- il y a 1 jour
Avec Frédéric Masquelier, maire de Saint-Raphaël (Var), membre de Nouvelle Énergie et auteur de "Anatomie de la bureaucratie" (Editions du CERF)
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NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jacques Cardoze.
00:05Et on ne peut être que d'accord avec votre combat, Frédéric Masquelier.
00:10Bonjour, soyez le bienvenu dans le studio de Sud Radio.
00:14Merci de nous rendre visite. Vous êtes maire de Saint-Raphaël.
00:18Mais vous avez ce combat, c'est d'essayer de lutter contre cette bureaucratie,
00:24contre ce poids de la bureaucratie.
00:25Et vous sortez ce livre qui s'appelle Anatomie de la bureaucratie.
00:30Aux éditions du Cerf, c'est bien ça ?
00:31C'est bien ça.
00:32Et j'ai envie de vous poser une première question.
00:35Aujourd'hui, le citoyen se réduit désormais à un simple dossier,
00:39à un simple score, à un simple risque.
00:41C'est ce que vous dites dans votre livre, c'est bien ça ?
00:44Oui, et c'était d'avoir une réflexion, de se demander pourquoi.
00:47Parce que finalement, nous subissons ce système.
00:51Nous passons notre temps à remplir des formulaires,
00:54à attendre des autorisations, à être contrôlés.
00:57On voit que l'action publique est ralentie.
01:00On voit aujourd'hui qu'on a un État qui coûte très cher.
01:05Et on a des services qui ne sont pas forcément efficaces.
01:07Et pour les gens, c'est insupportable parfois de devoir remplir,
01:12de se placer devant son ordinateur et de se dire
01:14qu'il va falloir que je rentre dans un univers kafkaïen
01:18où je vais passer, je ne sais pas combien de temps d'ailleurs,
01:20une heure, deux heures, trois heures, à remplir.
01:22Parfois, c'est très facile, il faut le reconnaître.
01:24Parfois, c'est très facile, c'est très bien fait.
01:27D'autres fois, les portails sont absolument horribles.
01:30Il y a des gens qui...
01:31Moi, je comprends qu'on puisse même développer des pathologies face à ça, vous voyez ?
01:35Tout à fait, des phobies.
01:37Vous en aviez même un ministre qui avait été victime il y a quelques années de cela.
01:42Mais il faut comprendre, encore une fois, pourquoi ?
01:44Parce que ça s'est construit à travers le temps.
01:47On a toujours eu de l'administration depuis les scribes égyptiens.
01:51Mais on voit cette année, enfin depuis quelques années, pardon,
01:55une accélération et notamment à travers les normes qui se multiplient sans cesse.
02:00Et la question qu'on peut se poser, c'est qui est derrière ?
02:06Quels sont les intérêts ?
02:09Comment pouvoir les arrêter ?
02:10Et surtout, comment simplifier ?
02:11Oui, voilà, c'est la question que j'allais vous poser.
02:13D'abord, commençons par la question la plus simple.
02:15C'est qu'en passant à l'Internet et à le fait de remplir ces dossiers en ligne,
02:21on nous promettait que ce serait beaucoup plus simple.
02:23Et en fait, non, ça n'est pas plus simple.
02:26On nous parle de simplification, mais comme on n'y a pas réfléchi,
02:29on voit bien qu'on n'y arrive pas.
02:31Ce n'est pas de supprimer quelques textes ou de supprimer quelques agences
02:34qui changent quoi que ce soit.
02:37Dans la mesure où la logique même du système est de toujours produire plus de normes,
02:43d'avoir également toujours plus de contrôle et donc supprimer une agence
02:49pour la remplacer par un texte, ça ne change strictement rien en pratique.
02:52Oui, mais avant même de parler de simplification administrative,
02:58première question, pourquoi c'est aussi complexe lorsqu'on remplit un dossier sur Internet ?
03:04Si vous voulez, pourquoi vous avez, je ne sais pas moi, des dossiers aussi riches
03:09avec autant d'occurrences, autant de cases à remplir ?
03:14Il y a des gens pour qui c'est tout simplement complexe
03:16parce qu'ils ne vivent pas, si vous voulez, dans le monde informatique.
03:19Pour quelqu'un dont c'est le métier et qui fait ça toute la journée,
03:22peut-être que pour lui c'est fluide, mais il y a des gens pour qui ce n'est pas
03:25fluide du tout.
03:26Non, parce que c'est la logique de l'administration.
03:27On ne veut rien oublier.
03:28On ne veut surtout pas être pris à défaut.
03:31Derrière chaque norme, vous avez des intérêts.
03:34Et donc même pour des dossiers qui sont relativement simples,
03:38vous vous retrouvez avec des demandes complexes
03:39et c'est ce que nos concitoyens ne comprennent pas.
03:41Alors, vous expliquez dans votre livre, et c'est très intéressant,
03:46que tous les secteurs sont touchés.
03:48On est d'accord, police, santé, justice, éducation, écologie,
03:52tout s'automatise.
03:54C'est comme ça que vous vous posez la question.
03:56Et il y a des domaines dans lesquels c'est encore plus kafkaïen que dans d'autres ?
04:03L'écologie.
04:04L'écologie qui est un bon principe, auquel on adhère évidemment tous,
04:09mais où nous nous retrouvons, et je vois c'est ma réalité de mer,
04:12avec des dossiers qui sont d'une complexité absolue,
04:16où pour un lézard ou une libellule,
04:18on va vous freiner des projets d'intérêt public comme la construction de barrages,
04:22où on va vous demander des mesures compensatoires qui coûtent plus cher que le projet,
04:27et puis que rien n'arrête,
04:29et même lorsqu'on s'adresse à des niveaux de préfet,
04:33et bien de manière impuissante,
04:34ils nous disent « mais c'est comme ça, ce sont les textes, etc. »
04:37et personne n'ose rien dire, de peur d'être pris à défaut.
04:40Oui, et l'écologie c'est quelque chose qui,
04:43enfin je veux dire, le traitement de l'écologie à travers les ordinateurs,
04:48et à travers ces normes que vous nous racontez,
04:51c'est ce qu'il y a de plus compliqué aujourd'hui.
04:53Évidemment, puisqu'on ne fait pas confiance,
04:55et puis on a des règles uniformes partout.
04:57La question de la submersion marine,
05:00où on voit aussi apparaître de plus en plus de normes,
05:02lorsque vous habitez à côté du littoral,
05:04on va vous appliquer les mêmes règles pour les plages normandes,
05:07que pour les plages méditerranéennes,
05:09alors que la problématique n'est absolument pas la même,
05:11et c'est comme ça pour chacune des approches.
05:14On multiplie aussi les commissions nationales,
05:16parce qu'on ne voudrait surtout pas qu'une commission locale
05:18puisse être trop favorable à une position prise par un maire.
05:22Donc on éloigne également la décision du citoyen,
05:27et on l'éloigne de l'endroit où elle va être appliquée.
05:30Et donc c'est ce système qui se complexifie de plus en plus,
05:33qui devient absurde et totalement kafkaïen.
05:35Alors il y a un autre aspect dans votre livre qui m'a beaucoup intéressé,
05:38c'est l'aspect de l'éducation.
05:40Vous dites que pour assurer ce pilotage,
05:42là je parle d'un hôpital, de la façon dont fonctionne un hôpital,
05:45vous nous dites que les aides-soignants, infirmiers et médecins
05:48sont obligés de consacrer une part de leur journée à archiver,
05:50à documenter, à cocher des cases.
05:53En 2021, vous racontez cette étude menée au CHU de Bordeaux,
05:58qui révélait qu'un médecin hospitalier passait en moyenne 6 heures
06:02sur ses 11 heures de travail quotidien à des tâches administratives.
06:066 sur 11, c'est plus que la moitié de son temps.
06:09Moi j'ai envie qu'un médecin, il soit avec un patient de A à Z.
06:13J'ai pas envie qu'il soit en train de cocher des cases dans un bureau.
06:17Non mais c'est...
06:18Enfin, vous savez quoi ?
06:19C'est incroyable ce que vous écrivez,
06:22parce que quand les auditeurs vous appellent,
06:24et que vous connaissez pas bien un domaine,
06:27vous vous dites, bon, c'est son sentiment,
06:30il est peut-être un peu grossi, etc.
06:31Mais là vous faites une étude clinique,
06:33et vous nous dites, un médecin hospitalier
06:35passe 6 heures sur des tâches quotidiennes administratives,
06:39au lieu d'être au chevet des patients.
06:40C'est dingue.
06:41Ah oui, parce qu'il doit justifier ce qu'il fait,
06:45il doit être conforme au budget qu'on lui donne,
06:49et on l'a vu pendant le Covid,
06:50vous avez un taux de bureaucratisation dans les hôpitaux
06:53qui est de 6 points plus important qu'en Allemagne.
06:55Il me semble que les hôpitaux fonctionnent très bien en Allemagne,
06:58mais c'est encore cette logique du système
07:00où on ne va pas faire confiance aux médecins,
07:03et donc comme on ne lui fait pas confiance,
07:04on va lui demander de tout justifier.
07:06Vous avez de multiples, puisque c'est comme ça que fonctionne l'administration,
07:11avec des cases à remplir,
07:15avec des cotations, puisqu'on rentre dans cette logique,
07:18et comme on va de plus en plus dans des logiques également algorithmiques,
07:21l'algorithme fonctionne avec les nombres,
07:23et donc il convient à chaque fois
07:27de justifier très précisément chacun des actes,
07:30avec des nomenclatures qui sont discutées,
07:32et qui s'imposent également aux médecins,
07:34et donc ça explique que le médecin peut passer autant de temps
07:37à remplir des formulaires qu'il a exercé son art.
07:39C'est très intéressant Frédéric Masquelier,
07:42ce livre et votre réflexion,
07:43parce que vous savez quoi ?
07:44Je crois qu'on est arraisonné par la technique.
07:47On nous avait promis que l'informatique,
07:50enfin moi je me souviens très bien,
07:51du passage à l'internet, l'informatique,
07:53vous allez voir, c'est la simplification,
07:54tout sera beaucoup plus simple, etc.
07:56Peut-être, peut-être d'une certaine façon,
07:59mais pas pour tout le monde,
08:00et vous l'évoquez dans votre livre,
08:02alors justement, on va y revenir,
08:04parce qu'encore une fois,
08:05quand les auditeurs nous disent que dans les hôpitaux,
08:07ça ne parle que d'économie et de recettes,
08:09ils ont raison, ils ont raison,
08:11et vous, vous avez fait un travail clinique,
08:13vous avez fait des études très précises
08:16sur le fonctionnement de cette bureaucratie
08:19et de cet arraisonnement par la technique,
08:22j'ai envie de dire,
08:23et par l'informatique,
08:24et c'est absolument insupportable,
08:25on en parle juste après ça.
08:33On vient d'entendre Frédéric Masquelier
08:36qui vient d'écrire ce livre
08:38« Anatomie, anatomie de la bureaucratie ».
08:41Je suis sûr que ça vous parle,
08:42on a tous le sentiment d'être arraisonné
08:45par la technique et par la bureaucratie.
08:47On nous avait promis une simplification administrative,
08:51ça ne marche pas.
08:51Et vous, Frédéric Masquelier,
08:54vous avez fait cette anatomie
08:56à l'aide de différentes études.
08:58L'une d'elles m'a profondément choqué,
09:01un médecin hospitalier,
09:03écoutez ça,
09:04passe en moyenne 6 heures sur ses 11
09:06de travail quotidien à des tâches administratives,
09:09à cocher des cases dans un bureau.
09:11Pourquoi on est arraisonné par la technique ?
09:13Pourquoi cette révolution numérique
09:15n'a pas fonctionné ?
09:16Parce qu'on est passé d'une bureaucratie,
09:19on l'est toujours,
09:20d'une bureaucratie inefficace
09:21à une bureaucratie efficace.
09:23Mais on oublie que ça reste une bureaucratie.
09:25Efficace, pas pour tout le monde.
09:27Efficace pour les résultats, peut-être.
09:29Dans son fonctionnement en elle-même, effectivement.
09:31Mais on a des décisions qui se prennent toujours en haut,
09:33c'est cloisonné.
09:34D'ailleurs, la logique des algorithmes
09:35est également une logique
09:37où vous avez des cloisons,
09:39mais cette fois-ci,
09:39ce sont des cloisons informatiques
09:41qui existent,
09:42un système irresponsable.
09:43Parce que quand vous avez un algorithme,
09:44vous allez vous plaindre auprès de qui ?
09:46La seule chose qui a changé,
09:47c'est la vitesse.
09:48où effectivement, derrière aujourd'hui,
09:50notre clavier est derrière un écran,
09:52on peut obtenir une réponse
09:53parfois plus rapidement.
09:56Mais la logique du système
09:57est exactement restée la même.
10:00Et c'est pour ça qu'aujourd'hui,
10:02lorsque vous remplissez ce formulaire,
10:05avant vous aviez un agent
10:06qui pouvait vous dire
10:06vous repassez demain,
10:08ou qui pouvait vous dire
10:09le papier,
10:10vous nous l'apporterez plus tard.
10:11Non mais attendez,
10:12c'était très très bien
10:12quand on faisait la file d'attente.
10:15Parce que d'abord,
10:16on discutait avec des gens,
10:17des vrais gens,
10:17qui étaient à côté de nous
10:18et pas des robots.
10:19Et puis ensuite,
10:20on se disait,
10:20bon bah ok d'accord,
10:21j'attends une demi-heure,
10:22trois quarts d'heure,
10:22mais au moins,
10:23j'aurai affaire à quelqu'un
10:24physiquement
10:25qui aura les réponses
10:26à mes questions.
10:27Vous n'avez plus d'espace
10:27de respiration.
10:28Et pourquoi ?
10:29Tout simplement,
10:29parce qu'on veut également,
10:30ou l'État voulait également
10:31un système
10:32où vous avez les élus
10:34qui interviennent
10:34de moins en moins,
10:35puisque ces derniers
10:37sont accusés
10:38du clientélisme
10:39ou de petits arrangements,
10:40etc.
10:41Parce que c'est aussi ça
10:41la raison d'être
10:42de la bureaucratie.
10:43On ne veut plus de l'humain,
10:44on veut un système rationnel
10:45et on veut un système
10:46qui soit parfait.
10:48Aujourd'hui,
10:48vous avez notamment,
10:49lorsque vous faites
10:49une demande de logement,
10:50vous prendriez
10:51une femme victime
10:52de violences conjugales
10:53avec plusieurs enfants,
10:55et bien si elle ne rentre pas
10:56exactement dans les cases
10:57et dans la notation
10:58telle qu'elle est prévue,
10:59elle va avoir
11:00motif,
11:01rejet
11:02pour son dossier.
11:03C'est insupportable.
11:04Franchement,
11:04c'est insupportable.
11:05Je le disais tout à l'heure,
11:06on est arraisonné par la technique.
11:07Vous avez ce sentiment,
11:08vous aussi ?
11:09Enfin, moi,
11:09honnêtement,
11:10j'ai vraiment ce sentiment.
11:12De plus en plus,
11:12vous regardez par l'administration fiscale,
11:14vous n'avez plus d'agents,
11:15vous essayez d'appeler,
11:17vous êtes renvoyé
11:17le 1,
11:18le 2 ou le 3,
11:19c'est très difficile.
11:20Vous n'avez quasiment plus
11:21de rendez-vous physique
11:23et vous apercevez
11:23que ces systèmes fonctionnent
11:25à travers la retenue à la source.
11:27Dans votre tête,
11:27vous vous dites,
11:28comment je vais faire
11:29pour faire comprendre au robot
11:31qu'en appuyant sur 1,
11:322 ou 3
11:33ou en ne répondant pas,
11:35je vais peut-être réussir
11:36à avoir quelqu'un
11:36au bout du fil,
11:37un vrai quelqu'un,
11:38c'est-à-dire un humain.
11:39Oui,
11:39qui va vous répondre,
11:40qui va prendre en considération
11:41votre situation,
11:43qui va vous écouter.
11:44Aujourd'hui,
11:45on a une bureaucratie
11:45mais qui n'écoute plus.
11:47C'est dans laquelle
11:47on est plus entendu.
11:48Dans l'éducation nationale,
11:50quel est l'usage
11:52de l'intelligence artificielle ?
11:53Parce que vous y faites référence
11:55dans votre livre
11:56Anatomie de la bureaucratie
11:57aux éditions du Cerf.
11:59Est-ce que,
11:59dans ce domaine-là,
12:00l'intelligence artificielle
12:01pourrait être bénéfique ?
12:02Évidemment,
12:03ça pourrait être bénéfique
12:04pour personnaliser aussi
12:06l'enseignement,
12:07pour avoir le même enseignement
12:08de qualité partout.
12:10On pourrait avoir,
12:10par exemple,
12:11le professeur d'Harvard
12:12pour avoir l'enseignement
12:14directement ici.
12:15Et c'est assez intéressant
12:16parce que là,
12:16on s'aperçoit
12:17que la bureaucratie,
12:19ô combien elle est importante
12:20dans l'éducation nationale,
12:21est réfractaire
12:23au déploiement,
12:24justement,
12:24de...
12:24Le ministère,
12:25il est réfractaire
12:26au déploiement
12:26de l'intelligence artificielle.
12:28Il est réfractaire.
12:29Et donc,
12:29on se retrouve parfois
12:30avec des situations
12:30totalement absurdes
12:31où vous avez des étudiants
12:33qui vont faire
12:34leur dissertation
12:34avec ChatGPT.
12:36Tout le monde le sait,
12:38personne ne va rien dire,
12:40alors qu'il faut changer
12:40la manière d'enseigner.
12:42Il faut le prendre également
12:43comme une réalité
12:45et les enseignements
12:47doivent être
12:47de nature différente.
12:48Aujourd'hui,
12:49un enseignement
12:50dans un amphithéâtre
12:51n'a plus de sens.
12:51Si on ne prend pas en compte
12:52le fait qu'on puisse disposer,
12:53grâce à l'intelligence artificielle,
12:56d'un contenu
12:57d'enseignement
12:58de qualité,
12:59et donc,
13:00l'éducation nationale
13:01devrait évoluer
13:02vers un enseignement
13:03qui est de plus en plus
13:04personnalisé
13:04puisque la matière,
13:05nous l'avons.
13:06Il faut apprendre à apprendre.
13:07Oui, c'est-à-dire qu'en fait,
13:08aujourd'hui,
13:08on n'utilise pas les robots
13:09comme on devrait les utiliser.
13:10Parce que vous avez des statuts.
13:12Oui, parce que si je vous comprends bien,
13:13d'un côté,
13:14on est arraisonné
13:14par la technique
13:15et par les normes
13:16qui nous font passer
13:17un temps fou
13:18devant l'ordinateur
13:19pour essayer de s'en sortir,
13:20de remplir son dossier.
13:22Et de l'autre côté,
13:22là où elle pourrait être
13:23extrêmement efficace,
13:24parce que je retiens ça,
13:25c'est quand même très intéressant.
13:28L'intelligence artificielle
13:29peut permettre aussi
13:31dans l'éducation
13:31une forme d'égalité des chances.
13:33Parce que quelqu'un
13:34qui est au fond
13:34d'une campagne en France
13:36peut avoir accès
13:37au même professeur d'Harvard
13:40auquel aurait accès
13:41quelqu'un qui va payer,
13:42je ne sais pas,
13:4350 ou 60 000 euros par an
13:45pour s'inscrire à l'université,
13:47en l'occurrence, d'Harvard.
13:48Mais là,
13:49vous avez le problème du statut.
13:50Du statut des fonctionnaires
13:52qui est un statut
13:53qui n'évolue pas.
13:55Et on voit bien
13:56qu'aujourd'hui,
13:57ça explique de très nombreuses tensions,
13:59c'est que nous sommes
13:59dans l'entre-deux.
14:00Nous sommes dans une bureaucratie
14:02traditionnelle
14:03avec ses caractéristiques.
14:04Et puis,
14:04on est dans une bureaucratie
14:05qui peut être performante.
14:06Et le problème,
14:07c'est qu'on ne l'a pas
14:07clairement choisi
14:08entre l'un ou l'autre.
14:09Et on a les défauts
14:11de l'un et de l'autre.
14:12Vous qui êtes aussi
14:13un homme politique,
14:13puisque, en tous les cas,
14:14vous participez
14:15à la vie de la politique
14:16au sens noble du terme,
14:17Frédéric Mascoyer,
14:18puisque vous êtes maire
14:18de Saint-Raphaël
14:19et donc forcément
14:20confronté à un certain
14:21nombre de problématiques.
14:22Est-ce que vous pensez
14:23que le prochain président
14:24de la République
14:24devrait nommer
14:25un ministre
14:26de la bureaucratie,
14:27un ministre
14:28de l'intelligence artificielle,
14:30un ministre
14:30de la simplification,
14:32enfin, je ne sais pas
14:32comment il faut l'appeler,
14:33mais consacrer une large place
14:34et pas à un sous-sous-sous-sous-secrétaire d'État,
14:37mais que ce soit vraiment
14:38quelqu'un qui ait de la puissance
14:39et qui puisse peser
14:40sur ses décisions ?
14:41Oui, il ne faut pas
14:42que ce soit un gadget aussi.
14:43Vous avez des questions
14:44qui sont fondamentales,
14:45des questions de souveraineté aussi,
14:47dans la mesure où on transfère
14:48allègrement nos données
14:50et on voit que les grandes plateformes
14:51sont à l'étranger,
14:52mais ce qu'il faut surtout faire,
14:53c'est un grand ministre
14:54de la décentralisation.
14:56C'est celui qui,
14:57c'est le meilleur remède
14:58contre la bureaucratie,
14:59c'est que les décisions
15:00ne se prennent plus en haut,
15:01mais se prennent en bas,
15:03au plus près des gens
15:04qui sont directement concernés
15:06et impactés par les décisions
15:07qui sont prises.
15:09Par exemple,
15:10dans l'éducation,
15:11alors vous disiez,
15:12il y a l'accès à l'information
15:14et au savoir
15:16qui pourrait nous permettre
15:17de faire passer un pas,
15:18à l'inverse,
15:20comment pourrait-on simplifier
15:22avec l'intelligence artificielle
15:24à l'intérieur du système
15:25de l'éducation
15:26un certain nombre de choses ?
15:29En apprenant à prompter,
15:30comme on dit,
15:31tout simplement,
15:31à pouvoir poser les questions.
15:32Donc c'est le contenu
15:33de l'enseignement
15:34qui doit changer.
15:35Aujourd'hui,
15:36on est dans l'évitement actuellement,
15:37on est trop dans l'évitement,
15:38on est trop dans le...
15:40On a le pied sur le frein
15:41et on se dit,
15:42non,
15:42on ne sait pas trop comment appréhender
15:44l'intelligence artificielle,
15:45c'est ça ?
15:45La plupart des discours
15:47sont très...
15:49sont presque millénaristes
15:51sur le sujet,
15:52il faut créer des sanctuaires,
15:53il ne faut pas l'utiliser,
15:55on ne raisonne qu'en termes
15:56de limites et d'encadrement aussi
15:58et on voit bien
15:59que la réalité des pratiques
16:00est différente,
16:02c'est ce que nous utilisons
16:03tous les jours,
16:03donc il ne faut pas aller
16:04à l'encontre du progrès,
16:06mais il faut pouvoir le contrôler,
16:07il faut pouvoir le maîtriser,
16:08il faut surtout voir
16:09ce qui peut nous apporter
16:11et c'est cette réflexion
16:12qu'il faut avoir
16:13et c'est ce que j'essaye
16:14de voir
16:15en déterminant aussi
16:16la part de l'humain,
16:18les limites,
16:19là où il doit intervenir
16:20et c'est une réflexion
16:21qui doit être
16:21dans le débat politique
16:23et dans la prochaine présidentielle,
16:24ça devrait être
16:25un débat central.
16:26Merci beaucoup Frédéric Masculier
16:28d'avoir accepté
16:29notre invitation
16:30Anatomie de la bureaucratie
16:31aux éditions du Cerf,
16:33on a bien compris
16:34qu'il y avait beaucoup à faire.
16:35Alors,
16:35le prochain grand rendez-vous,
16:36c'est Valérie Expert
16:37qui est déjà dans le bureau.
16:38Bonjour Valérie,
16:39comment allez-vous ?
16:39Bonjour Jacques,
16:39très bien,
16:40qu'est-ce qu'il y a au menu
16:41aujourd'hui ?
16:42Mettez-vous d'accord ?
16:43On va s'intéresser
16:45à la déclaration
16:46du ministre
16:47de l'éducation nationale,
16:48vous savez,
16:48qui veut durcir
16:49la notation au bac,
16:52on aura Jean-Paul Brighelli
16:53avec nous
16:53qui avait écrit
16:53la fabrique du crétin,
16:55alors les crétins
16:56ont bel et bien
16:57été fabriqués,
16:58pardon de dire cela,
16:59la question
17:00que se posent
17:01les enseignants,
17:02c'est,
17:02on va aujourd'hui
17:04sanctionner des enfants
17:05ou des jeunes
17:06qui n'ont pas eu
17:08un parcours formateur,
17:10on va dire,
17:11donc il faut reprendre
17:12les choses à la base,
17:13donc 0826 300 300,
17:14plus de sévérité,
17:16plus d'exigence
17:16pour le bac,
17:17et puis on va revenir
17:18évidemment sur ce drame
17:19à Nantes,
17:20cette fusillade,
17:21un adolescent tué,
17:22c'est un jour sans fin
17:24avec le narcotrafic,
17:25là aussi,
17:26vos témoignages,
17:27je sais qu'il y a
17:27beaucoup de policiers
17:28qui nous écoutent,
17:28beaucoup de policiers
17:29à la retraite,
17:310826 300 300,
17:32on vous attend,
17:33à tout de suite.
17:33C'est dans Mettez-vous d'accord,
17:36tout de suite,
17:36Valérie Expert et Gilles Gansman
17:38vous attendent,
17:3810h midi,
17:39c'est le prochain rendez-vous
17:40sur Sud Radio,
17:41j'ai été ravi de passer
17:42ces 3h d'info avec vous,
17:44je vous dis à la semaine prochaine,
17:45tout de suite Valérie Expert.
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