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  • il y a 20 heures
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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Transcription
00:00On va revenir sur le terrain de la guerre en Ukraine, en Iran.
00:04Tout ça est plus ou moins lié.
00:06Il y a des affinités qui peuvent se faire.
00:08Évidemment, on pense aussi à l'Ukraine.
00:10On en sait un peu plus aujourd'hui au 63ème jour de guerre
00:13sur les propositions, notamment la proposition de l'Iran
00:15via l'agence TASNIM qui nous dit que l'Iran a soumis
00:17une contre-proposition en 14 points à une offre américaine en 9 points
00:21qu'on va découvrir aussi par le biais des Pakistanais.
00:24Les Pakistanais qui jouent la médiation.
00:25Les Etats-Unis, et ça c'est peut-être la première nouveauté,
00:27vous allez nous aider à y voir plus clair, Pierre Bleau,
00:30puisque les Etats-Unis auraient proposé un cessez-le-feu de deux mois.
00:33Et l'Iran veut, elle, que toutes les questions soient résolues en 30 jours.
00:37On va voir ces demandes iraniennes.
00:39Retrait militaire américain de la périphérie de l'Iran,
00:41levé du blocus naval, dégel des avoirs,
00:42fin des combats sur tous les fronts, y compris au Liban.
00:44Et les Etats-Unis, eux, se disent, prêts à proposer un cessez-le-feu de deux mois.
00:49Est-ce que là, vous vous dites ce soir,
00:51qu'on avance un petit peu plus que précédemment ?
00:55Inclure le Liban, ça forcément, c'est pas acceptable.
00:57Pour les Américains, parce qu'ils sont liés aux Israéliens.
01:01Donc on voit très bien le jeu iranien qui vise à tenter de régler
01:05toutes les crises en même temps, ou toutes les conflictualités.
01:09Mais là, ils ont l'air de tout refuser, les Iraniens.
01:12Sauf que la nouveauté du soir, c'est peut-être aussi les Etats-Unis
01:14qui sont prêts à un cessez-le-feu de deux mois maintenant.
01:16Oui. Après, c'est normal, c'est le jeu.
01:18On fait monter les enchères de manière assez importante en début de négociation.
01:24Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien qui va se passer.
01:28Après, quand même, je voudrais une petite nuance par rapport à ce qui était dit
01:31sur l'économie iranienne, parce que c'est lié finalement.
01:33Le pari qui est fait par l'administration américaine,
01:36c'est qu'effectivement, l'économie va s'effondrer rapidement.
01:39Et donc, on aura les moyens de pression plus rapidement.
01:41À ma connaissance, il n'y a pas 40% de chômeurs en Iran.
01:45Il y a un risque qu'il y ait 40% de chômage.
01:47Moi, j'ai 40% de la population qui vit désormais sous le seuil de la pauvreté.
01:50Oui, mais c'est autre chose.
01:51Et 4 à 5 millions de chômeurs.
01:53Oui, d'accord, mais ce n'est pas 40% de chômeurs.
01:55Non, c'est vrai.
01:56Donc ça, c'est une première.
01:57Après, les sources qu'on a à Bloomberg ou Wall Street Journal,
02:00c'est des sources proches de l'administration américaine.
02:02Donc, il faudrait voir les sources indépendantes.
02:04Donc ça, c'est une deuxième remarque.
02:05Et troisièmement, sur l'exportation du pétrole,
02:07on a vu qu'en fait, le blocus ne marche pas totalement
02:11parce qu'il y a ce qu'on appelle le cabotage.
02:13Donc, c'est-à-dire qu'en fait, les Iraniens arrivent quand même
02:16à exporter du pétrole parce qu'ils passent le long de la côte iranienne
02:20puis pakistanaise.
02:21Donc là, par contre, pour le coup, c'est le Financial Times
02:23et d'autres qui ont dit qu'il y a quand même encore des exportations iraniennes.
02:27Donc, il faut nuancer ce propos.
02:29C'est un espoir, bien évidemment, côté américain
02:32et qui, en partie, explique la stratégie de négociation.
02:36Mais il n'est pas certain que ça fonctionne à 100%.
02:39– Benjamin Petrovert, le retrait militaire américain
02:42de la périphérie de l'Iran, ça paraît totalement impossible.
02:46Est-ce qu'en faisant ces propositions, finalement,
02:48l'Iran ne s'attend pas à ce que les Américains déchirent tout ça aussitôt ?
02:52– Oui, vous avez raison.
02:53On a l'impression que c'est un jeu de dupes, en fait, ces négociations.
02:56Que tout le monde sait très bien que le protagoniste,
02:59de toute façon, n'acceptera pas.
03:01Parce que, de toute façon, les uns et les autres ne sont absolument pas sur la même ligne,
03:05ni de départ, ni d'arrivée, de toute façon.
03:07Il est impossible qu'ils trouvent les uns et les autres des terrains d'entente.
03:10Donc, on fait des propositions pour gagner du temps,
03:13parce que chacun considère que l'opposant dans la guerre est plus pressé que lui.
03:18C'est ça qui est en train de se passer.
03:19Donc, on est en train de commenter des choses
03:21qui, de toute façon, ne feront jamais partie d'aucun accord.
03:24Puisque, comme il était très justement dit tout à l'heure,
03:27les Américains et les Israéliens veulent faire tomber ce régime.
03:30Point.
03:31Ça va être ça, leur guerre.
03:32Et j'entendais tout à l'heure sur cette antenne Gilles Kepel,
03:35un petit peu plus tôt, qui disait
03:36« Pour les Iraniens, c'est plus simple.
03:38Parce que, pour les Américains, pour gagner la guerre,
03:40il faut écraser le régime.
03:41Pour les Iraniens, pour gagner la guerre,
03:43il faut simplement résister. »
03:45Vous voyez la différence ?
03:46Dans la perception que le monde a de cette guerre.
03:49Mais la réalité, et on le voit,
03:51c'est que Donald Trump, que tout le monde commente
03:53comme un homme pressé, rapide,
03:56qui ne pense qu'à son électorat,
03:58qui ne pense qu'aux réseaux sociaux,
03:59depuis le premier jour de cette guerre,
04:01en fait, il avance et il avance encore.
04:03Il faut quand même le dire.
04:04Il a rappelé d'ailleurs qu'il avait le temps, finalement.
04:05Oui, voilà.
04:06Il a dit d'ailleurs il y a quelques jours,
04:07« Finalement, j'ai le temps. »
04:08En fait, il a quand même pas bon changé sa doctrine
04:10sur ce point-là, parce qu'il promettait une guerre
04:11en six semaines au début, souvenez-vous.
04:13Et puis maintenant, il a le temps.
04:14Sur ça, vous avez totalement raison.
04:16Il a eu tort de donner l'agenda.
04:18Quand on fait la guerre, on ne donne pas l'agenda.
04:21Mais visiblement, il a dit ça pour assurer les marchés,
04:24ce qui a marché les premiers jours.
04:25Si vous vous souvenez, ça a fonctionné au début,
04:27lors de la panique qui est au début de la guerre.
04:29Aujourd'hui, ça ne fonctionne pas.
04:30On voit bien qu'il dit tout et son contraire.
04:33Mais en tout cas, ce soir-là,
04:34ces négociations, pour moi, ça ne dit rien.
04:36D'autant plus, on ne parle pas du tout d'uranium,
04:39de missiles balistiques.
04:39On ne parle pas d'uranium.
04:41Lié le conflit au Liban avec ce qui se passe en Iran,
04:44pardon, mais ça n'a rien à voir,
04:45puisque avec le Liban, c'est un conflit territorial
04:48entre Israël et le Hezbollah
04:50qui pilonne les villages du nord d'Israël
04:52avec ses missiles.
04:52Donc, c'est encore autre chose.
04:53Mais c'était déjà une ligne rouge pour les Iraniens.
04:57C'était déjà une ligne rouge.
04:58Donald Trump avait même pressé Benyamin Netanyahou
05:00de mettre fin au combat
05:02pour pouvoir éventuellement discuter
05:04de cet accord avec les Iraniens.
05:06Ça faisait partie des lignes rouges.
05:07Et on voit bien qu'en fait,
05:08alors qu'il y a des discussions avec les Iraniens,
05:10du côté de l'armée israélienne et du Hezbollah,
05:12les affrontements ont lieu tous les jours
05:14malgré le cessez-le-feu.
05:15Donc, on voit bien que ce sont deux fronts
05:16qui vont se régler de manière totalement différente.
05:19Et puisqu'on parle du front libanais,
05:21n'oubliez pas qu'en ce moment,
05:22il y a de vraies négociations de paix
05:23très sérieuses qui sont en train de se faire
05:25entre Israël et le Liban,
05:27puisque la guerre, elle est entre le Hezbollah et Israël,
05:29pas entre le Liban et Israël.
05:30Et si ça se trouve sur ce front-là,
05:32on trouvera une solution bien plus rapidement.
05:34Je suis peut-être un peu trop optimiste,
05:36mais que par rapport au front iranien.
05:39Dans la proposition iranienne.
05:40En tout cas, ces accords-là,
05:41je ne vois pas qu'est-ce qui est recevable.
05:43Est-ce que le dégel des avoirs,
05:44une compensation, un allègement des sanctions,
05:47ça serait recevable par les Américains ?
05:49C'est-à-dire qu'on fait ça,
05:50mais en échange, on va vous demander quelque chose
05:51sur les missiles balistiques.
05:53Il commence par la fin.
05:54L'allègement des sanctions,
05:55c'est la conséquence d'un accord
05:58qui permettrait de restituer le nucléaire,
06:00de renoncer aux balistiques,
06:02et accessoirement,
06:03de renoncer aussi à vouloir éliminer
06:04le grand Satan et le petit Satan.
06:06Là, on commence par la fin.
06:07Ça n'a aucun sens.
06:09Michel Lesanski,
06:09les Etats-Unis proposent un cessez-le-feu de deux mois.
06:12Ça veut dire qu'on peut, comme ça, éternellement,
06:14stopper la guerre, temporairement,
06:16se faire des propositions de part et d'autre
06:18qui n'aboutissent pas.
06:19On va où comme ça et jusqu'à quand ?
06:21Tout simplement parce que vous avez vu
06:22que Piquexet, vis-à-vis du Congrès américain,
06:25a dit...
06:26Est-ce que vous avez fait l'Américain la guerre ?
06:28On n'est pas à 60 jours de guerre,
06:29donc on n'a pas besoin de venir devant le Congrès,
06:32puisqu'on a fait 40 jours...
06:33Oui, ils considèrent que le cessez-le-feu, en fait,
06:35a mis fin aux hostilités.
06:36Le cessez-le-feu de 20 jours
06:36a mis fin aux hostilités.
06:38Donc ça laisse aux Américains,
06:40un, la possibilité de faire des projections militaires,
06:43deux, de se préparer à tout ce qui est aujourd'hui énoncé
06:46en termes de nouveaux armements.
06:47Parce que vous imaginez bien
06:49que l'information que vous diffusez là,
06:51les Américains l'ont d'un point de vue satellitaire,
06:53que les Israéliens l'ont du point de vue du renseignement,
06:55que tout ça est cartographié, analysé par le Sencom,
06:59et qu'ils ne sont pas aveugles de tout cela.
07:01D'accord ?
07:02Donc ils sont en train de préparer, eux, leurs petits jeux,
07:05si je peux même, les World Games, de leur côté,
07:08et de se dire, du point de vue de la politique américaine,
07:11on peut encore jouer le temps.
07:13Parce qu'on a encore, aujourd'hui, ce temps-là.
07:16Et ce temps-là, on verra bien, c'est du statu quo.
07:19Et puis, sur le côté proche-oriental israélien et libanais,
07:23on va voir comment ça avance.
07:25Moi, je ne suis pas sûr que demain,
07:26sur le seuil de la Maison-Blanche,
07:28même si je le souhaiterais,
07:29il y ait d'un côté Joseph Aoun et de l'autre côté Benjamin Netanyahou
07:33qui sont en train de signer une paix,
07:34je ne pense pas que ce sera aussi facile que cela.
07:37À court terme, c'est peu probable, en tout cas.
07:39Voilà.
07:40Mais aujourd'hui, il y a l'ébauche de quelque chose.
07:43Et je dirais que si on était dystopique,
07:45dans un grand rêve américain ou israélien,
07:49l'idée, ce serait de se dire,
07:50demain, il y a un renversement du gouvernement iranien,
07:54demain, il y a de nouveau les accords d'Abraham,
07:57il y a une signature avec le Liban,
07:59et donc on a une nouvelle architecture du Moyen-Orient,
08:02ce que réveillait Bush et ce que là, Trump ferait.
08:04Je dis bien que c'est de la dystopie,
08:06je n'ai pas dit que ça allait se réaliser.
08:07C'est du super optimisme.
08:08Non, je n'ai pas dit que c'était de l'optimisme.
08:10Parce que, vous savez, je pense qu'il y a une chose,
08:12on dit souvent que les guerres par bombardement,
08:16ça ne marche jamais.
08:17On oublie une seule chose, ça ne se produira pas.
08:19Je ne dis pas que ça va se produire,
08:20mais on n'oublie qu'une seule chose.
08:22La Seconde Guerre mondiale,
08:23les Américains, ils n'ont fait que du bombardement sur le Japon.
08:26D'accord ?
08:27Ils ont débarqué sur une île.
08:28Après, il y a eu Nagasaki et Hiroshima.
08:30La vraie question, à un moment donné,
08:33mais ils ne le feront pas, les Américains,
08:35ce serait de se dire, est-ce qu'on passe un seuil ?
08:37C'était l'option numéro 1 qui a été présentée à Donald Trump,
08:40des frappes courtes et ciblées,
08:43plus violentes, plus efficaces.
08:45Ce n'est pas une bombe nucléaire,
08:46mais ça pourrait être quelque chose de plus...
08:48Ça pourrait être quelque chose de plus...
08:50de la tête.
08:53Oui, enfin, bon, il faut, effectivement,
08:55il faut être optimiste.
08:57Je suis d'accord avec vous.
08:58Non, moi, je dis dystopie.
08:59Je dis dystopie, je n'ai pas dit optimisme.
09:03Voilà.
09:03Alors, d'abord, première chose,
09:06je pense que dans les négociations,
09:07évidemment, vous rajoutez un maximum de choses
09:10pour avoir des marges de manœuvre.
09:12Vous mettez le Liban pour vous dire,
09:14ah ben, je l'abandonne parce que...
09:17Voilà, plus vous embêtez,
09:18ça n'a pas de sens de les regarder de façon brute.
09:22C'est le principe du marchandage, quoi.
09:24C'est le principe du marchandage.
09:25Enfin, tout est comme ça.
09:27Vous en rajoutez un maximum
09:28pour pouvoir avoir des marges de diminution derrière.
09:31Ça, c'est ultra classique.
09:33Et dans ce domaine-là, à mon avis,
09:35les Iraniens n'ont pas grand-chose à apprendre.
09:38Donc, ils sont quand même très bons là-dessus.
09:42Et alors, ce qui m'étonne aussi,
09:44c'est la réaction de Trump
09:46parce qu'il reçoit des propositions.
09:49Bon, il dit non, ça ne me fait pas.
09:51C'est comme ça qu'on négocie.
09:52Enfin, je ne comprends pas.
09:53Il a dit ça ne le satisfait pas.
09:54Ça ne le satisfait pas.
09:56Donc, d'abord, ce n'est pas à lui de négocier.
09:57C'est à toute son équipe de mettre...
10:01Des vraies négociations, c'est entre équipes.
10:03C'est d'ailleurs comme ça que ça se passe
10:04entre Israël et le Liban.
10:05Ce sont des équipes.
10:06Ce n'est pas Netanyahou qui négocie.
10:08Ce sont les adjoints.
10:09C'est les spécialistes.
10:11Les ambassadeurs aux Etats-Unis.
10:13Les spécialistes de quelques domaines économiques,
10:16militaires, etc., qui négocient.
10:18Donc, je veux dire, on ne dit pas
10:20j'ai reçu là des...
10:21Non, ça ne me satisfait pas.
10:23Ce n'est pas une façon de négocier.
10:26Ce qui est intéressant également,
10:28c'est que ce sont les Américains
10:30qui ont les premiers proposés
10:34d'avoir un cessez-le-feu de deux mois.
10:37Alors, effectivement, ça les arrange
10:38vis-à-vis du Congrès.
10:39Enfin, c'est quand même assez significatif
10:44du fait qu'on pourrait interpréter ça
10:49comme ils ne sont pas encore prêts.
10:52Ils ne sont pas encore prêts
10:53et ils pensent qu'en face,
10:55il y a quand même une résistance telle
10:57qu'on ira justement dans un instant à l'heure.
11:01Est-ce que vous le voyez comme ça,
11:02Jérôme Poirot ?
11:03Ils ne sont peut-être pas encore prêts,
11:04les Américains, ils attendent...
11:06Non, on a tendance.
11:07Souvent, les commentateurs
11:08ont souvent charge, en général,
11:11Trump et les Etats-Unis dans ces affaires.
11:13Moi, je considère, comme vous d'ailleurs,
11:15et comme vous, que ces opérations
11:17sont extrêmement planifiées,
11:18qu'il ne faut pas s'arrêter
11:20au discours de Donald Trump.
11:21Dans ce qu'il dit, il faut tenter de faire le tri.
11:23C'est un exercice qui est assez difficile.
11:25Parfois, il dit ce qu'il pense.
11:26Parfois, il dit ce qu'il va faire.
11:28Parfois, il dit toutes sortes de choses
11:30qui ne se concrétisent pas.
11:32Ensuite, on le voit.
11:33Mais la question du temps,
11:35on dit depuis le début
11:36que ce sont les Iraniens qui ont le temps.
11:38Il ne faut pas écarter l'hypothèse.
11:41Ça a été dit que le temps joue
11:43en faveur des Américains.
11:45Il n'y a pas de porte-avions devant Los Angeles,
11:48de porte-avions iraniens devant Los Angeles
11:51ou New York.
11:52Il n'y a pas eu de destruction d'infrastructures
11:54sur le sol iranien.
11:55Le pouvoir américain n'a pas été décapité.
11:59Moi, je crois que dans cette parodie de négociation,
12:02parce que vous dites qu'il faut se donner
12:04des marges de manœuvre,
12:05mais aucune des deux parties
12:06n'a l'intention de négocier.
12:08Avant de commencer à négocier,
12:10il faut être d'accord sur le principe
12:11qu'on va négocier.
12:13Et ils ne peuvent pas,
12:14ils ne l'ont pas été,
12:16et je crois qu'ils ne pourront pas
12:17être d'accord sur le fait de négocier.
12:20Une fois qu'on est d'accord sur le fait de négocier,
12:21c'est qu'on imagine déjà pouvoir faire des concessions
12:24et que l'autre partie pourra en faire aussi.
12:27On n'est absolument pas dans cette situation.
12:29On va partir à Palm Beach.
12:31Voilà, retrouver Laurence Saïm.
12:34Bonsoir Laurence.
12:36Donald Trump a donc proposé,
12:38c'est ce qu'on apprend ce soir,
12:40une trêve, un cessez-le-feu de deux mois.
12:43Laurence, peut-être pour mettre fin à cette guerre.
12:48Oui, absolument.
12:49Et ce qui est très intéressant,
12:50c'est qu'évidemment, on l'apprend par d'autres canaux
12:52que le canal officiel de la Maison Blanche
12:54et de Donald Trump lui-même.
12:55Alors, Donald Trump n'a cessé de dire
12:57qu'il pourrait anéantir l'Iran,
13:00ramener l'Iran à l'âge de pierre,
13:01si jamais l'Iran n'acceptait pas ces propositions.
13:03Et Donald Trump, depuis une semaine,
13:06ne cesse de répéter que ce qui est important,
13:08c'est que l'Iran n'obtienne jamais l'arme nucléaire.
13:11Donc, cette proposition,
13:13qui a été fuitée par les Iraniens,
13:15évidemment, surprend les observateurs,
13:18les journalistes,
13:19mais aussi le monde de Washington.
13:21Je vous signale que Donald Trump,
13:22depuis vendredi,
13:23n'a plus légalement l'autorisation du Congrès
13:26de continuer la guerre.
13:27Et on sent bien que le président américain
13:29veut terminer au plus vite.
13:31On n'a pas encore ici à Mar-a-Lago,
13:32où il se trouve derrière moi.
13:34Eh bien, deux commentaires de Donald Trump,
13:38mais on suit ça avec Valentine Ribe au plus près.
13:41Laurence Haïm avec Valentine Ribe
13:43en direct de Palm Beach.
13:46Imaginons que la proposition américaine,
13:49c'est-à-dire que c'est le feu de deux mois,
13:51est refusée par les Iraniens.
13:52Est-ce que là, Trump passe à l'acte
13:53dans les deux, trois jours qui viennent ?
13:55Non, pas forcément.
13:56C'est pas aussi simple que ça.
13:58Mais en revanche, par contre,
13:59les Iraniens vont être dans une position délicate.
14:02Parce que c'est à ce moment-là,
14:03c'est eux qui auront à nouveau le mauvais rôle
14:05en refusant effectivement la main tendue par Trump.
14:08Vous pensez qu'ils peuvent accepter là,
14:09ce cessez-le-feu,
14:10dans la situation dans laquelle ils sont,
14:12ce cessez-le-feu de deux mois ?
14:14À court terme,
14:15c'est plutôt une bonne chose pour eux.
14:16Parce que ça veut dire théoriquement
14:18qu'il n'y a pas reprise des offensives.
14:20Oui, mais quand ils disent,
14:21par exemple, dans les Trois d'Hormuz,
14:22là, pour l'instant,
14:22il y avait la violation du cessez-le-feu
14:23parce qu'il y a ce blocus américain,
14:25vous voyez ?
14:25Il essaye de raisonner un peu quand même.
14:27Oui.
14:27Après, ce qui est intéressant,
14:29c'est qu'il peut y avoir des gestes
14:30qui peuvent être faits,
14:31qui peuvent aller dans le bon sens.
14:32Il ne faut pas oublier que pendant la guerre,
14:33pendant les 40 jours,
14:35les Américains avaient levé les sanctions
14:36sur le pétrole iranien exporté.
14:38Donc, ce qui est quand même assez surprenant,
14:40c'est-à-dire indirectement,
14:41ils acceptaient que leur ennemi soit financé.
14:44Donc, on peut imaginer
14:45qu'il y ait des gestes de bonne volonté
14:48qui soient faits par les Américains.
14:50Mais là, quel pourrait être
14:50le geste de bonne volonté américaine
14:52qui pourrait être fait, là ?
14:53Il y a plusieurs possibilités.
14:55Ça pourrait être que, par exemple,
14:57leur flotte recule un petit peu
14:58dans le Détroit d'Hormuz,
14:59c'est-à-dire qu'on garde un blocus,
15:01mais il serait quand même
15:02beaucoup moins restrictif.
15:04C'est une possibilité.
15:06On pourrait accepter l'exportation
15:08de marchandises iraniennes,
15:09mais non stratégiques,
15:11à caractère humanitaire,
15:12pour nourrir la population iranienne,
15:14ce qui, au passage,
15:15serait une bonne chose.
15:16Pour la communication américaine,
15:18pour montrer qu'on n'est pas là
15:19pour affamer le peuple iranien.
15:22Donc, il y a une marge
15:23assez vaste, finalement,
15:25d'ouvertures qui sont possibles
15:27pour aller vers une désescalade.
15:29Donc, ça, de ce point de vue-là,
15:30c'est les Américains
15:31qui ont plutôt la main,
15:32parce que c'est quand même eux
15:33qui contrôlent beaucoup de choses.
15:35Donc, il y a des possibilités,
15:37mais effectivement,
15:38on va attendre la réponse iranienne.
15:39Elle va être intéressante.
15:40Soit ils seront intransigeants,
15:41à ce moment-là, à mon avis,
15:42ce sera une erreur de leur part.
15:44Soit ils pourront dire,
15:46oui, mais avec quelques signes d'ouverture.
15:48Vous voyez qu'en cherchant bien,
15:49on arrive à trouver quand même
15:50des terrains où on peut faire...
15:55Tout n'est pas fermé dans cette histoire-là.
15:57Et aucun, encore une fois,
15:59dans mon opinion,
16:01aucun n'a intérêt
16:02à relancer les frappes maintenant.
16:03– Justement, on va poser la question
16:05en rapport à ce qu'en pense
16:06un ancien militaire.
16:07Bonsoir, Guillaume Ancel.
16:10Lieutenant-colonel Guillaume Ancel,
16:11on apprend donc ce soir
16:12qu'il y a de nouvelles propositions
16:14de part et d'autre.
16:15L'Iran demande la fin des combats
16:17sur tous les fronts,
16:18demande aux États-Unis
16:18de libérer la zone.
16:20Et les États-Unis proposent
16:21un cessez-le-feu de deux mois.
16:24Les Iraniens veulent tout régler
16:25en 30 jours.
16:26Comment ?
16:26Quel est votre avis ce soir
16:27sur ces propositions ?
16:29Est-ce que ça va dans le bon sens ?
16:30– Très clairement,
16:33on est sortis de l'option
16:35« tout à la guerre »
16:37que défendait Pitex 7
16:38et qui a donné lieu
16:39à cette guerre des 40 jours
16:41qui s'est terminée finalement
16:42le 8 avril,
16:43qui a été d'une violence inouïe,
16:4525 000 frappes.
16:46C'est considérable.
16:48Mais depuis le 8 avril,
16:50depuis trois semaines maintenant,
16:51on voit bien qu'on est rentrés
16:52dans une autre phase,
16:54celle de la négociation.
16:56Parce que même si les protagonistes
16:57se sont invectivés et menacés,
16:59ils évitent soigneusement
17:01de reprendre une confrontation armée.
17:04Et donc, pour l'instant,
17:06leur objectif,
17:07c'est très clairement
17:08d'arriver à discuter.
17:09Des négociations
17:11qui ont souvent été interrompues,
17:12mais jamais les discussions.
17:14En fait,
17:14ils sont toujours restés en contact
17:16et en permanence,
17:17comme le rappelait Pierre tout à l'heure,
17:19ils essayent de se refiler
17:20un peu le bébé
17:21pour dire maintenant
17:21c'est à l'autre de réagir.
17:23Mais on voit très bien
17:24que dans tous les cas,
17:25ce qu'ils cherchent maintenant,
17:27c'est un accord
17:28qui leur permet de sortir
17:30définitivement de cette guerre.
17:31Ce sera la fin
17:32du deuxième temps
17:33de ce conflit.
17:35Guillaume Ancel,
17:36est-ce que vous voyez,
17:37et vous avez écouté
17:38dans notre conversation
17:39ce que disait Pierre Berthelot,
17:40est-ce que vous voyez
17:40à un moment
17:41qu'il pourrait y avoir
17:42des gestes faits de la part
17:43par exemple des Américains
17:44dans ce détroit d'Hormuz,
17:45à savoir,
17:45par exemple,
17:46on recule un peu le blocage,
17:48on laisse passer
17:48des navires iraniens
17:49à caractère humanitaire.
17:51Est-ce que vous voyez
17:52ces gestes
17:52qui pourraient être faits
17:53là prochainement ?
17:56Je n'en suis pas sûr
17:57parce que je pense
17:59que Donald Trump
17:59a bien compris
18:00que le détroit d'Hormuz
18:02était un formidable levier
18:04pour étouffer
18:05le régime iranien
18:06qui est beaucoup plus sensible
18:07à ce blocage
18:09qu'aux frappes militaires.
18:11Les frappes militaires
18:12ont eu un effet
18:12pendant un temps,
18:13mais comme l'histoire
18:15nous l'a toujours appris,
18:16elles finissent
18:17par être assez limitées
18:18dans leurs conséquences.
18:19On se rappelle, par exemple,
18:22de l'exemple tragique
18:23de la guerre du Vietnam
18:24où il y a eu
18:24des bombardements
18:25absolument colossaux
18:26mais qui n'ont jamais
18:27fait plier le nord Vietnam.
18:29Et là,
18:30on a l'exemple
18:31de l'Ukraine
18:32qui depuis quatre ans
18:33est sous un bombardement
18:34incessant de la Russie
18:35mais dont on n'a jamais vu
18:37le gouvernement Zelensky
18:38aller demander
18:39sa capitulation.
18:41Donc,
18:41on voit bien que
18:44les effets militaires
18:45de toute façon
18:46sont limités
18:47et que par conséquent,
18:49le fait que
18:50Donald Trump
18:51ait trouvé un autre levier
18:53de pression
18:54sur l'Iran
18:55fait qu'à mon avis,
18:56il s'en passera
18:57qu'au dernier moment
18:58quand il aura trouvé
19:00un accord
19:01assez satisfaisant
19:02sur le point central
19:03de la discussion
19:04qui est clairement
19:05le nucléaire.
19:06Et à ce moment-là,
19:07le détroit d'Orbouz
19:08se libérera
19:08assez naturellement.
19:10Mais je ne suis pas sûr
19:11qu'il y ait des gestes
19:12intermédiaires.
19:12Je peux me tromper,
19:13c'est peut-être Pierre
19:13qui a raison.
19:14On note qu'il n'est pas
19:16question ce soir
19:16de nucléaire en tout cas.
19:18Guillaume Ancel,
19:19on répète depuis
19:19plusieurs semaines
19:20que Donald Trump
19:21veut mettre un terme
19:22rapidement à cette guerre.
19:23Là, ce soir,
19:24il propose deux mois
19:25de cesser le feu.
19:26Donc, finalement,
19:26il s'inscrit
19:27dans une action
19:28qui est plutôt longue.
19:29Ça nous emmène
19:29début juillet.
19:31Ça contredit
19:32le président
19:33qui voudrait rapidement
19:35sortir de l'impasse.
19:37Alors, il faut faire attention
19:38à l'échelle du temps.
19:40Si, par exemple,
19:41on reprend comme référence
19:42la guerre en Ukraine,
19:43plus de quatre années.
19:44Là, ça fait trois semaines
19:45qu'on discute.
19:46Et ce conflit, finalement,
19:48on n'a quelque part
19:48que deux mois.
19:49Mais c'est Donald Trump
19:51lui-même,
19:51c'est Donald Trump lui-même,
19:52Guillaume Ancel,
19:52qui avait fixé cette échéance.
19:54Et on répète
19:55qu'il y a le mondial
19:56de football qui arrive,
19:57l'anniversaire des États-Unis.
19:59Voilà.
19:59Mais finalement,
20:00ce sera un président en guerre.
20:01Tout à fait.
20:02Mais ce qu'on peut estimer
20:03à ce stade,
20:04c'est que le président
20:05américain a un grand intérêt.
20:08Sortir de ce conflit
20:10avant l'été.
20:11Alors, si on regarde bien,
20:12il reste deux mois.
20:13En fait, il reste le mois de mai
20:14et le mois de juin
20:15pour trouver un accord
20:16qui ne soit pas trop défavorable.
20:18À mon avis,
20:19l'accord sera imparfait,
20:21notamment sur le nucléaire.
20:23Mais ça permettra
20:24à Donald Trump
20:25de dire qu'il a terminé
20:27cette claire,
20:28qu'il l'a commencé
20:29et qu'il l'a terminée.
20:30Je pense qu'un accord
20:32sera trouvé
20:32dans les semaines qui viennent.
20:34Est-ce que c'est une ?
20:35Est-ce que c'est sain ?
20:36C'est impossible
20:36de le dire à ce stade.
20:38Ça va dépendre
20:38des concessions
20:39que sont prêtes
20:40à faire les Iraniens aussi,
20:42dont on se rappelle
20:43qu'ils ne sont pas d'accord
20:44entre eux.
20:45Une partie des gardiens
20:46de la révolution
20:47ne veut absolument pas négocier.
20:49Une autre,
20:50que je vais qualifier
20:50de plus raisonnable,
20:51a bien compris
20:52qu'en dehors
20:52de prendre des coups,
20:54ils ne peuvent pas exiger
20:55grand-chose,
20:56sauf à montrer
20:56qu'ils font perdre du temps
20:58et de la patience
20:59à Donald Trump.
21:00Mais finalement,
21:01quand on regarde
21:01d'un tout petit peu plus,
21:03avec un tout petit peu
21:04plus de distance,
21:05on voit bien
21:05que les deux protagonistes,
21:07les gardiens de la révolution
21:08et Donald Trump,
21:09ont intérêt
21:10à conclure ces guerres.
21:11Et d'ailleurs,
21:12ils ne montrent absolument
21:13pas de signe
21:14de vouloir la reprendre,
21:15bien au contraire.
21:17Guillaume,
21:17en celle,
21:17vous écrivez sur votre blog
21:19Ne pas subir
21:20que Trump attendrait
21:21un peu à la façon de Poutine
21:22la soumission de sa proie.
21:23Est-ce que vous voyez
21:24des signes de soumission
21:25de la part des Iraniens
21:26à venir ?
21:27Tout à l'heure,
21:27on avait Michel Djerjanski
21:28sur ce plateau
21:29qui citait Bloomberg
21:30et qui nous disait
21:31qu'il n'y avait plus
21:31que 22 jours
21:32au niveau pétrolier
21:33de réserve visiblement
21:35d'attente pour les Iraniens
21:36à passer ce délai
21:37à Djen Kepoura.
21:38Est-ce que vous voyez
21:39des signes de soumission ?
21:40Soumission, je dis bien,
21:41et pas concession arrivée ?
21:43Non, justement,
21:44il n'y a pas pour l'instant
21:45de soumission.
21:46Et c'est la grande difficulté
21:48de Vladimir Poutine
21:49en Ukraine
21:50et de Donald Trump
21:51en Iran,
21:52c'est qu'ils croyaient
21:53qu'ils allaient obtenir
21:54une rédition
21:56des gouvernements
21:57qui étaient leur cible.
21:58Et ça n'est pas le cas.
21:59Ni Zelensky,
22:01ni les gardiens
22:01de la révolution de l'Iran,
22:02je ne fais absolument
22:03pas de comparaison
22:03entre les deux,
22:04je ne parle que
22:04de leur situation militaire,
22:06ne montrent qu'ils sont
22:08prêts à capituler.
22:09Au contraire,
22:10ils veulent résister.
22:11Et c'est ça
22:12qui met en difficulté
22:13la négociation
22:13de Donald Trump
22:14qui a été un peu aveuglée
22:16par l'expérience
22:17du Venezuela
22:18où clairement,
22:19en 24 heures,
22:21manifestement,
22:22le gouvernement vénézuélien
22:23s'est effondré
22:24et puis il y a sans doute
22:25eu beaucoup d'arrangements
22:27financiers
22:27et de corruption
22:29pour s'assurer
22:29qu'il faudrait désormais
22:31ce que voulaient
22:31les États-Unis.
22:32Ça a probablement
22:33grisé Donald Trump
22:35qui a pensé que
22:36sur les conseils
22:37de Pete Exxed,
22:38son secrétaire d'État
22:39à la guerre,
22:40après une telle campagne
22:41de bombardement,
22:42et d'ailleurs,
22:43Donald Trump l'a répété
22:44à plusieurs reprises,
22:45les Iraniens
22:46viendraient le supplier
22:47de s'arrêter
22:48et d'obtenir un accord.
22:49Ça n'est pas le cas.
22:51Certes,
22:52il a décapité
22:53une partie du régime
22:54des gardiens
22:55de la Révolution,
22:56mais on voit bien
22:56que ce régime
22:57s'est régénéré
22:58en quelque sorte
22:59et parfois
23:00avec des éléments
23:00plus durs
23:01que ceux
23:02qui étaient au pouvoir
23:02et qu'ils n'ont
23:03absolument pas
23:04l'intention
23:05de faire une reddition
23:06sans condition.
23:07C'est ça
23:08qui rend difficile
23:08la négociation
23:10et c'est pour ça
23:10qu'elle est aussi longue
23:12parce que probablement
23:13que Donald Trump
23:14espérait la plier
23:15en deux semaines.
23:15Vous restez avec nous
23:17Guillaume Ancel,
23:18Jean-Claude,
23:18bonjour,
23:19bonsoir.
23:20Guillaume Ancel citait
23:21le Venezuela,
23:22situation réglée
23:22en 24 heures
23:23pour Donald Trump.
23:24On lui avait promis
23:25au début à Donald Trump
23:26une action rapide
23:27en Iran.
23:28Ce sera massif
23:29et rapide.
23:29Est-ce qu'il est ce soir
23:31rattrapé par la réalité
23:32le président américain
23:33en proposant deux mois
23:34de cesser le feu ?
23:34Par une double réalité.
23:35La réalité géographique,
23:37la réalité politique.
23:39La réalité géographique,
23:40tout d'abord,
23:40le Venezuela,
23:41c'est l'arrière-cour
23:43des États-Unis
23:44avec une configuration
23:45qui n'a rien à voir
23:46avec l'Iran,
23:48le détroit d'Ormuz.
23:49Ça, c'est la première chose,
23:50c'est la réalité géographique.
23:52Ensuite,
23:53une réalité politique,
23:54pas la même culture,
23:56ce ne sont pas les mêmes,
23:57ce n'est pas le même
23:58personnel politique,
24:00ce n'est vraiment
24:00pas la même culture.
24:02Au Venezuela,
24:02il y a des gens
24:03qui sont effectivement
24:04dans leurs affaires
24:06et à partir du moment
24:07où les choses
24:07peuvent tourner,
24:08elles tournent
24:09alors que,
24:09et ça vient d'être rappelé,
24:11les gardiens
24:12de la révolution,
24:13ce sont,
24:14des combattants,
24:15il y a une dimension
24:16spirituelle,
24:17il y a tout ce qu'on veut
24:18et c'est très loin.
24:19Donc ça,
24:20il est rattrapé
24:20par la réalité.
24:22Ensuite,
24:23les Iraniens ont eu
24:24plus de 47 ans
24:25pour se préparer
24:26au conflit,
24:28donc il est aussi
24:29rattrapé
24:29par une réalité pratique.
24:30Enfin,
24:31ils ont peut-être
24:32un petit peu
24:32l'habitude
24:34de négocier,
24:35non seulement
24:35ils s'y sont préparés,
24:36mais ils ont vu
24:38comment les choses
24:39se passent ailleurs,
24:40ils ont des alliés,
24:42la Russie,
24:44ils ont un certain nombre
24:45d'alliés
24:46tout autour
24:46et ils savent très bien
24:48comment jouer
24:49avec à la fois
24:50l'opinion interne
24:51et l'opinion internationale.
24:52Souvenez-vous,
24:53tout à l'heure,
24:54les Iraniens disaient,
24:55vous voyez bien,
24:55on fait des propositions,
24:57donc on est aussi
24:59pour la paix.
24:59On est prêts
25:00à faire la guerre,
25:01mais on est aussi là
25:02pour la paix.
25:03c'est bien une façon
25:04de dire
25:05à la communauté internationale
25:06parce qu'il faut penser
25:09aux pays du Sud,
25:10c'est une façon
25:11de dire,
25:12vous voyez,
25:12nous ne sommes pas
25:13les méchants
25:14dont parlent
25:15les Etats-Unis.
25:16Donc il y a tout ça
25:16que savent jouer
25:18les Iraniens.
25:19Dernier élément,
25:20le temps,
25:21vous l'avez dit,
25:22Donald Trump
25:22a pensé que ça pourrait
25:24se faire en très peu de temps.
25:25Il a été aveuglé
25:26non seulement
25:26par l'épisode vénézuélien,
25:28mais il a été aveuglé
25:29par ses engagements
25:30de campagne
25:31puisqu'il a toujours dit
25:33que j'irai vite
25:33en quelques jours
25:34pour l'Ukraine,
25:35etc.
25:36Donc il est rattrapé
25:37par une réalité
25:38qui est une réalité
25:39que les militaires
25:40expliquent,
25:41que nous savons.
25:42Et si les militaires
25:43le savent avec nous,
25:43nous savons.
25:44Je pense que le président
25:44des Etats-Unis
25:45le savait.
25:46Mais il a tendance
25:47à minorer probablement,
25:49à trop penser
25:49à sa bonne étoile
25:50et à se dire,
25:51au fond,
25:51la vie des affaires,
25:52c'est un peu comme ça.
25:53Et il est poussé aussi
25:54par sa base.
25:55Il ne faut pas l'oublier.
25:56Il est poussé par une base
25:57qui dit,
25:58nous, on veut des résultats,
25:59on est fort,
26:00il y a une culture
26:01de la réussite
26:03où on fait fi
26:04d'une dimension culturelle,
26:06de l'histoire,
26:07de la réalité,
26:08le peuple peur,
26:09Perse,
26:10on évoque
26:11un certain nombre de mots
26:12qui sont sidérants,
26:14on veut raser
26:15toute une civilisation.
26:17On veut ramener
26:17à l'âge de pierre.
26:18À l'âge de pierre.
26:19C'est sidérant.
26:20C'est sidérant
26:20parce que poussé
26:21par des propos
26:22de campagne
26:23qui ne sont pas acceptables
26:24et là, pour le coup,
26:25il est vraiment rattrapé.
26:26Et on y reviendra
26:27dans un instant
26:27avec Laurence Haïm,
26:28Mahan,
26:29Taraj,
26:30lieutenant-colonel
26:30Guillaume Ancène,
26:31parler des dissonances
26:32au sein du régime.
26:33Est-ce qu'on se dit
26:34que si on arrive
26:34à l'éviction d'Arachi,
26:36ça ira mieux ?
26:37Je vous explique pourquoi
26:38Pézechian et Galibaf,
26:39vous avez dû le savoir,
26:40donc Pézechian,
26:40le président et Galibaf
26:41qui étaient chargés
26:42des négociations,
26:42président du Parlement aussi,
26:44justement,
26:45en veulent à Abbas Arachi
26:46qui serait désigné
26:47comme un petit pion
26:47de l'homme fort
26:48des gardiens de la Révolution,
26:49Ahmad Vaidi.
26:50Ils veulent un peu le dégager.
26:51Est-ce que si on dégage Arachi,
26:53là, ça ira mieux
26:53au niveau des négociations
26:55ou pas du tout ?
26:55Écoutez, là,
26:56c'est vraiment des jeux
26:57au sein du pouvoir
26:58pour, en réalité,
27:01que ce soit
27:02ce que M. Ancel appelait
27:04les plus durs
27:05versus les moins durs,
27:08ils sont tous alignés
27:08sur une seule
27:09et même stratégie,
27:11c'est leur survie.
27:12Et la survie du régime
27:13dépend du nucléaire.
27:15Pour vous,
27:15il n'y a pas de homme fort
27:16et de plus pragmatique ?
27:18Alors, il peut y avoir,
27:19si vous voulez,
27:20au sein de ce régime,
27:23une faction qui serait tentée
27:25de faire quelques concessions,
27:26peut-être tactiques,
27:28mais des concessions stratégiques
27:29sur l'essentiel,
27:31non.
27:31Vraiment, je pense que...
27:32Enfin, c'est la survie,
27:34véritablement.
27:34C'est une question,
27:35une menace existentielle,
27:36pour reprendre ce terme.
27:39Et donc,
27:40le nucléaire,
27:41aujourd'hui,
27:42le régime iranien,
27:43peu importe qui
27:45au sein du régime,
27:45ne lâchera pas
27:47ce point-là.
27:48Et c'est pour ça
27:49qu'en réalité,
27:50la stratégie du régime,
27:51pour moi,
27:51c'est de gagner du temps
27:53pour assurer sa survie.
27:54Et cette situation actuelle
27:56intermédiaire...
27:56ils le font avec leur proposition,
27:57là, ce soir ?
27:58Oui.
27:59Absolument,
27:59il y a du temps.
28:00Ça a toujours été...
28:01De moi,
28:02ça le dérange parfaitement.
28:03Ils savent que c'est inacceptable.
28:04Ils savent que c'est inacceptable.
28:06Et donc,
28:08la situation actuelle
28:09de ni guerre ni paix
28:11est une situation
28:12qui convient au régime.
28:13Enfin,
28:13je pense que
28:14le régime,
28:15ça lui convient.
28:17Pourquoi ?
28:17Parce qu'il arrive
28:18à se maintenir au pouvoir ainsi.
28:19Il arrive à maintenir
28:21une situation
28:22à l'intérieur du pays
28:23avec ses forces répressives
28:25mobilisées
28:26pour contenir
28:27le prochain
28:28soulèvement populaire.
28:30C'est une situation,
28:31finalement,
28:32qui permet au régime
28:34de s'en sortir.
28:34Il s'accommode
28:35de ces secteurs
28:36des deux partis.
28:36Exactement.
28:37En tout cas,
28:38le régime iranien,
28:39ça lui convient.
28:40Je pense que
28:40les États-Unis
28:41veulent un accord.
28:42Comme l'a dit
28:42M. Ancel,
28:43l'accord sera
28:45nécessairement imparfait
28:46parce que
28:46le régime iranien
28:48ne lâchera pas
28:49sur le nucléaire.
28:50Et le nucléaire,
28:51c'est le sujet clé
28:51pour les États-Unis,
28:52pour Donald Trump.
28:53Guillaume Ancel,
28:54vous êtes toujours avec nous.
28:55En cas d'accord,
28:56il sera,
28:57vous le disiez,
28:58forcément imparfait.
29:00Sur quelle base
29:00peuvent tenter
29:02de s'entendre
29:03aujourd'hui,
29:04ce soir,
29:04au vu de ce qu'on
29:06constate ce soir
29:06avec des propositions
29:07de part et d'autre
29:08qui semblent inacceptables,
29:09en tout cas pour l'autre parti,
29:11sur quoi peuvent-ils
29:11s'accorder ?
29:13En fait,
29:14ce qui est compliqué
29:15sur le nucléaire,
29:16c'est que
29:17le régime iranien
29:18a montré sa duplicité
29:19pendant presque 50 ans.
29:21C'est-à-dire qu'à chaque fois
29:23qu'il y a eu
29:23un conflit
29:24ou une intervention,
29:25on a réalisé
29:26qu'ils avaient construit
29:27des bases secrètes
29:29souterraines,
29:30qu'ils avaient réussi
29:31à camoufler
29:32une partie
29:33de leur activité.
29:34Et par conséquent,
29:35il n'y a pas de raison
29:36qu'ils ne recommencent pas
29:37s'ils ont toujours
29:37cette motivation,
29:39d'une part,
29:40d'acquérir une arme nucléaire,
29:41et je le rappelle,
29:42un objectif politique
29:44affiché
29:44de détruire Israël.
29:46Arme nucléaire,
29:47Israël,
29:48le danger est là.
29:49Donc comment garantir
29:51que ce régime
29:52renonce réellement
29:53à disposer
29:54d'une arme nucléaire
29:55qui lui permettrait
29:56d'aller
29:58justement détruire
29:59une grande partie
30:00d'Israël
30:01directement
30:02ou plutôt
30:02par le biais
30:03d'un intermédiaire
30:04pour ne pas reconnaître
30:05que c'est eux
30:05qui l'auraient fait ?
30:06Eh bien,
30:06c'est ça
30:07qu'il est très difficile
30:08de garantir.
30:09On voit par exemple
30:10qu'avec la guerre
30:11des 12 jours
30:12menée en juin 2025,
30:14c'est-à-dire
30:14il y a moins d'un an,
30:16les Américains
30:16croyaient avoir mis fin
30:19au processus iranien
30:20de fabrication
30:21d'une arme nucléaire
30:22et en fait,
30:23moins d'un an après,
30:24ils ont été obligés
30:24de se raviser
30:25et de lancer
30:25une autre offensive.
30:26Pourquoi ?
30:27Parce que personne
30:28ne sait aller vérifier
30:30ce qui se passe
30:31dans des installations
30:32souterraines.
30:33J'ai moi-même dirigé
30:34des bombardements
30:35et été bombardé.
30:36Je peux vous assurer
30:37qu'il y a un endroit
30:38où on est totalement aveugle,
30:39ce sont toutes
30:40les emprises souterraines.
30:41À moins d'arriver
30:42à envoyer quelqu'un
30:43sur place
30:44ou d'avoir des drones
30:46qui permettent
30:47de rentrer
30:47à l'intérieur
30:48de l'installation,
30:49vous savez
30:50que vous avez tapé
30:51l'installation
30:51mais vous ne savez absolument
30:53pas ce que vous avez détruit.
30:54Typiquement,
30:55les 440 kg
30:56d'uranium enrichis,
30:58personne ne sait
30:58s'ils sont volatilisés
31:00sous une montagne
31:01ou s'ils sont quasiment intact
31:03et prêts
31:03à être réutilisés
31:05dans un autre cadre.
31:06Donc,
31:06cette question du nucléaire
31:08restera toujours imparfaite
31:10tant qu'on aura
31:10un régime iranien
31:12dont l'objectif affiché
31:14est de détruire Israël
31:15et de disposer
31:17d'une arme nucléaire,
31:17les deux étant malheureusement
31:19assez cohérents.
31:21Restez encore avec nous
31:22Guillaume Ancel.
31:22On va repartir
31:23tout de suite
31:24à Palm Beach
31:24en Floride
31:25pour trouver
31:25Laurence Haïm
31:26parce que c'est ça
31:26la nouveauté
31:28du soir.
31:29C'est ces Américains
31:31qui veulent maintenant
31:31cesser le feu
31:33de deux mois.
31:34C'est la proposition
31:35de Donald Trump
31:36ce soir,
31:36Laurence.
31:39Oui,
31:40absolument
31:40et d'une certaine manière
31:41il y a quand même
31:42une communication
31:42de la guerre
31:43qu'il faut décrypter.
31:44C'est assez surréaliste
31:45parce que depuis hier soir,
31:46Donald Trump
31:47et les siens
31:48sont complètement silencieux.
31:51Aucune apparition
31:52devant la presse,
31:53aucun tweet
31:53à part cette nuit,
31:55beaucoup de choses
31:56pour critiquer
31:57encore et toujours
31:58les démocrates.
31:59Mais sur l'Iran,
32:00depuis hier soir,
32:00le président Trump
32:01ne dit rien.
32:02Il est enfermé ici
32:03à Mar-a-Lago
32:04où on est
32:04avec Valentin Ribe
32:05et vous le voyez,
32:06c'est un ciel bleu,
32:08c'est les palmiers
32:08et c'est vraiment
32:09complètement disconnecté
32:11de la réalité
32:12et de l'angoisse
32:13que le monde traverse
32:15et il faut le dire,
32:16on n'a jamais vécu cela
32:17dans une crise internationale.
32:19Lorsqu'on appelle
32:20le bureau du vice-président
32:21Vance,
32:22lorsqu'on téléphone
32:22à la Maison Blanche,
32:23lorsqu'on essaye
32:24d'avoir des conseillers,
32:25c'est le silence absolu.
32:27Alors dans la proposition iranienne,
32:29il faut quand même noter
32:29deux choses importantes.
32:31Depuis qu'on suit
32:32Donald Trump
32:32hier matin
32:33avec Valentin Ribe
32:34en Floride,
32:35le président
32:35ne cessait de répéter
32:36qu'il n'y aurait pas
32:38d'accord avec les Iraniens
32:39si les Iraniens
32:40ne cédaient pas,
32:41les Iraniens ne cédaient pas
32:43sur le nucléaire.
32:44C'est vraiment
32:44ce qu'il martèle
32:45à ses supporters,
32:46à ses amis milliardaires
32:47et pour le moment
32:48dans la proposition iranienne
32:49et donc dans ce cessez-le-feu
32:51de deux mois,
32:52on n'a pas visiblement
32:53le mot nucléaire
32:54qui apparaît.
32:55Ce sera sans doute
32:56un point de divergence.
32:58Laurence.
32:59Laurence,
33:00vous qui connaissez bien,
33:01qui suivez
33:02Donald Trump
33:03depuis longtemps
33:04et notamment
33:05durant toute cette crise,
33:06on a
33:08beaucoup évoqué
33:08sa cote de popularité
33:10qui est au plus bas
33:11en ce moment,
33:12qui n'a jamais été
33:13aussi faible.
33:14Est-ce qu'il faut y voir
33:14un lien
33:15avec la proposition
33:16de ce soir
33:16et peut-être le fait
33:17que Donald Trump
33:18veuille accélérer
33:19et en tout cas
33:21semble ce soir
33:22réclamer encore du temps ?
33:26C'est une très bonne question
33:27parce que dans les faits
33:28sur la cote de popularité
33:30de Donald Trump,
33:31il y a deux choses.
33:31D'abord,
33:32lorsqu'il est arrivé au pouvoir,
33:33Donald Trump
33:34était vraiment populaire.
33:35C'était un président
33:36pour lequel une partie
33:38de l'Amérique
33:38avait voté
33:39et là,
33:39il est en dessous
33:40des 40%
33:41dans la moyenne
33:42de tous les sondages
33:43d'opinion favorable
33:44entre 37 à 40%.
33:46Alors,
33:46vous allez me dire
33:47que c'est beaucoup
33:47mais en fait,
33:48ce n'est pas du tout
33:49beaucoup pour un président
33:50en exercice
33:50après seulement un an
33:52d'arriver à la Maison-Blanche.
33:54La deuxième chose,
33:55c'est qu'on voit aussi
33:55dans tous les sondages
33:56que 70% des Américains
33:59ne veulent pas de cette guerre
34:00et ça,
34:01pour Donald Trump,
34:02ça devient quelque chose
34:02de très embêtant
34:03et il le répète,
34:04il dit voilà,
34:05ça va aller mieux,
34:06faites-moi confiance,
34:07le prix de l'essence,
34:08on va y arriver,
34:09regardez ce qu'on a fait
34:10au Venezuela,
34:11il cite toujours
34:11le Venezuela comme exemple,
34:13il tient depuis 24 heures
34:14à rassurer les Américains
34:16qui ne veulent pas
34:16de cette guerre.
34:17Je vous rappelle
34:18qu'il y a un traumatisme
34:19américain sur la guerre
34:20en Irak,
34:20sur la guerre en Afghanistan.
34:21Ensuite,
34:22on est quand même,
34:23et c'est ça qui est surprenant,
34:25mais dans quelque chose
34:26sur une crise aussi importante
34:27de fou.
34:28Par exemple,
34:29depuis qu'on suit Donald Trump
34:30ce matin avec Valentin Ribes,
34:32eh bien,
34:33on a vu Donald Trump
34:35au golf à Jupiter,
34:37il est allé jouer au golf
34:38sans caméra,
34:39mais maintenant,
34:40il y a un de ses amis
34:41qui s'appelle
34:42le docteur Eric Kaplan
34:43qui vient de poster
34:44sur les réseaux sociaux
34:46ces images du président
34:47très détendu
34:48jouant au golf.
34:49Là,
34:49il est enfermé derrière moi
34:50à Mar-a-Lago,
34:52il y a les supporters
34:52qui l'acclament
34:53quand il passe,
34:54ce soir,
34:54il part à Miami
34:56et demain,
34:57il va encore aller
34:58à un championnat de golf
35:00avec sa famille
35:01qui l'attend
35:02et on a l'impression
35:03qu'on est dans un week-end
35:04de vacances à Palm Beach,
35:06donc quand même
35:06une situation internationale,
35:08il faut le rappeler,
35:09extrêmement tendue.
35:09Laurent Saïman,
35:11direct de Palm Beach
35:12en Floride
35:12avec Valentine Reeves,
35:14lieutenant-colonel
35:14Guillaume Ancel,
35:15vous êtes toujours avec nous,
35:16on voudrait réécouter
35:17et vous soumettre
35:18ce qu'a dit à nouveau
35:19Donald Trump hier
35:20concernant les possibilités,
35:22bien évidemment,
35:23concernant le défaut d'accord.
35:24Qu'adviendrait-il
35:25en cas de défaut d'accord ?
35:26Réponse de Donald Trump
35:27hier devant sa base Maga,
35:29devant les villages,
35:30les fameux villages
35:31qui lui sont acquis
35:32cette communauté Maga
35:33en Floride.
35:33Écoutons Donald Trump.
35:35Il y a différentes options.
35:36Est-ce que l'on veut
35:36tout simplement détruire l'Iran,
35:38les terminer pour toujours
35:39ou est-ce qu'on veut
35:40essayer de conclure un accord ?
35:41Voilà les deux options.
35:43Est-ce que vous voulez
35:43les anéantir ?
35:45Je ne préférerais pas.
35:47D'un point de vue humain,
35:49évidemment,
35:49je ne préfère pas.
35:51Mais on pourrait y aller
35:52et les détruire,
35:53les anéantir totalement.
35:54C'est possible.
35:55Mais on peut également
35:56trouver notre solution.
35:57Guillaume Ancel,
35:58une forme de charité chrétienne
35:59d'un point de vue humain,
36:00il n'a pas envie
36:01de les anéantir Donald Trump.
36:03Et puis,
36:03mais il est prêt
36:04quand même à reprendre
36:05les frappes.
36:05Et puis ce soir,
36:06un cessez-le-feu de deux mois.
36:08C'est la dernière proposition.
36:10Qu'est-ce qu'il faut comprendre
36:11si on se met dans la tête
36:12du président américain ?
36:13Je vais reprendre
36:14ce que nous a dit
36:15Laurent Saïm
36:16en direct là-bas aux États-Unis
36:18qui me semble très important.
36:19C'est que Donald Trump
36:20s'est enfermé
36:21dans une forme de déni.
36:22Le fait que pendant
36:23pratiquement 48 heures,
36:25il n'ait pas tweeté
36:26sur le sujet iranien
36:27est en soi
36:28une performance de sa part.
36:30Ce qui est intéressant,
36:32c'est de constater
36:33d'un point de vue militaire
36:35que les Américains
36:36sont dans une impasse
36:37parce qu'après avoir fait
36:3925 000 frappes,
36:40ce qui encore une fois
36:40est considérable,
36:42en réalité,
36:42ils n'ont quasiment
36:43plus de cibles militaires
36:44à frapper
36:45et ça n'a pas donné
36:46les effets escomptés.
36:48Ce qui fait que
36:49Pitt,
36:49excède son secrétaire d'État
36:51à la Défense,
36:52s'est complètement
36:53décrédibilisé,
36:54y compris quand il est passé
36:55devant le Congrès
36:56parce qu'on dépasse
36:57les 60 jours
36:59d'engagement militaire
37:01en Iran
37:02et que par ailleurs,
37:03maintenant,
37:03on est dans le temps
37:04de Marco Rubio,
37:05son secrétaire d'État,
37:06son ministre des Affaires étrangères,
37:08il est entièrement acquis
37:09au fait que désormais,
37:10il faut négocier.
37:11Et s'il se tait,
37:13c'est sans doute
37:13parce que Marco Rubio
37:15a obtenu de lui
37:16que surtout,
37:17ils ne mettent pas
37:17d'huile sur le feu
37:18et qu'ils laissent
37:19enfin les diplomates
37:21discuter.
37:22Mais la discussion
37:23ne sera pas facile.
37:24L'option militaire,
37:25pour moi,
37:26est quasiment
37:27inexistante
37:28à ce stade
37:28parce qu'elle n'est
37:29plus pertinente.
37:32Guillaume Ancel,
37:32avant qu'on vous pose
37:33une dernière question,
37:34il y avait Jérôme Boireau
37:34qui n'était pas d'accord
37:35avec vous
37:36sur le délit
37:37de Donald Trump,
37:37c'est ça ?
37:38Oui,
37:38bonsoir Guillaume.
37:39Non,
37:40je me demande
37:40ce qui vous permet,
37:42quels sont les éléments
37:42vraiment tangibles
37:43qui vous permettent
37:44de considérer
37:45que Donald Trump
37:46et les États-Unis
37:47sont dans une impasse.
37:48Ce n'est pas parce
37:49qu'il y a un cessez-le-feu.
37:50Il faut d'ailleurs rappeler
37:51que le cessez-le-feu
37:52a été imposé
37:53par les États-Unis.
37:54Ce n'est pas les Iraniens
37:55qui ont décidé
37:55d'un cessez-le-feu.
37:57Et donc,
37:57les États-Unis
37:57peuvent reprendre
37:58les frappes,
37:59toutes sortes de frappes
38:00pour quelques jours,
38:02peut-être même
38:02quelques heures,
38:03à tout moment.
38:04Cette carte-là
38:05est une carte maîtresse,
38:06me semble-t-il.
38:07Alors,
38:08là où je ne rejoins pas Jérôme,
38:11c'est que,
38:12bien sûr que les Américains
38:13peuvent reprendre des frappes.
38:14Ils ont les bases
38:16et le déploiement de forces
38:17qui leur permettraient
38:18de relancer des frappes.
38:19Mais ils ont trois difficultés.
38:21La première,
38:22c'est qu'ils savent
38:23difficilement lutter
38:24contre les ripostes iraniennes
38:26avec un engin
38:27complètement basique
38:29et plus sophistiqué
38:30que sont les drones
38:31contre les pays du Golfe.
38:32Et ça,
38:33ils ont été très déstabilisés
38:35de voir
38:36qu'ils ont très bien
38:37intercepté
38:38les missiles iraniens
38:39qui ont fait finalement
38:40relativement peu de dégâts,
38:41mais qu'ils ont beaucoup de mal
38:42à lutter contre les drones
38:44qui ont attaqué
38:45des installations civiles
38:47dans les pays du Golfe.
38:48La deuxième chose,
38:49c'est qu'avec leurs attaques
38:50militaires
38:51qui sont essentiellement
38:52des bombardements,
38:53pour ne pas dire
38:53pour l'essentiel
38:55des bombardements,
38:56en fait,
38:57ils ne savent pas
38:57attaquer plus
38:58les capacités militaires
39:00des Iraniens
39:00et notamment,
39:01les drones sont
39:02physiquement indestructibles
39:04parce qu'ils sont
39:05beaucoup trop nombreux
39:06et je les ai cachés
39:07à l'arrière
39:08d'une camionnette
39:09ou dans un garage.
39:10Et puis,
39:11la troisième chose
39:12qui est importante,
39:13c'est que
39:13les Américains
39:14ont utilisé
39:15énormément de munitions,
39:16de munitions
39:17relativement sensibles
39:18qu'ils ont fait venir
39:19de leurs dépôts logistiques
39:21du monde entier
39:21et que même s'ils remettaient
39:23le couvert
39:23et qu'admettons
39:24qu'ils repartent
39:25pour 25 000 frappes,
39:27eh bien,
39:27en réalité,
39:27les militaires américains
39:30disent qu'ils ne savent
39:31pas très bien
39:31quels effets supplémentaires
39:33ils obtiendraient
39:34sauf à s'attaquer
39:36à des infrastructures civiles,
39:38c'est-à-dire
39:39des installations énergétiques
39:40ou des ponts,
39:43des voies ferrées
39:44et à ce moment-là,
39:45ce sont des crimes de guerre.
39:47Alors,
39:47Guillaume,
39:48en celle-ci,
39:48les téléspectateurs
39:49nous rejoignent.
39:49Pour résumer,
39:50s'il n'y a pas d'accord,
39:51que va faire Trump ?
39:51Vous avez certainement lu
39:53Axios
39:54qui nous parlait
39:54du briefing
39:55de 45 minutes
39:56fait à Donald Trump
39:57avec trois options,
39:59notamment la reprise
39:59des frappes fortes et puissantes,
40:01la prise d'une partie
40:02du contrôle du détroit d'Hormuz
40:04ou alors la sécurisation
40:05des 440 kilos
40:07d'uranium,
40:08sécurisation
40:09ou après
40:10dilution et transport.
40:11Qu'en pensez-vous
40:12et est-ce qu'il peut y avoir
40:13une autre alternative ?
40:15Alors,
40:16en fait,
40:16si vous examinez bien
40:17ces trois options,
40:18sur la première reprise
40:20des frappes,
40:20le problème,
40:21c'est pour obtenir quoi ?
40:22C'est-à-dire que
40:23si c'est pour frapper
40:24et que le régime
40:25des gardiens
40:26de la Révolution
40:27résiste,
40:28ils sont en difficulté
40:29de faire débarquer
40:31des troupes
40:31sur la côte iranienne,
40:33alors là,
40:33c'est prendre le risque
40:34de pertes américaines
40:35importantes.
40:36Or,
40:36vous l'avez rappelé,
40:37Jean-Claude l'a redit
40:38tout à l'heure,
40:39les Américains sont très hostiles
40:41à cette guerre
40:42et si en plus
40:42il y avait des pertes américaines,
40:43ce serait difficile.
40:44Quant à envoyer
40:45une équipe
40:46des forces spéciales,
40:47sécuriser les 440 kilos
40:49qui sont probablement
40:51ensevelis
40:52sous une montagne
40:53en Iran,
40:55c'est quasiment impossible,
40:57sauf à faire en sorte
40:58que ces forces spéciales
40:59soient engagées
41:00par des troupes
41:01au sol iraniennes
41:02et là aussi,
41:03c'est des pertes
41:04assurées au bout
41:05de cette opération,
41:06ce qui veut dire
41:06que dans les options
41:07proposées par le Pentagone,
41:09en réalité,
41:10ce que disent les militaires,
41:11c'est oui,
41:11on peut remettre le couvert,
41:13mais ça ne changera rien
41:14à la situation politique
41:15et c'est pour ça
41:16que je me permets
41:17d'avancer
41:18que les Américains
41:19sont dans une impasse militaire,
41:21ce qui explique
41:21le fait que Donald Trump
41:23prenne cette décision
41:24de prolonger,
41:25ou en tout cas
41:25de proposer
41:26une trêve
41:27pendant au moins deux mois,
41:28c'est-à-dire
41:28de donner le temps
41:29à la discussion
41:30et à la diplomatie.
41:32Quelque part,
41:32c'est l'échec
41:33de Pitexet,
41:34le secrétaire d'État
41:35à la guerre.
41:35Pierre Berthelot,
41:37le cessez-le-feu
41:37de deux mois,
41:38donc ça c'est,
41:39on l'apprend ce soir,
41:39la proposition
41:40qu'ont fait
41:40les Américains
41:41la semaine dernière,
41:4230 jours,
41:43réclament eux,
41:43les Iraniens.
41:44Ce qui veut dire
41:45que probablement
41:46dans les heures
41:46et les jours
41:47qui viennent,
41:48pas de frappe,
41:49mais en forme
41:50de statu quo ?
41:51Oui,
41:52parce que,
41:52comme l'a rappelé
41:54Guillaume Ancel,
41:55je pense qu'il y a
41:55une impasse stratégique
41:56américaine
41:56en ce sens que,
41:57je ne dis pas
41:58qu'il n'y aura pas
41:58des frappes,
41:59mais je suis très sceptique
42:01sur le fait
42:01que ça puisse recommencer
42:03à la même échelle,
42:04c'est-à-dire,
42:04je ne pense pas
42:04qu'on va partir
42:05sur 30-40 jours,
42:07ça,
42:08ça me paraît quand même
42:08très très compliqué,
42:10donc c'est vrai,
42:10ils sont un peu coincés,
42:11donc qu'est-ce qu'il reste ?
42:12Il reste des frappes courtes
42:13pour frapper très fort
42:14comme vous l'avez dit
42:15tout à l'heure.
42:18Ça,
42:18est-ce que ce sera suffisant ?
42:20C'est difficile à dire.
42:22La deuxième option,
42:23c'est effectivement
42:24continuer,
42:24finalement,
42:25ce blocus
42:26avec les limites
42:27que j'ai soulignées
42:28tout à l'heure,
42:28il n'est pas totalement étanche,
42:31en espérant
42:32un affaiblissement
42:32progressif
42:34du régime
42:35qui serait plus enclin
42:36à négocier
42:38de manière
42:38plus satisfaisante,
42:39notamment sur le nucléaire.
42:41C'est pas ce qu'on voit
42:42du tout,
42:42pardon,
42:43c'est pas ce qu'on voit
42:44du tout ce soir
42:44dans les propositions
42:46que semblent
42:47formuler les Iraniens.
42:48Il y a quand même
42:49des lignes rouges
42:50que les Américains
42:51ne peuvent pas accepter.
42:52C'est le jeu,
42:53c'est le jeu,
42:54c'est normal.
42:55Depuis le départ,
42:56ils veulent montrer
42:57dans cette guerre asymétrique
42:58qu'ils sont forts
42:59alors qu'ils sont
43:01quand même relativement
43:01plus vulnérables
43:02sur le fond
43:03que les Américains.
43:04Mais ils veulent montrer
43:05cette image de puissance
43:06et de force.
43:07Donc bien sûr,
43:07ils ne vont pas aller
43:09en disant
43:09on est d'accord
43:10pour ceci,
43:10pour cela.
43:11Donc ils ont une position
43:12d'exigence très élevée
43:13mais encore une fois,
43:15ils peuvent faire des concessions
43:16sur le nucléaire.
43:17Il faut revenir
43:17à ce qu'il y avait
43:18avant le 28 février,
43:19les négociations d'Omane
43:20où ils avaient dit
43:21oui sur le nucléaire,
43:22on est prêt à donner
43:24partie ou totalité
43:25du stock d'uranium enrichi
43:27qui pourrait être confié
43:28à un tiers,
43:29à savoir la Russie.
43:30Et sur le reste,
43:32soit ça serait dilué
43:33progressivement.
43:34Donc il y a quand même,
43:35ce n'est pas une intransigeance totale.
43:35Là, vous pensez qu'aujourd'hui,
43:36après 63 jours de guerre,
43:38on peut revenir
43:38à ce qu'il y avait
43:39à ce moment-là ?
43:40D'où le coup de fil
43:42entre Trump et Poutine
43:44qui a eu lieu,
43:44peut-être qu'ils en ont parlé.
43:46Finalement,
43:46on risque d'arriver à ça.
43:48Vous avez vu ce que dit Israël,
43:49que si on ne parvient pas
43:50à détruire ces 400 kilos,
43:52on considéra que finalement
43:54cette guerre est un échec.
43:55Oui.
43:55Donc c'est pour ça
43:56que si on revient
43:57à la solution d'Omane,
43:59je pense que là,
44:01moi je pensais,
44:02il aime le chaud,
44:03on est aux Etats-Unis,
44:04c'est Hollywood.
44:05Il faut du sonant
44:06et trébuchant.
44:07Il faut les caméras,
44:08encore une fois,
44:09qui filment les mallettes
44:11où il y a l'uranium enrichi,
44:13vous voyez,
44:14qui sont les transports.
44:15Ou les fioles.
44:16Voilà.
44:16Les boulevardes,
44:17plutôt que des mallettes.
44:18Non, mais des mallettes,
44:18ou en tout cas,
44:19des...
44:20Le problème,
44:20c'est qu'on ne sait pas
44:22où il est pour l'instant.
44:23Il faut falloir le trouver.
44:24Si on a cette image,
44:26les conteneurs
44:26avec l'uranium enrichi
44:28transférés dans un avion
44:29qui arrive à Moscou,
44:30Trump dira,
44:31vous voyez,
44:31j'ai fait ce qu'aucun président
44:33n'a réussi à faire.
44:34Contre 40 ans,
44:35je suis le plus beau,
44:36je suis le plus fort.
44:36Enfin, pardon,
44:37mais je ne pense pas
44:38que cette solution
44:39va résoudre le problème.
44:41Parce que,
44:42comme on l'a dit,
44:42le régime iranien
44:44a toujours caché
44:45ses intentions militaires
44:48quant au développement
44:49de la bombe nucléaire.
44:51Il faut se rappeler quand même
44:52que c'est en 2002.
44:53C'est le...
44:55Grâce au service de renseignement
44:57du Conseil national
44:58de la résistance iranienne
44:59et Moujahedine du peuple
44:59diront effectivement
45:00que ce sont eux
45:01qui ont révélé
45:02au monde entier
45:03l'existence
45:04de ce programme
45:05clandestin nucléaire
45:06visant à l'obtention
45:08de la bombe nucléaire.
45:10Donc,
45:10le régime a toujours
45:11caché ses intentions
45:12et a toujours menti
45:13même au cours
45:15des négociations
45:16qui ont eu lieu,
45:17même avec le 10 et 4.
45:19Je suis d'accord avec vous
45:20que ça ne va pas résoudre
45:21le fond.
45:21Le fait de...
45:21Mais Trump,
45:22il aura sa victoire
45:23et c'est la condition
45:24pour en finir avec cette guerre.
45:26Oui, mais ça ne va pas
45:26résoudre le problème.
45:27Ce problème,
45:28en fait,
45:28c'est-à-dire que quand même,
45:29l'accord,
45:30si on aboutit à un accord,
45:31il sera imparfait
45:32parce qu'il ne va pas résoudre
45:33le problème de fond
45:34et le problème de fond,
45:35il y a l'existence même
45:37de ce régime
45:39qui vise à obtenir
45:41cette bombe nucléaire
45:42pour assurer sa survie
45:43et la façon de régler
45:47ce problème
45:49pour obtenir une paix durable,
45:50c'est véritablement
45:51la fin de ce régime
45:52mais la fin de ce régime
45:53ne peut arriver
45:54avec une intervention
45:55militaire étrangère.
45:57C'est à la main
45:58du peuple iranien
45:59et de sa résistance
46:00à l'intérieur de l'Iran
46:01d'obtenir la fin de ce régime
46:03et qui nous permettra
46:05d'aboutir à une paix durable.
46:06Alors,
46:07je vous donne la parole à tous.
46:08Après,
46:08on va écouter Donald Trump
46:09justement sur les personnes
46:11avec qui négocier.
46:12Voilà ce que disait
46:13Donald Trump
46:14hier encore en Floride.
46:16Comme vous le savez,
46:17en Iran,
46:19les dirigeants sont
46:20dans la confusion
46:21la plus totale,
46:22les dirigeants
46:22ne s'entendent pas,
46:23ils sont totalement perdus,
46:25ils ne savent pas
46:25ce qui se passe.
46:26La plus grande partie
46:27de leur armée
46:28a été détruite.
46:30Nous venons d'échanger
46:31avec l'Iran
46:31et nous allons voir
46:32ce qu'il en ressort
46:33mais ce que j'aimerais dire
46:34c'est que je ne suis pas
46:35satisfait de la situation
46:36et des résultats
46:36pour l'instant.
46:38Le régime iranien
46:39est en ordre dispersé,
46:40Guillaume Ancel
46:41dit Donald Trump.
46:41Hier soir,
46:41il a même dit
46:42qu'il n'y avait plus de dirigeants
46:43tout simplement en Iran.
46:44Alors avec qui discuter ?
46:46C'est la question ?
46:47Alors si vous voulez
46:48devenir dingue,
46:49vous suivez
46:50les propositions
46:51de Donald Trump
46:51parce qu'honnêtement
46:53au bout de 24 heures,
46:54il perd absolument
46:55tout le monde.
46:56C'est hallucinant.
46:57Bien sûr qu'il y a
46:58des dirigeants iraniens.
46:59La question est de savoir
47:01est-ce qu'ils s'entendent
47:02entre eux ?
47:03Il n'y a qu'une certitude.
47:04C'est que le guide suprême,
47:07le fils de Romain Haïn,
47:08n'a été vu et entendu
47:10par personne.
47:11Et donc,
47:12on ne sait pas
47:12si c'est un symbole
47:14dont se servent
47:15d'autres gardiens
47:16de la révolution
47:17ou si réellement
47:18il y a quelqu'un
47:19qui est encore
47:20l'arbitre final
47:21finalement
47:22de la stratégie iranienne.
47:23Mais comme on l'a dit
47:24tout à l'heure,
47:25qui me semble très intéressant,
47:27c'est qu'il faut se souvenir
47:28que le régime iranien
47:29joue sa survie.
47:30Et par conséquent,
47:32ces acteurs
47:33sont les gardiens
47:34de la révolution
47:34qui dirigent aujourd'hui l'Iran,
47:36non plus les Mollah.
47:37Ils feront tout
47:38pour conserver le pouvoir
47:39parce que le pouvoir
47:39c'est la vie pour eux.
47:40C'est l'essentiel
47:42de la richesse
47:43qu'ils ont captée.
47:44Ils ont martyrisé
47:45une grande partie
47:46de la population iranienne
47:47pendant ces décennies
47:48et par conséquent,
47:49si jamais ils perdaient
47:50le pouvoir,
47:50c'est clair qu'ils seront pendus
47:52eux à leur tour.
47:53Ils feront tout
47:54pour garder le pouvoir,
47:56y compris en faisant
47:57quelques concessions.
47:58Ça n'est absolument pas
48:01déraisonnable
48:02de leur part
48:02d'envisager cela.
48:04Mais il y a bien
48:05un pouvoir en face
48:06et d'ailleurs,
48:08depuis que cette guerre
48:09a commencé,
48:10les Américains
48:11n'ont jamais cessé
48:12de discuter
48:13avec le pouvoir iranien.
48:15Même quand ils font
48:16semblant de se faire
48:16la gueule au Pakistan
48:18et qu'ils ne se rejoignent pas
48:19ou qu'il ne reste
48:20que 24 heures ensemble,
48:21en permanence,
48:22ils discutent ensemble.
48:24Alors une dernière
48:25petite question
48:25avant de vous laisser,
48:27Guillaume Ancel.
48:28On voulait vous faire
48:29réagir à l'enquête
48:31de la cellule
48:31d'investigation de CNN
48:32sur l'impact
48:33des frappes iraniennes
48:33dans les pays du Golfe.
48:35On apprend aujourd'hui
48:35que 16 bases
48:36ont été endommagées
48:38dans 8 pays
48:39du Moyen-Orient.
48:40Des pays du Golfe
48:40qui, on le rappelle,
48:41n'avaient pas été prévenus
48:42de l'entrée en guerre
48:43de Donald Trump.
48:44Franchement,
48:44l'image est loin
48:45d'être reluisante.
48:46Rappelons-nous,
48:46par exemple,
48:47on en avait parlé ensemble,
48:48ces 5 avions ravitailleurs
48:49de l'U.S. Air Force,
48:50endommagés à la mi-mars
48:51sur la base aérienne
48:52de Prince Sultan
48:53en Arabie Saoudite.
48:54Il y en a eu d'autres.
48:55Là, il y a une vraie frilosité
48:57de la part de ces pays du Golfe
48:58qui s'estiment pas bien protégés.
49:00Et on verra d'ailleurs
49:01qu'il y a eu des commandes
49:02aujourd'hui
49:02qui ont été passées
49:03par ces pays
49:04avec du matériel qui arrive.
49:05La nécessité,
49:06c'est maintenant
49:06de créer une bulle aérienne
49:08dans ces pays du Golfe.
49:10En fait,
49:11les pays du Golfe
49:12se sont sentis blousés
49:14parce qu'ils avaient donné
49:15leur accord
49:16pour accueillir
49:17des bases américaines
49:18et ils l'avaient pris
49:19un peu comme pour l'OTAN
49:20en Europe,
49:21comme une espèce
49:21de garantie de sécurité.
49:23Et au lieu de cela,
49:24ils ont supporté
49:26une grande partie
49:27du poids
49:28de l'opération
49:30Führer et Pique
49:31de Donald Trump.
49:32Donc ils ont eu le sentiment
49:33qu'en fait,
49:34ils ont servi de base
49:35pour attaquer l'Iran
49:36au profit d'Israël
49:38dans leur esprit.
49:39Et ce n'est pas du tout
49:40ça qu'ils attendaient.
49:41D'autant que,
49:41quand ils pouvaient
49:42s'attendre ou espérer
49:43que le dispositif américain
49:45les protège parfaitement,
49:47ils ont découvert
49:48à ce moment-là
49:48qu'à cause des drones,
49:51les Américains,
49:52les défenses américaines
49:53comme les défenses israéliennes
49:55ont été saturées
49:56parce que les Iraniens,
49:58forts de l'expérience
49:59de la Russie en Ukraine,
50:01ont compris qu'il ne fallait
50:02pas tirer des missiles
50:03d'un côté
50:03et des drones de l'autre,
50:05il fallait les tirer ensemble
50:06et que du coup,
50:07ça a obligé
50:08les systèmes de défense
50:09à engager
50:10avec des munitions
50:11très coûteuses,
50:12des missiles Patriot,
50:13à Achadi
50:14qui valent des millions de dollars,
50:16des cibles
50:17qui n'en valent
50:18que quelques dizaines
50:18de milliers.
50:19Et donc,
50:19il y a une disproportion
50:21totale
50:21dans la lutte anti-drone
50:23et une grande difficulté.
50:24L'essentiel des dégâts
50:26qu'on voit sur ces photos,
50:27ce sont des drones
50:28qui les bénéficiaient
50:29d'informations cruciales
50:31qui ont été fournies
50:32par les Russes.
50:33Pourquoi ?
50:34Parce que les Russes
50:35font l'objet
50:36de frappes de drones
50:38ukrainiens
50:39sur des cibles
50:40qui sont fournies
50:40par les Américains.
50:42Donc,
50:42c'était un peu
50:42un prêté pour un rendu
50:44pour rappeler à Donald Trump
50:45que Vladimir Poutine
50:46aussi,
50:47ça avait donné des coups de pied
50:48sous la table.
50:50Merci beaucoup à vous,
50:51Guillaume Ancel.
50:53Jean-Claude Beaujour,
50:54c'est très symbolique,
50:55ces dommages causés
50:57sur ces bases militaires
50:58pour Donald Trump.
50:59La mort des soldats aussi,
51:00parce qu'il faut se souvenir
51:01sur les 13 soldats américains
51:02morts depuis le début
51:03de cette opération
51:03Epic Fury.
51:05La majorité l'ont été
51:06dans ces pays du Golfe.
51:07On se souvient
51:07de ces images,
51:09ces cercueils
51:10revenant sur le tarmac
51:11de la base aérienne
51:12de Dover
51:12dans le Delaware
51:14et de ces courtes cérémonies
51:15présidées par Donald Trump.
51:16On les voit ici,
51:17on en voit une à l'image.
51:19C'est symbolique
51:19pour Donald Trump.
51:20Est-ce qu'il pensait,
51:21le président américain,
51:22que les Iraniens
51:23allaient pouvoir toucher
51:25ces bases américaines
51:26ici dans ces pays du Golfe ?
51:27Alors, c'est symbolique
51:29pas seulement
51:29pour le président américain,
51:31mais pour les Américains.
51:32C'est toute la différence.
51:34Nous sommes en démocratie,
51:35on n'est pas en Iran.
51:36Et donc, effectivement,
51:38le président faisait le calcul,
51:40fait probablement encore
51:41le calcul,
51:42suivant lequel,
51:43sur le papier,
51:44la force militaire
51:46est du côté des États-Unis
51:48et donc que les Iraniens
51:49seront écrasés.
51:50Ça, c'est une chose
51:51et ça n'est pas discutable
51:52sur le papier.
51:53Là où il n'avait
51:55peut-être pas suffisamment
51:57pris en considération
51:58cette capacité des Iraniens,
52:00en tout cas du pouvoir
52:01en place,
52:02à résister,
52:03c'est de dire
52:03on va vous mener une guerre,
52:05on va vous mener une guerre
52:06asymétrique et finalement,
52:07nous n'en avons rien à faire
52:08de perdre des dizaines,
52:10des centaines de soldats.
52:12Ils sont capables
52:12de perdre 500 000 personnes
52:13sans que ça ne provoque
52:15chez eux quelques mois.
52:17Et c'est probablement,
52:18moi je pense qu'au-delà
52:19du militaire,
52:20il y a une impasse
52:21malgré tout politique
52:22parce que je considère
52:23qu'on a reculé.
52:25Au départ,
52:26les objectifs étaient
52:27effectivement le nucléaire,
52:28le balistique,
52:29les proxys,
52:30et puis le peuple iranien
52:31qu'on a un peu oublié.
52:33Mais le président nous avait dit
52:34nous venons,
52:36nous arrivons,
52:36avait dit nous venons,
52:37l'aide arrive,
52:38continuez.
52:39Donc le peuple s'est soulevé.
52:4150 000 morts plus tard,
52:42on se retrouve avec la même chose
52:44plus le détroit d'Hormuz.
52:46Alors je veux bien
52:47qu'il y ait aussi
52:48un inconvénient
52:49pour les Iraniens
52:50à voir le détroit d'Hormuz
52:51bloqué
52:52parce qu'il y a
52:53des conséquences économiques.
52:54Je veux bien
52:55que ce soit un levier
52:56pour les Américains.
52:57Mais au fond,
52:58démocratie,
52:59et on le voit bien,
53:00on peut jouer sur les mots
53:01comme quand on est juridique,
53:03on peut regarder un petit peu
53:04comment vendre le fait
53:05qu'on va contourner le Congrès
53:07ou on peut essayer
53:07de le contourner,
53:08on peut gagner du temps.
53:10Mais au bout du compte,
53:11on va devoir y arriver
53:12pour y rendre des comptes
53:14au peuple américain
53:15parce que nous sommes
53:15un peu en démocratie
53:16et qu'il va y avoir...
53:18Et c'est un peu l'histoire
53:18des deux mois.
53:19C'est à pile ou face.
53:20C'est-à-dire qu'il peut se dire
53:21en deux mois,
53:22je me donne une chance,
53:23un,
53:24de résoudre le problème,
53:25en tout cas d'arriver
53:26à un accord quel qu'il soit.
53:27Et on commence l'été
53:28et puis les festivités
53:30et puis tranquillement
53:30les primaires,
53:32les mid-terms.
53:34Vous voyez,
53:34j'ai déjà un peu...
53:36J'ai déjà sauté l'état.
53:37Vous allez trop vite.
53:38Et ou se dire
53:41ces deux mois de souffle,
53:43on se prépare
53:44et puis on verra bien après.
53:45Parce qu'il peut y avoir ça.
53:47C'est de se dire
53:47on verra...
53:47Mais l'après,
53:48ça ne sera probablement
53:49pas pendant l'été.
53:51Après, ça sera bien après.
53:52Donc, c'est vrai que pour lui,
53:55c'est une impasse,
53:56c'est à pile ou face.
53:57C'est-à-dire que soit
53:59les États-Unis parviennent
54:00à un accord pendant ces deux mois,
54:02quelque chose d'acceptable,
54:04soit c'est un peu
54:05le saut vers inconnu
54:07parce que les Iraniens,
54:09eux, en revanche,
54:10vont essayer de durer.
54:11Parce qu'ils savent durer.
54:13Ce n'est pas aimer ou pas aimer,
54:14c'est qu'ils savent durer.
54:15Ils l'ont montré
54:16dans les conflits précédents.
54:18Sous-titrage FR ?
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