00:00En portefeuille, comme chaque jour, 9h22, avec ce matin, François Dossou, le directeur de la gestion et actions de Siena
00:07IM.
00:07Bonjour François.
00:08Bonjour Ekeen.
00:09Bon alors aujourd'hui, Total Energy fait une pause.
00:11On verra dans un instant quand même qu'on a un parcours spectaculaire depuis le début de l'année, plus
00:1540% depuis le 1er janvier.
00:17Comment vous regardez un petit peu ce qui se passe sur les marchés actions ?
00:21Je lisais ce matin, le VIX est devenu, aujourd'hui, le baril de Bren, c'est devenu un petit peu
00:27le VIX des marchés.
00:28C'est vrai que maintenant, tout dépend un petit peu des variations des matières premières.
00:31Oui, absolument. Vous savez qu'en fait, en quelque part, Total Energy performe bien parce que c'est un des
00:38seuls endroits en bourse où on peut aujourd'hui à peu près se réfugier.
00:42Et donc, ce qui se passe, c'est que Total Energy, en réalité, n'a pas changé.
00:45Ce qu'il faut avoir en tête, c'est que pour que, si vous voulez, le prix du baril ait
00:50un impact sur les résultats de Total,
00:51il faudrait en fait que ce prix de baril reste, il plafonne très très haut.
00:54Et aujourd'hui, les investisseurs n'achètent pas Total Energy parce qu'en fait, ils croient particulièrement en baril qui
01:00va aller à 150 dollars.
01:02Mais ils redécouvrent Total Energy parce qu'il faut savoir que nous sommes là en face d'une grosse contradiction
01:08qui est que nous sommes le continent, nous sommes en Europe, nous avons l'économie la plus décarbonée,
01:14nous avons les leaders comme Total qui sont les plus avancés dans la transition énergétique,
01:19mais pour des raisons de flux liées aux interdictions ESG, en fait, notamment aux labellisations qui sont de plus en
01:26plus strictes
01:27et qui interdisent l'investissement dans Total, on se retrouve à ne pas avoir de Total.
01:32Et donc, quand le baril du pétrole commence à s'enflammer, naturellement, tout le monde se dit
01:36« Ah, mais c'est peut-être une bonne idée d'avoir du Total ».
01:38Et certains, j'espère, n'en sont pas à s'asseoir sur leurs convictions extra-financières
01:42pour aller chercher, en fait, une sorte de protection sur les valeurs énergétiques.
01:46J'ai envie de dire ce qui devait arriver, arriva.
01:48En fait, nous avons une grosse pression sur l'extra-financier et aujourd'hui, en fait,
01:53le financier rattrape l'extra-financier et on se rend compte que finalement,
01:57la transition énergétique, on ne peut pas la faire contre des valeurs comme Total
02:01et que, quelque part, Total est un acteur économique
02:07et que si, aujourd'hui, la performance est aussi forte,
02:10c'est bien parce qu'il y a des investisseurs qui achètent du Total Energy
02:14parce qu'ils trouvent que Total Energy a un sens économique.
02:18Donc, si vous voulez, Total a plutôt, aujourd'hui, le vent en poupe,
02:23mais j'ai envie de dire, l'environnement de Total n'a pas changé,
02:26c'est juste que nous sommes rattrapés par une réalité,
02:28notamment des investisseurs qui ne voulaient pas entendre parler de Total Energy.
02:31C'est un proxy, forcément, du pétrole.
02:33On le voit encore aujourd'hui, le pétrole baisse un peu,
02:36le titre Total baisse, hier, le pétrole s'envolait,
02:38le titre Total était l'une des rares progressions.
02:40On est à 78 euros, aujourd'hui, sur ce titre Total Energy.
02:44Comment vous l'appréhendez ?
02:45Comment vous le gérez, vous, dans vos portefeuilles chez Siena ?
02:47Alors, dans nos portefeuilles, en fait, nous, nous sommes très clairs,
02:50c'est-à-dire qu'à la fin, Total Energy n'est pas un titre…
02:53Enfin, Total Energy, aujourd'hui, a une exposition de plus de 20% aux fossiles,
02:57donc il est exclu sur les portefeuilles extra-financiers.
03:00Donc, nous ne pouvons pas nous exposer au titre Total.
03:03Mais, en fait, sur les stratégies sur lesquelles vous n'êtes pas,
03:06sur les stratégies de labellisation,
03:07vous avez encore une possibilité d'investir sur des acteurs
03:12autres que Total Energy, notamment sur Enie, en fait,
03:14qui passent certains filtres.
03:15Donc, aujourd'hui, nous avons une exposition sur certaines pétrolières
03:18dans certains portefeuilles,
03:19mais sur les portefeuilles labellisés,
03:22force est de constater que l'exclusion totale de toutes les pétrolières,
03:25nous interdit de nous exposer au titre Total.
03:29Et c'est une très bonne question,
03:31parce qu'en fait, ça veut dire qu'aujourd'hui,
03:33quand vous avez un client qui est en fonds labellisé,
03:36notamment le label V3,
03:38avec son exigence sur l'exclusion totale des pétrolières,
03:41vous avez quand même…
03:41J'espère que le client a bien compris
03:44que sa conviction extra-financière, à court terme,
03:47peut rentrer en collusion avec une performance financière.
03:51Autrement dit, pour les fonds labellisés V3 aujourd'hui,
03:54sachant que le secteur de pétrole
03:56affiche la meilleure performance sectorielle
03:58depuis le début du mois,
03:59c'est difficile de suivre les indices de référence.
04:01Et donc, ce retard, aujourd'hui,
04:03doit être expliqué avec beaucoup de pédagogie
04:05aux investisseurs qui ont fait des choix
04:06de ne pas s'exposer, en fait, aux valeurs pétrolières.
04:09On a encore eu quelques publications d'entreprises
04:11cette semaine aux Etats-Unis.
04:12Typiquement, hier soir, FedEx, qui est très optimiste.
04:15Visiblement, la demande est toujours là
04:16depuis le début du mois, malgré la guerre au Moyen-Orient.
04:20En milieu de semaine, mercredi soir, c'était Micron.
04:22Là aussi, les résultats étaient au-delà des attentes.
04:24Et puis, il y a une publication qui était redoutée.
04:26C'est la publication de Accenture,
04:28dans le sens où, pour Wall Street, Accenture
04:30est un groupe perdant de l'intelligence artificielle.
04:33Oui, absolument.
04:34Et comme vous avez remarqué, en fait,
04:36après l'ouverture, le titre, il perdait 3%.
04:37Et finalement, il a fini par progresser.
04:40C'est exactement l'analogie qu'il faut faire
04:42avec un titre comme Camp Gemini,
04:43dont j'ai parlé, en fait, lors des précédents passages.
04:46C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le marché a une lecture
04:48relativement dichotomique sur les acteurs de l'IA
04:51en considérant, en fait, que tout le monde est capable
04:53de fabriquer sa propre IA,
04:56alors que pour les petites et moyennes entreprises,
04:57c'est moins évident.
04:58Donc, aujourd'hui, vous avez des titres.
05:01Alors, pour mettre juste les choses en perspective,
05:04Accenture s'est valorisé jusqu'à 20 fois l'EBIDA.
05:08En bourse, dans les années 2000.
05:09Sachant que ça a perdu 30% là, en l'espace d'un an.
05:11Oui, absolument.
05:12Et donc, aujourd'hui, nous sommes revenus à un EBIDA,
05:14à une valeur d'entreprise qui est 8 fois l'EBIDA.
05:17Donc, vous avez quand même une sanction
05:19qui est relativement forte
05:20et qui a suivi la baisse du titre.
05:23Et aujourd'hui, sans pour autant être plus contrarienne,
05:26c'est sûr que vous avez des opportunités dans le marché
05:28sur des secteurs sur lesquels,
05:30si vous voulez, pour des raisons de flux,
05:32pour des raisons de gestion systématique,
05:35et l'IA est aussi pour quelque chose.
05:38La capacité à détecter de manière trop rapide
05:40les perdants de l'IA
05:41offre aujourd'hui des potentiels
05:43sur des titres comme Accenture.
05:44Mais nous, nous avons une préférence sur Capgemini
05:46sur laquelle nous avons vu que,
05:48malgré le fait que le titre soit massacré en bourse,
05:52il affiche quand même un carnet de commandes
05:55qui est au plus haut sur les cinq dernières années,
05:58avec un potentiel de revalorisation des titres
06:03qui reste relativement important.
06:05Il y a toujours une prime entre Capgemini et Accenture,
06:08en fait, qui sont dans le même secteur.
06:10Cette prime s'est beaucoup compressée,
06:11mais nous, nous sommes aujourd'hui plus positionnés
06:13sur Capgemini.
06:13Dans quelques minutes, nous serons avec Jean-Michel Caram,
06:16le fondateur de Yeva,
06:17qui va rentrer à la Bourse de Paris
06:18dans quelques jours.
06:20Juste avant, qu'est-ce que vous faites
06:21dans les portefeuilles, François Dossot ?
06:23Après, une baisse de 10% depuis les plus hauts du CAC 40,
06:27et puis des indices européens qui sont délaissés
06:30par rapport à Wall Street depuis la guerre.
06:31Alors, nous, nous continuons.
06:33Nous étions déjà exposés sur certains titres
06:35comme Saint-Gobain, en fait,
06:36qui sont des titres qui ont beaucoup...
06:37Alors, Saint-Gobain, c'est assez extraordinaire
06:41ce qui se passe sur ce titre.
06:42C'est-à-dire qu'en 20 séances de bourse,
06:43le titre a progressé deux fois.
06:45Je voyais qu'il montait aujourd'hui en séance,
06:47mais le titre n'a cessé de baisser.
06:49Alors, quand vous regardez, à force de baisser,
06:51Saint-Gobain, en fait, est revenu à ses niveaux
06:54de valorisation d'il y a 5 ans.
06:57Or, il y a 5 ans, le titre, en fait,
06:59avait une marge de 8,5.
07:01Et aujourd'hui, cette marge, elle est au-delà de 11%.
07:03Donc, vous êtes en train de payer,
07:05de valoriser un titre qui a amélioré sa marge
07:08de 300 BB tel que vous le payez à l'époque.
07:11Effectivement, c'est une vision plutôt contrariane
07:13parce que vous avez les taux qui ne sont pas favorables.
07:15Vous avez le résidentiel en Europe
07:17qui est 20% en dessous du niveau de 2019.
07:21Vous avez aussi l'activité toiture,
07:24notamment aux États-Unis,
07:25qui a été très défavorable du fait
07:28de la faiblesse des zouagans.
07:30Donc, vous avez quand même, pour faire simple,
07:32sur Saint-Gobain, 2 tiers de l'activité
07:33qui est en creux de cycle,
07:35avec une valorisation qui est au tapis.
07:37Donc, un potentiel de rebond.
07:38Pour quelqu'un qui n'est pas pressé,
07:40je regardais tout à l'heure, en fait,
07:42le niveau de valorisation actuel de Saint-Gobain.
07:44C'est celui qu'on avait connu il y a 4 ans.
07:48En 3 ans, le titre a été multiplié par 3.
07:51Donc, à horizon de 3 ans,
07:54vous ne prenez pas aujourd'hui beaucoup de risques
07:55à vous investir sur un titre comme Saint-Gobain
07:58qui a retrouvé par-dessus tout
07:59un pricing power et une capacité
08:02à pouvoir mieux manager, en fait, les coûts.
08:05Plus 2% ce matin pour ce titre Saint-Gobain
08:08à la porte des 70 euros, 69 euros, 64.
08:11En effet, le titre est sur des plus bas de mars 2024.
08:14Donc, sur des plus bas de 2 ans.
08:15Et il a perdu plus de 30% depuis ses plus hauts
08:18de l'an dernier.
08:19Merci beaucoup, François Dessault,
08:20nous a accompagné ce matin,
08:21directeur de la gestion de Siena IM,
08:23la gestion Action.
08:24Merci beaucoup.
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