- il y a 2 jours
Marie-Thérèse Bonfanti, 25 ans, mère de deux jeunes enfants. Le 22 mai 1986, elle disparaît en plein jour dans une petite ville de Savoie. Ses proches vont rechercher sa trace pendant 36 ans, jusqu'à ce qu'un homme, Yves Chatain, avoue, mais ce suspect de la première heure ne sera jamais jugé. Affaire prescrite dit la justice. Une deuxième mort pour la famille.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:00Richard.
00:0214h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:06La justice en fait elle dit aujourd'hui qu'il n'y aura pas de procès, mais le cœur lui aujourd'hui reste sans réponse.
00:11Je veux dire que même s'il n'y a pas de procès, les faits existent, puisqu'un homme a avoué avoir tué ma maman.
00:18Nous en tout cas, on continuera de porter sa mémoire avec dignité.
00:21Bonjour, Marie-Thérèse Bonfanti, 25 ans, mère de deux jeunes enfants, le 22 mai 1986.
00:30Elle disparaît en plein jour dans une petite ville de Savoie.
00:33Ses proches vont rechercher sa trace pendant 36 ans, jusqu'à ce qu'un homme, Yves Châtain, avoue.
00:40Mais ce suspect de la première heure ne sera jamais jugé.
00:43Affaire prescrite, dit la justice.
00:45Une deuxième mort pour la famille, Marie-Thérèse Bonfanti, le procès interdit, l'heure du crime.
00:51La seule émission radio 100% fait divers, c'est tout de suite, sur RTL.
01:02Jeudi 22 mai 1986, en fin d'après-midi, Thierry Bonfanti, 26 ans, rentre chez lui dans le village de La Rochette, à 10 minutes de Ponchara en Savoie.
01:12Surpris de ne pas trouver son épouse, Marie-Hélène, à la maison.
01:16Les enfants, Erika, 4 ans, Flavien, 6 mois, sont toujours chez la nounou.
01:21Marie-Thérèse Bonfanti n'est jamais repassée les prendre.
01:25Le mari est inquiet.
01:27Il sait que ce jour-là, son épouse était en tournée, en voiture, pour livrer des liasses de journaux gratuits.
01:33Elle a peut-être eu un ennui, un accident.
01:35Thierry Bonfanti file jusqu'à Ponchara.
01:39Après avoir sillonné la ville, il aperçoit la Peugeot 104 blanche de son épouse.
01:44Mal garée, devant une grosse maison, les clés sont sur le tableau de bord.
01:49Le sac à main est resté sur le siège passager.
01:51Le haillon du coffre est grand ouvert.
01:54Je déplace la voiture parce qu'elle gêne un peu le passage.
01:57Puis je me dis qu'il vaut mieux ne plus rien toucher car ce n'est pas du tout normal, racontera Thierry Bonfanti.
02:03Devant la maison, un petit immeuble de 6 étages, il croise le fils du propriétaire.
02:08Il ne le connaît pas.
02:10Un homme jeune, dénommé Yves Châtain.
02:13Un individu au regard fui en fébrile, pressé de s'en aller, se souviendra Thierry Bonfanti.
02:18Dans la soirée, le marais signale la disparition au gendarme.
02:22L'affaire est tout de suite prise au sérieux.
02:25Vendredi 30 mai, 8 jours après la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti,
02:29une information judiciaire pour arrestation et séquestration est ouverte.
02:34Le mari est le premier à être placé en garde à vue.
02:37Un jeune homme qui devait récupérer une liasse de journaux déposée par Marie-Thérèse est également interrogé.
02:42Il a un alibi.
02:44Il était à la maternité de Chambéry où sa femme a couché.
02:47Yves Châtain, 21 ans, fils du propriétaire de la fameuse maison Châtain, est lui aussi placé en garde à vue.
02:54Malgré son jeune âge, Châtain a déjà un passé d'agresseur sexuel.
03:00En 1979, alors qu'il n'avait que 14 ans, il a tenté de s'en prendre à une jeune femme à vélo.
03:06Il l'a frappé avec un bâton.
03:08Un an avant la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti, il a coursé une automobiliste.
03:13Il avait avoué, je lui ai serré le cou, elle s'est mise à crier.
03:17Alors je l'ai lâché, j'avais les nerfs en boule.
03:20Je voulais frapper quelqu'un pour me défouler.
03:22Châtain avait été condamné à 8 mois de prison avec sursis.
03:26En garde à vue, les gendarmes ont des doutes.
03:29Le jeune homme est imprécis dans ses déclarations.
03:32Il bafouille, il se contredit.
03:34Le jour de la disparition, deux agents de la SNCF ont entendu une longue plainte humaine qui provenait de la maison.
03:42Châtain répète, je n'ai jamais vu cette femme.
03:46Il est relâché, mais la famille de la disparue ne va jamais cesser de le suspecter.
03:51La maman de Marie-Thérèse va être la première à se démener pour que l'affaire ne soit pas oubliée.
03:56Tracte, appel à témoin, porte à porte.
03:59Persuadée de l'implication d'Yves Châtain,
04:02Thérèse Saïa ira même hurler sous ses fenêtres en demandant qu'il lui rende sa fille.
04:08Lundi 2 novembre 1987, un an et demi après la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti,
04:14le juge d'instruction délivre un non-lieu.
04:17La famille Saïa Bonfanti accuse le choc.
04:20Une trentaine d'années vont s'écouler sans que les proches ne baissent les bras.
04:24Ils gardent toutes les copies des procès-verbaux,
04:27les coupures de journaux de l'époque, début 2019.
04:2933 ans après la disparition, le mari et un oncle de Marie-Thérèse décident tout seul de se replonger dans le dossier.
04:38Avec un ami, il relise tout, pointe les anomalies, refont le parcours, compare les photos de l'époque.
04:46Un dossier de 30 pages est rédigé, envoyé en recommandé en mars 2020 au procureur de Grenoble.
04:52« L'opération de la dernière chance », dira Thierry Bonfanti.
04:58Et chose incroyable, ce dossier, cette enquête familiale, enquête privée en quelque sorte,
05:03va relancer toute l'affaire et guider les pas des enquêteurs jusqu'au premier suspécité.
05:07Yves Chatin, 36 ans après, cet homme va passer aux aveux, enfin la lumière,
05:13et puis sans doute enfin un procès, après toutes ces années,
05:16et cette famille qui s'est démenée pour avoir la vérité.
05:19Mais ça ne va pas se passer comme ça, et on va raconter évidemment ces rebondissements
05:23dans la suite de l'heure du crime, même si certains aujourd'hui parlent de scandale judiciaire.
05:30Je ne sais pas si vous êtes d'accord, mais on va en parler évidemment de cette absence de procès.
05:34N'allons pas trop vite, il faut revenir au début.
05:37Bonjour Serge Puyot.
05:39Bonjour Jean-Alphonse.
05:40Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans l'heure du crime.
05:43Vous êtes grand reporter, vous êtes notre correspondant à Grenoble et dans les Alpes.
05:48Évidemment, cette affaire ne vous a pas échappé, Serge Puyot.
05:51Vous êtes à l'origine de nombreuses révélations dans ce dossier,
05:54et du suivi de nombreux coups de théâtre.
05:58Alors Marie-Thérèse Monfanti, une disparition qui est...
06:02Ça arrive comme ça en matière de disparition, mais c'est assez rare.
06:05Une espèce d'évaporation.
06:07Elle est là, un endroit, devant cette maison, à Ponchara, en Savoie,
06:11et puis d'un seul coup, elle n'est plus là.
06:12Oui, elle semble s'être totalement volatilisée.
06:16C'est vrai que personne ne l'a vue partir à côté de sa voiture.
06:21Cette voiture qui est restée en place, donc, devant la maison Châtain.
06:25Et il n'y a vraiment aucune trace, aucun témoin qui a vu Marie-Thérèse Monfanti,
06:29cette mère de famille, partir, rentrer quelque part.
06:33Bref, on ne sait pas où est passée Marie-Thérèse Monfanti.
06:37Alors, il y a, dans les procès-verbaux de l'époque,
06:40il y a cette déclaration qui est glaçante, il faut bien le dire,
06:43des deux agents SNCF.
06:45Ils racontent avoir entendu une plainte, la plainte d'une femme,
06:49un cri qui va s'éteindre petit à petit.
06:51C'est ça.
06:52Et c'est bien dans cette maison, Serge Puyot.
06:54Alors, effectivement, les témoins étaient du côté de la gare, pas très loin,
06:58et ils entendent ce cri à quelques centaines de mètres.
07:01C'est le cri d'une personne qui, effectivement, semble en détresse.
07:06un cri long et dégressif, comme si on essayait d'étouffer ce cri.
07:11Et c'est vrai que ça intrigue, parce qu'effectivement,
07:14une mère de famille disparaît à quelques centaines de mètres.
07:16Des témoins entendent un cri qui disparaît après quelques secondes.
07:22Donc là, on se dit, il a pu se passer quelque chose de grave au niveau de Marie-Thérèse.
07:27Un petit mot encore avec vous, Serge Puyot.
07:29La famille Bonfanti, vous la connaissez bien, ça fait des années que vous la suivez.
07:35Exactement.
07:35Voilà, vous les avez à maintes reprises interviewées, les Bonfanti.
07:38Vous avez suivi leur combat et vous continuez, évidemment, à le suivre,
07:41en espérant que cette affaire ne soit pas totalement terminée.
07:44Cette famille Bonfanti, une famille modeste, de travailleurs, bien implantée dans le coin ?
07:49Exactement, une famille honorable, travailleurs.
07:53Marie-Thérèse Bonfanti élevait ses enfants et faisait ce petit travail de distribution de journaux
07:58pour arrondir l'ordinaire, améliorer l'ordinaire.
08:02Et effectivement, c'est une famille au-dessus de tout soupçon.
08:06Certes, effectivement, Thierry Bonfanti est placé en garde à vue pour être interrogé,
08:12comme on le fait parfois dans l'entourage d'une personne qui a disparu.
08:15Mais il n'y a rien contre Thierry Bonfanti.
08:18On ne trouve aucune liaison aussi du côté de Marie-Thérèse Bonfanti.
08:22C'est une honorable mère de famille et donc on ne comprend pas ce qui est passé.
08:26On ne comprend pas, point d'interrogation, qui va durer 36 ans, ce point d'interrogation.
08:31Bonjour, Maître Bernard Boulou.
08:33Bonjour.
08:34Merci beaucoup d'être avec nous en direct, vous aussi, dans l'heure du crime.
08:37Vous êtes avocat au barreau de Grenoble et vous êtes l'avocat de la famille Marie-Thérèse Bonfanti.
08:42Vous avez mené un très long combat contre la prescription,
08:46notamment, on va en parler de votre combat, Maître Boulou,
08:48parce que vous êtes l'avocat historique de cette famille Bonfanti.
08:52Il y a quelque chose de très frappant dans ce dossier, c'est qu'il y a des gardes à vue
08:55et tout de suite, il y a une garde à vue, c'est celle de Yves Châtain.
08:59Pourquoi attire-t-il l'attention à ce moment-là, à cette époque ?
09:03Alors, il a tiré l'attention des enquêteurs à cette époque parce qu'il avait déjà un passé judiciaire inquiétant.
09:11Il avait déjà, donc, agressé plusieurs femmes.
09:16Il avait eu une condamnation lorsqu'il était encore mineur, pour avoir commis une infraction lorsqu'il était mineur.
09:23Donc, c'était quelqu'un qui avait un profil judiciaire inquiétant.
09:26Et c'est pour cela qu'on l'a placé aussi, donc, en garde à vue.
09:31Mais c'est aussi parce que la voiture a été retrouvée devant la maison dont il était le propriétaire, avec sa mère.
09:40Donc, voilà, c'était quelqu'un qui devait être, de toute manière, entendu par les gendarmes.
09:44Il l'a été, moins longtemps, d'ailleurs, en garde à vue que l'a été Thierry Bonfanti.
09:50Mais il a été entendu, puis relâché et jamais inquiété.
09:53Jamais inquiété.
09:53Il y a quelque chose de très étonnant, Maître Boulou, et évidemment, il faut tirer le chapeau à la famille Bonfanti que vous défendez.
10:00C'est la famille, après le non-lieu, qui va enquêter toute seule, qui va regarder, feuilleter ce dossier.
10:06C'est un travail de fou.
10:08Alors, ce sont d'abord les parents de Marie-Thérèse qui ont poursuivi le combat.
10:14Ils ont mobilisé les amis, ils ont mobilisé leur entourage, bien sûr.
10:18Ils ont mobilisé aussi la presse.
10:20Alors, à l'époque, il n'y avait pas de médiatisation comme on peut en avoir en ce moment.
10:24Mais la famille était passée, avec la famille Boulou, d'ailleurs, dans l'émission de Jacques Pradel.
10:31Et ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient faire en fonction des moyens qu'ils avaient,
10:37puisque la justice avait dit qu'ils avaient tout utilisé et qu'ils ne pouvaient rien faire.
10:41Et après leur décès, ce sont les enfants qui ont repris le flambeau, qui ont repris le dossier,
10:48avec l'aide de Jean-Pierre, un ami à la famille.
10:52Et ils ont constitué, rédigé ce mémoire qui a été déposé, adressé au procureur de la République de Grenoble,
10:59M. Éric Vaillon, qui a eu la présence d'esprit de ne pas regarder d'abord la prescription,
11:05mais de transmettre ce dossier à la gendarmerie.
11:10Et ils ont bien fait, effectivement, à ses parents de s'acharner,
11:13parce qu'on va retrouver la trace d'Yves Chatin, le suspect de la première heure, il va être interpellé.
11:20Marie-Thérèse Bonfanti, le procès interdit, on ne remplacera pas la vie de maman par la prison,
11:25mais comment accepter que cet homme reste en liberté ?
11:28L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:3114h15, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:35L'heure du crime.
11:3814h15, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:42L'heure du crime.
11:44Au programme de l'heure du crime, l'affaire Marie-Thérèse Bonfanti,
11:48cette jeune mère de famille, a disparu en Savoie en mai 1986.
11:54Introuvable, dossier clos, la famille va s'acharner pour connaître la vérité.
11:58Trois décennies plus tard, l'enquête va mener cette fois au meurtrier.
12:01Mardi 17 novembre 2020, 34 ans après la disparition de Marie-Thérèse et Hélène Thérèse Bonfanti,
12:09le procureur de Grenoble, Éric Vaillant, rouvre une information judiciaire pour détention ou séquestration.
12:15C'est le dossier transmis par la famille qui a relancé les investigations.
12:20Les gendarmes de la section de recherche de Grenoble reprennent toute la procédure
12:25et se rapprochent discrètement de celui qui, aux yeux des proches, a toujours fait figure de suspect numéro 1.
12:32Yves Chatin, âgé désormais de 56 ans, il habite à 18 kilomètres de Pontchara, dans le minuscule village de la Table.
12:40Il vit seul, travaille comme chauffeur routier.
12:43Après deux ans de vérification, 8 mai 2022, Yves Chatin est interpellé, placé en garde à vue.
12:50Il est peu bavard. Il faut plusieurs heures d'interrogatoire pour qu'il passe aux aveux.
12:55Il reconnaît avoir tué Marie-Thérèse Bonfanti.
12:59Ce 22 mai 1986, raconte-t-il, il s'est disputé avec la jeune livreuse de journaux.
13:04Dans la voiture, je n'ai le passage. Le ton est monté, les insultes ont fusé.
13:09Marie-Thérèse s'est dirigée vers Chatin et lui a demandé de s'excuser.
13:13Ce dernier, très costaud, 1m85 pour 80 kilos, n'a eu aucun mal.
13:19Avec ses deux mains à la saisir par le cou, il l'a serré, il l'a étranglé.
13:23Tout de suite après, il a chargé le corps dans sa propre voiture, une datsune.
13:28Il se souvient l'avoir enterré dans un coin désert, dans la campagne,
13:33à quelques kilomètres de Ponchara, Yves Chatin est mis en examen pour homicide volontaire.
13:40Mercredi 26 octobre 2022, un peu plus de 5 mois après l'arrestation d'Yves Chatin,
13:46les enquêteurs exhument des fragments crâniens à la Buissière,
13:49une commune à 6 kilomètres de Ponchara.
13:51Il s'agit bien des restes de Marie-Thérèse Bonfanti.
13:55Sur les indications de Chatin, les gendarmes ont ratissé tout le secteur.
14:00Impossible avec ses seuls débris de confirmer les déclarations du chauffeur routier.
14:05Ce dernier affirme avoir étranglé la jeune femme.
14:08Selon lui, il ne l'a pas frappée, il ne l'a pas violée.
14:11Malgré les doutes qui subsistent sur le déroulement du crime,
14:14les proches de la disparue éprouvent du soulagement.
14:17Thierry Bonfanti, le mari, déclare
14:19« Avec la disparition de ma femme, c'est comme si j'avais pensé 36 ans en prison.
14:24Aujourd'hui, je sors de cette prison et maintenant c'est à lui d'y entrer.
14:29La fille de Marie-Thérèse, Erika, 4 ans et demi à l'époque de la disparition, est bouleversée.
14:35C'est un monde qui s'écroule.
14:37On s'est tellement conditionné dans le fait qu'on ne saurait rien,
14:40que j'ai encore du mal à réaliser, même si en famille, on disait toujours que c'était lui.
14:46Erika ajoute « On ne remplacera pas la vie de maman par des années de prison.
14:51Mais comment accepter que cet homme reste en liberté ? »
14:54L'avocat grenoblois de la famille, Bernard Boulou,
14:57sait que la question de la prescription du crime va se poser.
15:01Avant même que les restes du corps de Marie-Thérèse Bonfanti soient découverts,
15:05la défense d'Yves Chatin avait déjà demandé l'annulation de la mise à l'examen
15:09et la libération de son client.
15:12Son avocate rappelle que dans le droit français,
15:15seuls les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles.
15:19L'avocat de la famille estime, lui, qu'Yves Chatin a dissimulé le meurtre.
15:24La prescription démarrerait donc au jour de ses aveux.
15:28« Tout crime doit être jugé, tout crime doit être puni »,
15:31affirme Françoise Saillat, sœur aînée de Marie-Thérèse.
15:36« Tout crime doit être jugé, tout crime doit être puni. »
15:40C'est une parole de bon sens de la sœur de Marie-Thérèse Bonfanti,
15:45une sœur qui attend depuis plus de 30 ans que le meurtrier soit jugé.
15:49L'affaire paraît évidente, il y a des aveux, il y a un homme en prison,
15:54des débris de corps ont été retrouvés.
15:57Qu'est-ce qu'il faut de plus pour emmener un homme devant les assises ?
16:00Rien d'autre, cet homme doit être jugé.
16:02C'est ce qu'on pense à l'époque et on pense toucher au but.
16:05Mais vous allez voir que les juges ne vont pas être d'accord.
16:08Et c'est très étonnant, mais on va voir que cette affaire va basculer.
16:12Et basculer, ça va être quasiment la deuxième mort de cette famille Bonfanti.
16:17Il va y avoir une décision écrasante, on va le voir dans la suite de l'heure du crime.
16:20On est en mai 2022.
16:23Serge Puyot, vous êtes avec nous dans l'heure du crime en direct.
16:26Vous êtes notre correspondant RTL à Grenoble et dans les Alpes.
16:30On est en mai 2022.
16:32Vous vous en souvenez, Serge, comme si c'était hier ?
16:34L'arrestation d'Yves Châtain, on n'y croyait plus.
16:37C'était un cold case.
16:38Ça fait l'effet d'une bombe.
16:40Complètement.
16:40C'est RTL, d'ailleurs, qui a révélé l'information par ma voix.
16:44J'ai eu l'information, effectivement, en primeur de l'arrestation d'Yves Châtain, des aveux d'Yves Châtain.
16:50Et là, ça a fait, effectivement, l'effet d'une bombe parce qu'on était sur un cold case vieux de 36 ans.
16:55Yves Châtain avait déjà été suspecté à l'époque, mais innocenté.
16:59En tout cas, il n'y avait pas de preuve contre lui.
17:00Et 36 ans plus tard, on se dit, mais c'est incroyable.
17:03Qu'est-ce qui a fait basculer l'enquête pour faire que, 36 ans plus tard, le suspect de l'époque soit enfin accusé de ce meurtre ?
17:14Maître Bernard Boulou était avec nous.
17:16Il nous disait tout à l'heure qu'effectivement, la famille avait travaillé pour faire rebondir ce dossier.
17:20Et c'est vrai, Serge, en mots là-dessus, on doit à la famille ce spectaculaire rebondissement.
17:24Il n'y a pas d'autre chose.
17:26C'est-à-dire que quand la famille donne le dossier au procureur de Grenoble, très avisé de rouvrir le dossier,
17:30et puis ensuite au gendarme de la section de recherche de Grenoble, là, tout démarre.
17:36Oui, la famille n'a jamais cessé de penser que Yves Châtain était à l'origine de la disparition de Marie-Thérèse.
17:43Et effectivement, ils n'ont jamais lâché.
17:46Ils avaient repris l'intégralité du dossier d'instruction, après le non-lieu prononcé par la justice.
17:52Ils avaient revu en détail tout ce qui avait été écrit dans ce dossier, les auditions, les auditions d'Yves Châtain.
18:00Bref, pour eux, il était clair qu'Yves Châtain avait une responsabilité dans ce drame.
18:06Et donc, ils n'ont pas lâché.
18:08Ils ont continué à travailler le dossier jusqu'à, effectivement, contacter le procureur en disant
18:14« On pense avoir les éléments pour penser qu'Yves Châtain est responsable de la disparition de Marie-Thérèse. »
18:22Maître Bernard Boulou, je viens vers vous.
18:24Vous êtes également notre invité aujourd'hui dans l'heure du crime, avocat à Grenoble, avocat de la famille de Marie-Thérèse Bonfanti.
18:30Alors, il y a ses aveux de Châtain.
18:32Mais j'ai envie de vous dire, Maître Boulou, ses aveux.
18:35Il a eu 36 ans pour les préparer.
18:37Finalement, ce qu'il raconte, il n'y a pas de témoin, il va dire que c'est une bagarre, un accident quasiment.
18:41Ça doit vous rappeler un peu les aveux de Nordal-le-Landais dans le cadre de l'affaire du caporal Noé ou de Maëlys.
18:50C'est exactement de la même trame.
18:53Ce n'est pas de sa faute.
18:55C'est Madame Bonfanti qui l'aurait énervée.
18:59Étant impulsif, il l'a frappée, étranglée.
19:03C'est exactement la même chose que ce qui s'est passé avec le caporal Noé et la petite Maëlys.
19:09Malheureusement, c'est bis répétita.
19:13Et malheureusement, Maître Bernard Boulou, il y a ces restes du corps, bien maigres restes.
19:18Il y a des morceaux de crâne, je crois.
19:20Ils ne peuvent pas parler.
19:22On ne saura jamais exactement comment Marie-Thérèse est décédée.
19:25Pas exactement, comme on n'a jamais pu faire parler les restes de la petite Maëlys ou du caporal Noé.
19:31Quand on ne retrouve que des ossements,
19:33et effectivement, on ne peut pas savoir s'il y a eu viol, atteinte sexuelle ou étranglement.
19:39On ne peut pas.
19:40Il n'y avait pas suffisamment d'ossements qui permettaient aux médecins légistes de pouvoir le découvrir.
19:47Serge Puyot, la famille, à l'époque, évidemment, vous allez la voir, vous la suivez.
19:51Il y a un soulagement, c'est évident, après la découverte, c'est une espèce d'épilogue,
19:57la découverte des morceaux de corps, les aveux.
20:00Désormais, la famille, ils vous le disent, on va enfin avoir droit à un procès, c'est ce qu'ils disent.
20:06Bien sûr, ils y croient.
20:07Ils attendaient depuis 36 ans de mettre le nom de l'auteur de la disparition et du meurtre de Marie-Thérèse,
20:15effectivement, pour qu'il soit connu ce nom.
20:18C'est bien Yves Chatin, c'est bien l'homme qui soupçonnait.
20:20Donc, pour eux, il n'y a pas de doute.
20:23Il va être condamné, il va y avoir un procès et il va devoir répondre de ses actes.
20:28Donc, pour effectivement la famille de Marie-Thérèse, on croit à un procès,
20:32on croit à une condamnation d'Yves Chatin, on pense qu'il va peut-être terminer sa vie derrière les barreaux.
20:38Alors, Maître Bernard Boulou, vous êtes, vous, sans doute un peu moins dans l'émotion,
20:41vous êtes beaucoup dans le dossier, vous connaissez bien ces histoires de prescriptions.
20:45Là, en l'occurrence, lorsqu'il y a tous ces aveux, ces rebondissements, vous dites que les feux sont au vert, Maître ?
20:54Alors, je disais que les feux sont un peu plus au vert qu'ils ne l'étaient auparavant.
20:58J'ai toujours dit que la fenêtre de tir était très étroite, mais je pensais qu'effectivement on allait pouvoir avancer,
21:07ce d'autant que le procureur de la République avait retenu cette affaire.
21:11Le procureur général à l'époque, Jacques Dallest, nous soutenait également, avec tout le parquet général.
21:17Il ne faut pas oublier que les juges d'instruction également nous ont soutenus dans notre thèse,
21:23à savoir que la dissimulation du corps pouvait constituer un obstacle insurmontable.
21:28La chambre de l'instruction, d'accord, l'appel de Grenoble, nous a soutenus et est allée dans notre sens, en tout cas.
21:35Donc, les voyants étaient au vert, bien sûr, mais avec la réserve, quand même, que la justice n'était pas,
21:42on le savait déjà, une science exacte.
21:43Donc, il fallait rester prudent.
21:45Oui, tout à fait, mais tout de même, c'est important ce que vous dites, Maître Boulou,
21:48parce qu'il y a plein de juges, il faut bien le dire, ce n'est pas la justice qui a décidé que c'était prescrit,
21:54il y a plein de juges qui s'étaient alignés sur le fait qu'il faut juger cet homme.
21:58C'était très clair, avec des démonstrations qui ont été faites, Maître Boulou.
22:02Bien sûr, et pas des moindres, je vous dis, des procureurs, procureurs généraux,
22:07le procureur général près de la Cour de cassation, dans son avis donné à l'Assemblée de Pénière,
22:11allait complètement dans notre avis.
22:14La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Lyon,
22:17qui était la chambre de renvoi après la première cassation,
22:21a effectivement rendu un arrêt vraiment très important,
22:25qui nous a encore un peu plus donné l'espoir.
22:29Et cette chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Lyon,
22:31je tiens à le préciser, parce que c'était très important,
22:34elle était composée de trois magistrats
22:37qui étaient chacun présidents d'une composition de la chambre de l'instruction.
22:41Il y a trois chambres de l'instruction à Lyon, enfin trois compositions,
22:44donc ce sont les trois présidents qui ont composé cette chambre,
22:46qui a rendu l'arrêt.
22:47Donc on s'est dit, là, franchement,
22:49la justice veut résister à la Cour de cassation.
22:52Pour la première fois, le visage du suspect va apparaître en public.
22:58Marie-Thérèse Bonfanti, le procès interdit.
23:01Nous, la famille, l'enfer, on le vit depuis 36 ans.
23:04L'enquête de l'ordre du crime, des aveux, le corps retrouvé.
23:07Comment le camionneur Yves Châtain pourrait-il échapper à une condamnation dans cette affaire ?
23:13C'est à suivre, et c'est dans un court instant sur RTL.
23:16Cette loi est insensée.
23:29Ça veut dire qu'un criminel, au bout de 30 ans,
23:32c'est plus un criminel, quoi.
23:33Donc on doit lui donner tous les honneurs,
23:36et il doit reprendre sa vie comme s'il y en était.
23:39Pour moi, c'est inconcevable.
23:41Retour aujourd'hui dans l'heure du crime, sur l'affaire Marie-Thérèse Bonfanti, en Isère.
23:46Une mère de famille disparue en 1986.
23:4936 ans plus tard, la famille peut mettre un nom et un visage sur son meurtrier,
23:54le suspect de la première heure.
23:55Famille qui n'a jamais été aussi proche d'un procès.
23:58Jeudi 3 novembre 2022, six mois après son arrestation,
24:04Yves Châtain est devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Grenoble.
24:07Il demande à être libéré.
24:09Châtain n'est pas présent physiquement,
24:12mais sur les écrans de visioconférence,
24:14les proches de Marie-Thérèse Bonfanti peuvent découvrir son visage.
24:19Le meurtrier de la mère de famille est un homme costaud.
24:22La mâchoire serrée, le crâne dégarni,
24:24il est vêtu d'un t-shirt orange.
24:26Depuis la prison de Vars, il s'adresse aux proches.
24:30J'ai du mal pour la famille, j'ai des remords,
24:32mais je serai plus utile à la société dehors en travaillant
24:35plutôt qu'en prison où je vis un enfer, déclare-t-il.
24:39Propos qui révulsent la famille,
24:41Françoise Saïa, sœur de Marie-Thérèse,
24:45réplique, nous, l'enfer, on le vit depuis 36 ans.
24:49L'enfer que mes parents ont vécu pour ne pas savoir où était leur fille,
24:53l'enfer de ces enfants qui ont dû grandir sans leur mère.
24:57Erika, fille de Marie-Thérèse, n'a cessé de fixer l'écran de visioconférence.
25:02Elle décrit un homme froid, sans émotion.
25:04Après une semaine de délibérés, Yves Châtain est maintenu en détention.
25:08La famille Saïa Bonfanti attend un procès.
25:12Lors de la demande de libération conditionnelle,
25:15leur avocat, Bernard Boulou, avait fait le forcing pour que Châtain reste en prison.
25:20Il avait présenté le meurtrier présumé de Marie-Thérèse
25:22comme un menteur, un manipulateur, un petit Lelandais,
25:26référence directe au meurtrier de la petite Maëlys.
25:30L'avocat préconisait même des investigations sur le chauffeur routier,
25:33des vérifications à mener sur d'autres affaires non résolues
25:37dans le périmètre Savoie-Isère,
25:40évoquée depuis l'arrestation de Châtain,
25:42entre autres la disparition en 1984
25:45de deux autostopeuses belges à une quinzaine de kilomètres de Pontchara.
25:49Châtain avait 18 ans à l'époque.
25:52Ou encore l'année suivante,
25:53la disparition d'une autre autostopeuse dans le même secteur,
25:56Marie-Ange Billou.
25:57Elle avait 19 ans.
25:58Et dans cette heure du crime,
26:01on retrouve Maître Bernard Boulou,
26:03avocat de la famille de Marie-Thérèse Bonfanti.
26:07Vous suivez cette famille depuis le début.
26:09Vous êtes l'avocat historique de cette famille.
26:11Alors, en novembre 2022,
26:13Châtain reste en prison.
26:15Ça, c'est plutôt un bon signal envoyé par la justice
26:19parce qu'on estime que cet homme,
26:21effectivement, il est tellement impliqué
26:22dans le meurtre de Marie-Thérèse
26:25qu'on ne peut pas le laisser sortir comme ça tout de suite.
26:29Tout à fait.
26:30C'est un excellent signal que nous avons reçu
26:33et un signe d'espoir supplémentaire
26:35parce qu'on avait évoqué
26:37non seulement la question de la prescription,
26:41les juge d'instruction avaient dit non,
26:42la chambre d'instruction dit non.
26:44Et en plus de cela,
26:45il présente une demande de remise en liberté.
26:48Et là encore,
26:49la chambre d'instruction répond par la négative.
26:52Donc, pour nous, c'était quelque chose déjà de...
26:55Même si on restait quand même sur la réserve,
26:58c'était un signe avant-fourreur
27:00comme quoi la justice
27:02pouvait aller dans le sens
27:05de l'absence de prescription.
27:07Donc, c'était très bien pour la famille à l'époque.
27:09La famille espérait.
27:11Est-ce qu'elle avait raison d'espérer finalement ?
27:14On a l'impression qu'on l'a un petit peu menée en bateau
27:17et que finalement, au dernier moment,
27:19elle s'est faite avoir cette famille.
27:20Alors, on a...
27:23Oui, alors ça, c'est quand on regarde l'affaire...
27:25Bien sûr, quand on a la faim,
27:26c'est toujours plus facile.
27:27Mais à l'époque,
27:29on avait effectivement déjà plusieurs magistrats,
27:32certes grenoblois,
27:34qui allaient vraiment dans l'autre sens.
27:38Dans le sens.
27:39Voilà, dans l'autre sens.
27:40Et qui disaient franchement,
27:42la thèse que vous soutenez,
27:44la famille et l'avocat que je suis,
27:47n'est pas si, on va dire, dénuée de bon sens que ça.
27:51Au contraire,
27:53voilà, elle est pleine de bon sens.
27:55Et nous, on va dans ce sens-là.
27:57Et pour nous, c'était vraiment quelque chose d'important,
28:01puisqu'on se disait,
28:03on va aller enfin vers un procès.
28:04Serge Pueyo, vous êtes notre correspondant RTL à Grenoble et dans les Alpes.
28:09Je le dis depuis le début de cette émission.
28:11Vous connaissez très bien ce dossier.
28:14Yves Chatin, il s'excuse lors de cette comparution par visioconférence.
28:19Il dit qu'il va vivre l'enfer en prison si on le laisse en prison.
28:23Bref, est-ce qu'il faut croire un petit peu à ses excuses, à ses regrets ?
28:28Ou bien ça s'est passé dans un climat plutôt froid ?
28:32Non, la famille Bonfanti a de gros doutes en le voyant s'excuser.
28:36Parce qu'effectivement, dans la foulée, il dit tout de suite,
28:39je vis un enfer en prison.
28:41Donc, vous imaginez l'état d'esprit de la famille qui se dit,
28:44attendez, pendant 36 ans, il a mis les faits.
28:47Il se fait coincer 36 ans après.
28:50Et puis là, maintenant, il dit que c'est un enfer, la prison, etc.
28:55Je me rappelle de Jeanne Saïa, le frère Marie-Thérèse,
28:57qui dit, monsieur Chatin, il se pose aujourd'hui en victime.
29:00Mais j'espère que son enfer, l'enfer qu'il dit vivre,
29:04eh bien, il va durer encore quelques années.
29:06Donc, voilà, la famille Bonfanti ne croit pas du tout aux paroles d'Yves Chatin,
29:13qui dit avoir des remords.
29:15Il pense surtout à Marie-Thérèse,
29:17qui, pendant 36 ans, s'était volatilisée.
29:20Il a fallu 36 ans pour avoir les aveux d'Yves Chatin.
29:23Et pour cette famille, eh bien, ce qui compte maintenant,
29:26c'est une condamnation d'Yves Chatin.
29:28Et offrir une sépulture aussi à cette femme,
29:31et que la famille puisse faire son deuil.
29:3336 ans d'attente.
29:34Serge Pueyo, on a raconté, écrit, dit beaucoup de choses
29:38sur Yves Chatin après son arrestation.
29:41Il y a des doutes qui ont émergé sur des affaires
29:44qui n'étaient pas résolues en Isère comme en Savoie.
29:46D'ailleurs, tout à l'heure, j'ai situé Ponchara en Savoie,
29:50pardon, c'est vrai, en Isère.
29:52Est-ce qu'on a fait des vérifications là-dessus, sur Yves Chatin ?
29:59Alors, il y a eu des vérifications.
30:00On ne sait pas si les enquêteurs ont pu aller jusqu'au bout.
30:03Mais c'est vrai qu'il y a des questions qui se posent.
30:05Parce qu'en 1981, par exemple, à Ponchara,
30:07il y a eu un meurtre.
30:09Liliane Chevènement, une secrétaire de 41 ans,
30:11qui avait été retrouvée à proximité de la maison Chatin,
30:15à à peine 200 mètres, étranglée.
30:17On n'a jamais identifié l'auteur des faits.
30:21Et puis, vous l'avez dit, il y a aussi la disparition de Marie-Ange Biou,
30:2419 ans, qui est passée devant la maison Chatin pour aller faire du stop
30:28et qu'on n'a jamais revue.
30:30Elle s'est volatilisée, comme Marie-Thérèse Bonfanti à l'époque, en 1986.
30:36C'était juste un an avant la disparition de Marie-Thérèse.
30:39Donc, tous ces dossiers restent avec un énorme point d'interrogation.
30:42Mais c'est vrai que les gendarmes suspectent Yves Chatin
30:48d'être possiblement à l'origine de ces faits-là.
30:51Encore aujourd'hui, Serge ?
30:53Encore aujourd'hui.
30:54Il y a encore des vérifications qui sont en cours.
30:57Il y a des vérifications.
30:58Ils n'ont pas pu aller au bout de leurs recherches.
31:02Mais effectivement, il y a vraiment des soupçons assez forts.
31:05Alors ça, c'est important, évidemment, de le souligner.
31:0840 ans plus tard, l'épilogue judiciaire.
31:11Marie-Thérèse Bonfanti, le procès interdit.
31:14On nous demande d'accepter l'inacceptable.
31:16Marie-Thérèse n'est pas un simple dossier.
31:19L'enquête de l'heure du crime.
31:21On se retrouve dans un instant sur RTL.
31:2414h15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
31:28Jean-Alphonse Richard.
31:3014h15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
31:33Heure du crime consacrée à l'affaire Marie-Thérèse Bonfanti, une mère de famille, tuée en 1986 en Savoie.
31:4136 ans pour arrêter le meurtrier.
31:44Le chauffeur routier Yves Chatin, il a tout avoué.
31:46Le corps a été retrouvé.
31:48Il pourrait être jugé.
31:49Mais il va faire valoir la prescription des faits.
31:53Mardi 24 janvier 2023, la chambre de l'instruction de Grenoble estime que l'affaire Marie-Thérèse Bonfanti n'est pas prescrite.
32:01Selon les juges, le crime était volontairement caché.
32:05La prescription ne commencerait qu'à la date des aveux d'Yves Chatin, soit en mai 2022.
32:11Une défaite pour le suspect, une victoire pour la famille.
32:14Une décision qui fait honneur à la justice, se félicitent les Bonfantis.
32:18Sous l'âgeant de courte durée, Yves Chatin est décidé à faire jouer la prescription.
32:23Il veut éviter le procès.
32:25Dix mois plus tard, l'arrêt est cassé.
32:27Yves Chatin est libéré.
32:28Il a l'obligation de pointer une fois par semaine à la gendarmerie.
32:32La guerre de procédure continue.
32:34Fait rarissime, la cour d'appel de Lyon rend un arrêt de rébellion contre la cour de cassation
32:40pour affirmer que le crime n'est pas prescrit.
32:42L'avocat général déplorait que Chatin ne puisse pas être jugé
32:47simplement parce qu'il avait eu l'intelligence ou la perversité de dissimuler le corps.
32:55Vendredi 16 janvier 2026, presque 40 ans après l'enlèvement de la mort de Marie-Thérèse Bonfanti,
33:01la cour de cassation tranche définitivement le dossier.
33:05Lors des débats, le procureur général de la cour avait demandé qu'on déclare le crime non prescrit
33:10pour éviter l'impunité, mais la cour ne suit pas le haut magistrat.
33:15Le dossier est déclaré prescrit.
33:18Le meurtrier présumé, Yves Chatin, ne pourra pas être jugé.
33:23La cour avait averti que cette décision serait difficile à comprendre pour la famille.
33:28Les Bonfanti sont abasourdis.
33:30Thierry, époux de Marie-Thérèse, parle d'une injustice violente.
33:34Eugène, frère de la victime, indique « On nous demande d'accepter l'inacceptable ».
33:39Il ajoute « Marie-Thérèse n'est pas un dossier, c'est une femme dont la vie a été brutalement arrachée.
33:44Sa mémoire mérite mieux que le silence et l'oubli. »
33:47L'avocat historique de la famille, maître Bernard Boulou, évoque une bénédiction judiciaire
33:53pour des individus qui commettent une sorte de crime parfait.
33:57Et on avoue que c'est une immense surprise, cette décision de la cour de cassation,
34:04parce qu'on pensait que tous les feux étaient au vert.
34:06Je vous avoue que moi-même, j'étais persuadé qu'effectivement, il n'y aurait pas prescription
34:09et que cet homme serait jugé.
34:11On l'espérait effectivement avec la famille, parce que la justice est là aussi pour être rendue,
34:16quelles que soient les circonstances.
34:18Et là, on n'a pas le fin mot de cette histoire.
34:20Le dernier chapitre, il n'est pas écrit.
34:22Il reste une page blanche, il n'y aura pas de procès.
34:26Maître Bernard Boulou, vous êtes avocat de la famille Bonfanti.
34:31On ne va pas rentrer dans les détails trop juridiques ou très techniques,
34:34parce que c'est très compliqué la prescription.
34:36Mais selon vous, qu'est-ce qui a fait basculer les juges ?
34:39Parce qu'encore une fois, on parlait de feu vert tout à l'heure,
34:42mais là, même le procureur général de la cour de cassation,
34:47qui est l'un des plus hauts magistrats de France, Rémi Hetz,
34:50avait dit, mais non, non, il faut un procès.
34:54Oui, effectivement.
34:55Alors, j'étais présent au délibéré.
34:57Tout à fait.
34:58Je peux vous assurer que, pendant la lecture de ce délibéré par le premier président,
35:04il y avait dans la salle un silence de...
35:06Je vais employer l'expression, mais un silence de mort.
35:09C'était vraiment terrible.
35:10La presse était également sous le choc, puisque tout le monde espérait,
35:15non pas un revirement de jurisprudence, mais un allègement de ce principe de la prescription.
35:21Moi, ce que je voudrais dire, c'est qu'il faut se rappeler deux minutes,
35:26quelque chose pour bien comprendre.
35:27En 1988, lorsque la chambre d'accusation de Grenoble avait dit
35:32« le non-lieu est confirmé »,
35:34elle avait préalablement refusé une demande de reconstitution
35:39et une demande de recherche et de fouilles
35:42qui avaient été présentées par l'avocat d'alors de la famille Bonfanti,
35:47parce qu'elle estimait que le juge d'instruction avait fait le maximum
35:52et qu'on ne pouvait plus rien faire
35:53et que la reconstitution ou la confrontation n'allait servir à rien.
35:56Et elle a dit ensuite « de toute manière,
35:59vous pourrez toujours reprendre la procédure en cas de charge nouvelle ».
36:02Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'en 1998,
36:06date limite de la prescription,
36:08on ne pouvait revenir vers la justice que si on avait de nouveaux éléments.
36:13Sauf qu'on ne pouvait pas avoir de nouveaux éléments pour diverses raisons,
36:17au niveau de la science, etc., on n'avait encore rien.
36:20Mais il fallait passer obligatoirement par le procureur de la République
36:23pour qu'un juge d'instruction soit alors saisi.
36:25On a lancé une rédaction de l'article 190.
36:28Ce qui faisait que même si la famille allait voir le procureur de la République
36:32pour lui dire « on a le sentiment que c'est monsieur un tel »,
36:35sans avoir plus d'indice que cela, ça n'aurait pas marché.
36:38Et là, la croix de cassation, en 2026,
36:41vient nous dire que le fait qu'il y ait eu une disparition,
36:46et cette disparition en particulier dans l'affaire Bonfanti,
36:49pouvait laisser penser à la commission d'une infraction.
36:52Alors, on pense au meurtre.
36:54Donc, en fait, on reproche aux autorités de poursuite
36:58et implicitement à la famille de ne pas avoir pensé qu'il pouvait y avoir meurtre
37:03et d'avoir lancé des poursuites sur la base du meurtre,
37:06alors qu'on n'avait aucun moyen matériel et objectif
37:09pour faire repartir la procédure sur la base des charges nouvelles.
37:12Oui, c'est ça. Vous étiez démunis.
37:14Et à l'époque, évidemment, la famille n'était pas au courant
37:18de ses subtilités juridiques.
37:20Et effectivement, on vient leur dire aujourd'hui
37:21« vous aviez qu'à un peu vous agiter »
37:22et puis dire qu'il y avait un meurtre
37:23et puis déposer sans doute une plainte pour meurtre
37:25et ça se serait bien passé.
37:26Alors évidemment, c'est un petit peu le monde à l'envers.
37:29Serge Puyot, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
37:31Évidemment, cette famille, vous l'avez écoutée et vous l'avez vue.
37:36C'est un écroulement total, non, chez les Bonfantis ?
37:38Complètement. Ils se sentent doublement floués.
37:42Imaginez qu'à l'époque, il y avait eu un non-lieu prononcé
37:45un an et demi à peine après la disparition de Marie-Thérèse en 1987.
37:50La justice avait vite refermé le dossier.
37:52Ça ne se passerait jamais comme ça actuellement.
37:55On enquête sur des années, normalement, sur une disparition.
37:58Et là, au bout d'un an et demi, donc, on referme le dossier.
38:02Et ensuite, on arrive à identifier le meurtrier présumé
38:0736 ans après.
38:09Là, on se dit, ça y est, la justice va se rattraper.
38:13Il va y avoir un procès, il va y avoir une condamnation.
38:16Eh bien non, on arrête tout.
38:18Donc, vous imaginez l'état d'esprit de cette famille qui se bat,
38:22qui ne peut pas admettre que le meurtrier de Marie-Thérèse,
38:26comme ça, reprenne sa vie comme si de rien n'était.
38:29C'est un choc terrible.
38:30Maître Bernard Bouloud, évidemment, ça ne se passerait pas dans certains pays
38:34comme ça.
38:36Aux Etats-Unis, à l'Angleterre notamment, on aurait rouvert le dossier.
38:40Sans doute, on aurait jugé cet homme.
38:43Ce n'est pas un petit peu obsolète, cette façon de voir les choses, finalement.
38:47Parce qu'avec l'ADN, par exemple, qui se développe,
38:50il va y avoir de plus en plus de révélations sur des personnes retrouvées des années après.
38:54Avec la science, les techniques, ça veut dire que toutes ces personnes
38:57qui seraient passées au travers des mailles du filet,
38:59parce qu'elles auraient bien caché un corps,
39:01parce qu'elles seraient bien arrangées avec la vérité,
39:04ces personnes, aujourd'hui, sont absoutes, finalement.
39:08Elles sont complètement absoutes.
39:09C'est pour ça que je parlais de bénédiction légale et judiciaire.
39:14Voilà, c'est la prime aux délinquants qui sont malins
39:18et qui arrivent à cacher leur forfait.
39:21Voilà, c'est ainsi.
39:24Ça va à contre-sens, effectivement, de ce qu'attend la société.
39:28La société attend que les crimes les plus graves, à savoir les meurtres,
39:32soient jugés, même si du temps a pu passer.
39:38Et surtout si la personne qui a donné la mort
39:40a été d'une parfaite mauvaise foi, comme c'est le cas.
39:44Yves Chatin, encore un mot, Maître Bernard Bouloud,
39:47il est libre, lui.
39:48Il n'y a pas de condamnation, évidemment.
39:51Comment la mise en examen a été retirée ?
39:55Alors, la mise en examen n'a pas encore été retirée,
39:57mais ça va être fait dans les jours à venir.
39:59Son contrôle judiciaire sera effectivement complètement levé
40:02et il sera libre, comme vous et moi,
40:05de poursuivre sa vie.
40:08Et gare à ceux qui diront que c'est un assassin ou un meurtrier,
40:13même s'il a pu avouer.
40:15Voilà, c'est ce que la justice nous renvoie.
40:20Une décision qui menace sept dossiers,
40:23je dis bien sept dossiers du pôle des Colquaises.
40:27Marie-Thérèse Bonfanti, le procès interdit.
40:30Je souhaite bon courage au juge du pôle des Colquaises,
40:33l'enquête de l'heure du crime.
40:34Je vous retrouve tout de suite sur RTL.
40:35Dans l'heure du crime, aujourd'hui,
40:50l'affaire Marie-Thérèse Bonfanti tuait en 1986.
40:52Son meurtrier est arrêté 36 ans plus tard.
40:55Yves Châtain avait passé des aveux complets,
40:57mais il ne sera jamais jugé.
40:59La Cour de cassation a déclaré en janvier 2026
41:02l'affaire prescrite.
41:03Décision très lourde de conséquences.
41:08Vendredi 28 novembre 2025,
41:10lors des débats,
41:11le procureur général près la Cour de cassation,
41:14Rémi Hates,
41:15favorable à un procès pour Yves Châtain,
41:17avait mis en garde contre la prescription.
41:19Si tel était le cas,
41:21parmi les 22 dossiers d'enlèvement et séquestration
41:24instruits actuellement par le pôle des Colquaises,
41:27sept affaires risqueraient d'être remises en cause.
41:31Sept dossiers aujourd'hui menacés.
41:33Je souhaite bon courage au pôle,
41:35s'était exclamé Thierry Bonfanti,
41:38Marie de la victime.
41:41Au moment de sa disparition,
41:43Marie-Thérèse Bonfanti avait 25 ans.
41:46Elle venait de fêter son sixième anniversaire de mariage.
41:49Quand sa route a croisé celle d'Yves Châtain,
41:52le procès de cet homme n'aura pas lieu.
41:55Comment peut-on faire ça, une maman, une jeune maman ?
41:58C'est pas possible, je ne comprends pas.
41:59Et pendant toutes ces années,
42:02il a vécu normalement,
42:04il est parti en vacances,
42:06il a eu de bons moments,
42:07tandis que les enfants ont grandi sans maman.
42:10Un mari qui pleure sa femme tous les jours,
42:12une mère qui cherche sa fille durant toute sa vie.
42:14La voix de Françoise Saïa,
42:18la sœur de Marie-Thérèse Bonfanti,
42:20c'était sur RTL.
42:21Dans cette heure du crime,
42:23un peu particulière, il faut bien le dire,
42:25parce que cette décision,
42:27l'onde de choc de cette décision,
42:28n'a pas fini de produire ses effets.
42:32Maître Bernard Boulou,
42:33vous êtes avec nous,
42:34vous êtes l'avocat historique,
42:36je le dis depuis le début,
42:36de la famille de Marie-Thérèse Bonfanti.
42:39C'est vous qui les avez assistés
42:41et qui continuez à les assister,
42:42cette famille.
42:44Je vais vous poser une question très cache,
42:45Maître Boulou.
42:47À quoi ça sert aujourd'hui le pôle des Colquaises ?
42:50Le pôle des Colquaises, ici,
42:51dans l'heure du crime,
42:51on l'a toujours défendu,
42:52c'est une institution maintenant
42:54qui est incontournable
42:55et qui est nécessaire
42:56à la vie judiciaire et juridique de notre pays.
43:00Mais si, au pôle des Colquaises,
43:02on identifie des coupables
43:04et que ceux-ci vont dire
43:06« Mais non, attendez,
43:07continuez à m'interroger »,
43:08oui, je veux bien tout avouer,
43:09mais c'est prescrit.
43:10À quoi sert le pôle des Colquaises ?
43:12Alors, il servira toujours
43:13pour les affaires
43:14qui ne sont de toute manière
43:15pas prescrites,
43:15ça c'est évident,
43:16donc il y en a quand même beaucoup.
43:18C'est vrai que pour ces dossiers-là,
43:19j'ai dit tout de suite après le délibéré
43:22que le soir même,
43:24le pôle Colquaises pourra ranger,
43:27je pense,
43:287 ou 8 ou peut-être 10 dossiers
43:29tout de suite,
43:30en décartant,
43:31il est passé aux oubliés de judiciaire.
43:33J'ai déjà entamé une procédure,
43:36donc demain,
43:37je vais faire partir une lettre
43:38au ministre de la Justice,
43:39justement pour venir au soutien
43:41du pôle Colquaises,
43:42mais également des familles
43:43qui sont dans la situation
43:44de la famille Bonfanti,
43:46pour l'avenir,
43:46bien sûr,
43:47on ne peut travailler que pour l'avenir.
43:48Je vais déposer donc
43:49une proposition de loi
43:52pour modifier l'article 9.3
43:53d'une code de procédure pénale
43:55pour faire de la dissimulation
43:58un obstacle de faits insurmontables
44:01de par la loi,
44:02comme ça au moins,
44:03on n'aura pas travaillé pour rien
44:05avec la famille Bonfanti
44:06et on travaillera également
44:07pour ces familles
44:08et également pour le pôle Colquaises
44:09parce qu'il faut que le pôle Colquaises
44:11continue son œuvre malgré tout
44:15parce qu'effectivement,
44:16il faut un travail considérable
44:18avec une humanité
44:19dont on ne peut même pas imaginer.
44:21Moi, ce que je plains, voyez-vous,
44:24ce sont ces magistrats
44:25qui vont devoir maintenant
44:26dire aux quelques familles
44:28dont les dossiers vont devoir
44:29se refermer suite à l'arrêt Bonfanti
44:30et devoir leur expliquer
44:32les raisons pour lesquelles
44:34ce dossier...
44:35Voilà, c'est quelque chose
44:36qui va être terrible.
44:37Je leur fais confiance
44:38que ce sont des magistrats
44:39avec une humanité très profonde,
44:41mais ça va être quelque chose
44:43de très douloureux
44:44aussi pour ces magistrats.
44:46Voilà, c'est une onde de choc énorme
44:48cette décision,
44:49mais c'est la justice.
44:52Donc, touralex, c'est de l'ex.
44:54Alors, je sais bien
44:54que le garde des Sceaux,
44:55il n'a pas le pouvoir
44:57de changer une décision
44:59de la Cour de cassation
45:00et c'est heureux d'ailleurs.
45:01La Cour de cassation
45:01a statué en pleine conscience,
45:04j'ai envie de dire ça comme ça.
45:06Mais vous lui lancez un appel
45:08aujourd'hui au garde des Sceaux ?
45:09Alors, non seulement je lui lance
45:11un appel par notamment
45:13le touchement de RTL
45:15et votre émission
45:16qui est d'une excellente
45:18et très grande qualité.
45:20J'espère qu'il l'écoute.
45:21Il va recevoir effectivement
45:23une lettre de ma part
45:25pour effectivement permettre
45:27de faire évoluer cet article 9.3
45:29du Code de procédure pénale.
45:31J'espère que cette lettre
45:33trouvera un accueil,
45:34on va dire, favorable,
45:36qu'on prendra en considération
45:38tout ce travail que nous avons fait,
45:41la famille, moi,
45:43les magistrats qui ont aussi résisté,
45:45mais également, je le dis clairement,
45:48aussi tout le travail,
45:49je vais travailler aussi avec lui,
45:52Didier Sebon,
45:53qui est un confrère
45:54qui est très expérimenté
45:56et qui a aussi nombre de dossiers
45:58que nous traitons.
46:00Nous allons travailler ensemble
46:01pour que cet article 9.3
46:03soit modifié.
46:04Moi, mon courrier va partir demain,
46:07il est prêt,
46:08et voilà, on ne lâchera pas,
46:10on ne baissera pas les bras,
46:11c'est la justice à baisser les bras,
46:13nous ne baisserons pas,
46:14nous les familles et les avocats,
46:16les bras,
46:16nous continuerons à nous battre
46:18car un crime de sang
46:20ne doit jamais rester impuni.
46:22Alors, on est bien d'accord,
46:23Maître Boulou,
46:23vous avez bien parlé,
46:24c'est exactement ça qu'il faut dire,
46:26rappeler que c'est normal
46:27que la justice ne passe pas
46:29dans ce dossier,
46:30ben, c'est pas normal,
46:31on a changé d'époque,
46:32on a changé de monde,
46:33et peut-être la cour de cassation,
46:34pardon,
46:35notre parole est libre,
46:37on est sur RTL,
46:38il n'y a pas de langue de bois,
46:39ben, pardon,
46:40peut-être la cour de cassation
46:41a quelques décennies de retard
46:43ou quelques années de retard
46:44pour ne pas accrocher
46:45les bons wagons.
46:47Alors, juste un petit mot,
46:48Maître Bernard Boulou,
46:49est-ce qu'il n'y a aucun recours
46:50contre la décision
46:51de la cour de cassation ?
46:53Alors, nous pourrions aller,
46:55alors, aucun recours,
46:57si, on peut aller toujours
46:58devant la cour européenne
46:59de justice,
47:00mais ça ne fera pas
47:01revenir en arrière
47:02la décision,
47:03donc, ce n'est pas,
47:05je préfère me battre
47:06et utiliser
47:07toute mon énergie
47:09pour
47:11faire changer la loi.
47:14Serge Pueyo,
47:15vous êtes avec nous,
47:15correspondant RTL à Grenoble,
47:17et vous suivez ce dossier
47:18depuis le début,
47:19c'est vous qui avez révélé
47:20vraiment toutes les étapes
47:21de ce dossier sur RTL.
47:24Cette famille,
47:24il faut la saluer,
47:25évidemment,
47:26la famille Bonfanti
47:27qui est aujourd'hui
47:27à nouveau dans le malheur,
47:29après avoir espéré,
47:30c'est la désillusion,
47:31mais avec un mot,
47:32juste, Serge Pueyo,
47:33il n'y a jamais eu
47:34d'attaque
47:35contre l'auteur des faits,
47:37contre Yves Chatin,
47:39la famille est toujours
47:40restée très digne ?
47:41Exactement,
47:42toujours restée très digne,
47:43ce n'est pas une famille
47:44qui dit
47:44on va régler
47:46nos comptes nous-mêmes,
47:47on va faire la justice
47:48en prenant un fusil,
47:50non,
47:50ce n'est pas du tout
47:51le style de cette famille,
47:52elle a fait confiance
47:54en la justice
47:54jusqu'au bout,
47:56aujourd'hui,
47:56c'est un coup de massue,
47:58c'est la douche froide,
47:59mais c'est une famille
48:00qui ne prendra
48:02pas de gestes
48:04vis-à-vis
48:05d'Yves Chatin
48:06et qui malheureusement,
48:08effectivement,
48:08doit maintenant
48:09subir cette décision
48:11de la Cour de Cassation.
48:12Vivre avec cette décision,
48:13merci Serge Pueyo
48:14et Maître Bernard Boulou
48:15d'avoir été les invités
48:16de l'Ordre du Crime,
48:17merci à l'équipe
48:17de l'émission,
48:18Rédal Crisson,
48:19chef Justine Vigneault,
48:20préparation Lisa Canales,
48:21Pauline Descillons,
48:22réalisation en direct,
48:23Nicolas Godet,
48:24je vous conseille
48:25le podcast RTL,
48:26un échange
48:27avec quelqu'un
48:27que vous connaissez bien,
48:28c'est Christophe Ondelat,
48:29on parle crime
48:31et call case,
48:32parlons crime,
48:33le podcast avec moi-même,
48:34votre serviteur
48:35et Christophe Ondelat.
48:36Je l'ai écouté moi ?
48:37Demain !
48:37Je l'ai écouté ?
48:38C'est très bien,
48:39formidable,
48:40hyper intéressant.
48:40Vous arrivez trop tôt,
48:42mon cher Laurent Deux,
48:42Oui, pardonnez-moi,
48:43pardonnez-moi.
48:43Qu'est-ce qu'il y a alors ?
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