00:01Bienvenue, bienvenue à tous, BFM Bourses qui ouvre en même temps qu'Wall Street.
00:05On va vous accompagner pendant 2h30 au rythme des marchés.
00:07Bienvenue, il est 9h30 effectivement à New York.
00:09John Plassard nous rejoint pour Cité Gestion. Bonjour John, ravi de vous retrouver.
00:13Et Antoine est là en fil rouge, Antoine Larigauderie. Bonjour Antoine.
00:16Bonjour Guillaume, bonjour John.
00:18Comment Wall Street ouvre-t-il Antoine ?
00:20En rousse, de bonne humeur et sur la même note que les marchés européens.
00:24Le Nasdaq gagne 0,60%, plus 0,71% pour le Dow Jones, le S&P 500, plus 0,6%.
00:30Du côté des marchés européens, on est en progression, plus 0,7%.
00:33Et encore une surperformance notable de l'Euronext Tech Leaders qui gagne 1,8%
00:39avec encore une très forte performance de tout le compartiment technologique et particulièrement les semi-conducteurs.
00:44C'est le grand jour pour la Fed. John Kevin Walsh prête serment aujourd'hui.
00:47Il sera 17h, heure de Paris, lorsque Kevin Walsh va prêter serment tout à l'heure.
00:51Et alors qu'il y a des inquiétudes sur l'avenir de l'indépendance de la Fed,
00:53sa prestation de serment n'aura pas lieu n'importe où.
00:58À la Maison-Blanche, c'est un signal politique extrêmement fort.
01:02Et puis pour ceux qui ne le savent pas, c'est la première fois depuis 1987.
01:07À l'époque, c'était Alan Greenspan qui était intronisé à la tête de la réserve fédérale américaine.
01:15Intéressant de noter qu'en 1987, on avait déjà des relations entre le pouvoir politique
01:20et les banques centrales qui étaient déjà au cœur des débats économiques américains
01:25en se posant la question si Alan Greenspan était vraiment indépendant ou pas.
01:32Et c'est ça la grande question. Pourquoi ?
01:33Parce qu'on sait déjà, un, que c'est Donald Trump qui a nommé Kevin Walsh,
01:39mais on rappelle quand même que c'est aussi Donald Trump qui avait nommé Jérôme Powell.
01:44Après, les choses s'étaient un peu envenimées avec les deux choses.
01:48Mais c'est vraiment très symbolique et surtout que le contexte est extrêmement tendu.
01:53Alors on l'a dit, l'indépendance de la Fed, oui, mais surtout le contexte économique et politique.
01:59Parce qu'on est dans une situation où on a l'inflation.
02:02On l'a vu dans les derniers chiffres de l'inflation, que ce soit les prix à la production ou
02:06le CPI,
02:06qui sont en train de remonter très logiquement aux États-Unis.
02:10On a vu le signal, le message des grands distributeurs américains,
02:15notamment Walmart et puis aussi Target, qui ont dit, attention, attention,
02:20les prix deviennent plus chers.
02:21Nos clients commencent à aller vers des produits qui sont moins chers
02:25parce qu'ils ont moins d'argent.
02:26Et donc, on se demande comment ici, Kevin Warch, qui à la base devait potentiellement faire baisser les taux,
02:35eh bien, sera à même de convaincre les autres membres de la Fed,
02:38qui sont quand même douze à voter, de baisser les taux.
02:42Donc on est vraiment ici dans une symbolique,
02:45mais les choses vont être très immédiatement suivies par l'économie, la politique,
02:52parce que c'est un système extrêmement tendu dans lequel nous sommes actuels.
02:58Il va prêter serment à la Maison-Blanche.
02:59Quel symbole ? C'est la première fois, donc, une prestation de serment d'un nouveau président de la Fed
03:03depuis 1987.
03:04À l'époque, c'était Alain Grispan.
03:05Donald Trump sera présent pour cette prestation de serment.
03:08Vous pourrez en découvrir les images, d'ailleurs, en direct.
03:09On sera connecté à Washington tout à l'heure à 17h au cœur de BFM Bourse.
03:13Du côté des entreprises, John, dans la tech,
03:15AMD demande à ses partenaires d'accélérer leur production de puces.
03:20Oui, nouveau message.
03:23On se pose souvent la question s'il y a une bulle sur l'intelligence artificielle.
03:27Ce qu'on aime bien, c'est quand les sociétés nous racontent une histoire.
03:30Et là, on a la directrice générale de AMD qui, à Taipei,
03:35a dit que le groupe demandait à ses partenaires d'accélérer fortement la production de puces
03:41face à l'explosion de la demande.
03:44Alors, le message, il n'est pas anodin,
03:46parce qu'AMD, c'est l'un des principaux clients de Taiwan Semiconductor,
03:51le plus grand fondeur de semi-conducteurs au monde.
03:54Donc, on est dans une situation où on a toujours des tensions sur les capacités de production
04:00d'intelligence artificielle qui sont extrêmement fortes.
04:04Et on a l'impression, ici, parce qu'on hésitait, on se disait,
04:09est-ce que c'est vrai ? Est-ce que c'est des anticipations ?
04:12Est-ce qu'il y a vraiment trop de demandes par rapport à l'offre ?
04:15Eh bien, le marché est en train de comprendre qu'effectivement,
04:19on est face à une révolution industrielle,
04:21on est dans une situation où, et c'est assez paradoxal, Guillaume,
04:26ça fait depuis deux ans que ces sociétés investissent
04:28et mettent de l'argent colossal sur la table.
04:32Mais, en fait, on n'arrive toujours pas à produire suffisamment rapidement
04:38pour répondre à la demande.
04:40Mais je termine juste une chose.
04:42Vous savez, on parle souvent dans les missions d'euphorie
04:45liées aux semi-conducteurs, à l'intelligence artificielle.
04:48On n'oublie pas de dire que les semi-conducteurs, c'est un cycle.
04:53C'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'on a une euphorie maintenant
04:55qu'à un moment, on va avoir des stocks qui seront trop élevés,
04:58on aura assez d'offres pour la demande et donc, on aura un cycle.
05:03On n'est pas B.A. là-dessus.
05:05Il faut juste faire attention à quel niveau du cycle on se situe.
05:08Et pour l'instant, on n'a pas l'impression qu'on est en haut de cette fameuse courbe.
05:13Exactement, et c'est toujours bien de le préciser.
05:14AMD demande à ses partenaires d'accélérer leur production.
05:17Ce titre AMD, Antoine, il y a en ce moment 6% à Wall Street.
05:20Alors, on reste dans l'intelligence artificielle, John.
05:22Il y a une rumeur persistante.
05:24De toute manière, on ne peut parler que de rumeurs concernant Anthropique,
05:27mais, paraît-il, Anthropique semble être profitable sur le trimestre écoulé
05:34avec un résultat d'exploitation positive.
05:37Ce serait avec deux ans d'avance sur ses propres objectifs.
05:40Est-ce que ça vous paraît vraisemblable, tout ça ?
05:43Alors, oui, d'une certaine manière, parce qu'on sait qu'on a beaucoup de demandes.
05:46Mais si ça devait se confirmer, on aura bientôt cette confirmation.
05:50Lorsqu'ils auront déposé la demande d'introduction en bourse,
05:54ça pourrait être un des événements les plus importants depuis de la vague d'intelligence artificielle générative,
06:01parce qu'évidemment, il y avait le marché, les investisseurs,
06:04qui estimaient que, pour l'instant, ils allaient perdre plusieurs milliards par année
06:08pendant encore longtemps, notamment à cause des coûts gigantesques
06:13liés au GPU, au data center, à l'entraînement des modèles,
06:16et puis à l'électricité.
06:18Et ici, Anthropik pourrait générer un revenu annualisé supérieur à 4 voire 5 milliards de dollars,
06:28notamment grâce aux abonnements entreprises.
06:32Vous savez, ces fameuses interfaces pour les entreprises qui coûtent assez cher,
06:38mais qui rapportent vraiment de l'argent, sonnant et trébuchant.
06:41Et donc, si ces rumeurs, et vous l'avez dit, Antoine, ce sont des rumeurs pour l'instant,
06:47devaient se confirmer, ça changerait profondément la perception du marché.
06:52On en a parlé, pour avoir un retour sur investissement, il faut un investissement.
06:58L'investissement a été fait, mais pour certaines entreprises,
07:01ce retour sur investissement pourrait se faire beaucoup plus rapidement que prévu,
07:05et ça prendrait évidemment tous les pairs, comme on dit ça, à rebours,
07:09parce que vous n'avez pas beaucoup de personnes qui pariaient sur de l'argent,
07:14à nouveau, sonnant et trébuchant de la part d'Anthropik et de ses concurrents.
07:19Voilà, Anthropik aurait donc à confirmer, à dégager un résultat d'exploitation positif
07:23sur le dernier trimestre.
07:24Il serait en avance, dans ce cas, de deux ans.
07:26De deux ans sur ces objectifs, ce serait assez incroyable.
07:28Ce serait dingue, compte tenu des montants d'investissement en face,
07:31donc résultat d'exploitation positif, rumeur qui demandera encore confirmation.
07:34Wall Street a ouvert il y a maintenant dix minutes, John.
07:36On est en hausse sur les trois indices, on a un nouveau record à l'instant du Dow Jones,
07:40ça y est, nouveau plus historique, plus 0,6.
07:42Et sur le S&P et le Nasdaq, on y est presque aussi, deux indices en hausse de quasiment 1%.
07:46Attention à SpaceX quand même, parce qu'on en parlait hier,
07:49ils ont déposé leur dossier d'introduction, mais alors ça tombe très très mal.
07:52SpaceX vient, John, d'annuler le lancement de la version améliorée du Starship.
07:55Est-ce que c'est un premier couac ?
07:58Un petit couac, je dirais, parce que normalement, Starship devrait décoller cet après-midi,
08:05enfin ce sera cette nuit pour nous.
08:08Mais ce qui est assez intéressant, et chaque fois intéressant dans la bouche de Elon Musk,
08:14c'est qu'en fait, il a dit que ce n'était pas la faute de Starship, mais du lanceur,
08:18et qu'en fait, il a insisté sur la culture du groupe qui repose précisément sur des tests
08:25qui sont extrêmement agressifs.
08:28Donc en fait, il a retourné ce petit couac en choses assez positives.
08:31Juste une chose à rappeler, parce qu'on parlait hier,
08:34vous l'avez dit de l'introduction aux bourses de SpaceX,
08:37Starship représente probablement plus de 50% de la valorisation future implicite du groupe.
08:44Et donc, c'est très important, parce que c'est la stratégie à long terme.
08:49On a parlé de la mission lunaire, de Mars, de la défense,
08:52et voire au-delà de Mars, puisque c'est marqué dans les papiers de dépôt de l'IPO,
08:59de l'introduction en bourse.
09:01Donc petit couac, oui, mais potentiellement, il a été utilisé positivement,
09:06si cet après-midi, cette nuit pour nous, eh bien Starship devrait quand même décoller.
09:12Antoine.
09:13Non, mais vous voyez comment on se met à raisonner.
09:15C'est-à-dire que SpaceX est à peine en bourse, même pas encore en bourse.
09:19On commence à dire, oh là là, il y a des couacs, son dernier modèle a été...
09:22Mais l'industrie spatiale, c'est que ça, c'est que des échecs à 98%,
09:27avec 2% de réussite sur ce qui arrive.
09:30C'est des lancers ratés, c'est des boosters qui ne veulent pas retomber.
09:34C'est un gouffre à trésorerie.
09:36Et voilà, on se met à regarder le truc, sous prétexte que ça va rentrer en bourse,
09:40comme si ça devait être immédiatement une société qui marche impeccable,
09:44comme un vendeur de n'importe quoi.
09:47Ça va être un objet boursier particulièrement étonnant en SpaceX.
09:51Et il y a de quoi...
09:52Est-ce que ça va évoluer comme un club de foot qui, à un moment, est dominé,
09:57et puis au match retour, il finit par l'emporter.
09:58Alors entre-temps, le marché s'est fait peur.
10:00Est-ce qu'à chaque lancement raté, ça va être, oh, on a peur ?
10:01Et finalement, c'est normal.
10:02Est-ce qu'on demande à Arianespace d'être profitable ?
10:04Est-ce qu'on demande à la NASA d'être profitable ?
10:07SpaceX, on va lui demander.
10:08Et ça, c'est fort.
10:10John ?
10:11Oui, c'est exactement ce que vous dites, Antoine.
10:14C'est qu'on va voir s'il va y avoir une volatilité sur le titre.
10:17Et vous le dites, évidemment, pour aller dans l'espace,
10:19il suffit d'un petit grain de sable pour ne pas, évidemment,
10:23envoyer la fusée qui coûte des millions, voire des milliards de dollars.
10:26Donc, effectivement, on va voir, lorsque SpaceX sera coté en bourse,
10:31s'il y a un report, un retard, une explosion, ce qu'on n'espère pas,
10:35voir comment le titre va évoluer,
10:37parce que c'est là où, effectivement, on va voir comment l'investisseur réagit.
10:41John, est-ce que vous êtes prêt à relever des fines
10:43ou parler seulement en 45 secondes d'Estée Lauder ?
10:45Vous y êtes prêt ou pas ?
10:47Oui, toujours.
10:48Alors, on y va.
10:49Estée Lauder met fin à son accord avec Puig.
10:50Il devait se rapprocher, se marier.
10:51Et finalement, on abandonne tout ça.
10:53Pourquoi ?
10:54Et tant mieux pour L'Oréal, j'imagine,
10:56parce que c'est un grand rival en moins à venir ?
10:58Oui, tout à fait, effectivement.
11:00Alors, tant mieux pour L'Oréal.
11:01De l'autre côté, on se posait la question.
11:04On avait dit que si Estée Lauder faisait fusion avec Puig,
11:08il y aurait des risques d'intégration qui seraient extrêmement forts
11:12et puis ça aurait compliqué l'intégration de certaines marques.
11:16Je termine juste en disant que les marchés,
11:18globalement, lorsqu'on parle du secteur,
11:21préfèrent voir des groupes du luxe et de la beauté
11:24qui se concentrent sur leur restructuration interne
11:28et leur marge avant de faire des acquisitions,
11:31ce n'était pas le cas.
11:32Donc, même si Estée Lauder devait baisser un peu,
11:36c'est très bien qu'ils se restructuent.
11:37Et celui qui baisse, c'est à la Bourse de Madrid,
11:39Puig, le groupe espagnol, je crois qu'on dit Puig,
11:42c'est ça, Antoine ?
11:43C'est un groupe catalan, à peu près Puig.
11:46Voilà, moins 14%, moins 14% à Madrid.
11:48Merci à John, John Plassard,
11:50il nous a accompagné depuis Cité Gestion.
Commentaires