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Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Général Sidos, on a ce soir un Donald Trump qui devait rendre une décision finale.
00:04Finalement, il repousse cette décision, comme il a repoussé sans cesse les ultimatums.
00:08On a une réunion qui a duré plus de deux heures, rappelons-le, dans la Situation Room avec ses plus
00:13proches conseillers.
00:14Et ce soir, pas grand-chose, au final.
00:17Qu'est-ce qu'on peut faire maintenant ? Qu'est-ce qu'il peut faire maintenant ?
00:19Rappelons que le Mondial de football démarre aux États-Unis dans moins de 15 jours.
00:23Le rouge, oui.
00:24Qu'il y a bientôt les 250 ans aussi, l'anniversaire.
00:27On est dans un agenda qui est très serré et un président américain qui se retrouve un peu acculé.
00:32Oui. Chaque jour apporte quelque chose de nouveau.
00:35Je pense que demain, on aura quelque chose. C'est certain.
00:38On ne passe pas une journée depuis le début de cette guerre sans quelque chose de…
00:40Un petit message peut-être sur ses réseaux sociaux.
00:42Voilà. Un message qui progressera ou un message pakistanais ou un message iranien.
00:46Quelque chose qui fera avancer.
00:48Un accord ? Non.
00:49Peut-être pas un accord total, mais des points litigieux qui risquent d'évoluer un petit peu.
00:55L'affaire des fonds gelés qui est vraiment un point de litige pour les Iraniens ou les Américains, a priori,
01:02ne veulent pas céder.
01:03Bon, il y aura peut-être ça. Il y aura peut-être encore une ouverture un peu plus grande du
01:07Détroit.
01:08Je pense qu'il y aura un pas. Il y aura quelque chose qui va être fait.
01:11Parce que bon, c'est vrai que ça s'accélère. Alors on attend, on attend, on attend toujours quelque chose
01:13de nouveau.
01:14Mais est-ce qu'il faut qu'il n'y ait rien pendant ces 60 jours jusqu'à la fin
01:17août ?
01:18Ça fait beaucoup quand même.
01:1830 à 60 jours, non ?
01:19C'est un pessimisme total, là.
01:21Je ne trouve pas.
01:22Non, non, 60 jours, non, non, c'est trop.
01:25Une fois que le mondial de football aura démarré, c'est-à-dire que ça se passe aux États-Unis,
01:29le monde entier aura les yeux arrivés sur cette compétition.
01:32On peut envisager un président américain qui frappe l'Iran à ce moment-là.
01:35Précisons-le avec des joueurs iraniens, possiblement sur des pelouses américaines.
01:38Mais la frappe, moi, j'ai toujours envie de la reculer sans arrêt.
01:42Parce que les stocks de munitions américains, on a dit 60, même 70 %.
01:46On ne va pas recommencer une guerre avec 70 % de munitions pour en perdre un nouveau 30 %.
01:51On arrive à 40 %.
01:52Oui, parce qu'il y a le résultat.
01:55Frapper, ce qu'on disait avec le général, frapper, frapper où ?
01:59Frapper dans les terres, en profondeur.
02:03Ce n'est pas possible, parce qu'il faut envoyer des bataillons,
02:05il faut envoyer un nombre incalculable d'hommes.
02:07Et on sait qu'on aura des pertes.
02:10Les Américains ont donné des pertes.
02:11Mais refaire le coup de la guerre des 12 jours avec la GBU 57, ça non plus ?
02:15Aucun intérêt.
02:16Ça a peut-être en partie fonctionné, mais ils ont reconstitué.
02:20On dit reconstitué.
02:21Ils n'ont pas reconstitué, ils avaient leur stock.
02:22Ils sont simplement sortis.
02:24Après, qu'est-ce qu'on va faire ?
02:25On va frapper les côtes ?
02:27Ils l'ont fait partiellement.
02:28On va ouvrir les détroits d'Hormuz.
02:31Les détroits d'Hormuz, à ce moment-là, il faut aussi envoyer encore plus d'hommes.
02:34Et à ce moment-là, il y aura des pertes.
02:35Donc, la côte, ça n'aura pas d'effet.
02:38Et que ce soit en profondeur ou Hormuz, ça sera politiquement intenable,
02:44surtout avec toutes les échéances que vous venez de rappeler.
02:46Donc, une frappe, aujourd'hui, n'est pas d'actualité.
02:50C'est quasiment certain.
02:51Maintenant, la question qui se pose, et personne ne peut répondre ici,
02:54ni même, je pense que Trump, c'est à quel délai on va s'acheminer pour un accord.
02:58Ça, personne ne peut répondre lui-même.
03:01Moi, c'est le seul point sur lequel je nuancerai ce qui a été dit par le général sur la
03:05question du nucléaire.
03:06Les Iraniens, si on a mis 10 ans dans le cadre du JCPO, à obtenir quelque chose d'acceptable pour
03:11tout le monde,
03:12je ne vois pas comment en 60 jours, où il a des positions, les positions sont tranchées, dures.
03:18Mais je ne dis pas à tort ou à raison, c'est comme ça.
03:21Les Américains ne veulent pas du JCPO parce qu'ils le trouvaient trop faible, trop mou, trop en faveur des
03:26Iraniens.
03:27Il veut quelque chose de plus radical. Je n'imagine pas que 60 jours va être le temps normal pour
03:33obtenir un accord.
03:36En plus, en dehors, je suis d'accord, on ne peut pas avoir...
03:39Vous dites que pendant 60 jours, on peut rester encore comme ça.
03:41Je pense que, en tout cas...
03:42Pendant des années, peut-être.
03:43Mais des années sur le nucléaire, alors moi, je vais être très claire sur la question nucléaire.
03:46Comment est-ce que ce sujet-là ?
03:48Non, vraiment, sur la question nucléaire, je pense que les détroits d'Ormos, tout ça, on trouvera un temps, peut
03:52-être moins de 60 jours.
03:53Mais de ce temps-là, ne comptez pas sur une résolution sur la question du nucléaire.
04:00Je vous dis très clairement, si on est sur des postures américaines, sur les demandes américaines d'endiguer totalement la
04:05capacité iranienne à avoir une arme nucléaire,
04:0860 jours n'est pas suffisant.
04:09Et même sur un JCPO et moins bien, 60 jours, ce ne sera pas suffisant.
04:13Parce qu'il faut que les deux parties acceptent qu'elles aient perdu un peu.
04:16Et ça prendra plus de temps.
04:18Donc, à mon sens, il y aura des avancées sur une accalmie, sur une espèce de débloquage, peut-être.
04:23Mais franchement, sur le nucléaire, je vous dis, on est reparti sur des années.
04:26Donc, pendant des années, il faut s'attendre à avoir un Donald Trump, Anthony Davila, qui communique sur le fait
04:30que l'Iran n'aura jamais la bonne différence.
04:32Il y a une différence avec la négociation de Genève, c'est qu'il y a un blocus et un
04:35contre-blocus,
04:35que l'économie iranienne est exsangue, elle a été en grande partie détruite.
04:40Et ils ont un peu le couteau sous la gorge, quand même.
04:43Thierry nous le disait, c'est pour ça qu'ils veulent le dire.
04:44C'est ça le problème, les deux parties, c'est ça la différence.
04:48Sauf qu'il faut trouver un accord, et il y a déjà eu des négociations,
04:51donc il faut mettre à jour certaines clauses, et donc on a déjà défriché la forêt.
04:56Anthony, je suis d'accord avec toi, mais rappelons que ce qui a permis ou contenu la volonté iranienne,
05:00ou plutôt les moyens iraniens, dans le cadre du JCPO, et même avant, et surtout même après,
05:05de passer à une militarisation, à un seuil militaire,
05:08c'était la crainte d'une offensive qui vive là.
05:11Et qu'ils ont montré qu'ils sont capables de...
05:13Alors, je ne dis pas qu'ils vont bien, que leur économie est florissante,
05:17mais le détroit d'Hormuz, ça ne concerne pas que les...
05:21Enfin, en tout cas, les preuves de force économique ne touchent pas que les Iraniens.
05:26Je rappelle, un continent qu'on oublie, c'est l'Afrique,
05:28où on a à peu près une vingtaine de pays dont la monnaie est dévaluée à 30%.
05:32Il y a des gens qui vivent dans des situations économiques qui sont inacceptables,
05:35qu'on n'entend pas, qu'on ne défend pas.
05:38Et les Iraniens n'ont pas...
05:39Enfin, ils ne se réveillent pas tous les matins pour dire qu'est-ce qu'on va faire pour les
05:41Africains.
05:42Et les Américains non plus.
05:43Mais ils se faisaient éveiller en disant qu'on ne peut pas exporter notre contrôle.
05:46Ce que je veux dire, c'est que ce cadre de négociation sur la partie du détroit d'Hormuz,
05:49je suis d'accord, on va trouver des choses.
05:50Mais le nucléaire, malheureusement, je crois qu'ils vont devoir le décorréler,
05:54parce que pour arriver à quelque chose de concret, ça va mettre un peu plus de temps.
05:57Alors, il y en a un qui est obsédé par ce nucléaire, on en parlait avec vous,
06:01c'est Benjamin Netanyahou, bien évidemment,
06:02puisque c'est une condition existentielle aussi que la possession de cette arme nucléaire a terminé.
06:08Igor Saïry, c'est ce que vous nous disiez cet après-midi depuis Israël.
06:14Ici, en Israël, la signature éventuelle d'un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran
06:19reste un sujet de préoccupation.
06:22D'abord parce que la question du nucléaire iranien n'est pas totalement réglée.
06:26Et Téhéran resterait, dans ces circonstances, une menace pour Israël.
06:30Et puis, il y a la question du Hezbollah pour une partie de la population.
06:34Et pour le Premier ministre israélien, tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé,
06:38ou en tout cas ne sera pas neutralisé par l'armée israélienne,
06:41eh bien, cette guerre ne pourra pas s'arrêter.
06:43C'est d'ailleurs ce qu'a dit, dans une teneur un peu différente,
06:47Benjamin Netanyahou, cet après-midi,
06:48lorsqu'il a rencontré une brigade militaire à la frontière avec le Liban,
06:53il a rappelé que l'armée israélienne faisait du bon travail,
06:56avait même franchi le fleuve Litanie,
06:58et que l'aviation menaçait toujours potentiellement le Hezbollah
07:01dans la banlieue sud de Beyrouth, dans la Béka,
07:04et évidemment dans le sud Liban.
07:06Dans la population, c'est un peu pareil.
07:08Il y a ceux qui veulent continuer la guerre,
07:10tant que le Hezbollah représente une menace
07:12pour les populations du nord d'Israël.
07:15Et puis, il y a ceux qui souhaitent que cette guerre s'arrête enfin,
07:18après trois ans de combat,
07:19contre le Hamas, maintenant contre le Hezbollah,
07:22car cela détériore considérablement l'image d'Israël à l'étranger,
07:25et puis ça neutralise aussi l'économie.
07:28Il n'y a plus de touristes étrangers ici en Israël,
07:32et que finalement, tout ce que veulent une partie des Israéliens ici,
07:35c'est d'abord leur sécurité.
07:37Merci, Igor Saïry.
07:4060 jours, Miko, 60 jours, nous disait Lovarinelle,
07:43pour régler la question du nucléaire, elle n'y croit pas.
07:46Benyamin Netanyahou, lui, va faire la pression,
07:48va mettre pression sur Donald Trump
07:49pour arriver à régler cette question du nucléaire
07:51dont il fait l'une des lignes rouges.
07:53C'est l'un des problèmes, je pense,
07:55que Anthony aussi évoquait tout à l'heure.
07:56C'est-à-dire que ce n'est pas du tout la même situation,
07:58effectivement, qu'à Genève.
08:00C'est-à-dire que là, on a en plus un État,
08:03ou plutôt, en tout cas, un politicien,
08:04qui rentre en campagne pour essayer d'être réélu
08:07pour ne pas, aussi, il faut bien le faire rappeler,
08:10je parle de Benyamin Netanyahou, bien sûr,
08:11pour aussi ne pas passer, effectivement,
08:14en procès devant la justice israélienne.
08:16Donc, dans ce contexte-là, on a un acteur qui,
08:18de la même manière que le régime iranien,
08:20est jusqu'au boutiste et doit aller jusqu'au bout
08:23pour maximiser ses propres intérêts.
08:24Et de fait, que ce soit sur la question du nucléaire,
08:27que ce soit sur la question du détroit d'Hormuz ou autre,
08:29aujourd'hui, Benyamin Netanyahou,
08:30surtout si, en plus, les accords englovent
08:33– là, c'est le sujet du Hezbollah et du Liban –
08:34n'a pas intérêt à ce que les accords, effectivement, se passent.
08:37– Ça fait beaucoup de gens qui ont intérêt à aller jusqu'au bout, quand même.
08:40Ça fait beaucoup de jusque-boutistes autour de la table.
08:43– Ben, il n'y a que ça.
08:43– Et ce n'est pas très rassurant.
08:44– Et c'est tout le problème, parce que, de l'autre côté,
08:45Donald Trump, lui, il voit, effectivement,
08:47les chiffres économiques américains
08:49qui sont en train de tomber dans le rouge,
08:50les uns après les autres,
08:51que ce soit l'inflation à presque 4%,
08:53que ce soit, évidemment, la croissance américaine,
08:55qui est à 1,6% en rythme annuel,
08:57alors qu'il s'attendait à plus de 3%.
08:59Si vous voulez, il y en a un certain nombre de chiffres aussi sur la question.
09:01On parlait à l'instant des stockages des réserves pétrolières
09:04que les Américains ont.
09:05Si on prend le Big Four, c'est-à-dire le pétrole brut,
09:08le gazole, c'est-à-dire l'essence, les distillats,
09:10et puis le kérosène,
09:12on n'a jamais vu une baisse des capacités de stockage,
09:16c'est-à-dire un soutirage dans l'histoire des États-Unis,
09:19aussi important que ce qu'on voit maintenant.
09:22Et tout ça avec un prix à la pompe, évidemment,
09:23pour le citoyen américain, qui est aux alentours de 5 dollars,
09:26voire même presque 6 dollars le galon,
09:28c'est-à-dire 3 litres 78,
09:30dans les États les plus touchés.
09:31Ça fait à peu près 1,13, 5 dollars le galon,
09:351,13 le litre, ici, pour nous, en France,
09:37pour avoir un référentiel.
09:38Ce qui est beaucoup pour eux, en fait.
09:39Ce qui nous paraît très peu pour nous, mais ce qui est beaucoup pour eux.
09:41Évidemment, c'est plus de 50% en moyenne d'augmentation,
09:45effectivement, du prix à la pompe.
09:46Ça n'a rien à voir avec les 25% qu'on observe ici, en France, par exemple.
09:49Donc, si vous voulez, les Américains, aujourd'hui,
09:51sur une situation où Donald Trump, on en a parlé la semaine dernière,
09:54et ça s'est accentué toute cette semaine,
09:56la base MAGA est en train de se diviser, de se déchirer.
10:00Les leaders MAGA sont en train de se déchirer.
10:02La campagne des mid-terms, elle est en train de partir,
10:04quand même, dans de très mauvaises augures.
10:06Et on voit Thierry qui l'a commencé à tweeter, d'ailleurs, dans la journée,
10:09en donnant son soutien à quelques candidats,
10:12en vue républicain, en vue des mid-terms.
10:14Oui, et de ce point de vue-là, ça marche bien pour lui.
10:17C'est un peu le paradoxe, la contradiction de la situation dans laquelle il se trouve.
10:21C'est-à-dire que sa base lui reste totalement acquis.
10:23Et ceux qui votent aux primaires républicaines,
10:26c'est la partie la plus trumpiste du parti républicain.
10:29Et donc, pour l'instant, c'est vraiment carton plein par Donald Trump.
10:32Si vous voulez remporter une primaire républicaine
10:34pour un poste de gouverneur, de sénateur ou de membre du Congrès,
10:38il faut absolument être soutenu par Donald Trump.
10:41Le cas de plus en plus emblématique de ces derniers jours,
10:44ça a été au Texas, où le candidat de Donald Trump,
10:47qui s'appelle Ken Paxton, a été élu et a fait tomber
10:50le sénateur sortant, qui s'appelle John Corning,
10:52alors que Ken Paxton traîne des casseroles en quantité invraisemblable.
10:57Il a été accusé de corruption, de malversation.
11:00Enfin, bref, la liste est longue comme le bras.
11:02Et pour autant, le soutien de Donald Trump lui permet de l'emporter.
11:06Donc, il tient, il règne en maître véritablement sur cette machine politique
11:10dans un contexte où, plus généralement, si on dézoome un petit peu,
11:16il franchit aussi des records d'impopularité.
11:18Et c'est dans ce contexte paradoxal qu'il aborde des primaires
11:22avec d'autres atouts très importants dans son jeu,
11:24parce que les Républicains ont levé beaucoup plus d'argent que les Démocrates
11:27à concurrence de 600 millions de dollars,
11:30parce qu'il est en train de faire redessiner la carte électorale des États-Unis
11:34dans des proportions très importantes.
11:36Donc, il est en train d'organiser une campagne
11:38qui s'annonce difficile pour lui,
11:40mais il garde des atouts très importants dans son jeu.
11:42Mais ça, c'est pour les primaires.
11:43Ce n'est pas pour la suite.
11:43Ce n'est pas pour les mid-terms.
11:45La carte électorale, c'est pour les mid-terms.
11:47Je suis désolé.
11:48Non, mais ce qui se passe au sein du Parti républicain,
11:49c'est que là, Donald Trump a les moyens de maintenir sa base pour les primaires.
11:53C'est là le paradoxe qu'il gagne.
11:54De choisir ces candidats, oui.
11:55Oui.
11:56Oui.
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