- il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Au 68ème jour de guerre, c'est le détroit d'Ormus qui continue de retenir l'attention,
00:05surtout depuis qu'un bateau a été touché.
00:07Il appartient à l'armateur français CMA-CGM, propriétaire de BFMTV.
00:12Il y a eu cet attir de missiles iraniens, un missile de croisière, des blessés dans l'équipage.
00:17Ils ont été évacués, ils ont été soignés.
00:19Le président de la République a fait savoir, c'est en aucun cas la France qui a été visée.
00:24Dans tous les cas, on prépositionne quand même le porte-amion français, le Charles de Gaulle.
00:28– Qui se dirige vers la mer Rouge, et on va en parler avec vous, vice-amiral Michel Ollagaret,
00:33vous êtes ancien directeur du Centre des hautes études militaires.
00:36Le Charles de Gaulle se dirige vers la mer Rouge, mais pour faire quoi ?
00:41– Eh bien c'est le bras armé, enfin c'est une espèce d'avancée,
00:47le bras armé de la grande réunion qui a eu lieu à l'initiative du président Macron
00:51et du Premier ministre Kerstmer à l'Elysée, qui a été suivie d'une réunion,
00:55ça c'était la réunion politique, 49 pays, qui a été suivie d'une réunion de planification,
01:00planification militaire qui a eu lieu à Londres,
01:02et juste après on l'a vu arriver le chef des amateurs des armées,
01:07le général Mandon, qui est allé dans le Golfe aussi.
01:10Donc il y avait cette volonté politique, cet outil militaire qui était en préparation,
01:16pour une fois que la paix serait établie,
01:20pour assurer la continuité, la fluidité du trafic commercial.
01:25– Et éviter que des navires soient visés par des missiles,
01:28comme ça a été le cas de ce bateau, le Saint-Lémy.
01:30– Et cela, il faut des moyens, et parce que les paroles ne suffisent pas,
01:33il y a beaucoup de paroles, il faut surtout analyser les événements,
01:38les faits et les moyens.
01:41Eh bien le Charles de Gaulle, c'est un outil politique,
01:43pas un outil maritime, c'est un outil pour la France,
01:46c'est un outil politique qui est complètement disponible
01:50et que le président de la République utilise,
01:52et pour une fois, met la France au milieu de ses partenaires,
01:58parce qu'il y aura des partenaires.
01:59– Mais ça veut dire, attendez, si la guerre se termine,
02:02si l'accord, puisqu'on dit que Donald Trump est sur le point
02:05de conclure un accord avec l'Iran, si l'accord est signé,
02:07le Charles de Gaulle pourrait se retrouver dans le détroit d'Hormuz…
02:10– Sûrement pas tout seul.
02:11– À surveiller avec d'autres.
02:12– Avec d'autres pays, de très nombreux pays.
02:15– Et comment concrètement on assure la sécurité d'un détroit
02:19avec un tel porte-avions ?
02:22C'est une surveillance ?
02:23– Alors pourquoi faire ?
02:24Tout d'abord, s'assurer qu'il n'y a pas de mine.
02:27Ça c'est quelque chose d'extrêmement important,
02:29les forces de chasse aux mines dans ce détroit-là doivent se déployer,
02:33doivent travailler en toute sécurité,
02:35parce que ce sont des bâtiments extraordinairement précieux,
02:37il leur faut beaucoup de temps en plus pour assurer
02:38la navigation de commerce, la confiance absolument nécessaire
02:42pour que des bâtiments puissent y aller,
02:43pour que les armateurs puissent risquer la vie de leurs équipages,
02:46enfin sans les risquer en tout cas.
02:47Donc ceci est extrêmement important.
02:49Et pour cela, il faut des couvertures, il faut de la protection.
02:53Actuellement, vous savez, on ne croit jamais personne,
02:56surtout quand il s'agit d'intérêts aussi importants
02:58que ceux de l'Iran et des États-Unis.
03:00Donc il faudra s'assurer, même s'il y renseigne,
03:03il faudra s'assurer qu'il ne pourrait pas attaquer des bâtiments
03:06qui pourraient éventuellement contribuer à cette fluidité du trafic nécessaire.
03:12– Justement, si le porte-avions Charles de Gaulle bouge,
03:14c'est parce qu'on a un navire commercial battant pavillon maltais,
03:19certes, mais appartenant aux Français, CMA, CGM,
03:21il a été touché.
03:22– Non, non, bien sûr, mais je ne dis pas pour donner la précision,
03:26mais pourquoi est-ce qu'on a tiré sur ce bateau ?
03:29– D'abord, s'il bouge, c'est parce qu'il y a une perspective d'accord.
03:32Et s'il y a accord, oui, le porte-avions pourra poursuivre son chemin
03:35ou sa route vers le Golfe Persique avec d'autres bâtiments.
03:39Son groupe aéronaval, ce n'est pas uniquement le porte-avions,
03:42il est escorté avec au moins une frégate, un navire ravitailleur.
03:47Alors, sous-marin, je ne sais pas,
03:48ça c'est une bonne question qu'il faudra poser à un amiral.
03:50– Il est là en général.
03:51– Il est là en général.
03:52– Il y en a en général.
03:53– La marine ne communique pas.
03:55– Quand vous passez Suez, vous voyez le sous-marin.
03:57Alors, il est d'autres chemins.
03:59– Voilà, et il y a des rafales à bord,
04:01et donc il peut effectivement…
04:02Est-ce qu'il sera en particulier accompagné de deux chasseurs de mines
04:06qui ont quitté leur base il y a quelques 15 jours environ,
04:09qui se sont arrêtés là-bas à Toulon,
04:12et qui visiblement avaient comme destination finale,
04:15en tout cas provisoire, le canal de Suez également.
04:18On verra, on va voir comment la marine communique sur ce point,
04:23mais c'est très important parce que c'est un signal politique,
04:25mais qui est assorti d'exigences.
04:28Je choisis le mot exigence parce que c'est le terme employé
04:31de façon, comment dire, non officielle par l'Élysée,
04:35qui dit s'il y a un accord et si, et je cite,
04:39les exigences que nous faisons sont remplies,
04:42en particulier si les Américains doivent savoir
04:48que la levée du blocus est nécessaire
04:50pour empocher la disponibilité de l'Iran à négocier sur le fond.
04:54C'est-à-dire, en fait, c'est un message aussi à Donald Trump,
04:56c'est-à-dire ne laissez pas passer la fenêtre d'opportunité
04:59qui permettrait d'avoir un accord avec l'Iran sur le nucléaire.
05:03Donc, on n'en est pas là.
05:04C'est pour ça que, et quant aux autres navires de la coalition,
05:08il faut rappeler qu'il y a eu des réunions à Paris, à Londres, etc.,
05:11et qu'il y a eu une planification qui est en cours
05:13pour permettre justement d'organiser cette opération.
05:16Alors, on n'y est pas encore.
05:17En revanche, ce qu'on sait, c'est donc ce navire qui a été attaqué.
05:20Est-ce que d'ailleurs, on a plus d'informations
05:22sur les circonstances de cette attaque ?
05:24Je me tourne vers vous, Jérémie Normand.
05:25On sait qu'il y a eu des blessés, qu'ils ont été évacués.
05:29Il s'agit du quatrième incident de navire dans le détroit d'Ormouz
05:32dans l'espace de 72 heures.
05:33Oui, on sait en tout cas que ce navire, il est touché
05:36dans le cadre de l'opération Project Freedom,
05:38Project Liberté de Donald Trump.
05:40On sait qu'il y a deux navires qui ont pu passer,
05:41pas n'importe lesquels, des navires qui battaient pavillons américains.
05:44Alors même que Donald Trump avait précisé
05:46que cette opération humanitaire, ce cadeau fait au monde,
05:49pour reprendre les propos de Pete Exegg,
05:51le secrétaire d'État à la guerre,
05:53était fait pour permettre aux pays qui n'ont rien à voir avec cette guerre
05:56de sortir leur bateau.
05:57C'était une opération qui permettait en fait à vider le détroit d'Ormouz
06:00et non pas à rétablir la liberté de circulation dans les deux sens,
06:04mais bien à vider le détroit.
06:05Donc il y a eu ces deux bateaux américains qui sont passés
06:07et puis ensuite, on ne sait pas trop qui a pu passer.
06:10Ce qu'on sait en tout cas, c'est que l'un des navires
06:12qui a passé ce détroit d'Ormouz, le bateau de CMACGM,
06:15il est passé et c'est seulement après qu'il soit passé
06:18qu'il a été frappé semble-t-il par...
06:20Il est passé tout seul ?
06:21Il est passé...
06:22Où est-ce qu'il était escorté par un navire américain ?
06:25Est-ce qu'on sait ou pas ?
06:25Ce qu'on sait en tout cas, c'est que les Américains ont prévu
06:27de guider les navires.
06:29Ça veut dire quoi guider ?
06:29Ça veut dire tracer un corridor, désigner un chemin,
06:32ça ne veut pas dire forcément accompagner, j'allais dire physiquement.
06:35Mais il a été visé après avoir franchi le détroit ?
06:37Exactement, peu après avoir franchi le détroit,
06:39à 18h30 heure locale,
06:41il s'engage dans le golfe d'Omane
06:43et là il est frappé par, selon le média américain CBS,
06:46un missile de croisière.
06:47Alors un missile de croisière, c'est quand même un missile
06:49dont dispose l'Asie-Iranienne,
06:51capable d'emporter une charge explosive
06:52de 200 à 300 kg.
06:54On imagine la violence du choc,
06:56ce qui explique aussi qu'il y a eu des blessés
06:58qui ont été évacués par hélicoptère.
07:00Donc ce bateau, il a été ciblé
07:02après qu'il ait passé le détroit d'Ormouz.
07:04Le détroit d'Ormouz, rappelons-le,
07:05ce n'est pas une affaire de quelques mètres,
07:07c'est un corridor quand même de plusieurs dizaines de kilomètres.
07:11Il était à la pointe, il n'avait pas franchi le détroit d'Ormouz.
07:14Il vient juste de s'engager lorsqu'il est frappé.
07:15Oui, il n'avait pas franchi Ormouz, à la moitié.
07:18Alors vous avez tout à fait raison sur la charge.
07:20C'est sûrement un missile de croisière.
07:23Il y a deux types de missiles de croisière.
07:25Il y en a qui transportent 130 kg de charges explosives
07:28et puis il y en a qui font 30 à 40 kg.
07:30Alors bon, on ne va pas pinailler,
07:32mais en tout cas, manifestement,
07:33ce bâtiment a été frappé dans la salle des machines,
07:36a percé la coque, a explosé dans la salle des machines.
07:39Il y a eu, d'après ce que j'en sais,
07:42huit blessés dont un grave.
07:44Et ça, je ne sais pas trop.
07:46On a quelques sources comme ça.
07:48Et ce bâtiment, ce qui m'a étonné,
07:51c'est que ce bâtiment appartenant à une grande compagnie
07:54que vous connaissez tous,
07:55propriétaire de l'FM,
07:57ait pris le risque de franchir dans cette situation
08:01qui était quand même pas totalement claire.
08:05– C'est-à-dire, avoir pris le risque sans informer personne ?
08:09– Le commandant du navire, c'est lui qui décide,
08:12c'est le seul maître à bord.
08:13– Non, non, non, il y a l'armateur derrière.
08:16Le commandant a une responsabilité,
08:18il peut éventuellement,
08:19alors ça je parle vraiment sous votre contrôle,
08:21parce qu'il a responsabilité de son équipage et de son bâtiment,
08:24le commandant peut éventuellement
08:27discuter des ordres éventuellement refusés.
08:29C'est comme un militaire qui ne doit pas obéir à un ordre illégal.
08:32S'il le fait, après il faut qu'il prouve que c'est illégal.
08:35– Emmanuel Chalard, vous qui représentez les officiers
08:37de la marine marchande, vous avez justement l'information
08:39pourquoi ce bateau a voulu passer ?
08:41– Je confirme que c'est compliqué.
08:43En fait, je reviens 15 jours en arrière
08:47où CMA-CGM, dans un convoi de porte-conteneurs,
08:50a une autorisation iranienne de passer par le nord,
08:53parce qu'il ne peut pas passer par le sud.
08:55– Le sud, c'est Oman, c'est les côtes d'Oman,
08:57– Là, le nord, c'est les côtes iraniennes.
08:59– Donc, en faisant les choses dans les règles de l'art,
09:03et où un super tanker, un 300 000 tonnes,
09:06vient se greffer dans cette opération.
09:08Tout le monde a vu les navires.
09:12Finalement, c'est très bien que Marine Trafic ne fonctionne plus,
09:14parce que ça permet quelque part à certains
09:17de s'échapper de cet enfer.
09:19Et tout le monde a vu, et tout le monde fait confiance
09:22à CMA-CGM pour avoir eu tous les feux verts pour passer
09:26de l'équipage, de son assureur,
09:30et puis des autorités françaises,
09:33qui suivent, pas des autorités françaises en tant que telles,
09:36mais en termes d'informations,
09:37le MICA Center, la Marine Nationale,
09:40et là, je reviens vers vous,
09:42qui donne un certain nombre de renseignements,
09:44en disant, voilà, votre accord est validé.
09:45Donc ça passe, et là, un certain nombre d'armateurs
09:49qui vont gagner potentiellement 100 millions de dollars
09:52avec un 300 000 tonnes en le passant,
09:54puisqu'ils ont acheté le pétrole à 60 dollars le baril,
09:58vont passer gratos et se disent,
10:00c'est la bonne opportunité.
10:01D'ailleurs, le premier bateau qui est attaqué,
10:03c'est un super tanker.
10:05C'est le bateau sous-armateur grec,
10:07pavillon indien,
10:09qui se fait attaquer en premier,
10:10et qui engage l'attaque des marins français
10:16à la mitrailleuse lourde,
10:20drone, plus lance-roquette.
10:22Mais ce navire-là...
10:24Ce navire-là est passé par le sud.
10:25Et il transportait quoi ?
10:26Je rejoins un peu...
10:28Il transportait du pétrole ?
10:29Non, pas du tout, en plus.
10:30Aucun intérêt.
10:32Des petits bateaux,
10:33des containers, 300 000 boîtes...
10:36Mais pavillon maltais.
10:37Mais pavillon maltais.
10:39Et pas directement affrêté par ces matériaux-là.
10:41Pourquoi vous dites,
10:43mais pavillon maltais ?
10:44Parce que ça permet au président de la République
10:46de dire que la France n'est pas attaquée aussi.
10:48Parce que ça permet...
10:49Ça n'est pas un pavillon français.
10:50Pour nous, ça permet surtout de dire
10:52que c'est un pavillon de complaisance.
10:53C'est intéressant.
10:54C'est un pavillon de libre immatriculation.
10:56J'ai navigué pendant 15 ans
10:58sur plein de bateaux,
11:00sur différents types de navires.
11:01Je n'ai jamais embarqué avec un marin
11:03avec un passeport maltais.
11:05Mais pour autant,
11:06c'est quasiment 10% de la flotte mondiale.
11:1077% de la flotte mondiale
11:11est sous pavillon de libre immatriculation.
11:14Mais justement, Guillaume Laganne,
11:15ça veut dire quoi ?
11:15L'Iran envoie un avertissement, là ?
11:17Un dernier avertissement avant de signer ?
11:20Ou en disant,
11:20attention, plus personne ne bouge ?
11:22C'est ça ?
11:22Le détroit d'Ormous,
11:24c'est encore à nous.
11:24Écoutez,
11:25on dit souvent que le Perse est poli,
11:27mais là, je dirais qu'il est mystérieux.
11:28Parce qu'on n'arrive pas très bien
11:31à comprendre les intentions
11:33des gardiens à la Révolution
11:34si tenté qu'ils en aient eu
11:35en visant ce bateau.
11:37Moi, ce que je relève quand même,
11:38c'est qu'il y a aujourd'hui
11:41des actions armées
11:41contre un certain nombre de navires.
11:43Donc, ça veut dire que,
11:43du point de vue iranien,
11:44le blocus continue d'être,
11:47comment dirais-je,
11:48mis en œuvre.
11:49Du côté américain,
11:50il y a toujours le blocus du blocus.
11:52Et je pense que la grande nouvelle du jour,
11:54c'est plutôt que les Américains,
11:5624 heures après l'avoir décidé,
11:58n'escortent plus ces navires
12:00qui pourraient être protégés
12:01par des moyens des États-Unis.
12:04Le projet Liberté a été suspendu.
12:05Le projet Liberté,
12:06il était quand même assez court.
12:09Alors, est-ce que ça veut dire
12:10que la voie diplomatique,
12:12qu'il y a une percée à attendre,
12:13on sait que des négociations
12:16se tiennent en coulisses
12:17par le biais,
12:19par la médiation du Pakistan.
12:21Est-ce que les Américains
12:22ont considéré que, finalement,
12:23le risque qu'ils prenaient eux-mêmes
12:25avec leurs bâtiments militaires
12:26étaient trop élevés,
12:27qu'un incident compromettrait
12:30en particulier leur image ?
12:32Parce que jusque-là,
12:34la marine américaine
12:35n'a jamais été atteinte
12:36par les tentatives iraniennes.
12:38Est-ce que les Américains
12:40se sont rangés aux demandes
12:42d'autres pays ?
12:44J'ai déjà cité le Pakistan,
12:45mais d'autres pays, peut-être,
12:47ont envoyé le même message.
12:49Et là, on parle de la France,
12:49parce que c'est vrai que
12:51le communiqué de l'Élysée
12:52est tout en équilibre,
12:53puisqu'il appelle à la fois
12:55à la suspension du blocus
12:56par l'Iran,
12:57mais en même temps
12:58à la suspension du blocus
12:59du blocus par les États-Unis.
13:00Et il prend bien soin
13:01de relever que la France
13:02n'est pas un pays belligérant,
13:04qu'elle n'est pas engagée
13:05dans cette affaire.
13:07Et on présente nos exigences
13:08pour une mission de sécurisation.
13:10Alors, on présente nos exigences.
13:12– Ça peut agacer Trump.
13:13– Voilà, je suis d'accord.
13:14– Exigences, exigences.
13:15– C'est pas un communiqué de l'Élysée.
13:17– Oui, oui, mais l'exigence
13:18c'est pas un communiqué officiel.
13:20– Non, ça c'est pas…
13:20– C'est un relais de…
13:21– C'est ce qu'on appelle le background.
13:25– Personne n'a démenti
13:26que le message est passé.
13:27– Non, le message est passé.
13:28– À cet égard, c'est intéressant,
13:29parce qu'on voit que les Européens
13:31sont, j'ai envie de dire,
13:32entre deux eaux.
13:33Il y a à la fois l'agacement
13:34vis-à-vis de l'administration américaine,
13:36le refus de s'engager
13:38autrement que de manière un peu symbolique
13:40dans cette affaire-là.
13:41Et puis, en même temps,
13:43moi je relève par exemple aujourd'hui
13:44les déclarations du chancelier allemand
13:45qui a rétropédalé
13:47par rapport aux critiques
13:48qu'il avait effectuées
13:49contre la guerre en Iran des États-Unis.
13:52Donc, on sent les Européens partagés.
13:54– On a tous intérêt
13:55à que le détroit d'Ormuz
13:56soit rouvert le plus rapidement possible.
13:57– Écoutez, oui et non.
13:58– Qui n'a pas intérêt ?
14:00– À mon avis, il y a deux logiques.
14:01Vous avez une logique économique.
14:02Vous avez une logique économique
14:04qui est, on retourne,
14:06au business as usual,
14:07c'est-à-dire ouverture du détroit,
14:09circulation du trafic
14:10et donc baisse du prix du pétrole.
14:12Donc ça, c'est le volet économique de l'affaire.
14:15Il y a beaucoup d'États,
14:16en particulier asiatiques, africains,
14:17qui ont intérêt à cela.
14:19Maintenant, je pense qu'il y a d'autres logiques.
14:21Il y a une logique, par exemple, politique.
14:22Et du point de vue d'un État
14:24comme les Émirats arabes unis,
14:25l'idée par exemple
14:26qu'on puisse revenir à la situation d'avant
14:29et laisser l'Iran finalement maître du détroit,
14:31parce que c'est ça qu'elle a montré,
14:33je ne suis pas sûr
14:34que ce soit nécessairement leur intention.
14:35Et de la même manière,
14:36d'ailleurs, ils l'ont fait savoir aujourd'hui
14:38par des déclarations un peu menaçantes,
14:39les Israéliens sont toujours aussi,
14:41je pense, dans l'idée
14:41de terminer le travail en Iran.
14:43Et puis du côté américain,
14:44là aussi, je pense qu'il y a une ambivalence.
14:46Vous avez une partie de l'administration
14:47qui doit se dire
14:48pour le prix à la pompe aux États-Unis,
14:50c'est important qu'on revienne vite
14:51à une circulation la plus libre possible.
14:53Puis vous avez une autre partie de l'administration
14:55qui dit, bon, puisqu'on s'est engagé
14:56dans cette guerre
14:57et que l'objectif, c'est quand même
14:58de modifier l'équilibre géostratégique,
15:00eh bien, maintenant,
15:01venons le blocus du blocus,
15:02venons à bout du régime iranien
15:04et faisons privilégier, finalement,
15:07la logique politique
15:08sur la logique économique.
15:10Et ça dure combien de temps ?
15:11Le blocus du blocus,
15:12ça va durer encore des mois, peut-être,
15:14avant.
15:14Je ne me fais pas l'avocat
15:16de cette voie-là.
15:17Mais rappelez-vous,
15:18il y a quatre ans de ça,
15:19on disait,
15:20mais enfin, M. Poutine,
15:21c'est absurde sur un plan économique
15:22que ça vous faites.
15:23Vous allez couper vos relations
15:24avec l'Europe
15:25qui vous achète le pétrole.
15:26Ça fait quatre ans
15:26que ça dure en Ukraine.
15:28Donc, parfois,
15:29les conflits, vous le savez,
15:30ont une logique
15:31qui ne répond pas
15:32à la logique économique
15:32et peuvent durer très longtemps.
15:34– Attends, permettez
15:34qu'on aille à Doha au Qatar.
15:35– C'est lié à ce qu'on raconte.
15:37– Laura Cambo,
15:37justement, pour BFM TV,
15:38parce que, Laura,
15:40les Iraniens, eux,
15:41travaillent sur ce fameux projet
15:43de péage du détroit d'Hormuz
15:45pour récupérer de l'argent.
15:49– Effectivement,
15:50ça fait des semaines
15:51que Téhéran affirme sa souveraineté
15:53sur le détroit d'Hormuz.
15:54Et hier, sur la télévision d'État,
15:57Téhéran a affirmé
15:58qu'il y avait un projet
16:00de mise en place de péage
16:01dans ce détroit d'Hormuz.
16:03On sait qu'il y a
16:03un organisme spécifique
16:05qui a été créé.
16:06Ça s'appelle l'autorité
16:07du détroit du Golfe Persique.
16:09Alors maintenant,
16:09les navires vont devoir envoyer
16:11un e-mail à cette autorité
16:13pour recevoir des instructions.
16:15Parmi les instructions,
16:16on sait qu'il y en a plusieurs.
16:17Il faudra payer le péage
16:19avec la monnaie iranienne.
16:20C'est un prérequis.
16:21On sait également
16:22qu'il y aura interdiction
16:23pour tous les navires
16:24qui appartiennent
16:25à des pays considérés
16:26comme ennemis par l'Iran.
16:28Interdiction de passer
16:29par ce péage.
16:30En tout cas,
16:31il y a donc une liste ainsi
16:32qui a été établie
16:33par cette autorité.
16:34Et on sait que si
16:35les navires ne remplissent
16:36pas les conditions,
16:38et bien à ce moment-là,
16:38cette autorité se réserve
16:40le droit de mettre
16:41une amende au navire
16:42et même de le saisir.
16:44Voilà donc ce projet de péage
16:46qui se précise peu à peu.
16:48Il a été dévoilé
16:49après que Donald Trump
16:51a annoncé l'interruption
16:52de ce projet Liberty.
16:54En tout cas,
16:55pas sûr que les Etats-Unis
16:56apprécient.
16:56Eux qui défendent
16:57depuis des mois
16:58la liberté de circulation
16:59et de navigation
17:00dans le détroit d'Hormuz.
17:01On a Laura Combo
17:02à Doha au Qatar
17:03avec Mathieu Le Peigny.
17:04Justement,
17:05écoutez les autorités
17:06iraniennes,
17:07parce qu'aujourd'hui,
17:09elles sont là,
17:10elles bombent un peu le torse
17:11en disant que Donald Trump
17:14qui a abandonné
17:15son projet Liberté,
17:16ça prouve qu'il a perdu
17:17face à nous.
17:20La situation
17:21de nos forces armées
17:23est excellente.
17:24Elles sont pleines
17:25de force et de puissance.
17:27Chaque fois que nos ennemis
17:28perdent,
17:29ils infligent
17:30une nouvelle défaite,
17:31mais à leur propre peuple.
17:33Leur dernière défaite
17:34est ce projet
17:35de liberté
17:36du détroit d'Hormuz
17:37qui, grâce au sang
17:39des martyrs,
17:40nous a valu la grâce
17:41et les bénédictions divines.
17:45Grâce à Dieu,
17:46nous les avons vaincus.
17:48Ce projet
17:49pour lequel
17:49ils avaient lancé
17:50de nombreux slogans
17:52et qui étaient censés
17:53accomplir
17:54de nombreuses bonnes actions,
17:56nous les avons vaincus.
18:00Justement,
18:01on va aller aux Etats-Unis
18:02retrouver
18:02le renseignement direct
18:04pour BFM TV
18:04parce que nous avons gagné,
18:06c'est ce que disent
18:06les Iraniens.
18:07Dans quel état
18:08d'esprit
18:09est justement
18:09Donald Trump
18:10après l'abandon
18:10de son projet
18:11Liberté.
18:15Avec Valentin Rimm,
18:16on attend de voir
18:16le président
18:17des Etats-Unis
18:18qui, dans quelques instants,
18:19sera à la Maison-Blanche
18:21pour recevoir
18:21des mamans de militaires
18:22avec son épouse
18:23Mélania
18:24et c'est le seul moment
18:25de la journée
18:25où Donald Trump
18:26s'exprimera.
18:27En tout cas,
18:27son état d'esprit,
18:28ça se résume
18:29lorsque vous parlez
18:30à ses conseillers
18:31par une seule phrase,
18:32faire au plus vite
18:33le deal de paix.
18:35Ils ont ce matin
18:36téléphoné
18:37à plusieurs journalistes
18:38en demandant évidemment
18:39de rester anonyme
18:40pour dire voilà,
18:41le plan de paix
18:41tient maintenant
18:42sur une page,
18:43on est tous d'accord,
18:44il faut simplement
18:45que les Iraniens signent
18:47et dans ce plan de paix,
18:48on voit que le détroit
18:49d'Hormuz
18:50devrait rester
18:52sous contrôle international
18:53et c'est la petite musique
18:55qu'on entend depuis hier,
18:56c'est-à-dire les Américains
18:57pour le moment
18:57sécurisent le détroit,
18:59à un moment donné,
19:00les Américains,
19:01selon Donald Trump
19:02et ses proches,
19:03vont partir,
19:03ce sera aux Européens
19:04et à d'autres pays
19:05de s'occuper du détroit
19:07d'Hormuz,
19:07pas des Iraniens.
19:08Ce qu'on note aussi,
19:09c'est que dans cette proposition
19:10de paix,
19:12le nucléaire figure
19:13avec des points importants
19:15mais aussi le fait
19:16que le régime iranien
19:17ne changerait pas.
19:19Voilà les toutes dernières
19:20précisions qu'on a ici
19:21depuis Washington.
19:22Laurence Aïm
19:23dans la capitale américaine
19:24pour BFM TV.
19:25C'est intéressant,
19:26Guillaume,
19:27ça tiendrait en une page
19:28ce projet d'accord ?
19:30Quelques lignes ?
19:31C'est sérieux ?
19:32Oui, c'est ce qu'il faut en fait ?
19:32Il faut que ce soit clair,
19:34précis et concis ?
19:35Vous savez,
19:35dans l'histoire
19:36des relations diplomatiques,
19:37il y a des traités
19:37de toute taille.
19:39Vous en avez qui sont
19:39très courts,
19:40qui sont très clairs
19:40et vous en avez qui sont
19:41très longs
19:42et finalement
19:42dont on ne sait pas
19:43très bien la teneur.
19:45Moi, ce que j'observe,
19:45c'est que si les informations
19:47qu'on vient d'avoir
19:48sont exactes,
19:50ça voudrait dire
19:50que le traité
19:53comporterait
19:53un volet nucléaire.
19:54Donc ça,
19:54c'était le sujet
19:55le plus important
19:56pour les Américains
19:57et derrière,
19:58les Israéliens
19:58et aussi les Européens.
20:00Et en revanche,
20:01cette idée
20:02que le régime
20:02resterait en place,
20:03c'est intéressant
20:05que d'une manière
20:06ou d'une autre,
20:07le scénario vous rappelait
20:08vénézuélien
20:08qu'on envisageait
20:09au tout départ,
20:10c'est-à-dire une sorte
20:10d'accord avec un régime
20:12iranien qui aurait
20:13accepté une forme
20:14de compromis,
20:15cette idée reviendrait.
20:17Ça peut être
20:18pour le pouvoir iranien
20:19aujourd'hui,
20:20en tout cas pour certaines
20:20composantes du pouvoir iranien,
20:24un deal,
20:25à mon avis,
20:26acceptable.
20:26Je crois que l'idée
20:28selon laquelle
20:28le pouvoir iranien
20:29est divisé
20:30me paraît quand même
20:31assez vraie.
20:32Il est évident
20:33qu'au sein du pouvoir iranien,
20:34ça a toujours été
20:35le cas dans le passé,
20:35mais plus encore aujourd'hui,
20:37il y a quand même
20:37une opposition entre
20:38avec des guillemets
20:39les modérés,
20:40ceux qui voudraient
20:40un compromis avec l'Occident
20:41et les radicaux.
20:43Et je n'exclus pas d'ailleurs
20:44qu'y compris sur un plan militaire,
20:45vous ayez des initiatives
20:46dans le détroit d'Ormouz
20:47qui soient prises
20:48par des éléments du régime,
20:49mais pas nécessairement
20:50en coordination
20:51avec d'autres parties
20:52qui voudraient aller
20:54vers la négociation.
20:55Alors si ce projet
20:56est signé,
20:57si cet accord
20:58est en bonne voie,
20:59le Charles de Gaulle
20:59va donc entrer en action,
21:01si je vous comprends bien,
21:04pour sécuriser
21:04l'étroit d'Ormouz,
21:05pas tout seul,
21:06c'est pour ça
21:06qu'il se dirige
21:07en ce moment
21:07vers la mer Rouge.
21:09Pour que nous en sommes loin.
21:10On est encore loin de tout ça ?
21:11Bien sûr.
21:12D'abord,
21:13il faut,
21:14comme l'a souligné...
21:14Quand vous dites loin,
21:15ça veut dire
21:15que c'est en semaine,
21:17en mois ?
21:18Je ne sais strictement rien.
21:19Parce que si l'accord
21:20est signé
21:21avant le voyage
21:22de M. Trump en Chine,
21:23ça peut aller vite ?
21:24Non, non, pas accord signé.
21:25Une page,
21:25ça suffira de dire
21:27que c'est un protocole
21:28d'annonce
21:29de mémorandum
21:30qui est annoncé.
21:32Ça permettra à Trump
21:33de dire
21:33« Voyez, j'ai signé,
21:34c'est fini,
21:35donc il aura rencontré
21:36une victoire,
21:37remporté une victoire. »
21:38il faudra sur le terrain
21:39voir ce qui va se passer.
21:41Est-ce que les bâtiments
21:42vont commencer à passer ?
21:43Après s'être fait tirer
21:44dessus comme ça,
21:45je pense que
21:46certains amateurs,
21:47sauf les amateurs
21:48un peu grippe
21:48qui eux sont en train
21:49de crever,
21:51maintenant,
21:51il y aura
21:52une certaine retenue,
21:53si vous voulez.
21:54Alors,
21:55avant que...
21:56Le porte-avions,
21:56c'est un geste politique.
21:58Après,
21:58si on voit arriver
21:59beaucoup d'autres bâtiments
22:01du Japon,
22:02du Canada,
22:03etc.
22:04La France ne doit pas être seule,
22:05on l'a bien compris.
22:05Elle ne sera sûrement pas seule.
22:07Elle n'ira pas seule.
22:08Elle n'ira sûrement pas seule.
22:10C'est un précurseur,
22:11le porte-avions.
22:11C'est le geste,
22:12boum,
22:12le coup de poing
22:13qui dit
22:14« Voilà,
22:14nous sommes là,
22:15nous faisons. »
22:16Et c'est bon,
22:16mais c'est le reste du monde.
22:18Ce n'est pas la France,
22:19ce n'est pas l'Europe,
22:19ce n'est pas l'OTAN.
22:20C'est le reste du monde,
22:21c'est le commerce international.
22:23Et donc,
22:24si vous voulez,
22:28ça donnerait une puissance
22:30extrêmement importante
22:31pour peser sur l'Iran.
22:33Sauf que les Iraniens
22:34veulent rester maîtres du jeu,
22:36ils planchent sur un projet de théâche.
22:37C'est de la communication.
22:38Mais regardez,
22:40vous avez entendu
22:41ces déclarations-là,
22:42vous avez entendu
22:43celle de Trump.
22:44Bon,
22:45oublions un peu ça,
22:45c'est l'écume des jours,
22:47c'est de la communication.
22:47Ça veut dire quelque chose.
22:48Mais ça veut dire
22:49qu'en sous-main,
22:51on affûte
22:52des arguments différents,
22:53on dit
22:54« Ah oui,
22:54ils sont puissants,
22:54ah oui,
22:55ils vont peut-être frapper,
22:57mais ils ont quand même
22:58des missiles mère-mère,
22:59etc. »
23:00Donc,
23:00ça,
23:01c'est l'écume des jours.
23:02Quand sortira-t-il ?
23:03Nous n'en savons rien.
23:04En tout cas,
23:04certainement,
23:05nous ne savons certainement pas
23:06l'agenda.
23:07D'accord.
23:07Il faudra un papier pour craindre
23:09et puis c'est tout.
23:09Qui sera le coordinateur
23:10de cette opération
23:12de sécurisation ?
23:14Écoutez,
23:14pour l'instant,
23:15la planification s'effectue
23:16à Londres,
23:17donc il y aura
23:18une autorité quelque part.
23:19De la même façon
23:19que la mission
23:20ASPIDES
23:20de sécurisation du commerce
23:22sous l'égide européenne
23:23se fait,
23:25l'État-major
23:25est en Grèce.
23:26Ça pourra être
23:27dans n'importe quel pays
23:28et je pense même
23:29que ce serait bon
23:29que ce ne soit pas à Paris.
23:31Mais pour essayer
23:31combien de temps ?
23:32Parce que le Charles de Gaulle...
23:33Alors là,
23:33très longtemps.
23:34Très longtemps ?
23:35Mais oui,
23:35parce qu'on parlerait
23:37de la confiance
23:37que vous aurez,
23:38vous,
23:39à naviguer
23:40dans ces eaux-là.
23:41Il faudra vraiment
23:41une confiance,
23:42mais totale,
23:43parce que vous faites passer
23:44des métaniers,
23:45vous faites passer
23:45des portes-conteneurs,
23:47vous faites passer
23:47des pétroliers
23:48de 300 000 tonnes
23:49et autres.
23:50Donc,
23:50pour que la marine marchande
23:51soit rassurée,
23:52il faut que la marine militaire
23:53reste le plus longtemps possible.
23:55que les moyens
23:57politico-militaires
23:58soient efficaces.
23:59Avec possibilité
24:00d'engager le feu ?
24:00Alors voilà.
24:02Le problème,
24:03c'est quelle sera la mission
24:04dont se dotera
24:05cette force-là ?
24:06Si elle est comme l'ONU,
24:07c'est-à-dire,
24:08on est là
24:08et puis c'est tout ce qu'on fait,
24:09ça ne sert à rien.
24:11Vous avez vu
24:12la puissance de l'ONU actuellement.
24:13Donc,
24:14il faudra
24:14des effets collatéraux.
24:16Oui,
24:16et c'est là
24:16qu'il y aura le vrai problème.
24:17Donc, selon vous,
24:18il faudra aussi
24:19qu'il y ait
24:19la possibilité de répliquer.
24:21Une capacité de coercition,
24:23dirons-nous.
24:23Juste peut-être
24:24pour intervenir là-dessus,
24:25vous savez qu'est en discussion
24:27à l'ONU
24:28une nouvelle résolution
24:29au Conseil de sécurité
24:30qui a été déposée
24:31par le Bahreïn,
24:32donc un des petits états
24:33de la région
24:33qui a été très attaqué
24:34par l'Iran.
24:35Et cette résolution
24:36envisage justement
24:37de créer une force navale
24:38placée sous chapitre 7,
24:40donc dans le jargon
24:41onusien,
24:41ça veut dire
24:42capable d'utiliser la force.
24:44Et si cette résolution
24:45a été votée,
24:46alors effectivement,
24:47eh bien,
24:48tous les pays du monde
24:48se donneraient la main
24:49pour envoyer
24:51des moyens navals.
24:51et ça pourrait donner
24:53une coalition effectivement
24:54qui là aurait la capacité
24:56je pense de tenir
24:57l'Iran en garde.
24:58Le problème,
24:59c'est que cette résolution
25:00est loin d'être adoptée.
25:01Elle a déjà été critiquée
25:02par la Russie,
25:03par la Chine,
25:04donc on peut douter
25:05qu'en fait ces deux états...
25:06par la France qui avait menacé
25:07d'y opposer son veto.
25:09La France,
25:09à ce stade,
25:10je crois,
25:11réserve ça,
25:11enfin c'est en discussion,
25:12mais la France n'a pas de raison
25:14de s'opposer à la résolution,
25:15simplement je pense
25:16que la position de la France
25:16est de dire,
25:17sous chapitre 7,
25:18ça ne passera pas,
25:19ça ne passera pas
25:19les fourches codines,
25:20si vous voulez,
25:21de la Russie et de la Chine.
25:22Emmanuel Chalard,
25:23qu'est-ce qu'il vous faut,
25:24vous le représentant
25:25des opposés,
25:26de la marine marchande
25:26pour vous rassurer ?
25:27Le Charles de Gaulle,
25:28ça vous rassure ?
25:29Non, il n'y a que des inquiétudes
25:30en fait,
25:31parce que les effets collatéraux
25:32dont on parle moins
25:33et qui sont recensés
25:34tous les jours,
25:35c'est les attaques de piraterie
25:36sur le Yémen,
25:39sur la Somalie,
25:40sur Bab el-Mandeb
25:41qui devient réellement critique.
25:44Ça veut dire que
25:45si on n'a plus
25:46le détroit d'Hormuz,
25:47on n'a plus Bab el-Mandeb,
25:49on a le détroit de Malacca
25:52qui,
25:53parce qu'il y a
25:54nos amis chinois
25:56qui décident
25:57pour des intérêts
25:59contradictoires
26:00avec les Etats-Unis
26:01aussi décident
26:02de réguler le trafic,
26:04en fait,
26:04c'est la porte ouverte
26:05du grand n'importe quoi.
26:06Donc, il n'y a plus
26:07de liberté de circulation ?
26:08Non, il n'y a plus
26:08de liberté de circulation.
26:10Chacun mettra un péage
26:11des critères ?
26:12Voilà, donc les Iraniens,
26:13quelque part,
26:14ils sont en temps de guerre.
26:14Donc, on n'est plus...
26:16C'est ça le risque pour vous ?
26:17On n'est plus sous la convention
26:19du droit de la mer.
26:20Mais le risque,
26:21c'est que ça s'installe,
26:22c'est qu'un nouveau droit s'installe ?
26:23Oui, c'est que ça s'installe
26:24et que tous les détroits
26:25soient quelque part contaminés.
26:28Et là, ce serait dramatique
26:29pour tout le monde,
26:31pour le moindre
26:32de nos ressortissants
26:33et de tous les autres pays.
26:34C'est pour ça que...
26:35OK, le Bahrain,
26:36mais le Bahrain,
26:37derrière, c'est les US.
26:38Donc, c'est quoi la résolution ?
26:40Si c'est la résolution,
26:41c'est pour dire
26:42à mort les Iraniens,
26:43ça ne va pas fonctionner.
26:44Donc, à un moment donné,
26:45il faut trouver un compromis,
26:47il faut retrouver
26:48de la diplomatie.
26:50Nous, on n'est pas diplomate.
26:51Nous, on demande à travailler.
26:52On demande que Malakha
26:53soit libéré.
26:54On demande de passer
26:55Babel Mandet tranquillement.
26:56On demande de passer
26:57le canal de Suez.
26:58On demande de passer
26:59Hormuz.
27:00Hormuz, tranquillement,
27:01de faire notre travail,
27:02de charger du pétrole
27:03et de le vendre.
27:04Combien on l'achète,
27:04combien on le vend,
27:05ce n'est pas notre problème.
27:06Mais à un moment donné...
27:08Vous voulez naviguer simplement ?
27:09On fait notre travail,
27:10sinon ça n'a pas de sens.
27:11Sinon, on ferait gardien de phare.
27:13Merci.
27:13Mais en tout cas,
27:14l'image qui restera aujourd'hui,
27:15c'est celle qu'on attend.
27:17C'est le passage
27:18du Charles de Gaulle
27:20dans le canal de Suez,
27:21puis en mer rouge.
27:22Petit à petit,
27:23il avance vers le point
27:25le plus sensible
27:27dans l'œil du cyclone.
27:28C'est un geste
27:29et un signal politique
27:29très important.
27:30Merci à tous.
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