00:00Tout pour investir, la masterclass, les signaux faibles.
00:06On se retrouve aujourd'hui en plateau pour discuter notamment des valeurs défensives.
00:10On le voit, il y a beaucoup d'appétit au risque de la part des investisseurs.
00:13C'est très net, les marchés actions se portent très bien.
00:15On a complètement éclipsé finalement cette situation au niveau de la guerre en Iran.
00:18Et on va aborder un peu le sujet, notamment au niveau des valeurs défensives.
00:22Elle a été présentée comme l'investissement qui pouvait être clé en ce moment,
00:26parce que justement, un contexte inflationniste, guerre, géopolitique, il reste toujours un peu compliqué.
00:31Et finalement, ça ne se passe pas comme prévu.
00:32Je suis raveillé d'accueillir en plateau Guillaume Loyy.
00:34Vous êtes analyste financier chez OptiGestion.
00:38Déjà, une question immédiate.
00:39On le voit, si on regarde par exemple le secteur de la santé ou encore de la défense,
00:42on ira un peu dans le détail par la suite.
00:44Mais le secteur de la santé aux États-Unis, en termes de pondération du S&P 500,
00:48c'est à peu près 8% de la pondération.
00:50On est à des points bas depuis plusieurs décennies.
00:52La défense, il y a eu un très très fort engouement.
00:54On se rend compte que sur les deux derniers mois,
00:56notamment la performance des ETF adossés à la défense est plutôt assez médiocre
01:00par rapport au reste du marché.
01:02Est-ce que finalement, il y a eu un peu un engouement au moment de la guerre en Iran
01:06qui était plus sur une partie trading, je voudrais dire, investissement court terme ?
01:10Mais si on se porte dans la perspective d'un investisseur,
01:12c'est un peu compliqué d'être positionné sur ces deux segments.
01:15Alors, pour commencer par la partie défense,
01:18on a connu effectivement un très fort engouement, mais depuis 2022,
01:21avec des annonces record des États sur l'investissement,
01:24sur le fait qu'il fallait absolument renationaliser les productions, etc.
01:29Ça, c'était en 2022, 2023 les annonces.
01:32Et aujourd'hui, en fait, c'est l'exécution qui arrive.
01:35Et donc, en fait, c'est beaucoup plus compliqué que prévu.
01:39En fait, il faut que, si je prends Rain Metal,
01:41il faut qu'elle arrive à monter en cadence
01:43par rapport aux investissements qui ont été exponentiels.
01:47et c'est beaucoup plus compliqué.
01:49En plus de ça, donc ça, c'est sur l'approvisionnement.
01:51Mais en plus, vous avez un investissement d'un État,
01:56ça ne veut pas dire une prise de commande immédiate pour les...
01:58Complètement.
01:59Pour les sociétés, ça peut être soit du personnel militaire en plus.
02:03Donc, en fait, c'est ça que maintenant,
02:04le marché est en train de regarder.
02:06Et effectivement, ça se passe, ça coince un peu plus.
02:09Quand je regarde, je ne trouve pas que les niveaux de valorisation
02:12soient systématiquement l'alpha et l'oméga.
02:14Il y a des très belles sociétés avec des niveaux de valorisation un peu élevés.
02:17On peut toujours investir.
02:18Mais malgré tout, quand je voyais quand même le secteur de la défense,
02:20alors ça s'est un peu décru depuis le début de l'année,
02:22mais les niveaux de valorisation,
02:24vous parliez notamment de certaines entreprises en Allemagne,
02:26on était quand même à des niveaux de valorisation
02:27qui étaient presque indécents.
02:29Enfin, c'était très compliqué de se porter à l'achat à ces niveaux-là.
02:32Le problème, c'est que...
02:32Enfin, le problème, ça a été plutôt la bonne nouvelle pour ces sociétés,
02:35mais il y a eu un changement de statut boursier.
02:36Avant 2022, ces sociétés, on avait quasiment...
02:39Enfin, il y a des fonds qui n'avaient pas le droit d'investir dans les sociétés
02:40parce qu'elles n'étaient pas ESG.
02:42Aujourd'hui, on nous explique que maintenant,
02:44elles sont très ESG parce qu'elles permettent la protection
02:46et la souveraineté nationale.
02:48Le narratif a changé.
02:50Il a complètement changé.
02:51Donc, en fait, il y a eu des gros flux qui sont arrivés,
02:54mais parce qu'elles ont été réintégrées
02:56dans l'environnement acceptable d'investissement.
03:00Est-ce qu'aujourd'hui, vous considérez, avec la baisse,
03:02si on reste soit sur la santé, soit sur la défense,
03:05comme vous le souhaitez,
03:05les deux me paraissent dans tous les cas
03:07dans ces thématiques valeurs défensives,
03:08est-ce qu'aujourd'hui, avec la baisse des cours qu'on a pu constater,
03:11est-ce que c'est attractif pour un investisseur
03:14ou vous considérez qu'à court terme, court-moyen terme,
03:17le beau du parcours, il est quand même derrière nous ?
03:19Moi, à titre personnel, je vous avoue,
03:20j'ai du mal à investir sur la défense aujourd'hui
03:22parce que je me dis, le haut du parcours,
03:24il était fait finalement, comme vous l'avez dit,
03:26de 2022 jusqu'à assez récemment.
03:27Alors, nous, on est aussi vendeurs en ce moment des valeurs,
03:32mais alors sur celles qui produisent des munitions, des tanks.
03:36Quel est le raisonnement ?
03:37Le raisonnement, c'est que les États sont quasiment
03:40dans une situation où toutes les bonnes nouvelles
03:42sont derrière nous.
03:43Maintenant, l'exécution, ça coince un peu,
03:45donc les investisseurs vont délaisser mécaniquement ces dossiers.
03:50Par contre, il y a d'autres sociétés dans l'armement
03:52où là, on reste à l'achat, notamment les avions,
03:55on le voit bien en ce moment, d'Asso Aviation,
03:56et eux, en fait, ont déjà des problèmes depuis longtemps de production,
04:00donc ce n'est pas nouveau.
04:02Pareil sur ce qui est armement un peu plus technologique.
04:05Donc, pareil, on a la chance en France d'en avoir une.
04:07Je prendrai Thalès.
04:09J'avais, il y a quelques mois de cela, un invité qui était plutôt dans le domaine
04:12du private equity européen, mais en revanche, vraiment sur la thématique défense.
04:16Il met en avant qu'il y a une myriade, beaucoup plus d'acteurs,
04:19notamment dans l'adronautique, etc., qui existent.
04:22Alors, ils ont une difficulté à passer d'échelle,
04:25et notamment à un sujet d'introduction éventuellement en bourse.
04:28Mais est-ce que dans des entreprises cotées aujourd'hui,
04:30on a aussi des valeurs qui peuvent être intéressantes dans l'adronautique ?
04:33Est-ce que ça fait partie des valeurs que vous mettez en avant, notamment ?
04:35Alors, en fait, là où vous avez raison,
04:38c'est que la technologie, elle évolue tellement vite
04:40que c'est compliqué d'avoir un gros acteur dans les drones.
04:43On sait que Thalès, on fait un peu, notamment, sur les drones sous-marins.
04:46Mais après, le problème, c'est que les boîtes sont toutes petites.
04:49Je crois que Parot signe des contrats avec la Suède pour vendre des drones.
04:52Mais bon, pour nous, c'est des sociétés qui sont ininvestissables
04:55parce qu'elles sont trop petites.
04:56Oui, on est sur des small caps, quasiment, vraiment.
04:58Le micro cap, parfois, par exemple.
05:00C'est des petits contrats.
05:02Donc, effectivement, dans le private equity, il va y en avoir.
05:05Et qui sait, je ne sais plus, j'entendais l'autre jour dire
05:07que ce qui sauverait l'automobile européen,
05:09c'est qu'ils se mettent dans les drones.
05:10Oui, enfin, ce sera peut-être...
05:12Ça ne sera peut-être pas pour tout de suite.
05:13Il y a des sujets réglementaires avant, éventuellement.
05:15Si on rebondit aussi sur l'autre thématique défense,
05:18en termes de valeurs défensives, vous avez la santé.
05:19Alors, bon, certes, on voit qu'il y a un petit engouement,
05:22notamment sur les biotech ou les grandes valeurs pharmaceutiques
05:24à cause du nouveau virus.
05:26Mais bon, c'est plus spéculatif, probablement, qu'autre chose.
05:29Est-ce que sur le domaine de la santé,
05:31moi, j'ai toujours l'impression, et j'intègre au sens large,
05:33c'est-à-dire santé biotech,
05:35je trouve que c'est toujours très, très compliqué
05:37d'investir dans ces domaines.
05:38C'est ultra volatil.
05:39Les rendements, finalement, quand on fait des arbitrages,
05:41ne sont pas toujours très intéressants.
05:42Et pourtant, c'est une thématique qui revient quasiment tous les ans
05:45en disant que ce n'est pas cher.
05:46Alors, c'est vrai que ce n'est pas cher,
05:48et du coup, ça en fait un secteur défensif.
05:49Parce que si le marché baisse, pour je ne sais quelle raison,
05:52c'est vrai que le secteur baissera moins.
05:54On parlait tout à l'heure du poids de l'indice santé dans le S&P.
05:59Bon, ça, ça s'explique aussi par la performance des technologies.
06:02En fait, c'est les autres qui sont allés plus vite.
06:04Les autres sont allés plus vite.
06:06Mais c'est vrai que la santé a plusieurs problèmes.
06:08Déjà, quand ils découvrent une molécule, ça coûte très cher.
06:11Et puis, ils sont limités dans le temps pour l'exploiter.
06:14Donc, on pourra après parler de où investir dans la santé.
06:17Voilà.
06:19Il y a ça et il y avait un autre...
06:21Donc, il y a les brevets.
06:22Mais c'est vrai que la thématique, elle reste bonne
06:26parce qu'on dit toujours vieillissement de la population.
06:28Oui, c'est ça.
06:29Mais à chaque fois qu'il y a un beau médicament qui sort,
06:32il est régulé.
06:33Exactement.
06:35Je vous coupe, mais c'est un peu le sentiment que j'ai.
06:37C'est-à-dire que l'argument qui est de dire
06:39on va investir dans la santé parce qu'il y a le vieillissement de la population,
06:42le fait de mieux vieillir dans des meilleures conditions, etc.
06:45Tout ça, j'entends bien en termes de narratif,
06:48mais concrètement, je trouve que ça a beaucoup de mal
06:49à se matérialiser en termes de performance.
06:51C'est très dur parce qu'en fait,
06:52il faut tomber sur la bonne société au bon moment.
06:54Il faut être investi dans la société qui va déposer le bon brevet au bon moment.
07:00Donc ça, c'est très dur.
07:02Par contre, il y a une autre thématique qui, pour nous, est intéressante.
07:05C'est les génériques et les biosimilaires.
07:07Allez dans le détail.
07:08Parce que là, pour le coup,
07:11les États, pour faire des économies,
07:13préfèrent rembourser des génériques et des biosimilaires.
07:15La différence entre un générique,
07:16le générique, c'est une formule chimique synthétique qu'on reproduit,
07:20et le biosimilaire, c'est avec des cellules vivantes.
07:24Donc, le générique, c'est très facile.
07:26Il y a une très forte concurrence.
07:28Donc, il ne faut pas y aller.
07:29Enfin, pour nous, il ne faut pas y aller.
07:30Par contre, le biosimilaire, c'est un peu plus intéressant
07:32parce que, globalement, on n'arrive à le reproduire
07:35qu'à 98% que le médicament original.
07:38Et là, ça demande un peu de recherche et développement
07:42et une petite phase d'approbation.
07:44Et donc, les marges sont beaucoup plus élevées.
07:46Et on a un acteur en Europe qui s'appelle Sandoz,
07:49qui, lui, est en train de changer son mix dans son bilan.
07:51Avant, il y avait 90% de générique.
07:54Et au fur et à mesure des années, le biosimilaire prend de la place.
07:58Et donc, pour nous, c'est une bonne thématique d'investissement
08:00parce qu'elle, elle va répondre au vieillissement de la population
08:04sans régulation parce qu'en fait, vous signez un contrat
08:07et sur 10 ans, le prix est dégressif.
08:09Donc, on sait exactement à quoi s'en tenir.
08:11Et il y a un gros levier qui va tomber dans ce marché.
08:16En 2031 et 2032, les brevets de Novo Nordisk tombent.
08:20Non, mais ça va faire une manne financière importante
08:24pour ces sociétés-là.
08:25Donc, 2031 en Europe pour Novo, je crois,
08:28et 2032 aux Etats-Unis.
08:29Je crois que c'est 2036 pour Elili, si je ne dis pas de bêtises.
08:32Donc, pour nous, c'est une bonne thématique
08:34et une boîte sur le long terme qui risque de marcher.
08:36Donc, 100 doses, je vous avoue que je ne la connais pas,
08:38donc je vais vous demander un peu plus d'informations.
08:41C'est côté où ?
08:42Quelle est à peu près ?
08:43C'est une small, mid-cap ?
08:44Je n'ai aucune idée.
08:44C'est une mid-cap côté en Suisse.
08:48Donc, en plus, le CHF en ce moment, c'est pas mal.
08:50Exactement, c'est ce que je pensais.
08:52Voilà, ils ont la plupart de leurs contrats en Europe.
08:56Donc, ça, c'est aussi une bonne nouvelle.
08:57Ils ne risquent pas d'être trop embêtés
08:59par la réglementation aux Etats-Unis
09:00si un jour, enfin, s'il y a une application,
09:03on s'est compris.
09:05Voilà.
09:06Dernière question à cet égard,
09:08parce qu'on a beaucoup de téléspectateurs
09:09qui sont notamment des particuliers.
09:10On a bien sûr des institutionnels,
09:11mais aussi des particuliers.
09:13La question qui va venir tout de suite,
09:15c'est justement sur cette thématique bien précise.
09:17Comment on le joue ?
09:17Est-ce qu'on le joue en tant que particulier
09:19via des ETF ?
09:19On va en direct sur les actions,
09:21via des fonds éventuellement ?
09:22Quel est le meilleur moyen pour un particulier
09:23de capturer cette thématique ?
09:24De la santé ?
09:25Oui.
09:26Je pense que plus vous avez de société,
09:28moins vous aurez de risques propres aux sociétés.
09:30parce que même aujourd'hui,
09:31une Sanofi qui se fait refuser une approbation
09:33sur un médicament de phase 3
09:35peut perdre 10 à 15 % dans la journée.
09:37Donc, je pense que plus vous détenez de lignes,
09:39plus vous serez protégés.
09:41Voilà.
09:41Avec, je pense,
09:43que les génériques et les biosimilaires
09:45sont plus intéressants
09:47pour capter, en fait,
09:48cette tendance long terme de la santé
09:49qui est le vieillissement de la population.
09:51Merci beaucoup pour cet éclairage
09:53et pour ce conseil.
09:53et Guillaume Loilly,
09:54vous êtes analyste financier
09:55chez OptiGestion.
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