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  • il y a 1 heure
Lundi 25 mai, Hedwige Chevrillon a reçu Patrick Dutartre, général de l'armée de l'air, et Mathieu Jolivet, journaliste BFM Business, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00BFM Business et la Tribune présente
00:05Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:12Vous êtes toujours dans le 18-19 avec mon invité, le général Patrick Dutard.
00:18Bonsoir, merci d'être avec nous.
00:20Vous êtes le général de l'armée de l'air, vous êtes un des très fins connaisseurs de ce qui
00:24se passe aujourd'hui.
00:25C'est pour ça que merci d'être là.
00:27Et avec vous, face à vous, Mathieu Jolivet, éditorialiste de BFM Business.
00:31Bonsoir, Mathieu.
00:32Bonsoir, Edwige.
00:33Je recommande les chroniques et les podcasts de Mathieu Jolivet, toujours très très instructés sur ce qui se passe.
00:41On a le sentiment, Patrick Dutard, au général Patrick Dutard,
00:45que ce sont les Iraniens qui sont en train d'avoir la main.
00:50On a entendu des déclarations, évidemment, du président Trump,
00:53disant qu'il faut un accord qui soit formidable ou un accord qui sera inacceptable.
01:03Et puis, en même temps, on voit les affaires étrangères iraniens qui commencent à dire
01:08« Nous, il faut qu'on récupère nos avoirs gelés.
01:11Il faut un droit de passage sur le détroit d'Hormuz.
01:13Il faut ceci, il faut cela. »
01:15On se demande un peu qui est à la main aujourd'hui.
01:17Je pense qu'un peu des deux, en fait.
01:19Ce qui est sûr, c'est que le président Trump a la main sur le bouton.
01:23Il peut déclencher des frappes à nouveau et une grosse campagne, en fait, à tout moment.
01:28Ça, il a mis en place tous les moyens qu'il fallait.
01:30Et en même temps, sans le com' à préparer tous les scénarios possibles.
01:34Ça, c'est la première chose.
01:35Mais effectivement, on sent d'un autre côté qu'il n'a pas vraiment envie d'y aller.
01:40Et on peut le comprendre.
01:41Nous, on préfère aussi qu'on trouve une solution, entre guillemets, pacifique, en tout cas, par négociation.
01:46Et là, il y a un bras de fer, effectivement, de la négociation qui n'est pas simple,
01:49parce que les Iraniens sont extrêmement durs en négociation, on le sait.
01:56Et il y a trois enjeux principaux, en fait.
01:59Bien sûr, les détruits d'Hormuz, bien sûr l'uranium.
02:02Mais celui-là, il peut se traiter, en fait, un peu dans le temps.
02:05C'est-à-dire qu'on pourrait avoir 60 jours, comme on l'entend ici ou là, pour traiter ce
02:09problème de l'uranium.
02:10Même si, à mon avis, il n'y a aucune urgence, parce que l'uranium qui a été enrichi,
02:15il est enfoui, à mon sens, sur des centaines, pour ne pas dire des milliers de tonnes de gravats.
02:19Donc, on a peu de chance qu'ils s'en servent rapidement.
02:22Donc, ce n'est pas la priorité.
02:23En revanche, les trois d'Hormuz nous concernent toutes et tous dans notre quotidien.
02:27Ils concernent tout le monde, les Occidentaux, les pays arabes.
02:29Alors ça, c'est un sujet.
02:30Et le troisième, qui n'apparaissait pas clairement, c'est effectivement les avoir gelés.
02:34Mais on sent que c'est un sujet extrêmement sensible pour les Iraniens.
02:38Et à mon sens, c'est ce qui fait un peu reculer les négociations.
02:42On va revenir là-dessus avec Mathieu Jolivet.
02:43Juste un point que je partage complètement avec vous.
02:47C'est qu'on dit que Donald Trump, il peut appuyer sur le bouton.
02:49Mais en même temps, il ne reparle plus du tout de guerre.
02:53On a le sentiment qu'il est passé à autre chose.
02:57Comment vous l'expliquez ?
03:00Alors, c'est difficile de lire du Trump, hein ?
03:02Oui, ça, je vous l'accorde.
03:04Non, non, parce qu'il sait qu'il peut le faire, mais il n'a pas forcément envie.
03:09Parce que je pense qu'il a aussi, contrairement peut-être à ce qu'on pourrait croire,
03:13un vrai souci de la vie humaine, tout simplement.
03:17On n'est passé pas loin lorsqu'on a perdu les deux équipages.
03:20Enfin, on a perdu le F-15E et que les deux équipages ont été récupérés.
03:25Mais c'était absolument une opération extraordinaire,
03:29mais qui aurait pu beaucoup moins bien se passer.
03:32Donc, il ne veut pas prendre trop de risques non plus.
03:35Mais je pense qu'il ne se l'interdit pas non plus.
03:37Donc, quand il disait la semaine dernière qu'il était à une heure
03:40de déclencher une nouvelle vague d'hostilité, je pense que c'était vrai.
03:45Je parle sous le contrôle du général Dutart,
03:49mais je crois que l'enseignement des premières frappes
03:52il y a trois mois israélo-américaines,
03:55c'est que les seules interventions et opérations aériennes ne suffisent pas.
04:01On a vu notamment après...
04:02Ça ne suffit pas pourquoi, en fait ?
04:05De ce que j'ai compris, déjà derrière,
04:08on a une structure de commandement iranienne
04:10qui est totalement éclatée dans tout le pays,
04:12où si vous décapitez une tête quelque part,
04:15vous avez dix solutions qui sont éclatées au niveau territorial.
04:18Donc, il y a dix plans B dès qu'on coupe une tête.
04:21Et derrière, de ce que j'ai compris,
04:24il y a un besoin d'appui, notamment terrestre,
04:26en plus des forces aériennes.
04:28Et là, on arrive sur un autre morceau.
04:30Et effectivement, comme vous le rappeliez,
04:33Donald Trump a quand même en tête les précédents,
04:36évidemment, du Vietnam,
04:37mais aussi de l'enlisement afghan,
04:39de l'enlisement irakien, etc.
04:42Et il ne veut pas, à titre personnel
04:44et aussi à quelques mois demi de terme
04:46et vis-à-vis d'une opinion publique américaine
04:49très rétif à ses opérations lointaines,
04:52il ne veut pas s'aventurer sur ce schéma-là.
04:55En plus, il vient de dégainer sa stratégie
04:57de défense nationale et sa fameuse doctrine
04:59d'Honro, dans laquelle,
05:00et ça, c'est vraiment sa philosophie intime,
05:03tout ce qui est loin de chez lui,
05:05c'est pour les autres.
05:05En revanche, tout ce qui se passe dans son hémisphère
05:07à lui, ça le concerne.
05:10Il y a eu quand même, au début de cette guerre,
05:12depuis le 28 février,
05:13il y a eu quand même des interventions aériennes
05:16très fortes.
05:17Je rappelle que vous êtes déjà générale
05:18de l'armée de l'air,
05:19mais c'est vrai que là, on se demande,
05:20si vous voulez, c'est des rapports de force,
05:22vous l'avez dit,
05:22les Iraniens sont très très forts,
05:25surtout en diplomatie étrangère.
05:26Et pourquoi ils n'envoient pas encore
05:30quelques vols pour faire plier les Iraniens ?
05:34Alors, bien sûr, si on voulait se contenter
05:38d'une campagne aérienne pour changer un régime,
05:40on n'est personne, en fait,
05:41de censé penser qu'on allait changer un régime.
05:44Mais c'est du point de départ, pardonnez-moi.
05:46Ah ben, c'était l'uranium,
05:47et il y a changé de régime.
05:48Non, l'uranium, ça c'est clair.
05:51Et ça, à mon avis,
05:52l'enregistrement de l'uranium,
05:53on devrait être tranquille pour un certain temps.
05:56Affaiblir le pouvoir de nuisance de l'Iran,
05:59et ça, ça a été atteint,
06:00c'est-à-dire qu'il y a beaucoup, beaucoup,
06:02quand même, on voit,
06:03ce qu'ils avaient accumulé comme missiles
06:05longue portée,
06:06notamment tous les missiles
06:07qui tombaient sur Israël,
06:09les missiles intermédiaires,
06:10et ces fameux drones Shahed,
06:12ils ont attiré quand même des centaines,
06:13pour dire des milliers.
06:14Donc ça, il y en a une énorme partie
06:16qui a été détruite.
06:17Combien ?
06:18On ne sait pas encore complètement,
06:19ça c'est clair,
06:20parce qu'il y a une défaut...
06:21Ils sont en train de reconstituer leur stock,
06:23en tous les cas, c'est ce qu'ils disent.
06:24Non, vous n'y croyez pas.
06:24C'est ce qu'ils disent,
06:25c'est pas possible,
06:26parce que l'industrie aussi de fabrication
06:29a été vraiment mise à mal.
06:31Il peut y avoir une ou deux usines enterrées,
06:34ou en tout cas sous terre,
06:35qui permettent de produire des Shahed
06:39dans un certain nombre.
06:40Et d'ailleurs, il faudrait couper,
06:42d'ailleurs, le cordon ombilical
06:43avec la production à la fois de puces
06:45qui permettent de guider ces Shahed,
06:47et à la fois les moteurs.
06:49Et donc ça, les objectifs militaires,
06:51pour beaucoup, ils ont été atteints.
06:52Par contre, là où Trump a...
06:54à mon avis, n'a pas analysé suffisamment
06:57les conséquences des droits d'Hormuz.
06:59Il n'a pas envisagé ça.
07:01Ils ont quand même décapité une partie,
07:02quand même, de la gouvernance
07:04des gardiens de la Révolution.
07:05Ça, c'était un objectif...
07:06Oui, mais les pèses d'Aram
07:07sont revenues en masse, hein.
07:08Oui, oui, tout à fait.
07:09Mais enfin, bon, il y a eu quand même
07:10un certain nombre de personnalités.
07:11Et ça, c'était un choix d'Israël.
07:13Israël aussi poussé pour ça.
07:15Donc, ces objectifs-là,
07:16ils peuvent se poursuivre, si vous voulez,
07:18pour...
07:18En fait, on pourrait libérer
07:20par la force des droits d'Hormuz,
07:21mais, effectivement, ils reculent.
07:23Si c'était pour un changement de régime,
07:25évidemment qu'il faudrait des forces terrestres,
07:26mais il n'est pas question
07:27de s'engager là-dedans pour l'instant.
07:29Et ce qui est intéressant,
07:30c'est que même la priorité,
07:31vous avez totalement raison,
07:32la priorité, c'est une priorité
07:34aussi pour l'économie mondiale,
07:36c'est de débloquer
07:38ce satanier des droits d'Hormuz.
07:39Aujourd'hui, ça, c'est assez dévastateur.
07:41Je ne sais pas si vous avez vu...
07:42On va revenir, pardonnez-moi,
07:43sur le des droits d'Hormuz juste avant.
07:44Je voudrais vous donner
07:45quelques précisions,
07:46si vous les avez, Mathieu,
07:47sur ce que vous disiez,
07:49c'était un des trois points
07:50sur les avoirs gelés.
07:52Parce que là,
07:53ils ont 12 milliards
07:54qui sont gelés au Qatar.
07:56Il y a entre 100 et 120 milliards
07:58qui sont le montant des avoirs totaux.
08:01Et les Iraniens disent
08:02qu'on veut récupérer nos avoirs gelés.
08:05En fait, il s'agit de capitaux iraniens
08:08qui ont été gelés
08:09à travers plusieurs vagues de sanctions
08:11qui ont commencé sous Obama en 2010.
08:15et à l'époque, en fait,
08:16vous avez tous les avoirs
08:17de la banque centrale iranienne
08:19qui ont été gelés
08:20à l'échelle mondiale.
08:22Et le Wall Street Journal
08:23a enquêté là-dessus.
08:24Pour l'instant,
08:25c'est la seule source que j'ai,
08:26le Wall Street Journal,
08:27qui nous dit
08:28qu'il y aurait un compte
08:29des avoirs gelés
08:30de 6 milliards au Qatar,
08:321 milliard à Oman.
08:33Vous auriez 15 milliards
08:35d'avoirs gelés
08:37qui seraient juste à côté de Oman,
08:407 milliards en Inde.
08:41Et alors là,
08:42c'est un peu plus flou,
08:43mais il y aurait aussi
08:44des fonds iraniens en Chine.
08:47Vous savez que la Chine
08:47est comme le premier client
08:50notamment énergétique de l'Iran
08:51qui se chiffrerait
08:52en plusieurs dizaines
08:53de milliards de dollars aussi.
08:55C'est-à-dire,
08:55c'est un enjeu très, très important.
08:57C'est à peu près un tiers.
08:59Juste pour dire
09:00ces 120 milliards d'avoir gelés,
09:02dans le scénario
09:03où on débloquerait tout,
09:04c'est à peu près un tiers
09:05du PIB iranien aujourd'hui.
09:07Et on sent que c'est un peu
09:07de la nitroglycérine aussi
09:08pour Washington
09:09parce qu'imaginer
09:10une telle quantité d'argent
09:12débloquée d'un jour
09:13du jour au lendemain
09:14pour l'Iran,
09:15qu'est-ce qu'ils vont en faire ?
09:16Comment faire en sorte
09:17que ça ne vienne pas
09:18notamment financer,
09:19donner aussi un bol d'air
09:20à ces proxy
09:21qui ont été affaiblis,
09:22notamment pour financer
09:23le Hezbollah ?
09:24Voilà,
09:24ça soulève quand même
09:25des questions très sensibles.
09:25Sachant que les Iraniens
09:26estiment que les destructions
09:28qui ont été causées
09:29par les Israéliens
09:30et les Américains,
09:32c'est de l'ordre
09:32de 270 milliards de dollars.
09:34C'est bien pour ça
09:35qu'on parle de combattes aériennes
09:36qui n'a servi à pas grand-chose.
09:38Excusez-moi,
09:38270 milliards de constructions
09:41et de matériel,
09:42ce n'est quand même pas rien.
09:43Et donc,
09:44ça prouve qu'elle était
09:45plus efficace qu'on imaginait.
09:46Par contre,
09:46on n'a pas été jusqu'au bout.
09:48Mais on peut le comprendre.
09:49Moi, je ne suis pas du tout
09:50un vant en guerre,
09:51bien au contraire.
09:52Et je pense que l'Iranium,
09:54on est tranquille
09:54pour un certain temps,
09:55même s'il faudra rester vigilant.
09:57Et par contre,
09:58les détroits d'Hormuz,
09:59les scénarios,
09:59ils n'avaient pas envisagé.
10:00Et ils auraient dû,
10:01à mon avis.
10:01Et la campagne aérienne,
10:03que les choses soient claires,
10:04n'a pas été centrée
10:05sur le détroit d'Hormuz au départ.
10:06Donc ça,
10:07c'est une possibilité,
10:08mais j'espère
10:09qu'elle ne sera pas forcément
10:10utilisée.
10:10Mais c'est une possibilité
10:12si on doit déverrouiller
10:13ce détroit.
10:14Oui,
10:14mais parce que lorsqu'on voit
10:15que le blocage du blocage,
10:17qui a été instauré
10:18par les Américains,
10:19finalement,
10:19il ne sert pas,
10:24des nouvelles images
10:26sur le nombre de bateaux
10:27qui sont coincés
10:28dans le détroit d'Hormuz.
10:29C'était absolument...
10:31On les a vus tout à l'heure.
10:33Je crois qu'elles sont
10:34produites par Euterce.
10:35Là, on peut les voir
10:36pour ceux qui nous regardent.
10:37Mais c'est étonnant
10:39qu'ils n'aient pas réussi
10:40à forcer ce détroit d'Hormuz.
10:43Et envoyer,
10:44comme vous dites,
10:44je ne sais pas, moi...
10:46Non, non,
10:46mais ils n'ont pas réussi.
10:47En fait,
10:48ils n'ont pas eu la volonté
10:50de commencer la bataille d'Hormuz.
10:54Pour moi,
10:54il n'y a pas eu
10:54de bataille d'Hormuz encore.
10:56Et pourquoi ?
10:58Je ne sais pas,
10:58parce qu'ils voulaient peut-être
10:59trouver une autre solution,
11:00parce qu'il y avait eu
11:01le cessez-le-feu.
11:02Et c'est juste quasiment
11:03un petit peu avant le cessez-le-feu
11:04que le détroit a été bloqué.
11:06Donc, ils ne voulaient pas
11:07rompre ce cessez-le-feu.
11:08Je vous rappelle quand même,
11:09il y a trois destroyers
11:10qui sont rentrés
11:11et qui sont sortis
11:12dans le détroit d'Hormuz.
11:13Vous imaginez bien
11:14que le rêve
11:15de tout gardien de la Révolution
11:17ou de toutes ses milices
11:20était de toucher,
11:21voire de couler
11:21un de ses bateaux.
11:22Et c'était en phase 2,
11:24c'était à 15-20 kilomètres.
11:25Et donc,
11:25ils ont envoyé
11:26des vêtres rapides
11:27qui se sont fait couler.
11:28Ils ont envoyé des drones.
11:29Et en fait,
11:30ces détroyers sont passés
11:31presque impunément.
11:32Donc,
11:33s'il y avait une vraie volonté,
11:35il y aurait des risques,
11:36c'est évident.
11:37Il pourrait y avoir
11:38des dégâts,
11:39mais ce n'est pas du tout impossible,
11:40contrairement à ce que certains disent.
11:41Une des leçons
11:42que je trouve passionnantes
11:43dans ce blocage
11:43du détroit d'Hormuz,
11:44c'est qu'on s'est rendu compte
11:45que finalement,
11:45c'est très facile à bloquer
11:47un détroit d'Hormuz.
11:47Et ils ont activé ce levier
11:49de manière assez intelligente
11:50finalement les Iraniens
11:51parce que là,
11:51on est dans une guerre psychologique.
11:53On se rend compte
11:53qu'à partir du moment
11:54où vous instillez le doute
11:56sur une éventuelle action,
11:58une éventuelle frappe,
11:59plus personne ne veut y aller.
12:00Et depuis trois mois,
12:01vous avez eu quand même
12:01deux ou trois fenêtres de tir
12:03où vous avez les Américains
12:04qui ont dit
12:05c'est bon,
12:05vous pouvez commencer à y aller.
12:07À cette époque,
12:08moi j'ai appelé
12:08tous les armateurs
12:09que je connaissais,
12:10il n'y en a pas un
12:10qui voulait y aller.
12:12Donc,
12:12à partir du moment
12:16je crois qu'il y a
12:17à peu près cinq détroits
12:19de par la planète.
12:20Donc,
12:20si vous voulez,
12:20ça peut être
12:21donner des idées à d'autres
12:23parce que là,
12:23on voit bien que les Iraniens
12:24et les Isbatiens
12:25vont faire comme Panama.
12:26Donc,
12:26ils veulent un droit de péage
12:27ce qui est illégal
12:28au regard du droit international.
12:30Mais en même temps,
12:31on est quand même
12:31très très loin
12:32du droit international
12:33de tous les côtés.
12:34On peut dire ça comme ça.
12:35On peut faire la même chose
12:35à Gibraltar.
12:36On peut faire ça
12:37au large de Brest.
12:38Vous savez,
12:38pourquoi pas ?
12:38On peut tout imaginer.
12:40Malacca,
12:40vous avez deux fois plus
12:41de trafic c'est qu'à Hormuz.
12:42Oui,
12:42Malacca,
12:43c'est 80 000 bateaux
12:44qui passent par le détroit
12:45de Malacca
12:45alors que c'est que,
12:46entre guillemets,
12:4740 000 qui passent
12:48par le détroit d'Hormuz.
12:49On peut retourner facilement
12:49à l'étroit de Malacca
12:50même si ça demande
12:51un détour.
12:53Mais il y a Singapour
12:54en face.
12:54Singapour,
12:55ils n'ont pas envie
12:56que le détroit soit...
12:57Au pied levé,
12:58pardon,
12:58général Dutart,
12:59si c'est une colle pour vous.
13:01Mais quel jugement
13:02vous portez
13:02sur l'armée américaine ?
13:04Il y a une chose
13:05que cette guerre a révélée,
13:06c'était la faiblesse
13:08un peu sidérante
13:10de l'armée
13:11au sens large
13:12et de la marine
13:13notamment anglaise,
13:14britannique.
13:15Vous,
13:15quand vous regardez,
13:16là,
13:17vous avez vu les images
13:18maintenant depuis trois mois
13:19sur l'armée,
13:21les forces américaines,
13:23qu'est-ce que vous dites ?
13:24Non,
13:24alors les forces américaines
13:26font le job
13:27mais quand vous regardez bien,
13:29ils n'ont jamais été inquiétés
13:31directement sur leur base.
13:33C'est-à-dire qu'il y a
13:33un déficit de défense,
13:35de protection aérienne
13:37c'est la seule chose.
13:38Ce sont avant tout
13:39de l'armement offensif
13:41mais peu défensif en fait
13:42parce qu'ils n'ont jamais
13:43été inquiétés
13:44même pendant la guerre
13:45du Golfe numéro 1
13:45à laquelle j'ai participé.
13:47Il y avait quelques Scuds
13:49qui arrivaient d'ailleurs
13:50qui ont tué des soldats
13:51notamment à Dharan
13:52où je crois que c'est un Scud
13:54qui est tombé
13:55sur une cafétéria
13:56dans lequel il y avait
13:57des soldats américains.
13:58Je crois qu'il y a 30 soldats
13:59qui ont été tués.
14:00Mais la défense antiaérienne,
14:01donc on a les fameux
14:03patriotes
14:03qui font le job,
14:05en partie,
14:06mais par contre là
14:07on a tous péché
14:09en fait par
14:11somnolence
14:11ou observation
14:12ou létalité
14:13je ne sais pas
14:13quel mot on peut utiliser
14:15mais l'observation
14:16qu'on a du théâtre ukrainien
14:194 ans
14:20plus de 4 ans de guerre
14:21où tous les jours
14:22il y a 100, 200, 500,
14:23600 drones
14:25qui survolent ce territoire
14:27et on n'a pas les moyens
14:28de défense aérienne adaptés.
14:30Je dis bien adaptés.
14:31On sait faire bien sûr
14:31avec n'importe quel chasseur
14:32détruire ce type de drones
14:34par contre ça coûte
14:34beaucoup trop cher
14:35il faut absolument
14:36et c'est en cours
14:37j'espère
14:37qu'on développe
14:38les drones anti-drones
14:39à moindre coût.
14:41Oui, c'est ce qu'en font
14:42les ukrainiens
14:43mais je vous remercie
14:44ça fait partie
14:45ça fait la liaison
14:46avec l'autre guerre
14:48j'ose pas dire oublié
14:49parce que quand même
14:49elle revient beaucoup
14:50sur le devant de la scène
14:51juste avant un point
14:52Mathieu Jolivet
14:53quelles conséquences
14:54on a vu que le prix
14:56du baril de Brent
14:57là c'est un peu détendu
15:00Alors ce matin
15:00il a chuté
15:01pour repasser
15:01sous les 100 dollars
15:03mais bon
15:03une fois de plus
15:04les espoirs
15:05d'un accord de paix
15:06annoncé dans la journée
15:07ont été douchés
15:08donc là
15:09ça se retend à nouveau
15:10mais ce qu'il faut
15:11avoir à l'esprit
15:12c'est que
15:14avant l'intervention
15:16l'opération
15:17israélo-américaine
15:18il y a 4 mois pile
15:19j'ai regardé
15:20c'était le 25 janvier
15:222026
15:23le baril de Brent
15:25était à 60 dollars
15:26aujourd'hui
15:26on navigue
15:27autour des 100 dollars
15:28vous avez
15:29un cinquième
15:30de l'approvisionnement
15:31pétrolier mondial
15:32qui passe par ce
15:32détroit d'Hormuz
15:34surtout vers l'Asie
15:35et dernière chose
15:36aussi à garder
15:37à l'esprit
15:38c'est que
15:38quand bien même
15:39on débloquerait
15:40aujourd'hui
15:41le détroit d'Hormuz
15:43et ça c'est un observateur
15:45de premier plan
15:46qui m'expliquait ça
15:47il y a quelques jours
15:48il faudrait
15:49au moins
15:50au moins
15:504 à 6 mois
15:51pour retrouver
15:53la fluidité
15:53du trafic
15:55d'avant crise
15:564 à 6 mois
15:57donc de toute façon
15:58on aura
15:59des marchés pétroliers
16:00qui vont rester tendus
16:01sachant qu'au niveau
16:02de l'administration Trump
16:03on s'accommoderait
16:05d'un baril
16:06à 80 dollars
16:06bien supérieur
16:07à celui d'avant la guerre
16:08en fait 80 dollars
16:10ça accommoderait
16:11l'administration Trump
16:12ça serait déjà moins pire
16:13comme on dit
16:15la Russie
16:16tout d'un coup
16:17on a l'impression
16:17qu'on est un peu
16:18alors qu'est-ce qui s'est passé
16:19est-ce qu'on dit
16:20que le président
16:21président de Chine
16:22le président chinois
16:23en fait
16:25a eu le sentiment
16:26que Vladimir Poutine
16:27était venu
16:27lui dire
16:28qu'il était en train
16:29de perdre la guerre
16:30je ne sais pas
16:31si on peut aller jusque là
16:32mais vous avez vu
16:33ce missile
16:34Orychny
16:35qui est tombé
16:36en Ukraine
16:36on a l'impression
16:37qu'il y a un peu
16:38une fuite en avant
16:38de Vladimir Poutine
16:39parce que lorsqu'on regarde
16:40on a le sentiment
16:42que l'Ukraine
16:42est en train
16:44de remporter la bataille
16:45en tout cas
16:46c'est pas moi qui le dis
16:46c'est le ministre
16:47des affaires étrangères
16:47français
16:48Jean-Noël Barrault
16:48oui et puis
16:49le président Macron
16:50a utilisé cette formulation
16:52que vous venez de donner
16:53c'est effectivement
16:54cette fuite en avant
16:55cette fuite en avant
16:56pourquoi alors
16:57le président Poutine
16:58a fait cette campagne
17:00enfin ces raids aériens
17:02c'est quand même
17:03600 drones
17:04et 90 missiles balistiques
17:06qui ont été envoyés
17:08notamment en périphérie
17:09de Kiev
17:10avec les dégâts
17:11qu'on a pu observer
17:12et dans l'un de ces missiles
17:13il y avait le fameux
17:14Orychnik
17:15alors qu'est-ce que c'est
17:15que le missile Orychnik
17:16Orychnik
17:16par rapport à un Iskander
17:18qui est l'ancien Scud
17:20en fait
17:20c'est le missile
17:21qui avait été déloyé
17:21par la Russie
17:22et l'URSS
17:23l'Iskander ça va
17:24entre 300 et 700 kilomètres
17:26et le missile Orychnik
17:28c'est un missile
17:28de portée intermédiaire
17:30qui va entre
17:30de 800 kilomètres
17:32à 5000 kilomètres
17:33donc ces missiles
17:34avaient un peu disparu
17:35depuis la crise
17:36des Pershing
17:38je peux vous souvenir
17:38dans les années 80
17:40où il y avait
17:41presque une confrontation
17:42elle était à deux doigts
17:43en fait
17:44d'avoir une crise nucléaire
17:45sur le sol européen
17:46et il y avait des accords
17:47qui avaient un peu supprimé
17:48ces types de missiles
17:49intermédiaires
17:50et là
17:50l'Orychnik
17:51c'est un nouveau
17:52déploiement
17:52de ce type
17:53d'engin
17:54alors la première particularité
17:56donc c'est sa portée
17:57il va jusqu'à 5000 kilomètres
17:58théoriquement
17:59la deuxième chose
18:00c'est qu'il est hypersonique
18:01c'est-à-dire qu'il dépasse
18:02MAC-10
18:03plus de 10 000 kilomètres
18:04la troisième chose
18:05c'est qu'il est à la fois
18:07nucléaire
18:07il peut emmener
18:08une nucléaire
18:09une bombe
18:10d'un certain tonnage
18:11et classique
18:12ce qui était le cas
18:13à trois reprises
18:14et la quatrième chose
18:15c'est qu'il est multitête
18:17multitête
18:18ça veut dire
18:18on appelle ça
18:18la technique MIRV
18:19c'est-à-dire
18:20quand vous rentrez
18:20en atmosphère
18:21vous avez six sous-ensembles
18:23qui se séparent
18:24et dans chaque sous-ensemble
18:26il y a six
18:29objets métalliques
18:30parce que là
18:31c'était pas
18:31de l'armement pur
18:33mais qui peut faire
18:34beaucoup de dégâts
18:35donc si vous regardez
18:36les images
18:36c'était extrêmement spectaculaire
18:37et ça c'est
18:39très très difficile
18:40à intercepter
18:41même les Israéliens
18:43n'arrivent pas
18:43à intercepter
18:44ce type de missile
18:45quand il y en a
18:46deux ou trois
18:46qui ont été tirés
18:47de l'Iran
18:48sur Israël
18:49on a vu aussi
18:50des pertes
18:51des choses importantes
18:52beaucoup de décès
18:53et de blessés
18:54dus à ces têtes
18:55qui arrivent comme ça
18:56en grappe
18:57notamment sur les...
18:57Et c'est un missile
18:58qui est construit
18:59par les Russes
19:00depuis longtemps ?
19:01Non, celui-là
19:02il est assez récent
19:02parce qu'il y a
19:04deux ans
19:04la première chose
19:05c'était plus en juin 2024
19:07qu'on avait vu
19:07ce premier missile
19:09qui avait été tiré
19:10dans la zone de Zaporizhia
19:12et la première fois
19:13qu'on le voyait
19:14qui avait impressionné
19:14d'ailleurs
19:15et c'était
19:16un des premiers prototypes
19:17et maintenant
19:18c'est la troisième fois
19:19qu'il est envoyé
19:20et donc
19:21qu'est-ce que ça veut dire ?
19:22D'abord c'est un coup de colère
19:24du président Poutine
19:26parce qu'il y a
19:274-5 jours
19:28il y a eu un raid
19:29d'envoi
19:30dans la profondeur
19:31du ukrainien
19:32ce qui est nouveau
19:33enfin ce qui est nouveau
19:34ils le faisaient
19:34depuis un certain temps
19:35mais là ils sont
19:36de plus en plus organisés
19:37en fait grosso modo
19:37eux aussi
19:38maintenant ils tirent
19:39leur équivalent de Shahed
19:41très loin dans la profondeur
19:42et l'un de ces drones
19:43a apparemment
19:46détruit
19:46un lycée
19:47ou une école
19:49et dans laquelle
19:50il y avait bien sûr
19:50des jeunes gens
19:51et ça c'est le coup de colère
19:53et la deuxième chose
19:54c'est aussi
19:54la fuite en avant
19:55montrer que
19:56il en a marre en fait
19:58et comme il n'avance pas
19:59sur le terrain
20:00qu'il reçoit des coups
20:01en permanence
20:02et bien c'est pour montrer
20:03qu'il a des capacités nucléaires
20:05chaque fois que Poutine
20:06est un peu en difficulté
20:07il parle de nucléaire
20:08après il y a des signaux
20:10intéressants
20:10ces dernières semaines
20:11on voit que les exigences
20:12territoriales
20:13par exemple de la Russie
20:14commencent à être revues
20:15à la baisse
20:16effectivement on voit
20:17qu'au niveau de la conquête
20:18territoriale
20:19et bien finalement
20:21ils n'avancent plus
20:22voire ils régressent
20:23les derniers chiffres
20:25qui nous parviennent
20:26montrent que vous avez
20:27en ce moment
20:2830 à 40 000
20:29pertes
20:30russes par mois
20:32de soldats
20:33blessés
20:34ou tués
20:35et dernier signal
20:37c'était
20:38on rapportait
20:39que Xi Jinping
20:41aurait dit
20:41à Donald Trump
20:42quand il est venu
20:43le rencontrer
20:43juste avant la visite
20:44de Poutine
20:46que Poutine
20:47pourrait finir
20:48par regretter
20:49son invasion
20:50en Ukraine
20:50voilà selon les propos
20:51du président chinois
20:53principal
20:54quand même
20:55allié
20:55ou backup
20:56de Poutine
20:57en conclusion
20:58on a l'impression
21:00en général du temps
21:00que finalement
21:01c'est comme le dit
21:02Mathieu à l'instant
21:03c'est le président chinois
21:04qui a un peu
21:05les clés
21:05de tout ça
21:06les clés
21:06y compris
21:07au Moyen-Orient
21:09et les clés
21:10aussi
21:11en Ukraine
21:12ou en Russie
21:12la séquence diplomatique
21:14avec laquelle on a assisté
21:16à Pékin
21:16c'est incroyable
21:17elle est presque unique
21:18dans l'histoire
21:19du monde moderne
21:20c'est à dire que
21:21l'empereur de Chine
21:22reçoit
21:24exactement de la même manière
21:25et pas de la même manière
21:27oui si si
21:28on les voit
21:28c'est exactement le même
21:29c'est incroyable
21:30les Etats-Unis
21:31qui est venu chercher
21:32Trump
21:33est venu chercher quelque chose
21:34il est reparti
21:35avec pas grand chose
21:36en tout cas rien de spectaculaire
21:38et Poutine qui était venu chercher
21:39un gazoduc
21:40qu'il n'a pas eu non plus
21:41c'est-à-dire que l'un et l'autre
21:42sont rentrés brouillers
21:44et le président
21:45Xi Jinping
21:46il regarde tout ce monde
21:47avec un peu de hauteur
21:48de vue
21:49et juste un dernier point
21:50il nous reste 30 secondes
21:51c'est un peu court
21:52mais en fait
21:53les premières victimes
21:54de ça
21:55ce sont les pays arabes
21:56c'est les Émirats
21:57les Émirats
21:58Bahreïn
21:58du Rhin
21:59ce sont eux
22:00mais aussi l'Arabie Saoudite
22:02finalement
22:02c'est peut-être eux
22:03qui poussent le Trump
22:04surtout les Émirats
22:04effectivement
22:05les Émirats
22:05et puis on n'oublie jamais
22:07la population iranienne
22:08oui
22:09mais ça déjà avant
22:11on espérait que Donald Trump
22:13puisse les libérer
22:14mais ça n'a pas été le cas
22:15il les a plutôt abandonnés
22:16en race campagne
22:17merci Général
22:18d'être venu ici
22:19Général Patrick Duterte
22:20merci Mathieu
22:20je les vais
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