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Nelly Le Bouard, 51 ans, assistante maternelle, nounou dans un village près d'Angers. Au printemps 2013, elle est retrouvée morte, tuée au couteau et à la dague. Un acharnement. Un couple va tout de suite faire figure de suspects. Depuis deux ans, il nourrissait la plus sourde des haines contre la victime. A cause d'elle, leur fils serait devenu aveugle.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:0214h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:06Retrouvez sur le sol de son garage, dans une mare de sang, un couteau planté dans le corps à la
00:10hauteur des cervicales,
00:11la nourrice de 51 ans qui vivait seule a lutté pour ne pas mourir.
00:14C'est en tout cas ce que démontre l'autopsie qui dénombre une vingtaine de plaies par arme blanche, dont
00:18plusieurs sur les bras.
00:21Bonjour, Nelly Leboire, 51 ans, assistante maternelle,
00:26Nounou, dans un village près d'Angers, au printemps 2013, elle est retrouvée morte, tuée au couteau et à la
00:32dague.
00:33Un couple va tout de suite être suspecté, ils nourrissaient depuis deux ans une haine sourde à la victime,
00:39parce qu'à cause d'elle, leur fils serait devenu aveugle.
00:45Nelly Leboire, vengeance autour d'un bébé secoué, l'heure du crime, la seule émission Radio 100% fait diverser
00:51tout de suite sur RTL.
01:00Mardi 19 avril 2011, Olivier Lebrun, 45 ans, se présente à la brigade de gendarmerie de Saint-Georges-sur-Loire,
01:08à une vingtaine de minutes d'Angers.
01:10Ce père de deux jeunes enfants vient déposer plainte pour violence volontaire sur son fils Nino, 6 mois et demi.
01:17Il désigne l'assistante maternelle Nelly Leboire, qui habite comme eux, Savenière, un village viticole du coin.
01:26Fin mars, les Lebruns ont confié leur bébé à Nelly Leboire.
01:31Ils ont alors constaté que la santé de Nino se dégradait.
01:35Le 12 avril, Sophie, l'épouse, a récupéré son fils chez la nounou.
01:40Il était somnolent, le regard vide, il vomissait.
01:44Les parents ont vu leur pédiatre, puis ils ont filé aux urgences pédiatriques du CHU d'Angers.
01:50Le scanner a détecté la présence de sang dans le cerveau, des hémorragies sous-durales,
01:57des symptômes qui correspondent au syndrome du bébé secoué.
02:02Un médecin spécialiste des maltraitances a confirmé aux parents que Nino a été volontairement secoué.
02:09Le papa assure que ni lui ni son épouse n'ont brutalisé Nino.
02:13Ils ne l'ont confié qu'à une seule personne, Nelly Leboire, la nounou.
02:18Le bébé est alors toujours hospitalisé.
02:25Vendredi 22 avril 2011, trois jours après le dépôt de plainte des époux Lebrun,
02:30Nelly Leboire, 49 ans, est entendue par les gendarmes.
02:34Elle a son agrément d'assistante maternelle depuis deux ans.
02:38Elle confirme avoir gardé le petit Nino.
02:41Selon elle, il était malade dès son arrivée.
02:43Il avait un gros rhume.
02:45Il éternuait.
02:46La semaine suivante, il s'est mis à vomir, elle pensait à une bronchiolite.
02:50Le 31 mars, alors qu'il était assis sur ses genoux, il éternuait de plus en plus fort.
02:56Sa tête bougeait dans tous les sens.
02:58« J'avais mal pour lui », déclare la nounou, qui a presque eu peur, dit-elle, que la tête
03:03se décroche.
03:05Nelly Leboire assure qu'elle n'a jamais eu de geste brutal à l'encontre de l'enfant, ni personne
03:10d'autre chez elle.
03:11Elle vit seule, son compagnon étant toute la semaine sur des chantiers.
03:16Le lendemain, Olivier Lebrun revient à la gendarmerie.
03:19Il souhaite que Nelly Leboire soit placée en garde à vue, car elle n'avouerait rien sans pression, selon lui.
03:27Il remet une lettre aux enquêteurs dans laquelle il indique qu'il n'a pas de haine pour l'assistante
03:32maternelle.
03:33Il estime qu'elle a pu agir sous le coup de la colère et de l'émotion, mais il ajoute
03:37que sa femme et lui ont besoin d'aveu.
03:40Les docteurs les ont informés que Nino va garder des séquelles du secouement.
03:44Il risque de se retrouver malvoyant ou tout simplement non-voyant.
03:52Mercredi 8 juin 2011, le procureur d'Angers ouvre une information judiciaire pour violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente.
04:00Nino est confié à l'aide sociale.
04:03Les Lebruns vivent très mal cette mesure.
04:06Ils la vivent comme une injustice.
04:07Le mari, qui a alors perdu son emploi et est soigné pour dépression, se sent suspecté par les gendarmes.
04:14Il ne comprend pas que Nelly Leboire ne soit pas inquiétée.
04:18Dix jours plus tard, l'assistante maternelle informe les gendarmes qu'Olivier Lebrun est venu la voir deux fois.
04:23Il était agressif.
04:25Il l'accusait d'avoir fait du mal à son fils.
04:27Elle a peur pour elle.
04:29Cinq mois plus tard, la nounou se plaint maintenant d'une rumeur qui court au village.
04:35Elle frapperait les enfants qui lui sont confiés.
04:37Le couple Lebrun et l'assistante maternelle sont placés sur écoute.
04:41Olivier Lebrun est convaincu que son fils a été secoué chez la nourrice.
04:46Nelly Leboire dit que, selon son avocat, le bébé aurait pu être secoué le week-end des 9 et 10
04:53avril, alors qu'elle ne le gardait pas.
04:58Des suspicions autour d'un bébé secoué, mais si tel est le cas, par qui ?
05:02Secoué par qui ?
05:03La nounou ou l'un des parents ?
05:05Tout le monde va être placé en garde à vue.
05:08Et puis ensuite, c'est une tragédie qui va survenir, une tragédie que peut-être on pouvait voir venir.
05:13Mais en tout cas, tout ça a été très brutal, un assassinat particulièrement violent.
05:17Je vais vous raconter tout ça dans le prochain chapitre de l'heure du crime.
05:20Alors, évidemment, à l'origine de cette histoire, il y a l'hospitalisation du petit Nino.
05:25Il a six mois et demi.
05:28Bonjour, Josué Jambard.
05:30Bonjour.
05:31Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans l'heure du crime.
05:33Vous êtes journaliste à Ouest France.
05:35Vous avez écrit beaucoup d'articles sur cette affaire.
05:37Vous la connaissez très bien pour votre journal Ouest France.
05:42Comment peut-on savoir, finalement, parce que c'est très compliqué, je crois, je ne suis pas spécialiste de médecine,
05:46mais c'est très compliqué de savoir si un petit garçon, si jeune, six mois et demi, a été secoué.
05:52Là, les médecins, ils ont l'air affirmatifs.
05:56Oui, ils le sont, parce que dans ces cas-là, dans un premier temps, on a des signes cliniques
06:00qui peuvent être interprétés de manière très, très large.
06:07Mais on a également des examens médicaux qui, là, pour le coup, ne laissent place à aucun doute,
06:13notamment ces fameux hématomes qui se passent sous le crâne.
06:18Et ils sont typiques, symptomatiques, de ces lésions liées au secouement très, très violent d'un enfant, d'un bébé.
06:27Et là, les médecins, ils vont même plus loin, parce que très vite, ils disent,
06:31attention, ce petit garçon, il va avoir des séquelles.
06:35Et là, s'ils l'annoncent aux parents, évidemment, on se met à leur place, ils sont complètement effondrés, les
06:39parents.
06:40Tout à fait. Ça peut aller très, très loin, un bébé secoué, ça peut aller jusqu'au décès, en fait,
06:46du bébé.
06:46Et là, en l'occurrence, on a un enfant qui garde des séquelles neurologiques
06:50et dont on sait qu'il va rester aveugle, puisque, malheureusement, ces séquelles laissent des traces indélébiles
06:57pour le fonctionnement du cerveau.
07:00Bonjour, maître Isabelle Auger, ombre d'âne.
07:03Bonjour.
07:04Merci beaucoup d'être avec nous, en direct, dans l'heure du crime.
07:07Vous êtes avocate au barreau d'Angers, et vous êtes l'avocate du conjoint de Nelly Leboire.
07:12Nelly Leboire, c'est la nounou.
07:15Première question pour vous, maître Auger, ombre d'âne, le couple Lebrun,
07:19et surtout, d'ailleurs, le papa, Olivier Lebrun, tout de suite, il dénonce la nounou.
07:25Il n'y a pas photo, c'est elle, si mon fils est malade et si mon fils risque le
07:29pire, c'est la faute de la nounou.
07:31Ah oui, complètement, il en est persuadé, en tout cas, au départ, c'est ce qu'il va dire,
07:35juste après les faits, dès que les médecins vont avoir posé un diagnostic, oui.
07:39Oui, il en est persuadé.
07:41Oui, la nounou, elle exerce, je crois, depuis deux ans.
07:45Oui.
07:46Il n'y a jamais eu de problème avec Nelly Leboire, dans ce petit village ?
07:50Alors, non seulement il n'y a jamais eu de problème, mais il y a eu un soutien de plusieurs
07:54parents,
07:54dont elle avait gardé les enfants, au cours des mois qui avaient précédé.
07:59Et surtout, tout de suite, je le dis parce que je pense que c'est important,
08:03à aucun moment, au cours de cette enquête sur ce bébé secoué, si vous me permettez l'expression comme ça,
08:07à aucun moment, son agrément ne lui a été retiré.
08:11C'est-à-dire qu'à aucun moment, on l'a suffisamment suspecté pour se dire,
08:17principe de précaution, à ce moment-là, au moins, à minima, on lui retire son agrément.
08:23Ça n'a pas été le cas.
08:23On entendait ce que disait Josué Jambard sur la certitude des médecins sur le fait que ce bébé a été
08:29secoué.
08:29Vous êtes d'accord, Maître Auger-en-Bredane, il y a effectivement eu un problème avec ce bébé, à un
08:34moment donné ?
08:35Oui. Et puis, surtout, ce qu'il faut dire, c'est qu'on a quand même trois médecins légistes
08:38qui se sont prononcés, un d'abord et puis ensuite deux ensemble, en collectif,
08:43et qui viennent dire que, pour eux, il n'y a aucune autre cause qui permet de poser ce diagnostic.
08:49Donc, il n'y a pas d'autre piste, en fait. La seule piste, c'est bien celle de ce
08:54diagnostic.
08:55Je vous pose la question tout de suite. Il y a quelque chose qui m'a étonné dans ce que
08:59déclare la nounou Nelly Leboire aux enquêteurs.
09:02Elle dit que le petit garçon, il est sur ses genoux. La tête du petit garçon part dans tous les
09:07sens
09:08et elle va même avoir peur que cette tête tombe. C'est très étonnant, cette déclaration ?
09:15Oui, je pense que ça a été quelque chose qu'elle a dû vivre, sans doute, au moment où elle
09:19le gardait.
09:20Il était très certainement déjà très malade, en fait. Et qu'il avait donc du mal, évidemment,
09:26parce que ça fait partie aussi des choses un peu compliquées dans ces cas-là.
09:29Il avait effectivement du mal à tenir sa tête. Mais je pense qu'à aucun moment, elle-même, au départ,
09:34en tout cas, n'a pu suspecter une maltraitance. Parce qu'un bébé secoué, on en parlera peut-être un
09:40peu plus tard,
09:40mais ce n'est pas quelque chose qui arrive par accident. Ça ne peut pas être un accident.
09:44C'est une vraie violence.
09:46Exactement. Il faut bien le préciser. Vous avez raison de le faire, Maître.
09:48Effectivement, c'est une vraie violence. C'est-à-dire que c'est quelque chose de volontaire.
09:51Et c'est fait par un adulte. Ce n'est pas un jeu, etc.
09:55Les petits bébés comme ça, évidemment, les os sont très fragiles.
09:58Les cartilages ne sont pas encore totalement construits.
10:01Donc, c'est très compliqué, effectivement, quand il y a ce genre de pathologie.
10:06Il n'y a pas trop de doutes.
10:07Josué Jean-Barre.
10:08En quelques semaines, le fait est que le conflit entre les Lebrun et Nelly Leboire,
10:12dans ce petit village du Maine-et-Loire, je le rappelle, ce conflit va s'intensifier.
10:17Tout à fait.
10:18C'est une situation qu'il faut essayer d'imaginer.
10:22On a un couple parent d'un bébé qui accuse la nourrice, qui habite quasiment en face,
10:31d'avoir secoué le bébé et de l'avoir rendu d'une certaine manière handicapé.
10:36Donc, il faut se figurer un peu les choses.
10:38On est dans cette espèce de relation un peu permanente.
10:42Et oui, compte tenu des accusations récurrentes des parents et notamment du père,
10:50la situation nécessairement va se dégrader.
10:53Trois gardes à vue, et puis le drame.
10:57Nelly Leboire, vengeance autour d'un bébé secoué.
11:00Elle repoussait ma main gauche qui tenait le glaive.
11:03Il fallait que je réagisse, j'ai pris le couteau à ma ceinture.
11:07L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:12Merci d'écouter RTL.
11:18Parlons santé.
11:25L'heure du crime consacrée aujourd'hui à l'affaire Nelly Leboire.
11:30En avril 2011, cette assistante maternelle du Manéloire est accusée par des parents d'avoir secoué leur bébé.
11:36Il a perdu l'usage de la vue.
11:38Les relations s'enveniment.
11:39Après un an d'enquête, tout le monde va être longuement interrogé.
11:47Lundi 12 mars 2012, Olivier et Sophie Lebrun, les parents du petit Nino, sont placés en garde à vue.
11:54Le mari se dit psychologiquement éreinté par cette épreuve.
11:58Il boit beaucoup.
11:59Il est plus que jamais convaincu que c'est Nelly Leboire qui a secoué Nino.
12:03Ni sa femme, ni lui n'auraient fait un truc pareil, affirme Olivier Lebrun.
12:07Je n'aurais jamais passé mes nerfs sur Nino.
12:10S'il m'avait énervé, je l'aurais déposé dans son lit avec sa tétine.
12:14Olivier Lebrun vit comme une injustice cette garde à vue.
12:17C'est une humiliation, affirme-t-il.
12:20L'épouse déclare pour sa part éprouver de la haine pour la nourrice qui, selon elle, n'avouera jamais ce
12:25qu'elle a fait.
12:26Le couple est relâché.
12:27Six mois plus tard, Nelly Leboire est à son tour en garde à vue.
12:31Elle s'étonne que la maman de Nino n'ait pas consulté un médecin,
12:34alors que son bébé avait une toux très grasse.
12:37Elle affirme n'avoir jamais été violente.
12:40Elle reconnaît avoir fait une recherche sur Internet sur les bébés secoués,
12:45mais après que le papa lui ait indiqué que son fils avait du sang dans la tête.
12:51Elle décrit Olivier Lebrun comme un homme qui a toujours été glacial avec elle.
12:55Il la met mal à l'aise.
12:57Elle l'a croisé un jour, il aurait mimé un signe d'égorgement.
13:01Nelly Leboire est remise en liberté.
13:08Mardi 16 avril 2013, autour de 7h20 du matin,
13:13un père de famille qui vient déposer son enfant chez Nelly Leboire, rue Desnoux, sur les hauteurs de Savinière,
13:19la découvre gisante dans une mare de sang dans le garage.
13:23Un glaive avec une lame de 30 cm est plantée dans le nombril, une dague de chasse est dans la
13:30gorge.
13:30Au total, 18 plaies dénombrées au thorax, à l'abdomen.
13:35Nelly Leboire, 51 ans, s'est défendue.
13:38Les gendarmes pensent tout de suite au couple Lebrun.
13:42Il est en conflit avec la victime et il vit à proximité.
13:45Des voisins ont vu s'échapper de leur cheminée une fumée noire et malodorante.
13:49Les gendarmes filent aussitôt chez les Lebruns.
13:52Dans la cheminée, des vêtements brûlés, dans le salon du sang nettoyé.
13:57Olivier Lebrun a des estafilades aux doigts, des griffures sur le torse.
14:01Aucune trace suspecte en revanche sur Sophie Lebrun.
14:04Les époux sont placés en garde à vue.
14:06Le mari refuse de s'exprimer.
14:09L'épouse explique que la veille, son époux était très alcoolisé.
14:12Il lui a annoncé qu'il allait se rendre chez Nelly Leboire pour la tuer.
14:16Elle a essayé de l'en dissuader, mais il ne l'a pas écouté.
14:19Il lui a demandé de mettre le réveil à 2h30 précise.
14:22Elle l'a entendue se lever.
14:24Elle n'a pas bougé.
14:26Elle avait pris des somnifères.
14:31Jeudi 18 avril 2013, Olivier Lebrun a mis un examen pour assassinat.
14:35Son épouse pour abstention volontaire d'empêcher un crime.
14:39Olivier Lebrun accepte de tout raconter au juge.
14:43Dans la nuit du 15 au 16 avril, il a enfilé une tenue noire.
14:48Il avait mis du maquillage noir autour de ses yeux.
14:51Il s'est rendu chez Nelly Leboire, sans intention de la tuer, précise-t-il.
14:55La porte d'entrée était fermée.
14:56Il s'est introduit dans le garage.
14:59Il a coupé deux fois le compteur électrique pour attirer la victime.
15:02Il l'a attendue, tapis dans l'ombre.
15:06Elle a fini par venir.
15:07Une bagarre a éclaté.
15:08Il s'est défendu.
15:09De peur, dit-il, que Nelly Leboire le tue.
15:12Elle m'a fait une prise comme un croche-pied.
15:14Je lui ai cogné la tête au sol pour l'assommer.
15:16Elle repoussait ma main gauche qui tenait le glaive.
15:19Il fallait que je réagisse.
15:21J'ai pris le couteau à ma ceinture.
15:23Olivier Lebrun ne se souvient pas avoir donné 18 coups de couteau.
15:27J'ai entendu sa voix à la fin quand elle m'a parlé.
15:30Je ne me souviens plus ce qu'elle m'a dit.
15:32Le mari dit être rentré chez lui comme un robot.
15:35Il s'est déshabillé devant la cheminée.
15:37Il a brûlé ses affaires.
15:38Il explique que l'après-midi précédant l'attaque,
15:41il a affûté une machette pour en faire un glaive.
15:45Il a peint le glaive et la dague en noir.
15:48Sophie Lebrun assure qu'elle n'aurait jamais pu empêcher son mari de tuer
15:53car il était comme fou.
15:56Le couple Lebrun, tout de suite arrêté après l'assassinat de Nelly Leboire,
16:00Olivier Lebrun a beau se déguiser, frapper en pleine nuit,
16:04il apparaît évidemment instantanément comme le seul suspect.
16:07Les experts n'ont pas fini de s'interroger sur cet acte de vengeance,
16:12même s'il a nourri ses morts.
16:14L'enquête sur le bébé secoué va continuer.
16:17Qui a secoué le bébé ?
16:18On va essayer de le savoir dans le prochain chapitre de l'heure du crime.
16:22Est-ce qu'il y a eu vraiment violence ?
16:23Ça aussi, il faudra le savoir.
16:25Alors le couple Lebrun est en garde à vue.
16:29Josué et Jean-Barre, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
16:31Vous avez suivi toute cette affaire pour Ouest France.
16:33Vous êtes journaliste.
16:34La scène de crime est particulièrement épouvantable.
16:40C'est-à-dire que le mari dit « je me suis défendu », etc.
16:44Mais il a frappé, il a frappé encore avec deux armes.
16:49Oui, tout à fait.
16:50Il est difficile d'imaginer en tout cas que le scénario qu'il décrit
16:54dans plusieurs de ses auditions puisse être le bon.
16:58Puisque d'abord il s'est préparé, comme vous le décrivez,
17:03effectivement il avait mis beaucoup de cœur à essayer de se dissimuler.
17:10Effectivement les vêtements, le maquillage, les armes.
17:14Il faut s'imaginer quand même cette machette
17:17qu'il façonne l'après-midi, veille de ce meurtre, cet assassinat.
17:24Chez lui, il façonne un clèvre, n'est plus du moins,
17:27puisqu'il usine une espèce d'arme.
17:30Et puis derrière, oui, il y a du sang partout sur la scène de crime.
17:37On a manifestement des experts, mais ça légiste,
17:41en tout cas qui expliquent que la version d'Olivier Lebrun
17:43est totalement incompatible avec les éléments qu'il recueille sur place.
17:48Ça ne tient pas.
17:48Les experts disent qu'effectivement il est rentré,
17:50puis il a poignardé tout simplement.
17:51Il a attendu la victime dans l'ombre, tapis dans ce garage,
17:55mais ensuite c'est lui qui est passé à l'attaque.
17:57En tout cas, c'est ce que disent les experts.
18:00Maître Isabelle Auger-Ombre d'Anne,
18:02vous êtes avec nous dans cette heure du crime,
18:03avocat du conjoint de Nelly Leboire.
18:05Nelly Leboire est morte.
18:07Cet homme, Olivier Lebrun, il n'a cessé de ruminer son geste.
18:12Tout ça, c'était une espèce de tempête intérieure,
18:15cet homme qui buvait beaucoup d'alcool, etc.
18:19Jusqu'à ce geste fatal.
18:22Ah oui, c'est le moins qu'on puisse dire.
18:25Après, c'est une rumination ou autre chose, je ne sais pas.
18:29C'est-à-dire que je pense que cet homme-là était effectivement envahi de sentiments contradictoires.
18:34Je pense qu'il n'allait pas bien.
18:35Ça, c'est une certitude et c'est établi dans le dossier.
18:37Ce n'est pas moi qui le dis.
18:40Mais par contre, là où je souhaiterais insister et revenir,
18:44c'est que sur les coups qui ont été portés, les premiers coups,
18:48c'est-à-dire qu'il faut s'imaginer deux minutes la scène.
18:50On a fait une reconstitution et c'était absolument effroyable.
18:54Et donc, il va rester des heures debout, derrière, à côté de ce compteur électrique,
19:00tapis dans le noir, pendant au moins quatre heures, si ce n'est davantage,
19:04parce qu'il attend qu'elle arrive.
19:05Et il lui porte les premiers coups dans le dos.
19:07Donc, je pense qu'il y a là quelque chose qui est effectivement...
19:14Après, il y aura tous les autres coups.
19:15Il y aura effectivement une lutte entre les deux.
19:18Mais les premiers coups sont portés alors qu'elle lui tourne le dos.
19:22Et il est persuadé à ce moment-là qu'en fin de compte,
19:26il agit parce qu'il est légitime à agir.
19:29En fait, moi, je ne parle pas forcément...
19:32Enfin, il va...
19:34Ce n'est pas l'idée d'une vengeance, c'est l'idée de...
19:38Alors, il y a de ça quand même, ce n'est pas la question,
19:40mais c'est surtout l'idée de dire qu'on a fait du mal à son fils
19:43et en père protecteur, il agit.
19:45Oui, c'est ça. Il fait sa justice.
19:47Cette notion-là.
19:47Oui, il fait sa justice. Il rétablit la justice qu'on ne lui accorde pas par ailleurs.
19:53Ça, on est d'accord.
19:53Encore un petit mot, maître Isabelle Auger-Ombredan.
19:56La préméditation, elle ne fait aucun doute, évidemment.
19:59Il y a quelque chose d'étonnant, c'est qu'il avait même placé un brouilleur d'ondes dans le
20:02garage
20:03pour éviter qu'elle puisse téléphoner, c'est ça ?
20:05Tout à fait.
20:06En fait, il arrive et il installe tout de suite un brouilleur d'ondes.
20:09Donc, quand même, ça aussi, c'est très noté.
20:11C'est l'ADN de madame qui sera retrouvé dessus.
20:13Moi, je trouve ça toujours intéressant, mais oui, il installe, il va, comme l'a dit
20:18M. Josué-Gembert, il va, toute l'après-midi, limer ses outils.
20:24Il va transformer un couteau.
20:25Enfin, c'est incroyable.
20:26Il va peindre ses chaussures.
20:28Il va se grimer tel un ninja.
20:30Enfin, c'est incroyable.
20:32C'est incroyable, cette préparation.
20:34Il arrive avec son brouilleur d'ondes pour être sûr qu'elle ne puisse pas appeler les secours.
20:39Et il coupe l'électricité pour être certain qu'elle va descendre au garage.
20:42Un mot sur Sophie Lebrun, encore maître Isabelle Auger-Ombrodin.
20:47Vous venez de l'évoquer.
20:48Elle dit aux gendarmes qui l'interrogent, elle est un peu pétrifiée, mais on le saurait à moins.
20:54Et elle va dire qu'elle était impuissante.
20:57Elle n'a pu rien faire.
20:58C'était une mécanique qui était lancée et elle était impuissante.
21:02Comment peut-on interpréter ces propos ?
21:04Alors, d'abord, ce n'est pas ce qu'a dit la Cour d'Assise, puisqu'elle a été condamnée,
21:07quand même.
21:07Je pense que c'est important aussi de le rappeler.
21:09Mais je pense qu'il y a une vraie forme de lâcheté.
21:12Et elle l'a détestée aussi, il ne faut pas l'oublier quand même.
21:15Elle le détraite elle-même.
21:16Oui, elle l'a dit.
21:16Elle l'a dit.
21:17Et donc ça là-dessus.
21:18Et surtout, oui, c'est vrai que peut-être qu'à 2h30 du matin, quand le réveil sonne
21:23et qu'elle a pris ses somnifères, elle n'est plus en état de réagir.
21:25Mais elle aurait pu réagir avant.
21:27Alors, je veux bien qu'on dise, je ne l'ai pas pris au sérieux, je n'ai pas pensé
21:31un instant qu'il ferait ça.
21:33Bon, il était quand même dans un état, c'est comme là, d'excitation.
21:38Enfin, on était, c'était presque au paradoxe.
21:41Donc, je pense que c'est difficile de venir soutenir aujourd'hui qu'elle ne lui a pas apporté de
21:46crédit.
21:46Je pense qu'elle n'a peut-être pas eu l'énergie ou le courage de soutenir lui.
21:50Ça, c'est possible.
21:51Mais en revanche, elle aurait pu, par son intervention, peut-être, je dis bien peut-être, éviter ce drame.
21:57À la recherche de la vérité pour le petit garçon rendu infirme.
22:02Nelly Leboire, vengeance autour d'un bébé secoué.
22:05Elle n'aurait fait de mal à personne, elle était la douceur même.
22:08L'enquête de l'heure du crime, saura-t-on vraiment ce qui s'est passé avec le petit Nino
22:12?
22:12À suivre, dans un court instant sur RTL.
22:15Le matin, le midi, le soir, c'est RTL.
22:24L'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
22:28Les médecins du CHU d'Angers attestent que l'enfant de ce couple, victime du syndrome du bébé secoué,
22:33a quasiment perdu la vue et de manière irréversible.
22:36Placé en garde à vue, le couple rejette la faute sur la nourrice et ses proches.
22:40Une nourrice que l'enquête aurait innocenté.
22:44Au programme de l'heure du crime, l'affaire Nelly Leboire, cette assistante maternelle, a été tuée de 18 coups
22:49de couteau en 2013 dans le Maine-et-Loire.
22:52Un homme qui l'a soupçonné d'avoir secoué son bébé deux ans plus tôt a avoué.
23:00Mardi 23 septembre 2014, un an et demi après l'assassinat de Nelly Leboire,
23:05le procureur d'Angers demande la jonction du dossier des violences exercées sur le petit Nino,
23:10six mois et demi au moment des faits, avec celui de l'assassinat de la nourrice.
23:14Un complément d'expertise médicale est ordonné afin de savoir si l'enfant a été réellement secoué.
23:20Il est confié au docteur Clotilde Rouget-Maillard et Caroline Ressalmont, pédiatres et légistes.
23:26Selon cette dernière, les éternuements, accompagnés de mouvements violents de la tête,
23:32tels que décrits par la nourrice, ne peuvent pas expliquer les symptômes présentés par l'enfant.
23:37Pour l'experte, il a fallu une force cinétique importante pour déclencher le traumatisme,
23:44à savoir l'intervention d'un tiers qui aurait secoué l'enfant, la nounou.
23:49Nelly Leboire avait fermement démenti toute violence, selon son compagnon interrogé par West France.
23:55Nelly n'aurait fait de mal à personne.
23:58Elle était la douceur, la sincérité, l'honnêteté même.
24:0128 août 2015, après un an de vérification, le juge délivre un non-lieu pour les violences volontaires commises sur
24:07Nino.
24:08Impossible donc de savoir qui a secoué le petit garçon jusqu'à le rendre aveugle.
24:17L'enquête de personnalité décrit Olivier Lebrun et son épouse Sophie comme un couple anéanti et perdu,
24:23après l'hospitalisation de leur fils.
24:26Le psychiatre décrit le père de famille comme un individu assez obstiné et un peu âpre.
24:31Il avait l'impression d'être soupçonné, il était là-dessus relativement serein, écrit le psy,
24:36mais il était par contre obsédé par l'idée que la personne qui avait peut-être secoué son fils
24:42pourrait ne pas être inquiétée.
24:44D'autres experts notent une personnalité obsessionnelle, sans aller toutefois jusqu'à une psychose paranoïaque.
24:54Et à ce stade, avec cette enquête qui est plutôt d'ailleurs bien faite,
24:58parce qu'on va dans tous les détails, dans les précisions, on cherche à tout vérifier,
25:01il faut qu'effectivement s'il y a un procès, que tout le dossier soit complet.
25:06Il y a une seule certitude en fait qui se dégage, c'est que le petit Nino a été réellement
25:10secoué.
25:12Maître Isabelle Auger-Ombredan, avocate au barreau d'Angers, avocate du conjoint de Nelly Leboire,
25:18il a été secoué le petit Nino, on le dit depuis le début de cette émission,
25:23mais qui l'a secoué ?
25:25Alors là, c'est une frustration dans ce dossier, parce qu'il va y avoir un an d'enquête, de
25:29contre-enquête,
25:30et on ne sait toujours pas.
25:32Ah oui, c'est effectivement, et puis c'est surtout par cette incapacité à déterminer véritablement qui est l'auteur,
25:39qu'il va y avoir cette espèce de délire qui va s'installer chez l'assassin, chez Olivier Lebrun,
25:48parce que justement, comme on ne peut pas prouver, ni que ce soit lui, sa femme ou la nounou,
25:54lui il s'auto-persuade, enfin il va construire cette certitude, je pense, véritablement,
25:59parce que peut-être que d'autres idées ou d'autres faits pourraient lui faire trop mal, je n'en
26:04sais rien,
26:05ça c'est mon opinion personnelle, mais en tout cas, il est sur l'idée que,
26:09puisque ce n'est pas lui et ça ne peut pas être sa femme, c'est forcément elle,
26:12et qu'il faut un coupable, c'est vraiment ça.
26:15Et que la justice va être défaillante, c'est ce qu'il a dans l'esprit, je pense, très sincèrement.
26:19Oui, ça c'est ce qu'il a peut-être entraîné dans cette espèce de névrose,
26:23même si on dit qu'il n'y a pas de psychose paranoïaque à mettre chez lui,
26:27c'est-à-dire qu'il est obsédé par cette affaire, évidemment,
26:30mais encore une fois, on le saurait à moins,
26:32donc effectivement, ça peut complètement détruire une famille entière, ce genre de questions.
26:38Mais là, il ne va pas jusque-là, il n'est pas dans une névrose psychiatrique, j'ai envie de
26:43dire.
26:43Non, non, non, il est complètement responsable pénalement, en tout cas,
26:48mais effectivement, peut-être aussi qu'il alimente cette...
26:52Enfin, je ne sais pas, moi, j'ai un moment pensé, effectivement, dans ce dossier,
26:58parce que j'avais l'intime conviction, en tout cas, puisqu'on en a nous aussi, les avocats,
27:02il n'y a pas de raison, mais moi, pour avoir rencontré Nelly Leboire avant tout cela,
27:06dans le cas, justement, de cette procédure du bébé secoué,
27:10voilà, j'avais la certitude que cette femme-là, effectivement, n'avait rien fait de mal.
27:15Et après, ce n'est que ma certitude, ce n'est que ma vérité.
27:19Mais, et donc, à un moment donné, pour que ça s'arrête, je crois, sa douleur à lui,
27:25parce que peut-être n'était-il l'auteur, je n'en sais rien,
27:29il dénonce une coupable et il va jusqu'à la tuer.
27:31Et comme ça, il n'y a plus de doute, elle est morte parce qu'elle a secoué.
27:34Voilà, il a effacé la femme qui a fait du mal à son bébé.
27:38Josué Jean-Barre, journaliste à West France, question pour vous.
27:42C'est vrai que cette enquête, je trouve qu'il faut la saluer,
27:44parce qu'elle est précise, elle a été très développée,
27:47et notamment sur ces questions médicales qui sont compliquées à explorer.
27:50Il y a eu expertise et contre-expertise, Josué ?
27:53Oui, tout à fait.
27:54On s'est penché largement sur la question de ces lésions,
27:59savoir en gros leur amplitude, évidemment,
28:03mais surtout essayer de déterminer leurs origines.
28:06C'est quelque chose qui est très compliqué.
28:08On est face à une espèce de dilemme dans le sens où
28:10on réussit à déterminer de manière clinique
28:13que l'enfant, le bébé, a bien été fictif, en tout cas,
28:16de ce syndrome de bébé secoué, ça c'est manifeste.
28:20Mais en même temps, la détermination de l'origine, en tout cas,
28:24des lésions est pour le moins plus délicate.
28:28On peut, et là, pour le coup, on tourne autour de deux foyers,
28:34de deux endroits possibles, que sont d'une part,
28:37effectivement, le domicile de la nourrice,
28:39et d'autre part, celui des parents.
28:41Oui, c'est ça, et on n'arrivera pas à éclaircir
28:43où a pu se passer cette catastrophe
28:46où le petit Nino a été secoué.
28:48Le couple va être jugé.
28:51Nelly Leboire, vengeance autour d'un bébé secoué.
28:53À partir du problème de mon fils,
28:55tout est devenu anecdotique.
28:58L'enquête de l'heure du crime.
28:59On se retrouve dans un instant sur RTL.
29:02Tous les jours.
29:05Toute la journée.
29:17Retour dans l'heure du crime sur la Fernelle Leboire.
29:20Une assistante maternelle tuée en 2013
29:23de 18 coups de couteau dans un village du Maine-et-Loire.
29:26Un couple l'a soupçonné d'avoir secoué leur bébé,
29:29resté aveugle.
29:29Trois ans après les faits mari et femme sont jugés.
29:36Lundi 13 juin 2016,
29:38Olivier Lebrun, 49 ans,
29:40est devant la cour d'assises du Maine-et-Loire, à Angers.
29:42Aucun trait de son visage ne bouge.
29:44Ses yeux restent écarquillés.
29:46Il est accusé d'assassinat.
29:48Son épouse Sophie, pâle et triste,
29:51comparée pour non-empêchement de crime.
29:53Elle évoque une spirale infernale
29:55dans laquelle est tombé le couple.
29:56Après notre garde à vue, on est ressorti cassé, déplore-t-elle.
30:01Le couple était obsédé par l'idée que Nelly Leboire
30:05avait secoué leur enfant.
30:07Le mari soupçonnait même les gendarmes
30:09de couvrir la nourrice, une ancienne militaire.
30:12Un complot ?
30:13Le mot est fort, mais pourquoi pas une collusion d'intérêts,
30:16souffle Olivier Lebrun.
30:18Un expert psychologue indique que le père de famille s'est noyé
30:21dans une rumination.
30:23Il vivait dans un autre monde.
30:24Deux pompiers racontent leur entrée
30:26dans le garage de Nelly Leboire.
30:28Nous l'avons trouvé avec deux couteaux plantés
30:31et une mare de sang.
30:32La victime était au sol, les yeux ouverts.
30:35C'était choquant.
30:36Un médecin évoque une agression de très courte durée,
30:38mais des coups portés avec une très grande intensité.
30:42La victime a beaucoup souffert
30:44et s'est vue mourir.
30:49Olivier Lebrun décrit son mal-être au moment des faits.
30:53À partir du problème de mon fils, tout est devenu anecdotique, dit-il.
30:57Les heures précédant le crime, il a taillé la haie de la maison.
31:00Il a nettoyé sa voiture, il voulait la vendre.
31:02Il a beaucoup bu.
31:03L'après-midi, il a préparé ses armes.
31:06Il ne se souvient plus des coups de couteau.
31:08C'est un trou noir, dit-il.
31:09« Un crime pour résoudre un autre crime.
31:11Voilà la solution trouvée par ce monsieur, »
31:14déplore un avocat de la partie civile.
31:16L'accusé dit qu'il regrette la mort de la nourrice.
31:19« Je ne la voulais pas.
31:21Pardonnez-moi, » demande-t-il.
31:23« Jamais, » répond un proche de Nelly Leboire.
31:26Olivier Lebrun est condamné à 25 ans de prison,
31:2918 mois avec sursis pour son épouse.
31:34Et on va aller faire un tour à ce procès,
31:37le procès de ce couple.
31:40Josué Jean-Barre, journaliste à West France,
31:42vous y étiez à ces audiences.
31:43À quoi ressemble tout simplement ce couple ?
31:46Est-ce qu'il se regarde ?
31:47Est-ce qu'il parle ?
31:48Est-ce qu'effectivement, les yeux sont plutôt tournés,
31:50je suppose, vers Olivier Lebrun ?
31:53Alors tout à fait.
31:54On a une attention qui est portée sur Olivier Lebrun.
31:57Et la particularité de ce procès,
31:58c'est qu'il dure au moins la semaine.
32:02Et on n'entend pas la voix d'Olivier Lebrun
32:04avant le jeudi.
32:07Puisqu'il y a effectivement dans cette affaire,
32:09deux affaires.
32:11Et l'interrogatoire de l'accusé est différé.
32:15Et ça permet donc à Olivier Lebrun
32:17d'être totalement effacé de son procès,
32:19en tout cas dans les premiers jours.
32:20On n'entend pas le son de sa voix.
32:22Il est dans une attitude assez effacée.
32:25Il ne manifeste rien.
32:27Il a les yeux certes ouverts,
32:28mais plutôt baissés.
32:29On a le sentiment qu'il est un peu spectateur
32:31de son procès dans un premier temps.
32:33Maître Isabelle Auger-Ombredane,
32:35avocate au barreau d'Angers,
32:36avocate du conjoint de Nelly Leboire.
32:38Évident, vous êtes à ce procès.
32:41Est-ce que les déclarations du mari,
32:43son attitude,
32:45je parle du mari parce qu'effectivement,
32:46c'est lui le plus exposé,
32:47est-ce que ça correspond à ce qu'il avait déclaré
32:50dans le dossier
32:51ou bien vous découvrez un autre personnage ?
32:55Non, c'est bon en malant
32:57à peu près tout ce qu'il avait déclaré
32:59en cours de procédure,
33:00mais il faut quand même préciser,
33:02je crois, c'est important
33:03qu'à un moment donné,
33:04justement dans la procédure
33:05et évidemment au procès aussi,
33:07il va avoir comme déclaration
33:10l'idée qu'il ne voulait pas la tuer.
33:12Qu'en fait, il y allait
33:13pour avoir des explications.
33:14Ce qui, bien évidemment,
33:16est contredit totalement
33:17par le dossier,
33:19par les constatations,
33:21par toute sa préparation,
33:23et d'ailleurs,
33:24c'est même repris
33:25dans l'ordonnance de mise en accusation
33:26parce que,
33:26comme il avait commencé
33:27à avoir un peu ce discours-là
33:28au niveau de l'instruction,
33:30je pense que le juge
33:31qui a pris soin
33:32de fermer toutes les portes
33:33dans cette instruction,
33:34il ne manquait rien,
33:36il faut le dire aussi,
33:37quand la justice fonctionne bien,
33:39je crois qu'il faut le dire.
33:40Et donc,
33:41il avait pris soin
33:42de fermer toutes les portes
33:43et entre autres,
33:44bien sûr que son discours
33:47était un discours d'opportunité.
33:49Enfin,
33:50il essaie de minimiser son action,
33:51je pense,
33:52et quand même
33:53pour ne pas être condamné
33:56trop lourdement.
33:57Je pense que c'est véritablement
33:59cette attitude-là
34:00qu'il a au procès,
34:02avec toujours quand même
34:04en récurrence l'idée
34:05qu'il était un père aimant
34:07et que son action
34:08n'est qu'une action d'amour,
34:09en fait.
34:11Josué Jean-Barre,
34:12on entend ce que dit
34:12Maître Isabelle Auger-Ombredane.
34:15Vous êtes d'accord avec ça ?
34:17Finalement,
34:18il ne lâche rien,
34:18cet homme.
34:19Il est toujours persuadé
34:21qu'effectivement,
34:23la nounou a fait du mal
34:24à son enfant.
34:26Alors, persuadé,
34:27oui.
34:28Moi, j'irais bien au-delà de ça,
34:31on a quelqu'un
34:32qui est quand même décrit
34:34comme un personnage
34:36assez psychorigide,
34:37d'une psychorigidité
34:38d'ailleurs presque pathologique.
34:40On a le sentiment
34:41d'une personne
34:42qui a du mal,
34:43en tout cas,
34:44à varier,
34:45à dévier,
34:46à prendre du recul.
34:48Il faut préciser,
34:49parce que c'est important
34:50dans cette histoire,
34:51qu'au moment,
34:53en tout cas,
34:53où le bébé est secoué,
34:57il est déjà professionnellement
34:59en difficulté,
34:59il est arrêté,
35:01il a vécu,
35:03je crois qu'il est
35:04à la SNCF,
35:06dans un service
35:07d'aiguillage,
35:07etc.,
35:08et il est changé de service
35:10et c'est quelque chose
35:11qu'il vit très très mal.
35:12Donc,
35:14cet homme,
35:15en fait,
35:15se retrouve confronté
35:16à cette situation,
35:17à cette histoire
35:18avec cette espèce
35:19de forme,
35:20de posture
35:21un petit peu raide,
35:22un petit peu rigide,
35:23et on sent en tout cas
35:24que son état
35:24n'a fait que se dégrader
35:25finalement à un moment
35:26où survient le secouement
35:28et puis,
35:29par la suite,
35:29il a plongé
35:30dans une forme
35:31de dépression
35:32alcoolisée,
35:33etc.,
35:33et finalement,
35:34au procès,
35:35on voit cet homme
35:37qui est au bout
35:38de ce chemin,
35:39avec un entourage même
35:40qui est lui-même convaincu
35:42que tout ce qu'il dit
35:43est vrai,
35:44que l'affaire,
35:45en tout cas,
35:45l'affaire principale
35:46pour laquelle il est jugé,
35:48c'est la situation
35:49de son fils,
35:50alors qu'il est là,
35:51bien sûr,
35:52en premier lieu
35:53et il est poursuivi
35:54pour un assassinat.
35:55Maître Isabelle Auger,
35:56Ombredal,
35:57un petit mot,
35:58la famille de la nourrice
35:59est présente,
36:00évidemment,
36:00vous défendez,
36:01vous,
36:01le conjoint de Nelly Leboire,
36:02comment est-ce qu'elle observe
36:04ce couple
36:05et notamment cet homme ?
36:07Je pense que ça a été
36:09une vraie violence aussi
36:11faite à cette famille,
36:12alors en plus,
36:12ça a été réitéré,
36:13vous l'évoquerez très certainement
36:14puisqu'il a fait après,
36:15et ça a été
36:16une vraie violence
36:18faite à cette famille
36:21parce que Nelly
36:22était quelqu'un
36:23d'extrêmement apprécié
36:24tant par ses sœurs,
36:25alors je ne représentais pas
36:26les sœurs,
36:26mais je crois que je peux le dire
36:27sans trahir personne,
36:30et puis bien sûr
36:31ce conjoint
36:31qui est effondré,
36:33qui est encore effondré
36:34aujourd'hui
36:34parce que je l'ai eu
36:35il n'y a pas très longtemps,
36:36parce que M. Lebrun
36:38a fait l'objet
36:39d'un placement à l'extérieur,
36:41il a été condamné
36:42quand même
36:42il y a juste 13 ans
36:44à 25 ans.
36:44On va en parler évidemment.
36:46On va en parler.
36:46Et donc non,
36:47ça a été
36:49très très difficile
36:50parce que
36:51effectivement
36:51tout le temps,
36:52tout le temps,
36:53alors qu'elle est morte
36:53assassinée après 18 coups,
36:55on revient
36:56sur la possibilité
36:57qu'en fait
36:58elle serait un peu coupable.
36:59Et ça effectivement
37:00c'est difficile à supporter
37:01pour une famille,
37:02je l'entends bien.
37:03Le mari fait appel.
37:04Nelly Leboire,
37:05vengeance autour
37:06d'un bébé secoué.
37:07On ne saura jamais
37:08qui a fait ça à mon fils.
37:09Je l'accepte aujourd'hui,
37:11l'enquête de l'heure du crime.
37:12Je vous retrouve tout de suite
37:13sur RTL.
37:15Gardez RTL
37:17toujours avec vous.
37:18Le direct,
37:19les replays,
37:20les inédits.
37:21Téléchargez l'appli RTL.
37:23L'heure du crime
37:25présentée par Jean-Alphonse Richard
37:26sur RTL.
37:28Dans l'heure du crime,
37:29l'affaire Nelly Leboire,
37:31une assistante maternelle
37:3251 ans,
37:33tuée à coups de couteau
37:34dans le Manéloir en 2013.
37:35Un voisin l'accusait
37:37d'avoir secoué son bébé
37:38lequel est devenu aveugle.
37:40Il a été condamné
37:41à 25 ans
37:41de prison en 2016.
37:43Il est rejugé
37:44un an plus tard.
37:48Lundi 4 décembre 2017,
37:50Olivier Lebrun
37:51comparaît en appel
37:52devant les assises
37:53de la Sarthe,
37:54au Mans.
37:55Séverine Lecor,
37:56la sœur de Nelly Leboire,
37:58indique dans Ouest France.
37:59Il serait temps
38:00qu'il reconnaisse
38:01l'horreur de son crime.
38:03L'accusé dit
38:03n'avoir plus de colère.
38:05On ne saura jamais
38:06qui a fait ça à mon fils.
38:08Je l'accepte aujourd'hui,
38:09explique-t-il.
38:10L'avocate générale
38:11décrit l'assassinat
38:12comme une expédition
38:14punitive
38:15commise par un homme
38:17au sang-froid
38:17hors du commun.
38:19Olivier Lebrun
38:20est à nouveau condamné
38:21à 25 ans de prison.
38:26Les proches de Nelly Leboire
38:28sont soulagés
38:29par ce verdict.
38:30Tous ceux
38:30qui ont rencontré
38:31ma sœur
38:32ont défendu
38:33sa probité.
38:35La peine montre
38:35qu'elle n'avait rien
38:36à se reprocher,
38:38explique
38:38Séverine Lecor.
38:41Je l'ai vu
38:41devant la cheminée
38:42en train de mettre
38:43des choses dans la cheminée
38:43mais je n'ai rien
38:44vu, je n'ai pas vu
38:44ce que c'était.
38:45Il était nerveux
38:46et il n'arrivait pas
38:47à se lever ça
38:48de la tête.
38:49Je ne pensais pas
38:49que ça l'obsédait
38:50à ce point-là.
38:51Il me disait
38:52que ce n'était pas juste
38:53qu'elle aille toujours
38:54son agrément,
38:55que ça,
38:55l'affaire n'avance pas.
38:58La voix de Sophie Lebrun,
38:59épouse d'Olivier Lebrun,
39:00c'était dans l'émission
39:01Canal Crime
39:02avec cette femme
39:03qui dit ne pas comprendre
39:04et n'avoir toujours pas compris
39:05ce qui avait pu se passer
39:06dans la tête de son mari
39:07dont acte.
39:09Elle a été elle aussi
39:09condamnée en première instance.
39:11Le fait est que le couple
39:12a été condamné
39:14définitivement
39:15pour effectivement
39:15la mort de Nelly Leboire.
39:19Maître Isabelle Auger-Ombredane,
39:21avocate barreau d'Angers,
39:22avocate du conjoint
39:23de Nelly Leboire.
39:24Première question.
39:26Enfin,
39:26la famille
39:28de Nelly Leboire,
39:29bien sûr,
39:30est soulagée
39:30par ce verdict.
39:32C'est important
39:32parce qu'il y avait eu
39:33ce premier procès
39:34qui était douloureux
39:34puis il y en a un deuxième.
39:37Oui,
39:38tout à fait.
39:38Puis cette confirmation,
39:40c'est-à-dire
39:40les deux fois 25 ans,
39:42c'est-à-dire que
39:43ça vient dire
39:43qu'effectivement
39:44il est véritablement
39:45coupable de cet assassinat
39:47et qu'il est puni
39:48pour cet assassinat
39:49et qu'en fait,
39:50pour eux,
39:51ça vient dire
39:52que leur soeur,
39:53leur amie,
39:54leur femme
39:55n'était pas
39:56effectivement
39:57celle que lui
39:58il dépeint
39:59et qu'il n'avait pas
40:01à faire ce qu'il avait fait
40:02et que c'est un vrai crime
40:03qu'il a commis
40:04avec une fredure
40:05incroyable.
40:06Donc, oui,
40:07bien sûr que ça les a
40:08apaisés,
40:09en tout cas.
40:09Soulagés,
40:10je ne sais pas,
40:10mais apaisés certainement.
40:11Apaisés, oui,
40:12effectivement,
40:12parce qu'on ne fait pas
40:13évidemment ce deuil
40:14tout de suite.
40:15Ça prend parfois des années
40:16ou parfois,
40:16d'ailleurs,
40:17le deuil ne se fait jamais.
40:18Tout simplement,
40:20qu'est-ce qui devient
40:21Maître Auger,
40:22Ombredan,
40:23Olivier Lebrun
40:24aujourd'hui ?
40:26De lui,
40:27je n'ai pas de nouvelles
40:27en direct,
40:28si ce n'est que j'ai reçu
40:29un avis du juge
40:29d'application des peines
40:30de Nantes
40:32le 1er juin
40:33pour être tout à fait
40:34qui nous informait
40:36et qui informait
40:37mon client
40:38qu'il avait été placé
40:39à compter du 6 mai
40:42sur un placement extérieur.
40:45Et donc,
40:46en fait,
40:4613 ans après un verdict
40:47de 25 ans,
40:49on a fini la période
40:50de sûreté.
40:50Ça,
40:51c'est un fait établi.
40:52il est aujourd'hui
40:54alors pas libre
40:55parce qu'on est
40:56cet emplacement à l'extérieur.
40:57Ce n'est pas quelque chose
40:58où...
40:58C'est-à-dire qu'il travaille,
40:59c'est ça ?
40:59Il faut nous dire pour...
41:00C'est ça.
41:01Il a un lieu d'accueil,
41:02en fait,
41:03et qui lui permet de...
41:05Ce n'est pas de la semi-liberté,
41:06c'est encore différent
41:07à mon sens.
41:08En tout cas,
41:08moi,
41:08c'est ce que je lis
41:09et qui lui permet
41:10effectivement
41:11de pouvoir
41:14progressivement
41:14se réinsérer.
41:15On est là-dessus.
41:17Mais effectivement,
41:18pour mon client
41:19qui a téléphoné récemment
41:21au cabinet,
41:21c'est quelque chose
41:22d'extrêmement difficile
41:23à entendre.
41:24On comprend.
41:25Parce qu'on est loin
41:26de la fin de la peine,
41:27quand même.
41:28On comprend,
41:29effectivement.
41:29Voilà.
41:30Donc,
41:30en tout cas,
41:31le fait que la justice
41:32a tranché,
41:33j'ai envie de dire,
41:33mais on comprend aussi
41:35la détresse et la colère,
41:36sans doute,
41:37de votre client,
41:38Josué Jean Barre.
41:40Il y a quelque chose
41:40d'étonnant
41:42dans cette histoire.
41:43C'est que,
41:43d'abord,
41:44on a la vérité,
41:45évidemment,
41:45sur la mort de Nelly Leboire.
41:47C'est une vérité
41:48qui est lisible
41:48et qui a été sanctionnée
41:50par la justice.
41:50Le fait est qu'on n'a pas
41:51la vérité sur la mort,
41:53pardon,
41:54sur les coups donnés
41:55au petit Nino
41:56et le fait qu'il ait été secoué.
41:57Ça,
41:58on n'a pas la vérité.
41:59Non.
42:00Et ça restera,
42:01sans doute,
42:02un mystère
42:03de cette affaire.
42:05c'est de comprendre
42:06finalement
42:06comment cet enfant
42:08en est arrivé
42:09à cet état.
42:11Ce sont des faits
42:12assez graves.
42:13Un bébé secoué
42:14qui amène
42:15théorique
42:15sur un cours d'assises.
42:17Donc,
42:18on peut,
42:18d'une certaine manière,
42:19comprendre
42:20que cette situation
42:22n'est plus légitimement
42:23secouée
42:24toutes les personnes,
42:25les parents,
42:26la famille,
42:26etc.
42:28Néanmoins,
42:28on se rend compte
42:29dans cette affaire
42:30quand même
42:30que ce qui a conduit
42:32à la tragédie
42:33qui a suivi
42:35est quand même
42:36un processus
42:37assez indépendant
42:38de cette première affaire.
42:41Des gens vivent des drames
42:42souvent,
42:43régulièrement.
42:44Pour le moins,
42:45ils ne finissent pas tous
42:46en fait
42:47à commettre
42:47des actes de cette nature
42:49et dans ces situations.
42:50Et heureusement,
42:51d'ailleurs,
42:51là,
42:51c'est le cycle
42:52d'une obsession
42:54terrifiante
42:54et une obsession meurtrière.
42:56Merci beaucoup.
42:56Josué Jambard
42:57et Maître Isabelle
42:58Auger-Ombredan
42:59d'avoir été aujourd'hui
43:00les invités
43:01de l'heure du crime.
43:02Merci à l'équipe
43:03de l'émission,
43:03rédactrice en chef
43:04Justine Vigneau,
43:05préparation Romain Diverès,
43:07Valentin Bardet,
43:07réalisation en direct.
43:09Jonathan Griveaux.
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