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  • il y a 11 minutes
Ali Khachlouf, cofondateur et directeur général de SquareMind, était l'invité d'Erwan Morice dans French Tech, ce vendredi 15 mai. Il parle de son robot Swan, qui répond aux besoins cliniques et améliore le temps médical pour aider les dermatologues, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il y a de moins en moins de dermatos. En réalité, ça, les chiffres le montrent.
00:03En 10 ans, la France a perdu presque 20% de professionnels.
00:06Aujourd'hui, le délai moyen pour avoir un rendez-vous, c'est 3 mois.
00:09Bonjour Ali Cachlouf.
00:10Bonjour.
00:11Merci d'être avec nous ce matin, notre French Tech dans Good Morning Business.
00:14Vous êtes le cofondateur et directeur général de SquareMind.
00:18Face à ce constat, vous vous apportez une innovation
00:22qui répond aux besoins cliniques et améliore le temps médical
00:25pour aussi aider les dermatos. De quoi est-ce qu'il s'agit ?
00:28Absolument. Bonjour. Merci pour l'invitation.
00:30Ce qu'on a développé, c'est une première mondiale.
00:32C'est un robot qui s'appelle Swan, qui vous permet pour la première fois
00:34de numériser, de cartographier l'intégralité de la peau de quelqu'un
00:38avec un niveau de définition qui est comparable à celui de la loupe,
00:41ce qu'on appelle le dermatoscope, quand vous allez chez le dermato.
00:44Et donc, en quelques minutes, on est capable de générer
00:46un peu comme des Google Maps de la peau sur lesquels vous pouvez zoomer en tout point.
00:48Ce qui a un avantage particulier dans le contexte clinique,
00:51ça vous permet d'avoir un suivi particulièrement précis,
00:54d'identifier notamment les changements avec ou sans IA.
00:58Et donc, c'est une solution qui a été très attendue par la communauté dermatologique
01:01et qui est le fruit de plusieurs années de travail et qui va être enfin disponible.
01:06Alors, SquareMind, c'est une entreprise que je suis depuis quelques années
01:08et que je trouve fascinante parce qu'effectivement, cette idée d'avoir un robot dermato
01:11qu'on va décrire pour ceux qui nous écoutent, parce que c'est pas forcément visualisable comme ça,
01:16c'est une sorte de bras robotique, en fait, équipé d'une caméra, c'est ça ?
01:19Et donc, il faut imaginer le scénario, j'arrive chez le dermato
01:21et avant qu'il ne s'occupe de moi, finalement, il y a ce robot qui va tourner autour de
01:25moi
01:25et qui va scanner chaque millimètre carré de ma peau, c'est ça, finalement,
01:29et aller détecter des anomalies potentielles.
01:31C'est ça l'idée, en fait.
01:32Absolument, c'est non pas de remplacer le médecin,
01:35mais de l'augmenter, de l'assister en automatisant un acte
01:39qui est un acte de documentation clinique
01:41et donc de capturer de l'information qu'on n'arrivait pas à capturer aujourd'hui,
01:44qui est cette fameuse cartographie avec le grossissement de la loupe.
01:46Et donc ensuite, UNIA prend le relais et identifie les changements.
01:50Pourquoi c'est intéressant ?
01:51En fait, aujourd'hui, 80% des mélanomes,
01:53qui est le cancer le plus létal, ce sont des nouvelles tâches.
01:56Ça apparaît à partir de la peau vierge où il n'y avait pas de grain de beauté existant.
01:59Donc, vous êtes capables d'identifier la nouveauté et le changement,
02:02c'est particulièrement pertinent.
02:03Oui, parce que le médecin humain, même s'il est très bien entraîné,
02:06le dermato, on y va une fois au mieux tous les ans,
02:09mais peut-être tous les deux ans, tous les trois ans, tous les cinq ans,
02:11évidemment qu'il ne va pas se souvenir de votre peau il y a trois ou cinq ans.
02:14Donc, l'intérêt, c'est que la machine, elle,
02:15elle va se souvenir à vie de moi.
02:17Et même s'il change de médecin, on peut transférer le dossier, finalement,
02:22pour qu'il y ait un suivi à vie de ce Google Maps de ma peau.
02:25Absolument, c'est standardisé.
02:26Donc, si vous allez dans deux cabinets où chacun est équipé d'un robot, par exemple,
02:30vous pouvez matcher les deux scans et comparer dans le temps.
02:34C'est un peu comme le dentiste qui a une radio des dents
02:36et puis qui va regarder d'un rendez-vous sur l'autre aussi
02:39pour se souvenir de où était la situation.
02:44Il y a quand même de la concurrence sur ce secteur.
02:46J'ai l'impression qu'on entend beaucoup parler d'innovation dans la dermatologie
02:49pour même avec parfois des applications, je crois, détecter soi-même,
02:53analyser ses grains de beauté, non ?
02:55La concurrence ou en fait l'essor qu'on voit de solutions
02:59démontre quand même d'un pain, d'un besoin avec les cliniques
03:02qui est aujourd'hui comment j'assiste le médecin dans le cadre de ce dépistage,
03:07comment j'optimise le temps médical.
03:09La différenciation qu'apporte Swan aujourd'hui, c'est deux choses.
03:12C'est cette cartographie avec ce niveau de définition qui est encore une fois unique au monde
03:16et deux, c'est l'automatisation.
03:18Donc le fait de rendre cet acte de documentation complètement libre de temps
03:24pour le médecin, c'est quelque chose d'innovant.
03:26Il faut voir qu'aujourd'hui, le statu quo reste un outil qui a été inventé il y a 30
03:29ans
03:29qui est le dermatoscope, qui est la loupe.
03:31Et donc, in fine, Swan, ce qu'on a inventé, c'est un dermatoscope augmenté.
03:35Mais là, du coup, l'entreprise existe depuis quelques années maintenant.
03:39Est-ce que vous avez réalisé des études cliniques ?
03:41Est-ce qu'on sait le taux de précision, par exemple, sur la détection d'un mélanome,
03:45les faux positifs, les faux négatifs par rapport à un médecin humain ?
03:48Comment vous vous comparez ?
03:49On ne dépiste pas encore le cancer de la peau.
03:51Ça, ça va être la prochaine évolution de l'IA.
03:53Aujourd'hui, ce qu'on fait, c'est qu'on cartographie la peau,
03:56ce qu'on ne savait pas faire jusqu'à présent.
03:58On détecte les changements.
03:59La solution, aujourd'hui, est en phase de pré-déploiement
04:01dans un centre hospitalier qui est les Hospices Civils de Lyon,
04:05avec un professeur qui est connu mondialement,
04:07qui est français dans le domaine du dépistage.
04:09Et on a vocation, dans les prochains mois, à publier une étude clinique.
04:12Et vous vous installez donc chez les dermatos.
04:14Est-ce qu'on peut imaginer aussi avoir ce genre de dispositif,
04:17j'allais dire, soit dans les pharmacies,
04:19pour que les gens fassent de l'auto-dépistage,
04:21ou alors dans des déserts médicaux,
04:22ou des endroits où vraiment on a du mal à avoir des rendez-vous,
04:24et on pourrait avoir une sorte de pré-diagnostic
04:26avant d'aller voir le médecin, en fait.
04:28Ça, ça pourrait être aussi un débouché, j'imagine ?
04:30Oui, bien sûr.
04:30Notre cible naturel, aujourd'hui, c'est les dermatologues,
04:33en cabinet médical et dans les hôpitaux.
04:35Mais vous vous rappelez, effectivement, juste titre,
04:37le problématique des déserts médicaux,
04:38qui n'est pas un problème que français.
04:40Beaucoup de Français, aujourd'hui,
04:41n'ont pas accès géographiquement à un médecin.
04:43Ils doivent parcourir des centaines de kilomètres.
04:44Et on pourrait parfaitement imaginer cette solution
04:47déployée dans un centre, par exemple.
04:48Pourquoi pas dans un centre de santé ?
04:50Vous venez, vous faites numériser,
04:51vous avez un expert, donc un dermatologue,
04:53qui peut vous revoir à distance,
04:55parce que le grossissement des images le permet.
04:57Le robot coûte 200 000 euros, c'est ça ?
04:59Donc, vous avez deux modèles.
05:00Vous avez un modèle à l'acquisition,
05:02effectivement, vous pouvez vous équiper.
05:03Vous avez un modèle à la location,
05:04qui est quand même le modèle le plus plébiscité
05:06par les cabinets de ville de Dermat.
05:07Et vous avez plusieurs dizaines de centres médicaux
05:09sur liste d'attente pour s'équiper de son robot Soane.
05:12Une question pour conclure,
05:13peut-être un peu plus d'actualité,
05:14mais on sait qu'il y a des soucis d'approvisionnement
05:16sur les matériaux, matières premières,
05:19notamment le plastique, parce que tout ça vient d'Asie.
05:21Il y a le détroit d'Hermousse qui est bloqué.
05:23Les tensions sur les matières premières
05:25qui font que les délais, voire les prix, flambent.
05:28Est-ce que vous êtes concerné ? Dans quelle mesure ?
05:30On est toujours concerné de manière directe et indirecte.
05:33Il faut voir aussi que dans ce qu'on fait,
05:34vous avez de la demande énorme en termes de compute
05:38qui sont portées par l'idée de rapier juste avant
05:40à toutes ces sociétés d'IA qui brassent des milliards
05:44et qui créent de l'assèchement en termes de matières premières.
05:47Donc, évidemment, il faut anticiper en termes de supply chain.
05:50Aujourd'hui, tout va bien pour nous,
05:52mais ce qui nous sauve, c'est qu'on n'est pas
05:53sur des volumétries de plusieurs millions d'unités.
05:55Donc, on s'en sort très bien.
05:57Merci beaucoup pour ce témoignage, Ali Kachelouf,
06:00co-fondateur, directeur général de SquareMind,
06:02notre French Tech ce matin.
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