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  • il y a 2 jours
Ce vendredi 22 mai, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, s'est penché sur le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, prêtant serment en présence de Donald Trump à la Maison-Blanche, AMD renforçant ses capacités de production afin de pouvoir répondre au mieux à la demande croissante de processeurs, l'éventualité d'un résultat d'exploitation déjà positif pour Anthropic, le report du lancement de la fusée Starship de SpaceX, ainsi que la fin de l'accord entre Estée Lauder et Puig. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.

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Transcription
00:01Bienvenue, bienvenue à tous, BFM Bourses qui ouvre en même temps qu'Wall Street.
00:05On va vous accompagner pendant 2h30 au rythme des marchés.
00:07Bienvenue, il est 9h30 effectivement à New York.
00:09John Plassard nous rejoint pour Cité Gestion. Bonjour John, ravi de vous retrouver.
00:13Et Antoine est là en fil rouge, Antoine Larigauderie. Bonjour Antoine.
00:16Bonjour Guillaume, bonjour John.
00:18Comment Wall Street ouvre-t-il Antoine ?
00:20En rousse, de bonne humeur et sur la même note que les marchés européens.
00:24Le Nasdaq gagne 0,60%, plus 0,71% pour le Dow Jones, le S&P 500, plus 0,6%.
00:30Du côté des marchés européens, on est en progression, plus 0,7%.
00:33Et encore une surperformance notable de l'Euronext Tech Leaders qui gagne 1,8%
00:39avec encore une très forte performance de tout le compartiment technologique et particulièrement les semi-conducteurs.
00:44C'est le grand jour pour la Fed. John Kevin Walsh prête serment aujourd'hui.
00:47Il sera 17h, heure de Paris, lorsque Kevin Walsh va prêter serment tout à l'heure.
00:51Et alors qu'il y a des inquiétudes sur l'avenir de l'indépendance de la Fed,
00:53sa prestation de serment n'aura pas lieu n'importe où.
00:58À la Maison-Blanche, c'est un signal politique extrêmement fort.
01:02Et puis pour ceux qui ne le savent pas, c'est la première fois depuis 1987.
01:07À l'époque, c'était Alan Greenspan qui était intronisé à la tête de la réserve fédérale américaine.
01:15Intéressant de noter qu'en 1987, on avait déjà des relations entre le pouvoir politique
01:20et les banques centrales qui étaient déjà au cœur des débats économiques américains
01:25en se posant la question si Alan Greenspan était vraiment indépendant ou pas.
01:32Et c'est ça la grande question. Pourquoi ?
01:33Parce qu'on sait déjà, un, que c'est Donald Trump qui a nommé Kevin Walsh,
01:39mais on rappelle quand même que c'est aussi Donald Trump qui avait nommé Jérôme Powell.
01:44Après, les choses s'étaient un peu envenimées avec les deux choses.
01:48Mais c'est vraiment très symbolique et surtout que le contexte est extrêmement tendu.
01:53Alors on l'a dit, l'indépendance de la Fed, oui, mais surtout le contexte économique et politique.
01:59Parce qu'on est dans une situation où on a l'inflation.
02:02On l'a vu dans les derniers chiffres de l'inflation, que ce soit les prix à la production ou
02:06le CPI,
02:06qui sont en train de remonter très logiquement aux États-Unis.
02:10On a vu le signal, le message des grands distributeurs américains,
02:15notamment Walmart et puis aussi Target, qui ont dit, attention, attention,
02:20les prix deviennent plus chers.
02:21Nos clients commencent à aller vers des produits qui sont moins chers
02:25parce qu'ils ont moins d'argent.
02:26Et donc, on se demande comment ici, Kevin Warch, qui à la base devait potentiellement faire baisser les taux,
02:35eh bien, sera à même de convaincre les autres membres de la Fed,
02:38qui sont quand même douze à voter, de baisser les taux.
02:42Donc on est vraiment ici dans une symbolique,
02:45mais les choses vont être très immédiatement suivies par l'économie, la politique,
02:52parce que c'est un système extrêmement tendu dans lequel nous sommes actuels.
02:58Il va prêter serment à la Maison-Blanche.
02:59Quel symbole ? C'est la première fois, donc, une prestation de serment d'un nouveau président de la Fed
03:03depuis 1987.
03:04À l'époque, c'était Alain Grispan.
03:05Donald Trump sera présent pour cette prestation de serment.
03:08Vous pourrez en découvrir les images, d'ailleurs, en direct.
03:09On sera connecté à Washington tout à l'heure à 17h au cœur de BFM Bourse.
03:13Du côté des entreprises, John, dans la tech,
03:15AMD demande à ses partenaires d'accélérer leur production de puces.
03:20Oui, nouveau message.
03:23On se pose souvent la question s'il y a une bulle sur l'intelligence artificielle.
03:27Ce qu'on aime bien, c'est quand les sociétés nous racontent une histoire.
03:30Et là, on a la directrice générale de AMD qui, à Taipei,
03:35a dit que le groupe demandait à ses partenaires d'accélérer fortement la production de puces
03:41face à l'explosion de la demande.
03:44Alors, le message, il n'est pas anodin,
03:46parce qu'AMD, c'est l'un des principaux clients de Taiwan Semiconductor,
03:51le plus grand fondeur de semi-conducteurs au monde.
03:54Donc, on est dans une situation où on a toujours des tensions sur les capacités de production
04:00d'intelligence artificielle qui sont extrêmement fortes.
04:04Et on a l'impression, ici, parce qu'on hésitait, on se disait,
04:09est-ce que c'est vrai ? Est-ce que c'est des anticipations ?
04:12Est-ce qu'il y a vraiment trop de demandes par rapport à l'offre ?
04:15Eh bien, le marché est en train de comprendre qu'effectivement,
04:19on est face à une révolution industrielle,
04:21on est dans une situation où, et c'est assez paradoxal, Guillaume,
04:26ça fait depuis deux ans que ces sociétés investissent
04:28et mettent de l'argent colossal sur la table.
04:32Mais, en fait, on n'arrive toujours pas à produire suffisamment rapidement
04:38pour répondre à la demande.
04:40Mais je termine juste une chose.
04:42Vous savez, on parle souvent dans les missions d'euphorie
04:45liées aux semi-conducteurs, à l'intelligence artificielle.
04:48On n'oublie pas de dire que les semi-conducteurs, c'est un cycle.
04:53C'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'on a une euphorie maintenant
04:55qu'à un moment, on va avoir des stocks qui seront trop élevés,
04:58on aura assez d'offres pour la demande et donc, on aura un cycle.
05:03On n'est pas B.A. là-dessus.
05:05Il faut juste faire attention à quel niveau du cycle on se situe.
05:08Et pour l'instant, on n'a pas l'impression qu'on est en haut de cette fameuse courbe.
05:13Exactement, et c'est toujours bien de le préciser.
05:14AMD demande à ses partenaires d'accélérer leur production.
05:17Ce titre AMD, Antoine, il y a en ce moment 6% à Wall Street.
05:20Alors, on reste dans l'intelligence artificielle, John.
05:22Il y a une rumeur persistante.
05:24De toute manière, on ne peut parler que de rumeurs concernant Anthropique,
05:27mais, paraît-il, Anthropique semble être profitable sur le trimestre écoulé
05:34avec un résultat d'exploitation positive.
05:37Ce serait avec deux ans d'avance sur ses propres objectifs.
05:40Est-ce que ça vous paraît vraisemblable, tout ça ?
05:43Alors, oui, d'une certaine manière, parce qu'on sait qu'on a beaucoup de demandes.
05:46Mais si ça devait se confirmer, on aura bientôt cette confirmation.
05:50Lorsqu'ils auront déposé la demande d'introduction en bourse,
05:54ça pourrait être un des événements les plus importants depuis de la vague d'intelligence artificielle générative,
06:01parce qu'évidemment, il y avait le marché, les investisseurs,
06:04qui estimaient que, pour l'instant, ils allaient perdre plusieurs milliards par année
06:08pendant encore longtemps, notamment à cause des coûts gigantesques
06:13liés au GPU, au data center, à l'entraînement des modèles,
06:16et puis à l'électricité.
06:18Et ici, Anthropik pourrait générer un revenu annualisé supérieur à 4 voire 5 milliards de dollars,
06:28notamment grâce aux abonnements entreprises.
06:32Vous savez, ces fameuses interfaces pour les entreprises qui coûtent assez cher,
06:38mais qui rapportent vraiment de l'argent, sonnant et trébuchant.
06:41Et donc, si ces rumeurs, et vous l'avez dit, Antoine, ce sont des rumeurs pour l'instant,
06:47devaient se confirmer, ça changerait profondément la perception du marché.
06:52On en a parlé, pour avoir un retour sur investissement, il faut un investissement.
06:58L'investissement a été fait, mais pour certaines entreprises,
07:01ce retour sur investissement pourrait se faire beaucoup plus rapidement que prévu,
07:05et ça prendrait évidemment tous les pairs, comme on dit ça, à rebours,
07:09parce que vous n'avez pas beaucoup de personnes qui pariaient sur de l'argent,
07:14à nouveau, sonnant et trébuchant de la part d'Anthropik et de ses concurrents.
07:19Voilà, Anthropik aurait donc à confirmer, à dégager un résultat d'exploitation positif
07:23sur le dernier trimestre.
07:24Il serait en avance, dans ce cas, de deux ans.
07:26De deux ans sur ces objectifs, ce serait assez incroyable.
07:28Ce serait dingue, compte tenu des montants d'investissement en face,
07:31donc résultat d'exploitation positif, rumeur qui demandera encore confirmation.
07:34Wall Street a ouvert il y a maintenant dix minutes, John.
07:36On est en hausse sur les trois indices, on a un nouveau record à l'instant du Dow Jones,
07:40ça y est, nouveau plus historique, plus 0,6.
07:42Et sur le S&P et le Nasdaq, on y est presque aussi, deux indices en hausse de quasiment 1%.
07:46Attention à SpaceX quand même, parce qu'on en parlait hier,
07:49ils ont déposé leur dossier d'introduction, mais alors ça tombe très très mal.
07:52SpaceX vient, John, d'annuler le lancement de la version améliorée du Starship.
07:55Est-ce que c'est un premier couac ?
07:58Un petit couac, je dirais, parce que normalement, Starship devrait décoller cet après-midi,
08:05enfin ce sera cette nuit pour nous.
08:08Mais ce qui est assez intéressant, et chaque fois intéressant dans la bouche de Elon Musk,
08:14c'est qu'en fait, il a dit que ce n'était pas la faute de Starship, mais du lanceur,
08:18et qu'en fait, il a insisté sur la culture du groupe qui repose précisément sur des tests
08:25qui sont extrêmement agressifs.
08:28Donc en fait, il a retourné ce petit couac en choses assez positives.
08:31Juste une chose à rappeler, parce qu'on parlait hier,
08:34vous l'avez dit de l'introduction aux bourses de SpaceX,
08:37Starship représente probablement plus de 50% de la valorisation future implicite du groupe.
08:44Et donc, c'est très important, parce que c'est la stratégie à long terme.
08:49On a parlé de la mission lunaire, de Mars, de la défense,
08:52et voire au-delà de Mars, puisque c'est marqué dans les papiers de dépôt de l'IPO,
08:59de l'introduction en bourse.
09:01Donc petit couac, oui, mais potentiellement, il a été utilisé positivement,
09:06si cet après-midi, cette nuit pour nous, eh bien Starship devrait quand même décoller.
09:12Antoine.
09:13Non, mais vous voyez comment on se met à raisonner.
09:15C'est-à-dire que SpaceX est à peine en bourse, même pas encore en bourse.
09:19On commence à dire, oh là là, il y a des couacs, son dernier modèle a été...
09:22Mais l'industrie spatiale, c'est que ça, c'est que des échecs à 98%,
09:27avec 2% de réussite sur ce qui arrive.
09:30C'est des lancers ratés, c'est des boosters qui ne veulent pas retomber.
09:34C'est un gouffre à trésorerie.
09:36Et voilà, on se met à regarder le truc, sous prétexte que ça va rentrer en bourse,
09:40comme si ça devait être immédiatement une société qui marche impeccable,
09:44comme un vendeur de n'importe quoi.
09:47Ça va être un objet boursier particulièrement étonnant en SpaceX.
09:51Et il y a de quoi...
09:52Est-ce que ça va évoluer comme un club de foot qui, à un moment, est dominé,
09:57et puis au match retour, il finit par l'emporter.
09:58Alors entre-temps, le marché s'est fait peur.
10:00Est-ce qu'à chaque lancement raté, ça va être, oh, on a peur ?
10:01Et finalement, c'est normal.
10:02Est-ce qu'on demande à Arianespace d'être profitable ?
10:04Est-ce qu'on demande à la NASA d'être profitable ?
10:07SpaceX, on va lui demander.
10:08Et ça, c'est fort.
10:10John ?
10:11Oui, c'est exactement ce que vous dites, Antoine.
10:14C'est qu'on va voir s'il va y avoir une volatilité sur le titre.
10:17Et vous le dites, évidemment, pour aller dans l'espace,
10:19il suffit d'un petit grain de sable pour ne pas, évidemment,
10:23envoyer la fusée qui coûte des millions, voire des milliards de dollars.
10:26Donc, effectivement, on va voir, lorsque SpaceX sera coté en bourse,
10:31s'il y a un report, un retard, une explosion, ce qu'on n'espère pas,
10:35voir comment le titre va évoluer,
10:37parce que c'est là où, effectivement, on va voir comment l'investisseur réagit.
10:41John, est-ce que vous êtes prêt à relever des fines
10:43ou parler seulement en 45 secondes d'Estée Lauder ?
10:45Vous y êtes prêt ou pas ?
10:47Oui, toujours.
10:48Alors, on y va.
10:49Estée Lauder met fin à son accord avec Puig.
10:50Il devait se rapprocher, se marier.
10:51Et finalement, on abandonne tout ça.
10:53Pourquoi ?
10:54Et tant mieux pour L'Oréal, j'imagine,
10:56parce que c'est un grand rival en moins à venir ?
10:58Oui, tout à fait, effectivement.
11:00Alors, tant mieux pour L'Oréal.
11:01De l'autre côté, on se posait la question.
11:04On avait dit que si Estée Lauder faisait fusion avec Puig,
11:08il y aurait des risques d'intégration qui seraient extrêmement forts
11:12et puis ça aurait compliqué l'intégration de certaines marques.
11:16Je termine juste en disant que les marchés,
11:18globalement, lorsqu'on parle du secteur,
11:21préfèrent voir des groupes du luxe et de la beauté
11:24qui se concentrent sur leur restructuration interne
11:28et leur marge avant de faire des acquisitions,
11:31ce n'était pas le cas.
11:32Donc, même si Estée Lauder devait baisser un peu,
11:36c'est très bien qu'ils se restructuent.
11:37Et celui qui baisse, c'est à la Bourse de Madrid,
11:39Puig, le groupe espagnol, je crois qu'on dit Puig,
11:42c'est ça, Antoine ?
11:43C'est un groupe catalan, à peu près Puig.
11:46Voilà, moins 14%, moins 14% à Madrid.
11:48Merci à John, John Plassard,
11:50il nous a accompagné depuis Cité Gestion.
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