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  • il y a 6 heures
Marie-France Pisier, 66 ans, actrice et comédienne, deux Césars. Au printemps 2011, on retrouve son corps immergé dans la piscine de sa villa varoise. Curieuse noyade qui laisse pompiers, gendarmes, légistes et magistrats perplexes. Depuis quinze ans, un voile de mystère drape cette mort au petit matin.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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00:05C'est des chaises en fer forgé qui sont très lourdes et il y en a une du coup dans
00:10laquelle le corps de Marie-France Pizier est comme lesté. Comment on peut tomber dans une piscine
00:15enchevêtrée ainsi dans une chaise ? Bonjour, Marie-France Pizier, 66 ans, actrice aux deux
00:23Césars. Au printemps 2011, son corps est retrouvé immergé dans la piscine de sa villa varoise.
00:30Curieuse noyade qui laisse pompiers, gendarmes, légistes et magistrats perplexes. Depuis 15
00:36ans, un voile de mystère drape ainsi cette mort au petit matin. Accident, suicide, meurtre,
00:41que s'est-il vraiment passé ? Marie-France Pizier, le scénario introuvable, l'heure du crime.
00:47La seule émission Radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
00:55Dimanche 24 avril 2011, 4 heures du matin. L'opérateur des services de secours du Var réceptionne un appel d
01:02'urgence.
01:03Un homme qui dit habiter à Saint-Cyr-sur-Mer à 20 minutes de Toulon déclare. On vient de retrouver
01:09une personne dans une piscine.
01:11Inconsciente ? Demande l'opérateur. Réponse. Plus qu'inconsciente. L'homme précise qu'il s'agit d'une femme. On
01:18ne l'a pas sortie. Il y a un moment qu'elle est là-dedans, apparemment. On l'a retrouvée
01:22en pleine nuit.
01:23La conversation dure deux minutes. L'homme qui vient d'appeler Frédéric K est l'employé comme gardien d'une
01:30grande villa dans le quartier résidentiel de Rampal.
01:34Un quart d'heure plus tard, les pompiers et le SAMU sont sur place. Les sauveteurs se retrouvent sur une
01:40terrasse abritée d'arches qui donne sur la piscine.
01:42Une ombre flotte entre deux eaux. Les pompiers descendent dans l'eau. Ils retirent avec précaution le corps d'une
01:49femme de petite corpulence.
01:50Ils ont du mal car la victime a la tête et les épaules coincées dans une lourde chaise en fer
01:55forgé.
01:56Le corps est enfin déposé sur le bord de la piscine. La femme porte un pantalon, un haut noir des
02:03bottines.
02:04Elle a sur elle ses lunettes de vue et son iPhone. On tente de la ranimer sans succès.
02:09Le corps est transporté dans le fourgon du SAMU jusqu'à l'hôpital Fompré, à Toulon, à 7 heures.
02:15Les médecins déclarent officiellement Marie-France Pizier, 66 ans, comédienne, décédée.
02:21Le procureur adjoint, Pierre Cortès, ouvre alors une enquête pour recherche des causes de la mort.
02:28Les gendarmes interrogent le gardien de la villa de Saint-Cyr-sur-Mer. C'est lui qui a appelé les
02:32secours.
02:33Frédéric K raconte avoir été réveillé peu après 3h30 par le mari de Marie-France Pizier.
02:39Thierry Fink-Brentano, hurlé et tambouriné à sa porte. Ensemble, ils sont partis à la piscine.
02:47Marie-France Pizier était dans l'eau. Le mari lui a dit qu'il valait mieux ne toucher à rien
02:53car il n'y avait plus rien à faire.
02:55Il valait mieux laisser faire les pompiers.
02:57Thierry Fink-Brentano, 63 ans, est entendu. Il apparaît dévasté. Il répète en boucle qu'il est en plein cauchemar.
03:06Au gendarme, il confie. J'ai d'abord hésité à plonger. Je me suis ravisé parce que mon épouse était
03:12complètement inerte et qu'il n'y avait aucune bulle qui remontait en surface.
03:16Il poursuit. J'ai compris que manifestement cela ne venait pas de se passer.
03:21L'incongruité de cette chaise en dessus de mon épouse m'a peut-être aussi fait dire qu'il valait
03:28mieux que je ne touche à rien.
03:29Le mari explique qu'il a tenté en vain de ramener le corps et la chaise vers le bord avec
03:35une perche de piscine en vain.
03:37La perche s'est cassée. Sur procès verbal, Thierry Fink-Brentano raconte la soirée de la veille en compagnie de
03:42l'épouse.
03:43Ils ont pris un apéritif, whisky pour lui, Campari Périer pour elle.
03:47Ils ont dîné, des pâtes à l'encre de sèche. Ils ont bu une bouteille de rosée.
03:52Lui s'est couché vers 23h. Marie-France est restée dans le salon devant la télé.
03:56Vers 3h du matin, il s'est réveillé. Il a réalisé que sa femme n'était pas dans le lit.
04:02Il est descendu au rez-de-chaussée. La télé était éteinte.
04:06Marie-France n'était pas là. Il est sorti sur la terrasse. Il a vu l'ombre dans la piscine.
04:11C'était elle, morte ici sans doute depuis un bon moment.
04:14Le mari n'a trouvé ni mots, ni lettres, ni objets laissés dans le salon ou la terrasse.
04:20Les premiers résultats de l'autopsie menés à Toulon par le docteur Jean-Henri Rivollet ne sont guère concluants.
04:26Impossible d'affirmer que Marie-France Pizier est décédée par noyade.
04:30Elle n'avait que très peu d'eau dans les poumons.
04:33Le procureur adjoint de Toulon fait toutefois remarquer que 20% des noyades sont dites blanches,
04:39c'est-à-dire sans avaler d'eau.
04:40L'actrice ne porte pas de traces de coups ou de griffures.
04:44Les hématomes sur son corps sont dus aux efforts des pompiers pour l'extraire de la chaise en fer forgé.
04:49La justice attend désormais les analyses toxicologiques pour voir quelle suite pourrait être donnée à l'enquête.
04:57Marie-France Pizier, l'une des actrices françaises les plus connues.
05:02Évidemment, sa mort défraie tout de suite la chronique et les questions ne manquent pas.
05:06On va voir que ce décès fourmille d'anomalies, de bizarreries.
05:10Est-ce qu'on peut pour autant parler de crime ?
05:12D'abord, c'est bien trop tôt.
05:13Et puis, on va voir ce que vont donner les constatations des gendarmes.
05:17Et puis, des médecins.
05:18Ça, c'est très important.
05:20La mort d'une célébrité, Marie-France Pizier, c'est un nom important du cinéma français.
05:26Bonjour, Vincent Perrault.
05:27Bonjour, Jean-Alphonse. Bonjour à tous.
05:29Merci beaucoup d'être avec nous.
05:30Vous avez évidemment, on vous connaît très bien sur RTL.
05:32Vous animez plusieurs émissions.
05:34Vous êtes spécialiste du cinéma et documentariste.
05:36Et vous connaissiez très bien Marie-France Pizier.
05:38On va y revenir, mais juste un petit mot.
05:40En deux mots, la carrière de Marie-France Pizier, elle est remarquable.
05:44Elle est étonnante.
05:44Elle est absolument remarquable.
05:46Elle est basée sur un cinéma dit d'auteur, de qualité, avec de grands films auprès d'André Téchidi.
05:53Elle était quand même une des sœurs Bronté.
05:54C'est ce qu'on appelle un peu une carrière de cinémathèque qui, de temps en temps, s'évadait vers
05:59le grand public.
06:00Et elle faisait ça.
06:01Elle slalomait avec beaucoup de bonheur et d'intelligence.
06:04Avec deux Césars.
06:05Deux Césars.
06:06Il faut le rappeler, ça n'est pas rien.
06:09Bonjour, Pierre Cortès.
06:11Bonjour, M. Richard.
06:12Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans l'heure du crime, Pierre Cortès.
06:15C'est moi qui vous remercie de votre invitation.
06:17C'est très gentil.
06:19Évidemment, votre regard sur cette affaire, il est important.
06:21Parce qu'à l'époque, vous êtes aux premières loges.
06:23Vous êtes le procureur de la République adjoint à Toulon.
06:26Vous vous souvenez du moment où vous avez été averti de ce décès ?
06:31Vous avez déclenché cette enquête.
06:34Oui, alors j'ai quand même un souvenir assez précis.
06:36C'était un dimanche.
06:37Nous sommes le 24 avril 2011.
06:41Je ne suis pas de permanence en première ligne.
06:43C'est donc un collègue qui me fait un compte rendu.
06:45Et très rapidement, je décide de prendre en charge ce dossier.
06:49Car j'en perçois effectivement le caractère assez sensible.
06:52Il y a quelques éléments qui interrogent, bien sûr, a priori.
06:55Et je lance donc une enquête dans un cadre très précis.
06:58C'est celui de la recherche des causes de la mort.
07:01Je peux vous en dire un mot si ça vous...
07:03Allez-y, un petit mot.
07:04Alors, c'est une enquête particulière qu'on pourrait considérer comme une enquête neutre.
07:09C'est-à-dire que c'est un article 74 du Code Procédur Pénal.
07:13Ça n'a pas d'intérêt, évidemment, de retenir cet article-là, sauf à savoir ce qu'il contient.
07:17Il nous dit qu'en présence d'un cadavre, de la découverte d'un cadavre,
07:22que ce soit une mort violente ou pas,
07:24et lorsqu'on n'a pas d'idée sur la cause de cette mort,
07:27qu'elle soit suspecte ou même, la loi dit, qu'elle soit inconnue.
07:30C'est pour ça que je parle de neutralité, si vous voulez,
07:34dans l'approche de ce type d'affaires.
07:36Alors, on peut mettre en œuvre un certain nombre d'investigations
07:39qui ne préjugent pas, évidemment, de l'existence d'une infraction,
07:42d'un crime ou d'un délit,
07:43mais qui est simplement, en tout cas dans un premier temps,
07:46pour essayer d'approcher les causes de la mort
07:48et de faire des hypothèses qu'ensuite on vérifie.
07:51Tout à fait.
07:52Je vous poserai après la question sur peut-être vos premiers doutes et vos premières questions.
07:56Moi, je voudrais qu'on interroge aujourd'hui le docteur Bernard Marc.
07:59Bonjour docteur.
08:00Bonjour.
08:01Merci beaucoup d'être avec nous.
08:02Vous êtes médecin légiste, vous êtes l'auteur de nombreux ouvrages.
08:05Vous avez suivi beaucoup, beaucoup d'affaires criminelles.
08:08Alors, évidemment, vous n'avez pas, je le précise,
08:10vous n'avez pas autopsié Marie-France Pizier.
08:13L'autopsie, elle ne peut pas conclure formalement une noyade.
08:16Ça veut dire quoi ?
08:17Cette dame, elle est dans la piscine,
08:18on va se dire tout de suite qu'elle s'est noyée.
08:20Alors, bien évidemment, les corps qu'on va retrouver dans l'eau ne sont pas forcément des corps où la
08:27noyade a été une noyade par inhalation.
08:29Une noyade par inhalation, elle aurait eu beaucoup d'eau, de son vivant, elle aurait inhalé de l'eau qui
08:35aurait rempli les voies respiratoires.
08:37Alors, les causes sont multiples, il peut y avoir un malaise et puis une chute dans l'eau.
08:41Il peut y avoir un traumatisme et cette chute dans l'eau.
08:44Il peut y avoir aussi une hypoxie, c'est-à-dire qu'au contact de l'eau, il y a
08:49un spasme qui se passe,
08:50qui est parfois occasionné par la différence de température,
08:53qui peut être aussi occasionné par le fait que la personne va être dans un état où sa conscience, sa
08:59réactivité est réduite,
09:00notamment par des toxiques qu'elle peut avoir.
09:03Un petit mot encore, docteur Bernard Marques.
09:05La Seine, elle a été beaucoup bousculée à l'arrivée des secours, etc.
09:09On a extrait ce corps de l'eau.
09:11Est-ce que tout ça, c'est préjudiciable pour une autopsie digne de ce nom ?
09:15Alors, bien évidemment, pour l'autopsie en elle-même, il va y avoir des éléments qui vont se surajouter.
09:21Vous parliez tout à l'heure d'hématomes qu'on va attribuer ou qu'on a pu attribuer au secours,
09:27avec une difficulté de savoir si c'est avant que le corps ne tombe dans l'eau
09:32ou après que le corps ait été dans l'eau, qu'elle se soit constituée, par exemple.
09:36Mais aussi, l'intervention des secours fait qu'obligatoirement, sur cette scène qui est au départ une scène de décès,
09:42c'est aussi une scène d'intervention des premiers secours.
09:44Et bien évidemment, il va y avoir des pompiers, des bottes, des gens qui vont descendre dans la piscine.
09:50Donc, on va modifier ce qui serait, au sens criminel, une scène de décès qui devrait être normalement préservée.
09:57Et là, l'intervention pour les secours va polluer les tracés indices.
10:00Oui, et ça, c'est jamais bon pour une enquête, évidemment.
10:02Vous avez raison de le souligner.
10:03Votre expertise, elle nous est précieuse aujourd'hui.
10:06Pierre Cortès, je reviens vers vous, procureur de la République adjoint à Toulon à l'époque.
10:10Alors, tout de suite, est-ce qu'on vous raconte cette histoire de corps qui est pris dans une chaise
10:14?
10:14Une chaise en métal, une espèce de très lourde chaise, ça alerte tout de suite votre attention ?
10:21Oui, bien sûr, c'est un élément qui retient l'attention, c'est évident.
10:27Cela dit, il y a une première explication qui vient à l'esprit.
10:31Elle est naturelle.
10:32De la manière dont cette chaise est placée, ou plus actuellement,
10:35dans la manière dont le corps est engagé dans le sous-bassement de cette chaise,
10:39on peut imaginer que c'est une action volontaire
10:42et que, par conséquent, cette chaise, dont vous avez rappelé qu'elle est effectivement assez lourde,
10:46mais n'est pas très très lourde, elle fait 6 kilos, pour être tout à fait précis,
10:51ça peut évidemment servir de leste pour quelqu'un qui veut effectivement
10:55ne pas être tenté par un réflexe de survie lorsqu'on s'est immergé volontairement dans l'eau.
11:02On a effectivement cette possibilité de se lester de cette manière-là.
11:07On le voit parfois dans des phénomènes de noyade, effectivement.
11:13De l'alcool, des médicaments et un chien qui n'aboie pas.
11:17Marie-France Pizier, le scénario introuvable.
11:20J'ai fait une bêtise de venir ici, l'enquête de l'heure du crime.
11:23On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:25Bonne journée sur RTL.
11:35RTL, votre radio.
11:3914h-15h, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:43L'heure du crime.
11:45L'heure du crime consacrée aux 15 ans de la mort étrange de Marie-France Pizier.
11:49L'actrice, 66 ans, a été retrouvée sans vie dans sa piscine, dans le Var.
11:53Au printemps 2011, malaise, suicide, accident ou meurtre ?
11:58Toutes les hypothèses sont étudiées.
12:01Samedi 30 avril 2011, six jours après son décès,
12:05Marie-France Pizier est inhumée au cimetière de la Guicharde, à Sanary-sur-Mer.
12:09Elle repose à l'aider Pivoine, dans un caveau recouvert ce jour-là de roses blanches et roses,
12:15de lisses, de renoncules et d'hortensias.
12:18Son époux est entouré par leurs deux enfants, Mathieu et Iris,
12:23tous stupéfaits et incrédules face à cette disparition brutale.
12:27L'enquête ouverte au parquet de Toulon pour recherche des causes de la mort continue.
12:33Les analyses toxicologiques n'apportent pas d'éléments capital.
12:36L'alcoolémie de la victime, consécutive à l'apéritif et au repas pris avec le mari,
12:41affiche un taux de 1,63 g.
12:44Marie-France Pizier n'était pas toutefois titubante lorsqu'elle est tombée à l'eau.
12:49Les toxicologues ont détecté également des traces bien présentes d'antidouleurs
12:54et plus lointaines d'antidépresseurs, des taux qui correspondent à des prises normales,
12:59respectant la posologie en aucun cas susceptible d'avoir mis l'actrice en danger.
13:04Les proches ne sont pas surpris par l'ingestion de ces médicaments.
13:08Depuis trois semaines, Marie-France Pizier souffrait d'une sciatique très douloureuse.
13:12Elle avait même hésité à faire le voyage jusque dans le Var pour venir se reposer.
13:16En fin de journée, l'actrice, accompagnée de son époux,
13:20s'était rendue dans une pharmacie à Saint-Cyr-sur-Mer pour y acheter deux boîtes d'antalgiques.
13:25Selon l'Obs, l'actrice avait déclaré à Sylve Demeuse, une amie proche,
13:31qu'elle souffrait beaucoup et avait conclu avec ses mots
13:34« J'ai fait une bêtise de venir ici ».
13:37Les gendarmes rassemblent toutes les informations possibles.
13:40Une équipe de plongeurs inspecte la piscine sans trouver d'anomalies, d'objets ou de traces suspectes.
13:44Les enquêteurs, mais aussi des proches de Marie-France Pizier,
13:48sont intrigués par la présence de la chaise de jardin dans l'eau.
13:52Elle a agi un petit peu à la manière d'une cage, maintenant le corps entre deux os.
13:57Cette chaise en fer forgé ne se trouvait pas au bord de la piscine,
14:01mais de l'autre côté de la maison.
14:02A supposer que l'actrice soit allée la chercher,
14:05elle aurait dû faire beaucoup d'efforts pour la transporter.
14:08Sa douleur au dos aurait dû lui interdire une telle manipulation.
14:11Les gendarmes apprennent aussi que le chien de la famille n'a pas aboyé cette nuit-là.
14:17Or, cet animal, qui s'appelle Booba,
14:20aboie toujours dès que quelqu'un plonge ou tombe dans la piscine, selon le gardien.
14:24Booba dort toujours près de cette piscine.
14:27Il a lui-même deux chiens qui lui répondent dès qu'il aboie.
14:32Cette nuit-là, le gardien n'a rien entendu du tout.
14:35Avec ma femme, cela nous laisse penser que Marie-France aurait pu entrer doucement
14:40et volontairement dans l'eau, estime le gardien sur un procès verbal.
14:44Aucun témoin direct de la scène fatale.
14:47Le scénario de la chute n'est pas établi.
14:50Les gendarmes interrogent les proches et les amis sur les derniers jours de Marie-France Pizier.
14:55Même si elle était d'humeur morose dans la maison varoise à cause du temps plus vieux et de sa
14:59sciatique,
15:00l'actrice se réjouissait de rentrer très vite à Paris.
15:04Une amie lui avait proposé de venir la chercher.
15:06Elle avait tout de suite accepté.
15:08Marie-France Pizier avait appelé un centre de thalassothérapie pour prendre date pour un séjour.
15:13Dans quelques mois, elle devait monter sur scène au théâtre du Rond-Point.
15:16Elle s'en réjouissait.
15:18Elle avait commencé à se plonger dans son texte.
15:21A aucun moment, les enquêteurs notent un événement particulier
15:24ou une rencontre qui aurait pu bouleverser le cours de sa récente existence.
15:31Une enquête dans laquelle ne se dégage aucun élément probant sur la façon dont est morte Marie-France Pizier.
15:36Personne n'a rien vu, rien entendu, il n'y avait pas de témoin.
15:38Et c'est donc le royaume des hypothèses et puis évidemment des rumeurs.
15:42C'est une personne connue, c'est une célébrité Marie-France Pizier.
15:45Donc évidemment tout ça va très vite.
15:46Pourquoi pas d'ailleurs le suicide ?
15:49Est-ce qu'il tient ou pas ce scénario du suicide ?
15:51Ça, ça sera à suivre dans le prochain chapitre de l'émission.
15:55Il faut reprendre le cours des investigations.
15:56Pierre Cortès, vous êtes en première ligne, je l'ai dit à l'époque, dans cette enquête.
16:02Vous étiez procureur de la République adjoint à Toulon.
16:05Alors vous nous avez parlé évidemment de la chaise.
16:08C'est un élément étrange dans cette histoire.
16:10Pourquoi être allé chercher cette chaise lorsqu'on souffre d'une sciatique ?
16:13Pourquoi la transporter ? Il y a aussi le chien qui n'aboit pas.
16:16Ça fait aussi un mystère pour vous, Pierre Cortès, et pour les enquêteurs.
16:21Alors je reprends les éléments qui ont été évoqués dans votre question.
16:25D'abord, la chaise, on en parlait tout à l'heure, effectivement, ça laisse perplexe.
16:29Mais on a déjà la notion d'une chaise qui est utilisée, détournée de son usage habituel,
16:36comme d'un lest, j'allais dire, sous-marin.
16:39Cette chaise, je le disais tout à l'heure, n'est pas si lourde.
16:41Et elle n'est pas de l'autre côté de la maison.
16:43Elle est en réalité rangée avec d'autres chaises.
16:46Elles sont empilées dans un endroit rangé, pas très loin de la piscine, en tout cas sur la terrasse,
16:51parce qu'on avait fait entreprendre des travaux sur cette terrasse.
16:56Et d'ailleurs, l'un des objets de ce déplacement à Saint-Cyr du couple,
17:00c'était de vérifier l'état d'avancement de ces travaux.
17:02Donc, les chaises ne sont pas finalement si loin l'une de l'autre.
17:06Il y en a une deuxième de chaises que l'on retrouve renversée sur la margelle de la piscine.
17:10Là encore, c'est un point d'interrogation qui laisse court un certain nombre d'hypothèses.
17:17Le chien qui n'aboie pas, là, c'est quand même beaucoup plus significatif.
17:23Les gendarmes se sont livrés à une reconstitution, en quelque sorte,
17:27avec la participation de ce chien.
17:29Et ils ont, lors de cette reconstitution, mis en scène un certain nombre de configurations, de situations.
17:37D'abord, on planche dans la piscine.
17:39Là, le chien aboie, c'est clair.
17:41Ensuite, on fait mine de se livrer une altercation au bord de la piscine.
17:45Le chien aboie encore lorsque l'un des protagonistes, tous les deux, tombe dans l'eau.
17:50Et puis, troisième situation que l'on met à l'épreuve,
17:53quelqu'un rentre doucement par les escaliers dans la piscine,
17:57comme pour aller s'y baigner normalement.
17:58Le chien ne dit rien.
18:01On est plutôt porté à penser que c'est la troisième situation qui doit être retenue,
18:06parce qu'elle est vérifiée.
18:08Le chien aboie.
18:09On a vérifié que depuis la chambre où se trouve normalement endormi M. Frank Brentano,
18:16on n'entendait ou n'entendait pas les aboiements du chien.
18:18Normalement, on les entend.
18:20Le chien a un aboiement puissant.
18:22Et puis, vous l'avez dit tout à l'heure, effectivement, le gardien des chiens
18:25qui répond en écho aux aboiements du chien, le fameux chien Bouba.
18:30Rien de ce côté-là n'a alerté l'attention,
18:33ni du voisinage, ni du gardien, ni de M. Frank Brentano.
18:36Donc, vous voyez, on est, par cette vérification qui est quand même assez probante,
18:42on est plutôt porté à penser que ça a été une immersion dans l'eau, dans le calme.
18:49Alors, très bien.
18:49Ok, ça, c'est effectivement un des scénarios qui existe,
18:52parce qu'on peut aussi se poser encore beaucoup de questions.
18:54C'est vrai que si on fait cette émission aujourd'hui,
18:56c'est qu'on n'a pas vraiment les réponses à toutes les questions qui se posent.
18:59Docteur Bernard Marc, médecin légiste et puis auteur, je cite votre dernier livre,
19:05« Violence physique, psychologique, sexuelle, le guide de la prise en charge des victimes ».
19:08Alors, ça, c'est très passionnant.
19:09C'est édité chez SETT.
19:11Et vraiment, on sait comment réagir lorsqu'il y a un accident, une agression, etc.
19:17C'est un petit guide très précieux.
19:20Docteur Marc, alors évidemment, il y a de l'alcool, des médicaments.
19:24Est-ce que c'est un mélange qui pouvait causer, je ne sais pas,
19:28un étordissement majeur de cette femme, un malaise total ou non ?
19:34Alors, à l'évidence, on indique, on le savait, une petite morphologie.
19:381,63 g d'alcool, c'est quelque chose qui ralentit quand même.
19:41La conscience, la réaction, la réactivité de la personne qui donne aussi des troubles de l'équilibre.
19:47Même si elle n'est pas titubante, eh bien, l'équilibre n'est pas parfait.
19:52Et puis, les produits qu'elle utilise sont des produits qui peuvent potentialiser l'action de l'alcool.
19:58S'ils ne vont pas s'ajouter, ils vont se potentialiser, c'est-à-dire se multiplier.
20:01Il y a de l'alcool, il y a aussi des morphiniques.
20:03Les médicaments contre la douleur sont des dérivés morphiniques.
20:06Donc, là aussi, ils ralentissent, réduisent, endorment un peu, diminuent la conscience.
20:11Et puis, il y a des antidépresseurs, certes à des doses thérapeutiques,
20:14pas à des doses très importantes, pouvant occasionner un coma,
20:17mais l'ensemble pouvant abolir, diminuer la vigilance, etc.
20:23et favoriser, effectivement, le fait qu'avec, en plus, un contact avec l'eau,
20:28il y ait un malaise possible, une hypoxie.
20:30S'il explique, cette noyade sans ingestion, parce qu'il y a quelqu'un qui est...
20:34Noyade blanche, c'est ça.
20:35Noyade dite blanche, puisqu'on ne va pas retrouver de l'eau profondément dans les bronches.
20:39Mais en tout cas, c'est une femme qui pouvait être vulnérable à ce moment-là.
20:42Elle était en état de fragilité.
20:44Tout à fait.
20:44C'est ce que vous nous confirmez, docteur Marc.
20:47Vincent Perrault, vous êtes également avec nous dans cette heure du crime, animateur RTL.
20:51Vous êtes le dernier à avoir interrogé Marie-France Pizier longuement, lors d'une interview.
20:58Alors, évidemment, c'était, je crois, une semaine avant le décès, ou...
21:01Oui, un petit peu plus que ça, mais surtout, ce qui m'avait énormément frappé,
21:05c'est qu'un matin, j'étais à RTL, ici, rue Bayard, et un journaliste de VSD m'appelle en
21:12me disant
21:12« Monsieur Perrault, vous étiez avec Marie-France Pizier il y a à peu près 15 jours, une quinzaine de
21:17jours ? »
21:17Je dis « Oui, oui, oui, en effet. »
21:18Vous êtes donc le dernier à l'avoir interviewé ? Point de suspension ?
21:21Je dis « Oui, et alors ? »
21:23« Ah, mais parce que vous n'êtes pas au courant, on l'a retrouvé noyé au fond de sa
21:26piscine hier soir. »
21:29Alors, évidemment, je...
21:30Waouh !
21:31C'est violent, la façon dont on apprend ça.
21:34Et moi, j'avais vu, 15 jours avant, un petit peu plus, une personne dont il était impossible d'imaginer
21:41qu'il pouvait y avoir quelque chose d'intentionnel dans le fait de mettre fin à ses jours.
21:45Comment vous l'aviez senti, à ce moment-là ?
21:46Écoutez, en plus...
21:47C'est important, votre témoignage, parce que vous êtes une dernière personne à l'avoir vue.
21:51Et puis, on s'est vus longuement. J'étais... J'allais de temps en temps en rue Guinemere, chez elle,
21:55qui est un magnifique appartement, qui lui correspondait plein d'œuvres d'art, plein de livres d'art.
22:00Et ce jour-là, on se voyait pour un événement assez enthousiasmant, puisque je venais l'interroger et la filmer
22:06de surcroît.
22:07C'est important, ce n'est pas une interview radio, vous voyez ?
22:09Donc, elle s'était faite belle, elle était bien maquillée, elle était vraiment radieuse, magnifique.
22:14Et je venais la filmer pour un documentaire que j'étais en train de terminer sur Jean-Paul Belmondo.
22:19Et elle a tourné deux films avec lui, Le corps de mon ennemi, dans les années 70, et L'as
22:23des as, au début des années 80,
22:25qui étaient plus des films grands publics que des films d'auteurs qu'elle faisait habituellement.
22:29Et je venais de lui demander de me parler de Belmondo, de lui parler de ses films.
22:33Elle était enthousiaste dans le fait d'en parler.
22:37Alors, je connaissais ses problèmes de santé liés à son cancer il y a quelques années.
22:42Donc, comme toujours, quand on sait quelqu'un malade, on lui dit, Marie-France, est-ce que ça va bien
22:46?
22:46Mais on n'ose jamais, enfin, on y va toujours un peu, ça va pointe des pieds.
22:49Et elle m'a dit, ce n'est pas le top du top, mais ce n'est pas si mal.
22:53Oui, en tout cas, vous avez senti quelqu'un qui était heureux et qui était épanoui.
22:57Absolument.
22:57Il n'y avait pas de signe sombre ou lugubre.
23:00Rien ne laissait présager quelqu'un qui avait des idées noires.
23:03Et d'ailleurs, à la fin de l'interview, nous avons appelé Jean-Paul.
23:07Je lui ai passé mon téléphone, on a appelé Jean-Paul.
23:09Et je vous dirai pourquoi tout à l'heure.
23:11Ils se sont dit à très bientôt.
23:13Donc, il y avait quand même...
23:15On n'était pas sur la pente suicidaire.
23:17Je vous expliquerai ensuite pourquoi.
23:18Qu'on pourrait décrire.
23:21Pierre Cortès, une question encore.
23:23Qu'est-ce que...
23:24Il y a prescription maintenant, vous pouvez peut-être nous en parler, en dire un mot.
23:27Qu'est-ce qu'ils vous disent, les gendarmes, à l'époque ?
23:29Est-ce qu'ils sont sceptiques ?
23:31Ils ont des doutes, beaucoup, sur l'enquête ?
23:34Non, alors, j'ai affaire à des gendarmes de la brigade de recherche de Toulon.
23:38C'est une unité qui est spécialisée en matière de police judiciaire,
23:42que je choisis de saisir, évidemment, à dessein.
23:45Et ce sont des gens qui n'ont pas d'état d'âme.
23:48Vous savez, les gendarmes procèdent de manière totalement méthodique.
23:52Ils explorent absolument toutes les pistes.
23:54Et nous avons, pas quotidiennement, mais régulièrement,
23:59des points qui sont faits entre nous, des réunions que nous avons
24:03pour faire le bilan des investigations, orienter de nouvelles investigations.
24:08Ils n'ont absolument aucun a priori.
24:11Et ils sont ouverts à toutes sortes d'hypothèses,
24:15y compris d'ailleurs, vous n'en avez pas encore parlé,
24:18mais je le dis, la piste criminelle.
24:20Nous n'avons pas écarté a priori, bien entendu.
24:24On pourrait imaginer une mise en scène de quelqu'un
24:27qui veut faire croire à une noyade
24:29et qui, en réalité, se livre à un acte criminel.
24:34Voilà, donc tout est en réalité dans le débat et dans l'investigation.
24:38Et les gendarmes n'ont pas occulté ou fermé,
24:42trop brutalement ou trop rapidement, une piste plutôt qu'une autre.
24:45Des idées noires, la maladie, pourquoi pas l'hypothèse du suicide ?
24:49Marie-France Pizier, le scénario introuvable,
24:52un geste qui ne ressemble pas du tout à la femme que j'ai connue.
24:55L'enquête de l'heure du crime.
24:57Et si l'actrice avait tout simplement décidé d'en finir,
24:59à suivre dans un court instant sur RTL ?
25:07Merci d'écouter RTL.
25:13Carrefour.
25:14L'heure du crime, présenté par Jean-Alphonse Richard, sur RTL.
25:18Si elle s'était suicidée, Marie-France,
25:21ce serait suicidé autrement.
25:23Et pas dans une piscine avec une chaise en fer sur elle.
25:28Dès qu'elle a su cette chose ignoble,
25:32quelqu'un a voulu lui la faire taire.
25:34C'est clair.
25:34Pour moi, c'est clair.
25:36Retour dans l'heure du crime sur la mort controversée de Marie-France Pizier.
25:40L'actrice, 66 ans, a été retrouvée sans vie
25:43dans la piscine de sa résidence varoise en avril 2011.
25:46Les experts ne peuvent pas se prononcer sur les circonstances
25:50et les causes du décès s'il s'agissait d'un suicide.
25:53Les enquêteurs se demandent si Marie-France Pizier
25:55n'aurait pas été sujette à un accès de déprime.
25:58Une femme rongée par des idées noires,
26:00au point d'avoir voulu mettre fin à ses jours,
26:03lestée par un fauteuil de jardin
26:04pour être sûre qu'elle ne remonterait pas à la surface.
26:08En matière de suicide,
26:09l'actrice avait une histoire familiale tragique.
26:12Ses parents, séparés,
26:13s'étaient donnés la mort à quelques semaines d'intervalle.
26:15Ils étaient malades,
26:16ils ne supportaient pas leur dégradation physique.
26:19Sa mère avait été atteinte d'un cancer du sein
26:21qui l'avait dévastée.
26:23En 2003,
26:24Marie-France Pizier avait elle aussi été atteinte d'un cancer similaire.
26:28Elle avait lutté contre la maladie
26:30jusqu'à ce que son cancer soit en rémission,
26:33mais ces derniers temps,
26:34la tumeur était soudain revenue.
26:37L'actrice avait à nouveau affaire à la médecine.
26:40Une pensée qui l'inquiétait.
26:42La nuit de sa mort,
26:43TF1 avait rediffusé à 2h40 du matin le téléfilm
26:46« Quand la vie recommence »
26:48dans lequel l'héroïne souffre d'un cancer.
26:50était-elle devant la télé à ce moment-là.
26:54La famille de Marie-France Pizier,
26:56son mari Thierry Fung-Grantano,
26:58ses enfants Iris, Mathieu,
27:00doutent du suicide.
27:01Selon eux,
27:02elle ne serait jamais partie
27:03sans laisser un mot,
27:04un message,
27:05un témoignage.
27:06Elle gardait de la colère
27:07contre sa mère et contre son père
27:09qu'il avait laissé sans explication
27:11après s'être donné la mort.
27:13Le premier mari de Marie-France Pizier,
27:15l'avocat parisien Georges Kiegeman,
27:17est lui aussi circonspect.
27:19Il explique qu'un tel geste
27:21ne ressemble pas du tout
27:22à la femme qu'il a connue.
27:24Evelyne Pizier,
27:25sœur aînée de Marie-France,
27:26déclare pour sa part,
27:27« Par rapport à ses antécédents familiaux,
27:30je trouve qu'il y a un mimétisme,
27:32mais cela ne veut pas dire
27:34que Marie-France a mis fin à ses jours. »
27:36Le psychiatre de l'actrice
27:37est beaucoup plus explicite.
27:40« Marie-France avait pris en haine
27:41le suicide », affirme-t-il.
27:43Le médecin ajoute
27:44que la mise en scène du décès,
27:46la chaise de jardin,
27:47lui fait plutôt penser
27:49au geste d'un psychotique,
27:51ce que la victime
27:52n'était pas du tout. »
27:55Et voilà donc pour ces premières constatations.
27:57Alors évidemment,
27:59ça pose encore une fois
28:00beaucoup de questions.
28:01Docteur Bernard Marc,
28:02vous êtes avec nous
28:03et vous nous éclairez aussi
28:04sur cette affaire
28:05médecin-légiste.
28:07Vous avez regardé
28:08ce qu'ont dit
28:09vos confrères à l'époque,
28:11regardé ce dossier.
28:13Est-ce que, selon vous,
28:14il y a eu...
28:15Parce que le suicide,
28:16il y a toujours une préparation,
28:17préparation suicidaire.
28:18Est-ce qu'il y a eu
28:19une préparation suicidaire
28:20qui correspond effectivement
28:22à un acte désespéré ?
28:23Alors il y a deux modes
28:24de suicide qu'on va observer.
28:26Il y a des suicides
28:26qui sont par un raptus suicidaire,
28:28une bouffée suicidaire,
28:30mais ce sont en général
28:31des suicides
28:31où il y a un moyen rapide
28:33d'obtenir la mort.
28:34C'est quelqu'un
28:35qui va s'alcooliser
28:36et qui a une arme à feu
28:37juste à côté de lui
28:38et qui va tirer
28:39sans préparation particulière.
28:42Quelques temps après,
28:43il aurait pu peut-être
28:43s'endormir.
28:45On est dans un raptus.
28:46Quand il y a
28:46une idéation suicidaire,
28:48et ça les psychiatres
28:49le savent,
28:49c'est d'ailleurs une technique
28:50qui s'appelle
28:51l'autopsie psychologique
28:52en matière médico-légale.
28:53On va essayer
28:54de suivre un petit peu
28:54l'idéation,
28:56puis la préparation suicidaire,
28:58puis les modalités
29:00jusqu'à la commission de l'acte.
29:01Et regardez
29:02si effectivement
29:03quelqu'un
29:03qui a commis l'acte
29:04a effectivement
29:05coché toutes les cases.
29:07Organisé, c'est ça.
29:08Organisé,
29:08eu cette pensée.
29:10Alors,
29:10il y a effectivement
29:11des éléments
29:11où dans sa vie,
29:14si j'ai bien entendu,
29:15il y avait des éléments
29:15assez positifs
29:16qui se préparaient,
29:18même s'il y avait
29:19des douleurs
29:19ou des éléments.
29:20Et puis,
29:21il y a là
29:21des éléments
29:22qui sont un petit peu étonnants.
29:23s'il y a une préparation,
29:24si on imagine
29:25qu'on va descendre
29:25doucement dans la piscine
29:27en se mettant
29:27une chaise autour de soi
29:29pour se lester,
29:30pourquoi prendre,
29:30garder ses affaires personnelles ?
29:32Pourquoi...
29:32Le téléphone,
29:33c'est ça ?
29:33Les bottines.
29:34Le téléphone,
29:35des bottines.
29:36Ça, ça fait un raptus.
29:37On est dans des choses
29:38qui sont très contradictoires
29:40par rapport à un geste
29:41qui aurait été préparé
29:42et qui sont les gestes
29:44qu'on a du mal à voir.
29:45Quelqu'un qui a
29:45une idéation suicidaire
29:46peut le cacher,
29:47peut faire un faux self,
29:48un faux état de bien-être.
29:52Alors,
29:52c'est passionnant
29:52de ce que vous racontez,
29:53docteur,
29:53parce qu'effectivement,
29:54là,
29:54on n'est pas sûr de rien.
29:56On n'est pas sûr
29:57de cette intention suicidaire,
29:59évidemment à 100%.
30:00Un mot avec vous,
30:01Vincent Perrault,
30:02là-dessus.
30:02Vous êtes,
30:02encore une fois,
30:04le dernier,
30:05vous êtes à RTL,
30:06évidemment,
30:06on vous connaît,
30:07le dernier à avoir interviewé
30:09Marie-France Pizier.
30:11Un mot là-dessus,
30:12elle avait une histoire
30:13compliquée avec ses parents.
30:14Alors,
30:14il y avait une histoire
30:15compliquée avec ses parents
30:16et puis quand je vous entends,
30:17docteur,
30:18la connaissant un peu,
30:19ce petit gabarit,
30:21pas quelqu'un
30:21d'extrêmement physique,
30:22j'ai quand même aussi
30:23beaucoup de mal à me dire
30:24que quelqu'un va descendre
30:25sciemment,
30:27doucement,
30:27sans faire de bruit
30:28dans une piscine
30:28avec une chaise de 6 kilos
30:29pour aller la mettre sur elle.
30:31Forcément,
30:32quand même,
30:32ça interpelle.
30:33Mais,
30:33il y avait par rapport
30:35au suicide de ses parents,
30:37évidemment,
30:37quelque chose
30:38qu'il a énormément meurtri.
30:39Toutes les blessures
30:40ne saignent pas,
30:41surtout quand elles sont psychologiques
30:42et je sais qu'elle en avait
30:44beaucoup voulu
30:45à ses parents
30:45d'être parties
30:46sans avoir laissé de cire,
30:48sans avoir laissé un mot
30:49comme ça,
30:50mis devant le fait accompli.
30:52Donc,
30:52il me semblait,
30:53je ne la voyais tellement pas
30:56aller vers un suicide,
30:58mais encore plus
30:58en réitérant quelque chose
31:00qui,
31:01elle,
31:01lui avait fait beaucoup de mal
31:02quand ça lui était arrivé.
31:04Et puis,
31:05il y a quand même
31:06un côté mise en scène
31:07de tout ça
31:07qui semble
31:09extrêmement improbable.
31:10On ne la voit pas
31:12imaginer ce genre de choses.
31:13C'était quelqu'un de cache,
31:14vous savez,
31:15Marie-France,
31:16qui disait les choses
31:17très nettement,
31:17très directement,
31:18et qui agissait
31:19en conséquence
31:20sans prendre de détour.
31:21Donc là,
31:22faire tout ça,
31:23ça ne lui ressemblait
31:23vraiment pas.
31:24Pierre Cortès,
31:25vous êtes également avec nous
31:26à l'époque procureur
31:27de la République adjoint
31:28à Toulon.
31:29Le psychiatre,
31:30c'est intéressant,
31:30ce que dit le psychiatre
31:32de Marie-France Pizier,
31:33il dit,
31:33ça peut être que l'acte,
31:35enfin,
31:35c'est peut-être l'acte
31:36d'un psychotique
31:37avec cette chaise
31:38sur la tête,
31:39etc.
31:40psychotique,
31:40ça voudrait dire
31:41la piste plutôt criminelle
31:42après tout.
31:44Oui,
31:44ça doit vouloir dire ça
31:46effectivement,
31:47mais moi,
31:48je voudrais prendre
31:50un petit peu de distance
31:50avec ce que je viens d'entendre.
31:53D'abord parce que
31:54le magistrat que je suis
31:56s'adresse effectivement
31:57aux conditions matérielles
31:58du passage à l'acte.
32:01Vous savez qu'on a,
32:02au cours de l'enquête,
32:03parmi mille vérifications,
32:06on est allé essayer
32:07effectivement de savoir
32:09comment elle avait pu
32:10engager le haut de son corps
32:12dans le piétement,
32:14la partie basse
32:15de cette chaise métallique.
32:17Ça n'a pas été possible.
32:19On a beau eu
32:22à se contorsionner,
32:23ça n'a pas été possible.
32:24Et surtout quand on souffre
32:25d'une sciatique en plus.
32:27Si vous imaginez
32:28une piste criminelle,
32:30il faudrait que quelqu'un
32:31effectivement engagé,
32:32malgré elle,
32:34elle se débattant
32:35sans avoir pour autant
32:36des lésions,
32:37dites de défense
32:39constatées par les médecins,
32:41il faut effectivement
32:43imaginer cette scène
32:44qui est assez invraisemblable.
32:46En revanche,
32:46si c'est elle-même
32:47qui engage volontairement
32:50son corps
32:50dans cette chaise
32:52utilisée comme leste,
32:53on comprend mieux.
32:54On comprend le silence
32:55du chien,
32:57on comprend l'absence
32:58de blessures,
33:00on comprend aussi
33:01cette fameuse
33:01noyade sèche.
33:02Je parle sous le contrôle
33:03là pour le coup
33:05du docteur Marc,
33:06le médecin légiste,
33:07c'est ce qu'on appelle
33:08le spasme glottique,
33:09me semble-t-il.
33:10En tout cas,
33:11c'est ce que nous ont
33:12expliqué,
33:13alors non pas le docteur
33:14Rivolet,
33:14qui ne pouvait pas
33:17pratiquer d'autopsie
33:18à l'époque,
33:18depuis peu d'ailleurs,
33:19puisque le schéma
33:20directeur de la médecine légale,
33:22applicable depuis
33:23quelques mois seulement,
33:24faisait que c'était
33:25le bol de Marseille
33:25qui s'occupait de ça,
33:26et j'ai donc désigné
33:28deux médecins légistes,
33:29donc un collège
33:30de médecins légistes,
33:31le spasme glottique,
33:32donc ça se bloque
33:34au niveau
33:35des voies aériennes
33:36supérieures,
33:37l'eau ne rentre pas,
33:38l'air non plus d'ailleurs,
33:39et c'est pour ça
33:40qu'on meurt.
33:40Et c'est pour ça
33:41qu'on meurt,
33:41et c'est pour ça
33:42qu'on appelle ça
33:42une noyade blanche.
33:44Une femme heureuse
33:45en apparence,
33:46mais rongée
33:46par un drame familial.
33:48Marie-France Pizier,
33:49le scénario introuvable.
33:51Dès qu'elle a appris
33:51cette chose ignoble,
33:53quelqu'un a voulu
33:53la faire taire
33:54à l'enquête
33:55de l'heure du crime.
33:55On se retrouve
33:56dans un instant
33:56sur RTL.
33:59Bonne journée
34:00sur RTL.
34:08RTL,
34:09votre radio.
34:11L'heure du crime,
34:12présentée par
34:13Jean-Alphonse Richard
34:13sur RTL.
34:15Au programme
34:16de l'heure du crime,
34:17les 15 ans
34:17de la mort troublante
34:18de Marie-France Pizier
34:19et avril 2011,
34:21l'actrice,
34:2166 ans,
34:22est découverte sans vie
34:23dans une piscine
34:24dans le Var.
34:25Circonstance du décès
34:26non élucidée.
34:27La victime était
34:28depuis des mois
34:28obsédée
34:29par une sombre
34:30histoire familiale.
34:32Jeudi 29 septembre 2011,
34:34six mois après la mort
34:35de Marie-France Pizier,
34:37Marie Jaoule de Poncheville,
34:38grande amie de l'actrice,
34:40est à son tour questionnée
34:41par les gendarmes.
34:42Elle non plus
34:42ne croit pas
34:43à la thèse du suicide.
34:44Elle tient toutefois
34:45à apporter des précisions
34:46sur l'état d'esprit
34:47dans lequel se trouvait
34:48Marie-France
34:49dans les semaines
34:50précédant sa disparition.
34:52Elle évoque
34:53le neveu de la victime,
34:54Victor Kouchner.
34:56Il y a deux ans,
34:57ce dernier avait confié
34:58à Marie-France
34:59avoir été abusé
35:00par son beau-père,
35:01le très médiatique
35:02politologue et avocat,
35:03Olivier Duhamel.
35:05Après qu'il avait reçu,
35:07alors qu'il avait
35:0713 ou 14 ans,
35:10Victor aurait subi
35:11des relations sexuelles
35:13imposées
35:13et répétitives.
35:14Le jeune homme
35:15se délivrait ainsi
35:16d'un secret de famille.
35:17Depuis cette révélation,
35:18l'actrice semblait
35:20hantée par cette histoire.
35:21Marie-France Pizier
35:22n'aurait dès lors
35:24eu de cesse
35:24de souhaiter
35:25qu'Olivier Duhamel
35:26rendait compte
35:27devant un tribunal.
35:28Le meilleur ami
35:29de l'actrice,
35:30le costumier de théâtre
35:32Christian Gasque
35:33est catégorique.
35:34Dès qu'elle a appris
35:35cette chose ignoble,
35:37quelqu'un a voulu
35:38la faire taire.
35:405 janvier 2021,
35:4110 ans après la mort
35:42de Marie-France Pizier,
35:43une enquête est ouverte
35:44sur les soupçons
35:45de viol et d'agression sexuelle
35:46d'Olivier Duhamel
35:48sur le neveu de l'actrice.
35:50Camille Kouchner,
35:51la jumelle de Victor,
35:52venait de révéler
35:53cette histoire
35:54dans le livre
35:54La Familia Grande.
35:565 mois plus tard,
35:57l'enquête sur Olivier Duhamel
35:58est refermée.
35:59Les faits,
36:00qui datent des années 80,
36:01sont prescrits.
36:02Lors des investigations,
36:03le politologue
36:04avait bel et bien reconnu
36:06avoir agressé
36:07sexuellement son beau-fils.
36:12Et on est là
36:136 mois,
36:141 an,
36:14après la mort
36:15de l'actrice.
36:16Pierre Cortès,
36:17vous êtes à l'époque
36:18procureur de la République
36:19adjoint à Toulon.
36:20Est-ce que finalement
36:20on y voit un peu plus clair
36:22ou pas dans cette enquête ?
36:23Parce que très longtemps,
36:24toutes les hypothèses
36:25sont restées ouvertes.
36:27Oui,
36:28mais on a quand même
36:29donné la priorité
36:30à l'hypothèse du suicide.
36:32Pourquoi ?
36:32J'avais commencé à dire
36:33qu'en mettant en perspective
36:35un certain nombre d'éléments,
36:37le silence du chien,
36:39le voisinage
36:40qui n'entend rien,
36:41cette chaise
36:42dans laquelle on entre
36:43nécessairement,
36:44volontairement,
36:44ce n'est pas possible
36:45d'imaginer
36:45qu'on l'ait introduit
36:48comme ça de force
36:49et sans dommage
36:50dans cet objet.
36:53Ça,
36:53ce n'est pas possible.
36:54Il y a également
36:57le fait de cette noyade blanche.
36:59Est-ce que ça n'est pas,
37:00là encore,
37:00je m'avance peut-être
37:01sur un terrain
37:03médico-légal,
37:03mais est-ce que le fait
37:05de retenir sa respiration
37:06volontairement,
37:07est-ce que ça ne justifie pas
37:08justement qu'elle n'ait pas
37:09d'eau ou pas beaucoup d'eau
37:11dans les poumons ?
37:12Ça aussi,
37:13c'est quelque chose
37:14d'important.
37:14Et puis,
37:14vous l'avez indiqué tout à l'heure,
37:16il y a des antécédents.
37:17L'enquête aussi
37:18a porté là-dessus
37:19l'aspect psychologique.
37:21Non pas quelques semaines
37:22d'écart,
37:23mais à deux ans d'écart,
37:24le père qui se suicide,
37:25elle n'avait plus
37:26de rapport avec lui.
37:27Il y avait une espèce
37:28de tentative
37:28de retrouvaille,
37:29mais qui n'a pas,
37:30malheureusement,
37:31qui a tourné court.
37:32Et puis,
37:32deux ans après,
37:33c'est sa mère
37:33qui effectivement se suicide
37:34sans laisser d'écrit.
37:37Une mère avec laquelle,
37:38on va le dire comme ça,
37:39c'est peut-être impropre,
37:40mais elle a une relation
37:42particulièrement fusionnelle.
37:43Elle la découvre
37:45avec son frère et sa sœur,
37:47elle la découvre morte
37:48après un silence
37:49un peu inquiétant.
37:50Et elle va d'ailleurs
37:51essayer d'exorciser
37:53cet événement-là
37:53qui la perturbe,
37:55qui hante ses nuits.
37:57Les nuits sont visitées
37:59par les fantômes
38:00de son histoire personnelle.
38:01Or là,
38:02elle est seule,
38:03son mari est à l'étage
38:04en train de dormir
38:05dans une maison grande
38:06et vide
38:07au cœur de la nuit.
38:09Est-ce qu'elle n'a pas été
38:10justement pris
38:11d'un accès de dépression ?
38:12Il y avait un phénomène
38:14de dépression,
38:14c'est sûr.
38:15Ce n'est pas contestable.
38:17C'est effectivement
38:17une question qui se pose.
38:19Vous décrivez très bien
38:19ce climat
38:20dans lequel,
38:21ce jour-là précisément,
38:22l'actrice
38:23est un petit peu enfermée.
38:25Un petit mot là-dessus,
38:26Vincent Perrault.
38:28Elle a aussi
38:29une dimension tragique,
38:30Marie-France Pizier.
38:31Elle était aussi animée
38:33par plein de combats,
38:34notamment pour son neveu.
38:35C'est vrai que c'est quelque chose
38:37qu'il avait extrêmement scandalisé
38:38et qu'elle avait d'ailleurs
38:39incité son neveu
38:41à dire,
38:42à révéler,
38:42à exorciser tout ça.
38:44Mais par rapport au suicide,
38:46il y a quand même
38:46des choses
38:47qui sont tout à fait
38:48troublantes.
38:50Il y a plein de façons
38:51de se suicider,
38:52Jean-Alphonse.
38:53Parfois,
38:53certaines sont assez rapides,
38:55propres,
38:55faciles,
38:56directes.
38:57Aller se suicider
38:58dans la piscine
38:59où se baignent
39:00ses propres enfants.
39:01Là,
39:02il y a quand même
39:02quelque chose
39:03d'extrêmement curieux
39:05dans la façon
39:07d'oublier
39:07une chose comme ça.
39:08Et puis,
39:09cette notion de suicide,
39:11elle avait déjà eu l'occasion
39:12de le fantasmer.
39:13Il ne faut pas oublier
39:14qu'en 2002,
39:15elle a co-écrit
39:16avec Pascal Bonnitzer,
39:18réalisé et interprété
39:19un film
39:19qui s'appelle
39:19Comme un avion,
39:20dans lequel
39:21elle joue le rôle
39:22d'une femme
39:23atteinte d'un cancer
39:24qui fait croire
39:26à ses enfants
39:26qu'elle est en Italie
39:27en voyage
39:28alors qu'elle était
39:28en train de se soigner,
39:29elle revient
39:30et se sachant
39:33condamnée,
39:34elle se suicide.
39:36Dans un film,
39:38c'est vrai que ça pose
39:39question également.
39:40Ça pose des questions.
39:41Un petit mot,
39:42docteur Bernard Marc,
39:43médecin légiste,
39:44sur un petit retour
39:45sur cette scène
39:46de découverte du corps.
39:47Il reste encore
39:48des mystères,
39:49même si on pense
39:50qu'elle s'est jetée
39:51à l'eau.
39:52C'est toujours
39:54le fait que les secours
39:55interviennent
39:55et que beaucoup
39:56de monde interviennent.
39:57Il y a déjà
39:57les premiers secours
39:59qui sont la famille,
40:00puis les secours
40:00organisés,
40:01les pompiers,
40:02le SMUR,
40:02on va sortir le corps.
40:04On a beaucoup
40:04de choses qui disparaissent.
40:05On aurait peut-être
40:06la réponse
40:07si on avait observé
40:08l'endroit,
40:09c'est que quelqu'un
40:10qui s'est jeté à l'eau,
40:11il y a des éclaboussures.
40:12On aurait ces éclaboussures
40:14sur le bord de la piscine.
40:15Quelqu'un qui est
40:16doucement rentré
40:17par les marches
40:17d'une piscine,
40:18il n'y aurait pas
40:19de ces éclaboussures.
40:20Est-ce que ces éléments
40:21ont été relevés
40:21par les tout premiers,
40:23pas par les enquêteurs
40:24qui vont arriver
40:24dont les compétences
40:25ne sont pas
40:26à mettre en cause
40:27bien évidemment,
40:28mais qui n'héritent
40:29que d'une scène
40:29qui a été remaniée
40:30et qui leur fausse
40:31parfois les interprétations.
40:33Un an et demi
40:34après le drame,
40:35l'enquête va se refermer.
40:36Marie-France Pizier,
40:38le scénario introuvable.
40:39Comme sa mère
40:40avant elle,
40:41je pense qu'elle a décidé
40:42d'interrompre
40:43son existence.
40:43L'enquête de l'heure
40:44du crime.
40:45Je vous retrouve
40:45tout de suite
40:46sur RTL.
40:47Cette émission
40:48vous intéresse ?
40:49Vous en voulez plus ?
40:50Retrouvez toutes les archives
40:52en podcast
40:52sur l'appli RTL.
40:54Car fauter.
40:55L'heure du crime
40:56présentée par
40:57Jean-Alphonse Richard
40:58sur RTL.
41:00Dans l'heure du crime,
41:01la mort inexpliquée
41:02de Marie-France Pizier,
41:03l'actrice de César
41:04avait été retrouvée
41:05sans vie
41:06en avril 2011
41:07dans sa piscine,
41:08dans sa maison du Var.
41:09Aucune certitude
41:10sur les circonstances
41:11du décès.
41:12Quinze ans après les faits,
41:13le mystère reste intact.
41:15Octobre 2012,
41:1618 mois après
41:17le décès
41:17de Marie-France Pizier,
41:19les gendarmes
41:19referment l'enquête.
41:20Ils estiment
41:21que l'explication
41:22la plus plausible
41:23est celle du suicide.
41:24Une thèse
41:24qui n'a jamais cessé
41:25d'être rejetée
41:26par les proches
41:27de l'actrice.
41:28Trois ans
41:29après la mort
41:30de son épouse,
41:31Thierry Funk
41:32Bruntano semblait
41:33pourtant s'être rangée
41:35à cette hypothèse.
41:36Elle venait de traverser
41:37une période difficile
41:38à cause de son cancer.
41:40Il l'avait beaucoup fatiguée.
41:42Comme sa mère avant elle,
41:43je pense qu'elle a décidé
41:44d'interrompre son existence,
41:46déclarait-il
41:47dans une interview.
41:49Mercredi 29 janvier 2025,
41:51l'actrice Brigitte Fosset,
41:53très liée à Marie-France Pizier,
41:55témoigne sur TV5 Monde.
41:57Elle n'a jamais cru au suicide.
41:58Elle est tombée
41:59sans s'y attendre.
42:00Peut-être qu'elle était endormie,
42:02on ne sait pas.
42:03Même la police ne sait pas.
42:05Ils sont incapables
42:07de dire ce qui s'est passé.
42:10Évidemment, le cinéma,
42:11on est jugé par le public,
42:13donc ça prend
42:13une importance considérable.
42:14Tous les types
42:16qui lisent des articles,
42:17enfin qui voient
42:17une phrase méchante,
42:18ça les bousille pendant des jours.
42:20Ils ont un cafard terrible
42:21et ça c'est affreux.
42:22On devient très vite miné
42:23par ça, je crois.
42:24Je suis sensible,
42:25mais enfin j'essaie quand même
42:26de garder la relativité des choses.
42:29La voix très reconnaissante
42:30très nerveuse,
42:32très rapide
42:33de Marie-France Pizier
42:34est interviewée
42:34dans l'émission
42:35Ciné Panorama.
42:36C'était en 1963.
42:38Elle faisait déjà
42:39une belle carrière.
42:40Elle avait commencé
42:41une très très belle carrière
42:42dans le cinéma,
42:43mais aussi au théâtre.
42:45Pierre Cortès,
42:46on vous retrouve
42:47dans cette heure du crime
42:48en direct.
42:48Encore merci
42:49d'être avec nous aujourd'hui
42:50à l'époque procureur
42:51de la République adjoint
42:52à Toulon.
42:54Alors voilà,
42:54les gendarmes
42:55ont conclu un suicide.
42:57est-ce que ce n'est pas
42:58finalement la moins mauvaise
43:01manière de clore le dossier ?
43:03Finalement,
43:03tout le monde s'en sort
43:04un suicide,
43:05pourquoi pas ?
43:06Oui,
43:07pourquoi pas,
43:08effectivement.
43:09Contre cette hypothèse
43:10qui n'est pas celle
43:11des gendarmes,
43:12mais finalement,
43:12c'est celle de la justice.
43:14Bien sûr.
43:14Il y a l'incrédulité
43:15de ses proches.
43:16Mais vous disiez,
43:17en citant finalement
43:18après le recul du temps,
43:20les propos de son mari,
43:22M. Frank Bantano,
43:23finalement,
43:24il s'était rallié
43:25à cette hypothèse.
43:26Et c'est vrai
43:27que cette enquête-là
43:28a été soumise
43:29par voie d'avocat
43:30aux proches
43:31de Marie-France Pizier,
43:32sa femme,
43:34son mari,
43:35pardon,
43:35ses deux enfants,
43:36pour essayer
43:37de leur dire,
43:37voilà,
43:38le dossier est entre vos mains,
43:39je vous le communique,
43:40dites-nous
43:40si vous voyez
43:41autre chose à faire
43:42qui pourrait permettre
43:43de relancer
43:44une autre hypothèse.
43:45Je reviens
43:45sur ce que disait
43:46M. Perrault,
43:47qui est décidément
43:47un connaisseur parfait
43:49de la filmographie
43:50de Marie-France Pizier,
43:52comme un avion,
43:53c'est un film
43:54qui retient l'attention,
43:55bien sûr,
43:55il est sorti en 2002,
43:57elle a déjà eu son cancer
43:58avant la récidive
43:59de ce cancer,
44:00nous sommes dix ans
44:01avant son suicide,
44:02elle va mettre en scène,
44:04donc réaliser
44:05et jouer elle-même
44:06le rôle
44:07du personnage principal,
44:08c'est une femme
44:09qui a deux enfants
44:09et qui vient d'avoir
44:11un cancer
44:12et qui va se suicider
44:13sans laisser
44:14le moindre écrit.
44:15Elle va assurer
44:16la promotion
44:17de ce film,
44:17dont on ne sait pas
44:18d'ailleurs
44:18si c'est l'histoire
44:19finalement
44:20de sa propre mère
44:21ou si c'est une histoire
44:23dans laquelle elle-même
44:24pourrait déjà
44:24par anticipation
44:26avoir envisagé
44:28de se donner la mort.
44:30Voici ce qu'elle dit
44:31interviewée
44:32par Marie-France,
44:33pardon,
44:34Marie-Laure Gris
44:35dans le cadre
44:36de la promotion
44:37de ce film.
44:38Elle dit
44:38quand on a aimé
44:39terriblement la vie
44:40mais que cette vie
44:41décline,
44:42que c'est moins bien,
44:43on a le droit
44:44de décider de l'interrompre.
44:45Voilà ce que dit
44:46Marie-France Pizier.
44:47C'est le sujet du film
44:48en effet.
44:49Et effectivement
44:50c'est parlant,
44:51je vous l'accorde
44:51Pierre Cortès.
44:52Mais encore une question,
44:54juste une question
44:55très simple.
44:56Est-ce que l'hypothèse
44:57d'une tierce personne
44:59est exclue totalement ?
45:01Alors,
45:01elle n'a pas été exclue
45:03a priori
45:03puisque des constatations
45:04ont porté effectivement
45:05sur des traces
45:06d'intrusion,
45:08un grillage écrasé,
45:09une pelouse foulée,
45:11tout ça ne donne rien,
45:12il n'y a pas d'effraction
45:13dans la maison,
45:14du reste on la trouve
45:15ouverte bien entendu.
45:15Elle est occupée
45:17cette maison
45:19et par conséquent
45:20il n'y a rien
45:21de ce côté-là.
45:23Si on forge
45:23l'hypothèse
45:24de l'intervention
45:24d'un tiers,
45:25quel que soit le mobile
45:26que vous avez abordé
45:27tout à l'heure
45:28à travers les déclarations
45:30d'un proche,
45:32je ne sais plus
45:33si c'était son coiffeur,
45:35enfin je ne sais plus.
45:35C'est ça,
45:36c'est son costumier.
45:37Son costumier, pardon.
45:39Il faudrait t'imaginer
45:40un scénario crédible,
45:41c'est-à-dire
45:42qu'on s'approche
45:43mutamment de la maison,
45:44on ne sait pas
45:45que Marie-France Pizier
45:46c'est une grande propriété,
45:48je crois,
45:48deux hectares.
45:50On ne sait pas
45:50si Marie-France Pizier
45:51est comme on pourrait
45:52l'imaginer
45:53dans son lit
45:53aux côtés de son mari
45:54ou si elle est
45:55au bord de la piscine.
45:56Si on l'imagine
45:57dans son lit,
45:58il faudrait considérer
45:59que le ou les assassins
46:01soient pénétrés
46:02dans cette maison.
46:03Peut-être on l'aurait
46:04en ce moment
46:04enfermé,
46:05donc il aurait fallu
46:06trouver des traces
46:06d'effraction,
46:07la prendre dans son lit
46:08sans réveiller le mari
46:10et puis ensuite
46:10mettre en scène
46:11sans un cri
46:12ce qui pourrait passer
46:14pour un suicide
46:15par noyade
46:16ou par immersion.
46:19Je comprends Pierre Cortez,
46:20ça veut dire
46:20qu'il y a beaucoup
46:21trop de scie
46:22selon vous
46:25pour accompagner
46:26un petit peu
46:26ce scénario
46:27en quelque sorte.
46:28Un petit mot,
46:30docteur Bernard Marc,
46:31pourquoi
46:32les légistes
46:33sont restés
46:33sur un point d'interrogation ?
46:35Ça arrive,
46:35qu'on ne trouve rien,
46:36qu'on ne sache pas pourquoi ?
46:37L'autopsie
46:38ne va pas forcément
46:39apporter des éléments,
46:40on va fermer des portes,
46:41on va dire qu'il n'y a pas
46:42d'éléments supplémentaires,
46:44il n'y avait pas
46:44de traces de violence,
46:45il n'y a pas de traumatisme associé,
46:47il n'y a pas,
46:47il n'y a pas,
46:47il n'y a pas.
46:48Et la cause du décès
46:50peut parfois nous échapper.
46:51On fermera,
46:52on exclura
46:53un certain nombre
46:54d'éléments,
46:55mais il restera
46:57des questions
46:57sur la cause
46:59du décès.
47:00Si c'est un trouble
47:01du rythme,
47:01par exemple,
47:02il ne sera jamais prouvé.
47:03Jamais détecté,
47:04effectivement.
47:05Donc ça,
47:05c'est très compliqué.
47:06Vincent Perrault,
47:07je termine cette émission
47:08avec vous.
47:09C'est vrai que la fin
47:10de Marie-France Pizzi,
47:11elle est un peu
47:12à son image,
47:13finalement.
47:14Elle cachait
47:14beaucoup de choses,
47:15elle était dans une intimité
47:17qui était cachée,
47:18etc.
47:18Extrêmement secrète.
47:19C'est vrai,
47:20mais en même temps,
47:21alors suicide,
47:22pourquoi pas ?
47:22Moi,
47:22il y a quand même
47:23une chose que jamais
47:24je ne pourrais oublier,
47:25c'est-à-dire qu'à la fin
47:26de notre interview,
47:27je lui explique que le film
47:28pour lequel elle vient
47:29de témoigner va être projeté
47:31au Festival de Cannes
47:32dans le cadre d'un grand
47:33hommage à Jean-Paul Belmondo
47:34où on va lui remettre
47:36une palme d'ordonneur.
47:37Immédiatement,
47:38elle me dit
47:38je veux venir,
47:39je veux y être.
47:41Et en plus,
47:42je suis dans le Var,
47:43je serai juste à côté de Cannes
47:44et je lui dis
47:45bougez pas Marie-France,
47:46on appelle Jean-Paul.
47:47Je lui passe
47:48Jean-Paul Belmondo
47:49sur mon téléphone
47:49et lui dit
47:50voilà,
47:50je viens de parler de toi,
47:51ça me ferait tellement plaisir
47:52de te revoir.
47:53Est-ce que tu m'invites
47:54à ta soirée à Cannes ?
47:55Je veux y être
47:57et je vois des étoiles
47:58dans ses yeux.
47:59Je ne peux pas m'empêcher
48:00de me dire
48:00qu'il peut se passer
48:01beaucoup de choses après
48:01mais que ce jour-là,
48:02elle avait pourtant envie
48:03d'y être
48:03et c'était deux mois plus tard.
48:05Merci beaucoup
48:07Vincent Perrault,
48:07merci docteur Bernard Marc
48:09et évidemment
48:09Pierre Cortès
48:10d'avoir été
48:11tous les trois
48:12les invités de l'heure du crime.
48:13Merci à l'équipe de l'émission,
48:14rédactrice en chef
48:15Justine Vignot,
48:16préparation Valentine Bardet,
48:18réalisation en direct,
48:19Jonathan Griveaux.
48:19Merci à tous.
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