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  • il y a 17 heures
Dans la nuit du 23 juillet 2012, Yvette Boiteux, 90 ans, est agressée à son domicile de Doué-la-Fontaine (Maine et Loire). La victime baigne dans son sang, git inanimée sur le sol de la cuisine. Elle survit miraculeusement. Les enquêteurs s'intéressent au neveu et seul héritier de la nonagénaire
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:00Crime, 14h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:06Et j'ai vu sa canne par terre et ses deux chaussures par terre et je l'ai vu tout
00:10de suite par terre, madame Julien, qui gémissait.
00:13Puis nous on ne comprenait pas, elle était allongée sur le ventre, dans le sang.
00:19Bonjour, Yvette Boiteux, 90 ans, une veuve tranquille qui vit seule près de Saumur.
00:25Une nuit de l'été 2012, elle est tabassée par un inconnu, un poignet lacéré pour qu'elle se vide
00:31de son sang.
00:33Yvette n'avait pas de famille, hormis un neveu affectueux qui prenait bien soin d'elle, trop bien peut-être.
00:39Yvette Boiteux, 1200 kilomètres pour tuer Tata.
00:43L'heure du crime, la seule émission radio 100% fait diverser tout de suite sur RTL.
00:56Mardi 24 juillet 2012, 8h30 du matin, à Douay-la-Fontaine, près de Saumur.
01:02La femme de ménage et l'infirmière d'Yvette Boiteux sont surprises de trouver le portail et les fenêtres de
01:08son petit pavillon totalement fermés.
01:11La vieille dame, 90 ans, vit seule et a l'habitude de se lever tôt.
01:15Elle attendait leur visite.
01:17Les deux femmes entrent avec un passe, aucun bruit dans la maison, plongée dans l'obscurité.
01:23Yvette Boiteux gît sur le sol de la cuisine, dans une flaque de sang.
01:27Elle est inerte, elle respire encore faiblement.
01:30Elle est entre la vie et la mort quand les pompiers la transportent à l'hôpital.
01:34Les médecins notent un visage tuméfié, le nez fracturé, le front lacéré jusqu'à l'os.
01:40Des plaies à l'arrière de la tête, le poignet droit est ouvert sur 8 cm jusqu'au nerf et
01:45à l'artère.
01:47Sans l'arrivée des visiteuses, Yvette Boiteux se serait vidée de son sang.
01:51Les gendarmes découvrent un pavillon en désordre.
01:53A l'intérieur, des armoires ouvertes, des tiroirs renversés.
01:56Curieusement, le sac à main de la victime, ses bijoux, sa carte bancaire, son chéquier n'ont pas été volés.
02:02Seul le dispositif bouton d'alerte qu'elle porte toujours autour du cou a été emporté.
02:09Comme si on avait voulu, à tout prix, l'empêcher d'appeler les secours.
02:13Ni voler, ni porte fracturée.
02:15Les gendarmes n'ont pas de mal à situer l'heure de l'agression.
02:19Les soirées d'Yvette Boiteux sont réglées comme du papier à musique avant de se coucher.
02:25Vers 21h30, elle a ouvert son lit, elle a récité ses prières et conclue par le « Je vous salue
02:31Marie ».
02:31Puis, elle a enlevé ses appareils auditifs, elle est allée dans la cuisine en s'appuyant sur sa canne pour
02:37se verser une tisane dans sa tasse et prendre des médicaments.
02:42Les appareils auditifs sont retrouvés dans la chambre et la tasse est brisée sur le sol.
02:47La vieille dame aurait donc été attaquée après
02:5021h30.
02:56Lundi 6 août 2012, deux semaines après l'agression d'Yvette Boiteux, le procureur d'Angers ouvre une information judiciaire
03:02pour tentative de meurtre sur personnes vulnérables.
03:05Les enquêteurs tentent à deux reprises d'entendre la victime sortie du coma, mais elle est très faible.
03:11Elle indique simplement qu'elle a été attaquée dans le dos.
03:14Après, elle n'a plus aucun souvenir.
03:17Les gendarmes recensent les individus connus pour agressions violentes, cambriolages.
03:22Deux hommes et un couple sont entendus, mis hors de cause, tout comme les habitués du pavillon, des aides à
03:28domicile, le jardinier.
03:30La non-agénaire ne recevait guère de visite.
03:33Son mari est décédé il y a plus de 15 ans.
03:36Seul un neveu qui habite les Vosges vient la voir.
03:40Il l'appelle régulièrement le 12 juillet, 15 jours avant le drame.
03:44Le neveu, Maurice Boiteux, 65 ans, a rendu visite à Yvette, à Douai-la-Fontaine.
03:50Sa tante a appelé ce jour-là la société qui gère son pendentif système d'alerte.
03:56Elle a demandé si une chute pouvait entraîner l'appel automatique au secours.
04:00L'opérateur se souvient que son neveu posait aussi des questions.
04:04Il leur a été répondu à tous les deux qu'il fallait que la victime appuie expressément sur le bouton
04:09pour déclencher l'alerte.
04:11Les gendarmes savent qu'en cas de décès, le neveu est le seul héritier du pavillon et d'une assurance
04:17vie montant autour de 204 000 euros.
04:24Maurice Boiteux est entendu par un enquêteur clair dans ses explications nullement perturbées.
04:30Il raconte qu'il a parlé pour la dernière fois à sa tante au téléphone le 23 juillet vers 15h,
04:367 à 8h avant l'agression.
04:38Il était à Remirmont, dans les Vosges, et son épouse était partie en vacances en Ukraine.
04:44L'après-midi, ce jour-là, il a fait du vélo. Vers 18h30, il a croisé un de ses anciens
04:48employés.
04:49Il a longuement discuté avec lui. Ensuite, il est rentré chez lui.
04:53Le lendemain, à 8h, il jouait au tennis à Remirmont avec des amis.
04:57Maurice Boiteux ne pouvait donc pas être dans le Maine-et-Loire le soir de l'agression.
05:02Son alibi est présenté comme très solide.
05:07Maurice Boiteux, qui malgré un alibi qui semble indestructible, va continuer d'attirer les soupçons.
05:12On va voir comment, avec beaucoup de persévérance d'ailleurs, et de malice presque,
05:16les gendarmes vont trouver la faille qui va aboutir à un spectaculaire et effrayant d'ailleurs scénario.
05:22Ça sera à suivre dans le prochain chapitre de l'heure du crime.
05:25Il faut revenir à l'agression, évidemment.
05:27Ça, c'est ici que tout commence.
05:29Bonjour Josué Jambard.
05:30Bonjour.
05:31Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans l'heure du crime.
05:33Vous êtes journaliste pour Ouest France.
05:35Vous avez suivi toute cette affaire.
05:37Vous la connaissez bien.
05:38On a le sentiment qu'Yvette Boiteux, dans cette petite maison qu'elle a,
05:43ce pavillon avec un étage,
05:45on voit cet escalier qui monte avec des volets marrons qui ferment cette maison.
05:50On a voulu tout simplement la tuer.
05:52Il n'y a pas d'autre mot.
05:55Oui, tout à fait.
05:56C'est une tentative de meurtre, manifestement,
06:01puisqu'on l'a laissée dans un état tel qu'avec un peu plus de temps,
06:08elle n'aurait pas survécu à ses blessures,
06:12qui étaient des blessures assez importantes quand même.
06:15Oui, tout à fait.
06:17On l'a vraiment frappée à plusieurs reprises.
06:20Elle est au sol.
06:21C'est un peu un miracle si elle s'en sort, Josué Jambard.
06:24Oui, elle doit son salut, effectivement,
06:27comme cela a été indiqué à la visite quotidienne de cette femme de ménage
06:32et cette infirmière qui se présentent à son domicile le matin
06:35et s'étonnent de trouver les volets encore clos,
06:40alors que c'est une femme de 90 ans, certes,
06:43mais qui a des habitudes qui sont très, très marquées
06:45et qu'elle respecte un rituel immuable.
06:48Détail troublant, en tout cas, moi, ça m'a troublé,
06:50c'est le fait qu'on emporte son dispositif d'alerte, là, autour du cou.
06:54Là, évidemment, elle n'aurait jamais pu déclencher ce dispositif,
06:58elle n'aurait jamais pu appeler les secours si elle en avait eu la force.
07:02Alors, c'est vrai que l'absence de cet élément interroge,
07:08notamment à ce stade, en tout cas, de la connaissance des faits,
07:11sur les motivations de la personne qui a pu intervenir,
07:16puisque ce dispositif d'alerte, comme son nom l'indique,
07:19permet pour une personne âgée de prévenir si elle est dans un état de danger.
07:26Bonjour, Maître Meryem Baba.
07:29Bonjour.
07:30Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans le studio de l'heure du crime.
07:33Vous êtes l'avocate d'Yvette Boiteux dans cette affaire.
07:36Encore vous aussi, vous connaissez évidemment très, très bien le dossier.
07:39Elle n'est pas millionnaire, Yvette Boiteux, il y a ce petit pavillon.
07:42Elle a un peu de biens, mais est-ce que c'est suffisant pour attirer la convoitise ?
07:46Alors, elle n'est pas millionnaire, mais elle a quand même un petit patrimoine.
07:50Elle a ce pavillon qui vaut à peu près 250-300 000 euros,
07:54une assurance vie de 250 000 euros,
07:57les comptes épargnes qui sont au plafond maximum,
08:01et puis surtout, elle n'a pas d'héritier,
08:04si ce n'est son neveu, Maurice, qui a fait naître et qu'elle considère comme son fils.
08:08Le neveu Maurice, alors si je vous dis ça, parler d'argent,
08:11c'est que ça a l'air d'être un cambriolage,
08:13mais on n'a touché à rien dans cette maison.
08:15Il y a un simulacre finalement.
08:17Oui, c'est un simulacre parce qu'il n'y a pas d'effraction.
08:20Donc forcément, c'est quelqu'un qui avait la clé de la maison.
08:24Et puis son chéquier, son argent, ses bijoux n'ont pas été subtilisés.
08:30Donc on écarte très rapidement la piste du cambriolage.
08:35Bonjour Maître Alexandre Boutier.
08:36Bonjour Monsieur Richard.
08:37Merci beaucoup d'être vous également avec nous.
08:39Aujourd'hui, dans l'heure du crime, avocat de Maurice Boiteux, le neveu.
08:44Le neveu qui est rapidement un suspect,
08:46parce que les gendarmes, ils tournent un petit peu autour de la famille,
08:48ils ne trouvent personne.
08:50Ils essaient de voir s'il y a des suspects dans le coin, il n'y en a pas.
08:54Sauf que Maurice Boiteux, il habite dans les Vosges.
08:56C'est ça, il a en premier lieu son alibi, c'est la distance.
08:59600 kilomètres.
08:59Il y a près de 700 même, 700 kilomètres.
09:01Donc une distance impossible à franchir quasiment en une nuit.
09:06Et pourtant, il va le faire, on le saura par la suite.
09:08Mais il y a aussi un alibi qui est plus construit que cela.
09:12Simplement, même si les enquêteurs, vous l'avez dit, ont fait un travail de fourmi,
09:16ont eu recours à toutes les techniques.
09:18C'est-à-dire que, bien évidemment, il y a eu l'ADN, bien évidemment, il y a eu les
09:21analyses téléphoniques,
09:23même des comptes, de l'ensemble des comptes.
09:25Et puis, il y a eu surtout un appel aux services techniques des recherches judiciaires
09:29et de documentation de la gendarmerie,
09:31et avec la composante de l'analyse comportementale.
09:34Et c'est vrai qu'il va y avoir une expertise qui est assez frappante.
09:37Je dois dire que c'est la première fois que j'étais confronté à une telle analyse
09:40et qui va correspondre en tout point à son profil.
09:43C'est-à-dire que les gendarmes, juste un mot là-dessus,
09:45ils tiquent sur le profil de leurs experts,
09:48qui dit que ça ressemble à cet homme.
09:50Tout à fait, puisqu'en fait, le rapport dit que c'est quelqu'un qui doit être très proche
09:53parce que les coups ont été portés avec peu de force.
09:56Donc, il y avait de l'empathie, dans la relation en tout cas, de la victime à l'auteur.
10:01C'est très important.
10:03Et surtout, on voit qu'il n'y avait pas eu de vol, de cambriolage.
10:06Donc, en fait, ce n'était pas le moteur de l'action.
10:08À partir de là, ils se sont dit que c'est forcément quelqu'un qui est dans un périmètre très
10:12serré.
10:12Et comme elle n'avait pas beaucoup de famille, qu'elle avait peu d'amis,
10:16elle avait ses dames de compagnie, on va les appeler comme ça,
10:19les soupçons vont s'attirer vers lui très rapidement.
10:22Meryem Baba, juste un petit mot.
10:24Il a toujours pris soin de sa tante, cet homme.
10:27Il est très présent.
10:27Il l'appelle tous les jours au téléphone.
10:29Absolument.
10:29Il est considéré comme son fils.
10:31Et il la considère comme sa mère.
10:33Il faut savoir que sa mère est décédée quand il était très jeune.
10:37Yvette était sage-femme.
10:39Elle l'a mis au monde.
10:40Elle l'a baptisée.
10:41Et c'est elle qui a choisi le prénom de Maurice.
10:44Et il l'appelait tous les jours, à 16h, à la même heure.
10:47Il était au petit soin.
10:48Ils avaient tous les deux une relation extrêmement fusionnelle.
10:52Une faille dans la Libye presque parfait du neveu.
10:57Yvette Boiteux, 1200 kilomètres pour tuer Tata.
11:00J'étais ruiné.
11:02Je devais penser à mes filles.
11:03Il était temps que ma tante laisse la place aux jeunes.
11:06L'heure du crime.
11:08On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:10Tous les jours.
11:14Toute la journée.
11:17C'est RTL.
11:2114h15h, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:25L'heure du crime.
11:27Heure du crime consacrée à l'affaire Yvette Boiteux.
11:29Cette veuve, 90 ans, a failli mourir chez elle dans le Maine-et-Loire en juillet 2012.
11:34Attaquée par un homme venu pour la tuer.
11:37Un neveu qui prend soin d'elle, domicilié dans les Vosges, intéresse les enquêteurs.
11:41Mais il a un trait solide à Libye.
11:47Jeudi 25 octobre 2012, trois mois après l'agression qui a failli coûter la vie à Yvette Boiteux,
11:54celle-ci est placée sous tutelle.
11:57Elle n'a jamais récupéré des coups.
11:59Elle a des séquelles cérébrales et va sans doute rester handicapée de son bras.
12:02Droit jusqu'à la fin de ses jours.
12:04Elle est placée en maison de retraite.
12:07Les enquêteurs continuent à s'intéresser discrètement au neveu.
12:10Maurice Boiteux, les experts comportementalistes de la gendarmerie, indiquent que cet homme,
12:16inconnu de la justice, pourrait très bien être impliqué dans cette histoire.
12:20Boiteux est donc réentendu.
12:22A nouveau, il détaille son emploi du temps, le jour de l'agression de sa tante.
12:26Il était dans les Vosges, à 600 kilomètres du Maine-et-Loire, à aucun moment.
12:31Il ne s'est déplacé jusqu'à Douai-la-Fontaine.
12:34Les gendarmes vont vérifier, point par point, impossible déplacement du suspect à la date fatidique.
12:40Il ne trouve strictement rien, aucune trace du passage de sa voiture ou d'un véhicule de location.
12:47Les vidéos des barrières de péage sont visionnées sans résultat.
12:50Le téléphone portable de Maurice Boiteux ne borne pas non plus sur le trajet.
12:54Il reste localisé chez lui, à Mircourt.
12:57Aucune utilisation de sa carte bancaire la nuit du drame.
13:05Les vérifications de la situation bancaire de Maurice Boiteux
13:09montrent que cet ancien chef d'entreprise, florissant, est désormais en grande difficulté financière.
13:14Lourdement endetté en raison d'un train de vie démesuré, il dépense en compte et il vit à crédit.
13:20Les banques refusent de l'aider, il a même sollicité un de ses proches, un ami notaire à Mircourt, pour
13:26trouver une solution.
13:27Aurait-il voulu accélérer le processus de l'héritage de sa tante ?
13:30Quand elle a été interrogée par les gendarmes, Yvette Boiteux a raconté qu'elle avait prêté à plusieurs reprises de
13:36l'argent à son neveu.
13:38Peu de temps avant l'attaque, ce dernier lui a même fait signer des documents
13:42afin de payer moins de frais de succession lorsqu'elle décèdera.
13:47La vieille dame s'est exécutée.
13:50Curieux, Maurice Boiteux n'a dit à personne que sa tante avait été agressée
13:54et il n'est venu que très tardivement à l'hôpital pour visiter la victime.
13:58Les enquêteurs réentendent les personnes qui l'ont vu à Mircourt le jour du crime.
14:03L'ancien employé de Maurice Boiteux qui certifie l'avoir vu en fin d'après-midi à Mircourt est placé
14:10en garde à vue.
14:10Il craque. Il avoue que Maurice, le lendemain de l'agression de sa tante, est venu le voir pour lui
14:17demander de faire un faux témoignage.
14:20Il lui a expliqué que le soir du drame, il jouait au tennis à Contrex-Séville.
14:24Il ne connaissait pas ses partenaires avec qui il avait disputé une partie.
14:29Du coup, il n'avait plus d'alibi.
14:32Il certifiait qu'il n'avait rien à voir avec cette histoire, mais il avait peur qu'on le soupçonne.
14:41Mardi 16 avril 2013, presque un an après la tentative de meurtre d'Yvette Boiteux, le neveu Maurice, 65 ans,
14:48est placé en garde à vue.
14:49Il s'explique sur ses problèmes financiers.
14:52Il reconnaît enfin avoir demandé un faux témoignage à son ex-employé.
14:56Puis il admet avoir voulu tuer sa tante.
14:58Il est allé chez elle.
15:00Il était ruiné.
15:01Il voulait toucher au plus vite l'héritage.
15:03Il est entré dans la maison avec le double des clés.
15:07Son plan initial était de faire tomber la vieille dame de son lit et lui taper la tête sur le
15:12sol.
15:12Il a finalement pris une bouteille de vin et il a frappé à l'arrière du crâne.
15:17Maurice Boiteux savait que la victime était toujours vivante quand il a quitté le pavillon.
15:22Il était persuadé qu'elle allait succomber à ses blessures.
15:27Maurice Boiteux arrêté, mis un examen écroué.
15:31Son épouse aussi a été interrogée mais elle ignore tout du projet criminel de son mari.
15:36On va alors se poser des questions sur ce mystère.
15:39Comment le neveu s'est-il rendu invisible pour faire des centaines de kilomètres
15:44et essayer de tuer la vieille dame en général ?
15:46Les gendarmes sont très bons pour ça parce qu'ils arrivent à détecter avec une image,
15:51sur une vidéosurveillance, avec une communication téléphonique où se peut se trouver une personne.
15:57Mais là les experts ont fait chou blanc.
15:59Alors on va le voir dans la suite de l'heure du crime comment il a réussi ce tour de
16:03passe-passe.
16:04Josué Jean Barre, on vous retrouve dans cette heure du crime, journaliste à Ouest-France.
16:08Et vous connaissez bien cette affaire.
16:10Merci d'être avec nous en direct aujourd'hui.
16:12Premier constat, la Libye ne convainc pas les gendarmes.
16:16Ils fixent leur attention sur le neveu.
16:20Ce qui finalement fait plonger le neveu au départ, c'est qu'il est en pleine déconfiture financière.
16:26Il a des gros problèmes, il lui faut absolument de l'argent.
16:28Il est aux abois.
16:30Tout à fait.
16:31Cette enquête est particulière parce qu'en principe,
16:34les enquêteurs partent d'un certain nombre d'éléments factuels, de preuves,
16:39d'éléments de police technique et scientifique pour remonter une piste.
16:42Et en fait, essayer de déterminer qui peut être le suspect, l'auteur, etc.
16:48Là, on a des gendarmes qui font un peu chou blanc dans un premier temps.
16:52C'est-à-dire que les preuves ne sont pas suffisamment déterminantes probantes,
16:56des fausses pistes, des choses qui ne conduisent pas en tout cas vers quelque chose d'évident.
17:00Et c'est à ce moment qu'ils décident d'inverser totalement la démarche
17:04et de faire intervenir ni plus ni moins des profilers
17:08pour essayer d'établir le profil du suspect le plus crédible.
17:13Et c'est comme ça qu'on en arrive en fait à mourir ce boiteux
17:17et à sa situation, à examiner sa situation personnelle,
17:20la situation personnelle qui fait apparaître assez rapidement effectivement
17:23les difficultés financières dans lesquelles il est plongé,
17:27il a des dettes, il a à hauteur de 100 000 euros de dettes,
17:31il est sur le point de monter un dossier de surendettement.
17:33Et donc nécessairement, on a là une personne qui est aux abois
17:38et qui se trouve être l'unique héritier de cette tente.
17:43Et effectivement, vous le décrivez bien de fil à l'aiguille
17:46comment on a pu remonter cette enquête.
17:48Alors c'est vrai que c'est vraiment étonnant
17:51parce qu'effectivement, de détail en détail,
17:53on a pu arriver très précisément à cet homme.
17:56Maître Alexandre Boutier, vous êtes avec nous en direct
17:58dans le studio de l'heure du crime,
17:59avocat de Maurice Boiteux, le neveu.
18:01Alors évidemment, il nous intéresse au premier plan,
18:03ce neveu, il est en garde à vue,
18:05il passe très rapidement aux aveux.
18:07Oui, parce qu'il va y avoir un aimant déclenchant,
18:09c'est-à-dire que, vous le savez,
18:11le mieux est l'ennemi du bien
18:12et il a voulu trop en faire.
18:14C'est-à-dire qu'il a voulu surajouter sur son alibi,
18:17et vous connaissez peut-être l'anecdote,
18:18c'est un magicien à qui on demande
18:20comment vous faites votre tour.
18:22Il dit, mais est-ce que vous savez garder un secret ?
18:23La personne dit oui, espérant effectivement avoir le secret.
18:26Et à ce moment-là, le magicien dit,
18:27écoutez, moi aussi je sais garder un secret.
18:29Et il aurait dû s'en tenir à cela
18:31parce qu'il a partagé ce secret
18:33avec un ancien collègue,
18:36en tout cas un ancien salarié,
18:37et c'était le maillon faible
18:39parce que s'il s'était tenu vraiment
18:41à un alibi qui était bien construit,
18:42vous avez dit tout à l'heure,
18:43c'est un tour de passe-passe,
18:43il est passé véritablement sous les radars,
18:45c'est-à-dire qu'il a un simple scotch
18:46sur la plaque d'immatriculation,
18:48et bien il est passé invisible sur les péages.
18:51Donc c'est vrai que tout était parfait,
18:53mais encore une fois,
18:54il a voulu trop en faire
18:55et c'est ce qui lui a coûté.
18:56Alors après, d'un point de vue psychologique,
18:58on y reviendra très certainement,
18:59il avait sûrement aussi envie d'avouer
19:01parce que ça le minait,
19:02parce qu'il avait perdu beaucoup de kilos,
19:04ce qui avait été prévu,
19:05prédit j'allais dire,
19:06dans l'expertise comportementale,
19:08c'est-à-dire quelqu'un qui s'en veut
19:09et qui porte le poids de la culpabilité.
19:10Ça c'était écrit aussi dans le...
19:13Décidément, c'était...
19:14C'était remarqué,
19:15je le souligne,
19:16puisque j'étais en défense,
19:17c'est vrai que ça m'a vraiment marqué,
19:19ce rapport,
19:19parce que c'était la première fois
19:20que j'étais confronté à ce type de rapport,
19:21et ce rapport disait vrai pour 95%.
19:24Bah écoutez, bravo,
19:25parce que c'est pas toujours le cas,
19:26en analyse comportementaliste,
19:28parfois on trouve des...
19:29Ça va de l'en faire trop aussi, sûrement.
19:31Des bizarreries.
19:32Maître Myriam Baba,
19:33vous êtes avec nous dans cette heure de crime,
19:34avocate d'Yvette Boiteux,
19:36c'est la victime,
19:37elle a failli mourir,
19:38c'est une miraculée.
19:39On vient la...
19:40Les policiers viennent la voir,
19:42votre cliente.
19:43Ils l'interrogent.
19:45Elle a du mal à se souvenir,
19:46mais il n'y a jamais un mot
19:48de travers contre son neveu.
19:51Alors, elle voue un amour incommensurable
19:53à Maurice, son neveu,
19:55qui est son fils, en fait,
19:57son fils de cœur.
20:01Et je sens, dès le départ,
20:03qu'elle sait des choses,
20:06mais qu'elle n'arrive pas à les exprimer.
20:08Donc quand elle est interrogée
20:10par les services de gendarmerie,
20:11les premières fois,
20:12elle est d'abord très affaiblie,
20:13parce qu'elle est extrêmement blessée,
20:16gravement,
20:17son pronostic vital est engagé
20:19dès les premières secondes
20:20des interventions
20:22des services de pompiers.
20:25Et elle ne se souvient de rien.
20:27Elle sait seulement qu'on l'a frappé.
20:28Et d'ailleurs,
20:29elle ne dira jamais
20:30« On m'a frappé ».
20:31Elle dira
20:31« Tout au long de cette affaire,
20:34j'ai subi un attentat ».
20:35Pour elle, c'était un attentat.
20:37C'est ça.
20:38Elle ne prononce même pas le nom
20:40de Maurice Boiteux.
20:41Quand on lui soumet des hypothèses,
20:45elle écarte immédiatement
20:46l'hypothèse de son neveu.
20:49Ce n'est pas possible.
20:50Ce n'est pas lui.
20:50On s'aime trop.
20:52Et j'ai la même question
20:53pour Maître Alexandre Boutier,
20:55parce qu'effectivement,
20:55on se dit « Ce n'est pas lui.
20:56Ce n'est pas possible ».
20:57Ce n'est pas lui,
20:58parce qu'il y a cet amour inconditionnel.
21:00Et d'ailleurs,
21:00un expert psychologue va dire
21:02que de toute façon,
21:03il n'y a pas de perversité,
21:04il n'y a pas de pathologie
21:06dans ce crime-là.
21:07En tout cas,
21:08il faut y voir,
21:09et la formule est très forte,
21:11il faut y voir une forme
21:12de forme sacrificielle
21:14pour la famille.
21:15C'est-à-dire qu'il était
21:16dans la logique
21:16qu'elle meurt pour pouvoir,
21:19notamment pour ses filles,
21:20alors c'est dur à entendre pour elle,
21:21parce qu'elles n'ont rien demandé,
21:22mais lui était effectivement
21:24dans des peines d'argent,
21:25on va dire.
21:26Il avait besoin d'argent
21:27pour continuer à faire avancer
21:28la famille.
21:29Et donc, en fait,
21:29il a quelque part déshumanisé
21:31à ce moment-là,
21:31en tout cas dissocié
21:34sa tante qu'il aimait,
21:35sa mère de substitution
21:36qu'il aimait,
21:37et puis l'argent
21:38qu'elle représentait.
21:39Ça peut aussi s'appeler
21:40du cynisme entre nous,
21:41donc ça peut aussi s'appeler
21:42du cynisme.
21:42C'est comme ça que la Cour d'Assise
21:43l'a compris.
21:44Le neveu avait tout prévu
21:45pour rester indétectable.
21:48Yvette Boiteux,
21:491200 km pour tuer Tata.
21:51Il a mis tout en œuvre
21:52pour nous mettre en échec.
21:53L'heure du crime,
21:54comment le neveu,
21:55sans la moindre expérience criminelle,
21:57s'est-il transformé
21:58en un nas de la dissimulation ?
22:00A suivre dans un court instant
22:02sur RTL.
22:02Toute la journée,
22:04RTL vous accompagne.
22:05Le village,
22:07est-ce que c'est un village ?
22:09L'heure du crime,
22:16présenté par Jean-Alphonse Richard
22:18sur RTL.
22:19À plusieurs reprises,
22:21quand il a des problèmes
22:22avec le fisc,
22:23elle l'aide,
22:24elle lui donne beaucoup d'argent.
22:25Il héritera de sa maison,
22:26et puis il aura aussi
22:27l'assurance-vie,
22:28qui est relativement importante,
22:29200 000 euros.
22:59et puis l'assurance-vie,
23:29il n'y a pas d'argent.
23:33Au programme de l'heure du crime,
23:35voilà, on y est.
23:36L'affaire Yvette Boiteux,
23:37une femme de 90 ans
23:38laissée pour mortre
23:39par un mystérieux agresseur
23:41en 2012
23:41dans un pavillon du Maine-et-Loire.
23:43Son neveu, 65 ans,
23:45a avoué
23:46qu'il voulait toucher l'héritage.
23:47Il était devenu indétectable
23:49lors de son expédition sauvage.
23:56Vendredi 19 avril 2013,
23:58Maurice Boiteux,
23:58mis en examen
23:59pour tentative d'assassinat
24:00et vol avec arme,
24:02est placé en détention
24:03devant les juges
24:04d'instruction d'Angers.
24:05Le neveu décrit
24:07le plan minutieux
24:08qu'il avait imaginé
24:09pour détourner
24:09tous les soupçons.
24:11L'après-méditation
24:12ne fait pas l'ombre
24:13d'un doute.
24:13Dans la journée du lundi
24:1523 juillet 2012,
24:17alors qu'il se trouvait
24:17encore chez lui
24:18dans la petite ville
24:19de Mircourt,
24:20il s'est montré
24:21un peu partout
24:22sur son vélo
24:23en tenue de cycliste.
24:24Il s'agissait
24:25d'attirer l'attention
24:25des témoins
24:26qui auraient pu le croiser
24:27à 15 heures
24:28comme il le fait chaque jour.
24:30Il a téléphoné
24:30à sa tante Yvette
24:32dans le Maine-et-Loire.
24:34En fin d'après-midi,
24:35il a pris soin
24:36de laisser son téléphone
24:37portable chez lui.
24:38Il a discrètement
24:39pris la route
24:39après avoir trafiqué
24:41la plaque d'immatriculation
24:43de sa voiture.
24:44Il a modifié
24:45le numéro
24:45pour éviter
24:46d'être repéré
24:48par les caméras
24:48et notamment
24:49aux barrières de péage.
24:50Il a veillé
24:51à ne pas utiliser
24:52le GPS
24:53du véhicule
24:54au cas où celui-ci
24:55serait expertisé.
24:56Il n'a pas touché
24:57à ses cartes bancaires.
24:58Il a tout réglé
24:59en liquide.
25:00Il a parcouru
25:011200 km à aller,
25:03retour,
25:04sans jamais être repéré
25:05par les enquêteurs.
25:06Il est sorti
25:07à une barrière de péage
25:08éloignée
25:09de Douai-la-Fontaine.
25:10Il est arrivé sur place
25:12vers 23h.
25:13Il s'est garé
25:14à presque 500 mètres
25:15de la maison de sa tante.
25:17Il s'est changé.
25:17Il a enfilé
25:18un pantalon de survêtement,
25:20un sweat à capuche
25:21des vieilles baskets.
25:22Il a couru jusqu'à la maison
25:25comme s'il faisait
25:26un jogging
25:27dans le quartier.
25:27Il a eu la surprise
25:29de découvrir
25:29qu'Yvette Boiteux
25:31ne dormait pas
25:32sans ses appareils auditifs.
25:34Elle n'a rien entendu.
25:35Il l'a attaqué
25:36dans le dos
25:36à 7h du matin.
25:38Il était de retour
25:39à Mircourt
25:40à 8h.
25:41Il jouait au tennis
25:42avec des amis.
25:43Il a mis tout en œuvre
25:45pour nous mettre
25:45en échec.
25:46Je n'ai jamais vu cela
25:47de la part
25:48d'un non-professionnel
25:49confie
25:50le chef
25:51d'enquête.
25:52Et dans 7h du crime,
25:54tout de suite,
25:55l'une de nos invitées
25:55c'est
25:56Meryem Baba.
25:57Vous êtes évidemment
25:58l'avocate
25:58de Yvette Boiteux
26:00dans cette histoire.
26:01Que penser
26:02de cette spectaculaire
26:05mise en scène,
26:05etc.
26:07Évidemment,
26:07on parle de coups
26:09qui auraient été
26:09presque,
26:10non pas involontaires,
26:11mais qui auraient été
26:11donnés de manière
26:13un petit peu douce
26:14à cette femme,
26:14même si elle a été
26:15quand même massacrée,
26:16il faut bien le dire.
26:16Elle est handicapée à vie.
26:18Qu'est-ce qu'il faut
26:18penser de cette attitude ?
26:20C'est très étrange
26:21pour ce neveu
26:21qui adorait sa tante.
26:23Alors,
26:24ce qu'ont dit
26:24les experts psychiatres
26:27lors du procès,
26:28c'est que
26:28le geste,
26:30abominable soit-il,
26:31de Maurice Boiteux
26:33aurait pu être commis
26:34par n'importe
26:36quel d'entre nous.
26:37Quand on est acculé,
26:39c'est comme pour les suicides,
26:41pour passer à l'acte,
26:42il y a un raptus,
26:43il y a un court-circuit
26:44dans le cerveau
26:45et on passe à l'acte.
26:47Il faut savoir
26:48que Maurice
26:49avait imaginé
26:50un scénario
26:51qui ne devait pas
26:53faire souffrir sa tante.
26:55Et lorsqu'il est arrivé
26:56dans cette maison
26:57à l'heure
26:58où sa tante
26:59devait être
26:59dans un sommeil profond,
27:02la lumière s'est allumée
27:03et il a changé ses plans
27:05à la dernière minute.
27:06C'est ça.
27:07Il a paniqué.
27:07Il est allé chercher
27:09une bouteille de vin
27:10dans le cellier.
27:11Une bouteille de vin
27:13alors qu'il n'y en avait
27:14que trois, quatre.
27:16Et il a réfléchi
27:17est-ce qu'il devait
27:18faire marche arrière ?
27:19Est-ce qu'il devait
27:20poursuivre son projet
27:21criminel
27:21et il a décidé
27:22de poursuivre son projet
27:23criminel ?
27:24C'est un petit peu ça
27:25qu'il a perdu finalement.
27:26En fait,
27:26il y a plusieurs choses
27:27qui l'ont perdu.
27:30Il devait aller jusqu'au bout
27:31parce qu'Yvette
27:33avait 90 ans,
27:34qu'elle avait fait sa vie,
27:35qu'il avait une nouvelle femme
27:36très jeune,
27:37qu'il avait...
27:39avec laquelle il s'était marié
27:40en Ukraine,
27:41il avait encore des enfants,
27:42des filles étudiantes.
27:44Il avait absolument
27:44besoin d'argent.
27:46donc il est allé
27:47jusqu'au bout
27:48de son projet criminel
27:50pour que les anciens
27:54s'en aillent
27:55et que les jeunes
27:56poursuivent leur vie
27:57avec un minimum d'argent.
27:59Maître Alexandre Boutier,
28:00vous êtes également
28:00avec nous
28:00dans l'heure du crime,
28:01avocat de Maurice Boiteux,
28:03c'est le neveu.
28:04Est-ce qu'il a des remords,
28:05Maurice Boiteux,
28:06qu'il exprime vraiment ?
28:07Bien évidemment,
28:08lors du procès,
28:09je vais y venir,
28:10mais avant tout,
28:11d'un point de vue psychologique,
28:12c'est très intéressant
28:13parce qu'il a été
28:14dans la minutie,
28:14dans la préparation
28:15de ce crime.
28:16D'ailleurs,
28:17c'est l'assassinat,
28:18la tentative d'assassinat
28:19qui est retenue
28:20parce qu'il y a
28:21cette préméditation
28:21très construite.
28:23Il voulait la mort,
28:24mais finalement,
28:25il n'avait pas vraiment
28:26intellectualisé
28:27comment donner la mort.
28:28C'est-à-dire qu'on se rend bien compte
28:29qu'il n'y a pas d'arme du crime
28:31prédéfinie.
28:32Donc ça déjà,
28:33c'est quand même assez intéressant,
28:34c'est-à-dire qu'il y a
28:35comme une retenue.
28:36Et la retenue,
28:36on le sait,
28:37puisque ça ressort
28:38des rapports,
28:39notamment du rapport comportemental
28:41où on voit que l'auteur
28:42retient ses coûts
28:43et donc il y a cette proximité
28:44qui est retenue
28:45et qui va être une piste
28:46pour amener jusqu'à lui.
28:47Alors à l'audience,
28:48même si l'objectif numéro 1
28:52de mon cabinet,
28:53c'est la satisfaction du client,
28:54je ne voulais pas la lui donner
28:55parce qu'il réclamait sans cesse,
28:56il dit
28:56je mérite la perpétuité.
28:58Oui, mais il l'a dit d'ailleurs.
28:59Ah, il l'a dit,
28:59il l'a dit à plusieurs reprises.
29:00Donc, bon, une fois,
29:01ça va, on peut l'entendre,
29:02deux fois,
29:02on risque de lui faire plaisir,
29:03si vous voulez.
29:04Donc, il a fallu quand même
29:05un peu le reprendre en coulisses.
29:06Je peux le dire maintenant
29:07qu'il n'est plus là,
29:08mais c'est vrai
29:09qu'il y avait quand même
29:10cette repentance
29:11et puis ce moment
29:12un peu suspendu,
29:12un peu magique
29:14entre elle et lui
29:16lorsqu'elle arrive
29:16parce qu'elle ne voit
29:18plus grand-chose,
29:19malheureusement.
29:20Et puis, il y a ce discours,
29:22on y viendra, je pense,
29:23mais c'est vrai
29:24que du remords,
29:26il y en a
29:26et ce n'était pas fin.
29:28Josué Jean Barvet
29:28est également avec nous
29:29dans l'heure du crime,
29:30journaliste pour Ouest France.
29:31Un mot sur l'expert psychiatre.
29:34Maurice Boiteux,
29:36l'expert indique
29:37que son geste criminel
29:38était purement utilitaire.
29:40En gros,
29:40il s'était coupé en deux,
29:41cet homme.
29:42Il y avait le côté affectif
29:43pour sa tante
29:44et puis le côté matériel
29:46d'aller chercher de l'argent
29:47là où il le pouvait.
29:49Tout à fait.
29:50Ça, c'est une constante.
29:52On sait que
29:53les problèmes d'argent
29:54auxquels il était confronté,
29:55Maurice Boiteux,
29:56étaient des problèmes
29:57en particulier
29:59liés au financement
30:01des études
30:01de ses filles
30:02et il est sans doute
30:05entré
30:06à l'intérieur
30:08d'une espèce
30:10de mission
30:10qu'il avait décidée
30:15et cette mission
30:16consistait effectivement
30:17d'une manière
30:17très utilitariste
30:18à éliminer
30:20cette tante
30:21pour récupérer
30:22cet argent
30:23dont il avait besoin
30:24pour ses filles.
30:25mais c'est vrai
30:26que ce dossier
30:28est assez troublant
30:28parce qu'on constate
30:29à plusieurs reprises
30:29qu'il y a une forme
30:31de dichotomie
30:32entre tout ce qui est
30:33mis en œuvre
30:36par Maurice Boiteux,
30:37une forme de minutie,
30:40quelque chose
30:40qui confine
30:41à du professionnalisme
30:42selon les enquêteurs
30:43eux-mêmes
30:43d'un côté
30:44et puis de l'autre,
30:45il faut bien le dire
30:46quand même,
30:47une forme d'hésitation,
30:49quelque chose
30:49qui n'est pas
30:50très très clair.
30:51on voit par exemple
30:53qu'il ne tue pas
30:54complètement
30:55cette tante
30:56quand il va
30:56quand il va chez elle
30:58sur place
30:58ce qu'il peut interroger
30:59puisque c'est son objectif
31:02de la tuer
31:03afin de récupérer
31:05l'effetage
31:05et là on se rend compte
31:06qu'il ne va pas
31:07au bout de son dessin.
31:09Tout à fait,
31:10le procès
31:11va avoir lieu.
31:13Yvette Boiteux
31:141200 km
31:16pour tuer Tata.
31:17Je viens de dire
31:18que j'ai pardonné
31:18à Maurice
31:19mais hélas
31:20ça ne suffira pas
31:21à l'heure du crime
31:21on se retrouve
31:22dans un instant
31:22sur RTL.
31:39Retour
31:39dans l'heure du crime
31:40sur l'affaire Yvette Boiteux.
31:41Cette femme
31:4290 ans
31:43en 2012
31:44a failli mourir
31:45après une agression
31:46chez elle
31:46dans le Maine-et-Loire.
31:47Son neveu
31:48qu'elle adorait
31:48avait fait 1200 km
31:50pour venir la tuer.
31:52Elle a survécu.
31:53Le procès
31:54de l'agresseur
31:54s'ouvre
31:55trois ans
31:55plus tard.
32:00Mercredi 28 janvier 2015,
32:02Maurice Boiteux,
32:0367 ans,
32:04apparaît dans le box
32:05des accusés
32:05de la cour d'assises
32:06du Maine-et-Loire
32:07à Angers.
32:08L'ancien garagiste
32:09a les cheveux blancs,
32:10les joues creusées,
32:11des rides profondément
32:12marquées sur le front.
32:13Il a tenté
32:15d'assassiner
32:15Tata Yvette
32:17comme il le rappelle.
32:18Il l'aimait
32:19pourtant
32:19comme une mère.
32:21Maurice Boiteux
32:22assure que
32:22quand il a appris
32:23qu'elle n'était pas morte,
32:24il était heureux,
32:25il était soulagé.
32:26Je me suis dit
32:26que j'allais pouvoir
32:27me racheter,
32:28la faire venir
32:29dans les Vosges
32:30et m'occuper d'elle,
32:30affirme-t-il
32:31sans la moindre gêne.
32:32La présidente
32:33lui demande
32:34s'il a réfléchi longtemps
32:35à commettre ce crime.
32:36Réponse
32:37« Oui,
32:37j'y ai pensé avant.
32:39Pour moi,
32:39c'est inimaginable.
32:40Aujourd'hui,
32:41je me dis que
32:41si j'avais quelqu'un
32:42comme moi
32:43en face de moi,
32:44je lui mettrai
32:45la perpétuité. »
32:47L'accusé raconte
32:48comment il était
32:49piégé par ses dettes,
32:50plus de 100 000 euros.
32:51Il avait fait
32:52un calcul simpliste.
32:53« Si Tata est décédée,
32:55je n'aurai plus d'ennui. »
33:00Vendredi 30 janvier,
33:01la rescapée
33:02Yvette Boiteux,
33:0293 ans,
33:03fait une brève apparition
33:04sur un fauteuil roulant.
33:06Le silence se fait
33:07dans la cour d'assises.
33:08La vieille dame
33:08est très diminuée.
33:09Elle cherche son neveu
33:10du regard,
33:11finit par l'apercevoir
33:12et prononce son prénom.
33:13L'accusé se lève.
33:15Il répète
33:15« Je te demande pardon,
33:17Tata Yvette.
33:18Un petit pardon.
33:20Je l'accepte ? »
33:21répond-elle.
33:22Dans le box,
33:22le neveu ajoute
33:23« Tu es ma maman. »
33:25« Je sais, »
33:25répond la tante.
33:26Elle ajoute
33:27« Hélas,
33:28ça ne suffira pas.
33:29Je viens dire
33:30que j'ai pardonné à Maurice.
33:31Je fais maintenant
33:32confiance à tout le monde
33:33pour obtenir
33:34un jugement juste. »
33:36L'avocat général
33:36décrit Maurice Boiteux
33:37comme un individu
33:38sans sursaut,
33:39sans remords.
33:41Il réclame
33:4225 ans
33:43de prison.
33:45Et on va voir
33:46quel va être
33:47le verdict
33:49Maître Myriam Baba.
33:50Vous êtes avec nous
33:51dans cette heure du crime.
33:52l'avocat d'Yvette Boiteux.
33:53Un mot tout de suite
33:53sur la présence fugitive
33:56à ce procès
33:57de votre cliente.
33:58Il va être Boiteux.
33:59Elle est en très
34:01mauvaise santé
34:02à ce moment-là.
34:03Elle est en chaise roulante.
34:04Elle est en chaise roulante.
34:05Elle a un bras
34:05qui est complètement paralysé
34:06suite à cette agression.
34:09Effectivement,
34:09sa tête
34:10ne fonctionne pas
34:11totalement.
34:12Sa tête fonctionne
34:13très bien.
34:14Mais elle a ses mots.
34:16Elle résonne très bien.
34:17C'est d'ailleurs
34:18au sein de la maison
34:19de retraite
34:19la plus grande lectrice
34:20de la bibliothèque.
34:23Elle résonne très bien.
34:25Elle a pleinement
34:25conscience
34:26de ce qui se passe.
34:27Mais elle est confrontée
34:30à l'impossible.
34:31C'est-à-dire accepter
34:32que ce soit
34:33quasiment la chair
34:34de sa chair
34:35qui ait voulu
34:36la détruire.
34:37Qui ait voulu
34:38faire cet attentat.
34:39Elle a refusé
34:41d'assister
34:41à l'ensemble
34:42des débats
34:42puisque l'audience
34:44a duré plusieurs jours.
34:45Mais elle a tenu
34:46le dernier jour
34:47à venir
34:48avec le chien
34:49puisque
34:50mon confrère
34:51parlait
34:52de techniques
34:53exceptionnelles
34:54qui avaient été
34:55mises en place
34:55pour oeuvrer
34:56à la recherche
34:57de la justice
34:57notamment avec
34:58ses profilers.
35:00Mais pour ouvrir
35:00la parole d'Yvette
35:01on a utilisé
35:02un chien
35:03qui était dressé
35:04pour les victimes.
35:06Et au lieu
35:07de s'ouvrir
35:10à la police
35:11ou à son avocat
35:12elle s'adressait
35:13au chien.
35:14Et elle lui disait
35:16des choses comme
35:17toi tu es
35:18le seul être
35:19que j'aime
35:20et qui ne me tuera pas.
35:22Tu es
35:22le seul
35:23qui ne me fera pas du mal.
35:25Contrairement à
35:25on a très vite compris
35:28on a très vite traduit
35:29ses paroles
35:30et elle a souhaité
35:31venir à l'audience
35:32si et seulement si
35:33le chien
35:34l'accompagnait.
35:35Et pour la première fois
35:36en France
35:37alors depuis
35:37ça s'est généralisé
35:38elle est venue
35:40avec sa chaise roulante
35:41et ce chien
35:42c'était son tuteur
35:46c'était sa canne
35:47c'était sa protection
35:49oui absolument.
35:49Portez la parole
35:50de cette vieille dame
35:52Maître Alexandre Boutier
35:53vous êtes avec nous
35:54vous avez la lourde tâche
35:55de défendre Maurice Boiteux
35:56il a avoué
35:57il réclame même
35:58d'aller en prison
35:59pour la perpétuité
36:00ce qu'il a fait
36:01est dégueulasse
36:01c'est lui-même
36:02qui le dit
36:02il va le répéter
36:05comment est-ce que
36:06vous abordez
36:07vous ce procès
36:08parce que
36:08effectivement
36:09il n'y a pas grand chose
36:10il est dans la contrition
36:11très clairement
36:12donc il se flagelle
36:13depuis le premier jour
36:15alors on peut dire
36:16le premier jour
36:16de la garde à vue
36:17mais c'est un peu faux
36:17au regard
36:19de l'histoire
36:20et des mois qui précèdent
36:21et qui vont révéler
36:22quand même
36:22cette perte
36:23très significative
36:24parce qu'on parle plus
36:25de 10 kilos
36:25alors qu'il était sportif
36:26il y a un amégrissement
36:27quand même spectaculaire
36:28qui va conforter
36:29les enquêteurs
36:30dans leur cible
36:32on va dire
36:33et c'est vrai
36:34qu'il ne sait pas
36:35lui-même
36:36comment l'aborder
36:37autrement
36:37qu'en robe de bure
36:39elle accorde autour du cou
36:40très clairement
36:41et d'ailleurs
36:42c'est là-dessus
36:43où il s'adresse
36:44à sa tante
36:45et j'ai envie de dire
36:47parce que
36:47c'est ce que j'ai pensé
36:48à ce moment-là
36:48et je le pense encore aujourd'hui
36:49elle était quand même
36:50un peu à la moitié du guet
36:51c'est-à-dire que
36:52sa religion
36:53qu'elle pratiquait
36:54quotidiennement
36:54l'obligeait au pardon
36:55quelque part
36:56et d'ailleurs
36:56elle va lui donner
36:57je te pardonne
36:58mais elle précise immédiatement
36:59et là c'est un petit peu
37:00quand même le baiser de Judas
37:01permettez-moi de le dire
37:02je veux que la justice passe
37:04oui mais
37:05oui mais elle a le droit
37:05elle a parfaitement le droit
37:06on est d'accord Maître Boutier
37:08elle a fait y mourir
37:09mais j'entends
37:09j'entends
37:10j'entends
37:11j'entends
37:11il n'y a pas
37:12aucune difficulté
37:13mais c'est vrai que ça
37:14ça résonne très durement
37:15et c'est vrai que
37:17ça va expliquer
37:19la sévérité
37:20de la décision
37:21encore que
37:21elle est en deçà
37:22des réquisitions
37:23puisqu'il était condamné
37:24à 20 ans de réclusion
37:26immédiatement
37:26il va préciser
37:27et tout de suite
37:28il va s'y tenir d'ailleurs
37:29c'est pas sur l'effet de l'émotion
37:30et pour avoir un effet de manche
37:32il dit
37:33je ne ferai pas appel
37:33et il l'avait déjà annoncé
37:35avant même le verdict
37:36c'est ça
37:36donc il reconnaissait
37:37quelle qu'elle soit
37:38la peine
37:38exactement
37:38il l'acceptait par avance
37:39qui allait lui être infligée
37:41Jodhue Jean Barre
37:43journaliste à Ouest France
37:44on entend ce que disent
37:45Maître Alexandre Boutier
37:46et Maître Myriam Baba
37:48avec cette histoire incroyable
37:49que j'ignorais
37:50du chien à l'audience
37:51qui vient porter la parole
37:52de cette femme
37:53Golden Retriever
37:54voilà
37:55mais c'est quand même extraordinaire
37:57cette histoire
37:58et cette vision
37:59quel climat
38:00règne-t-il sur
38:01ces audiences
38:02les filles
38:04d'Alexandre Boutier
38:05pardon
38:06les filles de Maurice Boiteux
38:07sont là
38:09oui tout à fait
38:10elles sont présentes
38:10au procès
38:11elles sont effondrées
38:12d'ailleurs
38:12parce que
38:12je pense que
38:14ce procès
38:15a été
38:15mais comme ça l'est
38:17souvent
38:17un grand moment de vérité
38:18pour un certain nombre
38:19de proches
38:21notamment de Maurice Boiteux
38:22qui ont découvert
38:25un certain nombre
38:26d'aspects
38:27de sa personnalité
38:29qui tranchait
38:30vraiment
38:30avec ce qu'il pouvait
38:32incarner
38:33par ailleurs
38:34les gens le décrivent
38:36comme quelqu'un
38:36de plutôt
38:38gentil
38:39serviable
38:39avec beaucoup
38:40d'attention
38:41proche de ses filles
38:42donc nécessairement
38:44et pardon
38:45on peut poursuivre
38:46avec ses amis
38:47son petit groupe d'amis
38:49les cinq mousquetaires
38:50qui eux-mêmes
38:50n'imaginaient pas
38:52qu'ils puissent être
38:53capables d'interacte
38:54je pense que
38:55ça a vraiment
38:56vraiment choqué
38:56son entourage
38:58de découvrir
38:59que ce même homme
39:00en fait
39:00avait été capable
39:01d'avoir un acte criminel
39:05poussé jusqu'à son terme
39:06et effectivement
39:07qui posait
39:08sur une vieille dame
39:0990 ans à l'époque
39:10Yvette Boiteux
39:11au troisième jour
39:12du procès
39:13le verdict
39:13Yvette Boiteux
39:151200 kilomètres
39:16pour tuer Tata
39:17un type comme moi
39:18devrait finir ses jours
39:19en tôle
39:20l'enquête de l'heure
39:21du crime
39:21on se retrouve
39:23tout de suite
39:23sur RTL
39:37dans l'heure du crime
39:38l'affaire Yvette Boiteux
39:40une non-agénaire
39:41laissée morte
39:42chez elle
39:42en 2012
39:43près de Saumur
39:44par un mystérieux agresseur
39:45son neveu chéri
39:46la soixantaine
39:47a avoué
39:48la tentative d'assassinat
39:49il avait tout prévu
39:50pour capter l'héritage
39:51trois ans plus tard
39:52il est jugé
39:53voici le verdict
39:58vendredi 30 janvier 2015
40:00autour de 18h30
40:01les jurés
40:02des assises
40:03du Maine-et-Loire
40:03condamnent
40:04Maurice Boiteux
40:0567 ans
40:05à 20 ans
40:07de réclusion criminelle
40:08il annonce tout de suite
40:09qu'il ne fera pas appel
40:10lors des débats
40:11il n'avait cessé
40:12de répéter
40:13qu'un type comme lui
40:14devait finir ses jours
40:15en tôle
40:16l'accusé ne branche pas
40:18ses deux filles
40:19éclatant sanglots
40:24mercredi 31 mai 2017
40:26deux ans
40:27après la condamnation
40:28de son neveu
40:29Yvette Boiteux
40:3095 ans
40:31décède à Angers
40:32Maurice Boiteux
40:34voulait la tuer
40:34pour s'emparer
40:35de l'héritage
40:36il est mort lui
40:37en 2023
40:42une mission un peu
40:42sacrificielle
40:43il fallait sacrifier
40:45personnes qui
40:47dans le groupe
40:47n'avaient plus
40:49vraiment d'utilité
40:49sans doute
40:50pour que le reste
40:51de la famille
40:52puisse survivre
40:53il ne s'est refait
40:54au côté bouc émissaire
40:56la voix de Jean-Yves Lignel
40:57chroniqueur judiciaire
40:59au Courrier de l'Ouest
41:00un des journalistes
41:00qui a suivi cette affaire
41:01comme vous
41:02Josué Jean Barre
41:02vous êtes journaliste
41:03à Ouest France
41:04et vous êtes avec nous
41:04dans cette heure du crime
41:0620 ans pour cet homme
41:08pour Maurice Boiteux
41:10le neveu
41:11c'est une peine
41:12qui est plutôt modérée
41:14je crois que l'avocat général
41:15avait réclamé 25 ans
41:16Oui tout à fait
41:18on peut considérer
41:19effectivement que 20 ans
41:21compte tenu
41:22d'abord du chef de poursuite
41:24on est sur une tentative
41:26d'assassinat
41:27et compte tenu
41:28de tout ce qui a été
41:29mis en oeuvre
41:29dans ce cadre
41:30c'est une peine
41:31qui n'est pas très lourde
41:34si on compare
41:36avec la jurisprudence
41:37des cours d'assises
41:38pour ce type
41:39d'actes
41:4120 ans
41:42c'est quelque chose
41:43qui
41:44c'est une peine
41:45en fait
41:45qui n'est pas très très lourde
41:47Pas très très lourde
41:48ça s'explique aussi
41:49juste un petit mot
41:50là-dessus
41:50Josué Jean Barre
41:51par le fait que
41:52il a regretté
41:53il n'a pas cessé
41:54de regretter
41:54il a dit
41:54condamnez-moi
41:55condamnez-moi
41:55parce que ce que j'ai fait
41:56c'est pas possible
41:57personne ne peut faire ça
41:58c'est ça aussi
41:59Josué qui a pesé
42:00dans ce débat
42:00Si on reprend
42:03toute l'histoire
42:04et notamment
42:05de cette enquête
42:08il a effectivement
42:09mis en oeuvre
42:11un certain nombre
42:11de choses
42:11pour effacer ses traces
42:13mais dès lors
42:13qu'il est
42:16pris en étau
42:17par l'enquête
42:18il lâchera rapidement
42:19la vérité
42:20en fait
42:21il fait des aveux
42:23des aveux
42:24dont les gendarmes
42:24disent eux-mêmes
42:25qu'ils ont
42:26considérablement aidé
42:28cette enquête
42:28parce qu'en fait
42:29on n'avait pas
42:30de preuves
42:31matérielles
42:32le confondant
42:32donc on peut
42:33après constater
42:35que dans cette affaire
42:36il a adopté
42:38une posture
42:39qui était celle
42:39de celui
42:40qui reconnaît
42:41ses agissements
42:43et qui essaie
42:45d'expier
42:45ses péchés
42:47d'une certaine manière
42:48donc je pense
42:49que cette posture
42:50et puis aussi
42:51l'attitude
42:53de sa tante
42:54qui n'a pas
42:55chargée
42:56en fait
42:56Alors
42:57effectivement
42:57elle ne l'a pas chargée
42:58elle lui a pardonné
43:00on va dire
43:01aux trois quarts
43:01il restera un petit quart
43:02quand même
43:03pour dire
43:03qu'il faut une sanction
43:04mais c'est la justice
43:05des hommes
43:05parce qu'elle était
43:06dans la justice divine
43:07la tante
43:08pour elle
43:08c'est la justice
43:09des hommes
43:10alors il y a une phrase
43:11qui est apparue
43:12à ce procès
43:13Maître Myriam Baba
43:14je vous intéresse
43:15en premier
43:15puis après
43:16je parlerai
43:16à Alexandre Boutier
43:18Maître Baba
43:19avocate
43:20d'Yvette Boiteux
43:21c'est que cet homme
43:22
43:22le neveu
43:23Maurice Boiteux
43:24il va dire
43:24place aux jeunes
43:25j'ai frappé
43:26j'ai voulu tuer
43:28parce qu'effectivement
43:29elle avait fait son temps
43:30et on pouvait lui prendre
43:31son argent
43:32effectivement
43:33ça ne risquait plus rien
43:34sa vie était derrière elle
43:35c'est assez choquant
43:36ça quand même
43:37c'est choquant
43:38et c'est extrêmement maladroit
43:41dans la défense
43:42de cet homme
43:43mais qui prouve aussi
43:44qu'il n'avait plus rien
43:45à perdre
43:45il a dit sa vérité
43:48il avait
43:49une jeune femme
43:50qui elle-même
43:51avait un enfant
43:51de 6 ans
43:52il avait
43:543 enfants
43:55dont une
43:57étudiante
43:58l'avenir leur appartenait
44:00Yvette avait 90 ans
44:01c'était presque sacrificiel
44:02il fallait la supprimer
44:04pour que les jeunes
44:05puissent vivre
44:07c'est ça
44:07puissent vivre
44:08puissent prospérer
44:09c'était son idée
44:11Maître Alexandre Boutier
44:12ça c'est pas facile aussi
44:13comme réflexion
44:15face aux jeunes
44:15parce qu'ils le disent
44:16ça aux policiers
44:17écoutez c'est ce qui a été le moteur
44:18très clairement
44:18on ne peut pas l'écarter
44:20c'est dans le dossier
44:20c'est pas une posture à l'audience
44:22c'était le terme de sa réflexion
44:24et finalement
44:25le plus grand regret
44:27c'est à l'audience
44:28que ça apparaît
44:28parce qu'on a parlé
44:30de ses amis
44:30c'est quelqu'un
44:31qui était aimable
44:32quelqu'un qui était aimé
44:33et il avait
44:34des amis
44:35très très forts
44:36à ses côtés
44:37des amis
44:38qui n'étaient pas
44:39dans le besoin
44:40qui étaient même
44:40argentés pour certains
44:41et qui disent
44:42à l'audience
44:43mais si on avait su
44:44on l'aurait aidé
44:45c'est vrai que lui
44:46n'a jamais voulu
44:48leur en parler
44:48et finalement
44:49c'est ça à retenir
44:50c'est à dire qu'il n'y a pas
44:51que la famille
44:52qui peut subvenir aux besoins
44:53peut-être tendre la main
44:54aux amis
44:55on ne serait peut-être
44:56jamais arrivé là
44:57je voudrais terminer
44:58sur Maurice Boiteux
44:59qui vous l'avait dit
45:00est aujourd'hui décédé
45:01il faut savoir aussi
45:02que dans sa vie
45:03jusqu'à cet épisode
45:04c'est entre guillemets
45:05bien évidemment que je le dis
45:06il a toujours été
45:07quelque part un peu exemplaire
45:08en tout cas
45:08il n'y a pas de gros reproches
45:10il a été un détenu exemplaire
45:11et il est sorti
45:12un an et demi
45:13avant de décéder
45:15un an et demi
45:16avant de décéder
45:17encore juste un petit mot
45:18Maître Boutier
45:18parce que vous dites
45:19effectivement il avait des amis
45:20plus ou moins fortunés
45:21qui auraient été prêts à l'aider
45:22le fait est
45:23c'est que tout seul
45:23il a pris la voie la plus sombre
45:25il avait même contacté
45:26un ami notaire
45:28c'était un peu douteux
45:29etc
45:29le notaire a été poursuivi
45:31d'ailleurs
45:31pour faire un certain montage financier
45:34pourquoi il s'est orienté
45:35vers cette voie ?
45:36de l'illégalité
45:38lui qui était
45:38toujours resté dans les rails
45:39écoutez ça
45:40c'est l'ombre
45:41de l'âme humaine
45:42et voilà
45:42et après
45:43il s'est retrouvé devant la cour d'assises
45:45donc
45:45on a une part de vérité
45:47mais c'est vrai que ce cheminement intellectuel
45:49pourquoi ça a basculé
45:50à ce moment-là
45:51et pourquoi
45:52bah écoutez
45:52on a quand même
45:53une réponse
45:54qui est quand même bien construite
45:55c'est vrai que c'était
45:56quelque part
45:57une certaine avidité
45:58mais avec
45:59sur quelqu'un
46:00qu'on aimait parfaitement
46:01et profondément
46:02Josue Jambard
46:03juste un petit mot
46:04cette histoire
46:04elle a marqué
46:05cette région
46:06du Maine-et-Loire
46:07etc
46:08on en a beaucoup parlé
46:09à l'époque
46:10ah oui tout à fait
46:12il y a dans cette histoire
46:14un certain nombre
46:14de
46:15de symboles
46:16qui
46:17qui ont un peu
46:19agité
46:19le gendarme
46:20local
46:23d'abord
46:23par rapport
46:24à la gravité
46:25de l'acte
46:25et puis ensuite
46:26par rapport
46:26à ce schéma
46:26bien sûr
46:27un neveu
46:28qui s'en prend
46:29à sa tante
46:30qu'il considère
46:31comme sa mère
46:31et elle
46:32qui le considérant
46:33comme son fils
46:35ça n'est quand même
46:35pas très très commun
46:37lui encore une fois
46:38pardon
46:38non non
46:39effectivement
46:39je suis d'accord avec vous
46:40c'est pas très commun
46:41c'est pas quelque chose
46:41de courant
46:43Mériem Baba
46:44on arrive au bout
46:45de cette émission
46:45en dernier mot
46:46avec vous
46:46quelle est la leçon
46:47finalement de cette histoire
46:48on retient qui
46:49Maurice Boiteux
46:50ou Yvette Boiteux
46:53alors je sais pas
46:54ce qu'on peut retenir
46:54en tout cas moi
46:55ce que je retiens
46:55c'est que
46:56c'est une affaire
46:57qui m'a profondément marquée
46:58puisque
47:00nous faisons avec mon confrère
47:01beaucoup de
47:03d'affaires criminelles
47:04et
47:05dans cette cour d'assises
47:07c'est mêlé
47:08autant d'amour
47:08que de haine
47:09c'est ce que vous retenez
47:11c'est ce que je retiens
47:12c'est ce que vous retenez
47:13autant d'amour
47:14que de haine
47:14donc finalement
47:15il y a ce mélange
47:15un peu infernal
47:17d'ailleurs
47:17qu'on retrouve
47:18souvent lors des procès
47:19d'assises
47:20merci beaucoup
47:22Mériem Baba
47:24Mériem
47:24Mériem
47:24Alexandre Boutier
47:25puis Josué Jean Barre
47:26d'avoir été les invités
47:27de l'heure du crime
47:28merci à l'équipe de l'émission
47:29rédactrice en chef
47:30Justine Vigneault
47:31préparation Romain
47:32Diverès
47:33Valentin Bardet
47:34réalisation en direct
47:35Jonathan Griveaux
47:36Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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