- il y a 4 mois
Regardez "On refait le monde" avec Gérard Vespierre, analyste en géopolitique et fondateur du média "Le Monde décrypté", Georges Malbrunot, grand reporter au "Figaro" spécialiste des questions internationales et éditorialiste à RTL, Pascal Bruckner, essayiste et philosophe, et Thomas Despré, journaliste politique à RTL depuis New-York.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 22 septembre 2025.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 22 septembre 2025.
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00:00Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL avec Anne-Sophie Lapix.
00:08Dans moins de deux heures, Emmanuel Macron prendra la parole à la tribune de l'ONU à New York
00:12pour annoncer la reconnaissance d'un État palestinien par la France.
00:16Une dizaine de pays ont décidé de le suivre dans sa démarche qui suscite la colère d'Israël et des Etats-Unis.
00:21Hier, sur les réseaux sociaux, le président justifiait sa décision.
00:24Ce que veut la France, c'est un cessez-feuille immédiat.
00:26Ce que veut la France, c'est que les 48 otages soient libérés sans délai.
00:31Ce que veut la France, c'est le retour de l'aide humanitaire à Gaza.
00:34Ce que veut la France, c'est un jour d'après possible à Gaza, avec le Hamas démantelé et écarté du pouvoir.
00:40Ce que veut la France, ce sont deux Etats vivant en paix côte à côte.
00:45Éviter l'effacement des Palestiniens, isoler le Hamas, des arguments loin de convaincre.
00:50Israël clame que c'est offrir une victoire aux auteurs des massacres du 7 octobre.
00:53On va essayer de comprendre ce que la reconnaissance de la Palestine peut changer avec nos invités.
00:59Gérard Vespierre, analyste en géopolitique et fondateur du média Le Monde des Cryptes.
01:03Bonsoir.
01:03Bonsoir à vous.
01:04Et Georges Malbruneau, grand reporter au Figaro, spécialiste des questions internationales et éditorialiste à RTL.
01:10Bonsoir.
01:10Bonsoir.
01:11Et puis nous sommes également en ligne avec Thomas Desprès, journaliste politique à RTL depuis New York.
01:17Donc au programme, d'abord on va commencer par aller à New York où se trouve donc Thomas Desprès.
01:23Thomas, le président Macron s'apprête à prendre la parole, sait-on ce qu'il va dire dans son discours ?
01:29Vous savez, avec Emmanuel Macron, c'est toujours assez difficile de jouer au jeu des pronostics.
01:34Ce qui est certain, c'est que le chef de l'État va vouloir insister sur le caractère dynamique de cette annonce.
01:39Ce soir, c'est ce que nous expliquent ces conseillers.
01:41Il y a certes la reconnaissance de l'État de Palestine, mais ce n'est qu'une étape.
01:46Et c'est aussi une réponse à ceux qui l'accusent, notamment en Israël, mais en France aussi.
01:50On l'a entendu avec cette tribune de plusieurs personnalités de vouloir, en quelque sorte, donner un blanc-seing à l'autorité palestinienne.
01:58Alors, l'Élysée parle d'engagement tangible, vérifiable, mesurable de la part des Palestiniens.
02:04On parle bien sûr de la libération des otages qui est toujours exigée par Emmanuel Macron d'un cessez-le-feu.
02:09Mais aussi de ce que les diplomates appellent le redéploiement de cette autorité palestinienne,
02:14avec des élections démocratiques d'ici un an, sans bien sûr la participation du Hamas à la future gouvernance.
02:21C'est ce que réclamera tout à l'heure Emmanuel Macron.
02:23Au total, il y a près de 40 points, 40 demandes de la part des pays qui participent à cette conférence ici à New York.
02:30Conférence organisée par la France, donc, et par l'Arabie Saoudite.
02:34Et le discours est boycotté par certains pays ?
02:37Oui, il n'y aura par exemple pas de représentants ni des États-Unis ni d'Israël.
02:42Tous les deux qualifient ce choix de malvenu et de contre-productif.
02:48Il y aura en revanche, bien sûr, un représentant de l'autorité palestinienne, Marmou Nabas,
02:52qui participera à cette conférence, mais en visioconférence,
02:56parce que les États-Unis, vous savez que le siège des Nations Unies est ici à New York,
03:01les États-Unis ont refusé d'accorder des visas à des représentants palestiniens.
03:07Et ils participeront donc à cette conférence, mais seulement en visioconférence.
03:11Merci Thomas.
03:13Gérard Vespierre, reconnaître la Palestine aujourd'hui,
03:16est-ce que c'est envoyer un signal, montrer qu'en fait,
03:19on ne laisse pas bombarder Gaza sans réagir ?
03:22Oui, tout à fait.
03:24Mais je crois qu'au-delà de ça, c'est peut-être faire rentrer le monde dans la turbo-diplomatie, n'est-ce pas ?
03:31Mais encore !
03:32Est-ce que la turbo-diplomatie, c'est de reconnaître un État avant que cet État soit constitué ?
03:38Comment reconnaître quelque chose qui n'est pas constitué ?
03:41Un État a besoin de frontières, a besoin d'un chef d'État, d'une organisation,
03:45éventuellement de l'organisation sécuritaire, potentiellement d'une monnaie.
03:50Donc on organise et après on reconnaît.
03:53Et donc pour le moment, je crois qu'il faudrait utiliser le terme de création d'un État.
03:58On souhaite, on veut ou on exige la création d'un État palestinien, voyez-vous.
04:04On est, je ne veux pas jouer sur les mots,
04:06mais cette démarche-là, elle serait à mon sens beaucoup plus logique et rationnelle
04:10que de reconnaître un État qui n'a pas encore de frontières.
04:14Est-ce que Gaza va faire partie, n'est-ce pas ?
04:15Est-ce que le Gaza va être l'Alaska de la Palestine ?
04:19C'est moins classé le journalier.
04:21Oui, mais c'est quand même en deux parties, voyez-vous.
04:23Donc un État en deux parties, ce n'est pas quelque chose de facile.
04:25Il faut que ça soit constitué d'abord.
04:27Georges Malbrunot, comment Emmanuel Macron s'est converti
04:30à cette idée de reconnaître un État palestinien ?
04:33Eh bien, par réalisme, et en particulier au cours de l'été,
04:37lorsqu'il a vu l'offensive militaire israélienne à Gaza
04:41et les pertes considérables et l'obstination pour être poli de Benyamin Netanyahou
04:48et qui, on le sait maintenant, refusent à cesser le feu,
04:53refusent de s'engager dans des négociations avec le Hamas
04:56qui permettraient la libération des otages, en tout cas selon plusieurs étapes.
05:03Donc il y a eu cette prise de conscience par Emmanuel Macron
05:07que compte tenu de la situation et de la dégradation de la situation sur le terrain,
05:12si on reportait encore, eh bien dans six mois, on allait reconnaître un cimetière
05:16et il faut rappeler que cette reconnaissance, elle est à fois, je dirais, symbolique et historique.
05:23Elle est symbolique parce que, comme ça a été dit, ça ne changera rien demain sur le terrain,
05:27mais elle est historique parce qu'elle s'inscrit dans 50 ans de tradition diplomatique française.
05:33Ça avait commencé sous Giscard, il y a eu le fameux discours de Mitterrand à la Knesset.
05:37Donc voilà.
05:38Mais surtout, ce que le correspondant aux Nations Unies l'a bien dit,
05:45il y a la reconnaissance, mais il y a aussi quand même,
05:47il faut le mettre au crédit de la diplomatie française et de Macron,
05:50il y a tout le travail qui a été fait pour poser des fondations
05:53sur, effectivement, le désarmement du Hamas,
05:57la formation de policiers palestiniens aujourd'hui en Égypte et en Jordanie.
06:01Oui, mais là, ce que vous dites, notamment le désarmement du Hamas,
06:03c'était une condition au départ.
06:05Et là, maintenant, ça ne l'est plus, il a abandonné les conditions.
06:09Parce qu'il a maintenu une certaine ambiguïté.
06:11Et je pense qu'il a fait croire à un certain nombre de personnes
06:14qui voulaient le croire qu'il y avait des conditions.
06:15Mais en fait, ces conditions, elles n'existaient pas vraiment.
06:18Et pour une raison assez simple, c'est que si Macron conditionnait
06:22la reconnaissance française de la Palestine
06:24à la libération des otages et au désarmement,
06:27ça veut dire qu'il s'en remettait à Benyamin Netanyahou.
06:29Or, il sait que Netanyahou ne veut pas d'une fin.
06:32Donc, il y a ces conditions, elles sont post-reconnaissance de la Palestine
06:37parce que ça s'inscrit, encore une fois, comme je vous le disais,
06:40dans l'établissement, dans les fondations de cet État palestinien.
06:44Alors, une vingtaine de personnalités ont adressé une lettre au président de la République
06:48dans laquelle elle demande à Emmanuel Macron, donc, de ne pas faire,
06:51de ne pas reconnaître l'État palestinien
06:53ou de conditionner cette reconnaissance à la libération des otages,
06:55on en parlait, et au démantèlement du Hamas.
06:57Parmi les signataires, il y a Charlotte Gainsbourg, Yvan Attal,
07:00le comédien Philippe Toréton, l'animateur Arthur, BHL, Raphaël Antoven,
07:04ou encore l'essayiste Pascal Bruckner.
07:07Bonsoir.
07:08Bonsoir, Anne-Sophie Laput.
07:10Pouvez-vous nous dire pourquoi vous avez signé cette tribune ?
07:13J'ai signé la tribune par un principe de prudence.
07:17On nous explique qu'un État palestinien constitue le pire cauchemar du Hamas.
07:22Je ne suis pas sûr du tout que ce soit vrai.
07:24C'est peut-être exact pour le Hamas à l'ancienne manière,
07:28celui d'avant la guerre d'octobre 2023,
07:32mais on voit très bien qu'un État palestinien,
07:36aujourd'hui, serait un moule parfait
07:38pour que l'organisation terroriste prenne le pouvoir.
07:41Parce que s'il y avait des élections en Cisjordanie,
07:44par exemple, le Hamas triompherait sans coup faire rire.
07:47Alors ça, c'est la première raison,
07:48et je pense qu'on surestime l'aversion du Hamas pour un État.
07:55Et la meilleure preuve, c'est qu'il a félicité Macron,
07:57ce qui n'est jamais bon signe.
07:59Et la deuxième chose, c'est que cet État n'a pas de frontières
08:05juridiques reconnues internationalement.
08:08Il n'a pas de continuité territoriale.
08:10Il y a une administration, mais il n'y a pas de gouvernement.
08:13Il y a déjà deux factions qui se battent pour le pouvoir en Palestine.
08:18Il y a le Hamas et puis il y a l'autorité palestinienne.
08:21Donc, sur le plan légal,
08:24Macron essaye de faire avec la Palestine
08:28ce que George Bush voulait faire avec l'Irak,
08:30c'est-à-dire construire une nation à partir de rien.
08:33Il aurait été plus prudent, à mon sens,
08:35qu'il attende quelques mois pour pouvoir faire pression
08:38sur l'autorité palestinienne.
08:40Et là, il n'a plus de moyens de pression sur Mahmoud Abbas,
08:44qui est très contesté et très corrompu également.
08:48Donc, je trouve que c'est un geste un peu précipité.
08:52Et dont le risque, disent les observateurs,
08:54c'est qu'au fond, ce soit un coup d'épée dans l'eau,
08:57que la guerre continue,
08:58que le Hamas continue à retenir les otages
09:01et à terroriser la population
09:03et Israël à bombarder la bande de Gaza.
09:07Au pire, c'est un encouragement pour le Hamas
09:10et au mieux, c'est un geste qui n'aura pas de conséquences
09:14sinon à envenimer un peu plus ses relations
09:18entre Jérusalem et Paris.
09:20Merci beaucoup, Pascal Brutner.
09:21Je vous en prie.
09:23Gérard Vespierre, est-ce que reconnaître la Palestine maintenant,
09:25c'est se priver d'un argument, d'une monnaie d'échange,
09:28d'un moyen de pression sur l'autorité palestinienne ?
09:31Je ne crois pas qu'il y ait besoin vraiment
09:33d'une monnaie d'échange ou d'une pression sur l'autorité palestinienne
09:38parce qu'elle souhaite la reconnaissance.
09:42Non, mais pour obtenir tout ce dont on parlait,
09:43le désarmement du Hamas et la libération des otages...
09:46Le désarmement du Hamas, il va intervenir peu ou prou.
09:49Le problème, c'est le temps.
09:51Mais à l'évidence, dans quelques semaines ou quelques mois,
09:54il va y avoir une cessation des actions militaires.
10:00Et donc, libération des otages.
10:01Et ça, c'est...
10:02Actuellement, on est dans l'expression...
10:04On est optimiste, en tout cas.
10:04On est dans l'expression d'une volonté politique,
10:07mais on a besoin de ces deux impératifs,
10:10la cessation des combats et la libération des étages,
10:13pour qu'il y ait un plan d'action.
10:14Il n'y aura pas de plan d'action
10:16tant qu'il n'y aura pas, effectivement,
10:18une matérialisation de la paix et de la libération des otages.
10:21Georges Malbrunot, la libération des otages,
10:24le désarmement du Hamas.
10:25Il n'y a que l'armée israélienne, donc,
10:27qui peut l'obtenir ?
10:28Par la force ?
10:30Non, non.
10:30Il y a les négociations.
10:32Ça existe encore, les négociations ?
10:33Non, puisque, justement, l'autre jour,
10:35Benyamin Netanyahou a voulu tuer les négociateurs.
10:37Donc, ça ne facilite pas les négociations.
10:41Mais, ce qu'il faut dire,
10:42c'est que le désarmement du Hamas,
10:44et les Israéliens le disent,
10:46on n'en est plus très loin.
10:47Le Hamas a été disloqué militairement,
10:49ils ont eu plus qu'une dizaine de hauts cadres militaires
10:51dans la bande de Gaza,
10:52les chefs sont morts,
10:53il reste 10 000 armes de poing,
10:55ils n'ont pratiquement plus d'explosifs,
10:57et il leur reste quelques roquettes.
10:59Donc, on n'en est plus très loin.
11:01Donc, quand Macron dit
11:01qu'il faut aller vers ce désarmement,
11:03on y est presque.
11:04Et c'est pour ça que l'offensive militaire israélienne
11:06est inutile,
11:08parce qu'on n'est plus très loin de ce désarmement.
11:10Donc, effectivement,
11:11il faut que cette reconnaissance
11:13s'accompagne d'une relance des négociations.
11:17Mais la clé,
11:18et c'est là où la faille existe chez Emmanuel Macron,
11:22c'est que la clé,
11:22elle est à Tel Aviv, à Jérusalem,
11:24et à Washington.
11:25Alors, est-ce que Trump, à un moment donné,
11:27voudra faire pression ?
11:29Je pense que ce qui va être intéressant de voir,
11:32c'est que vous allez avoir,
11:34dans quelques jours,
11:35probablement une riposte israélienne,
11:37pas forcément bilatéralement
11:40contre la France,
11:40fermeture du consulat, etc.,
11:42mais plutôt sur une intensification
11:44de la colonisation ou de l'annexion.
11:46Et c'est là qu'un certain nombre de partenaires,
11:47en particulier ceux qui ont été signataires
11:50des accords d'Abraham,
11:51les Émirats Arabes Unis,
11:52ont dit déjà à Trump,
11:54ça suffit, ligne rouge.
11:55Alors, la France est prête à reconnaître
11:57un état palestinien ce soir.
11:59Dans un instant,
12:00on va essayer de comprendre
12:01ce que cela signifie.
12:02ce sera après le rappel des titres.
12:05On refait le monde sur RTL.
12:08Avec Anne-Sophie Lapix.
12:12RTL.
12:13Il est 19h30.
12:16Anne-Sophie Lapix.
12:17On refait le monde sur RTL.
12:19Le rappel des titres de l'actualité
12:20avec Alphane Leprince.
12:22Cédric Jubilarni,
12:23le meurtre de sa femme Delphine en 2020.
12:26Je conteste toujours les faits
12:27qui me sont reprochés,
12:29a déclaré l'accusé,
12:29dont le procès s'est ouvert aujourd'hui
12:31devant la cour d'assises du Tarn.
12:33Lyon, Nantes, Rennes, Saint-Denis,
12:36au moins 86 maires
12:37ont hissé le drapeau palestinien
12:38au fronton de leur mairie.
12:40Aujourd'hui,
12:41des gestes de soutien
12:42auxquels s'étaient fermement opposés.
12:43Bruno Retailleau,
12:44le ministre des missionnaires
12:45de l'Intérieur,
12:46alors qu'Emmanuel Macron
12:47doit officiellement reconnaître ce soir
12:49à l'Assemblée Générale des Nations Unies
12:51un État palestinien.
12:52Dans l'actualité également,
12:54la direction évoque
12:55un marché difficile en Europe.
12:57L'usine Stellantis de Poissy
12:58dans les Yvelines
12:59va s'arrêter trois semaines en octobre
13:01et ses 2000 salariés
13:02vont être placés en chômage partiel.
13:04Annonce choc du constructeur automobile.
13:06Ce soir,
13:07les syndicats redoutent
13:09que le site ne soit vendu au PSG
13:10pour que le club y construise
13:12son futur stade.
13:13Le PSG qui est à Marseille ce soir
13:15pour le classique match
13:17reporté de la cinquième journée de Ligue 1
13:19qui sera évidemment à vivre
13:20en direct et gratuitement
13:22sur RTL dans un quart d'heure
13:24dans RTL Foot.
13:25À suivre également dans RTL Foot
13:26ce soir,
13:27la 69ème édition du Ballon d'Or
13:29pour récompenser le meilleur joueur
13:31de la saison 2024-2025
13:33parmi les grands favoris,
13:35l'attaquant parisien
13:36et nouveau champion d'Europe
13:37Ousmane Dembélé.
13:37Merci Alban et on ne vous retrouve pas
13:40à 20h mais à la mi-temps du match
13:42au MPSG Soirée Foot sur RTL.
13:44Ne l'oubliez pas.
13:45La France s'apprête à reconnaître
13:47un État palestinien ce soir.
13:48Une dizaine de pays en front d'eux-mêmes.
13:51Mais de quoi parle-t-on exactement ?
13:52Quel est cet État palestinien ?
13:54Quelle est son autonomie ?
13:55Sa viabilité ?
13:56On en parle avec nos invités.
13:58Gérard Vespierre,
13:59analyste en géopolitique
14:00et fondateur du média
14:01Le Monde Décrypté.
14:02Et Georges Malbruneau,
14:04grand reporter au Figaro,
14:06spécialiste des questions internationales
14:08et éditorialiste à RTL.
14:12Aujourd'hui, le président Macron
14:14enterrine ce que les présidents français
14:17depuis Charles de Gaulle
14:18essayent de faire
14:18et n'étaient pas arrivés
14:20à le faire officiellement.
14:22Nous sommes avant tout
14:23un territoire occupé depuis 1967.
14:25Ça fait 58 ans
14:26qu'on est sous occupation militaire.
14:29Et c'est l'ancienne déléguée générale
14:30de la Palestine en France,
14:31Leila Shahid, époque Yasser Arafat
14:33qui s'exprimait ce matin
14:35au micro de Thomas Soto.
14:37Gérard Vespierre,
14:38pourquoi l'État palestinien
14:40n'a-t-il pas été reconnu jusque-là ?
14:43Il y a des phases toujours
14:45dans l'histoire.
14:46Il y a eu dans les années 90,
14:47n'est-ce pas,
14:47des grandes avancées.
14:49Souvenons-nous de la poignée
14:51de main historique
14:52entre Rabin et Arafat
14:53avec Ben Clinton à Washington,
14:561993.
14:58Le prix Nobel de la paix.
14:59Voilà, 1994,
15:02un autre cycle,
15:03Oslo,
15:04donc les signatures,
15:06et puis,
15:08quelques mois après,
15:09assassinat de Rabin,
15:11n'est-ce pas ?
15:11Et donc là,
15:13on a eu,
15:13effectivement,
15:14un coup d'arrêt
15:15dans ce rapprochement
15:17à petits pas
15:17à la Kissinger,
15:18pratiquement,
15:19si on peut faire ce parallèle,
15:21parce que c'est un dossier
15:23extrêmement difficile,
15:24donc des avancées
15:25devaient avoir lieu,
15:27prudemment.
15:27Mais ce changement
15:29de gouvernement
15:29et de tendance politique
15:31au sein d'Israël
15:32a décalé,
15:34a reporté,
15:35a gelé
15:35l'ensemble de ce processus.
15:37Mais il est quand même
15:38intéressant de voir
15:39qu'actuellement,
15:40au sein de la population
15:41israélienne,
15:4330 à 40%,
15:44alors que le régime,
15:46le gouvernement
15:47est fortement orienté
15:49dans une direction
15:50différente,
15:51opposée,
15:52ces 30 à 40%
15:53sont favorables
15:54à un État palestinien,
15:56n'est-ce pas ?
15:56Donc maintenant...
15:57Encore maintenant ?
15:58Maintenant, bien sûr,
15:59bien sûr.
15:59C'est intéressant de voir
16:01qu'il y a un fond...
16:02La gauche israélienne
16:05n'est pas représentée
16:07comme elle le devrait
16:07depuis quelques années
16:09au sein de la Knesset,
16:10mais Netanyahou
16:12n'a plus qu'un siège
16:14de majorité.
16:15Donc il faut qu'il y ait aussi
16:16une évolution
16:18à l'intérieur d'Israël
16:19pour que ce chemin-là
16:20soit pris,
16:21parce qu'il est impensable
16:23qu'il y ait effectivement
16:24deux États,
16:25si l'un, Israël,
16:27ne tend pas la main
16:29vers l'autre.
16:29On va retrouver
16:30notre envoyé spécial
16:31Thomas Després
16:32au siège de l'ONU
16:32à New York.
16:33Thomas,
16:34qu'est-ce que cela va changer
16:35cette reconnaissance
16:36au niveau international ?
16:37On va avoir
16:37plus de 150 pays
16:39sur les 193
16:40représentés à l'ONU
16:41qui auront reconnu
16:43la Palestine.
16:45Alors,
16:45qu'est-ce que ça va changer
16:46à court terme ?
16:47En réalité,
16:48pas grand-chose.
16:49On parle depuis le début
16:49de l'émission
16:50de ces conditions,
16:51de ces engagements
16:52que la France,
16:53parce qu'il faut le dire,
16:53c'est la France quand même
16:54qui est à la manœuvre
16:55avec l'Arabie Saoudite
16:56en tant que co-président
16:57à chacun de cette conférence
16:59sur la solution
17:00à deux États.
17:01Mais cette reconnaissance,
17:02en réalité,
17:02elle est surtout symbolique.
17:04Il n'y aura pas d'ambassade
17:05ni à Ramallah
17:06ni à Jérusalem
17:07dans l'immédiat.
17:08Emmanuel Macron
17:08a évoqué hier
17:10la libération des otages
17:11comme condition,
17:12mais c'est en réalité
17:13assez peu probable
17:14à court terme.
17:15Pour ce que vous l'ayez bien
17:16en tête,
17:17il n'y a que 164
17:19ambassades françaises
17:20aujourd'hui dans le monde.
17:21C'est bien moins
17:22que le nombre d'États
17:23reconnus par la France.
17:24Et puis,
17:25quant aux Nations Unies,
17:26pour que la Palestine
17:27soit officiellement reconnue
17:28comme pays membre
17:29à part entière,
17:31ici,
17:31il faudrait un vote
17:32au sein du Conseil de sécurité.
17:34Le Conseil de sécurité
17:35où les États-Unis
17:36disposent
17:37d'un droit de veto,
17:39c'est donc vraiment
17:39pas pour demain.
17:41Merci Thomas.
17:42Alors,
17:42si l'Angleterre,
17:43la Belgique,
17:43le Portugal
17:44avec la France
17:45ont décidé de reconnaître
17:46un État palestinien,
17:47l'Italie,
17:48elle n'ira pas.
17:48La chef du gouvernement,
17:50Georgia Meloni,
17:51se dit favorable
17:51à un État palestinien
17:52mais pas à sa reconnaissance
17:54avant même
17:54qu'il existe.
17:56Il n'existe pas,
17:57concrètement,
17:57c'est ce que disait
17:57Gérard Vespierre,
17:58Georges Malbruneau.
17:59Oui,
18:00si vous voulez,
18:01Georgia Meloni
18:02n'a pas tiré
18:03les conséquences
18:05de l'échec d'Oslo
18:05qui avait démarré
18:07en 1993
18:07et qui prévoyait justement
18:09la politique des petits pas
18:10dont vous parliez.
18:11Sauf que dans ces petits pas,
18:13ce sont les extrémistes
18:13de part et d'autre
18:14qui s'y sont engouffrés,
18:16qui ont assassiné
18:16Isaac Rabin
18:17côté israélien
18:18et qui ont perpétré
18:19des attaques
18:20que c'étaient
18:21les islamistes.
18:22Donc,
18:22voilà,
18:23elle a tort
18:23parce que,
18:24et c'est là où Macron
18:25et ses amis
18:26ont renversé
18:28la vapeur,
18:29on dit voilà,
18:29on reconnaît
18:30un État palestinien,
18:31on change de dynamique,
18:33certes c'est symbolique
18:34uniquement,
18:35mais on travaille
18:35en parallèle
18:36aux fondations
18:37de cet État
18:37dont je vous parlais,
18:39y compris même
18:41les livres scolaires,
18:42l'extradition quand même.
18:44Le fait que
18:45la Palestine
18:46soit devenue un État
18:47permet
18:47l'extradition
18:49d'un certain nombre
18:49de personnes
18:50et on l'a vu.
18:51Du responsable
18:52de l'attentat
18:53de la rue des Rosiers.
18:54Un des suspects
18:56qui date de 1982,
18:59qui va probablement
19:00être extradé.
19:01Donc,
19:02voilà,
19:02on est dans
19:04une démarche
19:06effectivement extrêmement
19:07minimaliste,
19:09mais encore une fois,
19:10il faut sortir
19:11de cet impasse,
19:12mais on n'est pas sûr
19:12d'en sortir
19:13puisqu'on n'a pas
19:13les clés
19:14puisque ce sont
19:14les Américains
19:15et les Israéliens.
19:15Alors justement,
19:16on va voir quand même
19:17ce que la reconnaissance
19:18d'un État palestinien
19:18par la France
19:19et d'autres pays européens
19:20pourrait changer
19:20en bien ou en mal,
19:22que ce soit au Proche-Orient
19:22ou en France.
19:23On en parle dans un instant.
19:24Que va changer la reconnaissance
19:37d'un État palestinien ?
19:39Est-ce que ça risque
19:39d'envenimer la situation ?
19:41C'est aussi une possibilité.
19:42On en parle avec nos invités.
19:44Gérard Vespierre,
19:45analyste en géopolitique
19:47et fondateur du Média
19:47Le Monde décrypté
19:48et Georges Malbruneau,
19:50grand reporter au Figaro,
19:51spécialiste des questions
19:51internationales,
19:52éditorialiste
19:53sur RTL.
19:54Georges Malbruneau,
19:55le gouvernement israélien
19:56de Benyamin Netanyahou
19:57est furieux
19:57que la France
19:58et d'autres pays
19:59reconnaissent un État palestinien.
20:00Il a promis des représailles.
20:02Concrètement,
20:03que peut-il faire ?
20:04Il peut fermer,
20:06par exemple,
20:06le Consulat Général de France
20:07à Jérusalem
20:08qui est un peu l'entité
20:09qui gère les Palestiniens.
20:12Il peut aussi
20:14créer des problèmes
20:17à certaines emprises
20:18qui appartiennent à la France
20:19comme le Tombeau des Rois
20:20à Jérusalem.
20:21il peut expulser
20:24le Consul Général
20:25à Jérusalem.
20:26Ça,
20:26c'est des ripostes,
20:27je dirais,
20:27bilatérales.
20:29Les Français
20:29se tiennent prêts.
20:30Ils ont déjà en stock
20:31aussi leurs propres ripostes.
20:33Mais je ne suis pas sûr
20:34qu'Israël
20:35s'engage dans cette voie.
20:36En revanche,
20:37comme on le disait
20:38tout à l'heure,
20:38il ne fera plus certainement
20:39une intensification
20:41de la colonisation
20:42et avec des menaces
20:43d'annexion
20:45de toute ou partie
20:46de la Cisjordanie
20:48avec les risques
20:49dont je vous parlais
20:50tout à l'heure.
20:51C'est-à-dire qu'un certain
20:52nombre de pays arabes,
20:53en particulier ceux
20:54qui ont signé
20:55les accords d'Abraham,
20:55les Émirats arabes unis,
20:56qui s'entendent plutôt bien
20:57avec Israël.
20:58Mais là,
20:58c'est trop,
20:59c'est trop.
21:00Ligne rouge,
21:01on l'a dit.
21:02Et donc,
21:02le patron des Émirats
21:03qui fait beaucoup de commerce
21:05aux États-Unis,
21:05qui aime bien Trump,
21:07lui a dit clairement
21:08c'est une ligne rouge
21:09s'il y a annexion.
21:10Et donc,
21:11à ce moment-là,
21:11les accords d'Abraham
21:12seraient en péril.
21:13Or,
21:14vous savez que Trump
21:15c'est son grand lègue,
21:16etc.
21:17Donc,
21:17est-ce qu'il tordra le bras
21:19à Netanyahou ?
21:19On le verra.
21:20Alors,
21:21en Israël,
21:21l'opinion est plutôt
21:22dans la ligne
21:24de Benjamin Netanyahou
21:26sur ce rejet
21:27de la reconnaissance
21:27d'un État palestinien.
21:28En France,
21:29le débat est très virulent aussi.
21:30La droite,
21:31les LR,
21:31ne sont pas trop favorables
21:33à la reconnaissance maintenant.
21:35Quant au RN,
21:36on écoute Marine Le Pen
21:37au micro de BFM.
21:38La réalité,
21:39c'est que c'est le Hamastan
21:40en fait,
21:41Emmanuel Macron
21:42ne reconnaît pas la Palestine.
21:44À partir du moment
21:45où il n'y pose absolument
21:47aucune condition,
21:48eh bien,
21:49il donne le sentiment
21:50à tous les terroristes
21:50islamistes du monde
21:51que lorsque l'on commet
21:54un crime aussi ignoble
21:55que la barbarie
21:56qui s'est déroulée
21:57le 7 octobre,
21:58on en tire des bénéfices.
22:00Vous vouliez évoquer
22:02l'isolement,
22:02parce que là,
22:03on est avec Marine Le Pen
22:04qui parle de Hamastan
22:05comme si l'État de Palestine
22:07était un État terroriste.
22:08C'est le contraire,
22:09justement.
22:10C'est fait pour isoler.
22:11Je signalerai
22:12aux auditeurs
22:13d'RTL
22:14qu'ils aillent
22:14sur une vidéo
22:15de 2022
22:16où Marine Le Pen
22:17a des propos
22:18dignes d'un porte-parole
22:19du Quai d'Orsay
22:20sur la position
22:22traditionnelle française,
22:23deux États
22:23dans les frontières
22:24internationales
22:25de 1967,
22:26etc.
22:26Donc,
22:27effectivement,
22:27là,
22:28il y a eu
22:28un mouvement de bascule
22:30de Marine Le Pen
22:30qui est un petit peu suspect.
22:32C'est un point de vue
22:32de politique intérieure
22:33sur un sujet international.
22:34à gauche,
22:36il y a une cinquantaine,
22:37même 80,
22:38je crois,
22:3882 mairies
22:39qui ont hissé
22:40un drapeau palestinien
22:41aujourd'hui,
22:42malgré l'avertissement
22:42du ministère de l'Intérieur.
22:45C'est un geste
22:46sans conséquence
22:47ou qui peut être
22:47incendiaire ?
22:49Je ne crois pas
22:51qu'il y ait
22:52une possibilité
22:53d'avoir sur une question
22:54internationale
22:55un incendie français.
22:57Je pense qu'il y a
22:57des petits feux en France
22:59qui dépendent
23:00des conditions françaises.
23:02Donc,
23:02par contre,
23:04il y a des éléments
23:05internationaux,
23:06à mon avis,
23:06qui sont à prendre
23:07en considération.
23:08L'isolement d'Israël
23:10et le président
23:12Isaac Herzog
23:13lui-même,
23:14il y a quelques jours,
23:15a dit
23:15au gouvernement
23:17de Netanyahou
23:18attention,
23:18nous sommes
23:19de plus en plus
23:20isolés
23:21économiquement,
23:23n'est-ce pas ?
23:24Donc,
23:24il y a là
23:25un regard
23:25tout à fait pertinent
23:26sur la question
23:27et l'Europe
23:29a déjà exprimé
23:30l'idée
23:30que si,
23:32effectivement,
23:32il devait y avoir
23:33un durcissement
23:34à nouveau
23:34ou poursuivi
23:35par Israël,
23:37les accords,
23:38je dirais,
23:38de coopération
23:39avec Israël
23:42et l'Europe
23:42pourraient être revus.
23:44Enfin,
23:44d'un point de vue
23:44international,
23:45le grand perdant
23:46à nouveau,
23:47c'est l'Iran
23:48qui voulait
23:49la destruction
23:49d'un État,
23:51celui d'Israël
23:52et non pas
23:52la constitution
23:53de deux.
23:54Merci beaucoup.
23:55On écourte un peu
23:56le débat aujourd'hui
23:57parce qu'on fait
23:57un peu de place
23:58au sport
23:59et au foot
24:00puisque Eric Silvestro,
24:02vous avez une grande
24:02soirée devant vous
24:03avec,
24:04coup double,
24:05avec le ballon d'or
24:06et l'OMPSG,
24:07c'est ça ?
24:08Dans l'autre sens
24:08parce qu'on va commencer
24:09par l'OMPSG,
24:10normalement,
24:11coup d'envoi à 20h
24:11et le ballon d'or
24:12en espérant
24:13que ce soit
24:13Ousmane Dembele
24:14pour le foot français
24:15pour le Paris Saint-Germain
24:15aux alentours de 23h.
24:17Donc en effet,
24:18double dose de sport.
24:19Dembele qui ne joue pas
24:20ce soir.
24:21Non,
24:21il est blessé,
24:21ça va,
24:22lui,
24:22il peut aller à la cérémonie.
24:23Très bien.
24:23Quel enthousiasme !
24:24On vous souhaite
24:26une bonne soirée
24:27sur RTL.
24:27RTL
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