00:00Vous avez tout de suite réagi quand Linda a dit qu'il faut les juger comme des majeurs, bien qu
00:04'ils aient 17 ans.
00:05Alors que c'est un des principes fondamentaux de notre justice depuis 1945, qui est de dire qu'en dessous
00:11de 18 ans, on ne peut pas être jugé comme des adultes.
00:14C'est un principe fondamental, même si entre 16 et 18 ans, il y a déjà des dérogations possibles et
00:21on peut oublier l'excuse de minorité.
00:24Pourquoi vous réagissez tout de suite ?
00:26Bien sûr, parce que déjà en tant que jeune, je ne me sens concernée pas parce que je fais subir
00:29de ces violences à d'autres jeunes,
00:31mais bien parce qu'en fait, s'il y a cette instauration depuis des années, c'est qu'il y
00:36a une raison en fait, tout simplement.
00:38Et moi, ce qui me frappe dans cette histoire, c'est autant le fait que, déjà toutes mes condolences à
00:43la famille de Louis et à tous les enfants qui sont passés, parce que ce n'est pas normal.
00:45Mais désolé pour la question que vous avez posée, mais je trouve que la question, comment elle est formulée là,
00:50en fait, elle est mal cadrée.
00:52Parce que la réalité, c'est l'ultra-violence chez les jeunes, oui, mais d'où elle provient en fait.
00:57Et je pense que le débat n'est pas assez orienté vers l'État.
01:02Parce qu'en réalité, cette violence-là, elle n'est pas de l'immigration, elle n'est simplement du fait
01:09qu'aujourd'hui, l'État a abandonné les jeunes,
01:11qui est aujourd'hui, en fait, c'est son taf, en fait, c'est son travail de s'occuper de
01:16ces jeunes-là qui sont à l'aide sociale à l'enfance.
01:18On voit aujourd'hui les conditions désastreuses des enfants.
01:21Je précise, vous parlez de l'aide sociale à l'enfance, Louis avait été confié à l'aide sociale à
01:25l'enfance,
01:25et parmi ceux qui ont été interpellés, il y en a deux, trois, pardon, deux ou trois qui étaient eux
01:31aussi confiés à l'aide sociale à l'enfance.
01:32– Voilà, et en fait, on se rend compte qu'aujourd'hui, l'État ne fait pas son travail, et
01:36l'État, je suis désolée de vous le dire,
01:37mais est responsable, en fait, de ces cas-là.
01:39L'État est responsable parce que c'était à l'État d'assurer la sécurité physique et morale de ces
01:44enfants-là,
01:45elle ne l'a pas fait correctement, et aujourd'hui, regardez ce qui se passe, tout simplement,
01:48il y a des manques de moyens, comme tu le disais, et je suis entièrement d'accord avec toi,
01:51les cours de MC, tu le disais si bien, alors moi, pour l'avoir vécu, je n'ai pas eu
01:56de cours assurés toute l'année,
01:57étant au lycée de MC, ce qui est fortement problématique.
02:00– Le MC, c'est ce que Linda appelait l'instruction civique, l'éducation civique.
02:03– Oui, c'était comme ça qu'on appelait à notre époque, Linda.
02:05– Et il faut bien comprendre qu'aujourd'hui, en fait, s'il y a autant d'insécurité dans ce
02:09pays,
02:10c'est parce que la précarité augmente, en réalité.
02:12Et ce qui lie la délinquance aux jeunes, c'est la précarité,
02:15parce qu'il y a des statistiques qui ont été faites, il y a des sociologues,
02:19il y a tellement d'études qui ont été faites, qui montrent que le lien entre la violence et les
02:23jeunes,
02:23ce n'est pas l'immigration, ce n'est pas les parents,
02:25c'est simplement la dégradation de leurs conditions sociales et économiques.
02:32Et aujourd'hui, on rejette énormément la faute sur les parents, sur les parents,
02:36mais en réalité, l'État a toute sa place là-dedans.
02:38– On va parler de…
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