- il y a 9 mois
Nadine Dantier, 20 ans, une étudiante rayonnante et heureuse, assassinée sur le pas de sa porte dans le village le plus paisible de l'île Maurice. Des suspects nombreux et successifs, une trace ADN puis des dénonciations à la chaîne. Mais plus de vingt ans après le crime, le coupable court toujours.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:00Tout de suite.
00:0214h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:05Jean-Alphonse Richard.
00:07Une des plus énigmatiques affaires criminelles mauriciennes,
00:11c'était le 25 juin 2003 que Nadine Dantier, alors âgée de 20 ans, avait été portée disparue.
00:17Son corps a été retrouvé sur un terrain en friche à Albion.
00:20L'enquête a pris une toute autre tournure ces dernières semaines
00:24avec la découverte d'une seconde empreinte ADN.
00:27Bonjour, Nadine Dantier, 20 ans, une étudiante rayonnante et heureuse,
00:34assassinée sur le pas de sa porte dans le village le plus paisible de l'île Maurice.
00:38Des suspects, nombreux, successifs, une trace ADN, des dénonciations à la chaîne.
00:44Mais plus de 20 ans après le crime, le coupable court toujours.
00:48Et si on le connaissait depuis le début ?
00:51Nadine Dantier, la lettre dans le cercueil, l'heure du crime.
00:54La seule émission Radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
01:05Mercredi 25 juin 2003, autour de 18h15,
01:09Jean-Yvon Dantier et son épouse Caroline se demandent
01:13pourquoi leur fille Nadine, 20 ans, n'est toujours pas de retour à la maison.
01:17Impossible de savoir où elle se trouve.
01:19Son téléphone portable ne répond plus.
01:21L'étudiante, inscrite à l'université de l'île Maurice, est en stage d'été
01:25à l'administration du restaurant KFC de la commune de Quatre-Bornes,
01:31à une demi-heure de la maison.
01:32Elle a quitté le bureau vers 17h.
01:35Son petite amie l'a déposée à l'arrêt de bus pour qu'elle rentre chez elle,
01:39à Albion, l'un des villages les plus tranquilles de l'île.
01:43Un spot touristique, avec sa plage de sable blanc et son célèbre phare de la pointe aux caves.
01:49Nadine n'est pas du tout du genre à disparaître sans donner la moindre nouvelle.
01:54C'est une fille sérieuse, plutôt rangée.
01:57Les autorités sont prévenues.
01:59La famille, le voisinage, quelques policiers sillonnent le quartier à la nuit tombée.
02:03Mais aucune trace de Nadine.
02:07Jeudi 26 juin, lendemain de la disparition de Nadine Dantier,
02:11les recherches menées par des policiers, pompiers, par des proches, des volontaires,
02:17reprennent de façon plus intense.
02:19Vers 15h, un corps est retrouvé dans un terrain planté d'arbres et bordés de haies
02:25à une centaine de mètres de la petite route qui mène au village d'Albion.
02:30Le périmètre est aussitôt bouclé.
02:32La victime est identifiée.
02:34Il s'agit bien de Nadine Dantier.
02:36Elle repose sur le côté, le corps en partie dénudé.
02:39Les deux médecins légistes détectent plusieurs lésions, hématomes.
02:44La victime a résisté à son ou à ses agresseurs.
02:47Elle a tenté de s'enfuir sans succès.
02:50Elle a été violée.
02:51Une trace de sperme est prélevée sur sa cuisse.
02:54La jeune femme a ensuite été étouffée et étranglée avec le pullover qu'elle portait.
03:00Elle ne se trouvait qu'à 300 ou 400 mètres du perron de la maison familiale
03:05quand elle a rendu son dernier souffle.
03:08Les enquêteurs de la brigade criminelle de Maurice établissent que Nadine Dantier est bien descendue à l'arrêt de bus,
03:15tout proche du village d'Albion.
03:17Elle a commencé à marcher pour rejoindre son domicile.
03:20C'est près de ce terrain l'un des rares dépourvus d'habitation
03:24qu'elle a probablement été attaquée après avoir été suivie.
03:29Samedi 28 juin, deux jours après la découverte du corps de Nadine Dantier,
03:36un sans domicile fixe, bien connu à Albion, est interpellé dans une cabane.
03:42Il a attiré l'attention avec son pullover bleu et blanc.
03:45Ce vêtement pourrait avoir été en contact avec la victime.
03:49L'examen des fibres l'atteste.
03:51Le clochard, qui n'a pas toute sa tête, explique avoir trouvé le pull dans une poubelle.
03:57Il est relâché.
03:59Le pull est placé sous scellé, envoyé au laboratoire une semaine après le meurtre.
04:04La famille Dantier est dévastée.
04:06Jean-Yvon Dantier, beau-père de la victime, s'adresse aux habitants.
04:09Que ceux qui possèdent des explications sur les circonstances de la mort de Nadine
04:14se manifestent et nous aident à retrouver les coupables, dit-il.
04:18Les proches de l'étudiante sont longuement entendus,
04:21tout comme des camarades de l'université, ou encore le petit ami Bruno Tadebois.
04:26Mais aucune suspicion ne pèse sur toutes ces personnes.
04:31Un meurtre sans témoin, sans certitude,
04:34mais qui ne manque pas d'indice, il y a quand même cette trace ADN
04:38qui, à l'époque, sur cette île pas très bien équipée en matière de police scientifique,
04:43va être malmenée, cette trace ADN.
04:45On va avoir du mal à la faire parler.
04:47Un suspect va finalement être arrêté.
04:50On va alors penser que l'enquête est résolue.
04:52Mais est-ce que c'est si simple ?
04:54Eh bien, on va le voir dans la suite de l'heure du crime.
04:56On va voir d'ailleurs qui est ce suspect qui a été arrêté.
04:59N'allons pas trop vite, on va en parler dans un instant.
05:02Alors, il y a tout d'abord la disparition de Nadine Dantier.
05:06Bonjour Stéphanie Dantier.
05:07Bonjour.
05:08Merci infiniment d'être avec nous dans l'heure du crime,
05:13avec nous depuis l'île Maurice où vous vivez.
05:15Vous êtes la sœur de Nadine Dantier.
05:18Évidemment, cette affaire, vous la connaissez,
05:20elle a profondément marqué votre famille.
05:22Elle continue à la marquer puisqu'encore une fois, c'est un colquet.
05:25Ils n'ont toujours pas la solution à cette histoire.
05:28Je suppose que vous n'avez rien oublié de cette journée de la disparition de votre sœur.
05:33Quel est ce moment précis où elle disparaît ?
05:36Vous allez vous dire en famille, il y a quelque chose de très grave qui s'est produit, c'est ça ?
05:39Tout à fait.
05:41Dès qu'il arrive aux environs de 18h15, on se dit que Nadine devrait déjà être là.
05:50Et là, moi-même, j'appelle sur son portable qui reste malheureusement sans réponse.
05:56Et donc, ma maman et moi-même, nous décidons d'aller la rencontrer sur la route
06:00parce qu'on faisait la route quand même assez souvent.
06:04Donc, on longe la route avenue d'Edoupha jusqu'à l'arrêt d'autobus
06:08qui n'est pas loin, 400 mètres de chez nous.
06:11Et on ne voit pas Nadine.
06:13Et je décide de remonter.
06:15J'appelle Brudeau, son petit ami, qui confirme qu'elle a bien pris le bus.
06:20Donc, on redescend encore une fois et on regarde aux alentours.
06:24On la voit et là, définitivement, nous ne la voyons pas.
06:28On se dit que quelque chose n'est pas normal.
06:29Effectivement, que quelque chose de grave vient de se passer.
06:33Stéphanie, présentez-nous Nadine.
06:36À l'époque, c'est une jeune fille qui est heureuse.
06:38Elle est étudiante, elle a l'avenir devant elle, c'est ça ?
06:41Tout à fait. Donc, à cette époque, de nature, elle est une jeune femme très sérieuse,
06:46très déterminée.
06:47Elle est l'aînée, donc elle se sent très responsable de nous.
06:50Elle est très responsable dans ce qu'elle essaie d'entreprendre.
06:54À cette époque, elle a ses études, elle a son stage,
06:58elle a son petit ami dont elle est très amoureuse.
07:00Donc, elle a une vie remplie.
07:02Et à cet âge, elle a l'avenir plein les yeux.
07:05Elle a déjà des projets et c'était une sœur remarquable.
07:10D'ailleurs, elle avait énormément de talent.
07:13Elle adorait peindre, elle adorait la musique.
07:16Donc, elle était une vie bien vivante.
07:18Et elle avait cette soif de vivre, cette soif de découvrir.
07:22Bonjour, Finlay Salès.
07:24Bonjour, Jean-Alphonse Richard.
07:27Merci infiniment, vous aussi, d'être avec nous depuis Maurice,
07:30dans l'heure du crime.
07:31Vous êtes directeur de l'information Radio One.
07:33Radio One, c'est la radio qui compte sur l'île Maurice.
07:36Effectivement, c'est la radio la plus écoutée sur place.
07:39Vous êtes ancien animateur de l'émission Enquête en direct.
07:41Vous connaissez parfaitement ce dossier.
07:44Avec vous, il faut nous parler un petit peu de la scène de crime.
07:46L'attaque, elle est très, très violente concernant Nadine Dantier.
07:51Et oui, c'est un peu à l'agenda des horreurs.
07:54Elle a tout vécu.
07:55Une agression très violente, coup, viol,
07:59comme si on s'était assorné sur elle.
08:03Et les policiers avec lesquels on avait discuté à l'époque
08:07avaient un haut le cœur pour raconter dans quel état
08:10ils avaient retrouvé le cadavre.
08:14Et il est évident que cela a suscité une grosse émotion
08:18à travers le pays,
08:20d'autant que la famille Dantier
08:22était une famille très connue à l'île Maurice.
08:25La mère travaillait, pour vous dire, à quelle connexion.
08:28La mère était secrétaire du directeur
08:31d'un des plus grands quotidiens de l'île.
08:34Et la mère aussi était secrétaire
08:37du président du conseil d'administration de Radio One.
08:40Donc, elle a bénéficié vraiment
08:42du soutien de toute la presse à l'île Maurice
08:46qui, heureusement, a mis pression sur la police.
08:50Mais juste, Finlay-Salès,
08:52alors ça c'est important,
08:52vous nous dites qu'effectivement,
08:54même les policiers ont été choqués par cette scène de crime.
08:57Dites-nous en quelques mots,
08:59où se trouve cet endroit où repose le corps ?
09:01Parce que j'ai l'impression que c'est un endroit très calme.
09:04Il ne se passe pas grand-chose dans ce village touristique.
09:06C'était un village qui commençait à s'éveiller
09:08ou commençait à construire.
09:11Je vais vous donner quelques chiffres.
09:12D'abord, Albion se trouve à 15 kilomètres de la capitale.
09:16En 2011, il y avait 4000 habitants.
09:20En 2600 et en 2021, 5000.
09:26Pour vous dire, on commençait à construire.
09:29Et c'est important de dire ça,
09:31qu'on commençait à construire.
09:32Donc, avec un va-et-vient incessant d'ouvriers.
09:35Exactement.
09:36Et ça, c'est important ce que vous dites.
09:37On croit que c'est un endroit qui est un petit peu fermé comme ça, etc.
09:40Mais il y a un va-et-vient permanent.
09:41Il y a des chantiers partout.
09:42Il y a du monde qui se promène.
09:43Donc, effectivement,
09:45peut-être des personnes pas très fréquentables aussi
09:46qui sont dans le coin.
09:48Stéphanie Dentier,
09:50lorsque, évidemment, vous apprenez ce crime,
09:52vous apprenez ce crime épouvantable,
09:55qui est indicible.
09:55On ne va pas donner les détails là-dessus
09:57sur ce qui a pu se passer.
09:58Mais vous dites quoi, vous, dans la famille ?
10:01Vous dites que c'est un rôdeur,
10:02c'est quelqu'un qui la connaît ?
10:03Qu'est-ce que vous dites ?
10:05Alors, je voudrais juste revenir
10:06sur, justement, l'endroit où on a retrouvé Nadine.
10:09Donc, à cette époque,
10:11il y avait énormément de constructions.
10:14Et là où on a retrouvé son corps,
10:15c'était un terrain en friche,
10:17un terrain vague,
10:18où de la route,
10:20on ne voyait absolument rien.
10:21Je reviens dessus
10:22parce que le soir en question,
10:24où nous avons longé la route pour la chercher,
10:27on a fait des recherches dans cette partie-là.
10:29Mais malheureusement, on ne voyait rien.
10:31Donc, il était impossible de voir
10:33ce qui pouvait se passer à l'intérieur.
10:35Je comprends.
10:36Qu'est-ce que vous vous dites
10:37quand votre sœur est assassinée ?
10:38Vous vous dites quoi ?
10:39C'est un proche ?
10:40C'est quelqu'un qu'on connaît ?
10:41Qu'est-ce qui a pu se passer ?
10:43Au tout premier jour,
10:45c'est vraiment le choc.
10:46Donc, il y a des millions de possibilités
10:48qui se posent.
10:49Ça peut être un rôdeur,
10:51quelqu'un qui était dans les barrages,
10:53quelqu'un qui la suivait,
10:55quelqu'un qui était dans le bus
10:56et qui a décidé de la suivre.
10:58Bien sûr.
10:58Il y avait quand même pas mal de possibilités
11:01jusqu'à ce que la police vienne
11:02avec des soupçons
11:03et qui, par la suite,
11:05changent un peu
11:06et amènent en diverses directions.
11:08Avec un premier suspect,
11:10effectivement,
11:11qui va passer des aveux complets.
11:13Nadine Dantier,
11:14la lettre dans le cercueil.
11:16Ils aboient comme des chiens.
11:17Ils lui saisissent le coup.
11:19Mais mon fils est innocent.
11:20L'enquête de l'heure du crime.
11:21On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:23L'heure du crime.
11:25Jusqu'à 15h sur RTL.
11:2814h15.
11:30C'est l'heure du crime sur RTL.
11:32Jean-Alphonse Richard.
11:34L'heure du crime consacrée aujourd'hui
11:35au meurtre de Nadine Dantier,
11:3720 ans sur l'île Maurice,
11:38au mois de juin 2003.
11:40L'étudiante a été violée,
11:42étranglée dans l'un des coins
11:43les plus paisibles de l'île.
11:45Consternation, interrogation.
11:47Un mois plus tard,
11:47un suspect de première importance
11:49s'est interpellé.
11:50Lundi 28 juillet 2003,
11:5333 jours après le meurtre
11:54de Nadine Dantier,
11:564h du matin,
11:57Marcelin Asie,
11:5927 ans,
12:00est interpellé chez sa tante
12:01dans le quartier des Salines,
12:02à Port-Louis.
12:03Le jeune maçon qui vit d'expédient
12:05intéresse la police
12:06car le jour du meurtre,
12:07il travaillait seul
12:08à la réparation du mur d'enceinte
12:10de l'église Notre-Dame-de-la-Mer
12:12à Albion,
12:14la commune
12:14où l'on a retrouvé
12:15le corps de l'étudiante.
12:16Peu après le drame,
12:18il s'est fait teindre les cheveux.
12:19Il n'a plus remis les pieds
12:21sur le chantier.
12:22Marcelin Asie
12:23est amené au commissariat
12:24des casernes centrales.
12:26Il nie le crime.
12:27À cette heure-là,
12:28il jouait au foot
12:29avec d'autres jeunes
12:29sur le terrain de Cancréole.
12:31Après des heures
12:32de garde à vue,
12:33il craque.
12:33Il passe aux aveux.
12:35Il explique avoir aperçu
12:36la victime
12:37alors qu'il était près
12:37de l'église.
12:38Il l'a suivie
12:39sur une centaine de mètres
12:40jusqu'à hauteur
12:41de l'avenue des Dauphins,
12:43là où réside
12:43la famille Dentier.
12:45Il lui a sauté dessus.
12:46Il l'a traîné de force.
12:47Il a abusé d'elle.
12:48Il a fini par l'étrangler.
12:50Asie,
12:51signe des aveux
12:52même si son ADN
12:53ne correspond pas
12:54à la trace génétique
12:56masculine inconnue
12:57retrouvée sur le corps
12:58de Nadine Dentier.
12:59Peu importe,
13:00le jeune homme est présenté
13:01comme le suspect numéro 1.
13:03Une reconstitution
13:04est organisée
13:05en présence
13:06d'une foule menaçante.
13:08Peu après,
13:09Marcelin Asie
13:10revient sur ses aveux.
13:12Son avocat parle
13:13de déclarations faites
13:14sous la contrainte
13:15et les coups
13:16des enquêteurs.
13:18Jeudi 30 septembre 2004,
13:21après 14 mois
13:22de détention,
13:22Marcelin Asie
13:23est libéré
13:24sous caution.
13:25De nouvelles comparaisons
13:26ADN,
13:26le disculpe
13:27complètement du crime.
13:28Tout ce que j'ai raconté
13:30sous la pression
13:30était faux.
13:31Je leur avais pourtant dit
13:32que je n'y étais pour rien
13:33et que je ne connaissais pas
13:35Nadine,
13:35clame l'ancien suspect.
13:37Un revers pour les policiers.
13:39Des mois d'investigation perdues
13:41avec cette fausse piste
13:42à laquelle,
13:43il faut bien le dire,
13:44personne ne croyait vraiment.
13:46D'autres possibles suspects,
13:47une dizaine,
13:48selon le décompte
13:49du journal L'Express
13:50Maurice,
13:51sont entendus
13:51sans résultat.
13:53En l'absence
13:53de pistes concrètes,
13:55les rumeurs,
13:56les affabulations
13:57en toucheant prospères,
13:58une jeune femme
13:59raconte avoir assisté
14:01au meurtre
14:02de Nadine Dentier.
14:03Elle était à proximité
14:04de la scène de crime.
14:06Elle dit avoir entendu
14:07les paroles échangées
14:08entre la victime
14:09et trois hommes.
14:10L'un de ces individus
14:11ne serait personne d'autre
14:12que le beau-père
14:13de l'étudiante,
14:14Jean-Yvon Dentier.
14:16La jeune femme
14:16est jugée crédible.
14:18Les autorités
14:19qualifient même
14:20ses déclarations
14:21de développement majeur.
14:24Jean-Yvon Dentier,
14:25le beau-père de la victime,
14:26se retrouve dans la peau
14:27d'un suspect potentiel.
14:29Il s'insurge
14:30contre cette mise
14:31en cause fantaisiste.
14:32Son ADN ne matche pas
14:34avec celui retrouvé
14:35sur la scène de crime.
14:37Quelques semaines plus tard,
14:38le témoignage spectaculaire
14:40de la jeune femme
14:41est abandonné.
14:45Lundi 29 mai 2006,
14:47trois ans après la mort
14:47de Nadine Dentier,
14:49la brigade criminelle
14:50de Maurice
14:50s'intéresse
14:51à une nouvelle piste.
14:52Des témoins distincts
14:53ont évoqué
14:53un homme de forte corpulence
14:56qui rôdait
14:57sur le lieu du crime.
14:58Les recherches
14:59mènent à un certain
15:00Éden François.
15:01écroué alors
15:03avec ses deux fils
15:04dans une affaire de meurtre.
15:05Un co-détenu
15:06confirme les soupçons.
15:07Selon lui,
15:08Éden François
15:09aurait fait des confidences
15:11sur le dossier
15:11de Dentier.
15:12Il se vanterait
15:13de connaître
15:14parfaitement
15:14la scène de crime.
15:16Dans son sommeil,
15:17on l'aurait même
15:17entendu prononcer
15:18plusieurs fois
15:19le prénom
15:19Nadine
15:20au moment du drame.
15:22Le suspect,
15:23qui nie toute implication,
15:24était en liberté
15:25provisoire.
15:25Il avait le temps
15:26d'être sur la scène
15:27de crime.
15:28Les enquêteurs
15:29ne peuvent pourtant
15:30pas aller plus loin.
15:31Un policier
15:32le regrette.
15:33Pour nous,
15:34Éden François
15:35a toujours été
15:36un suspect
15:37dans l'affaire
15:38Dentier.
15:40Quatre ans déjà
15:41d'investigation
15:42de l'ADN.
15:43Une succession
15:43d'interpellations
15:44des interrogatoires
15:45parfois musclés
15:46des individus
15:47qui pourraient avoir
15:48le profil du meurtrier
15:49mais pas la trace
15:50d'un coupable.
15:51La police évidemment
15:52est sous pression
15:53et la famille espère.
15:55Et si la vérité
15:55se trouvait
15:56dans la tombe
15:57de la victime,
15:57ça on va le voir
15:58évidemment
15:59dans le prochain chapitre
16:00de l'heure du crime.
16:02Finlay Salès,
16:03on vous retrouve
16:04dans cette heure du crime.
16:05Directeur de l'information
16:06Radio One,
16:07la radio de l'île Maurice.
16:09Finlay Salès,
16:11arrêtons-nous
16:11juste un instant
16:12sur le cas
16:13du maçon
16:13Marcelin Asi.
16:15On va le présenter
16:16comme le suspect
16:16numéro un.
16:17On va l'envoyer
16:18en prison.
16:19Il va faire
16:20des aveux complets.
16:22On a fait
16:22totalement fausse route
16:23dans cette affaire
16:24à Finlay Salès ?
16:25Le pauvre Marcelin
16:26avait la gueule
16:26de l'emploi.
16:27Et comme c'est
16:28souvent le cas,
16:29c'est sous la pression
16:30de la presse
16:31et de l'opinion publique.
16:32Il a été,
16:33à mon sens,
16:33un suspect commode
16:34parce qu'il travaillait,
16:36comme vous l'avez
16:36si bien dit,
16:37à côté
16:38de l'endroit
16:39du crime.
16:40Il est arrêté,
16:42ce qui est parfaitement
16:43normal,
16:44mais il n'y l'est fait
16:44pendant des heures,
16:45il n'y l'est fait.
16:46Sauf ici,
16:47nous avons
16:48des moyens
16:49tout à fait efficaces
16:51pour faire parler
16:52des suspects.
16:53Alors,
16:54c'est des moyens,
16:55effectivement,
16:55qui ne sont pas
16:56souvent très recommandables,
16:57mais le fait est,
16:58c'est que Marcelin Asie
16:59se retrouve dans la NAS.
17:01Stéphanie Dantier,
17:02vous êtes avec nous
17:03dans cette heure du crime,
17:04vous êtes la sœur
17:04de Nadine Dantier.
17:06Évidemment,
17:07votre famille,
17:07elle est aux premières loges
17:09de tout ce qui peut se passer.
17:10Elle attend
17:11qu'on arrête quelqu'un
17:12lorsqu'il y a cette piste,
17:14la piste de Marcelin Asie.
17:16Est-ce que vous y croyez
17:16ou vous n'y croyez pas
17:17dans la famille,
17:18Stéphanie Dantier ?
17:19Effectivement,
17:21donc,
17:21au tout premier jour,
17:22il n'y avait aucune raison
17:23de douter.
17:24Ce n'est que par la suite,
17:25au fur et à mesure
17:26qu'on a plus d'informations
17:27que là,
17:28on voit que vraiment,
17:29il y a un problème.
17:30Mais au départ,
17:31c'est ce qui a été présenté.
17:33Le beau-père de Nadine,
17:35Jean-Yvon,
17:35évidemment,
17:36il vit avec vous.
17:37Vous êtes tous
17:37dans cette même famille,
17:38dans cette maison,
17:39vous attendez des réponses.
17:41Mais à un moment donné,
17:41on va le montrer du doigt,
17:43Jean-Yvon Dantier.
17:44Effectivement,
17:45donc,
17:45il y a eu
17:46des fausses allégations.
17:47Donc,
17:47Jean-Yvon,
17:48mon beau-père,
17:49lui aussi,
17:49il est entendu.
17:50Et d'ailleurs,
17:51il se propose
17:51de donner un échantillon
17:53de son ADN
17:54parce qu'il savait
17:55qu'il n'avait rien à craindre
17:56et voyant
17:57la tournure des choses,
17:58donc il propose
17:59de faire le test
17:59qui serait négatif
18:01par la suite.
18:03Comment est-ce que
18:04la famille vit
18:05ses espoirs
18:05et ses désillusions,
18:07le fait aussi
18:07d'être montré du doigt ?
18:08Est-ce que vous êtes
18:09tous ensemble ?
18:10Vous restez chez vous ?
18:11Vous attendez
18:11des explications
18:13ou bien vous faites
18:13le siège tous les jours
18:14de la police de Maurice ?
18:16Oui,
18:16effectivement.
18:17Donc,
18:17à ce moment-là,
18:18définitivement,
18:19tous les deux jours,
18:20mes parents sont au commissariat
18:21avec les enquêteurs
18:23pour savoir
18:23qu'est-ce qui se passe
18:24et là,
18:26on commence à sentir
18:27les frustrations
18:28et les déceptions.
18:29Donc,
18:29il y a plusieurs pistes
18:30qui viennent
18:31mais l'enquête
18:32va dans tous les sens.
18:33On perd énormément de temps
18:35chacune de ses allégations
18:36et on voit
18:37qu'arriver un moment,
18:39ça n'avance pas.
18:40Donc,
18:40c'est là que mes parents,
18:41de pied ferme,
18:42demandent d'avoir
18:43une enquête sérieuse
18:44qui va enclencher
18:46parce que vraiment,
18:47ça allait dans tous les sens
18:49et le pire dedans,
18:50c'est vraiment
18:50le temps perdu.
18:51Bien sûr.
18:52Le temps qui s'écoule
18:53à aller dans tous les sens.
18:54Il n'y a aucune piste sérieuse,
18:56aucune piste solide
18:57et c'est vraiment un moment
18:58où on se sent impuissant.
19:00À cette époque,
19:01on sent que le temps
19:02se perd
19:03et qu'on n'a rien.
19:03Bien sûr.
19:04Et le temps est meurtrier
19:05dès lors dans une enquête.
19:06C'est terrifiant.
19:07Finlay-Salès,
19:08c'est très intéressant
19:09ce que dit Stéphanie Dentier
19:10parce qu'elle décrit bien
19:11ce temps qui file
19:13et puis tous ces suspects
19:14qui se succèdent.
19:15Alors, Finlay,
19:16Maurice,
19:17ce n'est pas énorme comme il.
19:18Ce n'est pas un gigantesque territoire.
19:22Il y a beaucoup,
19:22beaucoup de suspects
19:23qui défilent.
19:24Comment ça se fait
19:24qu'on n'arrive pas à trouver ?
19:25On a quand même de l'ADN.
19:26À la décharge de la police,
19:28il faut dire
19:29que notre section médico-légale
19:32pêche par une carence de moyens.
19:35Mais il faut dire aussi
19:36que la police pêche
19:37par une incompétence extraordinaire.
19:40Vous imaginez
19:41ce qui s'est passé
19:41dans le cas de Marcelin Hazy.
19:43Il a été arrêté.
19:45Il a dit par la suite
19:46qu'il était en train
19:48de jouer au foot.
19:49Ce n'est pas au baby-foot
19:50avec deux personnes,
19:51avec 21 joueurs
19:53et avec une foule
19:54autour du terrain.
19:56La police n'a même pas
19:57vérifié son alibi.
19:58La police n'a même pas vérifié.
20:00On s'est contenté
20:01d'avoir un suspect
20:02qu'on a mué en coupable
20:05et pendant 14 mois,
20:07c'est comme Stéphanie vous a dit,
20:09pendant 14 mois,
20:10l'enquête s'est arrêtée.
20:11Le corps de l'étudiante
20:13va être exhumé.
20:15Nadine Dantier,
20:16la lettre dans le cercueil.
20:18J'ai déposé une prière
20:19et un mot d'amour.
20:20L'enquête de l'heure du crime.
20:21Et si la victime avait emporté
20:22la vérité dans sa tombe ?
20:24À la recherche d'un petit mot
20:26glissé six pieds sous terre,
20:28c'est à suivre
20:28dans un court instant
20:29sur RTL.
20:30Nadine Dantier a été assassinée.
20:44Il y a un homme
20:44pour qui cette affaire
20:45a bouleversé son existence.
20:47Marcelin Asi,
20:48l'unique suspect arrêté
20:50puis disculpé,
20:51ne souhaite aujourd'hui
20:52connaître les assassins
20:53de la jeune femme.
20:54Au programme,
20:56aujourd'hui de l'heure du crime,
20:57le meurtre de Nadine Dantier
20:58sur l'île Maurice,
20:59été 2003.
21:01L'étudiante,
21:0120 ans,
21:02a été violée,
21:03étranglée,
21:03une vingtaine de suspects
21:04intéressants,
21:05mais pas de coupables
21:06parmi eux.
21:07L'enquête s'enlise,
21:084 ans après sa mort,
21:09le corps est exhumé.
21:12Samedi 24 novembre 2007,
21:14peu avant 7h du matin,
21:15le cercueil
21:16enfermant les restes
21:17de Nadine Dantier
21:18est extrait
21:19du cimetière Saint-Pierre,
21:20l'un des quatre
21:21que compte l'île Maurice.
21:23La famille de Nadine
21:24s'interroge
21:25sur une lettre
21:26glissée dans le cercueil
21:27peu avant
21:28qu'il soit refermé.
21:29C'est Bruno Tadebois,
21:31à l'époque petit ami
21:32de Nadine,
21:33qui avait déposé
21:34l'enveloppe.
21:35Les proches
21:35s'interrogent
21:36sur l'attitude
21:36de ce garçon
21:37au point de se demander
21:38s'il n'aurait pas laissé
21:39une espèce de confession
21:41qui pourrait éclairer
21:42l'enquête.
21:42Le petit ami
21:43a été prévenu
21:44de cette opération,
21:45son avocat fait savoir
21:47qu'il n'est pas inquiet.
21:48Son client lui a confié
21:49qu'il avait simplement
21:50déposé
21:51dans le cercueil
21:51une prière manuscrite,
21:54une déclaration d'amour
21:55et une photo de lui.
21:57Le médecin légiste,
21:58le docteur Satish Boutel,
22:00récupère le courrier
22:01mais celui-ci
22:02est tellement dégradé
22:03qu'il ne peut pas
22:04être décrypté.
22:05Il est adressé
22:06à un laboratoire spécialisé.
22:07Les experts
22:08ne peuvent rien en tirer.
22:10La mère de Nadine Dantier
22:12se dit exténuée
22:13par cette nouvelle épreuve.
22:17Dimanche 28 septembre 2008,
22:18deux policiers français
22:19spécialisés
22:20dans les cold case,
22:21sont invités à Maurice
22:22pour se pencher
22:23sur plusieurs affaires
22:24non résolues de Lille.
22:26L'affaire Nadine Dantier
22:27est au programme.
22:28Le commandant
22:29Philippe Bishop
22:30de l'OCRVP
22:31et le capitaine
22:32Nicolas Pagani
22:33de la PJ de Nice
22:34préviennent d'emblée
22:35qu'ils ne feront pas
22:36de miracle.
22:37Nous sommes là
22:37pour partager notre expérience
22:39et donner des avis.
22:40Les vêtements de l'étudiante assassinée
22:43vont faire ensuite
22:44l'objet d'une nouvelle série
22:45d'analyses ADN
22:47conduite dans des laboratoires
22:48de plusieurs pays
22:49dont la France.
22:51Le but est d'expertiser
22:52plus précisément
22:53d'éventuelles traces de sueur
22:55ou de retrouver
22:56d'infimes particules
22:58de faux.
23:00Et dans cette heure du crime
23:01on retrouve l'une
23:01de nos invitées
23:02c'est Stéphanie Dantier
23:03la sœur de Nadine.
23:06Stéphanie Dantier
23:07alors c'est un chemin
23:08de croix très pénible
23:09pour votre famille
23:10et pour votre maman
23:11qui va se dire exténuée
23:12par tout ce qui se passe
23:14par ces fausses pistes
23:15par ces événements
23:16qui se bousculent.
23:17Pourquoi demander
23:18l'exhumation
23:20de votre sœur ?
23:21Pourquoi demander
23:21l'exhumation de Nadine ?
23:23Au fait, ma maman
23:25quand elle apprend
23:26que Bruno, son petit ami
23:28avait introduit des choses
23:30dans le cercle
23:31juste avant
23:31qu'on ne le referme
23:32c'est là qu'elle a eu
23:34des questionnements
23:35qu'elle voulait savoir
23:36ce que c'était.
23:38Et donc pour avoir
23:39le cœur net
23:40et c'est pour ça
23:41que ma maman fait la demande
23:43pour l'exhumation.
23:45Et à cette époque
23:46toute piste valait la peine
23:48d'explorer
23:49et on ne savait pas vraiment
23:51qu'est-ce qu'il y aurait
23:52qu'est-ce qu'on trouverait
23:53dans le sac-œil.
23:55Donc c'est pour vraiment
23:56avoir le cœur net dessus.
23:58Parce qu'il faut savoir
23:59et Stéphanie,
23:59vous pouvez peut-être
24:00nous le dire
24:00qu'à l'époque
24:01vous devez recevoir
24:02beaucoup de témoignages
24:04anonymes
24:05de personnes qui disent
24:06savoir
24:07des gens qui essaient
24:08de vous approcher
24:09pour vous donner
24:10une vérité.
24:11Tout ça, c'est très compliqué
24:12à gérer
24:12quand on est une famille
24:13de victimes, Stéphanie.
24:15Tout à fait.
24:16Tout à fait.
24:17Parce qu'il y a
24:18plusieurs informations
24:19plusieurs allégations
24:22et qui vont aller
24:23dans des sens
24:23vraiment différents.
24:25Donc pouvoir vraiment
24:26mettre un ordre,
24:27vraiment comprendre
24:28et aussi relater
24:30à tout ce qui s'est passé,
24:31à la nature du crime.
24:32Donc c'est vraiment difficile
24:33et ça demande
24:34beaucoup de soi
24:35pour pouvoir comprendre
24:37et aller de l'avant
24:39avec tout ça.
24:40Je comprends.
24:40Alors là,
24:41on a déjà progressé
24:42de quelques années.
24:43Il n'y a toujours pas
24:43évidemment,
24:44vous n'avez pas de réponse
24:45à la mort de Nadine.
24:47Mais là,
24:48est-ce que votre réflexion,
24:50encore une fois en famille,
24:51moi ce qui m'intéresse
24:52c'est votre famille,
24:52vous et votre famille,
24:54votre réflexion,
24:55est-ce qu'elle a progressé ?
24:56Est-ce que vous vous dites
24:57quelqu'un qui la connaissait,
25:00quelqu'un qui ne la connaissait pas
25:01et finalement,
25:02est-ce qu'on va retrouver
25:03ces personnes ?
25:03Peut-être vous commencez
25:04à douter à ce moment-là.
25:07Au fil du temps,
25:08avec les informations
25:09qu'on a eues,
25:11l'enquête,
25:12les bribes de l'enquête,
25:14on se dit que oui,
25:15on va avancer,
25:16on va trouver
25:17et il y a cette partie
25:19où on sait qu'à Albion,
25:21à ce moment-là,
25:22il y a un Vatevia
25:22et moi-même,
25:24je me souviens
25:25qu'à cette époque,
25:26avant qu'on arrive en 2003,
25:28donc vers fin 2002,
25:29j'empruntais le même chemin
25:30avec des amis
25:31et on entendait au loin
25:33des sifflements,
25:34des personnes
25:35qui parlaient.
25:36Donc,
25:36il y a vraiment
25:37un Vatevia à Albion
25:38et avec le recul,
25:39on se demande
25:40est-ce qu'il y a eu
25:41des gens qui ont épié,
25:43qui ont suivi,
25:44qui l'ont eu en ligne
25:45de mire
25:45et que voilà,
25:46il y a une opportunité
25:47qui se passe.
25:48Donc,
25:48il y a plusieurs possibilités
25:50qui aujourd'hui sont là
25:52et qu'on est toujours
25:53à explorer.
25:54Alors,
25:54bien sûr,
25:55c'est compliqué
25:55de savoir qui était
25:56à ce moment-là
25:57sur les chantiers
25:58avec toutes ces personnes
25:59qui passent.
25:59Finlay Salès,
26:00vous nous aidez
26:01à décrypter cette histoire,
26:02directeur de l'information
26:03à Radio One,
26:04vous connaissiez bien
26:05ce dossier.
26:07Il y a une lueur d'espoir,
26:08c'est l'arrivée
26:09des policiers français,
26:10alors évidemment,
26:11ils ne vont pas résoudre
26:12tous les cold case
26:13de l'île
26:13d'un seul coup,
26:14il n'y a pas
26:14de baguette magique,
26:15mais là,
26:17il y a une prise
26:17de conscience
26:18peut-être un peu supérieure
26:19qu'il faut accélérer,
26:21notamment les expertises ADN,
26:22c'est ça,
26:23Finlay Salès ?
26:24Oui, à peu près ça,
26:26mais comme les policiers français,
26:27comme le Scotland Yard aussi,
26:29à chaque fois,
26:30on nous annonce
26:30que l'enquête
26:32va être relancée,
26:34mais entre-temps,
26:35ce qu'on a oublié de dire,
26:37c'est que les policiers
26:38sont partis,
26:39les enquêteurs ont changé
26:40au fil des années.
26:42Bien sûr.
26:42Quand quelqu'un qui arrive,
26:43il connaît à peine
26:44le dossier,
26:45à la limite,
26:46ouais, ouais,
26:47vous savez comment ça se passe
26:48dans certains commissariats
26:49de police.
26:49Tout à fait.
26:50Donc voilà un peu,
26:50c'est l'indifférence,
26:51c'est l'indifférence totale,
26:53parce qu'il faut dire
26:55que la police
26:55a mal fait son travail
26:57dès le départ
26:58de l'enquête.
27:00Et par la suite,
27:01après la déconvenue,
27:03quand ils étaient obligés
27:05de relâcher Marcelin Asie,
27:07parce que son avocat
27:08a été garde des Sceaux
27:10avant
27:12et garde des Sceaux après,
27:14donc c'est quelqu'un
27:14qui pèse l'eau.
27:15Je vous dis,
27:15c'est quelqu'un
27:16qui se retrouve peut-être
27:17entre Badinter et Moretti,
27:19on peut dire la réputation
27:20qu'il a à l'île Maurice.
27:22Et il a mené une campagne
27:25sur le principe
27:27des droits de l'homme.
27:28Comment Marcelin Asie
27:29n'a pas bénéficié
27:30de toutes les conditions ?
27:31Comment on l'a essayé
27:32de l'enfermer
27:33dans un asile psychiatrique
27:34à Brown-Sacquad,
27:36comme on dit,
27:37et qu'après cinq minutes
27:38de consultation,
27:39on adressait un rapport
27:40sur lui ?
27:41Et Maitre Amarwalayden
27:42a alerté la commission
27:44des droits de l'homme
27:45sur ce qu'elle a justement.
27:46Donc, la police
27:48s'est agrippée
27:49à n'importe quelle paille
27:50entre-temps
27:51pour essayer
27:52de se rattraper
27:54sur les carences
27:56de cette enquête
27:57qui est partie
27:57dans tous les sens.
27:58Ils ont même accordé
27:59de foi
28:00à une espèce
28:01de médium
28:02qui a cru entendre
28:03des voix
28:04et qui a mis en cause
28:05le beau-père.
28:06Vous posez la question,
28:07on sait qui n'a pas tué
28:11Nadine Dantier ?
28:12C'est-à-dire le premier suspect,
28:14Marcelin Asie,
28:15le petit ami,
28:16Bruno Tadebois,
28:17et le beau-père,
28:18Jean-Yvon Dantier.
28:20Ils ont dû vivre
28:21à chacun
28:22un véritable cauchemar
28:23parce que la police
28:24n'a pas fait son boulot.
28:26Et oui,
28:26et ça,
28:26c'est absolument
28:27terrifiant.
28:29Stéphanie Dantier,
28:30un mot là-dessus.
28:31Vous vivez,
28:31encore une fois,
28:32ces espèces
28:32d'ascenseurs émotionnels.
28:34le fait que la police
28:36ne trouve rien,
28:38encore une fois,
28:39est-ce que vous dites
28:41que ça suffit maintenant,
28:41il faut faire autre chose,
28:42il faut chercher autre chose,
28:43mais vous n'avez pas,
28:44vous êtes impuissant
28:45dans la famille
28:45devant ça ?
28:47Tout à fait,
28:48tout à fait.
28:49Donc,
28:49c'est à ce moment-là
28:51que mes parents
28:52sont,
28:53allons dire,
28:54presque tous les jours
28:55avec les enquêteurs
28:57à vraiment
28:58à ce qu'on voit
28:59quelque chose de plausible,
29:00à avoir une piste solide.
29:03Et ça nous a fait
29:04épuise.
29:05Et même avec la,
29:07je reviens
29:08sur l'exhumation
29:09qu'on a demandée,
29:10donc c'était une
29:12des options
29:12qu'on a explorées
29:14qui malheureusement
29:15n'a rien donné,
29:17mais on voulait
29:17explorer
29:18toutes les opportunités,
29:20toutes les avenues
29:21qui pouvaient donner
29:22des réponses.
29:23Et croyez-moi,
29:24il fallait s'accrocher
29:25le cœur à ce moment-là.
29:26Il fallait faire face
29:28à tout ça
29:28et aller de l'avant
29:30parce que notre objectif,
29:32qui est d'ailleurs
29:33toujours notre objectif,
29:34c'est de faire justice
29:35à Nadine.
29:36Bien sûr,
29:37et de connaître la vérité.
29:38Après huit ans d'enquête,
29:39une nouvelle lettre anonyme.
29:42Nadine Dantier,
29:43la lettre dans le cercueil.
29:44Les deux collègues
29:45avaient bu,
29:46ils ont décidé
29:46de suivre la fille.
29:48Je n'ai jamais rien dit,
29:49je ne voulais pas
29:49avoir de problème.
29:51L'enquête de l'heure du crime.
29:52On se retrouve
29:52dans un instant
29:53sur RTL.
29:53Jean-Alphonse Richard
29:55sur RTL.
29:56C'est l'heure du crime
29:57jusqu'à 15h.
29:59L'heure du crime
30:00jusqu'à 15h
30:02sur RTL.
30:04Retour aujourd'hui
30:05dans l'heure du crime
30:05sur l'affaire Nadine Dantier.
30:07Cette jeune étudiante
30:0820 ans
30:08a été assassinée
30:09sur l'île Maurice
30:10à l'été 2003.
30:11L'enquête semble avoir
30:12épuisé toutes les pistes.
30:14Le corps de la victime
30:15a même été exhumé.
30:16Huit ans plus tard,
30:17une lettre anonyme
30:18sème le doute.
30:21Vendredi 13 janvier 2012,
30:22l'auteur anonyme
30:24d'une lettre adressée
30:25à la police
30:25de l'île Maurice
30:26mais aussi
30:27à une radio locale
30:28Radio One
30:29assure qu'il a été
30:30témoin du viol
30:32et du meurtre
30:33de Nadine Dantier.
30:34Des détails étonnants
30:35sont relatés.
30:36Le scripteur
30:37se présente
30:38comme un ouvrier maçon.
30:39Il désigne deux
30:40de ses collègues
30:41comme les auteurs du crime.
30:42Ce jour-là,
30:43les trois hommes
30:44ont fini de travailler
30:45plus tôt que d'habitude.
30:46Ils ont pris le bus
30:47en milieu d'après-midi
30:48pour descendre
30:49à l'arrêt
30:49du village d'Albion.
30:51Des œuvrés,
30:51ils ont consommé
30:52de l'alcool.
30:53Après un bon moment
30:54passé sur place,
30:55les maçons
30:56auraient vu passer
30:57une jeune femme
30:57tout juste descendue
30:59du bus.
31:00Les deux collègues
31:01auraient décidé
31:02de la suivre.
31:03L'auteur de la lettre
31:03dit être rentré chez lui.
31:05Ce n'est que le lendemain
31:06qu'il a fait
31:07le rapprochement
31:08entre la fille du bus
31:09et la découverte
31:10du corps à Albion.
31:11Je n'ai jamais rien dit
31:12car je ne voulais pas
31:13de problème.
31:14Je voulais aller
31:15m'installer à l'étranger,
31:16écrit-il.
31:17Un des suspects
31:18serait un certain
31:19vicache,
31:20teint clair,
31:20yeux gris,
31:21chef d'équipe.
31:22L'autre est décrit
31:23comme un individu
31:24porteur d'une barbe.
31:25Aucun suspect
31:26identifié,
31:27les vérifications
31:28ne donnent rien.
31:30Mercredi 3 novembre 2021,
31:32Caroline Dantier,
31:34la maman de Nadine,
31:35en visite
31:36sur la tombe
31:36de sa fille,
31:37a la tragique surprise
31:38d'y trouver
31:39un écrit-tour en bois
31:40avec les noms
31:41des deux présumés
31:42auteurs du crime.
31:43Deux hommes connus
31:44de la justice,
31:45l'un d'eux a d'ailleurs
31:46été longuement interrogé.
31:48A plusieurs reprises
31:49par les enquêteurs,
31:50les autorités penchent
31:51pour une annonce
31:52de mauvais goût.
31:54Peu avant le 10 août 2023,
31:56qui aurait marqué
31:57le 41e anniversaire
31:59de la jeune femme,
32:01les proches sont reçus
32:02au commissariat
32:02des grandes casernes.
32:04Une nouvelle équipe
32:05spécialement chargée
32:06des cold case
32:06est chargée
32:07de reprendre
32:08les investigations
32:09sur le cas
32:10Dantier.
32:11Nouvelle équipe,
32:14nouveaux espoirs,
32:15pourquoi pas,
32:15il faudra voir
32:16ce que donne
32:17effectivement
32:17ce travail
32:18d'enquêteurs
32:19qui vont relire
32:20et reprendre
32:20tout le dossier.
32:21C'est souvent d'ailleurs
32:21comme cela
32:22que les dossiers
32:23arrivent à prospérer
32:24et arrivent à aboutir.
32:26Finlay Salès,
32:27on vous retrouve
32:28dans cette heure du crime.
32:29Merci d'être avec nous,
32:29directeur de l'information
32:30à Radio One.
32:32Alors,
32:32vous allez peut-être
32:33me démentir,
32:33mais Finlay Salès,
32:35lorsque je vois
32:36cette lettre anonyme
32:37qui a reçu votre radio,
32:39il y a eu Radio One,
32:39et qui a reçu
32:40les policiers,
32:42avec cette description
32:43des maçons
32:44qui auraient agressé
32:45cette jeune femme
32:46dans un terrain vague,
32:48pas très loin
32:49de chez elle.
32:50Je ne sais pas pourquoi,
32:51mais j'ai l'impression
32:52que c'est crédible.
32:53Est-ce que vous êtes
32:53d'accord avec ça
32:54ou pas du tout ?
32:56Non,
32:56pas totalement,
32:57parce que j'ai le sentiment
32:58que c'est moi-même
32:59qui ai reçu la lettre
33:00à l'époque,
33:01parce que j'animais
33:02une émission
33:03qui s'appelait
33:03Enquête en direct.
33:04Il y a eu tellement
33:05de dénonciations,
33:07tellement de fausses pistes,
33:09tellement de médiums
33:10qui se sont manifestés,
33:12un peu comme
33:12dans l'affaire Grégory
33:13chez vous.
33:13Tout à fait.
33:14Imaginez,
33:15tout le monde
33:15connaît l'affaire,
33:16tout le monde
33:17a des opinions.
33:18Nous avons pris la lettre
33:19avec beaucoup
33:20de circonspections.
33:22D'ailleurs,
33:22on a eu raison
33:23parce que par la suite,
33:25même les enquêtes
33:26qui ont été menées
33:27sur les protagonistes
33:29mis en cause
33:30dans la lettre,
33:31ça n'a absolument
33:32rien donné.
33:34Ça,
33:34c'est ce qu'on sait,
33:35mais tous les jours,
33:36on recevait
33:36des appels téléphoniques,
33:38les salles de rédaction
33:40recevaient des appels téléphoniques
33:42de dénonciations,
33:43etc.
33:44On ne pouvait pas
33:45mettre un terme
33:45à tout ça.
33:46Je comprends.
33:46Phinex Lallès,
33:47alors un mot,
33:48vous l'avez très bien décrit
33:49tout à l'heure,
33:49cette population très mouvante
33:51qu'il y a à l'époque
33:51sur des chantiers divers
33:53et variés
33:53autour de ce village d'Albion,
33:56ce village si tranquille,
33:57on bâtit des maisons,
33:58il y a des chantiers
33:58un peu partout.
34:00C'est quasiment rechercher
34:01une aiguille
34:02dans une botte de foin
34:03que de rechercher
34:03un des ouvriers
34:04parce qu'il y a beaucoup
34:04d'ouvriers,
34:05je suppose,
34:05qui soit n'avaient pas de papier,
34:07soit travaillés au noir,
34:09enfin, etc.
34:09C'est un peu compliqué,
34:10non, Phinex Lallès ?
34:12Oui, disons,
34:12à l'époque,
34:13il n'y avait pas
34:13de la main-d'oeuvre étrangère.
34:15C'est certainement exclusivement
34:17des Mauriciens
34:18qui ont travaillé.
34:19Mais la police
34:20n'a jamais,
34:21jamais pris la peine,
34:23par exemple,
34:24comme on voit
34:25dans les séries Netflix,
34:26comment c'est un travail
34:27de fourmi qui est fait,
34:29d'aller voir
34:30tous les chefs de chantier
34:31prendre les noms,
34:34c'est ce que j'aurais fait,
34:35prendre les noms,
34:36etc.,
34:37et essayer de remonter
34:38la piste,
34:39même si on doit prendre
34:4020 ans pour le faire.
34:42Sauf que là,
34:43on a,
34:43écoutez,
34:44ils vont aller interroger
34:46les témoins,
34:47ça ne les intéressait pas
34:48du tout
34:48parce qu'ils croyaient
34:50avoir sous la main
34:50un premier suspect,
34:52un deuxième,
34:53un troisième,
34:53un quatrième.
34:54Vous êtes la voix
34:55de la raison
34:55parce qu'effectivement,
34:56c'est exactement
34:56ce que je pense.
34:57Il n'y a pas eu
34:57une enquête digne
34:58de ce nom
34:58qui a été menée.
35:00Il fallait aller chercher
35:01qui était sur ces chantiers,
35:02retrouver les gens
35:04qui étaient payés
35:04pour faire ces jobs,
35:06qui étaient là,
35:07qui venaient ce jour-là.
35:08Enfin,
35:09ce n'est pas non plus
35:09une tâche énorme.
35:13Stéphanie Dentier,
35:14évidemment,
35:14vous,
35:14la famille subit tout ça,
35:16elle subit
35:16cette absence
35:17d'enquête sérieuse
35:18et de vérification
35:19digne de ce nom.
35:21Vous êtes la sœur
35:21de Nadine Dentier.
35:23Vous êtes avec nous
35:23depuis le début
35:24de cette émission.
35:26Je pense à votre maman
35:27parce que votre maman,
35:28elle a découvert,
35:29y compris sur la tombe
35:30de sa fille,
35:31sur la tombe de Nadine,
35:33un mot avec des inscriptions
35:34qui donnaient
35:36des présumés coupables.
35:39Pour elle,
35:39c'est terrifiant
35:40ce qui se passe
35:40parce que même
35:41jusqu'au cimetière,
35:42il n'y a plus
35:42aucune tranquillité,
35:43plus aucune intimité.
35:46Effectivement.
35:47Et ma maman
35:47se retrouve
35:48à espérer
35:50et voilà,
35:51une autre piste
35:52qui tombe.
35:53Donc,
35:53c'est vraiment difficile
35:54pour elle
35:55et c'est encore difficile
35:56aujourd'hui.
35:57Mais n'empêche
35:58que l'espoir
35:59est toujours là
36:00et comme l'a bien
36:01dit Finney,
36:02c'est inadmissible
36:03aujourd'hui
36:04qu'une jeune fille
36:05de 20 ans
36:06fasse la vie
36:07sauvagement
36:07et ce crime
36:08reste toujours impuni.
36:10Donc,
36:11définitivement,
36:12nous espérons
36:13faire la lumière,
36:15connaître la vérité
36:16et je pense
36:18que pas que la famille,
36:19donc il y a
36:19toute la population
36:20mauricienne aussi
36:21qui attend des réponses,
36:23mais l'espoir est là
36:24et on ne lâche rien
36:26et on ne baisse pas
36:27les bras.
36:28Oui,
36:28et ça,
36:28c'est une bonne chose.
36:29Vous avez beaucoup
36:30de courage,
36:30effectivement,
36:31parce qu'il faut porter
36:31cette histoire
36:33en famille
36:34et c'est parfois
36:34pas si simple
36:35et là,
36:35en tout cas,
36:36c'est extrêmement compliqué,
36:38évidemment,
36:38avec l'histoire
36:39qu'on raconte
36:39depuis le début
36:40de cette heure du crime.
36:4122 ans après,
36:44une visite,
36:45celle des policiers
36:45de Scotland Yard.
36:47Nadine Dantier,
36:48la lettre dans le cercueil.
36:50Je souhaite qu'un jour
36:51la police mette enfin
36:52la main sur le bourreau
36:53de ma fille
36:54à l'enquête
36:55de l'heure du crime.
36:56Je vous retrouve
36:56tout de suite sur RTL.
36:5814h, 15h,
36:59c'est l'heure du crime
37:00sur RTL.
37:02Jean-Alphonse Richard.
37:04L'heure du crime.
37:05Jusqu'à 15h
37:06sur RTL.
37:07Dans l'heure du crime,
37:09aujourd'hui,
37:09la mort inexpliquée
37:10de Nadine Dantier
37:11sur l'île Maurice
37:12en juin 2003.
37:13Cette étudiante
37:14avait été attaquée,
37:15violée et étranglée.
37:17Aucun coupable
37:17retrouvé malgré
37:18des centaines de pistes.
37:2022 ans plus tard,
37:21des experts anglais
37:22sont sur place.
37:25Mardi 17 juin 2025,
37:28deux officiers
37:28de Scotland Yard
37:29viennent prêter assistance
37:30à la police mauricienne
37:32à propos de quatre
37:33cold case.
37:34L'assassinat
37:34d'une irlandaise
37:35dans une chambre
37:36d'hôtel
37:37doit être ainsi examinée.
37:39Il faut que justice
37:40soit rendue
37:41pour tous ceux
37:41qui ont perdu un proche
37:42dans des circonstances
37:44douteuses,
37:45déclare officiellement
37:46le premier ministre
37:48de l'île Maurice
37:49à l'Assemblée.
37:51La famille Dantier
37:52n'a jamais pu faire son deuil
37:54de la disparition
37:54de Nadine.
37:56Sa mère Caroline
37:56conserve sur son bureau
37:58un poème
37:59en sa mémoire.
38:00« Je souhaite qu'un jour,
38:01la police
38:02mette enfin la main
38:03sur le bourreau
38:04de ma fille »,
38:06va répéter
38:07sans cesse
38:08la maman.
38:09La fascinat
38:10de Nadine
38:11ne peut rester impunie.
38:12Nous n'avons cessé
38:13de nous battre
38:14pour faire jaillir
38:15la vérité.
38:16Mais 21 heures après,
38:18oui,
38:18on a de l'espoir.
38:19L'espoir est toujours présent.
38:20On invite toute personne
38:22chez cette petite
38:23de faire avancer
38:24l'enquête
38:24de se manifester.
38:27La voix de Caroline Dantier,
38:28c'est la maman
38:29de Nadine
38:30qui lançait un appel
38:31à témoins
38:32sur la radio MBC
38:33à Maurice
38:33en août 2024.
38:35Évidemment,
38:36on pense beaucoup
38:37à Caroline Dantier,
38:38la maman
38:38qui, depuis des années,
38:40cherche la vérité
38:41dans cette histoire.
38:41Stéphanie Dantier,
38:43évidemment,
38:44vous entendez
38:44la voix de votre maman
38:46qui a dû vous répéter
38:47des dizaines de fois
38:48qu'elle souhaitait
38:49la vérité,
38:50qu'elle attendait
38:51cette vérité.
38:52Elle lançait
38:53un appel à témoins.
38:54J'ai envie de dire
38:54un de ces appels à témoins.
38:56Aujourd'hui,
38:56vous avez vous aussi
38:57envie, je pense,
38:59de lancer
39:00cet appel à témoins.
39:01Effectivement,
39:02merci,
39:02merci Jean-Alphonse
39:03pour vraiment
39:04nous accorder
39:05un bon moment
39:06pour cette émission.
39:08Donc,
39:08effectivement,
39:09aujourd'hui,
39:10nous avons une équipe
39:11mauricienne
39:12de la police
39:12qui s'occupe
39:13exclusivement
39:14de l'enquête
39:14de Nadine.
39:15Donc,
39:16nous espérons
39:16vraiment que cela
39:18amènera
39:18des réponses
39:19et on a gardé
39:20une constante
39:21communication
39:21avec les enquêteurs
39:23et c'est pour ça
39:25d'ailleurs
39:25que l'année dernière,
39:26nous avons fait
39:27un appel à témoins
39:28que je veux
39:29réitérer aujourd'hui.
39:30Bien sûr,
39:30allez-y.
39:31Nous sommes convaincus
39:32que définitivement,
39:33il y a des personnes
39:35qui savent
39:35et il y a des souvenirs,
39:38il y a des personnes
39:39qui ont des informations
39:41qui sont susceptibles
39:42d'aider.
39:43Donc,
39:44peu importe
39:45l'information,
39:46le moindre détail
39:47peut être utile.
39:48Donc,
39:49on a deux numéros
39:50du téléphone,
39:52le 5-259-50-83,
39:56le 468-65-74.
39:59Donc,
40:00je vais le répéter,
40:01le 5-259-50-83
40:04et le 468-65-74.
40:09donc,
40:11les deux numéros
40:12de téléphone
40:12sont à la disposition
40:14et on nous relaie
40:16toutes informations
40:17qui sont communiquées
40:18sur ces deux numéros
40:19de téléphone.
40:21Donc,
40:21il y a une récompense
40:23aussi
40:23qui est mise
40:24à disposition.
40:26Donc,
40:26on fait appel
40:27à n'importe qui
40:28qui accepte
40:29enfin de parler,
40:30qui a des informations,
40:32qui peut donner
40:34un détail,
40:34qui peut changer tout.
40:35donc,
40:37faites ces numéros
40:38et on reviendra vers vous.
40:40Bien sûr,
40:40et on va mettre
40:41ces numéros
40:42sur le site
40:42de l'heure du crime.
40:43Évidemment,
40:44vous pourrez y accéder
40:45si vous habitez
40:46l'île Maurice
40:47et que vous avez
40:48effectivement eu vent
40:49de cette histoire
40:49à l'époque.
40:50que si vous savez quelque chose
40:51ou si on vous a raconté
40:52quelque chose,
40:53il ne faut pas hésiter
40:54à venir témoigner.
40:56Finlay Salès,
40:57on écoute évidemment
40:59ce que dit Stéphanie Dantier
41:00et elle a totalement raison
41:02parce que cette histoire
41:03de Nadine Dantier,
41:04elle ressemble à plein
41:05d'histoires de cold case
41:07où effectivement
41:08les familles
41:08viennent lancer des appels.
41:10On en a beaucoup,
41:11nous, ici,
41:11dans l'heure du crime.
41:12Quelqu'un sait,
41:13quelque part,
41:14Finlay Salès,
41:14ça,
41:15on en est convaincu.
41:15Il y a quelqu'un
41:16qui a des réponses
41:18à ces questions
41:19que pose ce crime.
41:21Alors,
41:21il le met à trier lui-même.
41:23Bien sûr.
41:23Alors, moi,
41:23je crois qu'il y a
41:24une petite lueur d'espoir
41:26avec la décision
41:27du Premier ministre
41:28de faire appel
41:29à l'expertise étrangère.
41:31Pas plus tard
41:32qu'hier,
41:33une loi a été votée
41:35à l'Assemblée nationale
41:36pour amender
41:38The Police Act,
41:39c'est-à-dire
41:39les règlements intérieurs
41:40de la police,
41:42pour permettre justement
41:43à la police
41:44de faire appel
41:45aux experts étrangers
41:46pour venir donner
41:47un coup de main
41:48pour prêter assistance
41:49dans les enquêtes.
41:50Et bon,
41:50il est évident
41:51que la démarche
41:52du Premier ministre,
41:53Naveen Ramgoulam,
41:55est d'abord politique
41:56parce qu'elle veut
41:57régler une fois pour toutes
41:58un assassinat d'État
42:00qui a été commis
42:02il y a quelque temps
42:04de cela
42:05sous le précédent régime
42:07où la police
42:09a maquillé,
42:10a maquillé en suicide
42:12un crime,
42:13un assassinat.
42:14et ça a été dénoncé
42:15par le magistrat
42:17lui-même.
42:17Vous vous rendez compte ?
42:18C'est ce que dit
42:19le Premier ministre,
42:20il dit ça suffit
42:21ce genre de pratiques,
42:22c'est plus possible,
42:23il faut avancer
42:24et il faut se donner
42:25les moyens
42:25d'avancer.
42:27Selon vous,
42:28Finlay Salès,
42:28c'est une question
42:29très compliquée
42:30que je vous pose
42:30mais je la poserai aussi
42:31à Stéphanie
42:32dans un moment,
42:33qui a tué Nadine
42:35selon vous ?
42:36Est-ce que c'est quelqu'un
42:37qu'elle connaissait
42:40et peut-être
42:40qu'il a abordé
42:41ou bien c'est
42:42une très mauvaise rencontre ?
42:46Tout est possible
42:47dans ce genre
42:48de situation.
42:49Compte tenu
42:49que c'était
42:50une belle jeune fille,
42:52une figure emblématique
42:54de la moyenne bourgeoisie
42:56d'Albion,
42:57Claire de Teint,
42:58il faut souligner ça
43:00parce que ça provoque
43:01souvent des fantasmes.
43:04Tout est possible,
43:05toutes les options
43:06sont possibles.
43:07Est-ce que la police
43:08a interrogé
43:09le chauffeur du bus
43:10par exemple
43:10ou les bus
43:11qui faisaient la navette
43:13sur cet arrêt-là ?
43:14Voir qui sont ceux
43:15qui étaient les réguliers
43:16et qui descendaient
43:17en même temps
43:17que Nadine Dantier ?
43:18Sans avoir suivi
43:19des formations,
43:20on sait qu'il faut
43:21faire tout ça
43:21et ça n'a pas été fait
43:23malheureusement.
43:24Alors,
43:24qui a tué Nadine Dantier ?
43:26Ça va rester
43:27comme un grand mystère,
43:28comme le double suicide,
43:30le double faux suicide
43:31de Bassin Blanc.
43:32Ils nous ont fait accroire
43:34qu'un jeune couple
43:35s'était suicidé
43:36alors qu'on sait
43:37que c'est un crime
43:38et qu'il cache
43:39des virilités politiques
43:41encore une fois.
43:42Alors ça,
43:42c'est encore une autre histoire
43:43mais effectivement,
43:44vous avez raison de dire
43:45que le voile
43:46va peut-être se lever
43:46un jour sous cette histoire
43:47mais pour l'instant,
43:48ce n'est pas le cas.
43:49Stéphanie Dantier,
43:51je termine cette émission
43:51avec vous.
43:52Elle s'est défendue,
43:53votre sœur ?
43:54Elle n'a pas voulu
43:55se laisser faire
43:55par cet homme
43:56ou ces hommes
43:57qui l'ont agressée ?
43:58Ça veut dire
43:58qu'en aucun cas,
44:01elle était avec quelqu'un
44:02peut-être qu'elle connaissait ?
44:04C'est peut-être
44:04une agression
44:05très fortuite
44:06et très violente ?
44:08Voilà,
44:08donc elle s'est défendue,
44:10donc on a eu
44:11des évidences de cela.
44:13Donc,
44:13c'est peu probable
44:14que ce soit
44:15quelqu'un
44:16qu'elle connaissait.
44:18Donc,
44:18il y a
44:19plusieurs possibilités
44:21comme mentionné
44:22par Finlay
44:22mais
44:23il est probable aussi
44:25que ce soit
44:26une rencontre
44:27malencontreuse
44:28et qui a suscité
44:29des pulsions
44:31mais
44:31nous attendons
44:34d'avoir plus
44:35d'évidence,
44:36nous attendons
44:37vraiment
44:37des pistes solides
44:38pour pouvoir
44:39aller de l'avant
44:40et nous,
44:42on est là,
44:43on est avec
44:43les enquêteurs
44:44donc on attend
44:45d'avoir des réponses,
44:46on attend d'avoir
44:47la justice pour Nadine
44:48et elle avait droit
44:50à la vie
44:50et ce n'est pas possible
44:52que nous sommes encore
44:54dans le même état
44:55qu'il y a 22 ans
44:56donc on veut avoir
44:57des réponses
44:57de tout ça.
44:58Et on souhaite
44:59évidemment avec vous
45:00Stéphanie
45:01d'avoir que le voile
45:02se lève
45:03sur cette affaire.
45:04Merci beaucoup
45:05Stéphanie Dentier
45:06et Finlay Salès
45:07d'avoir été
45:08les invités
45:08de l'ordre du crime.
45:09Merci à l'équipe
45:10de l'émission
45:10et d'actrices en chef
45:11Justine Vigneault,
45:12préparation Lisa Canalès,
45:13Pauline Descillons,
45:14réalisation Nicolas Gauthier.
45:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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