00:01Et le focus du jour, c'est avec François Meunier qui nous a rejoint, directeur de la rédaction d'Investir.
00:05Bonjour François.
00:06Bonjour Nicolas.
00:07Comment ça va avec cette semaine boursière où on a d'un côté des annonces d'IPO,
00:11de l'autre un nouveau président de la Fed et puis des inquiétudes sur le marché obligataire.
00:14On a l'impression qu'on ne sait plus exactement où il faut commencer à regarder en priorité ce qui
00:20se passe sur les marchés.
00:20Et puis quand Nvidia publie des résultats, on a l'impression qu'on oublie tout le reste.
00:23On regarde simplement ce qui se passe du côté des valeurs technologiques, non ?
00:26Oui, énormément d'actualités cette semaine.
00:28Et quand on fait le bilan, on voit que c'est la première semaine de hausse après cinq semaines de
00:33baisse.
00:33Donc on respire, on en profite.
00:35Mais c'est vrai que l'actualité est extrêmement riche.
00:37Encore toujours des publications.
00:39On vient de terminer les publications au sein du CAC 40 avec Euronext.
00:41On a Nvidia qui bien sûr a monopolisé beaucoup de l'attention et les attentes étaient très très fortes.
00:47Nvidia a une nouvelle fois dépassé les attentes des investisseurs.
00:51C'est le 14e trimestre consécutif où il fait mieux que prévu.
00:55La croissance reste très dynamique, 85% de croissance du chiffre d'affaires.
01:00Mais on a eu quelques prises de bénéfices parce que la valorisation est tendue.
01:06On est quand même toujours sur une hausse de près de 20% depuis le début de l'année.
01:10Donc cette semaine, on va perdre à peu près 2% sur Nvidia.
01:13Ce n'est pas énorme, mais ça montre que...
01:15Ce n'est pas un désaveu, non.
01:17Parce que par le passé, on a déjà eu quelques trimestres où il y a eu des prises de bénéfices.
01:21Et à chaque fois, on se dit que si on commence à avoir des prises de bénéfices, on pense que
01:24la fête est terminée.
01:25Mais après, on voit que ça continue de se poursuivre.
01:28On voit que les investissements sont là, ils durent.
01:32Mais à un moment donné, la perception du marché, c'est que tout ce qui est supercalculateur,
01:38ça a déjà été très très bien travaillé en bourse, très très bien joué, très très bien valorisé.
01:42Et là, maintenant, on n'est plus vraiment sur les puces calculateurs comme Nvidia qui donne des puces de puissance,
01:47les puces les plus rapides.
01:48Mais on est plutôt maintenant sur les puces mémoire.
01:50Vous en parliez tout à l'heure de Samsung, Skynyx, mais aussi on a Micron Technologies aux Etats-Unis.
01:56Et c'est plutôt là qu'aujourd'hui, il y a une vraie histoire boursière et qu'il y a
01:59des fortes hausses en bourse.
02:02Et puis, on voit aussi que boursièrement, la valeur est en train de se déplacer vers les concurrents de Nvidia
02:08AMD.
02:08Depuis le début de l'année, elle a vu son cours doubler, alors que Nvidia, j'ai envie de dire,
02:13n'a progressé que de 20%.
02:15Donc, on voit qu'on se partage le gâteau et la valeur est en train de se déplacer
02:18parce qu'au départ, il fallait de la puissance pour faire des calculs.
02:21Et maintenant, il faut pouvoir stocker ce calcul.
02:23Et entraîner les modèles.
02:24Il y a aussi ce sujet de l'inférence sur lequel vont Google, Amazon, AMD, vous en parliez.
02:30On lisait quand même dans ces résultats impressionnants certains analystes dire
02:33qu'il y a quand même un peu plus de concurrence, il faut le garder en tête.
02:35Et il y a toujours cette idée de vase clos dans l'intelligence artificielle
02:40où en fait, on voit Nvidia qui a des chiffres d'affaires qui augmentent en lien avec des ventes qui
02:45augmentent,
02:46mais vis-à-vis de partenaires dans lesquels Nvidia investit également.
02:49Donc, il y a cette question de savoir si Nvidia n'alimente pas soi-même un peu la hausse des
02:53ventes quand même.
02:53Oui, on pouvait se poser cette question-là, mais on va avoir une réponse dans quelques jours
02:57avec des méga-IPO, des très grandes introductions en bourse.
03:02Ouh là, l'introduction en bourse, ce n'est pas pour CDG titre,
03:03c'est vraiment pour faire des appels au marché, pour lever de l'argent.
03:07SpaceX, ils vont lever probablement entre 75 et 80 milliards.
03:11On va avoir aujourd'hui Chad GPT, OpenAI qui va déposer son document d'introduction.
03:18Un peu pris de cours presque, OpenAI, qui veut se rappeler aux investisseurs,
03:22en disant nous aussi on va faire une IPO cette année.
03:25Absolument, et donc c'est un peu la course pour lever de l'argent.
03:27Donc, SpaceX va lever de l'argent, OpenAI va lever de l'argent.
03:31On va avoir dans quelques semaines, Anthropik qui va lever de l'argent,
03:35mais ce qui se dit dans les salles de marché, c'est qu'Anthropik attend de faire une grande annonce.
03:39Et cette annonce, c'est qu'ils vont pouvoir peut-être annoncer des bénéfices au deuxième trimestre.
03:44Et donc montrer que leur modèle, il est rentable.
03:47Alors qu'aujourd'hui, OpenAI ou les process d'intelligence artificielle chez SpaceX
03:54affichent de lourdes, très très lourdes pertes.
03:56Oui, c'est ça, c'est qu'il n'y a pas de rentabilité dans l'IA aujourd'hui.
03:58On a vu les chiffres de SpaceX.
03:59Peut-être chez Anthropik.
04:01Oui, voilà, pour la première fois.
04:02Pour la première fois.
04:03Et ça aussi, ça pourrait remettre une pièce dans la machine pour prolonger cette superbe aventure boursière, industrielle et technologique.
04:11Donc on a SpaceX qui ne fait pas que de l'IA, mais qui se lance quand même assez massivement
04:15dans l'IA et OpenAI,
04:17et qui se font la course un peu pour savoir qui ira le premier pour se rappeler à l'oreille
04:21des investisseurs.
04:22Et Anthropik qui attend en disant, moi je vais plutôt montrer que mon modèle est rentable avant potentiellement d'aller
04:26sur les marchés.
04:27C'est un peu ça la stratégie aujourd'hui.
04:28Donc chacun a son histoire.
04:30On a SpaceX qui vous annonce que c'est le plus grand groupe intégré à la fois sur Terre et
04:36hors de Terre.
04:37Bientôt sur la Lune et sur Mars.
04:38Et donc avec trois grands piliers.
04:40Un pilier satellite Starlink extrêmement rentable en forte croissance.
04:45Des fusées et bientôt Starship, une navette spatiale pour aller bien sûr sur la Lune et notamment sur Mars.
04:52Et puis vous avez l'intelligence artificielle, les infrastructures, Twitter qui s'appelle maintenant X, qui consomment énormément de cash.
05:02Donc SpaceX, ils ont investi l'an dernier près de 21 milliards.
05:06Et sur les 21 milliards, 60% de cet investissement est dédié à l'intelligence artificielle.
05:12Donc on voit qu'on a des modèles qui dévorent du capital pour créer des nouvelles infrastructures.
05:17Et donc avoir toujours de plus en plus de data centers et des data centers, on voit aussi que ça
05:22peut être très rentable.
05:23Ils ont signé SpaceX un contrat mensuel avec Anthropic, Claude, de plus de 1 milliard, 1 milliard 25 par mois.
05:32Et ça jusqu'en mai 2029.
05:34C'est ce qu'on a découvert dans le document qui a été déposé auprès du gendarme de la Bourse
05:39aux Etats-Unis.
05:40Donc on voit qu'il y a des méga projets et il y a aussi quand même de la rentabilité
05:44derrière.
05:45Trois méga IPOs espacés de quelques mois, est-ce qu'il y en aura assez pour tout le monde ?
05:49Est-ce qu'il y a suffisamment de capitaux pour alimenter ces IPOs ?
05:52C'est une des questions qu'on peut se poser.
05:53Oui, c'est une bonne question.
05:54Alors j'ai envie de dire oui et non.
05:56Quand on voit que SpaceX va lever 80 milliards, qu'est-ce qu'on a vu cette semaine ?
06:00On a vu Nvidia qui va proposer un rachat d'actions de 80 milliards.
06:04Donc on peut voir que l'argent se déplace.
06:07il quitte les semi-conducteurs qui ont des activités extrêmement rentables
06:11pour aller vers des projets qui sont pour l'instant à fiche de lourde perte.
06:16Donc on voit qu'il y a quand même des mouvements qui se déplacent.
06:18Mais globalement, on voit quand même qu'il y a des investissements qui sont monstrueux
06:22du côté des entreprises, notamment les entreprises de haute technologie,
06:26mais aussi des États.
06:28puisque les déficits s'aggravent avec ce choc inflationniste qui génère de l'inflation
06:34et donc ce choc énergétique qui génère de l'inflation.
06:39Et donc ça, ça déstabilise un peu le marché obligataire.
06:42Donc on voit qu'il y a énormément de besoins,
06:43des entreprises de la tech, mais aussi des États,
06:46dans un contexte où il y a quand même du ralentissement économique.
06:49Pas de croissance en France au premier trimestre
06:51et peut-être un mois de décroissance
06:54qui sera probablement annoncé dans quelques jours en France.
06:57Donc on voit que la situation, elle est compliquée
06:59et les déficits sont là.
07:00Et donc il y a un besoin de financer tout ça.
07:02Très rapidement, François Monnier, Kevin Warche,
07:05qui va prendre la présidence de la Fed de manière officielle,
07:07qui va prêter serment à la Maison Blanche.
07:09C'est peut-être vis-à-vis de Donald Trump lui-même
07:11qui va prêter serment.
07:12C'est en tout cas ce qu'on peut lire et anticiper.
07:15Qu'est-ce qu'il attend, Kevin Warche ?
07:17Une obligation de monter les taux
07:19où il peut rester sur sa ligne de dire que la Fed intervient trop régulièrement.
07:24À quoi s'attendre cet après-midi, François ?
07:26Ce qu'il a laissé entrevoir,
07:30c'est qu'il allait changer sa politique de communication.
07:32On avait un Jérôme Paul qui communiquait peut-être un peu trop.
07:36Et donc là, on va avoir un nouveau patron de la Banque Centrale Américaine
07:39qui sera plutôt sur la réserve
07:41et qui aura plutôt une approche d'Alan Grispan
07:43en réservant quand même ses interventions,
07:46ses conférences de presse lors des moments un peu particuliers, singuliers,
07:50et non pas de façon extrêmement récurrente
07:52avec des prévisions sur éventuellement ce qu'ils vont faire
07:56et étaler au grand jour les discussions entre chaque gouverneur.
08:01Donc on a un changement clair de stratégie.
08:04Maintenant, ce qu'on voit, c'est qu'aux États-Unis,
08:05ils essaient de retarder la hausse des taux,
08:08même s'ils ont plus de croissance dans la zone euro,
08:12même s'ils ont plus d'inflation que dans la zone euro,
08:14et que probablement ce serait la BCE, la Banque Centrale Européenne,
08:18qui augmenterait ses taux.
08:20Ça peut paraître contre-intuitif, voire même étrange,
08:24puisqu'on a moins de croissance, moins d'inflation,
08:28on pourrait attendre.
08:29Mais voilà, je pense que la BCE fait peut-être une erreur d'agir trop tôt.
08:35C'était ce que nous disait également Marc Fiorentino il y a quelques minutes.
08:42Merci François Meunier d'avoir été avec nous dans Good Morning Market.
08:45Je rappelle que vous êtes directeur de la rédaction d'Investir.
Commentaires