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  • il y a 4 mois
Adèle Nicolo, 18 ans, jeune assistante dentaire à Genève. Huit jours avant la Noël 1988, on retrouve son corps nu, glissé dan un sac, flottant entre deux eaux dans le lac Léman. Premier acte d'un film noir dans lequel les deux principaux acteurs vont entrer en scène. Un couple de dentistes qui employait la victime.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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00:0214h15 c'est l'heure du crime sur rtl des cris de terreur vraiment un cri qui vous glace le
00:11sang
00:11alors je me suis précipité à l'étage du dessus j'ai sonné chez le dentiste il n'y avait
00:18aucun
00:18bruit personne n'a réagi bonjour adèle nicolo 18 ans jeune assistante dentaire à genève huit
00:28jours avant la noël 88 on retrouve son corps nu glissé dans un sac flottant entre deux eaux dans
00:35le lac léman premier acte d'un film noir dans lequel les deux principaux acteurs vont entrer
00:41en scène un couple de dentistes qui employait la victime que s'est-il passé derrière les murs du
00:47cabinet de la rue du rhône adèle nicolo chloroforme mortelle l'heure du crime la seule émission radio
00:53100% fait divers c'est tout de suite sur rtl
01:03dimanche 18 décembre 1988 au matin par un froid glacial deux adolescents qui font de l'aviron sur
01:10le léman viennent accoster au ponton de la pointe de la bise sur la rive gauche du lac à une
01:17vingtaine de
01:17minutes de genève leur attention est attirée par la présence d'un gros sac rouge utilisé pour la voile à
01:24demi immergé sous le ponton en le manipulant les deux rameurs s'aperçoivent qu'un corps entièrement
01:30dénudé est à l'intérieur celui d'une jeune femme la tête est couverte d'un sac plastique trop peu
01:37lesté
01:37le corps n'a pas plongé la police et les secours sont sur place un médecin ne constate pas de
01:43blessures
01:43visibles sur la dépouille il ignore la cause du décès seule certitude la mort est récente elle
01:51remonterait à 24 heures la jeune femme ne porte ni bijoux ni signes distinctifs impossible à identifier
01:57il est décidé de laisser deux gendarmes en surveillance autour du ponton pour surveiller les éventuels promeneurs
02:05rares en cette saison autour de 22 heures deux silhouettes se découpent dans l'obscurité un homme
02:12et une femme le couple est contrôlé daniel moraire dentiste et son épouse thérèse elle travaille avec
02:18lui ils ont le même âge 31 ans leur cabinet est situé rue du rhône à genève deux heures plus
02:25tard
02:25les enquêteurs sont chez les moraires ils font le lien avec le signalement d'une jeune femme disparue
02:32depuis la veille adèle nicolo 18 ans assistante dentaire dans le cabinet moraire le couple est
02:43interpellé
02:43lundi 19 décembre aux premières heures de la matinée daniel et thérèse moraire sont en garde à vue
02:49l'épouse reconnaît très vite qu'un drame s'est joué au cabinet dentaire elle raconte c'était samedi
02:56matin elle était seule avec adèle nicolo thérèse moraire était en train d'éponger du chloroforme
03:02dont un flacon venait de se briser sur le sol elle a reproché à adèle de ne pas faire son
03:08travail
03:08correctement une dispute a éclaté le ton est monté adèle a commencé à crier pour la faire taire
03:14thérèse lui a appliqué le chiffon imbibé de chloroforme sur la bouche la jeune femme a perdu
03:19connaissance elle s'est effondré son coeur ne battait plus thérèse moraire assure qu'elle n'a
03:25pas voulu tuer son employé l'épouse du dentiste va par la suite présenter un autre scénario ce
03:32samedi matin elle a fait venir adèle au cabinet sous prétexte de classer du courrier elle soupçonnait
03:38l'assistante d'avoir une liaison avec son mari elle voulait donc s'expliquer avec elle thérèse s'était
03:45procuré une bouteille d'un litre et demi de chloroforme elle avait l'intention d'anesthésier
03:51l'assistante pour la faire avouer elle a enfilé des gants elle a attaqué adèle nicolo par surprise
03:56mais celle ci s'est défendue tout a dégénéré thérèse moraire a alors saisi l'assistante par
04:02les cheveux adèle hurlait elle appelait au secours elle lui a collé le tampon de chloroforme sur le
04:06visage un voisin a entendu les cris il est monté au deuxième étage ce dernier christian sbinden confirme aux
04:14enquêteurs avoir entendu des cris de terreur qui glace et le sang il a sonné à la porte mais
04:22thérèse moraire n'a pas ouvert le témoin a vu que dans le cabinet quelqu'un éteignait la lumière
04:33en garde à vue daniel moraire dit pour sa part avoir été informé du drame à son arrivée au cabinet
04:39vers 14 heures son épouse lui a tout d'abord demandé s'il l'aimait puis elle lui a dit
04:45qu'adèle était
04:46morte il a voulu l'aider quitte à cacher la vérité il a appelé les parents d'adèle nicolo il
04:52a demandé
04:52si adèle était chez eux rue des muriers à lausanne il a informé les parents que leur fille avait quitté
04:59le
04:59cabinet vers midi et n'était pas rentré un mensonge bien sûr thérèse moraire a entièrement déshabillé la
05:06victime elle a enfermé le corps dans un sac de toile et placé un sachet plastique sur la tête dans
05:12la
05:12soirée le couple a dîné au restaurant vers 22 heures ils ont placé le corps dans le coffre de
05:19la voiture ils ont tourné longtemps pour trouver un coin où l'abandonner sans succès ils sont rentrés
05:25à l'aube le mari tout seul a laissé le sac près du ponton de la pointe de la bise
05:31les habits de la
05:32victimes ont été jetés dans des poubelles les papiers ont été brûlés daniel moraire voulait
05:38revenir au lac pour lester correctement le sac un radiateur a été découvert dans le coffre de
05:46l'auto scénario hallucinant d'un couple de notables embarqués en 48 heures seulement ça va
05:53très vite dans une épouvantable histoire autant dire que les premières déclarations des uns et des
05:58autres sont plutôt confuses même s'il y a complicité dans ce couple entre le mari et la
06:03femme on est au tout début des investigations les surprises vont se multiplier on n'est pas
06:08encore arrivé à la vérité est ce qu'on sera d'ailleurs un jour à la vérité ça c'est
06:12une
06:12autre chose et on va le voir dans la suite de l'heure du crime une victime retrouvée donc
06:17dans le léman en une poignée d'heures deux heures seulement un couple qui passe aux aveux
06:24bonjour isidore raposo bonjour merci beaucoup d'être avec nous en direct dans l'heure du crime
06:29vous êtes journaliste indépendant vous travaillez à l'époque oblique et vous êtes voilà et vous
06:37êtes fondateur du journal le nord vaudois isidore raposo vous êtes avec nous aujourd'hui parce que
06:42vous connaissez particulièrement bien ce dossier je l'ai dit un couple qui passe aux aveux qu'est ce
06:47qu'elle va déclarer tout d'abord thérèse morer morer c'est un nom d'emprunt je précise qu'on
06:53respecte la loi suisse et on a donc donné un faux nom à ce couple mais bon ça c'est
06:59la loi c'est la
06:59loi qu'est ce qu'elle qu'est ce qu'elle raconte cette femme et bien elle raconte simplement qu
07:05'elle
07:05était convaincue que alain nicolo avait une relation avec son époux et elle avait interpellé à plusieurs
07:14reprises son époux elle avait manifesté ses soupçons et lui c'est un personnage un peu mou il lui
07:21répondait mais qu'est ce que tu imagines c'est c'est complètement fou il n'y a pas de
07:27problème il
07:27n'y a absolument rien c'est une collaboratrice professionnelle mais ce qui se passait c'est
07:32qu'en répondant de la sorte il accentuait encore sa jalousie il accentuait sa jalousie et ça faisait un
07:41moment encore une petite question Isidore Raposo ça faisait un moment que Thérèse Morer elle
07:45portait pas vraiment dans son coeur Adèle Nicolo il y avait même une espèce de haine qui avait fini
07:49par se nouer vis-à-vis de cette assistante dentaire alors il faut dire qu'elle était débutante elle
07:55avait été engagée peu de temps auparavant d'ailleurs dans un entretien qui a eu lieu au domicile du couple
08:03Daniel Morer et aujourd'hui il apparaîtrait incongru de faire un entretien professionnel dans un
08:10domicile mais en l'occurrence Daniel Morer voulait le faire en présence de son épouse pour éviter
08:17parce qu'il savait qu'elle était c'était une jalouse maladive qu'il fallait éviter ce type de
08:21problème donc comme ça elle pouvait voir immédiatement la personne qui était engagée
08:24c'est étonnant ce que vous racontez Isidore Raposo parce qu'on me sent bien qu'effectivement
08:29c'est pas comme ça un coup de colère subi c'est que cette haine cette jalousie elle existait
08:34depuis un bon moment bonjour maître Moropogia bonjour merci infiniment d'être avec nous également
08:40en direct dans l'heure du crime alors vous êtes vous avez été l'avocat de Thérèse Morer lors du
08:45deuxième procès on ne va pas en parler tout de suite des procès elle a eu beaucoup d'avocats et
08:50vous avez été l'un de ses derniers avocats maître Moropogia je précise que vous êtes député au
08:54conseil des états suisses votre temps je sais est très précieux donc encore une fois merci
08:58beaucoup d'être avec nous en direct il y a quelque chose qui m'a troublé dans cette affaire c
09:02'est que
09:03il y a l'achat du chloroforme il y a cette femme qui met des gants pour appliquer le tampon
09:09de
09:09chloroforme sur le visage de cette malheureuse assistante dentaire ben ça fait beaucoup quand
09:14même pour une dispute qui dégénère on sent que les choses ont été plutôt préparées non
09:19justement c'est cette préméditation qui a joué dans le premier procès et ce faisceau d'indices
09:26qui a amené les jurés de la cour d'assises à considérer qu'en fait il ne s'agissait pas
09:32d'un accident comme elle le plaidait mais véritablement d'un assassinat c'est à dire
09:37d'un meurtre prémédité ce qu'il a fallu finalement démonter grâce à une décision
09:44mais vous y reviendrez tout à fait on va y venir à ces procès n'allons pas trop vite on
09:49est au début de l'enquête
09:50encore une question pour vous maître Moropogia Daniel Morer c'est le mari il rentre au cabinet et en début
09:56d'après-midi
09:58sa femme lui dit finalement elle est morte l'assistante dentaire on n'a pas l'impression qu'il se
10:02pose beaucoup de questions cet homme
10:03d'un seul coup il est de sa femme
10:06c'est un drôle de personnage d'abord comme cela a été dit
10:10elle est maladivement jalouse
10:12elle lui demande si elle a une relation
10:14et lui non seulement il dément
10:17mais il va au-delà il laisse entretenir un doute
10:20parce que ça le valorise
10:23cette épouse qui est jalouse
10:25et qui exprime ainsi son amour
10:27et il joue finalement avec cette jalousie
10:30et le voulant ou non finalement il ne fait qu'accentuer cette jalousie
10:36alors c'est vrai qu'elle avait entendu parler
10:39parce que dans certains pays faute d'anesthésie pour les femmes qui devaient accoucher
10:43on utilisait du chloroforme pour les mettre dans un état second
10:47et on constatait du moins l'avait-elle entendu
10:51et c'est vrai que c'est vérifié
10:53qu'après l'utilisation du chloroforme
10:55les personnes sont désinhibées et parlent finalement sans retenue
10:59et se mettent à parler
11:00effectivement la clé elle est peut-être là
11:02pour l'instant on va découvrir
11:05qu'une autopsie va réserver une surprise
11:07vraiment de taille
11:09Adèle Nicolo, chloroforme mortelle
11:11selon nous la victime pouvait être encore vivante
11:14quand elle a été jetée à l'eau
11:15l'enquête de l'heure du crime
11:17on se retrouve dans un instant sur RTL
11:20Tous les jours
11:23Toute la journée
11:26C'est RTL
11:3014h-15h
11:31Joël Fonce-Richard sur RTL
11:34L'heure du crime
11:35Au programme de L'heure du crime
11:37La mort étrange d'Adèle Nicolo
11:3918 ans à Genève
11:40peu avant la Noël 88
11:41son corps jeté dans le lac Léman
11:43ses employeurs
11:44un couple de dentistes
11:45évoquent un accident
11:46tué dans une dispute chloroformée
11:49l'autopsie est attendue avec impatience
11:54Lundi 26 décembre 88
11:57une semaine après leur arrestation
11:59Daniel et Thérèse Morer
12:00comparaissent à huis clos
12:01devant la chambre d'accusation
12:03du tribunal de Genève
12:04Tous deux inculpés
12:05pour la mort de l'assistante Adèle Nicolo
12:08meurtre pour l'épouse
12:09entrave à l'action pénale pour le mari
12:12ils viennent demander leur remise en liberté
12:15Thérèse Morer
12:16jeune femme élancée
12:17cheveux châtains
12:18tailleur marron
12:20assure qu'elle n'a pas voulu tuer Adèle
12:22elle se dit catastrophée
12:23consternée par ce qui s'est passé
12:25son mari chétif
12:27crâne dégarni
12:28lunettes
12:28explique qu'il a simplement voulu
12:30rendre service à son épouse
12:32le couple reste en prison
12:37Lundi 16 janvier 89
12:39le juge d'instruction
12:41Jean-Pierre Tremblay
12:42est destinataire
12:43des premières conclusions
12:44du légiste
12:44le docteur Aldrich Frick
12:46elles sont fracassantes
12:48selon le médecin
12:49qui a mené l'autopsie
12:50Adèle Nicolo
12:51ne serait pas morte immédiatement
12:53après avoir inhalé
12:54le chloroforme
12:55elle aurait été plongée
12:57dans un état comateux
12:58pendant au moins
12:59une quinzaine d'heures
13:00elle était donc encore vivante
13:02quand Daniel Morer
13:03la jetait dans le Léman
13:05elle serait morte noyée
13:07des vérifications font apparaître
13:08que la victime
13:09aurait saigné
13:10lors de son transport
13:11des traces de sang
13:12auraient également été
13:13retrouvées
13:14sur le ponton
13:15du lac Léman
13:16Daniel Morer
13:17médecin dentiste
13:19ne pouvait pas ignorer
13:20qu'un corps qui saigne
13:22est un corps vivant
13:23il aurait tout de même
13:24jeté Adèle Nicolo
13:25dans l'eau glacée
13:26hypothèse si elle est vérifiée
13:28qui ferait du dentiste
13:29un meurtrier potentiel
13:31le juge Tremblay
13:32ne révèle pas
13:33les conclusions de ce rapport
13:34secret de l'instruction
13:35dans le journal le matin
13:37il se veut prudent
13:39j'attends une expertise
13:40plus catégorique là-dessus
13:41déclare-t-il
13:42il faudra attendre
13:43un an
13:44janvier 90
13:45pour que notre expert
13:47vienne contredire
13:48le rapport du légiste
13:49selon le professeur
13:51Hans-Rudolf Gugger
13:52directeur de l'institut
13:54médico-légal de Lausanne
13:55Adèle Nicolo
13:56n'est pas morte noyée
13:57elle est bien décédée
13:59en respirant le chloroforme
14:00une sorte d'anesthésie
14:02qui a provoqué
14:03une syncope blanche
14:05un arrêt cardiaque
14:06un cas clinique rare
14:08selon la littérature médicale
14:10mais qui peut survenir
14:11dans une situation
14:12de stress extrême
14:14autopsié deux fois
14:16expertisé huit fois
14:17le corps d'Adèle Nicolo
14:19ne sera rendu à ses parents
14:20que 16 mois
14:21après le décès
14:24les enquêteurs continuent
14:26à s'informer
14:26sur le couple
14:27Morer et Adèle Nicolo
14:29les parents de la victime
14:30des Italiens
14:31installés depuis plus de 30 ans
14:32en Suisse
14:33affirment qu'elle était
14:34devenue le souffre-douleur
14:36de Thérèse Morer
14:37celle-ci l'humilie
14:38et constamment
14:38elle lui confiait
14:40des tâches subalternes
14:41elle l'a considérée
14:42comme sa femme de ménage
14:44assure Maria
14:45sa mère
14:46le week-end de sa mort
14:48Adèle avait prévu
14:49de démissionner
14:49elle avait trouvé un travail
14:51dans un autre cabinet
14:52mais n'osait pas le dire
14:53à ses employeurs
14:54les enquêteurs
14:55apprennent
14:56que Thérèse Morer
14:57persuadée que son mari
14:58l'a trompée
14:59avec Adèle
15:00ruminée
15:01depuis longtemps
15:02le projet
15:03pour faire avouer
15:04l'assistante
15:05à une amie
15:06lors d'un voyage
15:07en avion
15:08elle avait confié
15:10qu'elle allait acheter
15:10une bombe lacrymogène
15:12pour ensuite
15:13ligoter sa rivale
15:14et même lui couper
15:15les cheveux
15:16s'il fallait
15:16en prison
15:18l'épouse continue
15:18à être rongée
15:19par l'idée
15:20d'avoir été trompée
15:20elle va même proposer
15:22un détenu
15:23récemment libéré
15:2310 000 francs suisses
15:25pour aller voir
15:26la cousine
15:27d'Adèle Nicolo
15:28et lui extorquer
15:29des informations
15:31en fait
15:32aucune liaison
15:33extra-conjugale
15:34n'a jamais existé
15:35Adèle Nicolo
15:37était vierge
15:38quand elle est morte
15:42et Daniel
15:43et Thérèse
15:44Morer
15:45vont être libérés
15:46libérés
15:47et libertés
15:47conditionnelles
15:48à l'hiver 90
15:49évidemment
15:51on va attendre
15:51désormais
15:52le procès
15:53on va voir
15:53si dans le chapitre
15:54suivant
15:55ce que vont
15:56d'ailleurs
15:56décider
15:57les jurés
15:57de la cour
15:58d'assises
15:58de Genève
15:59un procès
16:00qui encore une fois
16:01va amener
16:02bien des révélations
16:03et bien des surprises
16:05il ne faut pas aller trop vite
16:06on va revenir
16:06à l'enquête
16:07du juge
16:08Tremblay
16:09il y a quelque chose
16:10de très important
16:11maître Moropogia
16:12vous êtes avec nous
16:13évidemment
16:13vous connaissez parfaitement
16:14ce dossier
16:15vous avez été
16:16l'avocat de Thérèse Morer
16:17lors de son deuxième procès
16:18on y viendra
16:19à ces procès
16:19pour l'instant
16:20il faut parler
16:21de l'autopsie
16:22moi j'étais très frappé
16:23par les conclusions
16:24de la première autopsie
16:25où on dit
16:27cette jeune femme
16:28en fait
16:28elle n'était peut-être
16:29pas morte
16:30quand on l'a jetée
16:31à l'eau
16:31ce qui serait
16:33un scénario
16:35je pense que
16:35vous en êtes d'accord
16:36maître Moropogia
16:37qui serait totalement
16:38épouvantable
16:39épouvantable
16:40effectivement
16:41surtout que
16:42les médias
16:43sont derrière
16:44cette affaire
16:45il y a
16:45c'est un scandale
16:47on ne comprend pas
16:48que
16:49certains sont même
16:50pour le rétablissement
16:51de la peine de mort
16:52vous imaginez
16:53la souffrance
16:54de la famille
16:55imaginez que
16:56leur fille
16:57était enfermée
16:58dans un sac poubelle
16:59et jetée
17:00au fond de l'eau
17:01encore vivante
17:02c'était clairement
17:04un assassinat
17:05et encore
17:05un assassinat
17:06dans les pires
17:07imaginables
17:08et c'est vrai
17:10qu'à ce moment-là
17:10cela impliquait
17:12aussi bien évidemment
17:13le mari
17:14ce qui n'était pas le cas
17:15si Adèle
17:17était décédée
17:18immédiatement
17:19et déjà décédée
17:20lorsqu'il arrivait
17:21dans la pièce
17:21là cela veut dire
17:22qu'il aurait pu éviter
17:24cette issue fatale
17:25et donc
17:26il était directement
17:27impliqué
17:27mais en tant que
17:29futur avocat
17:30de Thérèse
17:31déjà pour elle
17:32imaginez
17:33qu'elle puisse être
17:35coupable
17:35d'avoir enfermé
17:36cette jeune fille
17:37dans un sac
17:38encore vivante
17:39et la jetée
17:39au fond du lac
17:40était tout simplement
17:41inimaginable
17:42c'est pour ça
17:42que la presse
17:43va se déchaîner
17:43on va les appeler
17:44les diaboliques
17:45ce couple
17:46parce qu'effectivement
17:47c'est un scénario
17:48épouvantable
17:49alors il y aura
17:49une contre-autopsie
17:51évidemment
17:51un an plus tard
17:53Isidore Raposo
17:54vous êtes avec nous
17:54dans cette heure du crime
17:55journaliste
17:56à l'époque
17:57vous avez travaillé
17:58au journal Blic
17:59effectivement
18:00vous avez suivi
18:01toute cette affaire
18:01il y a la deuxième autopsie
18:02alors là
18:03qui change tout
18:04on bascule
18:04on dit
18:05non non
18:05cette jeune femme
18:06elle était bien morte
18:07elle est morte
18:08en fait
18:09asphyxiée
18:09par le chloroforme
18:12et donc là
18:13c'est un peu curieux
18:14parce qu'on parle
18:15d'une syncope blanche
18:16est-ce que vous pouvez
18:17nous expliquer
18:18est-ce que c'est possible
18:18qu'elle soit morte
18:19simplement avec du chloroforme
18:21chloroforme c'est fait
18:22pour endormir
18:22pas pour tuer
18:24alors les explications
18:25qui ont été données
18:26à l'époque
18:27c'est que
18:28en fait
18:29ça provoque
18:30un arrêt
18:31réflexe du coeur
18:32la dose était massive
18:35et c'est la dose
18:37plus le temps
18:38d'application
18:38sur la bouche
18:39respectivement
18:40le nez
18:40qui ont provoqué
18:42cette situation
18:43de stress
18:44et qui a conduit
18:45à un arrêt réflexe
18:46du coeur
18:46on connait très peu
18:47de cas d'arrêt réflexe
18:49mais vous les aviez
18:50souvent en France
18:51ces VRP
18:52qui roulaient en voiture
18:53avec la cravate serrée
18:55et vous aviez
18:56une collision en fil
18:57il n'y avait pas de quoi
18:59tuer un homme
18:59et retrouver un homme mort
19:00ben ça
19:01la simple pression
19:02de la cravate trop fermée
19:04sur l'artère principale
19:06au cou
19:06pouvait provoquer
19:08cet arrêt réflexe
19:08du coeur
19:09alors ça j'ignorais totalement
19:10effectivement je ne suis pas médecin
19:11vous non plus d'ailleurs
19:11Isodora Pozo
19:12mais vous connaissez mieux
19:13la médecine que moi
19:15maître Moropoggia
19:16tout au long
19:17de cette enquête
19:18juste avant le procès
19:20elle n'en démore pas
19:21Thérèse Morer
19:22elle va dire que
19:22effectivement
19:23elle était trompée
19:24elle est persuadée de ça
19:26et elle va être persuadée
19:27quasiment jusqu'à l'arrivée
19:28au procès
19:28qu'elle était trompée
19:29par son mari
19:31oui
19:31je pense que
19:33si elle pouvait s'exprimer
19:34aujourd'hui
19:34je pense qu'elle
19:35elle en serait encore convaincue
19:36je pense que
19:38elle était
19:39elle était
19:40totalement
19:41dans son délire
19:43il faut le dire
19:43elle n'a jamais voulu
19:44d'expertise psychiatrique
19:46ça a été un problème
19:47pour ses avocats successifs
19:48parce que
19:49c'était
19:50quelqu'un de dérangé
19:51comme on dit
19:52et clairement
19:53une personne
19:55équilibrée
19:55n'aurait jamais fait
19:57ce qu'elle a fait
19:57et c'est pour ça
19:58que personne
19:59ne pouvait imaginer
20:00une seconde
20:01qu'elle veuille utiliser
20:02du chloroforme
20:03uniquement pour arracher
20:04des aveux
20:05de celle
20:06qu'elle pensait
20:07être la maîtresse
20:08de son mari
20:08en fait
20:09ce que nous disait
20:10tout à l'heure
20:10Isodore Raposo
20:11elle aurait
20:12si je vous suis
20:13elle aurait mal dosé
20:14ce chloroforme
20:15elle ne le maîtrisait pas
20:17c'est ça
20:19Moropogia
20:20oui oui pardon
20:22oui tout à fait
20:23effectivement
20:23elle était convaincue
20:25mais on l'a tous vu
20:26dans des films
20:27dans des bandes dessinées
20:29on utilise le chloroforme
20:30la personne s'endort
20:32et ensuite se réveille
20:33un peu
20:34un peu
20:35un peu groggy
20:35c'est ça
20:36voilà un peu groggy
20:37on n'imagine pas
20:39que le chloroforme
20:39puisse avoir cet effet
20:40qui est un effet exceptionnel
20:42selon
20:43le médecin
20:44qui s'est exprimé
20:45et elle-même évidemment
20:46qui n'est pas professionnelle
20:48n'imaginait pas une seconde
20:50elle a toujours déclaré
20:51d'ailleurs
20:51de manière invariable
20:53qu'elle ne voulait pas
20:53la mort
20:54de cette personne
20:55parce qu'elle n'était pas
20:56convaincue
20:56qu'elle était véritablement
20:58sa maîtresse
20:58mais elle voulait en avoir
20:59le cœur net
21:00parce qu'en fait
21:00elle voulait avoir
21:01un enfant avec son mari
21:02et elle ne voulait pas
21:03avoir un enfant
21:04avec un homme
21:04qui la trompait
21:06Presque 4 ans
21:07après le drame
21:07un couple
21:08aux assises
21:10Adèle Nicolo
21:10chloroforme mortelle
21:11j'aime ma femme
21:13je ne pouvais pas
21:13la dénoncer à la police
21:14l'enquête de l'heure du crime
21:15quelle vérité
21:16cache le dentiste
21:17et sa femme
21:18l'épouse
21:19voulait-elle juste
21:20intimider la jeune assistante
21:21ou bien la tuer
21:22à suivre
21:23dans un court instant
21:24sur RTL
21:27Merci d'écouter RTL
21:36RTL en direct de Roland-Garros
21:38pour la suite
21:39et la fin du premier tour
21:40aujourd'hui
21:41en vous rappelant
21:41déjà la très belle victoire
21:43de Moïse Kouamé
21:44qui a battu en 3-7
21:45Marine Silic
21:467-6-6-2-6
21:47sa première victoire
21:48en grand chelem
21:48à 17 ans
21:50il y a 3 français
21:51sur le cours actuellement
21:52Alexandre Muller
21:53qui est mené
21:531-7 à 0
21:54par Stéphano Stiti
21:55passe sur le cours
21:56Philippe Châtrier
21:566-2
21:57et 1-0
21:58déjà en faveur du grec
21:59Thomas Forel
21:59sur le cours 14
22:00qui est mené
22:016-3-6-4
22:02par Valentin Vacheron
22:03le monégasque
22:03et Corentin Moutet
22:04face à Copriva
22:06le match vient de débuter
22:072-1 pour le Tchèque
22:08L'heure du crime
22:09présenté par Jean-Alphonse Richard
22:11sur RTL
22:12elle pour que je me souvienne
22:14c'était
22:14je ne veux pas être
22:15dans la caricature
22:16une femme de l'Est
22:17c'est-à-dire
22:18une ferveur
22:19une passion
22:20une intensité
22:21une ambition
22:21une incroyable ambition
22:23et alors
22:24ce couple était étrange
22:26parce que
22:27le rapport de force
22:28évidemment
22:29était en sa faveur
22:30elle le dominait
22:31le subjuguait
22:33le fascinait
22:34et il trouvait
22:36quelques bonheurs
22:37à la servilité
22:39L'heure du crime
22:40consacrée aujourd'hui
22:41à la mort étrange
22:42d'Adèle Nicolo
22:42cette assistante dentaire
22:45est morte
22:45après une dispute
22:46avec sa patronne
22:47qu'il avait chloroformée
22:48son mari
22:49avait jeté le corps
22:50dans le léman
22:51presque 4 ans
22:52après les faits
22:53le couple est jugé
22:57Lundi 7 septembre 92
22:59Daniel et Thérèse Morer
23:0135 ans tous les deux
23:02prennent place
23:03dans la salle
23:03des assises de Genève
23:04ils comparaissent libres
23:06lui toujours dentiste
23:07à bal
23:08elle travaillant
23:09pour une revue d'art
23:10l'épouse
23:11silhouette longiligne
23:12franche blonde
23:13et le mari
23:14visage pâle
23:14costume gris
23:15signore
23:16Thérèse Morer
23:17fait également tout
23:18pour ne pas croiser
23:19le regard de Maria Nicolo
23:21la maman d'Adèle
23:22celle-ci brandit une photo
23:24elle répète
23:24voilà ma fille
23:25la voilà
23:26la salle est comble
23:28même l'acteur français
23:29Alain Delon
23:30s'est glissé dans la foule
23:31maître Alain Farina
23:33avocat des Nicolo
23:34s'adresse directement aux accusés
23:35couple maudit
23:37couple pervers
23:38couple diabolique
23:38vous avez commis
23:40un forfait abominable
23:41la salle applaudit
23:42le président menace
23:43de faire évacuer le public
23:44l'avocat présente l'épouse
23:46comme une femme
23:47qui a tissé un piège
23:48autour d'Adèle
23:49elle avait développé
23:50contre elle
23:51une psychose
23:52de haine
23:52et de jalousie
23:53le but de Thérèse Morer
23:55était bien
23:55d'éliminer
23:56cette pseudo-rivale amoureuse
23:58les avocats de l'épouse
23:59Dominique Poncé
24:00Dominique Varluzel
24:01rejette les accusations
24:03selon eux
24:04leur cliente ignorait
24:06que le chloroforme
24:07pouvait tuer
24:07d'ailleurs
24:08qui le sait
24:09interroge un avocat
24:10l'épouse en larmes
24:12l'affirme
24:12je n'ai jamais pensé
24:13un seul instant
24:14qu'il arriverait
24:15quelque chose à Adèle
24:16toute ma vie
24:17je vais le regretter
24:18le mari
24:19également en larmes
24:20confie
24:21je n'ai jamais eu
24:22de liaison avec Adèle
24:23j'aime ma femme
24:24elle était tellement
24:25bouleversée
24:26décomposée
24:27je ne pouvais pas
24:28la dénoncer à la police
24:32les avocats
24:33de Thérèse Morer
24:35font le forcing
24:36pour convaincre
24:37que leur client
24:38a tué par accident
24:39homicide
24:40involontaire
24:42et non meurtre
24:42maître Varluzel
24:43déplore l'ambiance
24:44de chasse à cour
24:45qui règne contre cette femme
24:47après une semaine
24:48de procès
24:48Thérèse Morer
24:49est reconnue
24:50coupable
24:51de meurtre
24:52sans aucune
24:53circonstance atténuante
24:54condamnée
24:55à 8 ans
24:55de détention
24:56aussitôt écrouée
24:57je jure
24:58que je n'ai pas voulu
24:59tuer Adèle
24:59a-t-elle répété
25:00jusqu'au bout
25:01Daniel Morer
25:02est condamné
25:02à 2 ans
25:03pour atteinte
25:04à la paix
25:05des morts
25:05il est libre
25:06la salle siffle
25:08elle hurle
25:09un jeune homme
25:09bondit
25:10et crache
25:11au visage
25:11du dentiste
25:12justice de riches
25:14s'exclame
25:15Fiorino Niccolo
25:15le papa d'Adèle
25:20avec nous
25:21parmi nos invités
25:22Isidore Raposo
25:23journaliste
25:24vous avez traité
25:25toute cette affaire
25:25Isidore Raposo
25:26et notamment
25:27pour le journal
25:28Blick
25:28à l'époque
25:29un procès
25:30sous très
25:31très haute tension
25:32c'est étonnant
25:33parce qu'il y a vraiment
25:34un monde fou
25:34dans cette petite salle
25:35des assises
25:36que je connais bien
25:37à Genève
25:38dans ce palais de justice
25:39rue du Bourreau
25:40et effectivement
25:42la salle est comble
25:44la salle est comble
25:45parce que
25:46il y a l'affaire
25:47elle-même
25:48qui attire le public
25:49mais on a affaire
25:50aussi dans cette affaire
25:51je peux le dire
25:53au plus grand
25:54plaideur de Genève
25:56des deux côtés
25:58on a vraiment
25:59ce qui est la crème
26:01des avocats
26:02à ce moment-là
26:02ceux qu'on voit le plus
26:04sur la place publique
26:06et ça ça intéresse
26:08parce qu'on s'attend
26:08à un spectacle
26:09à voir
26:09maître Dominique
26:12Varluzel
26:12Dominique Poncet
26:13Alain Farina
26:14je veux dire
26:15c'est un moment
26:16de spectacle
26:17bien sûr
26:18juste un petit mot
26:19Isadora Poso
26:20à quoi est-ce qu'ils ressemblent
26:21ces accusés
26:22les deux
26:22vraiment
26:23ce sont des profils
26:24complètement différents
26:25y compris
26:25ils ne se parlent pas beaucoup
26:26d'ailleurs ils ne se regardent pas
26:27dans le box des accusés
26:29alors je crois que
26:30ça a été dit tout à l'heure
26:31lui
26:32il est sous l'emprise
26:34d'une femme
26:35qui est dominante
26:37mais une femme
26:38qui est certainement
26:39bien préparée
26:40fait profil bas
26:42pleure tout le temps
26:43elle est tout le temps
26:44en train de pleurer
26:45et de gémir
26:46de répéter
26:47qu'elle ne voulait pas
26:48la mort d'Adèle
26:49elle voulait simplement
26:50à son réveil
26:51l'interroger
26:51pour avoir la certitude
26:53s'il y avait quelque chose
26:54ou non
26:54entre elle et son mari
26:55et lui évidemment
26:57il est effacé
26:57parce que
26:58de toute façon
26:59il n'est que complice
27:00dans cette affaire
27:01donc il a tout intérêt
27:02à rester un petit peu
27:03en retrait
27:03maître Moropoggia
27:05vous défendrez bientôt
27:07cette femme
27:11Thérèse Morer
27:12lors du procès
27:12qui va venir
27:13mais pour l'instant
27:14effectivement
27:15il y a ce procès
27:16tous les regards
27:18convergent vers elle
27:19parce que c'est le diable
27:20pour tout le monde
27:21cette femme
27:22effectivement
27:23je pense que
27:25si nous avions
27:26suivi l'affaire
27:28à l'époque
27:28moi je la suivais
27:29mais avec un peu
27:30de distance
27:31nous aurions été
27:33convaincus
27:34qu'elle méritait
27:35une peine exemplaire
27:36d'ailleurs
27:37beaucoup pensaient
27:39la majorité pensait
27:40que la peine
27:40était légère
27:42imaginez
27:43si l'on avait
27:43retenu
27:44qu'Adèle Niccolo
27:47était vivante
27:48lorsqu'elle a été
27:49jetée dans le lac
27:50ce sera été
27:51un assassinat
27:53et là le couple
27:53aurait été condamné
27:54ensemble
27:55à une peine
27:56beaucoup plus lourde encore
27:57selon vous
27:58maître Moropogia
28:00vous connaissez bien
28:00évidemment
28:01ce système
28:01des assises
28:02et puis
28:02le fonctionnement
28:03de la justice
28:04suisse
28:04pourquoi
28:05la thèse
28:06de l'homicide
28:07involontaire
28:08n'est pas passée
28:09parce que là
28:10effectivement
28:11aucune circonstance
28:12atténuante
28:13pour cette femme
28:15personne n'a pu
28:16imaginer
28:17qu'elle avait
28:18totalement exclu
28:20de son esprit
28:20que son geste
28:22qui était quand même
28:23un geste violent
28:23même dans ce qu'elle
28:24reconnaissait
28:25ne puisse pas avoir
28:26une issue mortelle
28:28même si elle disait
28:29je ne voulais pas
28:30sa mort
28:31personne ne l'a cru
28:33parce qu'encore une fois
28:34elle l'a agressée
28:36violemment
28:37lorsqu'elle était
28:38à terre
28:38encore
28:39en appliquant
28:40une nouvelle fois
28:41du chloroforme
28:42alors même si l'effet du chloroforme
28:44a été au-delà
28:45de ce qu'elle imaginait
28:47on a retenu
28:48que finalement
28:48elle s'en est
28:50accommodée
28:50alors elle est condamnée
28:52Thérèse Morer
28:53Isidore Raposo
28:54le fait est que
28:55la famille
28:56Niccolo
28:57évidemment
28:58n'est pas du tout
28:59contente
28:59par ce verdict
29:01elle trouve que
29:02c'est un verdict
29:03vraiment beaucoup
29:04trop clément
29:04il y a beaucoup
29:05d'agitation
29:05dès lors que le verdict
29:07est prononcé
29:08dans cette cour d'assises
29:09bien sûr
29:10mais au-delà
29:11de la notion
29:12juridique
29:12dont on reparlera
29:13un petit peu plus tard
29:14il faut comprendre
29:16des parents
29:17le frère cadet
29:18pour eux
29:18on a tout simplement
29:19assassiné
29:21leur fille
29:21la notion juridique
29:23d'assassinat
29:24dans une famille
29:25qui perd
29:26une enfant
29:26dans des circonstances
29:28aussi dramatiques
29:29ça n'a aucune importance
29:31on l'a enlevé
29:32leur fille
29:33on a privé
29:33une jeune femme
29:34qui était au tout début
29:36de sa vie
29:37on l'a privé de vie
29:38on a privé
29:38ses proches
29:40de sa présence
29:41et c'est
29:42c'est un assassinat
29:43puis imaginez-vous
29:44dans l'esprit en plus
29:45de gens qui viennent
29:46du sud
29:47évidemment
29:48ça pèse beaucoup
29:50Thérèse Morer
29:51on l'a dit
29:51elle se défend
29:52encore un petit mot
29:53Isodoro Raposo
29:54son mari
29:54il reste en retrait
29:55mais vraiment
29:56il est moins exposé
29:57lui
29:57même s'il va prendre
29:58un crachat dans la figure
29:59à la fin du procès
30:00oui
30:01mais
30:02il a joué profil bas
30:04parce qu'il a été
30:05bien préparé
30:06mais il risquait gros
30:07si l'assassinat
30:08était retenu
30:09si on avait retenu
30:10l'expertise
30:12la toute première expertise
30:13tout à fait
30:14du professeur Frick
30:15à ce moment-là
30:17il aurait jeté
30:18une personne
30:18encore en vie
30:19au lac
30:19plutôt que
30:20lui prêter assistance
30:21alors qu'il était médecin
30:23et qu'il avait
30:23en tout cas
30:24même comme dentiste
30:25des notions
30:26je dirais générales
30:27de médecine
30:29donc il avait tout intérêt
30:31à rester vraiment
30:33le plus tranquille possible
30:34à faire profil bas
30:35bien sûr
30:35l'épouse va obtenir
30:37un nouveau procès
30:39Adèle Nicolo
30:40chloroforme mortelle
30:41ce dossier sent
30:42et transpire le meurtre
30:44à toutes les pages
30:45l'enquête de l'heure du crime
30:46on se retrouve dans un instant
30:47sur RTL
30:48toute la journée
30:49RTL vous accompagne
31:04Retour dans l'heure du crime
31:06sur l'affaire Adèle Nicolo
31:07une assistante dentaire
31:08de 18 ans
31:09morte à Genève
31:10en 88
31:11après avoir été
31:12asphyxiée
31:13au chloroforme
31:14ses patrons
31:15des dentistes
31:16ont été condamnés
31:17l'épouse a écopé
31:18de 8 ans
31:19pour meurtre
31:19elle a obtenu
31:21un nouveau procès
31:25Lundi 4 septembre 95
31:28Thérèse Morer
31:2942 ans
31:30est de retour
31:31devant la cour d'assises
31:32elle comparaît libre
31:33après avoir passé
31:34à ce stade
31:354 ans
31:36derrière les barreaux
31:37son mari
31:37Daniel Morer
31:3842 ans
31:39est cité
31:40comme simple témoin
31:41il surgit
31:42dans un curieux déguisement
31:44qui attire les regards
31:45perruque
31:46fausse moustache
31:47grosse lunette
31:48il explique avoir peur
31:50sa femme
31:51dont il est en train
31:52de divorcer
31:52et le père
31:53de celle-ci
31:54un ancien diplomate polonais
31:55qui selon lui
31:56a beaucoup d'influence
31:57l'ont menacé
31:59ma femme m'a dit
32:00qu'elle me détruirait
32:01au cas où je viendrai témoigner
32:02le dentiste
32:04se contente donc
32:05d'une déposition
32:06à minima
32:07il répète
32:08ce qu'il avait dit
32:08au premier procès
32:09il a aidé sa femme
32:11à faire disparaître
32:12le corps
32:12par compassion
32:17les avocats
32:18de la famille Niccolo
32:18dénoncent
32:19les mensonges
32:20de l'accusé
32:21contrairement
32:21à ce que cette femme
32:23affirme
32:24elle aurait bien tendu
32:25un piège à la victime
32:26pour preuve
32:26la grande quantité
32:27de chloroforme
32:28achetée en pharmacie
32:29pour simplement
32:30étourdir
32:31l'assistante dentaire
32:32il se demande
32:33pourquoi la victime
32:33a été ligotée
32:34pourquoi encore
32:35Thérèse Morer
32:36a pris soin
32:37d'enfiler des gants
32:38avant de passer
32:39à l'acte
32:40le procureur
32:41Salvatore Aversano
32:42accable
32:43lui aussi
32:44Thérèse Morer
32:45ce dossier
32:46sang et transpire
32:47le meurtre
32:48de toutes les pages
32:49dit-il
32:50il ajoute
32:51si cette femme
32:52s'est tellement
32:52empêtrée
32:53dans ses déclarations
32:54c'est qu'elle veut
32:55cacher la vérité
32:56le magistrat
32:57dit encore
32:58c'est une
32:58simulatrice
32:59une manipulatrice
33:01une ex-actrice
33:03la vérité
33:04ne se contredit
33:05jamais
33:05les avocats
33:06de l'accusé
33:06Jacques Barillon
33:07Moropoggia
33:09répondent
33:10que vouloir
33:11tuer quelqu'un
33:11au chloroforme
33:12est un choix
33:12absurde
33:13selon eux
33:14l'intention
33:15de Thérèse
33:16n'était pas
33:16de tuer
33:17mais d'intimider
33:17le doute
33:18est alors
33:19dans la tête
33:19des jurés
33:20ils écartent
33:21le meurtre
33:22Thérèse Morer
33:23est condamnée
33:24à trois ans
33:26de prison
33:26pour homicide
33:28par négligence
33:29l'ex-épouse
33:30du dentiste
33:31quitte
33:31la salle
33:32des assises
33:32sans prononcer
33:34un mot
33:37alors je vais venir
33:38dans un instant
33:39on va en parler
33:40avec Maître Moropoggia
33:41qui est l'un de nos invités
33:42aujourd'hui
33:42et sa parole
33:44nous est importante
33:45évidemment
33:45pour commenter ce procès
33:47juste un petit mot
33:48avec vous
33:48Isidore Raposo
33:49le climat
33:50à ce procès
33:51en appel
33:52de l'épouse
33:53il est beaucoup moins
33:54explosif
33:55qu'au premier procès
33:55ou bien la tension
33:56est toujours identique ?
33:58Il y a toujours
33:58une tension
33:59mais le climat
34:01a quand même
34:02changé
34:03parce que
34:03on va entrer
34:04dans une bataille
34:05qui a commencé
34:06évidemment
34:07bien avant
34:08dès l'entrée
34:09en lice
34:09de Maître Poggia
34:11et de son confrère
34:12Jacques Barillon
34:13c'est qu'on entre
34:15dans la technicité
34:17juridique
34:18et avec un talent
34:20il faut le dire
34:21parce que
34:21je sais que
34:22Maître Poggia
34:23ne le dira pas lui-même
34:24ils ont eu
34:26le talent
34:27d'insinuer
34:28ce doute
34:29et lier
34:30à l'homicide
34:31par négligence
34:33un automobiliste
34:34qui a bu
34:35il sait
34:36qu'il peut tuer
34:37s'il perd le contrôle
34:38de sa voiture
34:39et puis il est condamné
34:40pour homicide
34:41par négligence
34:42et c'est bien là
34:43je dirais
34:44le talent
34:45de Maître Poggia
34:46c'est d'être entré
34:47dans ce chemin là
34:48et d'avoir suffisamment
34:49insinué le doute
34:50dans l'esprit
34:51des jurés
34:52avec quand même
34:53un argument derrière
34:54qui était très important
34:56c'était la discrépance
34:58entre les deux expertises
34:59principales
35:00plus les autres
35:02Maître Moropoggia
35:03vous êtes avec nous
35:04dans cet ordre du crime
35:04avocat
35:05de Thérèse Moreur
35:06lors de ce procès
35:08pourquoi c'est finalement
35:09plus facile
35:10pour vous
35:11de convaincre
35:12à ce procès
35:12je ne dis pas
35:13que c'était très
35:14aisé
35:15il y avait beaucoup
35:15de chemin à faire
35:16mais pourquoi
35:17d'un seul coup
35:17il y a une oreille
35:18peut-être plus attentive
35:19sur le fait
35:20qu'elle aurait pu
35:22tuer par négligence
35:24parce que le tribunal fédéral
35:26qui a cassé
35:27la première décision
35:29clairement dit
35:30qu'il n'est pas clair
35:32dans la procédure
35:33et que la motivation
35:34des jurés
35:34n'était pas suffisante
35:36pour écarter
35:38tout doute sérieux
35:39quant au fait
35:40que
35:43finalement
35:43cette dame
35:45ne pensait pas
35:46donner la mort
35:48à Adèle
35:49malgré
35:50tous les indices
35:52qu'il laissait penser
35:53vous les avez rappelés
35:54qu'elle avait
35:55pris
35:55beaucoup
35:56de précautions
35:58pour arriver
35:59à ses fins
35:59ses fins
36:01ce n'était pas
36:01la mort
36:02d'une rivale
36:03c'était de s'assurer
36:05si Adèle
36:06était une rivale
36:08c'est-à-dire
36:08si elle était
36:08la maîtresse
36:09de son mari
36:09donc pourquoi
36:10aurait-elle voulu
36:12tuer quelqu'un
36:13pour laquelle
36:14elle avait encore
36:15des doutes sérieux
36:16qu'elle soit réellement
36:17la maîtresse
36:18de son mari
36:19doute que son mari
36:20n'écartait pas
36:21laissant planer
36:22constamment le doute
36:23pensant que cela
36:24pouvait le valoriser
36:25sans doute
36:25alors je sais
36:26que les avocats
36:27vous n'aimez pas
36:28trop en parler
36:28mais enfin
36:28vous préparez
36:29toujours un petit peu
36:30entre guillemets
36:30vos clients
36:31avant un procès
36:32aux assises
36:33vous les écoutez
36:34vous les conseillez
36:35vous les guidez
36:35c'est votre job
36:36évidemment
36:37est-ce que vous avez eu
36:38le sentiment
36:39que Thérèse Morer
36:40à ce procès
36:41se présentait
36:42un peu différemment
36:43parce qu'elle a été
36:43présentée encore une fois
36:44comme diabolique
36:45comme quelqu'un
36:46qui était glaçante
36:48qui n'avait pas
36:48aucune pitié
36:49est-ce que c'est pas
36:50la même femme
36:50qui se présente
36:51à ce procès
36:52je pense
36:53il faut le dire
36:54le temps s'est écoulé
36:55c'est une personne
36:56qui se plaçait
36:56elle-même en victime
36:57elle avait finalement
36:59même si elle l'exprimait
37:00pas une grande empathie
37:03vis-à-vis de la victime
37:04sans doute
37:04regrettait-elle
37:05ce qu'elle avait fait
37:06mais surtout
37:07elle ne comprenait pas
37:08l'acharnement
37:09contre elle
37:10et finalement
37:12cette vindicte populaire
37:13dont elle était l'objet
37:16difficile de préparer
37:18une cliente
37:18comme Thérèse
37:20c'était une personne
37:22qui avait
37:23une très forte personnalité
37:24qui même en prison
37:26lorsque nous allions la voir
37:28pleurait
37:29sans cesse
37:30mais surtout
37:30sur son sort
37:31il faut le dire
37:32ce qui n'est pas encore
37:33une circonstance aggravante
37:34pour l'acte lui-même
37:35mais qui montre
37:37que c'était une personnalité
37:38tout de même
37:39dérangée
37:40il faut le dire
37:42et c'était quelqu'un
37:43qui avait une relation
37:44avec la réalité
37:46extrêmement fluctuante
37:49beaucoup de paranoïa
37:50aussi
37:50il faut bien le dire
37:50dans cette affaire
37:52pas seulement de la jalousie
37:53de la paranoïa
37:54Isidore Raposo
37:55encore un mot
37:58pour la défense
37:59finalement
37:59elle avait beau préparer
38:00cette action
38:01contre sa rivale
38:02elle met des gants
38:04elle achète beaucoup
38:04de chloroformes
38:05etc
38:06mais ce que dit
38:07la cour d'assises
38:08c'est que le chloroforme
38:09n'est pas une arme
38:11qui peut tuer
38:12c'est ce que dit
38:13la cour d'assises
38:13finalement
38:14oui mais c'est surtout
38:15maître Peugeot
38:16qui l'a dit
38:17bien sûr
38:17mais c'est relayé
38:18par le vernis
38:18c'est bien
38:19ce qu'elle a plaidé
38:21ce qu'il a plaidé
38:22c'est que
38:22si elle voulait tuer
38:23il suffisait de prendre une arme
38:25et vous tirer un coup de feu
38:26puis travailler fait
38:27si j'ose dire
38:28on tue pas avec du chloroforme
38:30puisqu'on n'a pas la certitude
38:33une vérité
38:34qui a fini par s'échapper
38:37Adèle Niccolo
38:38chloroforme mortelle
38:39tout a changé
38:40après la mort de ma fille
38:41même si pour moi
38:42elle est toujours vivante
38:43l'enquête de l'heure du crime
38:45je vous retrouve tout de suite
38:46sur RTL
38:59dans l'heure du crime
39:00l'affaire Adèle Niccolo
39:02une jeune assistante dentaire
39:03à Genève
39:0418 ans
39:05morte chloroformée
39:06par sa patronne
39:07en 1988
39:08celle-ci a écopé
39:09de 8 ans de prison
39:10pour meurtre en 92
39:123 ans
39:13en appel
39:14pour cette fois
39:15homicide
39:16par négligence
39:17ni vérité
39:18ni réparation
39:19pour la famille
39:20de la victime
39:24Adèle Niccolo
39:25repose dans le cimetière
39:27du petit village
39:27de Pugliano
39:28au sud de l'Italie
39:29dans la région
39:30de Caserte
39:31Maria
39:31et Fiorino Niccolo
39:33les parents
39:33avaient décidé
39:34de revenir vivre
39:35en Italie
39:36après le drame
39:37comme le veut
39:38la tradition
39:38Adèle avait été
39:39inhumé dans une robe
39:41de mariée
39:42Fiorino Niccolo
39:43le papa
39:44tombé malade
39:45après la mort
39:46de sa fille
39:46et décédé
39:47tout a changé
39:48après la mort
39:49d'Adèle
39:50même si pour moi
39:51elle est toujours vivante
39:52avait-il raconté
39:53à la télé suisse
39:58Oracio Niccolo
40:00frère cadet d'Adèle
40:01et lui est resté
40:01en Suisse
40:02ses parents
40:02n'avaient eu
40:03ni la force
40:04ni les moyens
40:04d'intenter
40:05un procès au civil
40:06il a essayé
40:07jusqu'en 2000
40:08de relancer
40:09une action
40:09contre Thérèse Morer
40:11expatriée à Londres
40:12et partie
40:12sans laisser d'adresse
40:14la famille Niccolo
40:15n'a jamais
40:16obtenu gain de cause
40:18ni obtenu
40:18la moindre
40:19réparation
40:20j'ai rien compris
40:23j'étais surtout
40:25en colère
40:26contre la justice
40:27je trouve que
40:28ça n'a pas été
40:29correct
40:30une personne
40:31qui a fait
40:31une chose pareille
40:34pour moi
40:35la punition
40:36a été minime
40:38la punition
40:39a été minime
40:40c'est la voix
40:40d'Orazio Niccolo
40:41le frère d'Adèle Niccolo
40:42dans l'excellente émission
40:43de la RTS
40:44zone d'ombre
40:45c'était en 2012
40:47et effectivement
40:48on comprend
40:49effectivement
40:50cette réaction
40:50d'Orazio Niccolo
40:52seul membre
40:53de la famille
40:54qui désormais
40:55s'exprime
40:56aucune réparation
40:58aucun gain de cause
40:59la famille n'a jamais eu
41:00gain de cause
41:01dans cette histoire
41:02c'est très étonnant
41:02Isidore Raposo
41:05journaliste
41:05vous avez traité
41:06toute cette affaire
41:07c'est vrai que
41:08dans cette affaire
41:09s'il y a une morale
41:09elle est plutôt médiocre
41:11en tout cas
41:11pour la famille Niccolo
41:13oui
41:15malheureusement
41:15mais je dirais
41:16pas seulement
41:16pour la famille Niccolo
41:18il faut se dire
41:19qu'au début des années
41:2090
41:21la loi sur l'aide
41:22aux victimes
41:23qui ne parle d'ailleurs
41:24que très furtivement
41:27d'indemnisation
41:28est entrée en vigueur
41:29en 92
41:31il n'y a rien
41:32pour les familles
41:33il n'y a même pas d'aide
41:34moi je me souviens
41:35que
41:35sitôt qu'on a pris connaissance
41:37de l'affaire
41:37en chambre d'accusation
41:38je suis allé à Lausanne
41:40j'ai été accueilli
41:41par les parents de Niccolo
41:42et en présence
41:43de sa cousine
41:44qui l'avait accompagnée
41:46chez le couple
41:47moraire
41:48lors de l'engagement
41:49et c'est très intéressant
41:51ce que la cousine a dit
41:52parce que
41:52il y avait des images
41:54de cinéma
41:54elle disait
41:55qu'elle avait collaboré
41:56avec Milos Forman
41:57et puis
41:58il y avait un appareil
41:59à une fenêtre
42:00et les deux jeunes femmes
42:02lui ont demandé
42:02à quoi il servait
42:03elle lui a dit
42:04c'est une longue vue
42:04ça me permet
42:05de surveiller mon mari
42:07quand il est au cabinet
42:08on parle là
42:09du cabinet de Lausanne
42:10donc pas celui
42:11où a eu lieu
42:12le crime
42:13mais le cabinet
42:14qui était à la tour Bélaire
42:15donc elle était
42:17tellement jalouse
42:18qu'elle le surveillait
42:19c'est incroyable
42:20ce que vous racontez
42:21parce qu'on parlait
42:22tout à l'heure
42:23de jalousie
42:23et de paranoïa aussi
42:26maître Moropoggia
42:27vous avez défendu
42:27Thérèse Maurer
42:28lors du deuxième procès
42:29et d'ailleurs
42:29vous avez effectivement
42:31triomphé
42:32j'ai envie de dire
42:33parce que
42:33c'est l'homicide
42:34par négligence
42:35qui a été retenu
42:37trois ans en appel
42:38ça ne fait pas beaucoup
42:39elle est ressortie
42:40elle était libre
42:41la peine était couverte
42:42effectivement
42:42parce qu'elle avait pu
42:43le faire en détention
42:44qu'est-ce que devient
42:45le couple Morer
42:47est-ce que vous le savez
42:47maître Moropoggia ?
42:49pas du tout
42:50je dois dire
42:50dès qu'elle est sortie
42:51de prison
42:51elle n'a plus donné
42:52de signe de vie
42:53même à ses avocats
42:55et vous parlez de triomphe
42:57c'est vrai
42:57qu'au niveau juridique
42:58c'est un très beau résultat
43:01maintenant derrière
43:01au niveau humain
43:03Maître Barillon et moi
43:04étions conscients
43:05de la souffrance
43:06de cette famille
43:07et c'est vrai
43:08que durant toute l'audience
43:10on s'entait
43:11dans nos nuques
43:11si j'ose dire
43:13la colère
43:15des gens
43:15qui étaient présents
43:17parce que c'est vrai
43:18que le résultat
43:20judiciaire
43:21n'est pas
43:21à la hauteur
43:22de l'attente
43:24de justice
43:24avec un grand J
43:26on en était conscient
43:27par contre
43:27il aurait été
43:29contraire au droit
43:30de maintenir
43:31un verdict
43:32à nos yeux
43:33de meurtre
43:34alors qu'elle ne voulait
43:35pas la mort
43:36mais il est vrai
43:36que le maximum
43:38de la peine
43:38pour un homicide
43:40par négligence
43:41était de trois ans
43:42elle a obtenu
43:43le maximum
43:44la cour
43:45n'aurait pas pu
43:46donner davantage
43:47en retenant
43:47la négligence
43:48et là c'est effectivement
43:49il y a la vérité judiciaire
43:50et puis il y a aussi
43:51la vérité morale
43:52en quelque sorte
43:53maître Moropoggia
43:54vous confirmait
43:55que cette famille Nicolo
43:56elle a été un peu
43:58balayée
43:59expulsée
43:59de sa propre histoire
44:00ils sont partis
44:01en Italie
44:02les parents à Nicolo
44:03ils ont tourné la page
44:04ils étaient
44:05ils avaient presque honte
44:06enfin etc
44:07ils sont rentrés chez eux
44:08le papa est mort
44:09je ne sais pas si la maman
44:10est toujours vivante
44:10mais voilà
44:11c'est épouvantable
44:12quand même
44:12maître Moropoggia
44:13vous comprenez
44:13non c'est vrai
44:14je pense qu'en tant qu'avocat
44:16il y a des causes
44:17que l'on défend
44:18parce qu'on considère
44:19que la personne
44:20doit être défendue
44:21et que la justice
44:21doit être rendue
44:22conformément au droit
44:23ça ne veut pas dire
44:24qu'on est fier
44:25toujours du résultat
44:26que l'on obtient
44:27en termes de morale
44:28et c'est vrai que
44:29la souffrance
44:30qui a été infligée
44:31par cette justice
44:32correctement rendue
44:34au sens du code pénal
44:36est un résultat
44:37pour lequel
44:38même les avocats
44:39des accusés
44:40ne peuvent pas être fiers
44:42alors je vais vous poser
44:43la même question
44:44à tous les deux
44:45nos deux invités
44:45Isidore Raposo
44:46je commence par vous
44:47la vérité aujourd'hui
44:49est-ce qu'on l'a
44:50dans cette affaire
44:51on a une vérité
44:52judiciaire
44:53bon voilà
44:53qui a été donnée
44:54mais est-ce qu'on sait
44:55vraiment ce qui s'est passé
44:56derrière la porte
44:57de ce cabinet
44:58dentaire
44:59de Genève
44:59alors moi
45:01je dirais
45:02que mon avis
45:04personnel
45:04qui évidemment
45:05s'éloigne
45:07de la vérité judiciaire
45:08je pense que
45:09la thèse
45:10de Thérèse Marchal
45:12était
45:13je pense qu'elle n'avait
45:14pas l'intention
45:14de tuer
45:15honnêtement
45:16d'abord
45:17pour endormir quelqu'un
45:18vous n'achetez pas
45:19un litre et demi
45:20de chloroforme
45:20je pense qu'il en faut
45:21beaucoup moins
45:22ça c'est une chose
45:23mais elle était
45:24tellement jalouse
45:26moi j'ai pris conscience
45:28comme jeune journaliste
45:29à l'époque
45:31de ce qu'est la jalousie
45:32par cette affaire
45:33c'est-à-dire que
45:34c'était une très belle femme
45:36je pense que
45:37Maître Podia
45:37me contredira pas
45:38c'était une très très belle femme
45:40qui n'avait aucune raison
45:41mais aucune raison
45:42d'être jalouse
45:44de l'assistante dentaire
45:45et c'est là
45:46où on réalise
45:46que la jalousie
45:47c'est un élément
45:48qui se trouve vraiment
45:49dans la psychologie
45:52et ça
45:53c'est vraiment
45:54une chose
45:56qui pour moi
45:57a été concrétisée
45:58par l'affaire Nicolo
45:59la deuxième chose
45:59que j'aimerais dire
46:00et ça c'est pour
46:01la famille Nicolo
46:02c'est que
46:03la maman
46:05chaque jour
46:06elle se levait
46:07elle allait pleurer
46:08sur la tombe
46:09de sa fille
46:10en Italie
46:11et les victimes
46:12de manière générale
46:13dans ce type
46:14de circonstance
46:15ce sont un peu
46:16comme des condamnés
46:17à mort
46:18qui doivent
46:19attendre
46:205, 10, 20, 30 ans
46:21que celles-ci surviennent
46:23Effectivement
46:24c'est bien vu
46:24ce que vous dites
46:25Isidore Raposo
46:26c'est vrai qu'on me rend
46:27aussi hommage
46:27dans cette émission
46:28aux victimes
46:29et on pense
46:29évidemment
46:30à la famille Nicolo
46:31qui a beaucoup souffert
46:32dans cette histoire
46:33Maître Podia
46:34alors peut-être
46:35vous allez me dire
46:35bien sûr qu'on a la vérité
46:36on vous l'a donné
46:37il y a eu le procès
46:38etc.
46:38mais est-ce que vous pensez
46:39qu'on sait vraiment
46:40ce qui s'est passé
46:40dans ce cabinet dentaire ?
46:43On ne saura jamais vraiment
46:44mais je pense
46:45qu'on peut être certain
46:47qu'elle ne voulait pas
46:47la mort de cette jeune fille
46:49même si
46:50elle est coupable
46:52de lui avoir donné la mort
46:55ce qu'il nous manque
46:56et là on ne le saura jamais
46:57puisqu'il n'y a pas eu
46:58d'expertise
46:59c'est quel était
47:00le degré
47:01de la folie
47:02de cette femme
47:03pour l'amener
47:03à commettre
47:05un geste pareil
47:06et c'est vrai
47:07et c'est vrai
47:08qu'on se met
47:09un instant
47:10dans la peau
47:11de la famille
47:12qui a dû attendre
47:13si longtemps
47:13d'abord
47:14pour se voir restituer
47:15le corps
47:16ne serait-ce que
47:16pour pouvoir l'enterrer
47:18et ensuite
47:19chaque jour
47:20de se dire
47:21d'avoir perdu
47:21une fille
47:22de 18 ans
47:24donc c'est vrai
47:25que c'est une belle
47:26victoire d'avocat
47:27mais c'est vrai
47:29ça reste une souffrance
47:30humaine
47:30pour tout le monde
47:31et bien sûr
47:32plus que tout
47:33pour la famille
47:34ça reste toujours
47:35un mystère
47:36c'est ce que
47:37vous nous dites
47:37Maître Moropogia
47:39et Isodore Raposo
47:41merci à tous les deux
47:42d'avoir été les invités
47:43de l'heure du crime
47:44merci à l'équipe
47:45de l'émission
47:46rédactrice en chef
47:47Justine Vigneault
47:47préparation Romain Diverès
47:49Valentin Bardet
47:50réalisation en direct
47:51Jonathan Gassin
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