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  • il y a 17 minutes
Jim Morrison, 27 ans, légende du rock, voix et visage des Doors. A l'été 1971, il est retrouvé mort dans un appartement parisien, à demi-immergé dans une baignoire. Les policiers sont sceptiques mais le légiste conclut à une mort naturelle. Il faudra des années pour qu'un autre scénario apparaissent, celui d'un décès suspect et mis en scène.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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00:0214h15 c'est l'heure du crime sur RTL
00:17Bonjour, Jim Morrison, 27 ans, légende du rock, voix et visage des Doors.
00:24A l'été 1971, il est retrouvé mort dans un appartement parisien,
00:28à demi immergé dans une baignoire.
00:30Les policiers sont sceptiques, mais le légiste conclut à une mort naturelle.
00:34Il faudra des années pour que notre scénario apparaisse,
00:38plus mystérieux, plus ténébreux.
00:40Jim Morrison, dernière nuit à Paris, l'heure du crime.
00:43La seule émission Radio 100% fait d'hiver, c'est tout de suite sur RTL.
00:54Samedi 3 juillet 1971, 9h10 du matin,
00:58les pompiers de Paris, caserne Champeret,
01:01sont alertés pour un homme possiblement asphyxié
01:04dans un appartement du 4ème arrondissement, non loin de la Bastille.
01:08La femme au bout du fil est la réalisatrice de cinéma Agnès Varda.
01:12Elle vient d'être prévenue de l'accident par la compagne de la victime,
01:16deux amis américains qui ne parlent pas en mots de français.
01:20Ils habitent au numéro 17 de la rue Botreilly,
01:243ème étage, palier droit.
01:26Un quart d'heure plus tard, les secours arrivent.
01:29Ils sont reçus par une jeune Californienne, Rousse.
01:32Le teintre est pâle, manifestement sous le choc.
01:35Pamela Courson, 24 ans, est la compagne de la victime.
01:39L'officier des pompiers, Alain Resson, est conduit au bout du couloir
01:43dans une petite salle de bain.
01:45Il ne note aucun désordre dans la pièce.
01:47Face à lui, un homme de forte corpulence, chevelu,
01:51repose nu dans une baignoire à moitié pleine.
01:54Son bras gauche pend sur le rebord, l'eau est tiède et rosée.
01:58Du sang s'est écoulé de la narine droite de la victime.
02:01La tête est inclinée en dessous du robinet.
02:04L'officier Alain Resson constate que la victime est inerte.
02:09Sa température a chuté.
02:10Les pompiers retirent le corps de la baignoire,
02:13on tente un massage cardiaque en bouche à bouche, en vain.
02:16Les amis de Pamela Courson, la réalisatrice Agnès Varda
02:20et le franco-américain Alain Roné arrivent à l'appartement.
02:24Le nom de la victime est volontairement donné à l'envers.
02:28Douglas Morrison James, 27 ans.
02:31Histoire de ne pas attirer l'attention sur son identité connue et célèbre,
02:36Jim Morrison.
02:38Précaution inutile, peu de monde connaît alors Jim Morrison en France,
02:42qui plus est.
02:43Le chanteur des dors s'est tellement métamorphosé ces derniers temps
02:46qu'il est méconnaissable, empâté, bedonnant, hirsute.
02:53Samedi 3 juillet, 9h45, le commissaire Robert Berry,
02:57du commissariat de l'arsenal, entre dans l'appartement.
03:00Le policier a immédiatement des doutes.
03:04Il fait le tour du logement, inspecte quelques tiroirs,
03:07promène son regard à droite, à gauche.
03:09Il est en fait à la recherche de produits stupéfiants,
03:11mais il ne trouve rien.
03:13Ni poudre, ni seringue, ni cannabis,
03:16et pas de buvard de LSD.
03:18Il interroge Pamela Courson sur la profession de son compagnon décédé.
03:23Elle répond qu'il est poète.
03:25Le policier s'étonne qu'un poète puisse vivre dans un grand appartement aussi luxueux.
03:29L'ami Alain Roné vient alors à la rescousse de Pamela,
03:33en ajoutant que cette victime, là, elle fait aussi des affaires.
03:37Surtout ne pas évoquer la carrière de rockstar,
03:39qui, depuis des années, défraie la chronique aux Etats-Unis.
03:42Information qui doit rester secrète.
03:44Un premier médecin arrive sur place.
03:46Il s'adresse à Alain Roné, car Pamela Courson ne parle pas français.
03:49Il demande si M. Morrison se droguait.
03:53Réponse de Roné, non, il buvait surtout beaucoup d'alcool.
03:57Il pouvait en boire une quantité phénoménale.
04:00La veille, il souffrait de hockey.
04:02Le mois dernier, il a consulté un médecin à Londres, à Paris,
04:06où il réside depuis 4 mois.
04:08Il avait aussi consulté à l'hôpital américain de Neuilly.
04:11Il crachait du sang.
04:12On lui avait interdit l'alcool, le tabac.
04:14Le médecin ne veut pas en savoir plus.
04:16Il signe l'acte de décès et il conseille à la compagne
04:19de se rendre à l'état civil de la mairie d'arrondissement
04:22pour enregistrer le fameux acte de décès.
04:27Samedi 3 juillet, 14h, Pamela Courson et Alain Roné sont à la mairie du 4e face à la fonctionnaire de
04:33l'état civil.
04:34Elle tique.
04:35Elle ne voit nulle part la mention « mort naturelle ».
04:38Elle appelle donc le commissaire Berry.
04:41Il est fou de rage.
04:42Il avait demandé à l'américaine de ne pas sortir de chez elle.
04:45Le commissaire est de plus en plus soupçonneux.
04:48Il retourne rue Botreilly où Jim Morrison repose sur son lit.
04:52Il fouille à nouveau les placards et la salle de bain.
04:55Il n'exclut pas l'idée de placer Pamela Courson en garde à vue.
05:00Mais dans tous les cas de figure, il est nécessaire de l'interroger.
05:05Et on va voir ce que va déclarer effectivement Pamela Courson sur la mort de son compagnon Jim Morrison.
05:10On ne sait pas d'ailleurs qui est Jim Morrison à l'époque.
05:13Il y a les pompiers, il y a les policiers.
05:15Mais personne ne connaît ce personnage, un américain à Paris, un poète sans doute fortuné,
05:20qui vit en tout cas d'excès et d'éclats.
05:22Ça se voit d'ailleurs physiquement sur cette personne.
05:25Peut-être sans doute beaucoup de drogue, beaucoup d'alcool.
05:28Comment est mort Jim Morrison ?
05:29On va en parler dans la suite de l'heure du crime.
05:31Mais ce n'est sans doute pas dans une baignoire.
05:33C'est tout ce que je peux vous dire pour l'instant.
05:35Alors Jim Morrison, né en Floride, mort à Paris à l'âge de 27 ans.
05:40Bonjour Fabrice Epstein.
05:41Bonjour.
05:42Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans cette heure du crime.
05:45Vous êtes avocat à Paris et vous êtes animateur du podcast Rock'n'Roll Justice sur RTL 2.
05:51Très bonne émission, très bon podcast d'ailleurs qu'il faut écouter.
05:54Fabrice Epstein, il a 27 ans.
05:57Jim Morrison, il est né en Floride.
05:59Qu'est-ce qu'il fait à Paris là ?
06:00Qu'est-ce qu'il est venu faire à Paris à ce moment-là ?
06:03Autre chose que de la musique, faire des concerts, autre chose que d'être ce fameux chanteur des Doors.
06:08Il a envie d'écrire, il a envie peut-être de réaliser des projets de cinéma et il fuit la
06:14justice.
06:14Il fuit la justice américaine parce qu'il a été condamné et qu'un appel va arriver sous peu.
06:20Et qu'il pourrait aller en prison et que son avocat lui conseille fortement de quitter les Etats-Unis.
06:27Et entre la France et les Etats-Unis, il n'y a pas de convention d'extradition pour les affaires
06:31de Meurs.
06:31Donc il est à l'abri.
06:32Il est à l'abri.
06:33Mais alors affaire de Meurs, précisez, parce qu'il aurait montré son anatomie en public, c'est ça ?
06:38Absolument, dans un concert il aurait montré son...
06:39C'est pas prouvé d'ailleurs.
06:40Absolument, c'est pas du tout prouvé.
06:42Ouais, c'est pas du tout prouvé.
06:42Donc le fait est, c'est qu'il est un peu en cavale, Jim Morrison.
06:46Et puis il a peut-être envie de changer de vie, on dit qu'il aime la poésie.
06:49Absolument, il est poète, oui.
06:50Il a envie vraiment de s'orienter là-dessus.
06:52Oui absolument, et d'arrêter la musique et d'arrêter les concerts.
06:55Alors, on va voir évidemment que cette fin, elle est de toute façon tragique.
07:00Yves Bigot, bonjour.
07:01Bonjour Jean-Alphonse.
07:02Merci beaucoup d'être avec nous également dans le studio de l'heure du crime.
07:06Vous êtes journaliste, spécialiste de musique.
07:08On vous connaît évidemment très bien.
07:09Yves Bigot est auteur du livre qu'il faut lire absolument pour connaître cette histoire.
07:13Jim Morrison, Strange Days à Paris, les jours étranges à Paris, évidemment.
07:17Aux éditions, le mot et le reste.
07:19Et vous revenez évidemment sur la mort de Jim Morrison et une partie de sa vie.
07:23Et puis ce qui a amené à ce destin le plus tragique qui soit.
07:27Alors, il y a le corps de la rockstar qui est dans la baignoire.
07:30Et tout de suite, la scène prête un peu à confusion.
07:34Notamment le commissaire qui arrive, il ne croit pas trop à ce qu'il voit.
07:39Déjà, prendre un bain n'est logiquement pas mortel.
07:42Oui, heureusement.
07:44C'est la première constatation.
07:45Ensuite, Jim Morrison a 27 ans.
07:48Donc, il est quand même dans la force de l'âge.
07:51Et même s'il est alcoolique, il est empâté.
07:56Mais c'est un garçon très athlétique.
07:59Il est grand, il est costaud.
08:02C'est ce que va dire le pompier d'ailleurs.
08:03Qui va le voir, il va dire qu'il est très costaud cet homme.
08:07Mais bien sûr, il s'entraînait à Muscle Beach à Los Angeles.
08:11Aux appareils, il joue au football américain.
08:14C'est quelqu'un de costaud.
08:15Donc, on ne meurt pas théoriquement dans son bain à 27 ans.
08:20Sauf s'il se passe quelque chose de singulier.
08:23Évidemment, ce à quoi pense tout de suite le commissaire, c'est la drogue.
08:29Oui, c'est ça.
08:29Il cherche la drogue.
08:30Alors, c'est un peu particulier.
08:31On est vraiment dans des années où il y a la French Connection, etc.
08:35On parle beaucoup de la drogue.
08:37Fabrice Epstein, ça ne rigole pas à l'époque avec la drogue.
08:39Non, non, ça ne rigole pas.
08:40Et je pense que surtout, cette drogue-là, c'est l'héroïne.
08:44Et l'héroïne, elle n'est pas consommée par beaucoup de gens à cette époque.
08:46Alors certes, je pense qu'elle est beaucoup envoyée aux Etats-Unis.
08:48Mais en France, je pense qu'elle est pour un certain public.
08:53Et notamment le show business.
08:54Alors, le show business fait peur.
08:55Et c'est cette volonté du désordre.
08:58Donc, il y a aussi cette atmosphère-là qui pèse.
09:01Yves Bigot, pourquoi ?
09:02Alors là, c'est très étonnant.
09:03Et ça aussi, ça attire le soupçon.
09:05Pourquoi on veut cacher l'identité ?
09:07Ou en tout cas, la masquer, la travestir ?
09:09Parce que...
09:10Alors, d'abord, il faut rappeler que Jim Morrison est la plus grande rockstar américaine depuis Elvis Presley.
09:15Et quelques mois, quelques semaines seulement auparavant,
09:19Jimi Hendrix et Janis Joplin sont morts.
09:22Eux aussi.
09:22Overdose.
09:23A 27 ans.
09:24Alors, overdose pour Janis Joplin.
09:26Pour Jimi Hendrix, il est mort étouffé par ses propres vomissements dans son lit.
09:31Oui, il n'y a aucune preuve que la drogue ait été un élément à ce moment-là.
09:36En revanche, Janis Joplin, oui, est morte d'une overdose d'héroïne.
09:40Et ça a fait...
09:43Mais la une des journaux, il y en a eu des kilos absolument partout.
09:47Or, les amis de Jim Morrison, Agnès Varda et Alain René, son meilleur ami franco-américain,
09:53eux, veulent éviter ce qu'ils appellent le cirque qu'il y a eu autour des morts de Jimi Hendrix,
09:59de Janis Joplin,
10:00avec la publication de tous leurs enregistrements inédits, etc.
10:05Eux, ils ont envie que Jim disparaisse comme il avait souhaité disparaître à Paris.
10:09Donc, il faut vite l'enlever de là.
10:12Il faut cacher quasiment le corps, on va le voir, parce que tout ça va très vite.
10:16Le fait est, c'est qu'il doit rester anonyme, tout au moins, pour une semaine ou encore quelques jours.
10:21Une version officielle du décès et un enterrement en catimini.
10:25Jim Morrison, dernière nuit à Paris.
10:28J'avais l'impression qu'il est tout fait.
10:30Je l'ai secoué et je lui ai envoyé quelques gifles pour le réveiller.
10:33L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
10:40Merci d'écouter RTL.
10:48RTL, votre radio.
10:51Jean-Alphonse Richard sur RTL.
10:53L'heure du crime.
10:55L'heure du crime consacrée à la mort mystérieuse de Jim Morrison.
10:58À l'été 71, le chanteur des Doors, retrouvé mort à 27 ans dans la baignoire d'un appartement parisien.
11:04Le décès n'est pas clair.
11:06Les policiers doutent.
11:07Ils attendent un deuxième légiste.
11:09La compagne va être interrogée.
11:12Samedi 3 juillet 1971, 15h40.
11:16Pamela Courson, qui a découvert au matin le corps de son compagnon, Jim Morrison, est entendu au commissariat de l
11:23'Arsenal, quartier de la Bastille, à Paris.
11:26Audition en qualité de témoin.
11:28Son ami Alain René est venu pour traduire ses propos.
11:31Mais l'inspecteur Jacques Manchaise refuse.
11:34Il assure qu'il comprend très bien l'anglais.
11:37Pamela Courson raconte être arrivée au mois de mars avec un homme qu'elle présente toujours sur le procès verbal
11:42comme son ami.
11:44Ils ont tout d'abord habité trois semaines à l'hôtel, rue des Beaux-Arts.
11:48Son ami a commencé à avoir des problèmes de santé.
11:51Il toussait la nuit.
11:52Elle avait appelé un médecin.
11:54Il n'aimait pas aller voir les médecins.
11:55Il ne s'est jamais soigné sérieusement, dit-elle.
11:57Ils ont ensuite emménagé en sous-location rue Botrey.
12:01Hier soir, ils sont allés au cinéma.
12:03L'action Lafayette, rue Buffo.
12:05Ils ont vu un vieux film, La vallée de la peur de Raoul Walsh avec Robert Michum.
12:11Ils ont dîné dans un petit restaurant vietnamien.
12:13Puis ils sont rentrés.
12:14Ils ont regardé des films Super 8, des souvenirs de voyage.
12:18Ils ont écouté de la musique.
12:20Ils semblaient très heureux, mais je dois dire que mon ami ne se plaignait jamais, déclare la jeune femme.
12:25Ils se sont endormis vers 2h30 du matin.
12:30Face à l'inspecteur Manchez, Pamela Courson poursuit son récit.
12:34Elle raconte qu'autour de 3h30, elle a été réveillée par son compagnon qui faisait du bruit en respirant.
12:40J'avais l'impression qu'il est tout fait.
12:42Je l'ai secouée et je lui ai envoyé quelques gifles pour essayer de le réveiller, poursuit l'américaine.
12:48Son ami s'est levé.
12:49Il a voulu prendre un bain.
12:50Il l'a appelé car il avait des nausées.
12:52Elle lui a apporté un récipient.
12:54Elle se souvient qu'il y avait du sang dans ce qui le régurgitait.
12:58Mon ami m'a dit qu'il se sentait bizarre, mais que c'était fini.
13:02Il ne voulait pas que j'appelle un médecin.
13:04Quelques heures plus tard, Pamela Courson dit s'être levée en sursaut.
13:08Son ami n'était pas dans le lit.
13:10Elle l'a trouvé dans la baignoire, inerte.
13:12Elle n'a pas pu le réveiller.
13:14Elle a téléphoné à Alain Roné et Agnès Varda pour qu'ils appellent une ambulance.
13:18L'audition dure trois quarts d'heure.
13:20Après quoi, Pamela Courson est reconduite à l'appartement.
13:23A 18h, le deuxième légiste, le docteur Max Vacille, inspecte à son tour Jim Morrison.
13:31Il est pressé, il ne s'attarde pas.
13:33Son rapport tient sur une page.
13:36Aucune trace sanglante de traumatisme, aucune lésion, un peu de sang aux narines, écrit le légiste.
13:43Il interroge Alain Roné sur l'état de santé de la victime.
13:46Roné évoque son alcoolisme, des douleurs aussi à la pointe du cœur.
13:50Le docteur Vacille conclut à des troubles coronariens aggravés par la boisson, un infarctus du myocarde.
13:57Aucune analyse toxicologique demandée, pas d'autopsie.
14:02Mardi 6 juillet 71, trois jours après la mort de Jim Morrison,
14:06Pamela Courson et l'assistante du chanteur sont à l'ambassade américaine à Paris pour signaler le décès.
14:11Le passeport du défunt, annulé d'un coup de tampon, est renvoyé au père de la victime,
14:16l'amiral George Morrison, autrefois le plus jeune amiral de la flotte américaine.
14:21Le lendemain, 7 juillet, quatre jours après le décès,
14:25Jim Morrison est enterré secrètement à 8h30 du matin au cimetière du Père Lachaise.
14:32Le cercueil en chaîne porte le numéro 611 attribué par la préfecture.
14:38Cinq personnes, dont le manager des doors, arrivée des USA,
14:41et l'assistante du chanteur sont dans le secret.
14:44Pamela Courson est la seule à lire un extrait d'un poème de Jim Morrison,
14:48cérémonie bouclée en 10 minutes.
14:51Le lendemain, Pamela Courson s'envole pour Los Angeles.
14:55Le manager Bill Sidons officialise la mort de Jim Morrison,
14:59alors que la rumeur de sa disparition circulait déjà depuis plusieurs jours.
15:05Alors, des rumeurs dans Paris, c'est presque ce qu'il y a d'incroyable dans cette histoire,
15:09des rumeurs dans Paris, jusqu'à Londres et à Los Angeles.
15:12C'est de drôles de rumeurs, puisque la mort de Jim Morrison,
15:15et on l'a dit tout de suite, ne serait pas celle que l'on croit.
15:18Ce décès, il aurait tout simplement été mis en scène.
15:21C'est spectaculaire, mais effectivement, ça passe comme une lettre à la poste,
15:25comme à l'époque.
15:26Le musicien aurait rendu son dernier souffle dans une boîte de nuit,
15:29et pas dans une baignoire.
15:30On va raconter tout ça dans la suite de l'heure du crime.
15:33Alors, il faut revenir pour l'instant au premier récit.
15:36C'est celui de Pamela Courson.
15:38Ce récit est très important, parce qu'il acte finalement la version officielle.
15:43Très, très important, Pamela Courson.
15:45Yves Bigot, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
15:48Vous êtes l'auteur du livre, je le répète, Jim Morrison,
15:50Strange Days à Paris, aux éditions Le Mot et le Reste.
15:52Et c'est dans ce livre aussi que vous racontez toute cette fin tragique.
15:56Elle n'est pas très à l'aise, Pamela Courson, dans ce bureau,
15:59avec un flic français en face d'elle qui parle pas trop mal l'anglais,
16:04mais enfin, c'est pas terrible.
16:05Elle a très peur.
16:06Déjà, elle est bouleversée.
16:08Elle vient de perdre son compagnon, l'amour de sa vie,
16:11et puis aussi celui qui lui permet d'avoir ce mode de vie de rockstar
16:17auquel elle n'aurait pas accès autrement.
16:20Ensuite, vous l'avez dit, Jean-Alphonse,
16:22elle ne parle quasiment pas un mot de français,
16:24donc elle est quand même perdue dans un pays
16:26dont elle ne connaît pas non plus la législation.
16:28C'est pas comme aux Etats-Unis.
16:30Et puis à l'époque, il n'y a pas d'avocat, etc.,
16:32pour assister quelqu'un.
16:33Enfin, il y a beaucoup de choses.
16:34Bien sûr, elle n'est accompagnée que par Alain Ronay,
16:37le meilleur ami de Jim Morrison,
16:39qu'elle n'aime pas beaucoup.
16:40D'ailleurs, elle se méfie de lui.
16:41D'ailleurs, Pamela, elle n'aime pas les amis de Jim en général.
16:44Elle le veut se l'accaparer pour elle-même.
16:48Et puis, ensuite, elle a peur d'être soupçonnée,
16:51puisqu'elle était la seule personne présente
16:54quand Jim serait mort, en tous les cas, dans cette baignoire.
16:57Et puis, elle a aussi à couvrir un autre personnage
17:01très important, qui est aussi son amant
17:03et qui est son dealer,
17:05qui s'appelle Jean-Marie, le tonnelier de Breteuil.
17:09Voilà, c'est un aristo, on va en parler un peu plus tard,
17:11parce que c'est un personnage central dans cette histoire.
17:13Mais ça, on va y venir petit à petit.
17:15Fabrice Epstein, avocat,
17:17Alors, ça tombe bien, parce que vous connaissez bien
17:19la chose judiciaire,
17:20et vous connaissez bien la musique et le rock'n'roll.
17:23C'est pour ça que vous êtes ici avec nous.
17:24Vous connaissez bien cette histoire.
17:26Je suis très frappé, moi, par...
17:28Alors, la première autopsie du légiste,
17:30ce n'est pas une autopsie,
17:31parce qu'il n'y en a pas d'autopsie, en fait.
17:33Mais le premier regard du légiste,
17:35il dure à peu près dix minutes.
17:37Et le deuxième légiste qui arrive,
17:39Max Vassi,
17:39alors lui, c'est un docteur un peu plus capé.
17:41Il est sur la liste des experts
17:43au tribunal de Paris.
17:45Bah, lui, ça va aussi vite.
17:46Très, très vite.
17:47Je crois qu'il se contente.
17:48Le premier, il me semble avoir lu quelque part
17:50qu'il partait en vacances.
17:51Oui, c'est ça.
17:52Il était pressé.
17:53Sa femme l'attendait.
17:54Excessivement chaud à Paris.
17:55Tout le monde partait en vacances.
17:56Tout le monde partait en vacances, oui.
17:57Parce qu'on est le samedi 3 juillet.
17:59Et ce n'est pas anodin.
18:00C'est le début des grandes vacances.
18:01Et aussi bien les médecins que les policiers,
18:05tous partent en vacances.
18:06Il y a d'ailleurs le commissaire Berry,
18:08il a sa famille qui est déjà dans la caravane
18:10qu'il attend pour partir en vacances.
18:12Donc lui, il n'a qu'une idée,
18:13c'est de boucler l'affaire au plus vite.
18:14Il faut aller vite,
18:15même s'il sent qu'il y a quelque chose
18:16qui ne va pas.
18:16Il faut aller vite.
18:16Puis la législation aussi permet
18:18de ne pas faire d'autopsie
18:19si la mort est naturelle.
18:19Donc je crois que ça arrange tout le monde.
18:21On n'a pas d'obligation.
18:23On est d'accord,
18:24mais Fabrice Epstein,
18:25on est d'accord que le fait
18:26qu'il n'y ait pas d'autopsie,
18:27alors là, ça déclenche tous les doutes.
18:30Absolument, tous les doutes,
18:31toutes les supputations,
18:33après toutes les théories éventuelles du complot.
18:35C'est ça.
18:36Mais en ce qui concerne Pamela,
18:37je trouve ça intéressant,
18:38c'est qu'elle a d'abord dû déposer très vite
18:41rue Botrey,
18:41et qu'ensuite,
18:42elle est revenue au commissariat.
18:44Elle n'est pas en garde à vue.
18:45Elle n'est pas en garde à vue.
18:46Elle est en audition libre, effectivement.
18:48Et moi, je pense qu'elle s'est mis d'accord
18:49avec Alain René
18:50pour avoir une version
18:51qui est proche de la version officielle,
18:54c'est-à-dire,
18:54elle a passé la soirée avec lui,
18:55et ensuite,
18:56il est mort naturellement dans son bain.
18:57Le fait est,
18:58c'est qu'on n'insiste pas beaucoup,
19:00et pourtant,
19:01la rumeur,
19:02elle court,
19:02elle court.
19:04Yves Bigot,
19:05dans la nuit,
19:06dans le milieu
19:07de la musique,
19:08du rock,
19:08de la nuit,
19:10beaucoup de drogue à l'époque,
19:11il faut bien le rappeler,
19:12ça joue beaucoup aussi,
19:13l'annonce de la mort,
19:14elle va courir,
19:15de boîte de nuit en boîte de nuit.
19:16Oui, bien sûr,
19:17François Jouffin dit que
19:18dès 4h du matin.
19:19François Jouffin,
19:20c'est un spécialiste de la musique.
19:21Oui, bien sûr,
19:21qui était journaliste à Europe 1 à l'époque,
19:25et tous les DJ,
19:27parce que les boîtes de nuit à l'époque
19:28fleurissent dans Paris,
19:30et jouent du rock,
19:31et les gens dansent jusqu'à l'aube,
19:34et Cameron Watson,
19:35qui est d'ailleurs à la fois
19:38disque jockey,
19:39au rock'n'roll circus
19:39et à la bulle,
19:40va annoncer au micro
19:41vers 5h du matin,
19:43au micro dans la boîte de nuit,
19:44la mort de Jim Morrison,
19:46que viennent de lui annoncer
19:48deux dealers
19:49qui sont en provenance
19:50du rock'n'roll circus.
19:53Donc très très rapidement,
19:54la rumeur va courir,
19:55d'ailleurs le jeune assistant
19:57du président de la maison de disques
19:59des Doors,
20:01Warner,
20:01va appeler son patron,
20:03va réveiller son patron
20:04à 5h30 du matin,
20:05Bernard de Bosson,
20:06pour lui dire
20:07« Jim Morrison est mort ».
20:08Or, il se trouve
20:09que personne
20:10chez Warner
20:11ne savait même
20:12que Jim Morrison
20:12était à Paris.
20:13C'est ça,
20:14et c'est complètement fou.
20:15Un petit mot
20:16Fabrice Epstein,
20:16à l'époque,
20:17les renseignements généraux
20:18sont très puissants en France.
20:19Ils savent tout,
20:20ils savent tout
20:20du monde de la nuit,
20:21etc.
20:21S'ils avaient appris
20:22qu'un Américain très riche
20:24avait été retrouvé mort
20:25sans doute d'une overdose,
20:27je pense qu'ils auraient agi.
20:28C'est étonnant
20:28que la police
20:28s'arrête là.
20:29C'est peut-être
20:31ce qui manque
20:32dans ce dossier.
20:33Il y a peut-être
20:34une note sur Jim Morrison
20:35dans les hauts
20:36d'autorités,
20:37cachée,
20:37et avec la volonté
20:39de ne pas la révéler.
20:40Mais on a peut-être
20:42un trou là-dedans.
20:44Des mensonges,
20:45beaucoup de mensonges
20:46et une mort
20:47qui ne serait pas
20:48la bonne.
20:50Jim Morrison,
20:51dernière nuit à Paris.
20:52Il est juste évanoui.
20:53On a l'habitude.
20:54Ce n'est pas la première fois.
20:55Laissez-nous faire
20:56l'enquête
20:57de l'heure du crime.
20:57Et si le chanteur
20:58des Dorses
20:59n'était pas mort
20:59dans sa baignoire
21:00mais dans les toilettes
21:01d'une boîte de nuit ?
21:02À suivre
21:03dans un court instant
21:04sur RTL.
21:06L'heure du crime
21:07à toute heure.
21:08Abonnez-vous au podcast
21:09100% fait d'hiver
21:11sur l'appli RTL.
21:13Carrefour.
21:15L'heure du crime,
21:16la seule émission radio
21:17100% fait d'hiver
21:19avec Jean-Alphonse Richard.
21:20À la division 16
21:21du Père Lachaise
21:22repose un jeune chanteur
21:23Jim Morrison
21:24décédé à la suite
21:24d'un accident.
21:25Et sa tombe
21:26est le but
21:26d'un pèlerinage
21:27de jeunes hippies
21:28qui entretiennent
21:29le culte du chanteur
21:30en déposant des coquillages,
21:31des colliers,
21:32des bagues
21:32et des poèmes.
21:34Au programme
21:35de l'heure du crime,
21:35la mort suspecte
21:36de Jim Morrison,
21:37le chanteur des Dorses,
21:38retrouvé sans vie
21:39dans un appartement parisien
21:40en juillet 71,
21:42rapidement enterré,
21:43officiellement victime
21:44d'un infarctus,
21:45même si depuis,
21:46une version
21:47beaucoup plus sombre
21:49s'est répandue
21:49comme une traînée
21:50de poudre.
21:52Samedi 3 juillet 1971,
21:54vers 4h du matin,
21:55soit 5h,
21:57avant que les pompiers
21:58soient au chevet
21:59de Jim Morrison
22:00dans sa baignoire
22:01et que la police
22:02soit alertée,
22:03la rumeur de sa mort
22:04circulait déjà
22:05dans le milieu
22:06des noctambules
22:06à 5h du matin.
22:08Un DJ a pris le micro
22:09dans une discothèque
22:10de Montparnasse,
22:11la bulle,
22:11pour annoncer
22:12le décès du chanteur
22:13des Dorses.
22:14Des journalistes spécialisés
22:15ou encore le puissant
22:16président de WEA,
22:18Philippe Acky,
22:19Bernard de Bosson,
22:20ont aussi été mis
22:23au courant
22:24de cette affaire.
22:25Un scénario
22:26tragique
22:27apparaît
22:28avec pour témoin
22:29principal
22:29Sam Bernet,
22:31animateur RTL,
22:33gérant de l'une
22:33des boîtes de nuit
22:34les plus courues
22:35du moment,
22:36le rock'n'roll circus
22:37dans les sous-sols
22:38de l'Alcazar.
22:39Samedi 3 juillet,
22:40vers 1h du matin,
22:42Bernet
22:43a vu débarquer Morrison,
22:44habitué des lieux.
22:46Il était seul,
22:47il a commencé à boire.
22:48Il semblait attendre
22:49quelqu'un,
22:50Bernet,
22:50et persuadé
22:51qu'il venait chercher
22:52de l'héroïne
22:52pour sa compagne,
22:53Pamela Courson,
22:55grosse consommatrice.
22:56Deux jeunes hommes
22:57en costume l'ont rejoint.
22:59Le chanteur des Dorses
22:59a disparu.
23:00Vers 2h30,
23:02la physionomiste
23:03de la boîte
23:03a alerté Sam Bernet
23:05de la présence
23:06d'une personne
23:07enfermée dans les toilettes
23:08qui ne répondait pas
23:09à ses appels.
23:11La porte a été défoncée,
23:12Jim Morrison,
23:13vêtu de son treillis
23:14kaki,
23:14était effondrée
23:16sur les toilettes,
23:17les bras ballants,
23:18tête penchée.
23:19Une cliente de la boîte,
23:21Nicole Gosselin,
23:22était là.
23:22Elle n'a pas reconnu Morrison,
23:24mais elle se souvient
23:25d'un garçon
23:25qui, selon elle,
23:27venait de faire une overdose.
23:29La panique s'empare des témoins.
23:31Sam Bernet fait appeler
23:32en un ami médecin
23:33présent au Rock'n'Roll Circus.
23:35Selon lui,
23:36le cœur du client
23:37vient de lâcher.
23:38Il est mort.
23:39Les deux jeunes dealers
23:40sont très tendus,
23:42interviennent.
23:43Il est juste évanoui.
23:44On a l'habitude.
23:45Ce n'est pas la première fois,
23:46laissez-nous faire,
23:46affirme-t-il.
23:47Dans la confusion,
23:48ils empoignent le corps,
23:49le sortent par une issue de secours,
23:51le déposent dans une Mercedes
23:52direction la rue Botreilly.
23:54Pamela Courson
23:55aurait été réveillé,
23:56Jim Morrison déshabillé,
23:58plongé dans un bain chaud
23:59avec l'espoir illusoire
24:01de leur animer
24:02et surtout d'éviter
24:04toute suspicion d'overdose.
24:08Alors évidemment,
24:09c'est étonnant,
24:09ces rumeurs qui courent
24:10avant tout le monde.
24:11Jim Morrison est mort.
24:13Effectivement,
24:13c'est très officieux,
24:15mais en tout cas,
24:15tout ça est dit
24:16avec insistance.
24:18Yves Bigot,
24:18vous êtes avec nous
24:19dans cette heure du crime,
24:20journaliste,
24:21spécialiste de la musique
24:22et aussi du show,
24:24et puis de cette époque
24:25que vous connaissez bien.
24:26Vous avez écrit un ouvrage
24:27là-dessus sur Jim Morrison.
24:29Alors,
24:30il y a Sam Bernet,
24:30le patron du recadrant
24:31de le circus
24:32qui est à l'origine
24:33de ce récit.
24:34C'est le premier,
24:35j'ai envie de dire,
24:35qui ose témoigner,
24:37mais il n'est pas seul.
24:39Il y a beaucoup de personnes
24:39qui ont vu Jim Morrison
24:40ce soir-là
24:41dans cette boîte de nuit.
24:42Il y a effectivement
24:43le médecin
24:44que Sam appelle
24:45et qui vient constater
24:47le décès.
24:48Il y a donc cette femme,
24:49Nicole Gosselin,
24:50dont vous avez parlé,
24:51qui est en fait
24:52la compagne
24:52d'un des dealers.
24:53D'accord.
24:54Qui est là ce soir-là.
24:56Et puis,
24:56il y a aussi
24:57la physionomiste,
24:58la vestiaire
24:58et des badauds
24:59qui viennent
25:00parce que d'un seul coup,
25:01on se presse,
25:02il se passe quelque chose,
25:03etc.
25:03Donc, il doit y avoir
25:05une dizaine,
25:06douzaine de personnes
25:07en tous les cas
25:07qui assistent
25:08à l'ouverture
25:09de la porte des toilettes
25:10et qui voient
25:12le corps de Jim Morrison
25:14sur les toilettes,
25:15la tête entre les genoux.
25:16Oui.
25:16Et après,
25:17il y a cette scène
25:18spectaculaire
25:18où le corps est embarqué
25:20par les dealers.
25:22Qui le sortent...
25:23Par une porte
25:25un peu camouflée,
25:26c'est ça ?
25:26Alors,
25:26il le remonte
25:27à l'Alcazar
25:28qui est donc au-dessus
25:29puisque le Rock and Roll Circus
25:30c'est une cave
25:31en fait
25:32et ils le sortent
25:32par la rue Mazarine
25:33qui est une rue
25:34beaucoup plus discrète
25:35à sens unique
25:36derrière
25:37et ils le mettent
25:38dans une Mercedes
25:38direction la rue Botry.
25:40Et visiblement,
25:41il y a un autre témoin
25:41qui s'appelle Patrick Chauvel
25:44qui était grand reporter
25:46qui...
25:46Photographe.
25:47Voilà, photographe
25:48et qui travaille
25:49et qui fait des extras
25:49au Rock and Roll Circus
25:51et qui aurait aidé
25:52à l'évacuation
25:53du corps de Jim Morrison.
25:54Donc, vous avez raison,
25:55en droit,
25:56on dit un témoin seul
25:57et un témoin nul.
25:57Là, on a beaucoup de témoins.
25:58Mais là, il y a beaucoup
25:59de témoins.
26:00Sauf que j'ai joint
26:02Patrick Chauvel
26:03qui a effectivement
26:04raconté cette histoire
26:05notamment dans la presse anglaise.
26:07Moi, il a absolument
26:08refusé de me parler
26:09et Sam Bernat, en revanche,
26:10me dit que Patrick Chauvel
26:11n'était absolument pas là
26:13ce soir-là.
26:14Un mensonge de plus.
26:15Voilà, c'est ce qui est compliqué
26:16dans cette histoire,
26:17c'est que beaucoup de gens mentent
26:18et en tous les cas,
26:19tout le monde a menti un jour.
26:21Fabrice Epstein,
26:22une overdose d'héroïne,
26:23c'est ce qu'on va dire.
26:24En tout cas,
26:24il y a tous les symptômes
26:25d'une overdose d'héroïne.
26:26Il y a même justement
26:27cette femme qui le voit
26:28s'est croulé,
26:29il est contre un mur,
26:30elle le décrit.
26:31Elle a vu cet homme s'effondrer,
26:33elle ne savait pas
26:33que c'était Jim Morrison.
26:35Overdose d'héroïne,
26:36c'est étonnant.
26:36Ça ne paraît pas compatible
26:37avec...
26:38Parce que Jim Morrison,
26:38il n'en prend pas l'héroïne.
26:39Jim Morrison prend beaucoup de choses.
26:41Il fume du hachiche,
26:42certainement du LSD,
26:43il boit énormément.
26:45Mais a priori, l'héroïne...
26:46Alors, j'ai lu quelque part
26:47qu'il en sniffait un tout petit peu
26:48avec Pamela depuis quelques jours.
26:50Mais c'est Pamela qui le dit.
26:51Voilà, c'est Pamela qui le dit.
26:52Alors, là encore,
26:53c'est peut-être un mensonge.
26:55Mais non, non,
26:55ça paraît être invraisemblable
26:59que Jim Morrison prenne de l'héroïne.
27:01Or, peut-être qu'il l'a goûté pour elle
27:02puisqu'il était son dealer du dealer.
27:05C'était lui qui faisait l'intermédiaire
27:06pour ramener l'héroïne à Pamela Courson.
27:09Une héroïne,
27:10Yves Bigot,
27:11vous le soulignez dans votre ouvrage,
27:13c'est important.
27:14C'est une héroïne très particulière.
27:16Elle est pure,
27:17quasiment à 86% ou 90%, je ne sais plus.
27:21Oui, c'est ça.
27:22Jusqu'à 96% même,
27:24on a pu dire.
27:26Et donc, c'est de la bombe.
27:28On ne doit pas
27:30consommer de l'héroïne
27:31comme ça.
27:32On doit la couper
27:33avec du glucose,
27:34avec 5 volumes de glucose
27:38pour 1 volume de cette héroïne-là.
27:40Donc, ça veut dire que
27:40si on la prend directement comme ça,
27:42elle est automatiquement mortelle.
27:44Encore une fois,
27:45on est étonné que la police
27:47n'ait pas été alertée ou au courant.
27:49Elle l'a peut-être été,
27:50mais de ce qui se passait
27:52dans cette boîte de nuit.
27:54Effectivement,
27:54ils ne sont jamais venus
27:55dans cette boîte de nuit
27:56pour enquêter.
27:57Il y a eu zéro enquête.
28:00Et l'idée fixe
28:02de Pamela Courson,
28:02qui est la témoin numéro 1
28:04dans ce dossier,
28:04c'est de prendre la fuite.
28:05Enfin, de prendre la fuite.
28:06De rentrer aux Etats-Unis
28:07le plus vite possible.
28:09Oui, absolument.
28:09Elle, elle n'a qu'une idée en tête,
28:11c'est de rentrer
28:12et peut-être de reconstruire sa vie.
28:14Moi, je pense quand même
28:15qu'il y a,
28:16chez Pamela Courson,
28:17je sais que vous ne l'aimez pas,
28:18mais certainement,
28:19à juste titre,
28:19vous avez raison.
28:21C'est que,
28:23il y a certainement
28:24des raisons financières.
28:25Elle est l'héritière
28:26de Jim Morrison.
28:27Alors, si elle est impliquée
28:28dans la mort de Jim Morrison,
28:30ça peut être un problème
28:31pour elle.
28:33Le jeune dealer
28:34des stars
28:34au cœur du soupçon.
28:37Jim Morrison,
28:38dernière nuit à Paris.
28:39Oui, c'est lui
28:40qui l'a tué.
28:40C'était un accident,
28:41mais il en est mort.
28:43L'enquête de l'heure du crime.
28:44On se retrouve
28:44dans un instant sur RTL.
28:49Merci d'écouter RTL.
28:57Jusqu'à 15h,
28:58c'est l'heure du crime
28:59sur RTL.
29:00Avec Jean-Alphonse Richard.
29:03Retour dans l'heure du crime
29:04sur la mort suspecte
29:05de Jim Morrison.
29:06Le chanteur des Doors
29:07est décédé à Paris
29:08en juillet 71
29:09d'un infarctus
29:10dans sa baignoire.
29:11Il pourrait s'agir
29:12d'une mise en scène.
29:1336 ans plus tard,
29:14le scénario d'une overdose
29:15d'héroïne
29:16dans une discothèque
29:18est enfin rendu public.
29:21Jeudi 14 juin 2007,
29:23Sam Burnett,
29:24ancien animateur radio
29:25et fondateur
29:26de la boîte de nuit
29:27Rock'n'Roll Circus,
29:28raconte les dessous
29:29de la mort de Jim Morrison
29:30dans un livre
29:31titré
29:32The End,
29:33Jim Morrison.
29:34Malgré les rumeurs
29:35qui couraient à l'époque,
29:36la police n'a jamais
29:37enquêté
29:38au Rock'n'Roll Circus
29:39et Sam Burnett
29:40n'a jamais été interrogé.
29:42Les deux jeunes dealers
29:43qu'attendait le chanteur
29:44en partie identifiés
29:46n'ont pas été inquiétés.
29:48Tout comme l'homme
29:49qui avait fourni l'héroïne
29:50et qui pourtant
29:52aurait dû attirer l'attention.
29:54Un français,
29:55jeune aristocrate,
29:56sulfureux,
29:57Jean de Breteuil,
29:5822 ans,
30:00connu pour être
30:00le dealer des célébrités.
30:02La nuit du drame,
30:03il séjournait
30:04à l'hôtel des Beaux-Arts
30:05avec sa maîtresse du moment,
30:07la chanteuse anglaise
30:08Marianne Faithful.
30:09Pamela Courson,
30:10affolée,
30:12l'a appelée
30:12à 6h du matin,
30:13bien avant donc
30:14que les secours
30:15soient alertés,
30:16pour lui annoncer
30:17que Jim était mort.
30:19Breteuil,
30:20affilé d'ardard,
30:21rue Botreilly,
30:21il a nettoyé l'appartement,
30:23il a emporté
30:24toute la drogue
30:25qu'il a pu trouver,
30:26héroïne et cannabis.
30:27Il a suggéré
30:28le scénario
30:29de l'accident à Pamela,
30:30Breteuil est retourné
30:32à son hôtel,
30:33il s'est aussitôt
30:34envolé
30:35dans sa propriété familiale
30:36à Marrakech
30:37avec Marianne Faithful.
30:39Il avait peur
30:40d'être arrêté
30:41par la police.
30:43Jean de Breteuil,
30:44le dealer
30:45« aristo »
30:46comme on le surnommait,
30:48était à l'époque
30:48dans le viseur
30:49des stups
30:49américains
30:50et français.
30:51Il s'approvisionnait
30:52en drogue
30:53ultra pure
30:54dans le réseau
30:55de la French Connection,
30:56de l'héroïne raffinée
30:57à plus de 80%
30:59fatale
30:59si elle n'était pas coupée.
31:01Il aurait risqué
31:02de longues années
31:03en prison
31:03si une enquête
31:04avait été ouverte
31:05sur la mort
31:05de Jim Morrison.
31:07Marianne Faithful
31:08confirmera
31:09le départ précipité
31:11au Maroc,
31:12la peur
31:12d'être rattrapée
31:13par la police
31:14parce que
31:15Breteuil avait
31:16effectivement fourni
31:17la drogue
31:17au chanteur
31:18des Doors.
31:19Oui,
31:19c'est lui
31:20qui l'a tué,
31:21même si je suis sûr
31:23que c'était un accident.
31:24Mais il en est mort,
31:26confiera la chanteuse
31:27à une revue musicale.
31:28Breteuil
31:29est décédé
31:30d'une overdose
31:30au Maroc
31:31un an
31:32après Morrison.
31:35Et là,
31:36c'est étonnant
31:36parce que
31:37ce Jean de Breteuil,
31:39le dealer
31:39Aristo
31:40comme l'a parfois
31:41surnommé
31:41les journaux américains,
31:43effectivement,
31:44il est au centre
31:45de cette affaire
31:45et il est passé
31:46tout près sans doute
31:47d'une arrestation
31:48à vrai dire.
31:49Il aurait fallu
31:50peut-être encore
31:50quelques jours
31:51pour qu'il tombe
31:52dans les mailles
31:52du filet policier.
31:54Et là,
31:54ça aurait changé
31:55totalement
31:55l'affaire
31:56Jim Morrison.
31:57On serait aperçu
31:58que peut-être
31:59il y a quelque chose
31:59de très grave
32:00qui venait de se passer.
32:01Yves Bigot,
32:02l'ombre de Jean
32:03de Breteuil,
32:04ce n'est pas un fantasme.
32:05Elle est confirmée
32:06et la première témoin
32:07c'est Marianne Faithfull.
32:08Elle était au lit
32:09avec elle
32:09quand il a été réveillé
32:11pour aller s'occuper
32:11de Jim Morrison.
32:13Oui,
32:14et quand il est revenu
32:15de la rue Beautréilly,
32:16il a secoué
32:17Marianne Faithfull
32:18et il lui a dit
32:18on part immédiatement
32:19se nous planquer
32:21chez ma mère
32:21à Marrakech.
32:23Sa mère
32:23donc qui possède
32:25à Marrakech
32:26la Villa Taylor
32:27qui est aujourd'hui
32:28un monument historique
32:30propriété du roi du Maroc
32:31mais qui appartient
32:32à l'époque
32:33à la famille Breteuil.
32:34Car le père
32:35Charles de Breteuil,
32:37le comte de Breteuil,
32:39croix de guerre,
32:40compagnon
32:41du général de Gaulle,
32:42est un mania
32:43de la presse francophone
32:45en Afrique
32:45richissime.
32:46C'est d'ailleurs lui
32:47qui a donné les capitaux
32:48pour fonder l'Express
32:49quelques années plus tard.
32:52et donc
32:52ce sont des gens
32:53extrêmement importants
32:55pour vous donner une idée
32:55en 1943
32:57c'est à la Villa Taylor
32:58chez les Breteuils
32:59que se rencontrent
33:01Winston Churchill
33:02et Franklin Roosevelt
33:04pour décider
33:05de la stratégie
33:06des alliés
33:07pendant la Deuxième Guerre mondiale.
33:08Une famille très influente.
33:09Bien sûr,
33:10Picasso aussi
33:11séjourne chez eux.
33:12Enfin,
33:12c'est une famille
33:14richissime
33:14qui tutoie
33:16à la fois
33:16le monde des arts
33:17et le monde de la politique.
33:18Ce genre de Breteuil
33:19il est tout jeune
33:20c'est le vilain petit canard
33:21de la famille.
33:23Pourquoi est-ce que
33:23effectivement
33:24on ne va pas le chercher
33:25cet homme ?
33:27Parce qu'il est fiché
33:28il est fiché
33:29il est parti des Etats-Unis
33:30il faut bien le penser
33:31il était aux Etats-Unis avant.
33:32Alors il a dû fuir
33:33deux fois les Etats-Unis
33:34une première fois
33:35parce qu'il s'était fait choper
33:36parce qu'il était à UCLA
33:38avec Alain René
33:39et à l'Université Los Angeles
33:41et à Morrison
33:41bien sûr
33:42et il s'était déjà fait choper
33:44une fois
33:44parce qu'il vendait
33:45de l'opium
33:45et du hachiche
33:47qui lui venaient
33:48par le chauffeur marocain
33:50du consulat de France
33:51à Los Angeles.
33:52Donc vous voyez
33:52les circuits.
33:54Et puis
33:55il a dû fuir
33:56en catastrophe
33:57Los Angeles
33:58quand Janis Joplin
34:00est morte
34:01d'une dose
34:02d'héroïne
34:03qu'il venait
34:04de lui vendre
34:05à peine deux heures
34:06auparavant.
34:07Donc on va déjà dire
34:08c'est lui qui a tué
34:08Janis Joplin
34:09en quelque sorte
34:10pour résumer.
34:11C'est quasiment
34:12prouvé
34:13puisque sa voiture
34:14a été vue
34:14deux heures avant
34:15la mort
34:16de Janis
34:17devant
34:18le Landmark
34:18Hôtel
34:19de Los Angeles
34:20qui est juste
34:21à côté du studio
34:22où elle était
34:22en train d'enregistrer
34:23et par ailleurs
34:24Pamela Miller
34:25donc une autre Pamela
34:26qui n'a rien à voir
34:27avec Pamela Courson
34:28l'a vue dans un
34:29des couloirs
34:30du Landmark
34:31Hôtel
34:32quelques minutes
34:34avant.
34:34Et là il est autour
34:35effectivement
34:36de Jim Morrison
34:37Marianne Faithful
34:38confirme
34:38c'est lui
34:39qui lui a vendu
34:40cette drogue
34:40Oui bien sûr
34:41parce qu'il est aussi
34:42l'amant de Pamela Courson
34:44qui est junkie
34:45et dont il est
34:46le dealer
34:47et donc Pamela
34:49profite de son héroïne
34:50gratuitement
34:51puisqu'elle est sa maîtresse
34:53Fabrice Epstein
34:53Pourquoi
34:54ils ne sont pas allés
34:56le chercher au Maroc
34:56J'allais vous poser la question
34:58J'imagine
34:59on ne pouvait pas
34:59l'extrader
35:00et donc il savait
35:01très bien
35:02que près de sa maman
35:03au-delà de sa mère
35:04il n'était pas extradable
35:05donc il n'y aurait pas
35:07d'enquête
35:07en tout cas
35:07à son encontre
35:09qui pourrait s'en sortir
35:10blanchi si j'ose dire
35:11Pardonnez-moi Fabrice Epstein
35:12mais on a l'impression
35:13qu'on n'a pas vraiment cherché
35:14Non on n'a pas cherché
35:16Non mais on ne peut pas
35:17être extradé
35:18on ne peut pas si
35:19on ne peut pas
35:19Bien sûr
35:20J'ai l'impression
35:21que cette affaire
35:22on a mis le couvercle dessus
35:23très rapidement
35:24du côté des autorités
35:25on n'a pas voulu
35:25l'entendre parler
35:26c'est peut-être dû
35:27d'ailleurs à cause
35:27de la réputation
35:28des breteuils
35:29Oui oui
35:29on se dit
35:30alors les breteuils
35:30bien avant
35:31ils avaient donné
35:33à la France
35:33des ministres
35:34en tout cas
35:34des gens extrêmement
35:36intelligents et instruits
35:37et on dit
35:39on dit
35:39que
35:41il aurait bénéficié
35:42Jean de Breteuil
35:43aurait bénéficié
35:43des connexions de son père
35:44et du lien avec
35:45le ministre de l'intérieur
35:46de l'époque
35:47et que
35:48c'est pour ça
35:48qu'il n'aurait pas
35:49été poursuivi
35:50mais ça reste
35:51des supputations
35:53Yves Bigot
35:54en mots là-dessus
35:54qu'est-ce qu'il faut en penser
35:55c'est pour ça
35:56qu'on n'est pas
35:57allé chercher
35:57Breteuil
35:58qui serait vraiment
35:59à la source
36:00de la mort
36:01de Jim Morrison
36:02Oui très vraisemblablement
36:03parce que c'est inouï
36:04la première fois
36:05où il se fait arrêter
36:06par la police
36:07à Los Angeles
36:08parce qu'il est en train
36:09de dealer
36:09il est interdit
36:11de séjour
36:11aux Etats-Unis
36:12et en Grande-Bretagne
36:13et malgré ça
36:15il continue de circuler
36:16très librement
36:17et à Londres
36:18et aux Etats-Unis
36:18comme il veut
36:19etc.
36:19donc nécessairement
36:20c'est qu'il avait
36:21une protection
36:22alors est-ce qu'en plus
36:24cette protection
36:25s'inscrivait
36:25dans la lutte
36:26entre les services secrets
36:27franco-français
36:29et américains
36:30notamment autour
36:31du Maroc
36:32autour de Tangier
36:33de Marrakech
36:34etc.
36:35là aussi
36:35ce sont des supputations
36:37c'est simplement
36:37le climat
36:38en tous les cas
36:39l'ambiance
36:39dans laquelle
36:40se déroule
36:41cette affaire
36:41plus de 50 ans
36:43après
36:43un même mystère
36:44Jim Morrison
36:46dernière nuit à Paris
36:47j'ai fait ce que je sais
36:49que Jim aurait voulu
36:50j'ai caché son décès
36:53l'enquête
36:54de l'heure du crime
36:54je vous retrouve tout de suite
36:55sur RTL
36:58merci
36:59d'écouter RTL
37:02RTL
37:03votre radio
37:0614h15
37:06c'est l'heure du crime
37:08sur RTL
37:09avec Jean-Alphonse Richard
37:11dans l'heure du crime
37:12la mort trouble
37:13et controversée
37:14de Jim Morrison
37:15le chanteur des doors
37:16est mort à Paris
37:17en juillet 71
37:18sans doute pas
37:19d'un simple arrêt cardiaque
37:21la version officielle
37:22mais plutôt
37:23d'une overdose d'héroïne
37:24gardée secrète
37:25aucune enquête judiciaire
37:27n'a jamais été ouverte
37:29Pamela Courson
37:30ultime compagne
37:32de Jim Morrison
37:32et témoin clé de sa mort
37:34avait hérité
37:35de tous ses biens
37:36le 25 avril 74
37:38trois ans
37:39après le chanteur des doors
37:40elle décède
37:41à 27 ans
37:42d'une overdose
37:43à Los Angeles
37:44ses parents
37:44voulaient qu'elle repose
37:46au cimetière du Père Lachaise
37:47aux côtés de Jim
37:48elle sera finalement
37:49inhumée en Californie
37:5255 ans
37:53après la mort de Jim Morrison
37:55les circonstances de son décès
37:57suscitent toujours spéculation
37:58et parfois complotisme
37:59dans un documentaire
38:01pour France 2
38:02la réalisatrice
38:03Agnès Varda
38:05avait reconnu
38:06avoir étouffé
38:07le décès
38:08de la rockstar
38:09j'ai fait
38:10ce que je sais
38:12que Jim
38:12aurait voulu
38:13dans l'esprit
38:15de sa vie
38:15à Paris
38:16j'ai caché
38:17son décès
38:40Riders on the Storm
38:41le cavalier dans l'orage
38:43les doors
38:44évidemment
38:44c'était sorti en 1971
38:46et si on passe cette chanson
38:47ce soir
38:47c'est que
38:49Pamela Courson
38:49a raconté
38:51que ce soir-là
38:52le soir à la nuit tragique
38:53et bien il lui avait joué
38:54beaucoup de chansons
38:56Jim Morrison
38:57et notamment celle-ci
38:58à la guitare
38:59comme ça
38:59il n'avait pas l'habitude
39:00trop de faire ça
39:01mais là
39:01peut-être un signe prémonitoire
39:03en tout cas
39:03il avait
39:06interprété
39:06pas mal de ses chansons
39:09Yves Bigot
39:09on est avec vous
39:10depuis le début
39:11de cette émission
39:12passionnante
39:13sur Jim Morrison
39:13vous êtes l'auteur du livre
39:15Jim Morrison
39:16Strange Days
39:16à Paris
39:17aux éditions
39:18le mot et le reste
39:19j'ai envie de dire
39:20c'est une mort secrète
39:22enfin pas tout à fait
39:23quand même
39:24parce qu'on sait
39:24beaucoup de choses
39:24une mort secrète
39:25mais avec un homme
39:27qui voulait rester secret
39:28il était venu à Paris
39:29incognito
39:30il pensait avoir trouvé
39:31la cachette parfaite
39:33que personne ne l'embêterait
39:34il est venu
39:35il a rencontré la mort
39:36oui il était sur
39:38les traces
39:39des auteurs américains
39:40de la Lost Generation
39:41Hemingway
39:42et compagnie
39:43il avait ce fantasme
39:45aussi de la nouvelle vague
39:46puisqu'il voulait faire
39:47du cinéma
39:48il était là
39:49parce qu'il ne voulait plus
39:51être la rockstar
39:52qu'il était
39:52il disait
39:5327 ans
39:54c'est trop vieux
39:54de toute façon
39:55pour chanter du rock
39:56il voulait tourner la page
39:58en même temps
39:59quand il a reçu
40:00dans le courant
40:01du mois d'avril
40:02l'album
40:02LA Woman
40:03le dernier
40:04qui venait d'enregistrer
40:04en décembre
40:05avec les Doors
40:06il l'écoutait en boucle
40:07toute la journée
40:07il était très content
40:08et puis il a eu
40:10le batteur des Doors
40:11John Dancemore
40:11au téléphone
40:12et il lui disait
40:13ah mais après tout
40:14si on pouvait monter
40:15une petite tournée
40:15on n'a jamais joué
40:17et puis il lui demandait
40:17si ça marchait aussi
40:18l'album
40:19si ça marchait bien
40:20oui bien sûr
40:20parce que c'était une rockstar
40:22mine de rien
40:23même après avoir tourné la page
40:25et puis il y a aussi
40:28un élément important
40:29c'est que Jim Morrison
40:30s'il voulait financer
40:31sa vie de poète
40:33voire de cinéaste
40:34à Paris
40:34il voulait acheter
40:35une église
40:35dans le sud de la France
40:37pour pouvoir écrire
40:38tranquillement
40:39il fallait qu'il finance ça
40:40et son moyen de financement
40:43parce qu'il avait publié
40:44deux recueils
40:45de poèmes
40:45mais un peu
40:46à compte d'auteur
40:47même si le dernier
40:48avait été repris
40:49par le prestigieux éditeur
40:51new-yorkais
40:51Simon & Schuster
40:53c'était les Doors
40:54quand même
40:54qui lui permettaient
40:55d'avoir ce style de vie
40:57ce niveau de vie
40:58et il avait demandé
41:00d'ailleurs à son comptable
41:01combien de temps
41:02penses-tu
41:02vu l'état de mes finances
41:04que je peux continuer
41:05à rester à Paris
41:05à vivre avec ce train de vie
41:06combien de temps
41:07je peux tenir
41:07c'est ça
41:08c'était bien ça
41:09Fabrice Epstein
41:10vous êtes avocat à Paris
41:11animateur du podcast
41:12rock'n'roll justice
41:13sur RTL 2
41:15alors on est 55 ans après
41:17beaucoup de témoins sont morts
41:19hélas la mémoire s'est effacée
41:20on n'a plus des témoignages
41:22très directs
41:23Agnès Varda
41:24la réalisatrice
41:24qui savait tout
41:25de cette histoire
41:26elle était aux premières loges
41:27de cette histoire
41:27elle est décédée
41:29elle a reconnu
41:30qu'elle avait caché
41:31le décès en tout cas
41:33mais par contre
41:34elle a toujours dit
41:35que
41:36dur comme fer
41:36que c'était pas une overdose
41:38et que cette histoire
41:38du rock'n'roll circus
41:39elle n'y croyait pas
41:40oui je pense pas
41:41je suis pas dans sa tête
41:42j'imagine qu'elle voulait
41:44rester sur sa version
41:45comme beaucoup de gens
41:46qui mentent font
41:48on sait qu'on est persuadé
41:49quand on a répété
41:50les choses plusieurs fois
41:51donc il y avait cette volonté
41:52de certainement aussi
41:53de rendre un hommage secret
41:54ou une forme de discrétion
41:56à son ami Morrison
41:58il y a eu beaucoup de choses
42:00effectivement
42:00il y a eu tellement de mensonges
42:02que effectivement
42:03ça ouvre la porte
42:04à toutes les rumeurs
42:05jusqu'au cercueil
42:06où on n'a pas pu voir le corps
42:08oui absolument
42:09je crois que le premier
42:10qui a fait s'aimer
42:11cette rumeur
42:12c'est Bill Siddons
42:12le manager des Doors
42:14qui a volé des Etats-Unis
42:17vers la France
42:17pour s'assurer
42:18qu'il était mort
42:19parce que la rumeur
42:20Jim Morrison est mort
42:21ça revenait assez souvent
42:23mais lui
42:24il n'a pas vu
42:25Jim Morrison
42:26c'est pour ça
42:27qu'il y a eu cette rumeur
42:27en revanche
42:27il y a des gens
42:28qui l'ont vu
42:28visiblement
42:28il y a un voisin
42:29au deuxième
42:29je ne sais pas si
42:30Yves Bigot
42:31vous avez réussi
42:31à l'interviewer
42:33qui dit
42:34que très furtivement
42:35il a réussi
42:36à aller du deuxième
42:37vers le troisième
42:38au moment où
42:39les secours étaient là
42:41et qu'il aurait vu
42:42Jim Morrison
42:43de dos
42:43et donc
42:44ce cadavre est réel
42:46le cadavre est réel
42:47enfin la mort
42:48ne fait pas de doute
42:49évidemment
42:49de Jim Morrison
42:51c'est l'histoire
42:51d'une overdose
42:52qu'on a voulu cacher
42:53c'est ça
42:53Jim Morrison
42:54on ne saura jamais
42:56si c'était une overdose
42:56puisqu'il n'y a pas eu
42:57pas d'autopsie
42:58et donc existe
43:00une autre version potentielle
43:02qui m'a été racontée
43:03par Robert Krieger
43:04le guitariste des Dors
43:05qui me dit
43:06Jim Morrison
43:07souffrait
43:08de
43:10rhumatismes
43:11articulaires
43:11articulaires
43:12qui sont donc
43:13une maladie cardiaque
43:14c'est pas de l'arthrite
43:16et dont on meurt
43:17en général
43:17avant 30 ans
43:18donc il existe
43:19aussi la petite possibilité
43:21que Jim Morrison
43:22soit bêtement
43:23il était quand même
43:24très alcoolique
43:25mort d'une crise cardiaque
43:26dans les toilettes
43:26du rock'n'roll circus
43:27sans héroïne
43:28et on n'aura pas la clé
43:29évidemment de cette histoire
43:30la clé la plus exacte
43:31qui soit
43:32merci beaucoup
43:32Yves Bigot
43:33merci Fabrice Epstein
43:35d'avoir été tous les deux
43:35les invités de l'heure du crime
43:36merci à l'équipe de l'émission
43:38rédactrice en chef
43:38Justine Vigneault
43:40préparation
43:40Lisa Canales
43:42Valentine Bardet
43:42réalisation en direct
43:43Nicolas Godet
43:44merci à l'émission
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