00:00Oui, il faut continuer à atténuer les peines et c'est bien le bon terme parce que, encore une fois,
00:04c'est présenté comme une excuse.
00:06Ce n'est pas la même manière, la même chose que de présenter ça comme une excuse, que comme une
00:10atténuation de la peine. Pourquoi ?
00:11Parce qu'y compris du point de vue de la droite, c'est pour excuser le crime ou excuser le
00:15délit.
00:15Ce n'est pas du tout la position dans laquelle je me trouve.
00:19Et pourquoi on a fait ça en 45 ? C'était une intuition en 45.
00:23Puisqu'on avait testé des méthodes plus violentes avec les enfants, les bannes, etc. par le passé
00:28et que ça ne produisait pas des belles choses.
00:31Et donc, on s'est dit, est-ce qu'on ne ferait pas la primauté ?
00:33Parce que ce n'est pas juste l'atténuation de la peine, c'est aussi la primauté de l'éducatif
00:37sur le répressif.
00:38Et on s'est dit, on va essayer ça.
00:40Et figurez-vous que depuis, les sciences humaines et sociales ont quand même pris de l'ampleur.
00:44Des gens ont cherché à regarder si ça fonctionnait ce qu'on faisait ou si ça ne fonctionnait pas.
00:48C'est comme pour la peine de mort.
00:49On a regardé si ça produisait des résultats.
00:51Ça a produit des résultats pas très bons.
00:54Les gens continuent de commettre des crimes et des délits.
00:55Par contre, la primauté de l'éducatif sur le répressif, ça a produit des résultats significatifs
01:00sur le siècle précédent, de diminution de la délinquance et de la criminalité chez les mineurs.
01:06Donc vous vous dites que c'est le sillon qu'il faut creuser ?
01:08Mais bien sûr que c'est le sillon qu'il faut creuser.
01:09Et c'est les moyens dans l'éducatif qui sont en grande difficulté depuis déjà plusieurs années.
01:15Protection judiciaire de la jeunesse, mais pas que.
01:17Parce que le juge des enfants, en l'occurrence, il est à la fois sur le répressif,
01:22mais il est aussi sur l'éducatif et sur le civil, il n'est pas que sur le pénal.
01:26Et on avait plaidé quand il y a eu le code de justice pénale des mineurs
01:29qui a été mis en place par Nicole Belloubet, repris par Éric Dupond-Moretti,
01:32finalisé par Éric Dupond-Moretti, dont un article vient d'être censuré par le Conseil constitutionnel.
01:36D'ailleurs, en réalité, on avait déjà dit qu'il faut un code de l'enfant.
01:40Parce que les difficultés sociales de l'enfant, les difficultés éducatives,
01:44c'est le même ensemble que la répression et que les problèmes répressifs.
01:49Donc il faut les traiter dans leur ensemble, ces sujets-là.
01:51Et on arrive en 2026 et on finit par se dire
01:55« Ah, et si on faisait une ordonnance de protection pour les enfants aux civils ? »
01:59Parce qu'il y a des victimes mineures qui sont en explosion.
02:03Donc moi, je dis, il ne faut pas toucher à ça.
02:05Il faut renforcer les moyens, justement, de l'éducatif.
02:08Et y compris dans l'aspect répressif, quand une peine est donnée,
02:11qu'on se donne tous les moyens.
02:12Parce qu'effectivement, dans les centres éducatifs fermés
02:14ou les centres éducatifs renforcés, ou toutes ces structures-là,
02:17il y a plus de moyens qu'ailleurs, c'est vrai.
02:19Mais il n'y en a toujours pas suffisamment.
02:21Et quand on met les moyens, ça fonctionne, bon sang.
02:23Il faut le dire. Il y a des trucs qui fonctionnent.
02:25Mais ce n'est pas la direction dans laquelle on va,
02:27parce que c'est quand même plus dans un moment où il y a une émotion.
02:30À chaque fois qu'il y a un fait divers, ça touche aux émotions.
02:32Et c'est normal d'avoir des émotions.
02:34Et je les partage, ces émotions.
02:36Sauf que derrière, en jouant sur ces émotions,
02:39on propose des solutions qui vont dans la...
02:41Sauf que là, il y a beaucoup de boulot.
02:42Non, parce que l'aide sociale à l'offense, et ça, c'en est un exemple,
02:46est complètement, complètement à la dérive.
02:49Qui a demandé une commission d'enquête à l'Assemblée nationale
02:51pour lever le voile là-dessus ?
02:53Notre groupe parlementaire.
02:54Alors, ça a été prisé par les socialistes, et c'est très bien.
02:56Le reste de la gauche nous a rejoints, tant mieux.
02:58Mais on pointe là-dessus.
02:59On a demandé à ce que soit recentralisé depuis des années.
03:01À ce que la PJJ puisse retravailler.
03:04Parce que tout ça, c'était avant, vous savez, c'était la DAS.
03:07Et les DRAS.
03:08Et alors, on a critiqué ça.
03:09Je ne suis pas pour revenir à ce système-là qui n'était pas hyper fonctionnel non plus.
03:12Mais n'empêche que l'État et les départements à qui la mission a été déléguée
03:16ne remplissent pas leurs tâches.
03:18Donc, quand on est des mauvais parents en tant qu'État ou en tant que département,
03:21il ne faut pas s'étonner qu'ensuite, ce que vous racontez,
03:23c'est-à-dire que les gosses font n'importe quoi, ce soit le cas.
03:25Alors, c'est le cas.
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