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  • il y a 2 semaines
Martial You refait le monde avec Éric Dupond-Moretti, avocat, ancien Garde des sceaux et auteur du livre "Juré, craché" paru chez Michel Lafon et écrit avec Marc-Olivier Fogiel, Marc Trévidic, ancien juge anti-terroriste aujourd'hui président de chambre à la Cour d'appel de Versailles, auteur de "Justice présumée coupable" chez Albin Michel, Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Toluna-Harris Interactive, et Thomas Prouteau, chef du service police-justice de RTL.
Regardez On refait le monde en route pour 2026 avec Martial You du 01 janvier 2026.

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Transcription
00:00Les juges et les politiques.
00:0419h15, 20h. On refait le monde en route pour 2026 avec Martial You sur RTL.
00:10Bonsoir et bienvenue dans l'émission qui nous projette donc vers 2026.
00:14Et ce soir, on pourrait se dire qu'on a déjà vécu une année 2025 assez historique
00:18puisqu'on va parler de politique et de justice.
00:21Un ancien président de la République pour la première fois en prison.
00:24Une candidate en tête des sondages pour la prochaine présidentielle
00:27qui risque de ne pas pouvoir concourir suite à une décision de justice.
00:31Justice et politique, ça nous a donné quelques éditions spéciales dans les médias.
00:36Marine Le Pen a vécu aujourd'hui le pire revers de sa carrière politique.
00:40La nouvelle est tombée, inéligibilité avec exécution immédiate pour Marine Le Pen.
00:46Reconnue coupable de détournement de fonds publics.
00:48Il faudrait m'éliminer de la vie politique sans voie de recours possible.
00:53Un ex-président français derrière les barreaux, ce sera une grande première.
00:57Et c'est ce qui attend Nicolas Sarkozy.
00:59Nicolas Sarkozy écope donc de 5 ans de prison ferme avec exécution provisoire.
01:04Il devrait sortir d'une minute à l'autre pour rentrer par l'entrée principale de cette prison de la santé.
01:10S'ils veulent absolument que je dorme en prison, je dormirai en prison.
01:15Mais la tête haute.
01:16Et pourtant, tout ça va encore rebondir en 2026 avec les appels,
01:21les suites judiciaires pour Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, Rachid Haddati.
01:24Est-ce que les juges font de la politique ?
01:26Est-ce que 2026 sera l'année de la République des juges ?
01:29On en parle dans un instant avec mes invités.
01:31Éric Dupond-Moretti, Marc Trevidic, Jean-Daniel Lévy et Thomas Proutot.
01:34Est-ce que 2026 verra le triomphe de la République des juges ?
01:51C'est la question ce soir et on va en parler avec Éric Dupond-Moretti,
01:55ancien garde des Sceaux et auteur du livre « Jour est craché » paru chez Michel Laffont
01:59et écrit avec Marc-Olivier Fogiel, l'ancien juge antiterroriste Marc Trevidic,
02:04auteur de « Justice présumée coupable » chez Albain Michel,
02:08Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de Toluna à Harris Interactive,
02:12et Thomas Proutot, le chef de notre service police-justice à RTL.
02:15Bienvenue à tous les quatre, merci d'être là.
02:18Alors une chose est certaine, la République des juges,
02:20c'est une expression qu'on va entendre dans les prochains mois
02:22et on va essayer de comprendre si les juges essaient d'influencer l'agenda politique ou pas.
02:27L'image la plus marquante de l'année sur ce plan,
02:29c'est bien sûr l'entrée de Nicolas Sarkozy en prison,
02:3220 jours à la santé, un livre dans la foulée,
02:35mais surtout une onde de choc et une émotion pour la plupart des Français.
02:41Nicolas Sarkozy connaîtra le 13 octobre,
02:44la date à laquelle il passera derrière les barreaux.
02:47Il va rentrer, on va le prendre en photo, on va lui faire sa carte.
02:52Parce que là-bas, on a un matricule, on a un numéro, on n'est plus un nom.
03:08On va le fouiller, et le plus dur, c'est quand vous arrivez dans votre cellule.
03:12Ça fait un choc.
03:18L'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy,
03:21a été exclue de la Légion d'honneur après sa condamnation
03:24devenue définitive à un an de prison ferme.
03:27Mais ce qui n'a jamais tenu,
03:31c'est une république sans vertu.
03:35La Fondaine écrivit sa fable,
03:38alors que nous avions un roi.
03:42Ça a été un bon président.
03:43Ils n'ont fait que du mensonge.
03:45C'est une honte pour la France.
03:47J'en pleure pour lui.
03:47L'émotion des supporters de Nicolas Sarkozy.
04:01Les jours sans soleil de Perlis Spencer pour la musique,
04:05l'expérience carcérale de l'ami Patrick Balkany
04:08et la chanson de Michel Sardou,
04:10inspirée des fables de La Fontaine.
04:12Thomas Proutot, chef du service police-justice de RTL,
04:15redonnez-nous pour commencer l'agenda judiciaire
04:18des principaux ténors politiques
04:20parce que les affaires de 2025, je le disais,
04:22vont connaître des rebondissements en 2026.
04:24Trois procès majeurs effectivement dès le 13 janvier
04:27avec l'appel du procès des assistants parlementaires
04:29du Rassemblement National,
04:30évidemment avec Marine Le Pen
04:32et 11 autres personnes qui ont fait appel.
04:34Ça se tient du 13 janvier au 11 février.
04:37Décision prévue avant l'été.
04:38Ça a été avancé justement pour que ça interfère le moins possible
04:42avec l'élection présidentielle.
04:45Ensuite, en mars, du 16 mars au 3 juin,
04:49déjà l'appel du procès de ce qu'on appelle le financement libyen,
04:51le soupçon que Nicolas Sarkozy ait sollicité,
04:54obtenu des financements du régime de Kadhafi
04:55pour sa campagne 2007.
04:58Et puis, en septembre,
04:59Rachida Dati procès en correctionnel du 16 au 28 septembre
05:04pour corruption et trafic d'influence,
05:07aux côtés de Carlos Ghosn,
05:08mais qui évidemment ne sera pas là
05:10puisqu'il est, comme vous le savez, au Liban.
05:12Si on reste sur Nicolas Sarkozy pour commencer, Thomas,
05:16avec des dossiers qui courent toujours contre lui,
05:18ça veut dire que potentiellement,
05:20il peut retourner à la santé ?
05:21Il peut tout à fait potentiellement retourner à la santé.
05:24Tout d'abord, évidemment,
05:26à la suite de ce procès en appel.
05:28Alors, tout le spectre des décisions est possible.
05:30Il peut être entièrement relaxé
05:31ou être condamné à la même peine.
05:35Ce qui veut dire, c'est un camp ferme
05:36qui va forcément refaire quelques semaines, quelques mois.
05:39Après, on prendra en compte le fait
05:40qu'il a plus de 70 ans
05:41et qu'il a une libération conditionnelle
05:42peut être demandée plus rapidement.
05:44Et on peut même envisager une peine plus lourde
05:47puisqu'il encourait jusqu'à 10 ans de prison
05:50pour association de malfaiteurs et corruption.
05:53Donc, il peut tout à fait se retrouver
05:54une nouvelle fois en détention.
05:55Marc Trévidic, vous avez sorti un livre là
05:58qui s'appelle Justice présumée coupable.
06:00Est-ce que ça veut dire que pour vous,
06:01c'est une erreur ou pas
06:02de mettre Nicolas Sarkozy,
06:04un ancien président, en prison ?
06:05Je n'aime pas du tout les mandats de dépôt à l'audience
06:07parce qu'ils se basent sur la gravité des faits,
06:11généralement.
06:12Alors qu'après, les critères
06:13d'attention provisoire sont différents.
06:15Donc, je l'avais dit dès le départ.
06:18On va avoir simplement quelques jours en détention
06:20et puis il va être remis en liberté
06:21parce qu'il a toutes les garanties.
06:23De ce point de vue-là,
06:24ça a donné une image assez curieuse.
06:26Et les mandats de dépôt,
06:27quand ils sont inutiles,
06:28ne sont pas une bonne chose.
06:29Et ce n'est pas vrai que pour Nicolas Sarkozy.
06:32Jean-Daniel Lévy,
06:33je voudrais avoir votre avis de sondeur.
06:35Comment est-ce que l'opinion publique
06:36a perçu cette incarcération
06:38qui n'a duré que 20 jours, quelque part ?
06:40Est-ce que ça a été vu comme quelque chose de honteux
06:42ou au contraire,
06:43c'est la même justice pour tous ?
06:44Ça dépend en fait de quel type de population
06:46on pense en fait.
06:47Lorsqu'on regarde de manière générale,
06:50les personnes qui préalablement apprécient
06:52Nicolas Sarkozy,
06:53les personnes qui globalement étaient proches
06:55de la formation politique des Républicains,
06:57a considéré qu'il s'agissait
06:58d'une justice entre guillemets
07:00aux ordres,
07:01ou une justice à caractère politique.
07:04Et l'impact d'un point de vue d'opinion
07:05apparaît comme étant quasi nul.
07:06Quand vous regardez aujourd'hui
07:07la cote de confiance à l'égard,
07:09par exemple,
07:10de Marine Le Pen,
07:11de Rachida Dati
07:12ou de Nicolas Sarkozy,
07:14celle-ci n'a pas du tout bougé,
07:16notamment auprès des sympathisants
07:17de leur formation politique,
07:18avant et après les jugements
07:20qui ont été prononcés.
07:21Éric Dupond-Moretti,
07:22alors, vous Nicolas Sarkozy,
07:24il vous égratigne dans son livre
07:25du journal d'un prisonnier,
07:27ses 20 jours d'incarcération,
07:28alors je cite,
07:29j'ai toujours trouvé sa personnalité
07:31sans finesse,
07:32il parle de vous,
07:33ce bretter,
07:33moi ça c'est un homme
07:34qui aime bien se battre à l'épée,
07:35ce bretter n'avait rien trouvé de mieux
07:37que de m'attaquer violemment
07:39au moment où le tribunal
07:40décidait de me jeter en prison,
07:42me reprochant d'adopter une défense
07:44à la Trump,
07:45un comble venant d'un homme
07:46connu pour ses outrances.
07:48Vous avez compris ces critiques,
07:49cette attaque ?
07:50A vrai dire, d'abord,
07:51je me moque éperdument
07:53de ce que Nicolas Sarkozy pense de moi.
07:55J'avais dit,
07:55il a interjeté appel,
07:56il est présumé innocent.
07:59Plutôt pas mal.
07:59J'avais dit,
08:00je lui reconnais le droit
08:01d'être particulièrement ému,
08:04parce que c'est une condamnation lourde,
08:07et bien sûr,
08:08le droit de critiquer
08:09ce que les juges de première instance
08:11ont dit,
08:12en fait,
08:13et en droit.
08:14en revanche,
08:16dire que sa condamnation
08:17tient à la haine
08:19d'un magistrat,
08:21alors que c'est une décision collégiale,
08:23le dire comme ça à la cantonade,
08:25ça n'est pas audible.
08:26Et pardon,
08:27mais un ancien président de la République
08:29qui a été garant
08:30de l'indépendance de la justice,
08:32ne peut pas s'exprimer comme ça.
08:35Voilà ce qu'il me reproche.
08:36Et peut-être,
08:38le fait que son groupe politique
08:40m'a demandé
08:42d'initier des poursuites,
08:44j'étais alors garde des Sceaux,
08:45tout ça s'est passé au Parlement,
08:47tout le monde a pu le voir,
08:48m'a demandé d'initier des poursuites
08:50contre le juge Tournaire
08:51sur la base des déclarations faites
08:53par M. Takedine.
08:55Revirement de M. Takedine,
08:56qui était l'accusateur principal
08:58de Nicolas Sarkozy,
09:00et qui d'un coup dit,
09:01c'est le juge Tournaire
09:02qui a tout fait
09:03pour que j'accuse à tort Nicolas Sarkozy.
09:05Et on me demande à moi
09:06d'initier des poursuites.
09:07Ça c'est Christian Jacob à l'Assemblée,
09:09c'est pas Nicolas Sarkozy
09:10directement qui vous appelle ?
09:11Attendez, attendez,
09:11c'est Christian Jacob,
09:13est-ce qu'il a reçu
09:13des consignes de Nicolas Sarkozy ?
09:15Ils n'ont qu'à nous le dire,
09:16moi je n'en sais rien,
09:17toujours est-il que
09:18je prends la parole
09:19et que je dis,
09:21le garde des Sceaux
09:21ne peut pas intervenir
09:22dans une affaire en cours,
09:24à raison,
09:25d'une règle
09:26qui est la séparation des pouvoirs.
09:28Alors là,
09:28comme un seul homme,
09:29j'entends,
09:30ouh, ouh,
09:31c'est le plus mauvais
09:32garde des Sceaux de la Terre,
09:33etc.
09:34Voilà ce qui s'est passé.
09:35Donc,
09:35il a non pas une raison
09:36de m'en vouloir,
09:37mais deux.
09:38Et il vous en veut aussi
09:39parce que lorsque vous êtes exprimé
09:40au moment de son incarcération,
09:42vous n'étiez plus
09:43garde des Sceaux.
09:45Oui, alors ?
09:45Et on lui,
09:45ben non mais,
09:47il sous-entend peut-être
09:48que vous n'aviez pas forcément
09:50à prendre la parole,
09:51d'autant qu'il écrit ça
09:52dans un moment où il dit
09:53quelqu'un lui suggère
09:54de vous prendre comme avocat,
09:55il dit surtout pas.
09:56Mais ce qui est ridicule
09:57parce que je ne suis pas avocat,
09:58donc ça c'est du flanc,
09:59c'est du pipeau absolu.
10:01Mais pardon,
10:02j'ai été garde des Sceaux,
10:03j'ai été avocat à 36 ans,
10:05vous m'invitez aujourd'hui,
10:07est-ce que je suis légitime
10:08à répondre à votre micro ?
10:10Et ce n'est pas Nicolas Sarkozy
10:11qui va décider
10:12quand je prends la parole
10:12ou quand je ne la prends pas.
10:14Puis ensuite,
10:14il y a d'autres élégances,
10:16notamment à l'égard de son avocat,
10:19il a été Thierry Herzog
10:20l'avocat pendant 18 années,
10:2318 années,
10:25et là on est passé
10:26d'une condamnation
10:27que l'on doit
10:28à un juge haineux
10:30à une condamnation
10:31que l'on doit
10:32à un avocat incompétent.
10:33Mais dit-il,
10:34j'ai été aveuglé
10:35par mon amitié.
10:36C'est ça.
10:3718 ans d'aveuglement.
10:38C'est ce que j'allais dire,
10:39c'est-à-dire que là,
10:40il dit,
10:40c'est une faiblesse de ma part
10:41d'être trop fait
10:42en amitié,
10:43donc j'aurais dû prendre
10:43un autre avocat.
10:44Je pense que Nicolas Sarkozy
10:45n'a aucun sens de l'amitié.
10:47Parlez-en à M. Guéant
10:48et parlez-en à M. Hortefeux.
10:50Là-dessus précisément,
10:51Thomas Proutot,
10:53est-ce que ce n'est pas
10:54un peu dangereux
10:54de lâcher l'avocat
10:57qui a tous les secrets
10:58de Nicolas Sarkozy
10:59depuis 18 ans ?
11:00On a du mal à imaginer
11:01qu'un avocat
11:02rompe son serment
11:03et tout ce qu'ils ont échangé.
11:05D'accord, c'est ce que je dis.
11:05Mais enfin, bon...
11:06Non, de ce point de vue-là,
11:08il n'y a pas de danger.
11:10C'est inélégant
11:10et le mot est extrêmement faible
11:12comme le rappelait
11:13Éric Dupond-Moretti.
11:15Le sens de l'euphémisme.
11:16Oui, c'est connu,
11:17vous êtes connu pour ça.
11:19Non, non, ça ne le menace pas,
11:21bien évidemment.
11:21Et puis Nicolas Sarkozy
11:22est un homme politique.
11:25Sa parole est libre
11:25et ça fait depuis le début
11:27de sa carrière
11:28qu'il attaque
11:28et qu'il peut changer aussi
11:29d'amitié.
11:30Et effectivement,
11:31c'était le cas
11:32de Claude Guéant.
11:34C'est un cas intéressant
11:35parce que c'est quand même
11:36son fidèle parmi les fidèles
11:37qui a fait toute sa carrière politique
11:38avec lui
11:39comme directeur de cabinet.
11:40C'est lui le vrai détenteur
11:41des secrets politiques
11:42de Nicolas Sarkozy.
11:43Et sur la Libye,
11:44il y a un moment donné,
11:46il finit par dire
11:46Claude Guéant,
11:47il n'aurait pas dû.
11:49Ce qui est quand même
11:50stupéfiant.
11:51C'est-à-dire,
11:52je ne savais pas,
11:53mais Claude, lui,
11:54il n'aurait pas dû.
11:54Mais comme l'affaire
11:55n'est pas terminée,
11:56c'est ça que je veux dire.
11:57C'est-à-dire que là,
11:57il va y avoir de nouveau,
11:58ça va être de nouveau
11:59sur la place publique.
12:00Il y a un côté,
12:01je brûle mes vaisseaux quand même.
12:02Il lâche à peu près
12:03tous ceux qui l'ont accompagné
12:04tout au long de son parcours.
12:05Ce qu'on peut remarquer,
12:07c'est que, par ailleurs,
12:09non seulement il lâche
12:09tous ceux qui l'ont accompagné,
12:11mais il revient
12:12sur sa condamnation,
12:14sur le fond de sa condamnation
12:15pour dire,
12:16alors, il en a tout à fait
12:17le droit,
12:18mais pour redire
12:18en louant l'argent travers,
12:20je suis innocent,
12:21ça n'existe pas,
12:21c'est un complot des juges.
12:23Pour son procès en appel
12:24qui aura lieu
12:25à partir du mois de mars,
12:26je ne suis pas certain
12:27que les magistrats
12:28vont apprécier cela.
12:29Donc, en appel,
12:31effectivement,
12:31ça risque d'être pris en compte.
12:33Marc Trevidic,
12:33Nicolas Sarkozy,
12:34écrit dans son livre
12:35que Éric Dupond-Barréty
12:37est l'avocat le plus détesté
12:39par tous les magistrats.
12:40C'est ce qu'il dit.
12:41Vous, votre sentiment
12:42par rapport à cette affaire,
12:44par rapport à Nicolas Sarkozy ?
12:46Je ne vous demande pas
12:47de dire si tous les magistrats
12:48détestent, évidemment,
12:49Éric Dupond-Barréty.
12:51Mais est-ce qu'il y a pu y avoir
12:53une influence
12:54parce que c'était Nicolas Sarkozy
12:56dans le jugement
12:56qui a été rendu ?
12:57Non, mais je pense quand même
12:58qu'on a affaire
12:59à des professionnels.
13:01Il faut motiver une décision.
13:03Ils savent très bien
13:03qui est à la cour d'appel
13:04après.
13:05Qu'ils soient coupables ou pas,
13:06je n'en sais strictement rien.
13:07Je ne pense pas
13:08que ça puisse avoir
13:09une influence.
13:10Après, sur les peines
13:10qu'on prononce,
13:11il est vrai
13:12qu'il y a plus de...
13:13C'est un peu plus subjectif
13:14les peines qu'on prononce
13:15dans le sens où
13:16on va vers une plus
13:17ou moins grande gravité
13:18en tenant compte
13:19de plein de choses
13:19qui sont parfois
13:20un peu plus subjectives.
13:21Sur la culpabilité
13:22et les éléments de preuve,
13:24généralement,
13:25il y a des juges,
13:27il leur faut peu
13:27pour condamner.
13:28Des juges,
13:29il leur faut beaucoup plus
13:30pour condamner.
13:31Il y a ce côté-là,
13:32mais au moins,
13:32ça s'explique
13:33de façon un peu plus claire
13:34dans les motivations.
13:35Éric Dupond-Moretti,
13:36cette subjectivité du juge,
13:38elle existe, effectivement ?
13:40Vous savez,
13:41les Grecs anciens
13:43distinguaient
13:44la thémis de la diké.
13:46La justice divine,
13:47parfaite,
13:48et la justice humaine,
13:50par définition,
13:51et à contrario,
13:52imparfaite.
13:53Oui,
13:54tant qu'on a des hommes
13:55qui sont aux manettes,
13:56on a des risques d'erreur.
13:57Mais la subjectivité,
13:59elle existe chez vous,
13:59elle existe chez l'avocat,
14:01elle existe chez le juge.
14:03C'est le risque,
14:04évidemment.
14:05Mais qu'est-ce qu'on fait ?
14:07On passe tout par l'IA,
14:08et c'est vrai que parfois,
14:10ça peut basculer
14:11sur un regard,
14:12sur une explication,
14:13sur un mot.
14:14Moi,
14:14je suis sidéré
14:15par le nombre
14:15de commentateurs
14:17qui n'ont pas assisté
14:18à l'audience,
14:19qui n'ont pas lu
14:20une ligne
14:21de procès-verbaux,
14:24qui n'ont d'ailleurs
14:24pas lu le jugement
14:26non plus.
14:27Bien sûr qu'il y a
14:28une part de subjectivité.
14:30Mais l'état de droit,
14:31c'est que justement,
14:32à un moment,
14:33la justice a un rôle
14:34de pacificateur.
14:36Et qu'au-delà
14:37de la décision de justice,
14:38il n'y a rien d'autre.
14:40Il faut que ça s'arrête.
14:41Et c'est la justice
14:42qui donne le coup d'arrêt.
14:43Donc,
14:43critiquer les décisions
14:44de justice,
14:45dire,
14:45j'ai été condamné
14:46parce qu'un juge
14:47était nœud.
14:47Ou Marine Le Pen,
14:48j'ai été condamné
14:49parce qu'une présidente
14:51a eu la vocation
14:52de devenir magistrat
14:53parce qu'elle avait vu
14:54un reportage
14:55sur Eva Jolie.
14:56On est chez les dingos.
14:57Je vous le dis,
14:58on est chez les dingos.
14:59Et c'est très dangereux
15:00parce que ça ouvre la porte
15:01à tous les justiciables
15:03qui ne sont pas contents
15:04des décisions
15:04rendues à leur encontre.
15:06Et que celle
15:06qui veut devenir
15:07présidente de la République
15:08et que celui
15:09qui a été président
15:10de la République
15:11ne respecte pas ça,
15:13c'est extraordinairement
15:15populiste
15:16et extraordinairement
15:17inquiétant.
15:18Et Jean-Daniel Lévy
15:20institue
15:21Toluna
15:21un risque interactif.
15:23Est-ce que les Français
15:23ont peur
15:24de leur justice
15:25s'ils se retrouvent
15:26devant un tribunal ?
15:28Oui,
15:28ils ont sûrement peur
15:29lorsqu'ils sont
15:30convoqués par la justice
15:32ou lorsqu'il y a le sentiment
15:33qu'ils peuvent être
15:34d'une manière ou d'une autre
15:35convoqués par la justice
15:36avec un langage
15:37qui parfois apparaît
15:38comme étant quelque peu
15:39abscond,
15:39avec une difficulté
15:40à pouvoir comprendre
15:41ce que peuvent être
15:42les modalités
15:43de procédure
15:44d'une manière générale
15:46et avec la perception
15:48qu'il n'y a pas toujours
15:49la connaissance exacte
15:51de ce que peut être
15:51la règle du jeu.
15:52Et puis,
15:53je reviens sur ce qui a pu
15:54être indiqué
15:55par M. Dupond-Moretti,
15:57c'est-à-dire qu'on a
15:58l'impression
15:59que le droit,
16:01la justice,
16:02la justesse,
16:02ce sont absolument
16:03la même chose
16:04et que l'infaillibilité
16:05des juges
16:06doit être une règle
16:07d'une manière absolue,
16:08ce qui n'est pas tout à fait
16:09perçu de la part
16:10de nos compatriotes,
16:11avec parfois la perception
16:12qu'il pourrait y avoir
16:13entre guillemets
16:14une forme de tirage au sort
16:15en fonction de la juridiction,
16:17en fonction du juge
16:18auquel on peut être confronté,
16:20on peut être soit acquitté,
16:21soit condamné,
16:22soit condamné
16:22de manière plus ou moins lourde.
16:24Et donc,
16:24il y a une inquiétude
16:25ou des interrogations
16:27sur le fonctionnement
16:28de la justice
16:28et sur le fait
16:29qu'il s'agisse malgré tout
16:30d'une justice humaine.
16:32Les juges sont-ils
16:33trop syndiqués ?
16:34Les juges sont-ils
16:35trop politisés ?
16:36C'est la question
16:36qui va revenir
16:37dans les prochaines semaines
16:38et quelle est la réalité
16:39des chiffres ?
16:40Quel est le poids
16:40du principal syndicat
16:41de la magistrature
16:42dans les décisions de justice ?
16:44On en parle juste après
16:45la pause.
16:45A tout de suite.
16:46Martial You,
16:47on refait le monde
16:48en route pour 2026.
16:51RTL,
16:51entrée dans l'histoire.
16:53On refait le monde
16:54en route pour 2026.
16:56Martial You sur RTL.
16:58Les juges font-ils
16:59de la politique
16:59quand ils rendent
17:00un jugement
17:01contre Nicolas Sarkozy,
17:02Marine Le Pen
17:03ou quand la justice
17:04intervient rapidement
17:05dans le dossier
17:06François Fillon ?
17:07C'est l'argument fréquent
17:07des personnalités politiques.
17:09Un événement
17:10assemblée à crédit
17:11et cela,
17:11c'est le fameux
17:12mur des cons.
17:13Un mur de photos
17:14de politiciens,
17:15de journalistes,
17:16d'artistes épinglés
17:17par le syndicat
17:18de la magistration.
17:19Le mur des cons
17:19mérite-t-il un procès ?
17:21C'est la cour d'appel de Paris
17:22qui va trancher.
17:22Quand ils sont tous neufs,
17:24qu'ils sortent de l'œuf
17:25du cocon,
17:26tous les jeunes blancs
17:27prennent les vieux mecs
17:28pour des cons.
17:30Quand ils sont devenus
17:31des têtes chenues,
17:32des grisons,
17:34tous les vieux fourneaux
17:35prennent les genoux
17:36pour des cons.
17:37Les cons du mur des cons,
17:39c'est nous,
17:40c'est vous,
17:41c'est le peuple français,
17:42c'est tous ceux
17:43qui ne pensent pas comme eux.
17:44Il y aura bientôt
17:45un printemps des cons.
17:47C'est pas un truc de potage, quoi.
17:54On n'est pas là
17:55dans un club de scout
17:56ou un club de foot.
17:57On est dans un syndicat
17:58très important,
17:59ça doit représenter,
18:00je sais pas,
18:0030% des magistrats français.
18:02C'est des gens
18:02qui peuvent vous juger,
18:04vous condamner.
18:05C'est un scandale d'État.
18:17Le mur des cons
18:21avec Georges Brassens,
18:23bien sûr,
18:23symbole des juges
18:25du syndicat,
18:26de la magistrature
18:27qui déciderait
18:28en fonction
18:28de leurs convictions politiques.
18:30Ce mur des cons
18:30clairement situé à gauche,
18:31le syndicat,
18:32leurs convictions aussi.
18:33Voilà le message,
18:33en tout cas,
18:34des politiciens jugés coupables
18:36à un moment donné
18:36de leur carrière,
18:38abracadabrantesques ou pas.
18:40Thomas Proutot,
18:41chef du service
18:42police-justice de RTL,
18:43quel est le poids réel
18:44déjà pour qu'on pose
18:45les choses
18:46de ce syndicat
18:47de la magistrature ?
18:48Oui,
18:49aux dernières élections,
18:49il a fait à peu près
18:5030% des voix
18:52et face à l'union syndicale
18:54des magistrats,
18:55le syndicat ultra-majoritaire
18:56qui a fait à peu près 60%,
18:58après,
18:58il y a deux syndicats
18:59de moindre importance,
19:001000 magistrats
19:01syndiqués
19:02au syndicat de la magistrature
19:03sur plus de 9000 même.
19:05C'est 10% quoi.
19:0610-15%.
19:07Mais il y a beaucoup
19:08de magistrats
19:09qui sont syndiqués
19:09mais personne ne le sait,
19:10comme dans toutes les professions,
19:11sans que ça se voit
19:12jamais dans votre exercice
19:13professionnel
19:14ou même que ce ne soit
19:14pas revendiqué.
19:15Marc Trévidic,
19:16magistrat,
19:17auteur du livre
19:18Justice présumée coupable,
19:20il y a eu,
19:20c'est vrai,
19:21des procès politiques
19:22au fil des années,
19:24de la délinquance
19:24en col blanc,
19:25des politiques,
19:25des grands patrons
19:26impliqués dans l'affaire
19:27de lui-même,
19:28par exemple,
19:28dans l'affaire Urba
19:29qui mettait en cause
19:30des politiciens de gauche
19:31dans les années 90
19:32et à l'époque,
19:33Georges Kieschmann
19:34qui était ministre délégué
19:35à la justice
19:36avait parlé
19:36d'un cambriolage
19:38judiciaire.
19:39Donc,
19:39est-ce qu'on est face
19:40à des juges
19:41qui font de la politique ?
19:42Si on revient
19:43dans les années 90,
19:44on est face
19:45à des juges
19:46qui,
19:47au départ,
19:48justement,
19:48à force qu'on reproche
19:49à la justice
19:50d'être un peu
19:51à deux vitesses,
19:52c'est un peu vrai,
19:53ont essayé de montrer
19:54que la justice
19:54était égale pour tous.
19:55Alors,
19:55peut-être l'ont fait
19:57de façon trop clinquante,
19:58peut-être,
19:59parfois l'ont fait
20:00de façon politisée,
20:01ça peut arriver.
20:02Ça, c'est...
20:03Ça, c'est qu'années 90 seulement ?
20:04Ça commence dans les années 90
20:06et c'est un courant
20:07qui continue
20:08jusqu'à aujourd'hui.
20:09Simplement,
20:10c'est né justement
20:11avec la férure bas,
20:12très concrètement.
20:13Et là,
20:13on voyait les réactions
20:14que ça avait à ce moment-là.
20:15On a beaucoup parlé
20:16de ceux qui sont à droite
20:17et qui suivent de la justice.
20:17Il y a aussi un hélicoptère
20:18qui est allé au-dessus
20:19de l'Himalaya
20:19chercher un procureur
20:20pour éviter
20:22qu'il y ait un supplétif
20:23dans un dossier.
20:24Enfin bon,
20:24on pourrait multiplier
20:25les exemples
20:25à droite comme de gauche.
20:27La problématique pour un juge,
20:28c'est de donner
20:29une image d'impartialité.
20:30Ça ne veut pas dire
20:31qu'il n'a pas ses ressentiments,
20:32ses idées, etc.
20:33Mais il faut que pour justiciable,
20:35il ait l'air impartial.
20:36Et c'est vrai que du coup,
20:37le mur des cons,
20:38c'est un peu le mur
20:39de nos lamentations,
20:40j'allais dire.
20:41Cette comparaison
20:42parce que là,
20:44ça a ouvert la porte
20:45à quelque chose
20:46que l'on traîne,
20:47que l'on traîne,
20:48que l'on traîne.
20:48Je vais dans des émissions,
20:49à chaque fois,
20:50j'ai le droit au mur des cons.
20:51Peut-être qu'il faut y arriver
20:52à l'abattre une bonne fois pour toutes
20:54ce mur.
20:55Non, mais c'est vrai.
20:56Mais voilà.
20:57Moi, je ne suis pas syndiqué.
20:59Il y a plein d'autres collègues
20:59qui ne sont pas syndiqués
21:00et qui essayent vraiment
21:01au quotidien
21:02d'essayer de montrer
21:03de l'impartialité
21:04tout simplement à l'audience.
21:05On le dit aussi aux jurés.
21:07Essayez de ne pas manifester, etc.
21:09Vous avez votre idée,
21:10vous la gardez pour vous
21:11et puis on verra plus tard.
21:12C'est très très important
21:13l'image d'impartialité.
21:14Éric Dupond-Moretti,
21:15dans votre livre
21:16Jurer craché,
21:17vous vous dites
21:18je comprends qu'un justiciable
21:20puisse avoir la trouille
21:22à l'idée d'être jugé
21:22par un membre du syndicat
21:24de la magistrature.
21:25Donc, ça laisse quand même
21:26entendre qu'il y a peut-être
21:27un petit souci.
21:27Un juge, un magistrat,
21:29ce n'est pas un sous-citoyen.
21:31Il vit au cœur de la société.
21:33Il a évidemment
21:33des opinions politiques,
21:36religieuses,
21:37des appartenances philosophiques.
21:39Il n'y a rien à dire là-dessus.
21:40On ne peut pas interdire
21:41un magistrat
21:42d'être syndiqué.
21:44Le tout, c'est que le juge
21:45parvienne à se méfier de lui,
21:48de ses a priori,
21:49de ses opinions politiques,
21:50de ses convictions religieuses.
21:52Le grand juge,
21:53c'est quelqu'un qui est capable
21:54de juger avec beaucoup
21:56d'impartialité
21:57quelqu'un qui incarne
21:59tout ce qu'il déteste lui.
22:01C'est ça un grand juge.
22:02Et il y en a.
22:03Bon.
22:05On hurle contre
22:06le syndicat de la magistrature.
22:08Mais il y a eu un syndicat
22:09d'extrême droite
22:10qui s'appelait l'APM
22:11dont le patron,
22:13M. Terrail,
22:14a été condamné
22:15pour antisémitisme.
22:16On n'en parle plus jamais.
22:17Mais il y a un nombre
22:18très, très important
22:19de syndiqués
22:21dans la police.
22:22C'est ceux qui disent
22:23que le problème
22:24de la police,
22:26c'est la justice.
22:27C'est le discours récurrent.
22:28Ils sont invités
22:29sur tous les plateaux,
22:30etc.
22:30Ils viennent faire
22:31du militantisme syndical.
22:33Mais attention à une chose.
22:35C'est l'expression syndicale
22:37qui peut laisser penser
22:38aux justiciables,
22:40à nos compatriotes,
22:42que la justice est totalement
22:43politisée,
22:43ce qui n'est pas vrai.
22:44quand, par exemple,
22:47dix minutes après
22:48ma nomination,
22:50l'union syndicale
22:51des magistrats
22:51par la bouche
22:52de sa présidente,
22:53Mme Parizeau,
22:54dit que c'est une déclaration
22:56de guerre.
22:57Mais ce n'est pas elle
22:58qui choisit le ministre.
22:59Pardon.
23:01Elle est maintenant
23:01au Conseil supérieur
23:02dans la magistrature.
23:03Moi, je n'ai pas dit
23:03que c'était une déclaration
23:04de guerre.
23:05Je me suis tué.
23:06Ça, c'est scandaleux.
23:07Ce n'est pas le syndicaliste
23:10qui va choisir son ministre.
23:11Bon.
23:12Et ça, c'est une émission
23:13dans le politique
23:14qui est insupportable.
23:15Et il y a effectivement
23:16une judiciarisation
23:17de la vie politique
23:18qui, parfois,
23:19peut inquiéter.
23:20Thomas Proutot,
23:21chef du service
23:22police-justice
23:23à RTL,
23:24il y a un besoin
23:25chez les juges,
23:26aujourd'hui,
23:27après l'affaire
23:27du mur des cons,
23:28un peu comme le disait
23:29Marc Trévidic,
23:29de s'en défaire,
23:31de retrouver une forme
23:32de légitimité,
23:33d'être obligé
23:33de se justifier
23:34sur le fait
23:35que les décisions
23:36sont justes
23:37par rapport à un procès ?
23:38Il y a un point
23:39très important
23:39qu'il faut rappeler
23:40et re-rappeler
23:41à l'orée de cette année
23:432026,
23:43c'est la collégialité.
23:44Parce qu'on dit toujours
23:45le président
23:47dans les procès
23:48qu'on a entendus
23:48de la part de Marine Le Pen
23:49et de Nicolas Sarkozy
23:50en désignant
23:51une personne.
23:53Ce sont des décisions
23:54collégiales.
23:55Il y a trois magistrats
23:56en première instance
23:57et en appel.
23:58En plus,
23:59il y a ce recours possible
24:00qui fait qu'en tout,
24:01ça va faire six magistrats.
24:03Mais ce qu'il faut aussi
24:03compter avant,
24:04c'est l'ensemble
24:05des magistrats
24:05qui ont eu affaire
24:06avec le dossier
24:06lors de l'instruction.
24:08Et là,
24:09en plus,
24:09dans le cas de Nicolas Sarkozy
24:10Marine Le Pen,
24:11ils n'ont pas été avares
24:11en recours
24:13auprès de la chambre
24:13de l'instruction
24:14à tous les degrés
24:15de la procédure.
24:16Donc,
24:17le calcul avait été fait,
24:18je ne l'ai plus exactement tête,
24:19mais on est à 10,
24:2020,
24:20parfois 30 magistrats
24:22qui ont eu à connaître
24:22d'un dossier.
24:23Donc,
24:23on ne peut pas dire
24:24que c'est la juge
24:26un tel
24:26ou le juge machin
24:27qui,
24:28il y a 10 ans,
24:29avait adhéré
24:30à tel syndicat
24:30et c'est pour cela
24:31qu'elle me condamne aujourd'hui.
24:33C'est très important,
24:34il faut le rappeler
24:34et aujourd'hui,
24:35les magistrats,
24:36pour répondre directement
24:37à votre question,
24:37sont en demande
24:38de conseils
24:39sur comment communiquer,
24:41comment améliorer
24:41cette pédagogie.
24:42Il y a vraiment
24:43une demande très forte
24:43depuis quelques mois.
24:44Eric Dupond-Moretti ?
24:45Ce qui est très gênant,
24:46c'est l'expression syndicale
24:47qui est totalement libre.
24:48C'est-à-dire que syndicat
24:49peut soutenir
24:50les émeutiers
24:51contre la police républicaine.
24:53Alors là,
24:53les gens qui entendent ça,
24:55ils se disent
24:55mais qu'est-ce que c'est
24:56de cette histoire ?
24:58Alors moi,
24:59j'avais saisi
24:59le conseil supérieur
25:00de la magistrature
25:01pour demander
25:02si l'expression
25:03était totale,
25:04libre.
25:05Eh bien,
25:05on m'a répondu oui.
25:07Non mais,
25:08moi j'étais sidéré par ça.
25:10Pas de devoir de réserve.
25:11Mais aucun,
25:12ça donne des choses
25:12complètement folles
25:14dans l'expression.
25:15On interpelle
25:16le président de la République
25:17et je me souviens
25:18d'un tract du syndicat
25:18de la magistrature.
25:19Eh Manu !
25:21Si vous dites
25:21Eh Manu au président
25:22du tribunal correctionnel,
25:24vous êtes poursuivi
25:24et condamné pour outrage.
25:26Peut-être pas.
25:26Bon, peut-être pas.
25:28Non mais,
25:29parce que vous êtes
25:29un juge laxiste.
25:31Il est connu pour ça,
25:32après le ministre.
25:33Non mais,
25:34il y a,
25:35et puis,
25:36je veux dire autre chose
25:37sur Mme Le Pen,
25:38le juge qui veut la battre,
25:39etc.
25:40D'abord,
25:41les deux présidentes
25:42dans l'affaire Sarkozy
25:44et dans l'affaire Le Pen
25:44ont été physiquement menacées.
25:46Je vais quand même le rappeler.
25:47Je vais quand même le rappeler.
25:48Ça n'est pas rien.
25:49Bon.
25:50Mais chez Mme Le Pen,
25:51il y a des tas de gens
25:52qui étaient ses coprévenus
25:53qui n'ont pas interjeté appel.
25:55Donc,
25:55ça signifie
25:56qu'ils sont coupables.
25:57Des faits pour lesquels
25:58elle est reprôlée.
25:59Des faits pour lesquels
26:00elle est également poursuivie.
26:01Ce qui ne signifie pas
26:02qu'elle n'est plus présumée innocente.
26:04Elle l'est toujours.
26:05Mais enfin,
26:06crier au loup,
26:07crier au scandale,
26:08etc.
26:09Je dis qu'il y a des tas de gens
26:11qui sont dans son entourage,
26:12qui étaient sur le même banc
26:13d'infamie,
26:14qui ont été définitivement condamnés
26:16et qui n'ont pas cru
26:17devoir aller expliquer
26:18leur innocence
26:19devant la cour d'appel.
26:19Marc Trévidic,
26:21vous disiez
26:22dans une interview
26:24que vous aviez le sentiment
26:26que les juges
26:27contrebalançaient
26:28peut-être un peu
26:29leur décision
26:30pour justement
26:31ne plus être
26:32soupçonnés
26:33de partialité.
26:34J'ai commencé ma carrière
26:35en critiquant
26:36le juge unique.
26:37Maintenant,
26:38je constate
26:38que même si c'est
26:39des collégialités,
26:40on critique de toute façon
26:41pareil.
26:41Il va falloir
26:42combien de juges ?
26:43Justement 15 à 19
26:44à je ne sais pas combien.
26:46Donc,
26:46derrière ça,
26:48la collégialité
26:48qui est un rempart,
26:49si on commence
26:50à critiquer
26:51la collégialité,
26:52c'est-à-dire qu'on critique
26:52le système globalement.
26:53La justice,
26:54ce n'est plus un individu
26:55qui pourrait tout seul
26:56faire n'importe quoi.
26:58Non,
26:58c'est beaucoup plus grave
26:59que ça.
26:59Je voudrais avoir
27:00votre sentiment
27:01de magistrat là-dessus,
27:02Marc Trévidic,
27:03parce que là,
27:03on parle du mur des cons.
27:04On a évoqué tout à l'heure
27:05l'affaire François Fillon
27:07qui a été,
27:08de l'aveu de tout le monde,
27:09jugée quand même très vite.
27:11Oui, c'est vrai.
27:11La saisie par la...
27:13C'est assez simple.
27:14Je crois que c'était
27:14assez simple aussi.
27:15Mais est-ce que vous pensez
27:17que les juges,
27:19quand ils ont une affaire
27:20comme celle-là,
27:21ou peut-être là,
27:22avec l'affaire de Marine Le Pen,
27:24ils se sentent
27:25un rôle citoyen
27:26de donner un jugement
27:27avant une échéance électorale ?
27:29Non,
27:30je pense que les juges,
27:31ils ont un égo,
27:33par contre,
27:33et quand ils ont une affaire
27:34qui est médiatique
27:35et qui est très importante,
27:36peuvent tomber
27:37dans un certain égo.
27:38Ça m'est arrivé,
27:39donc je parle en connaisseurs,
27:41c'est-à-dire,
27:42devant inscrire
27:42des dossiers compliqués,
27:43très médiatisés,
27:44à un moment donné,
27:46d'oublier que,
27:47voilà,
27:48c'est pas mon dossier
27:49et je suis pas là
27:50pour me mettre en avant moi.
27:51Ça, ça peut arriver, oui.
27:53C'est clair que
27:53quand on est face
27:54à ce qu'on est impuissant,
27:55on se transforme
27:56un peu en zoro.
27:57Il faut faire attention.
27:58Le juge,
27:59c'est pas zoro.
27:59C'est vrai que,
28:00quelque part,
28:01on a besoin,
28:02dans certains procès,
28:03de savoir
28:03si la personne est coupable
28:05ou innocent avant de voter.
28:06Les présidentielles,
28:07c'est pas rien.
28:08Et c'est vrai que,
28:08moi, je préférais
28:09qu'on sache,
28:10pour Marine Le Pen,
28:11par exemple,
28:12si elle a commis l'effet
28:14ou pas,
28:14avant d'aller mettre
28:15un bulletin dans l'urge.
28:16Je parle des Français,
28:17globalement,
28:18ça me paraît pas mal.
28:19Et donc,
28:20c'est mieux que le processus
28:21soit terminé
28:22avant l'élection.
28:23Et là,
28:23j'applaudis sur le fait
28:24qu'on ait avancé la date,
28:26parce qu'au moins,
28:26les choses seront plus claires
28:27qu'avec une présomption
28:28d'innocence,
28:29une décision frappée d'appel.
28:30Et c'est vrai
28:31qu'il y a quelques magistrats
28:32qui ont envie
28:32de se faire président,
28:34le ministre,
28:36le chef d'entreprise.
28:38Bon, ça,
28:39ça nuit très gravement
28:40à toute l'institution judiciaire.
28:42Oui.
28:42Parce que ça la colore
28:43politiquement.
28:44Et moi,
28:45je dis que,
28:46moi,
28:46vous savez,
28:47en tant que garde des Sceaux,
28:48j'ai fait toutes les juridictions.
28:49Je suis allé rencontrer des gens,
28:50j'ai vu des gens qui bossaient,
28:52qui avaient envie
28:52de faire avancer leur dossier,
28:53etc.,
28:54qui réclamaient des moyens.
28:55Enfin,
28:55bon,
28:56ok.
28:56Mais j'ai pas vu des gens
28:58qui étaient tous politisés,
28:59etc.
29:00Après,
29:01la question du calendrier
29:02est question,
29:03il faudrait peut-être légiférer.
29:05Je suis pas bien sûr,
29:06là,
29:06que les syndicats
29:06soient bien d'accord
29:07avec le garde des Sceaux
29:08qui diraient,
29:09à partir du moment
29:09où une ordonnance de renvoi
29:11a été prise,
29:12vous devez juger
29:13dans tel délai.
29:14Ce qui mettrait d'accord
29:15tout le monde
29:16et on ne pourrait plus dire...
29:16Ça, c'est par rapport
29:17à Marine Le Pen
29:17et aux présidentielles,
29:19c'est ça ?
29:19Oui,
29:19à la présidentielle.
29:20Confions aussi.
29:21Ce qui permettrait
29:22d'enserrer dans des délais
29:23l'égo
29:24et ce qui interdirait
29:26de penser
29:26que c'est un calcul
29:28du juge
29:28pour avancer
29:30face à telle échéance politique.
29:32On pourrait faire ça.
29:33Il faudrait avoir
29:34les moyens quand même
29:34d'y arriver.
29:35Alors,
29:36moi,
29:36j'y ai travaillé,
29:38je peux vous dire
29:38qu'il y a une véritable opposition
29:39et comme vous le dites,
29:41il faut avoir les moyens
29:41d'y arriver,
29:42mais moi,
29:43je n'y suis pas parvenu.
29:44Thomas Proutot,
29:45vous côtoyez évidemment
29:46beaucoup d'avocats
29:48et de magistrats
29:49comme chef
29:50du service
29:51police-justice
29:51des RTL.
29:52Vous les sentez sous pression,
29:53les magistrats,
29:54justement ?
29:54Cette espèce de pression médiatique ?
29:56Alors,
29:56ils sont sous pression,
29:57oui,
29:58là,
29:58depuis les deux grandes décisions
30:00qui touchent des politiques.
30:02Parce que ça tape haut !
30:03Parce qu'on est sur des
30:04têtes d'affiches,
30:05là, quand même.
30:05Oui,
30:05il y a une pression forte
30:07qui est assez concrète d'ailleurs,
30:08c'est qu'ils s'interrogent
30:09collectivement
30:11sur les décisions à venir
30:12et comment mieux les expliquer.
30:13Il y a un exemple
30:14qui a été pris
30:15à plusieurs reprises
30:15ces derniers temps,
30:17c'est celui des Pays-Bas.
30:18Pour certaines décisions de justice,
30:19notamment
30:20celles qui pourraient être
30:21l'équivalence,
30:22il y a un magistrat
30:23qui est associé
30:24au cours
30:24de la rédaction
30:27de cette décision,
30:28au cours de la rédaction
30:28du jugement,
30:29pour faire en sorte
30:30qu'au moment
30:31où le jugement est prononcé,
30:32il peut aussi publier
30:33un communiqué de presse.
30:34D'accord, un magistrat,
30:35directeur de communication.
30:35Oui, c'est ça.
30:36Ce n'est pas forcément un magistrat,
30:37mais en tout cas,
30:37quelqu'un qui travaille
30:38pour le ministère de la justice
30:39et qui va produire
30:40une explication
30:41au moment même
30:42où la décision est prononcée.
30:44Et ça,
30:45ça intéresse beaucoup,
30:45notamment le tribunal judiciaire
30:47de Paris
30:48qui va réfléchir vraiment à ça
30:50et la cour d'appel.
30:51Ils se disent,
30:52voilà,
30:52dans les deux décisions à venir,
30:53en l'occurrence,
30:54c'est la cour d'appel,
30:54comment on va faire ?
30:55Pour être tout de suite compris.
30:56Et ils vont jusqu'à imaginer
30:57d'aller sur les,
30:58alors pas sur les plateaux en débat,
31:00mais d'aller effectivement
31:01sur les plateaux de radio,
31:04de télévision,
31:05pour dire,
31:05voilà ce que les juges ont dit,
31:07factuellement,
31:08voilà quel est le droit.
31:09Vous parliez de l'égo du juge.
31:11Oui, bien sûr.
31:11Tout à l'heure,
31:12si on devient un juge star
31:14et vous avez été,
31:14vous Marc Trevigny,
31:15quand même très médiatisé,
31:16il y a ce risque.
31:17On l'accentue encore.
31:19Oui, mais par contre,
31:20si ça reste de l'égo
31:21et qu'on ne fait pas de mal
31:21autour de soi,
31:22je veux dire,
31:23par là,
31:23c'est qu'on n'use pas
31:24d'étention provisoire,
31:26on ne veut pas se faire
31:26une tête d'affiche
31:27en le mettant
31:27avec des mail notes
31:28alors que ça ne sert à rien.
31:29Ce n'est pas trop grave
31:30à la limite.
31:31Voilà, moi, mon égo
31:32et je n'ai jamais allé
31:33jusqu'à vouloir à tout prix
31:34amener dans mon cabinet
31:35un ancien président
31:36ou etc.
31:37alors qu'il n'a pas
31:38que de répondre aux questions
31:39et j'ai eu ces cas de figure.
31:40Question à vous tous
31:41dans un instant
31:41pour la dernière partie
31:42de cette émission.
31:43Est-ce que les juges
31:43peuvent faire de la politique
31:45en utilisant des outils
31:46comme la fameuse
31:47exécution provisoire
31:49dont on a tant parlé ?
31:50Question que nous allons
31:51nous poser dans un instant.
31:54On refait le monde
31:55sur RTL.
31:57Renaud.
31:59Martial You.
32:00On refait le monde
32:00en route pour 2026.
32:02Les juges risquent-ils
32:03d'abuser de leur pouvoir ?
32:05Même politique en 2026.
32:07C'est la question
32:07qu'on se pose ce soir
32:08avec Thomas Proutot
32:09de RTL,
32:10Éric Dupond-Moretti,
32:11ancien garde des Sceaux,
32:12Marc Trévidic,
32:13magistrat et Jean-Daniel Lévy,
32:14sondeur.
32:15Pourquoi a-t-on entendu
32:16parler de République des juges ?
32:18À cause d'une disposition
32:20particulière
32:21appelée
32:21l'exécution provisoire.
32:23C'est elle
32:23qui a conduit
32:24Nicolas Sarkozy
32:25en prison
32:26malgré un recours.
32:26C'est elle qui menace
32:27Rachida Dati.
32:28C'est aussi elle
32:29bien entendu
32:29qui risque de priver
32:30Marine Le Pen
32:31de présidentielle en 2027.
32:34Qui c'est qui est
32:34très gentil ?
32:36Très gentil.
32:38Qui c'est qui est
32:39très méchant ?
32:40Très méchant.
32:43On vous rappelle
32:44donc cette décision
32:45de justice
32:46qui est tombée
32:47dans la matinée
32:48Marine Le Pen
32:48reconnue coupable
32:49de détournement
32:50de fonds publics.
32:52Qui fait des économies ?
32:55Très gentil.
32:58Et qui gaspille
32:59son argent ?
33:00Très méchant.
33:00Ça va être un peu
33:02la Saint-Cioti
33:03aujourd'hui à l'Assemblée
33:03puisque votre groupe
33:04l'UDR va avoir droit
33:05à sa niche.
33:06Autrement dit
33:06c'est vous qui allez
33:07fixer l'ordre du jour
33:08avec pour commencer
33:09un texte dont on a
33:10beaucoup entendu parler.
33:11Vous souhaitez supprimer
33:12l'exécution provisoire
33:13pour les peines
33:14d'inéligibilité.
33:15Coucou Marine Le Pen.
33:16En fait vous êtes
33:16un vrai ami
33:17vous Eric Ciotti.
33:17Si on a un problème
33:18on fait allo Eric
33:19et hop
33:19vous déposez un texte
33:20pour changer la loi.
33:21Contre la droite du fric
33:26et la gauche du fric
33:27je suis la candidate
33:28de la France du peuple.
33:33Voilà
33:33les gentils
33:34les méchants
33:35Michel Fugin
33:36Thomas Proutot
33:37d'un mot
33:38l'exécution provisoire
33:40parce que vous
33:40tous autour de la table
33:41vous connaissez évidemment
33:42le terme
33:42mais pour beaucoup
33:43d'entre nous
33:43et moi le premier
33:44on a découvert ça
33:45cette année.
33:45On va essayer de faire
33:46hyper simple
33:47en justice
33:47vous savez qu'il y a
33:48des procès
33:48puis des possibilités
33:49de recours
33:50donc première instance
33:50appelle
33:51et pourvoie
33:52dans la cour de cassation
33:53sur la forme
33:55que se passe-t-il
33:56si une personne
33:56est condamnée
33:57lors de son premier procès
33:59mais qu'elle fait appel
34:00il y a des possibilités
34:01dans certains cas
34:02de prononcer
34:03l'exécution provisoire
34:04c'est quand bien même
34:05la personne a fait appel
34:07c'est-à-dire qu'on repart à zéro
34:08et présume innocence
34:08on va refaire un procès
34:09une partie de la peine
34:11ou la peine
34:12dans son entier
34:12est immédiatement
34:13mise à exécution
34:14dans le cas de Nicolas Sarkozy
34:15ça a été
34:15vous allez en raison tout de suite
34:17monsieur
34:17et on verra bien après
34:18dans le cas de Marine Le Pen
34:20c'est la peine complémentaire
34:22d'inéligibilité
34:23à 5 ans
34:24on commence à l'appliquer
34:25maintenant
34:25c'est-à-dire qu'elle est
34:26en l'état
34:27donc elle ne peut pas être
34:28candidate à l'élection présidentielle
34:29voilà
34:29et en cas de législative
34:30demain
34:30elle ne pourrait pas
34:31se présenter
34:32Marc Trevidic
34:34ça a fait énormément de débats
34:35cette exécution provisoire
34:37est-ce que c'est un problème ?
34:39en fait il y a un trou
34:40dans la raquette
34:40très clairement
34:41je ne sais pas
34:42alors je détache ça
34:43de Marine Le Pen
34:44encore une fois
34:44je ne fais pas de politique
34:45ce n'est pas ça
34:46mais ce n'est pas normal
34:47si ça doit avoir
34:48des conséquences excessives
34:50en matière civile
34:51on peut
34:51et en matière pénale
34:52on ne peut pas
34:53avoir une voie de recours
34:54pour faire suspendre
34:55cette exécution provisoire
34:56jusqu'au jugement d'appel
34:57sur le fond
34:57ça ce n'est pas normal
34:59de mon point de vue
35:00de juriste
35:01Eric Dupond-Moretti
35:02d'abord c'est la loi
35:02donc tous ceux
35:03qui se sont émus
35:04de l'existence
35:07de cette
35:07exécution provisoire
35:10auraient pu s'émouvoir avant
35:11bon oui
35:12moi je trouve
35:13que c'est une entorse
35:14et une entrave
35:15à la présomption de le sang
35:16je n'aurais pas porté ce texte
35:17mais une fois encore
35:17il existe
35:18Jean-Daniel Lévy
35:19l'Institut Toluna
35:21Harris Interactive
35:22est-ce que les français
35:22pensent que
35:23l'exécution provisoire
35:25est un outil
35:25pour empêcher Marine Le Pen
35:27d'aller à la présidentielle ?
35:28D'une manière générale
35:29lorsque vous interrogez
35:30les citoyens
35:31ils n'ont pas forcément
35:32entièrement cette perception là
35:34en revanche
35:34je crois que c'est important
35:36de l'avoir à l'esprit
35:37les électeurs
35:38qui se situent
35:39pas uniquement proches
35:40du rassemblement national
35:41mais également proches
35:42de la droite
35:43d'une manière générale
35:44a le sentiment
35:45qu'on veut éviter
35:47que Marine Le Pen
35:48puisse être candidate
35:48à l'élection présidentielle
35:50et ça renvoie
35:51exactement
35:51au même principe
35:53qu'on avait pu identifier
35:54en 2017
35:55lorsqu'il y avait eu
35:57le début
35:57de ce qu'on avait appelé
35:58le Penelope Gates
35:59et puis l'affaire Bourgie
36:00concernant François Fillon
36:01avec des électeurs
36:03plutôt à droite
36:04voire à l'extrême droite
36:05sur l'échiquier politique
36:06qui avaient la perception
36:07qu'il y avait une instrumentalisation
36:09de la justice
36:09le terme
36:11le mur des cons
36:11a eu des effets
36:12absolument dévastateurs
36:14pour toute cette frange
36:15de population
36:16avec l'idée
36:17que la justice
36:18peut parfois
36:18se saisir
36:19ou être extrêmement rapide
36:21quand il s'agit
36:22d'éliminer
36:23un candidat
36:23à l'élection présidentielle
36:24et a fortiori
36:25un candidat
36:26qui fait figure
36:27de favori
36:28de l'élection présidentielle
36:29Eric Dupond-Moretti
36:30vous faites plutôt
36:31nom de la tête
36:32en écoutant
36:33Jean-Daniel Lévy
36:34mais c'est vrai
36:35qu'il y a eu ce sentiment
36:35avec l'affaire Fillon
36:37avec ce qui se passe
36:38aujourd'hui
36:39autour de Marine Le Pen
36:39que la justice
36:41en tout cas
36:41veut jouer un rôle
36:42avant qu'il y ait
36:43une échéance électorale
36:44mais arrêtons de dire
36:45la justice
36:46moi je ne dis pas
36:47la presse
36:48la justice
36:48c'est la signature
36:49de ceux qui la rendent
36:50d'abord la justice
36:51l'institution judiciaire
36:53ça n'est pas un pouvoir
36:54contrairement à ce que l'on dit
36:55mais une autorité
36:57et il y a
36:58une clique
36:59je l'ai appelée comme ça
37:00effectivement
37:01qui aime bien
37:03se faire
37:03un politique
37:04un chef d'entreprise
37:06mais pardon
37:06la très grande
37:08majorité
37:08des magistrats
37:09ils sont à la tâche
37:11et ils se moquent
37:12de toutes ces contingences
37:14voilà
37:14personne ne se dit
37:15tiens
37:15je vais éliminer
37:17un tel
37:17et un tel
37:18et un tel
37:18non
37:18ou alors
37:19il faut le démontrer
37:20et le magistrat
37:21qui ferait ça
37:22pardonnez-moi
37:23et bien
37:23il mérite
37:24des sanctions disciplinaires
37:25d'une grande gravité
37:26moi je constate
37:28qu'il y a
37:2815 professeurs de droit
37:30à la douzaine
37:31il y en a partout
37:32on raconte
37:33n'importe quoi
37:34souvent
37:34et évidemment
37:35que nos compatriotes
37:36ils sont
37:37ils sont perdus
37:37parce que
37:38c'est compliqué
37:39parce que c'est technique
37:40parce que
37:41il y a une langue judiciaire
37:42qui est particulière
37:43etc
37:44donc il faut simplifier
37:46tout ça
37:46mais en même temps
37:47il ne faut pas
37:48caricaturer tout cela
37:49Thomas Proutot
37:50on avait regardé
37:51sur les peines de 5 ans
37:52donc la peine
37:53qui a été infligée
37:54à Nicolas Sarkozy
37:54c'est 86%
37:56de personnes
37:57qui sont frappées
37:58d'une exécution
37:58pour le dépôt
37:59c'est pas non plus
38:00voilà ça arrive
38:01très très fréquemment
38:02est-ce que
38:02Marc Trevidic
38:03vous pensez que
38:04les politiques
38:05risquent
38:07je vais en mettre
38:08plein de guillemets
38:08mais de se venger
38:09d'une année
38:11comme 2025
38:12où on a quand même
38:14condamné
38:15un président
38:16un ancien président
38:17de la république
38:18une candidate potentielle
38:19en 2027
38:19tout dépend
38:20qui est élu
38:20et si ce sont
38:21des revanchards
38:22qui sont élus
38:23ou pas
38:23pour répondre
38:24à votre question
38:25et après
38:25évidemment
38:26selon la majorité
38:26qu'il y a
38:27on peut limiter
38:28le pouvoir du juge
38:30le pouvoir du juge
38:31c'est-à-dire justement
38:32on le voit
38:33le pouvoir d'appréciation
38:34en mettant
38:34des peines obligatoires
38:36ou plus de peines obligatoires
38:37dans certains domaines
38:38pour certaines infractions
38:39ou d'autres
38:40tout est possible
38:41parce qu'on veut
38:41qu'on soit sévère
38:42d'une manière générale
38:43mais pas pour certaines infractions
38:44pas quand on est concerné
38:48mais Eric Dupond-Moretti
38:49vous dans votre livre
38:50vous vous posez la question
38:51vous dites
38:51en fonction de celui
38:52ou de celle
38:52qui sera élu
38:53en 2027
38:54il peut y avoir
38:56à s'inquiéter
38:57pour l'indépendance
38:58de la justice
38:58pour l'indépendance
39:00de l'ensemble
39:01des pouvoirs
39:01comme le pouvoir médiatique
39:02par exemple
39:02je vais vous rappeler
39:03une petite histoire
39:05mais qui n'est pas
39:06une anecdote
39:07madame Le Pen se lève
39:09elle est au parlement
39:10c'était tout au début
39:12je venais d'arriver
39:13et elle propose
39:14un amendement
39:15au terme duquel
39:16les journalistes
39:18seraient susceptibles
39:20d'être
39:21punis
39:23de deux ans
39:24d'emprisonnement
39:24c'est long deux ans
39:25c'est pas 20 jours
39:26c'est beaucoup plus long
39:27s'ils dévoilent
39:30des procès-verbaux
39:31couverts par le secret
39:32de l'instruction
39:33auxquels les journalistes
39:34ne sont pas soumis
39:35c'est dire
39:36messieurs les journalistes
39:38qui m'entouraient là
39:39que vous avez
39:39si par malheur
39:40madame Le Pen
39:41arrivait au pouvoir
39:42quelques raisons
39:43de craindre son arrivée
39:44voyez
39:44et oui
39:46il y aura
39:46une reprise en main
39:49si j'ose dire
39:50à la fois de la liberté
39:51de la presse
39:52et de l'indépendance
39:53de la justice
39:54peut-être que notre pays
39:55ressemblerait alors
39:56à la Hongrie
39:58et je rappelle que
39:59en Hongrie
39:59il n'y a plus d'indépendance
40:00de la justice
40:00on me souvient
40:02quand Rachida Dati
40:03était arrivée
40:03garde des Sceaux
40:04elle a déplacé d'office
40:05un procureur général
40:06et pas parce qu'il y avait
40:07un grief particulier
40:08et c'est simplement
40:09parce qu'il y a
40:09une bonne pratique
40:10qui s'est installée
40:11de laisser à la justice
40:13faire son boulot
40:13ces dernières années
40:15que ça fonctionne bien
40:16mais les textes
40:17ils ne sont pas si solides
40:17que ça
40:18pour le ministère public
40:19et c'est ce que j'allais
40:20vous demander Thomas Proutot
40:21parce qu'on s'approche
40:21de la conclusion
40:22mais on a remis en question
40:24beaucoup la justice
40:25au cours de l'année 2025
40:26on vient d'en parler
40:26pendant une heure
40:27on a vu des américains
40:29attaquer le capitole
40:31quand Donald Trump
40:31n'avait pas été élu
40:33est-ce qu'il y a un risque
40:34effectivement
40:35aujourd'hui
40:36de voir les grandes institutions
40:37remises en cause
40:38par une base révolutionnaire
40:40quelque part
40:40en tout cas
40:41très politisée
40:41elles le sont déjà
40:42elles le sont déjà
40:43au quotidien
40:44il y a des attaques
40:45contre la justice
40:46contre les magistrats
40:47individuellement
40:48on a parlé des menaces de mort
40:49contre le principe
40:51avec des fake news
40:52qui vont raconter
40:53n'importe quoi
40:54sur des décisions
40:55décisions judiciaires
40:56et les magistrats
40:57en sont conscients
40:58les magistrats
40:58et tous ceux
40:59qui concourent
40:59à l'oeuvre de justice
41:00les avocats
41:01etc
41:02qui se disent que
41:03oui
41:03dans les années qui viennent
41:04il va falloir
41:05expliquer
41:06ça c'est la moindre des choses
41:07et défendre
41:08défendre ce système
41:09qui justement
41:10comme le disait
41:10le juste révidique
41:12n'est pas entièrement
41:13scellé dans les textes
41:14il y a de la bonne pratique
41:15ça semblait impossible
41:16en fait
41:17on ne serait jamais dit
41:18que ce soit possible
41:20de dire que
41:21désolé je vais reprendre
41:22l'exemple de Nicolas Sarkozy
41:23que c'est la haine
41:24qui a conduit une décision
41:25bon
41:25et bien c'est exprimé publiquement
41:27derrière on peut imaginer
41:28que non seulement
41:29les gens qui soutiennent
41:30Nicolas Sarkozy
41:30mais d'autres se disent
41:31ah ben c'est vrai
41:31il y a peut-être de la haine
41:32moi je voudrais vous dire
41:33qu'on est en pleine confusion
41:34qu'on ne s'éteigne pas
41:35que nos compatriotes
41:36soient un peu perdus
41:37vous voyez
41:37l'affaire habitant
41:40on confond
41:41allègrement
41:42ce qu'est un classement sans suite
41:44ce qu'est
41:45une ordonnance de non-lieu
41:47ou un arrêt de non-lieu
41:48ce qu'est un acquittement
41:49ben là
41:50le magistrat instructeur
41:53et la chambre de l'instruction
41:54ont considéré
41:56qu'il n'y avait
41:57aucune charge
41:58contre lui
41:59mais ça s'arrête
42:01quand
42:01parce que l'état de droit
42:03encore une fois
42:04l'état de droit
42:04c'est la justice
42:06a le dernier mot
42:07pas les associations
42:08jamais
42:10la justice
42:11et voilà quelqu'un
42:12ben je sais pas
42:13ce qu'il doit faire moi
42:13il doit se flinguer
42:15il doit devenir garagiste
42:16il faut qu'on arrête
42:17et quand il y a
42:19un acquittement
42:20ou une relaxe d'ailleurs
42:21même phénomène
42:22je pense à notre
42:24très très grand musicien
42:25Ibrahim Malouf
42:27qui est relaxé lui
42:28mais qui va être interdit
42:30d'aller à un festival
42:31parce que
42:31il y a un certain nombre
42:32de féministes
42:33qui lui interdisent
42:35l'accès au festival
42:36et d'ailleurs
42:36on va prendre les décisions
42:38décisions de précaution
42:39et l'autorité de la chose jugée
42:40bon sang
42:41on en fait quoi
42:41ça s'arrête quand
42:42qui est-ce qui rend la justice
42:44dans ce pays
42:44c'est une association féministe
42:46ou c'est la justice
42:47qui est faite pour ça
42:48et alors
42:49j'entends
42:49un tas de conneries
42:51sur la définition
42:52de ce qu'est un non-lieu
42:54de ce qu'est un acquittement
42:55et tout ça
42:56est emballé
42:57transporté
42:58dans les réseaux sociaux
42:59et ça n'arrête
43:00jamais
43:01jamais
43:01jamais
43:02est-ce qu'il fallait dire
43:03ça le conne pour autant ?
43:04ça c'est autre chose
43:05c'est un propos qui est privé
43:07est-ce que vous dites
43:07de temps en temps
43:08monsieur un gros mot
43:09alors moi je vais vous faire
43:10une confidence
43:10il m'arrive très souvent
43:11d'en dire
43:12j'en dis même
43:13beaucoup trop
43:13mais je fais gaffe
43:14là au micro par exemple
43:15de me tenir à peu près bien
43:18Brigitte Macron
43:19elle est humaine
43:20merveilleusement humaine
43:22et terriblement humaine
43:23il lui arrive de dire des choses
43:24comme tout un chacun
43:25sauf que
43:26sauf que
43:27la question qu'on devrait se poser
43:29c'est est-ce qu'il fallait
43:30diffuser
43:31et publier
43:32ces propos
43:34qui sont des propos privés
43:35je rappelle l'article 9
43:37du code civil
43:38qui protège
43:39l'intimité de la vie privée
43:40mais tout a explosé aujourd'hui
43:41la vraie question
43:42la vraie question
43:43c'est peut-être de se dire
43:44est-ce qu'elle a raison
43:45de penser quand même
43:46que ce sont des salsconnes
43:47non mais monsieur
43:48d'abord on peut lâcher un mot
43:50pour rassurer
43:52en l'occurrence
43:53Harry Habitant
43:53c'est dans un contexte particulier
43:55la veille
43:56on lui a pourri son spectacle
43:57des filles masquées
43:58qui pour
43:59toutes
44:00n'ont pas lu
44:01une ligne du dossier
44:02pas une ligne du dossier
44:04enfin quand même
44:05moi je vous dis
44:06est-ce que
44:06est-ce que la justice
44:07ça a encore du sens
44:08est-ce que quand la justice
44:09dit non-lieu
44:10et bien
44:11on peut être autorisé
44:12à contester cette décision
44:14quand la justice a dit
44:15on s'arrête
44:16on passe à autre chose
44:17et on permet à un type
44:18de faire ce qu'il sait faire
44:20voilà
44:21on va pas le condamner à vie
44:22à ne pas travailler
44:23mais nous avons nous
44:25un sens particulier
44:26du putaclic
44:26et de la polémique
44:27il faut quand même le dire
44:28merci à tous les quatre
44:31Éric Dupond-Moretti
44:32avocat
44:32ancien
44:33garde des Sceaux
44:34auteur du livre
44:35juré craché
44:35paru chez Michel Laffont
44:37écrit avec l'ami
44:38Marc-Olivier Fogiel
44:39Marc Trévidic
44:40ancien juge
44:40antiterroriste
44:41auteur de
44:43justice présumée coupable
44:44chez Albin Michel
44:45Jean-Daniel Lévy
44:46directeur délégué
44:47de Toluna
44:47Harris Interactive
44:48et Thomas Proutot
44:49bien sûr
44:49le chef de notre service
44:51police justice
44:52à RTL
44:52la réalisation de l'émission
44:54était signée
44:54Hervé Pépion
44:55la préparation
44:56Thomas Bernardon
44:56les archives sélectionnées
44:58par Quentin Baron
44:58dans un instant
44:59le retour des informations
45:00à demain
45:01jusqu'à 20h
45:03on refait le monde
45:04en route pour 2026
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