont.
06:42Je constate, je le croise dans des restos où je vais moi-même, parfois.
06:47En l'occurrence, les restaurants où je croise Bardella,
06:49en général, je n'y vais pas si c'est moi qui paye.
06:51Mais c'est vous dire...
06:53C'est pas un peu démago de dire ça, pardon ?
06:55Mais c'est factuel.
06:56Oui, mais d'accord, mais les responsables politiques doivent manger où ?
06:58Et dernier élément, sa fiancée est issue d'une famille milliardaire,
07:07plus ou moins, si on suit en tout cas ce qui a été écrit ici et là.
07:11Donc, moi, j'ai le sentiment de quelqu'un
07:13qui se laisse peut-être un tout petit peu grisé.
07:15Voilà, on est loin quand même du plancher des vaches.
07:19Donc, j'y vois...
07:20En fait, si vous voulez, j'y vois une espèce de réédition d'autres hommes politiques
07:25qui sont à la fois creux, déconnectés,
07:29qui fonctionnent avec des éléments de langage,
07:32qui font de la com.
07:33Tout ça, en tout cas, à moi, ne me donne pas très envie, franchement.
07:37Alors, moi, sur l'argument de la richesse,
07:40je n'aime pas l'argument consistant à dire
07:42quand on est riche, on n'a pas de cœur.
07:44Je connais des gens riches qui ont du cœur,
07:46je connais des gens pauvres qui n'en ont pas,
07:48et je ne veux pas rentrer parce qu'il y a dans ce pays...
07:50C'est un discours de classe, quoi.
07:51Oui, et puis il y a dans ce pays, si vous voulez,
07:54il y a toujours un problème de relation avec l'argent,
07:56qui a d'ailleurs provoqué des troubles politiques assez profonds,
07:59parce que du coup, l'argent est devenu tabou en politique,
08:02on a paupérisé la classe politique.
08:04Donc, évidemment, la démagogie consiste à dire
08:06qu'on devrait quasiment payer pour faire de la politique.
08:09Moi, je n'ai pas envie d'avoir des Trumps dans mon pays.
08:11Donc, je ne veux pas rentrer dans ça.
08:13En revanche, sur la déconnexion et sur le fait que,
08:18effectivement, je repensais à cette phrase,
08:20qui a vécu par la com, périra par la com,
08:22c'est-à-dire qu'à un moment donné,
08:24je pense qu'il s'est bâti une espèce de plan com,
08:28qu'il vit aussi peut-être un rêve éveillé,
08:30parce que c'est quand même une formidable progression,
08:33à la fois professionnelle, sortimentale, affective,
08:36en fait, tout ce qu'on veut.
08:37Et donc, effectivement, il ne se rend pas compte
08:39qu'il est en même temps dans un processus
08:41qui est une élection présidentielle,
08:43où on est scruté,
08:44et où les Français regardent, évidemment,
08:47votre programme, mais aussi votre personnalité,
08:49la manière de vous comporter.
08:51Et là, ça fait plus couple royal,
08:54vous voyez, Kate et William.
08:57– Mais on peut avoir de la fascination, quoi.
08:59– Après, après, moi.
09:00– Oui, et encore, et encore,
09:02je pense qu'ils n'auraient pas forcément fait cette erreur-là.
09:04Donc, voilà, je pense que ça, c'est un vrai sujet
09:06qui est peut-être très à l'inspérience.
09:08– Ils se sarkozisent, finalement, Jordan Bardella ?
09:10– Parce que c'est l'éroproche qu'on a faite à Nicolas Sarkozy.
09:12– Alors, il y a le…
09:12– Le côté bling-bling.
09:14– Il y a deux choses.
09:14– Il peut y avoir le côté bling-bling.
09:16– Il peut y avoir le côté bling-bling,
09:19mais dans son cas,
09:20c'est peut-être un problème de maturité politique, oui.
09:24Parce que sur un sujet comme ça,
09:26je ne devrais pas dire ça,
09:27mais c'est du registre.
09:29On n'est pas dans le registre politique.
09:31On est dans le registre de l'humain.
09:32Quand vous avez une fillette
09:33à qui il est arrivé ceci,
09:35n'importe quel père, si vous voulez,
09:37se sent pris dans les tripes, si vous voulez.
09:39Et on n'a pas vu ces tripes.
09:40Moi, j'ai vu quelqu'un qui disait,
09:42mais écoutez, j'aime la Formule 1,
09:44il y a des marges manches tous les jours,
09:45donc circuler, il n'y a rien à voir.
09:47Et ça, ça m'a choqué.
09:47Parce que je me suis dit,
09:48mais ça m'a rappelé, si vous voulez,
09:51Éric Zemmour sur l'Ukraine,
09:53quand il avait adopté une position très dure,
09:55en disant, moi, je suis contre l'immigration,
09:57les Ukrainiens, c'est des immigrés,
09:58donc on stoppe.
09:59Et là, les Français s'étaient dit,
10:01mais il n'a pas de cœur, ce candidat.
10:02Il avait perdu quelques points.
10:03C'est le genre de choses qui révèlent,
10:05si vous voulez,
10:06pas pour les mêmes raisons,
10:08mais c'est un sujet plus de connexion,
10:10je dirais, émotionnelle,
10:12que de connexion sociale.
10:14Non, mais de toute façon,
10:16moi, après, chacun a libre,
10:17d'apprécier comme il veut.
10:18Moi, je n'ai jamais tellement cru,
10:20je vous avoue,
10:21à une quelconque sincérité
10:22chez ce personnage,
10:24qui me paraît surtout être
10:25une création des réseaux sociaux,
10:29des médias, etc.
10:30Donc, je ne suis pas...
10:33Je ne suis pas surpris, si vous voulez.
10:35Voilà ce qu'on dit dans l'entourage,
10:37Jean-Anne Bardella,
10:37parce qu'on a vu les critiques
10:39au sein des cadres du Rassemblement national.
10:42Voilà ce qu'on dit du côté des proches.
10:44Non, ce n'est pas une erreur,
10:45ce sont nos opposants
10:46qui essaient d'entretenir ça,
10:47et puis on continue.
10:49La Formule 1 est suivie
10:49par un tiers des Français,
10:50ça ne va lui faire perdre aucun point.
10:53Et une dernière,
10:54notre force est l'authenticité,
10:56il va à Monaco,
10:56il n'est pas con,
10:57il se doute qu'il va y avoir des photos,
10:58il faut qu'il se montre tel qu'il est.
11:00Mais ce que je comprends bien,
11:01Julien Humbert,
11:01ce n'est pas le fait
11:02qu'il soit à Monaco ce jour-là,
11:04c'est la façon de réagir
11:06lorsqu'on lui pose la question
11:07et il balaye effectivement
11:10d'un revers de main
11:11cette marche blanche.
11:12Il y en a d'autres
11:12qui ne comprend pas
11:14qu'à ce moment-là,
11:14il y a un moment important
11:16et que la France est en deuil.
11:17Moi, je pense qu'il a le droit
11:18d'aller à Monaco,
11:19je pense qu'il a tort de penser
11:20que c'est sa vie privée,
11:21c'est que comme il est candidat
11:22à l'élection présidentielle,
11:23évidemment que ça va arriver.
11:25Donc après, c'est son choix.
11:27C'est un choix politique.
11:28Imaginons qu'il n'y ait pas eu,
11:29si vous voulez,
11:29au même moment,
11:30une marche blanche.
11:31C'est un choix politique.
11:32Ce n'est pas...
11:32Moi, je soutiens Bruno Retailleau,
11:34si vous voulez,
11:34qui est un peu moins Formule 1,
11:36si vous voulez...
11:37Le plus puis du fou.
11:37Voilà, bon.
11:38Donc, il n'y a pas forcément
11:40la même attitude.
11:41Mais en revanche,
11:42sur le télescopage,
11:44c'est là où, à mon avis,
11:45il y a un sujet.
11:46Oui, mais qui imagine
11:47le général de Gaulle
11:49au prix de...
11:51Non, je suis désolé.
11:52Non, mais si.
11:52C'est une preuve sportive mythique,
11:54le repris de Monaco.
11:55Vous avez une image
11:56à Formule 1 qui est...
11:57En fait, c'est Monaco
11:58qui gêne.
11:59Mais non, mais c'est l'ensemble.
12:00Le général de Gaulle
12:01a failli mettre les chars
12:02devant Monaco.
12:03Le simple fait.
12:05Il a eu des vis-vis
12:06avec la principauté.
12:08Non, mais où en est rendue
12:10la politique française
12:11pour qu'on en soit
12:12à se demander
12:13si c'était une bonne idée
12:14pour Bardella
12:15d'aller voir
12:16les Formule 1 à Monaco ?
12:18Moi, c'est plus ça
12:19qui m'interpelle,
12:20si vous voulez.
12:21Je dois vous dire
12:22que je m'en fous complètement
12:23que Bardella
12:24aille voir de la Formule 1
12:25à Monaco
12:25qui soit ou pas
12:26avec une vraie
12:27ou une fausse princesse.
12:29Pour regarder si vous êtes
12:30raccord avec vos idées,
12:31avec votre pensée ?
12:32Je trouve qu'on ne devrait pas...
12:34C'était le bon jour.
12:35Honnêtement, je...
12:36Quelqu'un de gauche
12:37doit forcément
12:38prendre ses vacances
12:38dans des lieux
12:39qui sont assimilés
12:40à la gauche.
12:40Quelqu'un de droite,
12:42là où...
12:42Non, mais là,
12:42on simplifie trop.
12:44Vous lui avez reproché
12:45d'avoir été dans des beaux restos.
12:46On simplifie trop.
12:47Parce que je rentre
12:48dans votre jeu.
12:49Je trouve qu'on simplifie trop
12:51le débat politique.
12:52pour moi,
12:53que ce jeune homme
12:54qui n'a pas de diplôme
12:55ni d'expérience professionnelle
12:57et qui prétend néanmoins
12:58sans que ça suscite
12:59l'hilarité générale
13:01de devenir président
13:02de la République
13:02dans quelques mois...
13:04C'est l'adhésion
13:04de pas mal de Français
13:05en prenant les sondages.
13:06Oui, mais parce que
13:06les médias roulent là-dedans.
13:08Parce que, si,
13:08parce que ça plaît aux médias,
13:10ce petit personnage,
13:11excusez-moi,
13:12ça plaît aux médias,
13:13ce petit...
13:13Ce qu'on dit en général.
13:14Ça plaît aux médias,
13:15c'est la vérité,
13:16ce petit bonhomme
13:16qui présente bien,
13:18qui raconte son histoire bidon
13:19avec sa princesse...
13:20C'est un petit bonhomme
13:21qui présente bien.
13:22Mais qu'est-ce que c'est ?
13:23C'est un jeune homme
13:23qui présente bien.
13:25Petit au sens jeune.
13:26Oui, mais petit bonhomme.
13:26C'est un petit bonhomme.
13:27Non, mais excusez-moi,
13:28c'est pas le général de Gaulle.
13:29C'est pas Barack Obama.
13:31Mais c'est même pas,
13:32mais excusez-moi.
13:32Il faut avoir fait la guerre.
13:33Oui, moi, j'ai envie...
13:34Alors, qui est à l'auteur
13:36du général de Gaulle aujourd'hui ?
13:37Mais est-ce que j'ai le droit
13:38de vouloir...
13:39Est-ce que j'ai le droit
13:40de vouloir pour mon pays
13:41autre chose
13:43que des Instagrammeurs
13:44à la tête du pays ?
13:45Il est où le soldat ?
13:46Non, mais pardon, mais...
13:46Il est où le général de Gaulle, alors ?
13:48Il a le droit.
13:48Pour l'instant, il n'est pas là.
13:49Mais parce que forcément,
13:50les médias s'intéressent
13:53à Kienne.
13:53Bon, ben voilà le droit.
13:54D'abord, des gens
13:55qui ressemblent à Charles de Gaulle,
13:56il y en a assez peu
13:57dans le paysage politique.
13:58Il faut être franc.
13:58Mais vous lui ressemblez
13:59plus que Bardella ?
14:00Je vous remercie.
14:01C'est un grand honneur.
14:01Mais deuxièmement,
14:03moi, je ne veux pas m'attaquer,
14:04si vous voulez, à la personne.
14:05Il a le droit d'être candidat.
14:05Il est soutenu
14:06par un tiers des Français.
14:07Je pense que c'est une erreur.
14:08Je pense qu'il y a des candidats
14:10plus expérimentés.
14:11Il y en a en tout cas
14:11un plus expérimenté.
14:13Votre candidat,
14:13c'est Bruno Rotailleau.
14:14C'est Bruno Rotailleau,
14:14mais ce n'est pas le sujet.
14:16Le sujet, c'est qu'on voit bien
14:18ce qui est...
14:18D'abord, j'ai trouvé pathétique
14:19le « ce n'est pas grave,
14:20on ne va pas perdre un point ».
14:22Déjà ça, c'est très cynique.
14:24Parce que ça dit
14:24quelque chose d'une époque.
14:25C'est-à-dire qu'on fait les choses
14:26pour voir si on va gagner un point
14:28ou perdre un point.
14:29C'est de la politique.
14:30Non, parce que la politique,
14:32justement, c'est dire aux Français
14:33d'abord ce qu'on pense
14:34être en accord avec ses convictions
14:36et ce qui est bon pour le pays
14:37en recherchant l'intérêt général.
14:38C'est ça que les Français veulent.
14:39Ce n'est pas un type
14:44qui veulent ça,
14:44donc je leur dis ça.
14:45Là, je vais aller là
14:46parce que je vais gagner un point.
14:47Tous les hommes politiques
14:48font des sondages
14:49et regardent ce qui fonctionne
14:50et ne fonctionne pas.
14:51Ça n'empêche pas les convictions.
14:52Mais là, du coup,
14:54on peut faire penser
14:55à cette classe politique.
14:56Non, parce que je trouve
14:56la réaction par écrit
14:58assez bête.
15:00Et puis, deuxièmement,
15:00on voit bien
15:01que son principal piège,
15:03c'était de dire
15:03« Attention, je ne buvais pas
15:05du champagne,
15:06je buvais du coca
15:06avec des glaçons ».
15:07Et ça aussi,
15:08je trouve que c'est quand même
15:09le niveau zéro de la politique
15:11parce que,
15:12quand bien même il aurait bu
15:13du champagne,
15:14il boirait du champagne
15:15et des glaçons,
15:16ça ne change rien en fait
15:17que sur le fond,
15:19il fallait dire
15:20à cette journaliste
15:20« Eh bien oui,
15:21si j'avais su
15:22qu'effectivement
15:23il y avait la marche blanche
15:23au même moment,
15:24peut-être que je me serais abstenue
15:25au moins de poster des images
15:27par décence,
15:28par respect pour la famille,
15:29même si elle avait demandé
15:30de faire comprendre
15:31qu'on regrette. »
15:33Non, mais il n'a rien posté.
15:35Là, c'est son procès.
15:36Il n'est pas la procès forte,
15:37mais il n'a pas posté lui-même.
15:40Il n'a pas vu les paparazzis.
15:41Il va dans un endroit
15:42où forcément il va être filmé,
15:44photographié,
15:44mais lui-même n'a pas posté.
15:45Il n'a pas mis en avant.
15:46S'il était resté
15:47dans sa maison de campagne,
15:48il n'aurait pas croisé
15:48les paparazzis.
15:49Bon, à un moment donné...
15:51Ça veut dire qu'aujourd'hui,
15:52il faut rester chez soi.
15:53C'est ça,
15:53il faut des candidats
15:54qui soient moins de soldats.
15:56Oui, c'est ça.
15:56Vous avez des candidats
15:58qui ne mettent pas en avant
15:59leur vie privée.
16:00Il n'y a pas de paparazzis
16:01qui les suivent.
16:02Il y en a d'autres
16:02qui ont décidé de dire
16:03« Moi, je suis à Paris Match
16:05pour montrer
16:05qui est mon amour, etc. »
16:07Bruno Rotaillon
16:07ne posera jamais
16:08dans le match
16:08avec sa famille ?
16:09Je ne crois pas.
16:10On prend le pari ?
16:11Si vous voulez.
16:12Je ne pense pas
16:12que ce soit nature.
16:13D'ici, il ne fera pas
16:14une photo à un moment donné
16:16dans le match au gala
16:17pour présenter sa famille,
16:18dire qui il est, etc.
16:19Je pense qu'il a toujours veillé.
16:20D'ailleurs, je vais vous dire...
16:20Monsieur Obert,
16:21vous savez très bien
16:22qu'aujourd'hui,
16:23c'est un passage obligé.
16:24Je vais vous répondre.
16:25Lorsqu'il s'est déclaré
16:27pour la présidence du parti,
16:28il y a un grand quotidien,
16:30un grand hebdomadaire
16:31qui lui a promis la une
16:32en disant
16:33à condition
16:34que vous fassiez
16:34une photo avec la famille.
16:35Il a refusé
16:35et la une a été
16:37sur un autre candidat.
16:38Sauf qu'il est candidat
16:38avec son présidentiel
16:39et aujourd'hui,
16:40vous savez très bien
16:41que c'est un passage obligé.
16:42Je ne pense pas...
16:43Peut-être qu'il y a des gens différents.
16:44Oui, mais...
16:46On a tous envie
16:49de faire revenir
16:50de la dignité en politique.
16:51Moi, le bling-bling
16:52ne me choque pas tellement,
16:54si vous voulez.
16:55Encore que je préfère
16:57le bling à qui soi-même.
16:59Par exemple, Pompidou
17:00qui roulait en Porsche
17:01et qui allait à Saint-Tropez
17:03vu qu'il avait fait...
17:04Aujourd'hui,
17:04il ne pourrait pas le faire.
17:05On lui reprocherait.
17:05Mais non, mais quand De Gaulle
17:07l'a nommé au gouvernement,
17:08il lui a dit
17:09Saint-Tropez, c'est fini.
17:11Donc, il y avait quand même...
17:12Mais au moins,
17:13c'était sa Porsche, si vous voulez.
17:14Il avait créé lui-même son...
17:16Voilà.
17:17Sarko, on a reproché beaucoup
17:18à Nicolas Sarkozy
17:19de le bling-bling.
17:20Ça ne me dérange pas.
17:20Les gens font ce qu'ils veulent.
17:21Ça ne me dérange pas.
17:22Tant que les gens,
17:23si vous voulez,
17:23tant qu'on est sincère
17:25dans son expression,
17:26sincère dans le souci
17:27des gens qu'on prétend défendre
17:29et qu'on n'est pas juste
17:30une construction marketing.
17:32Et moi, ce qui me déplaît plus
17:34là-dedans,
17:34c'est que même ces photos-là...
17:36Alors, il se trouve
17:36qu'il a loupé son truc
17:37parce qu'il y avait
17:38la marche pour l'IANA, etc.
17:39Et qu'effectivement,
17:40il n'a pas du tout compris
17:40que ça avait ému le pays
17:42à ce point-là.
17:43Mais même ces photos-là,
17:44elles sont bidons.
17:45Tout ça est fabriqué à mort.
17:47Et moi, excusez-moi,
17:48j'estime qu'il n'est pas
17:49de mon rôle
17:49d'avaler ça tout cru.
17:51Je considère que c'est
17:52de la com mensongère.
17:54En tout cas, je laisse moi
17:55les Français choisir
17:56ce qu'ils veulent pour la com
17:57et sur l'argent.
17:58C'est trop fake pour moi.
17:58Chacun fait ce qu'il veut
17:59de son argent,
18:00qu'il l'ait gagné,
18:01qu'il en ait hérité.
18:02Après, il faut savoir
18:03que dans ce pays,
18:04il y a des répercussions politiques.
18:05Quand on est candidat
18:06à l'élection présidentielle,
18:07ce sont des sujets.
18:08Il ne faut pas trop se montrer.
18:08La famille, l'argent...
18:09Mais non, mais...
18:09Il ne faut pas trop se montrer.
18:10Il faut assumer.
18:12Si vous choisissez
18:12d'être un candidat bling-bling,
18:13il peut rouler en porche.
18:14Peut-être qu'il se les mènera
18:15à des points,
18:16comme on dit.
18:16Même si vous n'êtes pas
18:18un candidat bling-bling,
18:19l'argent, de toute façon,
18:19on le saura,
18:20puisqu'il y a la transparence
18:20sur la vie financière.
18:21Il faudra déclarer le patrimoine,
18:23ce que vous avez comme voiture,
18:24ce que vous avez comme livret d'épargne
18:25et votre compte en ban.
18:26Ce sera public.
18:27Oui, je sais.
18:28Mais lui, il n'a pas d'argent.
18:29Moi, je vous parle
18:29de sa belle famille.
18:31Merci, Charles.
18:31Ça lui a de l'argent.
18:33Merci, Julien Aubert.
18:34Merci.
Commentaires