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  • il y a 10 heures
BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce mardi 19 mai, Alexis Bonhomme, président de Trinity Asia, est revenu sur le comportement du marché de la consommation, notamment premium et luxe, en Chine face au conflit au Moyen-Orient, dans l'émission Chine Éco présentée par Gilane Barret. Chine Éco est à voir ou écouter du lundi au jeudi sur BFM Business. Cette émission a été réalisée en partenariat avec China Radio International.

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Transcription
00:01BFM Business, Chineco, Ghislaine May.
00:07Bienvenue dans Chineco sur BFM Business, la une, la visite d'Etat du président américain à Pékin.
00:12Donald Trump et Xi Jinping ont abordé de nombreux sujets, dont l'économie.
00:17On retrouve notre journaliste à Pékin. Bonsoir Ishan.
00:21Bonsoir Ghislaine. Donald Trump a quitté Pékin le 15 mai après sa première visite d'Etat en Chine depuis sa
00:27réélection.
00:28Juste avant son arrivée, un septième cycle de négociations commerciales de haut niveau a eu lieu à Séroul.
00:35Restrictions technologiques, car tarifaires, contrôles sur les terres rares, ces tensions structurelles n'ont pas disparu.
00:42Pourtant, depuis 2025, ces consultations marquent une inflexion d'une logique de confrontation à un dialogue régulier.
00:51Un chiffre récent illustre cette tendance.
00:54Selon les douanes chinoises, en avril 2026, les exportations chinoises vers les Etats-Unis ont rebondi de 11,3%
01:03sur un an, leur première hausse depuis avril 2025.
01:07La délégation qui accompagnait Donald Trump comptait une forte proportion d'entreprises de haute technologie,
01:14semi-conducteurs électroniques, grands publics, véhicules électriques, ainsi que des représentants des services financiers.
01:22Cette composition traduit l'ambition partagée de stabiliser les chaînes d'approvisionnement critiques
01:29et d'explorer une coopération dans l'économie numérique.
01:33Au-delà des contrats signés et malgré leurs différends, la volonté des deux premières puissances économiques
01:39de maintenir un dialogue structuré offre une prévisibilité indispensable aux marchés, aux chaînes d'approvisionnement ainsi qu'aux pays tiers.
01:50Les Etats-Unis, la Chine, mais aussi le conflit au Moyen-Orient, l'actualité montre de nombreux soubresauts.
01:55Comment se comporte le marché de la consommation, notamment premium et luxe en Chine ?
02:00Je reçois Alexis Bonhomme, bonsoir.
02:01Bonsoir Gylaine.
02:02Vous êtes président de Trinity Asia, c'est une société de stratégie marketing et data pour les marques de luxe
02:07en Chine et en Asie.
02:09Vous descendez littéralement de l'avion ce matin même.
02:11Ce matin même, merci d'être là avec nous à Paris.
02:13Quel est l'impact du Moyen-Orient, du conflit avec l'Iran sur le marché du luxe en Asie ?
02:18Déjà, ça met en exergue l'importance de l'Asie qui est un marché, notamment en Chine, stable et lisible.
02:23Et pour les grands groupes internationaux, il y a un certain rééquilibrage de leur stratégie
02:27où on attend justement quelque chose de potentiellement positif sur les investissements qu'ils vont faire en Asie durant cette
02:32année 2026.
02:33Alors ce marché de la consommation premium et luxe en Chine, finalement, il est assez disparate et polarisé, c'est
02:39ça ?
02:39Oui, c'est polarisé.
02:40Alors si on regarde l'ensemble de l'industrie, on est entre 2 et 4% de croissance depuis le
02:43début de l'année.
02:44Après, on a une espèce de courbe en K entre des marques qui se comportent très bien,
02:48notamment dans la joaillerie, dans l'ultra-luxe et dans le outdoor, et des marques qui sont un petit peu
02:53plus en difficulté.
02:53Alors quelques exemples de marques qui repartent bien en ce moment.
02:57Oui, dans tout ce qui est premium, on va avoir des marques qu'on connaît bien chez nous comme Longchamp,
03:01Ami Paris,
03:02chez nos amis américains, Trump était en Chine, Ralph Lauren, Forte Croissance, ça se passe super bien.
03:08Dans la joaillerie, ça se passe aussi très bien.
03:10Si on regarde l'horlogerie, c'est un petit peu plus compliqué.
03:12Si on regarde les marques en mode programme luxe, moyenne, haut de gamme, ça c'est plus compliqué.
03:18Moyenne, haut de gamme, on a quoi ? Givenchy ?
03:20On va avoir les marques de Kering, Givenchy, etc. On va avoir ce genre de marques.
03:23L'ultra-luxe se comporte encore très bien de manière très solide.
03:25Alors qu'en est-il de l'évolution maintenant du comportement des consommateurs chinois,
03:29en particulier la clientèle aisée, comment elle se comporte ?
03:32Alors vous avez dit le mot polariser, je pense qu'on peut l'adapter aussi aux consommateurs.
03:35Vous avez ces fameux High Net Worth Individuals, donc H-N-W-I.
03:40Ils ont de l'argent, ils ne sentent pas la crise, ils continuent à consommer.
03:43Ils représentent à peu près 11% des clients du luxe en Chine, mais 40% des dépenses.
03:48C'est nos CSP++ ?
03:49C'est les VAC, c'est les CSP, c'est les personnes très importantes.
03:52Donc les marques, d'un point de vue stratégique, targetent ces gens-là.
03:55Et ensuite, les clients plus aspirationnels, eux, il faut aller les chercher avec des expériences spécifiques.
04:00Ils sont un peu plus difficiles à convertir.
04:02Et donc là, les marques essaient de mettre des efforts particuliers pour les aspirationnels consommateurs.
04:06Je parlais de l'actualité, le consommateur a confiance en l'économie chinoise.
04:11Il y croit, il consomme quand même ?
04:13Oui, alors on a des lumières positives.
04:15Le marché boursier chinois s'est très bien repris.
04:17On a des lumières un petit peu plus sombres.
04:19Le marché de l'immobilier, qui est encore stagnant, qui ne s'est pas encore complètement stabilisé.
04:23Et quand vous savez qu'en Chine, la richesse du consommateur chinois, c'est 60 à 70 % de l
04:27'immobilier, on attend encore.
04:29Mais en tout cas, d'un point de vue confiance, on est beaucoup plus confortable aujourd'hui qu'on était
04:32il y a deux ans, par exemple.
04:33Quelles sont aujourd'hui les meilleures pratiques des marques internationales pour engager justement le consommateur ?
04:37Vous avez cette phrase qui est assez intéressante, les marques essayent de passer du retail au rituel et donc d
04:44'être un petit peu moins, j'allais dire, distantes.
04:46Vous avez des maisons comme Ami Paris qui va créer à Chengdu.
04:50Vous avez un café, vous avez un boulangerie, vous avez une cordonnerie, des éléments très français pour engager le consommateur.
04:56Vous avez des marques comme Guerlain dans la beauté française qui va sponsoriser des théâtres nationaux chinois pour lier les
05:04arts avec l'idée olfactive.
05:06Et finalement, vous avez les très grandes maisons de luxe françaises, les Louis Vuitton, les Dior, les Hermès qui vont
05:12ouvrir des flagships incroyables avec des expériences clientes extrêmement élitistes.
05:16Vous allez avoir à la fois un restaurant et à la fois des services au fameux VIC qui vont être
05:20absolument uniques pour continuer à engager ces consommateurs.
05:23J'entends beaucoup de noms de marques françaises, mais des marques de luxe chinoises, il y en a ?
05:26Ça commence à arriver. Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose pour notre économie
05:30en Europe.
05:31Vous avez des marques, c'est assez spécifique.
05:34Une marque comme Laopu Gold, on est sur la joaillerie, on est sur l'or.
05:38Et donc oui, ils vont prendre des parts de marché à un quartier, à un Tiffany, parce que le consommateur
05:42qui veut dépenser 5, 10, 15 000 euros dans de l'or, il peut aller chez Laopu Gold.
05:46Vous allez avoir des marques comme Songemont dans la maroquinerie et plus récemment, Icicle, Kering, a pris presque 10%
05:53du capital d'Icicle récemment.
05:54Donc c'est des marques qui commencent à se montrer au niveau international.
05:57Merci beaucoup Alexis Bonhomme, je retiens en passe du retail au rituel.
06:00Absolument.
06:01Merci beaucoup.
06:02Merci.
06:02Et merci à vous de nous avoir suivis. On se retrouve très bientôt sur BFM Business.
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