00:00Il y a de moins en moins de dermatos. En réalité, ça, les chiffres le montrent.
00:03En 10 ans, la France a perdu presque 20% de professionnels.
00:06Aujourd'hui, le délai moyen pour avoir un rendez-vous, c'est 3 mois.
00:09Bonjour Ali Cachlouf.
00:10Bonjour.
00:11Merci d'être avec nous ce matin, notre French Tech dans Good Morning Business.
00:14Vous êtes le cofondateur et directeur général de SquareMind.
00:18Face à ce constat, vous vous apportez une innovation
00:22qui répond aux besoins cliniques et améliore le temps médical
00:25pour aussi aider les dermatos. De quoi est-ce qu'il s'agit ?
00:28Absolument. Bonjour. Merci pour l'invitation.
00:30Ce qu'on a développé, c'est une première mondiale.
00:32C'est un robot qui s'appelle Swan, qui vous permet pour la première fois
00:34de numériser, de cartographier l'intégralité de la peau de quelqu'un
00:38avec un niveau de définition qui est comparable à celui de la loupe,
00:41ce qu'on appelle le dermatoscope, quand vous allez chez le dermato.
00:44Et donc, en quelques minutes, on est capable de générer
00:46un peu comme des Google Maps de la peau sur lesquels vous pouvez zoomer en tout point.
00:48Ce qui a un avantage particulier dans le contexte clinique,
00:51ça vous permet d'avoir un suivi particulièrement précis,
00:54d'identifier notamment les changements avec ou sans IA.
00:58Et donc, c'est une solution qui a été très attendue par la communauté dermatologique
01:01et qui est le fruit de plusieurs années de travail et qui va être enfin disponible.
01:06Alors, SquareMind, c'est une entreprise que je suis depuis quelques années
01:08et que je trouve fascinante parce qu'effectivement, cette idée d'avoir un robot dermato
01:11qu'on va décrire pour ceux qui nous écoutent, parce que c'est pas forcément visualisable comme ça,
01:16c'est une sorte de bras robotique, en fait, équipé d'une caméra, c'est ça ?
01:19Et donc, il faut imaginer le scénario, j'arrive chez le dermato
01:21et avant qu'il ne s'occupe de moi, finalement, il y a ce robot qui va tourner autour de
01:25moi
01:25et qui va scanner chaque millimètre carré de ma peau, c'est ça, finalement,
01:29et aller détecter des anomalies potentielles.
01:31C'est ça l'idée, en fait.
01:32Absolument, c'est non pas de remplacer le médecin,
01:35mais de l'augmenter, de l'assister en automatisant un acte
01:39qui est un acte de documentation clinique
01:41et donc de capturer de l'information qu'on n'arrivait pas à capturer aujourd'hui,
01:44qui est cette fameuse cartographie avec le grossissement de la loupe.
01:46Et donc ensuite, UNIA prend le relais et identifie les changements.
01:50Pourquoi c'est intéressant ?
01:51En fait, aujourd'hui, 80% des mélanomes,
01:53qui est le cancer le plus létal, ce sont des nouvelles tâches.
01:56Ça apparaît à partir de la peau vierge où il n'y avait pas de grain de beauté existant.
01:59Donc, vous êtes capables d'identifier la nouveauté et le changement,
02:02c'est particulièrement pertinent.
02:03Oui, parce que le médecin humain, même s'il est très bien entraîné,
02:06le dermato, on y va une fois au mieux tous les ans,
02:09mais peut-être tous les deux ans, tous les trois ans, tous les cinq ans,
02:11évidemment qu'il ne va pas se souvenir de votre peau il y a trois ou cinq ans.
02:14Donc, l'intérêt, c'est que la machine, elle,
02:15elle va se souvenir à vie de moi.
02:17Et même s'il change de médecin, on peut transférer le dossier, finalement,
02:22pour qu'il y ait un suivi à vie de ce Google Maps de ma peau.
02:25Absolument, c'est standardisé.
02:26Donc, si vous allez dans deux cabinets où chacun est équipé d'un robot, par exemple,
02:30vous pouvez matcher les deux scans et comparer dans le temps.
02:34C'est un peu comme le dentiste qui a une radio des dents
02:36et puis qui va regarder d'un rendez-vous sur l'autre aussi
02:39pour se souvenir de où était la situation.
02:44Il y a quand même de la concurrence sur ce secteur.
02:46J'ai l'impression qu'on entend beaucoup parler d'innovation dans la dermatologie
02:49pour même avec parfois des applications, je crois, détecter soi-même,
02:53analyser ses grains de beauté, non ?
02:55La concurrence ou en fait l'essor qu'on voit de solutions
02:59démontre quand même d'un pain, d'un besoin avec les cliniques
03:02qui est aujourd'hui comment j'assiste le médecin dans le cadre de ce dépistage,
03:07comment j'optimise le temps médical.
03:09La différenciation qu'apporte Swan aujourd'hui, c'est deux choses.
03:12C'est cette cartographie avec ce niveau de définition qui est encore une fois unique au monde
03:16et deux, c'est l'automatisation.
03:18Donc le fait de rendre cet acte de documentation complètement libre de temps
03:24pour le médecin, c'est quelque chose d'innovant.
03:26Il faut voir qu'aujourd'hui, le statu quo reste un outil qui a été inventé il y a 30
03:29ans
03:29qui est le dermatoscope, qui est la loupe.
03:31Et donc, in fine, Swan, ce qu'on a inventé, c'est un dermatoscope augmenté.
03:35Mais là, du coup, l'entreprise existe depuis quelques années maintenant.
03:39Est-ce que vous avez réalisé des études cliniques ?
03:41Est-ce qu'on sait le taux de précision, par exemple, sur la détection d'un mélanome,
03:45les faux positifs, les faux négatifs par rapport à un médecin humain ?
03:48Comment vous vous comparez ?
03:49On ne dépiste pas encore le cancer de la peau.
03:51Ça, ça va être la prochaine évolution de l'IA.
03:53Aujourd'hui, ce qu'on fait, c'est qu'on cartographie la peau,
03:56ce qu'on ne savait pas faire jusqu'à présent.
03:58On détecte les changements.
03:59La solution, aujourd'hui, est en phase de pré-déploiement
04:01dans un centre hospitalier qui est les Hospices Civils de Lyon,
04:05avec un professeur qui est connu mondialement,
04:07qui est français dans le domaine du dépistage.
04:09Et on a vocation, dans les prochains mois, à publier une étude clinique.
04:12Et vous vous installez donc chez les dermatos.
04:14Est-ce qu'on peut imaginer aussi avoir ce genre de dispositif,
04:17j'allais dire, soit dans les pharmacies,
04:19pour que les gens fassent de l'auto-dépistage,
04:21ou alors dans des déserts médicaux,
04:22ou des endroits où vraiment on a du mal à avoir des rendez-vous,
04:24et on pourrait avoir une sorte de pré-diagnostic
04:26avant d'aller voir le médecin, en fait.
04:28Ça, ça pourrait être aussi un débouché, j'imagine ?
04:30Oui, bien sûr.
04:30Notre cible naturel, aujourd'hui, c'est les dermatologues,
04:33en cabinet médical et dans les hôpitaux.
04:35Mais vous vous rappelez, effectivement, juste titre,
04:37le problématique des déserts médicaux,
04:38qui n'est pas un problème que français.
04:40Beaucoup de Français, aujourd'hui,
04:41n'ont pas accès géographiquement à un médecin.
04:43Ils doivent parcourir des centaines de kilomètres.
04:44Et on pourrait parfaitement imaginer cette solution
04:47déployée dans un centre, par exemple.
04:48Pourquoi pas dans un centre de santé ?
04:50Vous venez, vous faites numériser,
04:51vous avez un expert, donc un dermatologue,
04:53qui peut vous revoir à distance,
04:55parce que le grossissement des images le permet.
04:57Le robot coûte 200 000 euros, c'est ça ?
04:59Donc, vous avez deux modèles.
05:00Vous avez un modèle à l'acquisition,
05:02effectivement, vous pouvez vous équiper.
05:03Vous avez un modèle à la location,
05:04qui est quand même le modèle le plus plébiscité
05:06par les cabinets de ville de Dermat.
05:07Et vous avez plusieurs dizaines de centres médicaux
05:09sur liste d'attente pour s'équiper de son robot Soane.
05:12Une question pour conclure,
05:13peut-être un peu plus d'actualité,
05:14mais on sait qu'il y a des soucis d'approvisionnement
05:16sur les matériaux, matières premières,
05:19notamment le plastique, parce que tout ça vient d'Asie.
05:21Il y a le détroit d'Hermousse qui est bloqué.
05:23Les tensions sur les matières premières
05:25qui font que les délais, voire les prix, flambent.
05:28Est-ce que vous êtes concerné ? Dans quelle mesure ?
05:30On est toujours concerné de manière directe et indirecte.
05:33Il faut voir aussi que dans ce qu'on fait,
05:34vous avez de la demande énorme en termes de compute
05:38qui sont portées par l'idée de rapier juste avant
05:40à toutes ces sociétés d'IA qui brassent des milliards
05:44et qui créent de l'assèchement en termes de matières premières.
05:47Donc, évidemment, il faut anticiper en termes de supply chain.
05:50Aujourd'hui, tout va bien pour nous,
05:52mais ce qui nous sauve, c'est qu'on n'est pas
05:53sur des volumétries de plusieurs millions d'unités.
05:55Donc, on s'en sort très bien.
05:57Merci beaucoup pour ce témoignage, Ali Kachelouf,
06:00co-fondateur, directeur général de SquareMind,
06:02notre French Tech ce matin.
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