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  • il y a 16 heures
Ce mardi 12 mai, les stratégies d'allocation d'actifs pour gérer sagement son portefeuille après la saison des résultats trimestriels ont été abordées par Charles de Boissezon, responsable mondial de la Stratégie Actions de Société Générale CIB, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Bonjour Charles, merci de nous accompagner ce matin. Vous êtes responsable mondial de la stratégie action de Société Générale CIB.
00:08Avec vous on va parler des records, encore et toujours à Wall Street, encore hier soir sur le S&P
00:13500 et sur le Nasdaq de cette saison de résultats qui s'achève en Europe mais aussi aux Etats-Unis.
00:18Et puis tiens de cet écart de performance entre le Nikkei et le Topix, deux indices stars de la bourse
00:24japonaise avec d'un côté c'est vrai le Nikkei qui enchaîne des plus hauts.
00:28Et puis le Topix qui n'est pas très loin de ses plus hauts mais qui depuis le conflit en
00:33Iran sous-performe très clairement son grand frère.
00:37Alors ce n'est pas parce que je suis le frère aîné que j'aime voir cette surperformance mais ce
00:43que vous évoquez là Etienne, effectivement en fait c'est finalement une américanisation des indices japonais.
00:49Ce que je veux dire par là c'est que le Topix qui est pondéré par les prix, enfin qui
00:52est pondéré par les capitations boursières, à la différence de son camarade le Nikkei qui lui est pondéré par les
00:56prix, ne bénéficie pas de cette bulle tech.
00:59On peut appeler bulle ou boum en tout cas de la tech puisqu'on a à peu près trois valeurs
01:04dans l'indice Nikkei qui font 50% globalement de la performance.
01:08Donc ce que l'on observe aux Etats-Unis, on l'observe aussi en Asie.
01:11Donc c'est moins une coloration japonaise qu'une réalité sur le secteur de la technologie.
01:15Sans parler bien sûr de la bourse de Séoul où là ça tient à deux valeurs avec SKINX et Samsung.
01:21Tout ça fait dire que les marchés asiatiques sont sur des plus hauts historiques, Wall Street également.
01:26Et puis au milieu de ces deux continents, il y a l'Europe qui est à la traîne parce que
01:29malheureusement on n'a pas assez de valeurs technologiques.
01:32Comment vous aujourd'hui en tant que responsable mondial de la stratégie action de Société Générale CIB,
01:36vous arrivez à naviguer dans ce marché qui d'un côté enchaîne les records historiques de part et d'autre
01:42du monde
01:44et puis entre deux l'Europe qui est à peine, on le voit encore ce matin, le CAC 40 est
01:47sous les 8000 points.
01:48Oui, alors en fait il y a une autre dimension dans cette équation aussi, c'est la crise en Iran
01:54et le fait que l'on fait le constat de notre fragilité énergétique en Europe.
01:59Et un certain nombre de pays émergents font le même.
02:02En fait on a d'un côté, d'un point de vue macroéconomique, une incertitude
02:06et une pression sur les prix pétroliers qui fait que lorsque vous dépendez du baril, vous êtes plus fragile.
02:13C'est le cas de l'Europe, c'est le cas d'un certain nombre de pays émergents.
02:16Et puis effectivement la continuation de ce rallye dans les valeurs liées à l'IA.
02:21Lorsqu'on relève les compteurs lors de cette saison de résultats, on a eu les principaux chiffres aux US,
02:27on est passé en termes de dépenses, de CAPEX liées à l'IA, à 755 milliards de dollars aux Etats
02:34-Unis,
02:35c'est-à-dire une hausse massive déjà par rapport à 2025 qui était un gros chiffre.
02:39Vous évoquiez d'ailleurs la Corée, ça commence presque à donner des idées.
02:43Ce matin le marché coréen prend un petit peu de retrait parce que certains se disent
02:46tiens il y aurait peut-être un dividende civique à faire payer sur les super profits de l'IA.
02:51Ça me rappelle un petit peu ce qu'on a vu sur les taxes sur les super profits des pétroliers
02:54quand il y a beaucoup d'argent sur la table.
02:56À un certain moment ça donne de la créativité fiscale,
02:59mais ce que ça montre aussi c'est que c'est là que se trouve la véritable croissance des profits
03:04pour l'instant.
03:05Et en Europe c'est vrai qu'on n'a pas assez d'acteurs majeurs qui puissent porter les indices.
03:10La bourse est toujours dans l'anticipation.
03:12Alors là sur ces valeurs liées aux semi-conducteurs, elle ne s'est pas trompée
03:15puisque c'est vrai que cette saison des résultats trimestriels a été fantastique pour Samsung
03:21qui va devenir l'une des entreprises les plus rentables du monde cette année
03:24pour SKINX également.
03:26Mais une fois qu'on a vu ces titres doubler ou presque là depuis le début de l'année,
03:30comment aujourd'hui on alloue son argent ?
03:32Comment on conseille ses clients, Charles de Boison,
03:35dans le sens où les arbres ne montent pas jusqu'au ciel
03:37et où on n'a pas comme ça des valeurs liées aux semi-conducteurs
03:40qui vont doubler tous les trois mois ?
03:42Non, effectivement, ça fait partie des discussions clés avec nos clients.
03:46C'est ce qu'il y a de la complaisance dans les marchés.
03:48Est-ce qu'on s'habitue à des prix qui montent sans arrêt ?
03:53Corneille, pas le dramaturge, le chanteur canadien,
03:56disait « dis-moi, dis-moi, le prix des étoiles filantes ».
03:59Et de fait, la question de la valorisation,
04:01elle n'est pas encore vraiment à l'heure actuelle.
04:04C'est plutôt presque un TINA.
04:05Il n'y a pas d'alternative pour utiliser l'acronyme américain.
04:10Les gens sont portés en se disant
04:11« s'il y a peu de croissance, je vais la prendre là où elle est ».
04:15Ce sont les actions liées à la technologie américaine.
04:17« Si j'ai des craintes sur le prix de l'énergie, je vais éviter d'être sensible à ça
04:21».
04:21Et on est tous invités à beaucoup de modestie
04:24quant à notre capacité à anticiper l'issue de la guerre.
04:27Bien fort qu'il dira.
04:28Ça fait déjà quatre ans et plus qu'en Ukraine,
04:31malheureusement, la guerre continue.
04:33Donc nous, nous avons d'abord une approche qui est de dire
04:35« nous n'allons pas parier sur une issue binaire ».
04:39Nous ne savons pas.
04:40On peut se dire que l'administration Trump,
04:43à l'horizon des élections de mi-mandat,
04:45a plutôt intérêt à ce qu'il y ait une forme de résolution.
04:48Mais on voit bien que d'un jour à l'autre, ça dépend.
04:51En revanche, se dire quelles sont les thématiques plus long terme.
04:53Donc éviter le bruit, se concentrer sur le signal.
04:56Par exemple, cette thématique que j'évoquais de dépendance énergétique,
05:00elle fait sourdre cette thématique de souveraineté en Europe.
05:03C'est un des axes clés.
05:04L'autre axe clé, c'est d'être plutôt sur la commande publique
05:07que la dépense privée.
05:09J'ai plus confiance dans les grands plans de relance.
05:12« One big beautiful bill act » aux États-Unis,
05:14les plans en Allemagne,
05:16plutôt que d'espérer que le consommateur véritablement se relève.
05:18Et d'ailleurs, dans la saison de résultats,
05:20on le voit, les secteurs le plus liés à la consommation en Europe
05:22ont été à la traîne.
05:25Donc, discernement moyen terme,
05:28j'ai envie de dire qu'on reste agnostique
05:30sur l'issue de la guerre court terme.
05:32La croissance, elle est visible sur ce secteur technologique.
05:35C'est vrai que ça attire les flux.
05:36Je comprends ce phénomène TINA.
05:38C'est vrai que ça faisait longtemps qu'on n'avait pas entendu TINA.
05:40C'était depuis les taux.
05:41C'était toujours son dernier concert, mais les zéros.
05:45Mais néanmoins, il n'y a pas que la tech.
05:47Comment aujourd'hui, on trouve des secteurs attirants ?
05:49Alors, c'est vrai qu'il y a le secteur énergétique,
05:51mais si demain, c'est la fin de la guerre au Moyen-Orient,
05:54et bien sûr, on le souhaite tous,
05:55le pétrole va baisser et donc les valeurs énergétiques également.
05:58Donc, c'est vrai que ça ne fonctionne plus.
06:01Quels sont les autres secteurs aujourd'hui qui vous attirent ?
06:04Effectivement, il y a des risques liés à la durée de cette crise pétrolière.
06:09Pour l'instant, on est en train de parler d'impact d'inflation,
06:13d'éventuelle stagflation, pas de récession encore.
06:17Nous, on a plutôt envie de se dire qu'on reste, je dirais,
06:21sur des valeurs qui parfois sont un peu oubliées,
06:23industrielles, qui font de l'électrification.
06:25Je l'avais évoqué sur votre plateau il y a quelques séances.
06:29On voit de grands plans d'investissement sur l'outil productif,
06:33même l'électrification, les câbles, etc.
06:35Alors, ça ne fait pas forcément rêver les gens de se dire
06:37« je change de compte électrique ».
06:38Enfin, c'est la réalité économique de ces centres de données,
06:42ces data centers dont on parle.
06:43Il faut bien un moment envoyer du pouvoir,
06:45enfin, du pouvoir, de l'énergie là-dedans.
06:48À l'inverse, je dirais que des secteurs comme l'automobile en Europe,
06:51ça reste compliqué.
06:52On peut dire « c'est pas cher, c'est pas cher ».
06:54Enfin, tout a un prix,
06:56mais parfois, pour de bonnes raisons,
06:59on ne paye ça pas grand-chose.
07:03La consommation discrétionnaire,
07:04on voit le luxe, c'est vrai,
07:05typiquement à Paris qui plombe,
07:07le CAC 40 qui explique une bonne partie du CAC 40.
07:10Est-ce que dans cette consommation discrétionnaire,
07:12vous voyez des éléments positifs
07:14où vous dites « le jour où la guerre va s'arrêter,
07:16ça va reprendre, typiquement,
07:18quand le moral des consommateurs reviendra, par exemple ? »
07:21Oui, alors, je vais être clair,
07:23non, pas pour l'instant.
07:24Voilà.
07:25D'abord, parce que ceux qui ont des économies,
07:27ce sont ceux qui ont beaucoup d'argent.
07:29On a toujours parlé des économies mises de côté
07:32qui éventuellement seraient redéployées.
07:34La réalité, c'est que le rapport à la consommation
07:36des gens qui ont beaucoup d'économies
07:37n'est pas le même que ceux qui ont peu d'économies.
07:40Donc, espérer qu'il y ait une relance dans le vêtement,
07:42dans parfois le tourisme, dans l'automobile,
07:45personnellement, ce n'est pas un péril
07:46que je suis prêt à faire.
07:48Par ailleurs, on le voit,
07:51on a réussi dans cette saison
07:52à battre des attentes de profit,
07:54de croissance qui étaient quand même relativement faibles.
07:56Alors, comme dirait Corneille,
07:57cette fois-ci, le dramaturge,
07:58pas le chanteur, à vaincre sans péril,
08:00on triomphe sans gloire.
08:02En Europe, c'était vraiment la phrase clé
08:04pendant cette saison.
08:05Faire mieux que 3%, n'importe qui peut le faire.
08:07Sauf qu'aux Etats-Unis,
08:08c'est les trois quarts des secteurs
08:09qui ont une croissance à deux chiffres,
08:10même à plus de 20% de leur profit.
08:13Et même cette attente très faible,
08:16on a réussi à ne pas y arriver
08:18dans ces secteurs de la consommation.
08:19Donc, non, moi,
08:20espérer un rebond comme ça de la conso,
08:22ça n'est pas le choix que je fais.
08:25Merci beaucoup de nous avoir partagé
08:27vos convictions ce matin.
08:28Charles de Boison,
08:28responsable mondial de la stratégie
08:30Action de Société Générale,
08:32CIB, pour dresser un petit peu
08:33les grandes performances
08:34des indices mondiaux et de ces secteurs,
08:36sachant que la période de résultats trimestriels
08:38se termine, se clôture,
08:40que ce soit en Europe,
08:41mais aussi aux Etats-Unis.
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