- il y a 1 heure
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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TVTranscription
00:00On va revenir maintenant à la situation politique française avec un déjeuner qui fait beaucoup parler, celui de Jordan Bardella
00:07avec les chefs d'entreprise.
00:09Le président du RN avait rendez-vous à la mi-journée avec les dirigeants du MEDEF. Écoutez ce qu'il
00:14disait juste avant de passer à table.
00:17Je crois dans la liberté d'entreprendre, dans la liberté de l'entreprise française.
00:21On a besoin aujourd'hui de redonner de la liberté à ceux qui créent, à ceux qui innovent.
00:25C'est vrai avec les TPE-PME, c'est vrai avec les ETI, les entreprises de taille intermédiaire, c'est
00:30vrai avec les grands groupes.
00:32Moi je ne suis pas de gauche donc je n'ai pas l'entreprise honteuse et je ne crois pas
00:37dans le droit à la paresse qui est érigée aujourd'hui en valeur absolue à gauche.
00:40On a besoin des entreprises françaises, on a besoin du travail. Le travail n'est pas suffisamment défendu dans la
00:45société et il ne paye pas assez.
00:47Et donc c'est vrai que le redressement de l'économie française et le pouvoir d'achat de la France
00:51du travail va être au cœur du futur projet présidentiel.
00:54– Le signé consigné comme tous les soirs sur BFMTV, Charles Consigny, bonsoir.
00:59– Bonsoir.
01:00– Raquel Garrido, bonsoir.
01:01– Bonsoir.
01:02– Ancienne députée, cofondatrice du mouvement L'Après.
01:05Est-ce que ce déjeuner entre Jordan Bardella et les chefs d'entreprise vous choque ?
01:09– Non, honnêtement, il ne me choque pas.
01:14Simplement, je le trouve très téléphoné et très habituel.
01:19On est à un an de l'élection présidentielle.
01:21Les différents partis rencontrent les différents corps intermédiaires
01:27et les différents représentants de beaucoup de secteurs de la société.
01:30Ça ne me choque pas.
01:32Simplement, j'observe qu'il y a beaucoup de politiques politiciennes
01:36de la part de Jordan Bardella et du Rassemblement national dans ce déjeuner
01:40puisque, à mon sens, le RN est une espèce de monstre à deux têtes
01:45avec Marine Le Pen qui s'occupe en gros du social et qui tient une ligne de gauche
01:51et Jordan Bardella qui s'occupe de conquérir la droite
01:54et qui tient donc une ligne de droite.
01:55– Il a écrit au MEDEF.
01:56– Libéral, pro-business.
01:57– Promettant au chef d'entreprise de déverrouiller l'économie française
02:00en supprimant certaines contraintes.
02:02– C'est ce qu'on dit tous les cinq ans,
02:05c'est ce qu'on disait tous les sept ans avant les présidentielles.
02:08Donc, voilà, moi je ne suis pas surpris.
02:10– C'est toujours la même promesse qu'on fait au chef d'entreprise.
02:12– En fait, je n'y crois pas pourquoi, c'est que dans le programme du RN,
02:15vous avez des mesures qui sont très coûteuses,
02:18qui sont d'inspiration classique plutôt à gauche
02:23pour toute une partie du programme socio-économique
02:26qui font que vous ne pourrez pas faire ce que promet là le jeune Bardella.
02:30Donc, je n'y crois pas.
02:32– Raquel Garrido, tout d'abord sur simplement la tenue de ce déjeuner,
02:35donc les dirigeants du MEDEF qui déjeunent avec Jordan Bardella,
02:38ça vous choque ou non ?
02:40– Je constate qu'on est très loin des années
02:43où la présidente du MEDEF par ISO écrivait un livre
02:46sur le piège de l'extrême droite
02:48et refusait absolument que le MEDEF dédiabolise ou normalise l'extrême droite.
02:54Aujourd'hui, Bernard Arnault, qui est le grand patron des patrons français,
02:58qui est trumpiste, qui déteste absolument,
03:02même il honnie le modèle français républicain,
03:05c'est aujourd'hui cet homme-là qui fait figure
03:08de leader idéologique de certains grands patrons français
03:12et à des années-lumières des intérêts d'ailleurs du patronat français.
03:16Parce que moi, j'ai fait évidemment toujours la différence
03:18entre les milliardaires qui finalement ne travaillent pas beaucoup,
03:23ils ramassent aisément l'argent de leurs actions,
03:25sans trop lever le doigt,
03:27et le petit patron ou de petite ou moyenne entreprise
03:30qui effectivement ne compte pas ses heures,
03:33ne se paye d'ailleurs pas beaucoup
03:34et qui n'est absolument pas défendu par le MEDEF.
03:37Et il ne sera pas défendu par Bardella.
03:40Quand Bardella parle de paresse
03:42en accusant les salariés français d'être paresseux,
03:45je trouve ça bien audacieux de la part de quelqu'un
03:47qui est passé directement du lycée au parti
03:51qui maintenant veut devenir président de la République.
03:54Enfin, je ne sais pas, il y a 30 millions de salariés dans ce pays,
03:56ils n'ont pas attendu Bardella
03:57pour se lever le matin,
04:00mettre de la nourriture sur la table
04:01et les assiettes de leurs enfants,
04:03payer leurs impôts,
04:04et ils ne sont pas en reste.
04:06Donc ils n'ont pas à se faire insulter comme ça
04:08par un Bardella
04:09qui aujourd'hui en réalité est passé
04:11du côté des puissants,
04:13du côté de ceux qui ne veuillent pas payer la taxe Zuckmann,
04:16de ce capitalisme-là
04:17qui est un capitalisme feignant à vrai dire.
04:20Il y a un capitalisme productif qui est intéressant.
04:22Les Français ont des choses à imaginer,
04:24ont des choses à apporter.
04:25Les Français ont envie de travailler,
04:27aiment en général leur boulot.
04:29Mais sauf que quand on est mal payé,
04:30quand on souffre au travail,
04:31est-ce que vous avez révisé sur le nombre de morts au travail ?
04:34On en avait parlé il y a 15 jours.
04:36Ah non, mais vous savez, on n'est pas à l'école.
04:38Non, non, mais ça pourrait vous intéresser.
05:01Bon, aujourd'hui, c'est ce que je dirais.
05:03Je dirais, vous avez un problème de désenchantement,
05:05de découragement.
05:06Certains salariés souffrent au travail,
05:08certains ne sont pas assez payés.
05:09Il faudrait augmenter le SMIC par exemple.
05:09Est-ce que le MEDEF doit recevoir tout le monde ?
05:11Est-ce que le MEDEF doit déjeuner
05:12avec toute la classe politique ?
05:15Mais oui, en tout cas,
05:18tous ceux qui sont en position
05:19de gagner la présidentielle dans un an,
05:22ça me paraît naturel.
05:23Ensuite, bon...
05:24Après, il faudra que Jordan Bardella
05:25aille déjeuner avec la CGT aussi alors.
05:27Non, mais très bien,
05:28si elle veut déjeuner avec lui.
05:29À mon avis, ça va être plus difficile à organiser.
05:30Il ne faut pas être dans des postures.
05:32D'abord, dire que Bernard Arnault
05:33honnie le modèle républicain,
05:35c'est votre phrase,
05:36je ne suis quand même pas très sûr.
05:38Moi, je pense qu'on a de la chance
05:39de l'avoir en France, Bernard Arnault.
05:41Il nous faudrait plus de Bernard Arnault
05:44et moins d'idéologues.
05:46Mais bon, c'est quelqu'un
05:48qui valorise énormément
05:50les savoir-faire français.
05:52On peut être anti-patron comme ça par principe,
05:55mais il faut voir aussi certaines réalités.
05:57Mais je voudrais revenir aussi
05:58ce que dit Jordan Bardella,
05:59parce qu'il arrive,
06:01Jordan Bardella,
06:02en disant
06:03la gauche,
06:04c'est le droit à la paresse.
06:06C'est sa valeur absolue.
06:08La gauche a une entreprise finalement honteuse.
06:10Est-ce qu'il a raison quand il dit ça ?
06:12Oui, là-dessus,
06:14je pense qu'il a raison.
06:15Je pense tout à fait
06:16que la gauche,
06:17c'est le droit à la paresse.
06:18Et d'ailleurs,
06:18c'est revendiqué par la gauche.
06:20C'est revendiqué par Sandrine Rousseau,
06:22par exemple,
06:22qui est une des grandes figures de la gauche,
06:24qui en a fait des tonnes là-dessus.
06:26Je crois que ça a été revendiqué
06:28par beaucoup de figures
06:28du Nouveau Front Populaire.
06:31Ces deux modèles de société qui s'affrontent,
06:33la réalité,
06:34quelle est-elle ?
06:35C'est qu'aujourd'hui,
06:36c'est plutôt le modèle de gauche
06:37qui a gagné en France.
06:38Et c'est pour ça qu'il ne faut pas s'étonner
06:40si des figures de droite,
06:41aujourd'hui,
06:42rencontrent un certain succès dans le pays.
06:44On est dans une situation
06:46où il y a une minorité de gens
06:47qui portent le fardeau
06:48d'un système
06:49qui ne tient plus debout
06:51parce qu'il est beaucoup trop injuste.
06:53Et on est à un point de rupture
06:55de ce point de vue-là.
06:56Donc, il ne faudra pas pleurer
06:58si demain,
06:59Bardella,
07:00qui a 12 ans et demi,
07:01est quand même élu président,
07:03bien qu'il ne soit pas du tout qualifié
07:04pour le poste.
07:05Ça, c'est une autre réalité
07:06que je veux dire aussi
07:06pour ne pas être dans des postures.
07:08C'est qu'en réalité,
07:10je pense que personne
07:10ne croise sérieusement
07:11à l'élection de Bardella.
07:13Pour moi, c'est une espèce
07:14de fausse opposition.
07:16Les dirigeants du MEDEF
07:17déjeunent avec lui.
07:19En tout cas,
07:20il y milite pour Bernard Arnault
07:21quand ils font la une de Paris Match.
07:23Bernard Arnault,
07:23il y milite pour Jornal Bardella ?
07:24Mais bien sûr,
07:25quand ils organisent des dîners
07:28pour Le Pen,
07:29il y a une chose
07:30qui est une relation...
07:31Attendez, attendez,
07:32parce que c'est important
07:33ce que vous dites.
07:34Bernard Arnault,
07:34il a choisi son candidat,
07:35c'est Jornal Bardella.
07:36Mais quand il fait la une
07:37de Paris Match...
07:38C'est un journal.
07:39Ce n'est pas Bernard Arnault
07:39qui dit au patron de Paris Match
07:41que je vais donner
07:43je trouve bien naïf
07:44et moi, je ne pense pas...
07:45Vous portez des accusations
07:46sur les étayers.
07:47Oui, je pense que les Français
07:48commencent à comprendre
07:49qu'il y a une partie importante
07:50du patronat français
07:51qui est passé à l'analyse
07:52et bagage à l'extrême droite
07:52et je ne parle pas que
07:54du groupe Bolloré,
07:55je ne parle pas que
07:55du groupe Sterrin,
07:56d'ailleurs,
07:57dont le directeur financier
07:58est aujourd'hui
07:59le conseiller économique
08:00de Jordan Bardella
08:01qui l'a accompagné
08:04à se déjeuner
08:05avec le MEDEF.
08:06Je parle du patronat
08:08d'extrême droite
08:09qui est aujourd'hui...
08:10Bernard Arnault est dans
08:10le patronat d'extrême droite.
08:11Oui, Bernard Arnault aujourd'hui
08:12pour moi est passé entièrement
08:14à l'extrême droite.
08:15Quand on est Trumpiste,
08:15déjà, quand on est Trumpiste,
08:17d'accord,
08:18on n'est pas Trumpiste
08:19de façon...
08:20Oui, être Trumpiste,
08:21pardon,
08:22ce n'est pas quelque chose
08:22qui est conforme
08:23à la tradition républicaine
08:24française, déjà.
08:26C'est vous,
08:26c'est Raquel Garrido
08:28qui est le garant
08:28de la tradition républicaine
08:30française.
08:31J'y suis attachée
08:31à la tradition républicaine
08:33française, en effet.
08:34La prochaine Marianne,
08:35peut-être,
08:36je veux dire,
08:36à ce stade...
08:37Ça vous gênerait ?
08:38Non, mais c'est que
08:39je pense que vous n'avez
08:39pas le monopole
08:40de la tradition républicaine
08:41française.
08:41Non, mais j'en parle
08:42et je la défends.
08:43Je suis désolé.
08:44Pas Bernard Arnault.
08:45Pas Bernard Arnault
08:46qui refuse la taxe Zuckman
08:47qui va se féliciter
08:49du modèle états-unien.
08:51Sur le type
08:51qui a créé à peu près
08:52la dernière boîte
08:53qui fonctionne en France,
08:54en l'occurrence.
08:55C'est pas vrai.
08:55Arrêtons un peu
08:56de dire n'importe quoi.
08:56pour les entrepreneurs
08:57qui, eux,
08:58travaillent très fort,
08:59qui emploient les Français
09:01dont la clientèle est française.
09:01Je suis désolé,
09:02Madame Garrido,
09:03mais c'est terrible
09:05d'en être dans ces caricatures.
09:06Est-ce que dit
09:07Jordan Bardella ?
09:08Est-ce que la valeur absolue
09:10à gauche,
09:10c'est le droit à la paresse ?
09:11C'est-à-dire le non-travail ?
09:12Évidemment que non.
09:14C'est exactement l'inverse.
09:16C'est-à-dire que la gauche...
09:16La valeur de travail
09:17est encore défendue
09:17par la gauche.
09:18La gauche,
09:18c'est exactement le contraire.
09:19La gauche,
09:20elle est censée,
09:21du moins,
09:22en tout cas c'est ma conception,
09:23être ce porte-voix
09:24déjà du salariat.
09:26C'est 30 millions
09:26de personnes en France,
09:2820 millions dans le privé,
09:29plus on rajoute les fonctionnaires,
09:30on rajoute la ruralité,
09:31on peut rajouter
09:32les indépendants
09:33parce qu'aujourd'hui
09:33auto-entrepreneurs,
09:36aujourd'hui,
09:36quand vous avez
09:37un ou deux clients
09:38que vous peinez,
09:39c'est un type de contrat
09:41que vous pouvez penser
09:42que vous êtes libre
09:43mais en réalité
09:44vous galérez
09:44comme tout le monde.
09:45La gauche,
09:46elle doit parler
09:47au nom de ce peuple-là,
09:48s'assurer que son travail
09:49permet de vivre dignement.
09:51C'est ça la fonction sociale,
09:53je dirais,
09:54de la gauche pour moi.
09:55Et ça marche bien
09:56depuis des années.
09:57C'est un système
09:57qui marche très très bien.
09:59Le système...
10:00Tout ne marche que
10:01s'il y a des travailleurs.
10:02Rien ne marche
10:03sans les travailleurs.
10:03Le système dont la gauche
10:04a doté la France
10:05depuis 40 ans,
10:07c'est un système
10:07qui fonctionne
10:09extrêmement bien.
10:09Ça fait juste 10 ans
10:10que Macron gouverne.
10:11Et d'ailleurs,
10:12les indépendants
10:12dont vous parlez
10:13qui donnent 75%
10:15de ce qu'ils gagnent
10:15à la gauche,
10:16à l'État,
10:17à la collectivité,
10:18ils considèrent
10:19que ça marche très très bien.
10:20Ils se sentent
10:21défendus par la gauche.
10:21C'est qui le président
10:21de la République,
10:22Charles Consigny ?
10:23Qui est le président
10:24de la République ?
10:24Macron a été
10:25très insuffisant.
10:26Mais c'est pas la gauche.
10:27Macron a été très insuffisant.
10:28Il a dépensé
10:29comme un malade.
10:30Il n'a pas fait
10:31les réformes
10:31qu'il devait faire.
10:32Il a fait une politique
10:33de gauche ?
10:33C'est pour ça
10:34qu'il est en désaffection.
10:35Non, il a fait
10:36une politique
10:37de non-réforme,
10:38de non-action.
10:40Et ce n'est pas vrai
10:40parce que la France
10:41sous Macron
10:41est devenu un paradis fiscal
10:43pour milliardaires.
10:44D'ailleurs,
10:44il y en a plein
10:45qui arrivent.
10:45Il y en a plein
10:46qui s'installent.
10:47Vous avez vu
10:48les milliardaires américains.
10:50Et là,
10:50le bourget est embouteillé
10:52par tous les jets
10:53des milliardaires
10:54de la Silicon Valley
10:55qui veulent s'installer
10:56en France
10:56puisque c'est devenu
10:57un paradis fiscal.
10:58D'abord,
10:58il y a beaucoup
10:59d'investissements
11:00étrangers en France
11:01parce que la France
11:01est un lieu
11:02où la classe ouvrière
11:03est formée.
11:03Les investissements
11:04où il fait plutôt
11:05bon vivre
11:06grâce à ce modèle français
11:07que nous avons conçu.
11:09Les investissements
11:09étrangers,
11:10c'est justement
11:11ce qu'on peut mettre
11:12au crédit de Macron.
11:13Il y a deux choses
11:14je pense qu'on peut mettre
11:15à son crédit.
11:15Un, d'avoir enrayé
11:17durablement le chômage.
11:19Le chômage
11:20avait jamais baissé
11:21depuis des décennies.
11:22Il a quand même eu...
11:23Ça a commencé
11:23avec François Hollande.
11:24Oui, mais il a quand même
11:25eu une action positive
11:26sur le chômage
11:27et deux,
11:27les investissements
11:28étrangers grâce
11:28à une politique
11:29d'attractivité
11:31qui n'est pas du tout
11:32due au fait
11:32qu'on ait des cartes vitales
11:34ou que sais-je
11:36que vous prétendriez
11:37être ce qui attire
11:39les investisseurs étrangers.
11:40Donc ça,
11:40ça me paraît quand même
11:41complètement lunaire
11:43de soutenir ça.
11:44Mais moi,
11:45ce que je pense,
11:45c'est que Bardella,
11:48à mon sens,
11:49de toute façon,
11:50il ment aux gens
11:51puisque le programme
11:52du Rassemblement National
11:53est un programme
11:54que Mme Garrido
11:55ne dédaignerait pas.
11:56C'est faux.
11:57Je vais vous le démontrer
11:58dans un instant.
11:58C'est la retraite à 60 ans.
12:00Vous avez tort.
12:00C'est le refus
12:01de la réduction
12:02du nombre de fonctionnaires.
12:03C'est vrai.
12:04C'est la non-réforme totale.
12:06C'est la sacralisation
12:08absolue de l'État.
12:09Donc de toute façon,
12:10Bardella,
12:11c'est une publicité mensongée.
12:13Je crois que les gens
12:14qui nous écoutent...
12:14Le programme économique
12:15du RN
12:15est proche du vote.
12:17Il faut observer
12:18les votes
12:18à l'Assemblée Nationale.
12:19Je pense qu'il faut
12:20faire la différence
12:21entre un vernis
12:22de communication
12:23et...
12:24Sur la réforme des retraites,
12:25vous étiez d'accord ?
12:26Pas du tout
12:26puisque sur la réforme
12:27des retraites,
12:28précisément,
12:28que dit le RN ?
12:30Ce que dit le RN,
12:31c'est qu'en fait,
12:32les seules personnes
12:33qui pourraient avoir
12:35le droit de partir
12:35à la retraite
12:36à 60 ans
12:36sont les personnes
12:37qui ont travaillé
12:38avant l'âge de 20 ans.
12:39Ce n'est pas du tout
12:39ce qu'il y a dans le programme
12:40du Nouveau Front Populaire
12:41puisque nous,
12:42nous visons l'idée
12:43que tout le monde
12:44puisse partir
12:44à partir de 60 ans.
12:46Et ensuite,
12:47sur les salaires,
12:49ce qui est quand même
12:50très important
12:51parce qu'on est quand même
12:52je pense tous d'accord
12:53pour dire qu'aujourd'hui,
12:54avec un salaire minimum
12:55à 1 400 euros net,
12:57on a du mal,
12:57on a du mal
12:58à vivre dignement.
13:00Eh bien,
13:00à chaque fois
13:01que la gauche
13:02a proposé
13:03d'augmenter le SMIC,
13:04le RN a voté
13:05contre l'augmentation
13:07du salaire minimum.
13:08Et à chaque fois
13:09qu'on veut
13:11financer les services publics,
13:13les hôpitaux,
13:14la police,
13:15l'école,
13:15l'ERN propose
13:17des mécanos
13:17qui font baisser
13:18les cotisations
13:19et qui pèsent
13:20et qui appauvrissent
13:21en vérité
13:22notre système
13:22de financement social.
13:24Fondamentalement,
13:24vous savez très bien
13:25Madame Garrido
13:25que fondamentalement,
13:27il y a toute une branche
13:27du RN,
13:28c'est Jean-Philippe Tanguy,
13:30Marine Le Pen,
13:31beaucoup de conseillers
13:32autour d'eux,
13:33beaucoup d'élus
13:34qui fondamentalement
13:35ne sont pas du tout
13:36en rupture
13:37avec la tradition
13:39socialo-étatiste
13:40de la France.
13:42Jean-Philippe Tanguy
13:42a voté contre
13:43l'augmentation du SMIC
13:44comme son groupe.
13:44Oui, mais d'accord,
13:45mais parce que
13:45l'augmentation du SMIC,
13:46il y a aussi beaucoup
13:47de petits patrons indépendants
13:48qui sont contre
13:48l'augmentation du SMIC
13:49parce qu'ils ne s'en sortiraient pas
13:50si on augmentait le SMIC.
13:51Bon, alors ne dites pas
13:52que l'ERN est d'accord
13:53avec nous.
13:53Avec une baguette magique,
13:54vous parlez de la...
13:55Enfin, moi je trouve ça dément
13:56de défendre la retraite
13:57à 60 ans.
13:58On ne fait plus d'enfants
13:59en France.
14:00Ce n'est même pas
14:00que la retraite
14:00va être à 65 ans
14:02ou 67 ans.
14:03C'est que ça va être...
14:04Chacun va devoir
14:04se démerder
14:05pour se constituer
14:06sa retraite
14:07à l'avenir
14:07avec le système
14:08qu'on a...
14:09Ça, c'est ce que vous voulez.
14:09Non, pas forcément.
14:11Ça, c'est le modèle du MEDEF
14:12du secteur de l'assurance.
14:14Moi, je ne suis pas forcément
14:15contre la retraite
14:16par répartition,
14:17mais je pense que
14:18ça n'est plus tenable.
14:18Le système n'est plus liable.
14:19Moi, si vous voulez,
14:20j'aimerais qu'on sorte
14:22des postures.
14:23Bardella est dans des postures.
14:25Vous êtes vous-même
14:26dans des postures.
14:27Disons un peu la vérité
14:28aux gens.
14:29La vérité,
14:29qu'est-ce qu'elle est ?
14:30C'est que les Français
14:31ne font plus d'enfants.
14:32En tout cas,
14:32plus suffisamment
14:37extrême de retraite
14:37par répartition
14:38avec l'âge de départ actuel
14:40où le nombre d'années
14:41de cotisation,
14:42ça revient au même,
14:43il n'est pas financé.
14:44Si on faisait la retraite
14:45à 60 ans
14:45comme vous le proposez
14:47absurdement,
14:48ce sera encore moins financé.
14:50Et je pense que même
14:51si on relève l'âge
14:52à 65 ou 67 ans,
14:54on aura quand même
14:55du mal à le financer.
14:56Donc, disons la vérité
14:57aux gens là-dessus.
14:58Je réponds la vérité.
14:59Première chose,
15:01la courbe,
15:01la pyramide des âges
15:02affecte autant
15:04les régimes de retraite
15:05par répartition
15:05que les régimes de retraite
15:06par capitalisation.
15:07Dans un régime de retraite
15:08par capitalisation,
15:09vous avez aussi besoin
15:11d'un nouvel arrivage
15:11d'actifs en permanence
15:12pour financer les retraites
15:14de ceux qui ont épargné.
15:15Donc, l'argument
15:16du nombre d'enfants
15:17qu'on fait,
15:18et vous dites ça
15:18à la mère des familles nombreuses,
15:19donc pour l'instant,
15:20je suis contente
15:21d'avoir mis des cotisantes
15:22sur le marché.
15:22Vous avez réarmé
15:24démographiquement la France.
15:25Déjà, argument faux factuellement.
15:27Deuxièmement,
15:28si, pardon,
15:29deuxièmement,
15:32revenons au fond.
15:33Deuxièmement,
15:34est-ce qu'on est d'accord
15:35pour dire que le fait
15:37que les actifs,
15:38c'est-à-dire ceux
15:38qui sont en âge de travailler,
15:41mettent un peu d'argent
15:42de leur énergie,
15:43de leur travail de côté
15:44pour payer pour les petits,
15:46pour les enfants
15:46qui ne travaillent pas encore
15:47et pour les vieux
15:48qui ont travaillé
15:48toute leur vie ?
15:49Est-ce qu'on est d'accord
15:50pour dire ça ?
15:50Donc, à partir du moment
15:52où on est d'accord
15:56pour dire ça,
15:57tous les blablas
15:59qui consistent à dire
16:00que les actifs
16:00prennent sur leur épaule
16:02trop de choses,
16:03c'est absurde.
16:04Parce que qui voulez-vous
16:04d'autre que les actifs
16:06payent pour les anciens
16:07et pour les enfants ?
16:08Si ce n'est les enfants eux-mêmes
16:10s'ils voulaient rétablir
16:10le travail des enfants ?
16:13C'est faux.
16:14Parce qu'il y a moins de gens
16:14pour payer.
16:15Ou alors vous avez
16:16une vision de l'avenir
16:17de la France
16:18parce qu'il y a un truc
16:18où personne ne va travailler.
16:19C'est les robots,
16:20l'intelligence artificielle
16:21qui va tout faire ?
16:22C'est ça la différence
16:23entre la gauche et la droite.
16:25Nous, on est pour le travail
16:26et le vrai droit.
16:28L'extrême droite
16:29a une vision parfois simpliste.
16:30Mais là, vous me rappelez
16:32une bande dessinée
16:32qui s'appelle Oui Oui.
16:34Je ne sais pas si vous vous souvenez
16:35de ce que c'est Oui Oui.
16:36Alors, on est tous d'accord.
16:37Celui qui travaille,
16:38il va travailler pour les petits
16:39et il va travailler
16:40pour les plus vieux.
16:41On dirait que vous expliquez
16:42à des enfants...
16:42Oui, je suis obligée
16:43de vous expliquer.
16:44Vous êtes toujours en train
16:44de remettre en cause
16:45nos conquêtes sociales.
16:47Mais non, mais là,
16:49ça s'effondrerait sur soi-même
16:51si vous étiez au pouvoir.
16:52Ce n'est pas parce que je dis
16:53et d'une simple simplicité
16:55enfantine
16:55que ce que je dis est faux.
16:57Mais il n'y aurait plus
16:57de système social
16:58C'est peut-être
16:58parce que mon argument
16:59est très puissant.
17:00On serait comme dans ces pays,
17:01comme tous les pays
17:02qui ont été soumis
17:02à vos politiques,
17:03c'est que ça finit
17:04par s'écrouler sur soi-même.
17:05Et tout ce que ça génère
17:07à la fin,
17:07c'est de la pauvreté,
17:08mais de la vraie pauvreté dure.
17:10De quoi vous parlez ?
17:11Tous les pays collectivistes
17:13dont vous vous inspirez,
17:14je vous rappelle que...
17:14Mais je vous parle
17:15d'un système de répartition
17:16basé sur des cotisations,
17:17pas du collectivisme.
17:18Je vous rappelle
17:19que le parti auquel
17:20vous avez longtemps appartenu
17:21voulait que la France
17:22quitte l'OTAN
17:23pour rejoindre
17:23l'alliance bolivarienne.
17:24Ça existait, ça, quand même.
17:26Et c'est quand même
17:27ce que vous défendez à la fin.
17:28Quand vous faites ça,
17:29c'est que vous êtes
17:30vous pataugez.
17:30Vous ne savez pas quoi me répondre.
17:31On ne peut pas défendre
17:32jusqu'à l'absurde
17:33un truc qui ne marche pas.
17:34Les cotisations,
17:35ça ne marche pas ?
17:36Non, ça ne marche pas.
17:37Ben non, ça ne marche pas.
17:38Donc qui, alors, va payer ?
17:39Et c'est ce qu'on voit
17:39justement en ce moment
17:40puisque si vous allez un peu...
17:41Ça y est, vous vous énervez.
17:42Non, je ne m'énerve pas.
17:44Mais si vous allez un peu
17:45dans la précision des choses
17:46et qu'on sort de oui, oui.
17:48Voyez, on n'est plus
17:48dans une bande dessinée.
17:49Ce sont des adultes
17:50qui nous regardent.
17:51Oui, des cotisants.
17:53Eh bien, si on va
17:53dans la précision des choses,
17:54on sait, par exemple,
17:55que les retraites
17:56aujourd'hui en France,
17:57elles ne sont même plus seulement
17:59payées par les cotisations,
18:01comme vous dites,
18:01que moi, j'appelle les charges.
18:02On est obligé maintenant
18:03depuis plusieurs années
18:05d'aller chercher
18:05sur le budget de l'État
18:07pour renflouer
18:08cette pyramide de Ponzi
18:09qui ne tient pas...
18:11Oh, bien sûr, c'est pour ça.
18:13Eh bien oui.
18:14Mais allez le dire
18:15aux indépendants...
18:15C'est surtout la retrait
18:16du public qu'on doit financer.
18:17Allez le dire aux indépendants
18:18qui donnent la moitié
18:19de ce qu'ils gagnent
18:20et qu'ils cotisent.
18:21Tout le monde cotise.
18:22Mais franchement...
18:23C'est pas la même caisse,
18:24mais ça marche de la même façon.
18:25Je pense que, franchement,
18:26les gens qui nous regardent...
18:27Qui sont cotisants ?
18:29Eh bien, justement...
18:30Et donc, ils savent très bien
18:31que ce système n'est pas financé.
18:33Mais ils sont inquiets, pourquoi ?
18:33Parce qu'il y a des gens comme vous
18:34qui veulent remettre en cause...
18:35C'est pour ça que les Français...
18:36Le bando où il y a écrit
18:37« La gauche a-t-elle un problème
18:38avec le travail ? »
18:39Pardon, mais excusez-moi...
18:40Mais donc, c'est ce que vous voudriez ?
18:41Le fait que la France
18:43est l'un des pays
18:44où on épargne le plus
18:44montre bien que les Français
18:45eux-mêmes ne croient plus
18:46au système que vous défendez.
18:48Ils se disent
18:49« Si je ne mets pas de l'argent de côté,
18:51je n'aurai pas de retrait ».
18:51Je pense que les Français
18:52ont tout à fait conscience
18:53qu'il y a des gens comme vous
18:54qui a attaqué le système
18:55du soir au matin.
18:55C'est vous qui l'attaquiez.
18:57Demandez aux gens
18:57pourquoi ils mettent
18:58de l'argent de côté.
18:59Pourquoi ils mettent de l'argent de côté ?
19:00Vous êtes comme quelqu'un
19:01qui voudrait...
19:04Attendez, vous n'avez pas
19:04d'opinion sur le sujet ?
19:06Vous pensez que notre système
19:07de cotisation,
19:08il doit financer nos retraites ?
19:09Oui ou non ?
19:09Ou est-ce que c'est chacun pour soi ?
19:11Et Dieu pour tous
19:12qui doit financer les retraites ?
19:13Je pense qu'on est obligé
19:13de réinventer ce système
19:15parce que c'est un système
19:16qui ne marche pas
19:18avec la répartition
19:21démographique actuelle de la France.
19:22Et donc, quand je vois
19:23la gauche a-t-elle un problème
19:24avec le travail,
19:25le bandeau qui était écrit en bas,
19:26je constate que oui
19:27puisque votre solution,
19:29ça n'est jamais
19:29d'augmenter le travail.
19:31C'est toujours, toujours, toujours
19:33de pressuriser un peu plus
19:35ceux qui cotisent.
19:36C'est n'importe quoi
19:38puisque si vous avez
19:39un million de personnes
19:40qui travaillent en plus,
19:41ça fait des cotisations
19:42qui rentrent.
19:42Ça ne marchera pas.
19:43Vous m'imputez des raisonnements
19:46qui sont le contraire
19:47de ce que je dis.
19:48Dans une société française
19:49où tout le monde bosse,
19:51où on a un sens à notre vie
19:52etc.,
19:53on paye des cotisations.
19:54Donc, battez-vous
19:55contre le chômage,
19:56battez-vous contre le bullshit job,
19:58battrez-vous contre le fait
19:59que certaines personnes
20:00ont les fait travailler
20:0145-50 heures
20:02alors que les autres
20:02sont au chômage.
20:03C'est pas le système
20:04que vous le mettez.
20:05Par exemple,
20:06Mme Garrido,
20:06comme l'a rappelé fort
20:07justement Olivier Truchot,
20:09ce qui rend très déficitaires
20:10nos caisses de retraite,
20:11c'est notamment
20:11les retraites du public
20:12qui sont très déficitaires
20:13contrairement à celles du privé.
20:15Je propose
20:17qu'on demande
20:18au secteur public
20:19de faire un petit effort
20:20pour soulager
20:21le secteur privé.
20:22En attendant,
20:22merci à tous les deux.
20:23On vous retrouvera
20:24très prochainement
20:25sur le plateau de BFM TV.
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