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  • il y a 12 heures
Regardez "On refait le monde" avec Plana Radenovic, journaliste au service police-justice de RTL, Maître David-Olivier Kaminski, avocat au barreau de Paris, notamment de Gérard Depardieu, Karen Noblinski, avocate pénaliste au barreau de Paris, et Mathilde Marius, membre du collectif Salon Féministe.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 18 mai 2026.

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Transcription
00:02Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Anne-Sophie Lapix.
00:07Flavie Flamand a pris la parole aujourd'hui.
00:09Dans une interview accordée à Mediapart, elle raconte sa rencontre avec Patrick Bruel
00:13et ce viol dont elle l'accuse à visage découvert depuis vendredi.
00:17Le chanteur a démenti l'avoir violé, l'avoir drogué pour cela.
00:21Il parle d'une relation consentie, épisodique.
00:24Patrick Bruel nie avoir jamais utilisé la contrainte avec des femmes.
00:28Une trentaine de femmes l'accusent pourtant et plusieurs ont porté plainte.
00:33Pour l'heure, il n'est pas mis en examen, mais certains réclament l'annulation de sa tournée.
00:37La présomption d'innocence peut-elle être balayée ?
00:40On en débat avec Plana Radenovic, journaliste au service police-justice de RTL.
00:46Bonsoir.
00:46Bonsoir.
00:47Maître David-Olivier Kaminsky, avocat au barreau de Paris.
00:50Et vous êtes l'avocat notamment de Gérard Depardieu.
00:52Bonsoir.
00:53Bonsoir.
00:53Et Karen Noblinsky, avocate pénaliste au barreau de Paris.
00:57Bonsoir.
00:57Bonsoir.
00:59On refait le monde sur RTL.
01:02J'ai un souvenir extrêmement précis du moment où je sors de cet état, où j'ouvre les yeux.
01:11Et là, je le vois.
01:12On est sur son lit et il est en train de me remettre mon pantalon.
01:17Et ma pensée est extrêmement puissante.
01:21En revanche, mon corps ne répond pas.
01:22Il y a quelque chose de...
01:24Il y a un décalage.
01:25C'est une peur immense.
01:28Voilà, c'est Flavie Flamand qui s'exprimait dans une interview accordée cet après-midi à Mediapart.
01:33Flavie Flamand qui travaille sur RTL, je le précise.
01:36Elle a donc accordé une interview dans laquelle elle raconte avoir été droguée et violée par Patrick Bruel alors qu
01:42'elle avait 16 ans.
01:43Elle l'avait révélée dans un post sur les réseaux sociaux vendredi tout en annonçant avoir porté plainte.
01:49Planar Adénoïde, quel est le récit de Flavie Flamand ?
01:52Alors, selon sa plainte, Flavie Flamand, elle est venue à Paris.
01:56À ce moment-là, elle a 16 ans.
01:57Elle va faire une journée de shooting photo pour un magazine.
02:01Elle rencontre Patrick Bruel dans ce cadre-là parce qu'ils se connaissent, ils se sont déjà croisés.
02:07Il l'emmène à son appartement parisien.
02:09En bas de l'appartement, elle voit des groupies qui attendent.
02:12Enfin, elle est dans cette ambiance-là.
02:14Elle entre.
02:15On est toujours, selon son récit, à elle.
02:17Il lui propose un thé.
02:19Et là, selon ce qu'elle dit, c'est le trou noir, le blackout.
02:22Et elle émerge, elle se réveille avec Patrick Bruel en train de reboutonner son pantalon à elle.
02:28Donc, elle, elle est un peu vaseuse.
02:30Et selon ce qu'elle dit, il la dépose devant un hôtel miteux, selon ce qu'elle dit, près de
02:37la gare Saint-Lazare.
02:38Patrick Bruel s'est exprimé hier.
02:40Il a lu un tout autre discours.
02:42Oui, alors, Patrick Bruel, il s'est exprimé sur son compte Instagram.
02:47Lui, il parle d'une brève histoire, d'une relation épisodique.
02:51Il écrit, nous nous sommes croisés, nous nous sommes revus quelques fois.
02:55Nous avons eu ensemble une brève histoire.
02:56Et lui, il nie toute violence, toute contrainte.
03:01Il dit, en fait, qu'il n'y a eu ni viol ni drogue.
03:04En gros, pour lui, il a juste une relation sexuelle consentie avec Flavie Flamand.
03:09Il dit aussi, et je comprends que notre différence d'âge puisse faire réagir.
03:14La différence d'âge, c'est du simple au double.
03:16C'est ça, cet âge-là.
03:17Mais est-ce que c'est la différence d'âge qui peut poser problème ?
03:20Ou est-ce que c'est l'âge, tout simplement ?
03:22Alors, oui, là, ce qui pose problème quand même d'emblée, c'est la soumission chimique qu'elle dénonce.
03:28Parce qu'il lui donne, selon son récit, encore une fois, puisqu'il le nie, mais selon le récit de
03:33Flavie Flamand, il lui donne un thé qui la plonge dans un trou noir.
03:37Donc là, c'est ça le problème.
03:39Après, la majorité sexuelle, c'est 15 ans.
03:42Donc voilà.
03:43Après, elle reste quand même mineure.
03:44Et lui, il a deux fois son âge.
03:46Mais ce n'est pas de la pédocriminalité au sens où on l'entend, elle n'est pas enfant.
03:52C'est la première fois que Patrick Bruel prend la parole, directement, même si ce n'est pas écrit.
03:59Selon vous, Maître David-Olivier Kamensky, pourquoi ?
04:01Parce qu'avec ces propos de Flavie Flamand, l'affaire prend un autre tour, une plus grande dimension.
04:09Tout d'abord, il faut quand même qu'on n'oublie pas que nous parlons d'un dossier que personne
04:15n'a vu.
04:15Et c'est quand même assez extraordinaire.
04:17C'est-à-dire qu'on passe, c'est un collectif, des minutes, des heures, à parler d'un dossier,
04:23de témoignage.
04:25Et je veux dire qu'en lançant ce débat, je me posais la question, mais est-ce qu'on pourrait
04:29ne pas en parler ?
04:31Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas en parler.
04:33Ça veut dire que c'est très compliqué de poser un nom et une qualification sur une dénonciation.
04:42Elle dénonce des faits qui en soi sont graves.
04:46Mais moi qui suis, la plupart du temps, avocat de la Défense, je dis, mais pourquoi avoir attendu plus de
04:52trois décennies ?
04:53C'est une vraie question aussi.
04:55Et ça, on peut en parler.
04:56Pourquoi, entre guillemets, ne pas avoir dénoncé ces faits plus tôt, peut-être en passant par ses parents, puisqu'elle
05:03était mineure ?
05:04Pourquoi ne pas avoir alerté la production télévisuelle lorsqu'elle rencontrait Patrick Bruel ?
05:11Rien du tout.
05:12C'est-à-dire qu'on se dit que tout d'un coup, 37 années après, on est en mesure
05:19de prendre et de tenir quelqu'un sur une dénonciation dont on n'a même pas ni les tenants ni
05:26les aboutissants, si ce n'est ce qu'elle nous dit.
05:28Alors vous, qui vous occupez souvent de la Défense, vous avez souvent la même réponse.
05:32Qu'est-ce qu'on répond à ça, Maître Karen Noblanski ?
05:35Écoutez, je pense qu'il faut quand même rappeler une réalité.
05:39C'est que quand une personne, qu'elle soit connue ou non, décide de saisir l'institution judiciaire, décide de
05:46déposer plainte, ce n'est pas une partie, évidemment, de plaisir.
05:50Les victimes sont entendues plusieurs fois.
05:53Elles doivent répéter leur déclaration devant des officiers de police judiciaire, en confrontation, devant des experts, devant des magistrats instructeurs.
05:59C'est une procédure qui est extrêmement longue, mais ce qu'il faut préciser aussi, c'est que lorsque la
06:05victime dépose plainte contre une personne qui est médiatisée,
06:09ou quand la victime elle-même est médiatisée, je pense que c'est aussi une certaine violence qui est particulière,
06:16dans la mesure où, comme on le fait là aujourd'hui,
06:19ou comme c'est le cas dans d'autres médias, presse ou autres, sa parole va être scrutée.
06:25On va en parler, on va parler des plus hautes sphères de votre intimité, dans l'opinion publique, dans le
06:32débat public constamment,
06:34et ça, c'est aussi une violence supplémentaire.
06:37Je pense qu'aujourd'hui, en tout état de cause, la justice a reçu cette plainte,
06:42que c'est le droit de n'importe quel plaignant le plus absolu de saisir l'institution judiciaire s'il
06:47le souhaite,
06:47et que ça appartient ensuite à notre justice, parce qu'on parle évidemment de débat médiatique,
06:53et ce n'est évidemment pas ici que nous rendrons une décision sur le fait de savoir si les faits
06:56sont caractérisés ou non,
06:58mais en tout état de cause, cette plainte, elle était en droit d'être déposée,
07:02elle l'a été, et la justice va devoir faire son oeuvre.
07:05Le plaignant Radenovic, c'est pas rare, dans ces affaires, d'avoir des plaintes qui arrivent très très longtemps après
07:11l'effet dénoncé.
07:13Oui, c'est même une règle assez générale.
07:15Dans ces affaires-là, en fait, c'est assez documenté maintenant,
07:19une victime de violences sexuelles, il y a un phénomène qui s'appelle l'amnésie traumatique,
07:24donc cette personne-là, souvent, elle est sidérée,
07:28parfois elle ne comprend même pas qu'elle est victime tout de suite,
07:30elle passe des années en se disant que tout est normal, etc.
07:34Ce qui peut expliquer aussi pourquoi, parfois, quand elle recroise son violeur,
07:37elle n'a pas forcément, là je parle en général,
07:40mais elle n'a pas forcément le comportement qu'on attend d'une victime.
07:43Elle peut être amicale avec lui,
07:45parce qu'en fait, peut-être qu'elle, elle n'a pas vraiment compris qu'elle était victime.
07:48Donc, on le voit dans le dossier, notamment PPDA, on peut le voir aussi.
07:52Et puis, il y a aussi le fait qu'à l'époque,
07:55donc Flavie Flamand, elle n'est rien, en tout cas pas grand-chose.
07:58Lui, il a déjà fait ses premiers succès,
08:01je crois qu'il a déjà sorti casser la voie.
08:04Et en fait, c'est une personne puissante.
08:06Et on est dans les années 90.
08:08Moi, j'ai suivi un dossier, le violeur de la Sambre,
08:12bon, c'est un ouvrier, ça n'a rien à voir avec Patrick Bruel,
08:14mais c'est dans les mêmes années,
08:16et on voit comment réagissait la police, la justice,
08:18avec ces dénonciations-là,
08:20comment elle les traitait dans les années 90.
08:22Ce n'était pas évident de saisir la justice pour ça.
08:24Je vous propose d'écouter,
08:26Maître Ingrain qui défend Patrick Bruel,
08:28il était l'invité d'Amandine Bégaud aujourd'hui.
08:31Il y a cette première rencontre à 16 ou 17 ans,
08:34et puis il y en a d'autres,
08:35quand elle en a 21, 23, 25,
08:39et jamais, jamais, à aucun moment,
08:42il n'y a eu entre eux de difficultés
08:44ou de plaintes, de discussions relatives
08:47à un acte qui n'aurait pas été consenti.
08:50Et pour cause, ces relations qu'ils ont eues ensemble,
08:53elles étaient toujours consenties.
08:55Alors là, elle a dit tomber des nues,
08:58c'est parole contre parole.
09:00Je voudrais revenir sur deux, trois petites choses.
09:01D'abord, on parle de victimes à ce stade
09:03où nous avons des plaintes.
09:05Donc le mot juste,
09:07on parle de plaignante.
09:09Deuxième chose,
09:10j'ai défendu une des victimes,
09:12et pour le coup, c'est une victime
09:13puisqu'il a été condamné,
09:14dans l'affaire Tariq Ramadan.
09:17Les plaintes n'ont pas été déposées
09:1930 ans après les faits.
09:20Combien d'années après les faits ?
09:22Quelques années.
09:24Non mais, c'est rarement des semaines, quoi.
09:26C'est beaucoup des années.
09:27Mais en même temps,
09:28et encore dernièrement,
09:29j'ai été saisi d'un dossier
09:31sur une plainte totalement contemporaine,
09:33c'est-à-dire déposée juste après les faits.
09:35Ah oui, ça peut arriver, quand même.
09:36Mais ce n'est pas que ça peut arriver.
09:37Ce qu'on disait, c'était assez fréquent,
09:38ça n'arrive pas.
09:39C'est le loup quand même très important,
09:40ces affaires-là.
09:41Et de se dire qu'au fond,
09:44la question,
09:45c'est de savoir
09:46si tout cela était consenti ou pas.
09:48Or, la manière dont
09:51on peut le percevoir
09:52de l'extérieur,
09:54les images,
09:55ensemble,
09:56voir une femme qui n'est pas
09:57apeurée,
09:58qui n'est pas paniquée,
10:00voir une femme qui ne semble pas
10:01sanglotée face à celui
10:03qu'elle décrit aujourd'hui
10:04comme son agresseur,
10:05peut laisser perplexe
10:07quant au fait qu'elle dénonce.
10:08Et c'est logique.
10:09En tout cas, c'est ça.
10:10Mais sérieusement,
10:11mais sérieusement,
10:12je m'adresse à vous, mesdames.
10:13Si, évidemment,
10:15je dis bien,
10:15et avec un grand si,
10:16vous deviez un jour
10:17avoir été victime
10:18de ces faits-là,
10:19est-ce que sérieusement,
10:21vous trouveriez crédible
10:22d'être vu
10:24à plusieurs reprises
10:25publiquement
10:25avec celui
10:26que vous dénoncez
10:27des années plus tard ?
10:27Pardon, mais comment
10:28vous pouvez nous poser
10:29une question pareille ?
10:30Comment vous pouvez nous dire
10:31si vous étiez violé,
10:32comment vous feriez ?
10:33Franchement,
10:34un peu déplacé comme question.
10:35On ne peut plus rien dire.
10:36Non.
10:36Le débat, c'est justement
10:37de pouvoir tout dire,
10:38de pousser les lignes,
10:39même un peu loin.
10:40Ça, c'est l'idée
10:41du débat contradictoire.
10:42Et il faut l'accepter.
10:44Ce n'est pas l'idée
10:44d'un débat dogmatique
10:45où, entre guillemets,
10:46on est complètement pris
10:47par la parole
10:48d'un tribunal médiatique
10:49qui ferait la justice
10:51avant l'heure.
10:52Ça, c'est la difficulté
10:53et c'est le problème.
10:54Maître Karine Doblanski.
10:55Oui, je pense qu'il faut
10:56se remettre.
10:57Là, on est en 2026.
10:59En fait, les choses,
11:00elles ont évolué.
11:01Il y a eu une prise
11:01de conscience
11:02dans notre société
11:03qui a montré
11:04que nous ne sommes plus
11:05dans les années 60, 80, 90
11:08où, évidemment,
11:09qu'on était dans des périodes,
11:10peut-être,
11:12où la parole des plaignants,
11:14en tout cas,
11:15n'était à ce moment-là
11:16pas aussi libérée
11:17qu'aujourd'hui,
11:18qu'on était beaucoup plus
11:19pointés du doigt
11:20si on osait prendre la parole,
11:22si on osait dénoncer
11:23le comportement.
11:24Là, on parle,
11:25je me permets,
11:26là, on parle
11:27de cette affaire,
11:28évidemment,
11:29entre Flavie Flamand
11:30et Patrick Bruel.
11:31Moi, je tiens juste
11:32à porter cette parole
11:33pour n'importe quelle affaire.
11:35En fait,
11:35dans n'importe quelle affaire
11:36aujourd'hui,
11:37et s'il y a eu un allongement
11:38des délais de prescription
11:39et c'est la loi de 2018
11:40où on passe aujourd'hui
11:41d'un délai de prescription
11:42qui est de 30 ans
11:43à partir de la majorité
11:45des victimes,
11:46eh bien, c'est aussi
11:46parce que l'on sait
11:47qu'il y a des paroles
11:48qui sont prises bien longtemps
11:50après la commission des faits
11:52que, évidemment,
11:53prenons l'exemple
11:54des violences intrafamiliales,
11:55on peut croiser,
11:56par exemple,
11:57dans des faits d'inceste
11:58ou autre,
11:59un auteur pendant des années
12:00sans que la parole
12:01ne soit encore portée
12:02et il y a un moment donné
12:03une prise de conscience,
12:04une capacité à oser,
12:06un travail qui est fait
12:08auprès des plaignants
12:09qui deviendront peut-être
12:10victimes à un moment donné
12:11qui leur laisse
12:12la possibilité de se dire
12:13aujourd'hui,
12:14je me sens capable
12:15de prendre cette parole.
12:17Et je pense que
12:17le délai de prescription,
12:18après, c'est encore
12:19une autre question
12:19qui sera étudiée
12:20par le parquet
12:21ou par le doyen
12:22des juges d'instruction
12:22pour savoir
12:23si les faits sont prescrits
12:24ou non.
12:25Mais je pense qu'on ne peut pas
12:26préjuger entièrement
12:27du délai
12:28à partir de quand
12:30un plaignant
12:30décide de déposer plainte.
12:32Dans certains cas,
12:32bien sûr,
12:33ça crée un faisceau d'indices
12:34où on peut se dire
12:34ce n'est peut-être pas caractérisé
12:36mais on ne peut pas préjuger
12:37de ce simple délai de prescription
12:39ou de délai qui court
12:40à compter de la commission des faits.
12:42On va parler des autres plaintes
12:43et on va parler aussi
12:44de la présomption d'innocence.
12:45Ce sera juste après
12:46l'essentiel de l'info
12:47de Claire Chegaglini.
12:49Cette émission vous plaît ?
12:50Abonnez-vous au podcast
12:51sur l'appli RTL.
12:55Anne-Sophie Lapix
12:56On refait le monde sur RTL.
12:58Il est 19h30,
12:59l'essentiel de l'info
13:00avec Claire Chegaglini.
13:01Le tireur présumé
13:03de la fusillade de Nice
13:04qui a eu lieu la semaine dernière
13:05est désormais mis en examen
13:06comme deux autres personnes.
13:07Les investigations ont permis
13:09d'éviter un autre drame
13:10selon le procureur de la République.
13:12Le parquet de Nanterre
13:13ouvre une enquête pour viol
13:14visant Patrick Bruel
13:15et qui avait été classée
13:16sans suite fin 2022.
13:17Et puis Flavie Flamand
13:18sort du silence
13:19dans une interview
13:20à Mediapart.
13:21Celle qui a aussi porté plainte
13:22contre le chanteur
13:23réfute avoir eu une relation
13:24avec la star,
13:25version donnée
13:25par les avocats de l'artiste.
13:27Sébastien Lecornu
13:28plaide pour un élargissement
13:29du corps électoral
13:30en Nouvelle-Calédonie.
13:31Le statu quo
13:31serait le ferment
13:32de nouvelles violences,
13:34a prévenu le Premier ministre
13:35devant le Sénat
13:35cet après-midi.
13:36Le Palais du Luxembourg
13:37examine en ce moment
13:38la réforme
13:38qui permettrait
13:39d'intégrer
13:39de nouveaux votants
13:40sur le caillou.
13:41On a pu évoquer
13:42le travail à faire
13:43pour renouer
13:44la confiance
13:44entre les deux pays
13:45qui se respectent.
13:47Déclaration de Gérald Darmanin
13:48en visite aujourd'hui
13:49en Algérie.
13:50Le garde des Sceaux
13:51a longuement échangé
13:52avec le président Tebboune.
13:53Des voyageurs
13:54soumis à des tests
13:55de dépistage
13:55du virus Ebola
13:56dans les aéroports américains.
13:58L'épidémie
13:59connaît une recrudescence
14:00en Afrique centrale.
14:01Elle fait l'objet
14:02d'une alerte sanitaire internationale
14:04lancée par l'OMS
14:04ce week-end.
14:06Cyclisme,
14:06une fois n'est pas coutume.
14:07Le Tour de France
14:082028
14:09démarrera dans l'Hexagone.
14:11Le départ sera donné à Reims.
14:12Les quatre premières étapes
14:13de la Grande Boucle
14:14se disputeront
14:15dans la région Grand Est.
14:16Merci Claire.
14:17On vous retrouve
14:17à 20h.
14:20Anne-Sophie Lapix
14:21On refait le monde
14:22jusqu'à 20h sur RTL.
14:25Patrick Bruel
14:26est-il condamné d'office ?
14:27Jugé avant l'heure
14:28par un tribunal médiatique.
14:30Pour l'heure,
14:30il continue de jouer au théâtre
14:31et sa tournée
14:32n'est pas annulée.
14:33Mais une pétition
14:34initiée par des collectifs
14:35féministes
14:35et signée par 20 000 personnes
14:37lui demande de s'effacer.
14:38Est-ce que c'est une atteinte
14:39à sa présomption d'innocence ?
14:40On en débat avec nos invités.
14:42Planar Adénovitch,
14:43journaliste au service
14:44police-justice de RTL,
14:46Maître David
14:46Olivier Kaminsky,
14:47avocat au Barreau de Paris
14:49et Maître Karen Noblinsky,
14:51avocate pénaliste
14:52au Barreau de Paris.
14:53Pourquoi bouger
14:54si longtemps après ?
14:5535 ans après,
14:56excusez-moi,
14:57moi je suis sceptique.
14:58Peut-être parce qu'il a fallu
14:59attendre que d'autres
14:59aient le courage de parler aussi.
15:01Le mouvement MeToo,
15:02c'est bien.
15:03Maintenant qu'on descend
15:03en flèche des gens
15:04comme ça,
15:05je suis contre.
15:06Regardez là,
15:06j'ouvre la pétition.
15:08La dernière signature,
15:08c'était il y a deux minutes,
15:0918 600 signatures
15:11à l'heure où je la regarde.
15:12Vous trouvez ça normal ?
15:13Non, je ne le signerai pas.
15:14Votre regard sur Patrick Bruel
15:16n'a pas changé ?
15:17Pour l'instant, non.
15:18Voilà,
15:19ce sont des spectateurs
15:20à la sortie
15:20de la pièce de théâtre
15:22dans laquelle joue
15:24Patrick Bruel.
15:25Alors,
15:25une pétition
15:26signée par près
15:27de 20 000 personnels,
15:28on parlait de cette pétition
15:29dans ce qu'on vient d'entendre,
15:31réclame l'annulation
15:31de sa tournée.
15:33Une grande tournée
15:34prévue cet automne.
15:35On est en ligne
15:35avec Mathilde Marius
15:36qui est membre
15:37du collectif
15:38Salon Féministe
15:39à l'origine de cette pétition.
15:40Pourquoi cette pétition,
15:42Mathilde Marius ?
15:43Bonsoir.
15:44Bonsoir.
15:44Merci de nous donner
15:46la parole.
15:47Cette pétition,
15:48parce qu'on trouve
15:49que c'est une...
15:51ça casse en fait
15:52le principe d'équité
15:54entre l'accusé
15:55et les plaignantes.
15:56C'est-à-dire que
15:57Patrick Bruel,
15:57il va bénéficier
15:58d'une tribune médiatique,
15:59il va faire comme si
16:00de rien n'était,
16:00alors que 35 femmes
16:02témoignent de violences
16:03sexuelles et sexistes.
16:05Mais il ne se sert pas
16:06de ses concerts
16:06pour s'exprimer
16:07sur cette affaire,
16:08pour parler de tribune médiatique.
16:09Non.
16:10Non, évidemment.
16:11Mais ça alimente
16:12une image positive,
16:13une image d'un homme
16:15qui continue à chanter,
16:17à être admiré,
16:19etc.
16:19À être soutenu aussi.
16:20Ce que les femmes
16:21ne l'ont pas.
16:22Parce qu'aujourd'hui,
16:23on entend bien
16:24dans les témoignages
16:25des fans
16:26qu'on met en question
16:28leurs paroles
16:29sur le fait
16:31qu'elles aient mis
16:31du temps à parler,
16:32le fait que,
16:33pourquoi elles parlent
16:34aujourd'hui,
16:35est-ce qu'elles seraient vénales,
16:36est-ce qu'elles mentent,
16:37etc.
16:38Mais les femmes
16:40ont la parole aussi.
16:40Je ne vois pas trop
16:41sur cet argument
16:42pourquoi ça ferait taire
16:44les femmes
16:45et ça lui donnerait
16:46une tribune.
16:47Est-ce qu'en fait,
16:48ça ne revient pas surtout
16:48à condamner quelqu'un
16:49qui n'a pas été jugé ?
16:51Alors nous,
16:52on ne le condamne pas.
16:52C'est-à-dire qu'on ne lui demande
16:54pas de se rendre en prison,
16:55on ne lui demande pas,
16:56on ne le condamne pas,
16:56on attend de savoir
16:58que la justice
16:58fasse son travail
17:00et se prononce.
17:01Mais en fait,
17:02on voit très bien
17:02que c'est compliqué
17:03pour les femmes
17:03de prendre la parole.
17:04On voit très bien
17:05le traitement qui est fait.
17:06Ces femmes,
17:06on ne les entend très peu,
17:07on ne les entend quasiment pas.
17:08Là, on en parle beaucoup
17:09parce qu'il y a Flavie Flamand
17:10et que Flavie Flamand
17:11est une personnalité connue.
17:13Et qu'on parle des autres plaintes
17:15depuis plusieurs semaines.
17:16On ne peut pas dire
17:17que le sujet
17:19n'a pas été repris
17:20par la presse en général.
17:22Le sujet a été repris
17:23en effet,
17:24mais il a été repris
17:25du côté de M. Bruel.
17:26C'est-à-dire qu'on ne cesse
17:27de parler de M. Bruel,
17:28de dire...
17:29En tout cas,
17:30nous, on trouve
17:31qu'on met beaucoup
17:31M. Bruel au centre
17:32et pas du tout
17:33les femmes pour qui
17:34c'est très compliqué
17:35de prendre la parole.
17:36C'est très compliqué aujourd'hui.
17:37Il faut s'imaginer
17:38des femmes qui ont vécu
17:39des choses très compliquées
17:40d'aller parler publiquement,
17:42d'aller dire
17:42« Oui, j'ai peut-être été agressée,
17:44j'ai peut-être été violée. »
17:46Ça demande beaucoup de courage.
17:48Et je pense qu'il faut
17:49absolument les soutenir
17:50et se placer de leur côté.
17:51Ça vous surprend
17:52que les fans continuent
17:53de suivre Patrick Bruel
17:54et d'aller l'applaudir
17:56dans ses spectacles,
17:57sa pièce de théâtre ?
17:58Non, ça ne nous surprend pas.
18:00Je peux comprendre
18:00que ce soit compliqué
18:01pour des fans
18:02d'accepter que quelqu'un
18:03qu'on admire,
18:04qu'on a suivi
18:04depuis plusieurs années,
18:06qui a été,
18:07de par ses chansons,
18:08de par important
18:09dans les vies
18:10de ces personnes,
18:11je peux comprendre
18:11que ce soit compliqué
18:12de réaliser
18:13que ce n'est peut-être pas
18:13l'homme qu'on pensait être.
18:15Merci beaucoup,
18:16Mathilde Marius,
18:18d'être intervenue
18:18dans notre débat.
18:21Planar Adénovitch,
18:21est-ce qu'on peut continuer
18:22à exercer un métier public
18:23et d'image
18:24quand on est accusé
18:25publiquement ?
18:25Oui, bien sûr,
18:26parce que pour l'instant,
18:28en fait,
18:28Patrick Bruel,
18:29il est juste,
18:30comme vous dites,
18:31accusé publiquement.
18:32Pour la justice,
18:32il n'est rien,
18:33il n'a même pas été entendu.
18:35A fortiori,
18:35il n'a même pas été mis
18:37en examen non plus.
18:38Donc, oui,
18:40il n'y a aucune interdiction.
18:41Et puis,
18:42vous l'avez rappelé
18:43au début,
18:43mais il est évidemment
18:44présumé innocent.
18:46Donc, il n'y a pas
18:46de raison,
18:47en tout cas,
18:48de raison au niveau
18:49de la justice,
18:50de lui interdire
18:51de travailler.
18:52Après,
18:52ça serait des raisons morales.
18:53Là, c'est ça
18:54que demande cette pétition.
18:55C'est de dire
18:56que ce n'est pas décent
18:57de se produire en public
18:58alors qu'on est accusé
19:00de tel fait
19:00par autant de femmes.
19:02Ça, c'est une autre question.
19:03Mais je veux dire,
19:03sur la question judiciaire,
19:05là, il n'y a pas photo.
19:06Maître David-Olivier Kamensky,
19:08qu'est-ce que c'est
19:08la présomption d'innocence ?
19:10Je voudrais vous répondre
19:12de manière un peu
19:13très directe.
19:14Qu'est-ce que c'est
19:1520 000 personnes
19:16face à la justice
19:17rendue au nom
19:17du peuple français ?
19:19C'est-à-dire que...
19:20Orient,
19:20si vous pouvez...
19:21Vous voyez ce que je veux dire.
19:23On essaie de comprendre
19:25justement la démarche
19:26et qui, quand même,
19:27pas non,
19:27totalement négligée.
19:29Elle mérite d'être comprise,
19:30c'est-à-dire qu'on a
19:3120 000 personnes
19:32qui font une pétition
19:34pour dire
19:35qu'un homme
19:36qui n'a pas encore
19:38été jugé,
19:38donc déclaré coupable,
19:40devrait arrêter
19:41de faire son métier.
19:41Or, ça, vous voyez,
19:43c'est une mesure
19:45privative de liberté
19:46que seule
19:46et uniquement seule
19:48la justice
19:48peut prononcer.
19:50Donc, en vérité,
19:51il y a une dichotomie
19:52entre la vision
19:54et le monde
19:55qui est développé
19:56ici
19:57pour une cause
19:58juste.
19:59Le monde qui est développé
20:00ici ?
20:00Pour une cause juste,
20:02à savoir la cause des femmes,
20:03la libération de la parole.
20:04Ça, c'est parfait.
20:05Et d'un autre côté,
20:08les réalités judiciaires
20:09qui sont
20:10beaucoup plus complexes,
20:12beaucoup plus dures,
20:13beaucoup plus restrictives.
20:14Et c'est ce terrain-là
20:16qui ne peut
20:17uniquement
20:18dire
20:18si un homme
20:19est coupable
20:19ou innocent.
20:20Maître Karin-Noblenski,
20:22cette démarche
20:23de féministe,
20:25vous la trouvez
20:26choquante
20:27ou compréhensible ?
20:28Écoutez,
20:29en fait,
20:30elles ont le droit,
20:31ils ont le droit,
20:32ces hommes et ces femmes,
20:33de faire une pétition
20:34s'ils souhaitent faire
20:35une pétition,
20:36la réalité judiciaire,
20:38parce qu'aujourd'hui,
20:39on prend la parole,
20:40on est avocat ici,
20:42c'est comme vous l'avez rappelé,
20:44c'est que clairement,
20:44il n'y a pas de contrôle judiciaire,
20:46il n'y a même pas de mise en examen
20:47aujourd'hui,
20:48il n'y a pas de condamnation
20:50à l'heure qu'il est judiciairement,
20:52juridiquement,
20:53il a le droit de se produire
20:55où il le souhaite.
20:56Mais je pense qu'il faut aussi
20:56attirer l'attention sur un point,
20:58c'est que c'est aussi la raison
20:59pour laquelle notre justice,
21:01elle se doit d'être
21:04aujourd'hui
21:04plus rapide,
21:05d'avoir plus de moyens.
21:07Pourquoi ?
21:07Parce que lorsque ça dure comme ça
21:09des années,
21:10ce temps judiciaire,
21:11il pèse sur les deux parties.
21:13Il pèse sur la partie mise en cause,
21:14il pèse aussi
21:16sur la plaignante
21:17qui va attendre
21:18d'être réentendue,
21:19etc.
21:19Et ce temps judiciaire,
21:20aujourd'hui,
21:21il nous place dans une zone grise
21:22de laquelle on ne peut pas sortir
21:24tant qu'une juridiction
21:25n'aura pas statué,
21:27quel que soit
21:28le moment où ils auront statué,
21:29si c'est un classement,
21:30si c'est un non-lieu,
21:31si c'est une condamnation.
21:32Parce que ça va prendre
21:32combien de temps, justement ?
21:33Et ça peut prendre des années.
21:35On ne sait pas aujourd'hui,
21:36on comprend qu'il y a
21:36plusieurs procédures,
21:37que ces procédures vont sûrement
21:38être peut-être ramenées
21:39devant un même juge.
21:42On ne sait pas,
21:43parce qu'on n'est d'ailleurs
21:43pas, pour ma part,
21:45avocat dans ce dossier,
21:46mais en tout état de cause.
21:47Aujourd'hui,
21:48il y a des délais de prescription
21:49qui vont devoir être étudiés
21:50pour les procédures
21:51qui ne sont pas prescrites.
21:52Eh bien, évidemment,
21:54si vous voulez,
21:55en fait,
21:55la justice,
21:55elle ne se rend pas
21:56en un tweet,
21:57elle ne se rend pas
21:58en une émission,
21:59elle prend ce temps
22:00dont on réclame évidemment
22:01plus de moyens.
22:02Moi, je représente
22:03un grand nombre de personnes
22:04qui sont partie civile
22:05dans des dossiers
22:05et qui n'en peuvent plus
22:06parce qu'elles ont déposé plainte
22:08il y a huit ans
22:09et qu'il ne se passe aujourd'hui
22:10rien.
22:11Donc, évidemment,
22:11mais c'est aussi pour cela
22:13que la justice prend son temps
22:14et prend le temps
22:15parce que rendre
22:16une décision de justice,
22:17condamner un homme
22:18ou une femme
22:19ou prononcer
22:20un acquittement
22:21ou une relax,
22:21évidemment,
22:22il faut des éléments,
22:23il faut des expertises,
22:24il faut des témoignages,
22:25surtout des années après
22:26parce qu'il va y avoir
22:27une départition des preuves
22:28et qu'aujourd'hui,
22:29on doit entendre
22:29suffisamment de personnes,
22:31réunir suffisamment de preuves
22:32pour qu'on puisse prendre
22:33un chemin
22:34ou un autre chemin.
22:35D'ailleurs,
22:36on disait,
22:36il y a des plaintes
22:38qui se sont ajoutées
22:38et puis des dossiers
22:40qui reviennent,
22:41qui sont ressuscités
22:42alors qu'ils avaient été classés.
22:44On en est à combien de plaintes
22:46et combien d'affaires,
22:47Planar Adénovitch ?
22:47Alors,
22:48on a fait un décompte
22:49avec le service
22:50police-justice de RTL,
22:51je peux vous dire
22:51que ce n'est pas évident.
22:53Donc,
22:54on en est à au moins
22:55neuf plaintes en France
22:56plus une en Belgique.
22:58Parmi ces neuf plaintes,
23:00je tiens à préciser aussi
23:01qu'il y a plusieurs affaires
23:03qui ont été rouvertes
23:04alors qu'elles avaient été
23:05classées sans suite.
23:06Je pense notamment
23:07à l'enquête
23:08sur les masseuses.
23:10Vous savez,
23:10elles avaient été classées
23:11sans suite en 2020.
23:12Il y a sept masseuses
23:13qui témoignaient
23:14dans cette enquête
23:15qui accusaient
23:16Patrick Bruel
23:17certaines d'agressions sexuelles,
23:18d'autres de viol.
23:19Et il y a une autre plainte,
23:21vous l'avez dit
23:22au début de l'émission aussi
23:24et au Flash,
23:26qui était une plainte
23:27pour agression sexuelle
23:28et viol en 2015.
23:29Celle-là,
23:29elle avait été aussi
23:30classée sans suite.
23:31Elle est désormais
23:32rouverte par le parquet
23:33de Nanterre.
23:33Est-ce qu'on peut expliquer
23:34comment une plainte
23:35classée sans suite
23:36est rouverte ?
23:37Une plainte classée sans suite,
23:38c'est parce que l'infraction
23:39n'est pas suffisamment caractérisée.
23:42Il n'y a pas suffisamment
23:44d'éléments.
23:44Elle peut être réouverte
23:46justement sur des éléments nouveaux.
23:47Alors, les éléments nouveaux
23:49en l'espèce
23:50telle qu'on le perçoit,
23:51puisque, encore une fois,
23:52on n'a pas accès au dossier,
23:54on n'est pas constitué
23:55dans ce dossier.
23:56On essaie d'expliquer
23:57comment on peut relancer.
23:58Oui, mais en fait,
23:59c'est l'écho d'une plainte
24:01qui peut éclairer
24:01une autre plainte
24:02qui justifie
24:04un élément nouveau.
24:05Mais je voudrais juste revenir,
24:06vous interrogez
24:07sur la présomption d'innocence.
24:09Le statut aujourd'hui
24:10de toute personne,
24:12Patrick Bruel
24:12ou n'importe quelle autre personne
24:14faisant l'objet d'une plainte,
24:16c'est bien au-delà
24:17de la présomption d'innocence.
24:19C'est que,
24:20statutairement,
24:21par la loi,
24:22il n'est pas encore
24:25inculpé,
24:25mis en examen.
24:26Il n'est pas poursuivi.
24:27On le répète, oui.
24:28Donc, il est innocent tout court.
24:30À ce stade,
24:30il est innocent tout court.
24:32On parlera de présomption
24:33d'innocence
24:34dans l'hypothèse
24:35où les magistrats instructeurs
24:37estiment
24:38qu'il existe suffisamment
24:39d'indices graves
24:40ou concordants
24:40pour le mettre en examen.
24:42On n'en est pas encore là.
24:43Alors, justement,
24:44que fait la justice ?
24:45Combien de temps,
24:46donc,
24:46avant qu'elle tranche ?
24:47On en parle juste après la pause.
24:48C'est comme ce son
24:49qui t'en est pas
24:50de château.
24:51Merci d'écouter RTL.
25:02Anne-Sophie Lapix.
25:03On refait le monde
25:04jusqu'à 20h sur RTL.
25:06Que fait la justice ?
25:07Que peut faire la justice
25:09dans Pareil Affaire ?
25:10Est-ce que les faits
25:10sont prescrits ?
25:11Est-ce que tant d'années après
25:12ils doivent être caractérisés ?
25:14Est-ce que les accusatrices
25:15portent plainte
25:16pour le symbole ?
25:17On en parle avec nos invités.
25:19Planar Adénovitch,
25:20journaliste au service
25:21police-justice de RTL.
25:23Karen Noblinsky,
25:24avocate pénaliste
25:25au barreau de Paris
25:26et maître David-Olivier Kaminsky,
25:28avocat au barreau de Paris
25:29également
25:30et vous êtes l'avocat
25:31notamment de Gérard Depardieu.
25:33Alors,
25:33est-ce que
25:34on a commencé
25:35à évoquer ce problème ?
25:36Est-ce qu'il peut y avoir
25:37prescription ?
25:38Est-ce qu'il peut surtout
25:39ne pas y avoir
25:41prescription ?
25:41Maître Karen Noblinsky.
25:43Parce que,
25:44on le rappelle,
25:45il y a des plaintes,
25:46des faits dénoncés
25:48qui dateraient
25:48d'il y a 30 ans,
25:5040 ans.
25:51Alors,
25:51justement,
25:52la question
25:52de la prescription,
25:54elle nécessite
25:55de connaître ce dossier,
25:57d'être dedans,
25:58de pouvoir étudier
25:59chaque plainte
26:00qui ont été déposées
26:01et il y en a plusieurs
26:02telles qu'on le comprend.
26:03Il y a des plaintes
26:04qui concernent
26:05des faits
26:05extrêmement anciens,
26:07il y a des plaintes
26:08plus récentes.
26:09La question de la prescription,
26:10en fait,
26:10elle va être examinée
26:12par des magistrats
26:13qui vont devoir regarder
26:14à quelle date
26:15exactement
26:15les faits qui sont dénoncés
26:17auraient pu être commis,
26:19de quelle qualification
26:20il s'agit.
26:20C'est des faits de viol,
26:21c'est des faits d'agression sexuelle
26:22et ils vont donc
26:24étudier cela
26:24pour savoir
26:25si,
26:26donc,
26:26ils poursuivent
26:27ou si ce sera
26:28classé pour cause
26:29de prescription.
26:29Il y a aussi
26:30des événements,
26:32notamment dans la loi 2021
26:33qui ont mis en place
26:34des questions
26:35de prescription glissante
26:36en matière de violences sexuelles
26:37Ah oui,
26:37c'est ça qu'il faut expliquer,
26:38la prescription glissante
26:39sur mineurs
26:40qui permet justement
26:41lorsque un auteur
26:43commet des faits
26:45de violences sexuelles
26:46sur un mineur
26:48puis recommet
26:49quelques années
26:50des faits
26:50de violences sexuelles
26:51sur une autre personne mineure
26:53parce que ça concerne bien
26:54des victimes mineures,
26:56eh bien,
26:56ça permet,
26:57si le premier délai
26:58de prescription
26:58n'est pas échue,
26:59de le prolonger
27:00et de le faire courir
27:02jusqu'à ce qu'il y a.
27:03Ça permet d'inclure
27:03les faits plus anciens,
27:05finalement.
27:05Mais c'est sur les mineurs,
27:07pour le coup.
27:07Effectivement,
27:08la prescription glissante
27:08concerne les crimes sexuels
27:10sur les mineurs
27:11et évidemment que ça,
27:12ce sera entre les mains
27:13des magistrats
27:13et un calcul
27:14qui sera fait
27:15et qui aura donc
27:16l'obligation
27:17d'étudier cela
27:18au regard de tous les faits
27:19qui ont été dénoncés.
27:20Ça, c'est avant même
27:21toute procédure,
27:22ça, c'est au moment
27:24du jugement.
27:26Là, c'est au cours
27:27de cette enquête
27:28que le dépôt de plainte
27:30a été fait,
27:31que des faits
27:31ont été dénoncés
27:33et qualifiés ensuite
27:35par le procureur
27:36qu'il étudiera évidemment
27:37les questions de prescription
27:39et décidera
27:40d'un classement sans suite
27:41ou non.
27:42Dans le cas
27:43des accusations
27:44portées contre Patrick Bruel,
27:45Bruel,
27:46les plus récentes
27:47remontent à quand ?
27:48Plana ?
27:48Alors, la plainte
27:50la plus récente,
27:51c'est une masseuse
27:52en 2019
27:54pour agression sexuelle.
27:56Donc ça,
27:57c'est la plus récente
27:57et la plus ancienne,
27:59c'est Flavie Flamand,
28:001991.
28:02Est-ce que Patrick Bruel
28:04pourrait,
28:05puisqu'il nie absolument
28:07toutes les accusations
28:08portées contre lui
28:09et souligne
28:09qu'il n'a jamais usé
28:11de la contrainte
28:12pour obtenir
28:13des faveurs sexuelles,
28:15est-ce qu'il pourrait
28:16attaquer ces accusatrices
28:17pour dénonciations
28:19calomnieuses,
28:20par exemple ?
28:21Maître David Olizy-Kamanski.
28:22Oui,
28:23le principe,
28:24c'est de pouvoir
28:25riposter de cette manière
28:26en considérant
28:27que les plaintes
28:28sont calomnieuses,
28:29c'est-à-dire qu'elles
28:30font état de faits
28:31qui ne se sont pas passés
28:32et donc elles portent
28:34atteinte à son honneur,
28:36sa probité
28:36et donc,
28:37oui,
28:38on peut riposter
28:38de cette manière.
28:39Il ne l'a pas fait là
28:40pour le moment ?
28:40Il peut tout à fait le faire.
28:42Moi,
28:43j'avais noté,
28:44encore une fois,
28:45et je le dis toujours
28:46de l'extérieur,
28:47tel que cela est évoqué.
28:50On ne fait pas le procès
28:52de Patrick Brun,
28:53on essaie de voir
28:53les questions
28:54que cela pose
28:55parce que c'est devenu
28:55un débat
28:56dans la société.
28:56Il semblerait une déplaignante
28:59et solliciter
29:00une somme d'argent.
29:01Oui,
29:01il y a une affaire
29:02comme celle-là.
29:02Et là,
29:02si vous voulez,
29:03se pose la question
29:04de savoir
29:06quel est l'objectif
29:07dans le dépôt de plainte.
29:08Est-ce que l'objectif
29:09dans le dépôt de plainte,
29:10c'est dénoncer
29:11des faits dont on est victime ?
29:12Ce qui est totalement
29:14bien fondé ?
29:15Ou alors,
29:17c'est soutirer
29:18une somme d'argent
29:18à quelqu'un
29:20et d'utiliser
29:21ce levier judiciaire ?
29:22C'est un cas
29:23sur une trentaine
29:25d'acquisatrices.
29:26On le précise quand même.
29:27un mouvement global
29:29pour escroquer
29:32Patrick Bruyelles.
29:33Est-ce qu'il pourrait
29:33s'en prendre à la presse
29:34qui évoque ces affaires
29:37avant même
29:38la moindre mise en examen ?
29:40Alors,
29:40la difficulté,
29:41on l'a vu,
29:42c'est cette dichotomie
29:43dans le rythme
29:44entre le rythme judiciaire
29:46qui est beaucoup plus lent,
29:47qui prend son temps,
29:48mais c'est normal
29:49parce qu'il y a
29:50beaucoup d'expertise,
29:51parce que c'est un débat
29:52contradictoire,
29:52parce qu'on veut
29:54discuter
29:54de toutes les preuves
29:55et puis parfois
29:57parce qu'il y a des recours
29:57et c'est normal
29:58devant des magistrats
29:59au-dessus des juges d'instruction,
30:01donc de la cour d'appel.
30:02Mais,
30:03sur le plan médiatique,
30:05j'entends quand même
30:06des mots
30:06qui doivent heurter
30:08un professionnel
30:09du droit et de la justice.
30:11Lorsqu'on évoque
30:12des témoignages,
30:13ces témoignages
30:14sont recueillis
30:15par des journalistes.
30:16Des journalistes
30:16qui ne sont pas en mesure
30:18de pouvoir
30:20mener une enquête exhaustive
30:22sur des pièces de dossiers
30:24qu'elles ont peut-être
30:25partiellement,
30:25mais pas totalement,
30:27Or,
30:28il ne faut pas oublier,
30:29un témoin
30:30près de serment,
30:32c'est déjà
30:33le mettre sous contrainte
30:34parce que mentir,
30:36un témoin qui ment,
30:37c'est un témoin
30:38qui commet une infraction.
30:39Donc,
30:40les témoins
30:40ne libéreront
30:41peut-être pas tout à fait
30:43dans les mêmes circonstances
30:45les termes
30:46d'une confession
30:47auprès d'un journaliste.
30:48On pourra le vérifier
30:48puisqu'il y avait plein
30:51enquête est bien menée
30:52et une enquête
30:54digne de ce nom
30:54à charge et à décharge
30:56des témoins
30:57qui sont mis
30:57devant leur contradiction.
30:59On voit aussi
31:00des plaignantes
31:01et donc des partis civils
31:03qui se constituent
31:04partis civils
31:04qui sont mis
31:05devant leur contradiction
31:05et des accusés
31:07tous les jours
31:08qui sont aussi mis
31:09devant leur contradiction.
31:10Mais ça,
31:11c'est uniquement
31:12l'apanage
31:13du débat judiciaire
31:14et c'est dans
31:15l'enceinte judiciaire
31:16qu'on aura
31:16cette vérité
31:17qui va émerger
31:18cette vérité
31:19où,
31:20parce qu'il ne faut pas oublier
31:21une scène
31:23de viol
31:23ou d'agression sexuelle
31:25c'est bien souvent
31:26une scène sans témoin.
31:27Et donc,
31:28une scène sans témoin
31:29c'est restaurer
31:30la crédibilité
31:30de la parole
31:31de celle qui accuse
31:33et restaurer
31:34la crédibilité
31:35de celui
31:35qui est accusé.
31:36Mais quand on,
31:37vous le disiez
31:38qu'on a du mal
31:39à caractériser
31:40des viols
31:41qui datent
31:42de plusieurs années
31:43il n'y a aucune preuve
31:45parfois aucun témoin
31:46c'est paroles
31:47contre paroles
31:47est-ce que vous pouvez
31:50comprendre
31:50que ces femmes
31:51aient envie
31:52de témoigner
31:53ce qui n'est pas
31:54une partie de plaisir
31:55en se disant
31:56en fait
31:57ce ne sera jamais
31:58vraiment devant la justice
31:59mais j'offre un témoignage
32:02parce que
32:03je dénonce
32:04tout simplement.
32:05Alors,
32:07si la justice
32:08a une réponse rapide
32:09sur la prescription
32:11et si la justice
32:12dit très rapidement
32:13d'ailleurs ce qui serait
32:14très sain
32:15c'est-à-dire que
32:15si la justice
32:16considère que
32:17ces faits sont prescrits
32:18et qu'elles se positionnent
32:19en disant
32:19voilà,
32:20judiciairement
32:21ces faits n'iront pas
32:22plus loin
32:23c'est très intéressant
32:24de pouvoir
32:25porter cette parole
32:26mais c'est une parole
32:27qui a aussi
32:27toutes ses limites
32:30il faut l'entendre ainsi
32:31c'est-à-dire que
32:32c'est les limites
32:32de la contradiction
32:33et on le voit
32:35ici
32:35mais on le voit
32:36dans toutes
32:37les affaires de viol
32:38c'est-à-dire
32:39donc je ne parle pas
32:40des viols
32:41sous contrainte
32:42ou autre
32:43je parle des viols
32:44avec cette zone grise
32:45cette parole de l'un
32:46contre parole de l'autre
32:47ce consentement
32:48le fait
32:49s'il y a de drogue
32:49pour le coup
32:50il n'y a plus de zone grise
32:51oui
32:51mais bon
32:52c'est le cas de
32:53si vous voulez
32:54je le dis
32:55parce qu'on le voit
32:56trop souvent
32:57c'est très souvent
32:59caractérisé
33:00et c'est très grave
33:02parfois
33:02quand je vous entends
33:03je me dis
33:03ça ne doit pas être facile
33:04de pouvoir
33:07attaquer quelqu'un en justice
33:08quand on a vraiment été violé
33:09mais pas du tout
33:09pas du tout
33:10la chaîne police-justice
33:12est une chaîne
33:12qui fonctionne très bien
33:13les professionnels
33:15de la police
33:15et de la justice
33:16savent recueillir les plaintes
33:17elles remontent
33:18les procureurs
33:20font un travail
33:20d'excellence
33:21pour faire la différence
33:23entre le bon grain
33:24et l'ivraie dans les plaintes
33:25mais ça ne veut pas dire
33:26et juste
33:27je conclue
33:28pour laisser la parole
33:29oui parce qu'on aura
33:30plus beaucoup de temps
33:31mais ça ne veut pas dire
33:34simplement
33:34parce qu'on dépose plainte
33:36que c'est la vérité
33:37bien sûr
33:37Karine Oblanski
33:38oui ce que j'aimerais ajouter
33:40c'est que
33:40ce qui m'interpelle
33:41sur la médiatisation
33:42de ces affaires
33:44c'est que
33:44évidemment
33:45on l'a vu
33:46dans ce dossier là
33:47comme on l'a vu
33:48dans le précédent dossier
33:49que ce soit
33:50PPTA
33:50Depardieu
33:51ou autre
33:52c'est qu'il y a
33:52un emballement médiatique
33:54c'est que ça intéresse
33:55et qu'on va en parler
33:56tout au long
33:57de la journée
33:58mais ça
33:59ça va provoquer
34:00de fait
34:01une accélération
34:02finalement
34:03du système judiciaire
34:04et du traitement
34:05de ces dossiers
34:06et ce qui ne peut
34:07que m'interpeller
34:08aujourd'hui
34:09c'est cette justice
34:10à deux vitesses
34:11dont on est quand même
34:12obligé de parler
34:13parce que moi
34:14je ne peux pas
34:14m'empêcher
34:15de penser
34:16à tous les plaignants
34:17plaignantes
34:18qui chaque jour
34:19déposent plainte
34:20dans le plus grand
34:21des anonymats
34:22qui vont déposer plainte
34:23et qui ne vont plus
34:24vraiment entendre
34:25parler de leur dossier
34:26pendant des semaines
34:27des mois
34:28parfois des années
34:29la justice va faire
34:30son travail
34:31évidemment
34:32à un moment donné
34:32mais on voit bien aussi
34:34que quand les affaires
34:35sont aussi médiatiques
34:36que celle-ci
34:36on a des brigades
34:37spécialisées
34:38qui vont être
34:38très vite saisies
34:39des victimes
34:40plaignantes
34:40qui vont être
34:41très vite entendues
34:42des confrontations
34:43qui vont se faire
34:43le parquet qu'on va
34:44entendre ou pas
34:45dans un communiqué
34:46et évidemment
34:47on ne peut pas
34:49hiérarchiser les victimes
34:50ce qu'on attend
34:51en fait de la justice
34:52c'est qu'il puisse
34:53y avoir aujourd'hui
34:53un traitement
34:54des dossiers
34:55qui soit identique
34:56pour tous
34:57et c'est important
34:58de le rappeler
34:58parce que je pense
34:59parfois à certaines
35:01personnes qui
35:01écoutent les informations
35:03qui lisent la presse
35:04et qui doivent se dire
35:05j'ai peut-être pas eu
35:07cette même réactivité
35:08de la part de la justice
35:09dans mon dossier
35:09et donc on doit
35:10aujourd'hui
35:11obtenir plus de moyens
35:12pour lutter aussi
35:13contre cette justice
35:14à double vitesse
35:15un traitement identique
35:16pour tous les plaignants
35:18et pour d'ailleurs
35:19tous les mis en cause
35:19également
35:20merci beaucoup
35:21d'être venu
35:22sur ce plateau
35:23pour ce débat
35:25demain
35:25Thomas Soto
35:26recevra Fabien Roussel
35:27secrétaire national
35:28du parti communiste
35:29français
35:30quant à Marc-Olivier Fogel
35:31il accueillera le streamer
35:33Finizi
35:34qui a piégé
35:35un pédocriminel
35:36présumé sur internet
35:37en se faisant passer
35:38pour une adolescente
35:39de 14 ans
35:39grâce à l'intelligence
35:40artificielle
35:41et nous accueillons
35:42également son avocat
35:43maître Jamel Bouguesa
35:44il est l'heure
35:44de retrouver
35:45André Dusselier
35:46bonsoir André
35:46quelle histoire
35:47allez-vous nous raconter
35:48ce soir ?
35:49bonsoir Anne-Sophie
35:50alors dans un instant
35:51je vais vous raconter
35:52l'histoire d'amour
35:53intense et impossible
35:54entre Juliette Gréco
35:55et Miles Davis
35:56dans le Paris
35:57d'après-guerre
35:58à tout de suite
35:58sur RTL
35:59merci André
36:00à tout de suite
36:00Merci d'avoir regardé !
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