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  • il y a 6 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Vous venez de suivre la déclaration officielle, Marie Chantret, de candidature de l'ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau,
00:05à l'élection présidentielle.
00:07Le respect de l'État, l'ordre, le travail plutôt que l'assistanat, et redonner la parole aux Français, je
00:13synthétise les 8 minutes de pré-programme déjà de Bruno Retailleau.
00:17Les thématiques de pré-élection de l'ancien ministre de l'Intérieur et une accélération de calendrier pour Bruno Retailleau,
00:23où franchement, on s'interroge sur le timing de cette annonce de candidature à un mois des élections municipales,
00:30où beaucoup de candidats républicains sont sur le terrain, en pleine campagne, volonté d'appuyer sur l'accélérateur pour son
00:38calendrier personnel.
00:39Mais quand même, dans cette déclaration de candidature, une grande absente, c'est qui sera véritablement le candidat de la
00:47droite ?
00:47Parce que, pardonnez-moi, Bruno Retailleau s'ajoute à de nombreux d'ores et déjà déclarés.
00:53– Mais c'est le boss des Républicains, c'est le patron des Républicains, c'est le parti des partis.
00:56– Oui, mais pardonnez-moi, il n'est question aucunement dans cette déclaration, et c'est vrai que ça interroge,
01:02de « je serai candidat, mais il y en aura d'autres, comment allons-nous nous déterminer ? »
01:07– Il ne parle pas de primaire, ça c'est sûr.
01:09– Il ne parle aucunement de primaire.
01:10– Donc ça veut dire qu'il n'est pas candidat à une primaire, il est candidat directement à l
01:13'élection présidentielle.
01:13– Absolument, alors qu'au même moment, et on va en parler avec Alexis Cuvillier,
01:17un certain David Nysnard, maire de Cannes, candidat aussi déclaré dans sa famille à droite,
01:22appelle, il y a seulement quelques minutes, à l'organisation d'une primaire.
01:26Dans la bouche de Bruno Retailleau ce soir, il n'en est rien,
01:29mais en effet, des thématiques et des piliers que Bruno Retailleau a plusieurs fois,
01:33évidemment, rappelé en tant qu'ancien ministre de l'Intérieur.
01:36– On comprend Alexis, effectivement ce soir, c'est que Bruno Retailleau veut enjamber une primaire à droite,
01:42qui pour l'instant d'ailleurs n'est pas organisée,
01:44certains appellent la primaire de Cébeu, comme David Nysnard,
01:49mais enfin visiblement, Xavier Bertrand ne veut pas de primaire.
01:51– Non, c'est vrai, ils ne sont pas tous d'accord sur le sujet.
01:53– Ils ne sont pas tous d'accord, c'est un peu comme à gauche.
01:54Ils se déclarent, pourquoi ils se déclarent aujourd'hui en fait ?
01:57– Il y a un grand paradoxe dans cette situation,
01:59parce que Bruno Retailleau est le patron des Républicains,
02:01un parti qui est en train de réfléchir au mode de désignation de son candidat.
02:06Il y a un certain nombre d'auditions qui sont organisées par le parti
02:10pour justement comprendre comment à la fin, on n'arrive qu'à un seul candidat de droite.
02:14En novembre dernier, Bruno Retailleau nous avait confié,
02:17il faut qu'on permette aux militants, je cite,
02:19de savoir dans quel cadre cette désignation se passera.
02:22Moi, à ce moment-là, je dirai le cadre que je souhaite
02:25et comment moi je m'inscris là-dedans.
02:27Donc là, il y a des éléments de réponse aujourd'hui.
02:29En effet, il a tenu son calendrier.
02:31On comprend que lui-même, il n'y avait pas franchement de suspense,
02:34il veut en être, il veut être candidat.
02:36Mais Marie l'a dit, pas d'indication sur la façon dont les choses vont se décanter
02:40dans les prochaines semaines, comme si un peu, d'une certaine façon,
02:43il voulait se positionner au-dessus, se projeter déjà,
02:46comme si c'était bien lui à la fin qui représentait la droite en 2027.
02:49Sur le fond, on retrouve le Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur,
02:53il veut incarner l'ordre, l'autorité, le régalien.
02:57Il annonce des référendums sur l'immigration, la justice.
03:01On voit quelles sont ses priorités.
03:02Oui, ses piliers, j'ai envie de dire avec un peu d'ironie, ses marottes aussi.
03:07Une phrase, vous vous souvenez sans doute, quand il venait d'arriver à Beauvau,
03:11au ministère de l'Intérieur, il était interrogé sur l'immigration.
03:15Il redit ce soir que l'immigration n'est pas une chance pour la France.
03:19À quel point cette déclaration à l'époque avait suscité l'indignation évidente à gauche,
03:26mais avait aussi suscité l'interrogation, même dans son propre camp,
03:30de la manière de présenter les choses.
03:32Ce soir, il réaffirme en effet une ligne.
03:34Lui qui, il y a déjà cinq ans, je parle sous le contrôle et vous aviez suivi cette campagne, Alexis,
03:39s'était interrogé de participer ou non à la primaire de la droite
03:43qui avait vu Valérie Pécresse être la candidate des Républicains.
03:46Il l'avait dit à l'époque, je ne vais pas me lancer dans cette folie,
03:49je ne suis pas aujourd'hui le mieux placé pour battre Emmanuel Macron.
03:52On était alors en 2021.
03:54Là, il se sent finalement, il a gagné en notoriété Bruno Retailleau,
03:58en seulement quelques mois.
03:59Une notoriété qu'il a un peu perdu depuis qu'il a quitté le gouvernement aussi.
04:03En tout cas, certains ont, au mois d'octobre dernier,
04:07via ce tweet, on ne va pas revenir et refaire l'histoire,
04:10mais un tweet publié un dimanche soir après la nomination d'un gouvernement
04:14expliquant qu'il n'était pas en accord avec ses collègues.
04:17On pense évidemment à Bruno Le Maire.
04:18Pour lui, c'était impossible de siéger à la même table que Bruno Le Maire.
04:23Il quitte le gouvernement.
04:24Et c'est vrai que ça a interrogé sa famille politique
04:26de la méthode et de la manière dont il sort du gouvernement d'Emmanuel Macron,
04:30dirigé par Sébastien Lecornu.
04:31Mais quand il dit, par exemple,
04:35qu'il ne cédera pas aux dérives de l'État de droit,
04:37c'est parce qu'il fait référence à cette loi immigration
04:39qui a été retoquée en partie par le Conseil constitutionnel.
04:43Il se dit, si je ne passe pas par le référendum,
04:46je buterai toujours sur ces instances.
04:48C'est ça l'État de droit ?
04:49C'est ce qui le gêne, en fait ?
04:50Ça, c'est quelque chose que l'on a déjà beaucoup entendu chez Bruno Retailleau.
04:54Et plus largement, c'est une pensée aussi
04:56qui est très répandue chez un certain nombre de personnalités des Républicains.
05:00Et d'ailleurs, s'il y a un point commun entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez,
05:03c'est bien sur ce sujet.
05:04Ils ont tous les deux beaucoup dit que l'État de droit,
05:07le cadre actuel, présentait trop de limites, trop de restrictions.
05:13J'ai vu au ministère de l'Intérieur les verrous
05:15à faire sauter face à l'impossibilisme.
05:19J'ai du mal à le dire tellement ça paraît pas très français.
05:22Alors, l'impossibilisme, on a vérifié pendant...
05:25On a tout stiqué.
05:26C'est un courant marxiste
05:29qui considère que les réformes sociales dans le capitalisme
05:32sont futiles, voire contre-productives.
05:35Si Bruno Retailleau cite des concepts marxistes,
05:36là, vraiment, c'est un scoop.
05:38Et ça prône la révolution socialiste, l'impossibilisme.
05:41Donc, c'est assez curieux.
05:42Lui, vraisemblablement, veut organiser...
05:44C'était pas le sens qu'il lui donnait, visuellement.
05:45Non, je pense pas.
05:46Je ne crois pas que c'est le sens qu'il veut lui donner.
05:47Lui, en tout cas, veut organiser une forme de révolution
05:50par rapport aux normes,
05:52notamment sur la question de ces référendums
05:55qui doivent permettre, selon lui,
05:56de réduire drastiquement l'immigration,
05:59de donner la priorité aux droits nationaux
06:01par rapport aux institutions européennes.
06:03Là aussi, quelque chose que nous avions déjà entendu
06:05ces derniers mois
06:06dans la bouche de l'ancien ministre de l'Intérieur
06:09et de certaines personnalités des Républicains
06:12pour s'armer davantage par rapport à l'Europe.
06:15L'Europe qu'il a évoquée tout de même à plusieurs reprises
06:17en disant que la France forte devait s'inscrire
06:19dans une Europe plus forte,
06:21notamment à l'international.
06:22On parlait de ses concurrents à droite,
06:24David Lissnard, Xavier Bertrand, peut-être d'autres,
06:27qui vont se déclarer.
06:28Il y a aussi, surtout, le Rassemblement national
06:31qui a déjà vidé une partie de l'électorat des LR.
06:34Et on voit bien que Bruno Retailleau,
06:36en allant sur le terrain de l'ordre,
06:38du régalien de l'immigration,
06:39compte bien récupérer cet électorat
06:41qui, aujourd'hui, peut être séduit
06:43par une candidature.
06:44Bardella, par exemple.
06:45Oui, un profil très catholique, conservateur.
06:47Et forcément, on va commenter au RN
06:50cette candidature.
06:51Regardez, Jordan Bardella à l'instant.
06:54Pas un mot, mais une photo,
06:55un montage photo, pour être plus précis,
06:58d'un Bruno Retailleau visiblement dans une ferme
07:01et un montage qui montre les hausses
07:04des titres de séjour délivrés.
07:06Finalement, le...
07:07Du temps de Retailleau à Beauvau.
07:08Et effectivement, le confrontant,
07:10le confrontant à son bilan,
07:12son bilan qui est effectivement
07:14une hausse des titres de séjour.
07:16Ces chiffres sont parus de manière officielle
07:18de la part d'un organisme du ministère
07:20de l'Intérieur.
07:21Et ces chiffres, en effet, sont...
07:23Donc, c'est le confronter
07:24à un ministre de l'ordre,
07:26de l'ordre, de l'ordre,
07:27mais qui, dans son bilan...
07:28Mais on voit que le match est lancé quand même.
07:29Ils sont sur le même terrain.
07:31Et le match est lancé.
07:32Évidemment.
07:33Et effectivement, des sondages,
07:34des enquêtes d'opinion ont été faites.
07:36dans et parmi les sympathisants
07:38du parti à la flamme,
07:40Retailleau se classe souvent
07:41d'hommes comme une force
07:43qui pourrait apparaître
07:44comme concurrente.
07:44C'est une réalité.
07:45Il y a quand même quelque chose
07:46d'un peu curieux,
07:46parce que Bruno Retailleau,
07:48c'est le patron du parti Les Républicains.
07:49Jusque-là, on est d'accord.
08:03Jusque-là, on est d'accord.
08:04Je pense que vous avez raison
08:05d'insister sur la scénographie ce soir.
08:08La solitude.
08:09C'est un homme seul qui se déclare.
08:10Est-ce que le parti va se mettre
08:11en ordre de marche derrière lui ?
08:13C'est-à-dire, est-ce que derrière,
08:14ce soir, on va envoyer
08:15tous les lieutenants du parti
08:17faire l'après-déclaration
08:18de Bruno Retailleau ?
08:19Je suis assez d'accord
08:19avec ce que disait Olivier
08:20il y a quelques minutes.
08:21C'est vrai qu'on sent
08:22que Bruno Retailleau
08:23a eu envie ce soir
08:24de se mettre au-dessus de son parti.
08:25C'est très clair.
08:26C'est clair dans la scénographie.
08:28C'est clair dans le discours
08:29qui est vraiment un discours
08:30de quelqu'un
08:31qui, quelque part,
08:32n'aurait pas de compte
08:33à rendre à son parti
08:34et serait déjà projeté
08:35dans cette campagne.
08:36C'est le meilleur moyen
08:37de nous faire sabonner
08:37la planche derrière.
08:38En même temps,
08:39c'est assez gaulliste
08:40à dire qu'à droite,
08:41a priori,
08:42on est contre la primaire
08:44et c'est la rencontre
08:45d'un homme
08:45et de l'opinion publique.
08:46C'est évidemment
08:47ce qu'il a cherché
08:48à faire passer
08:48comme message ce soir.
08:49Mais pour autant,
08:50ce n'est pas du tout
08:51ce qui est en train de se passer
08:52dans le parti
08:52qu'il est en train de présider.
08:54Dans le parti
08:54qu'il est en train de présider,
08:56il y a un débat,
08:57il y a une discussion
08:58sur la façon
08:58dont, à la fin,
08:59on réussit
09:00à sortir un candidat
09:02soutenu
09:02par le parti des Républicains
09:04et ensuite,
09:04étape suivante,
09:05à essayer de s'accorder
09:07avec les autres forces
09:09du Bloc central.
09:10Parce que c'est là
09:11qu'il peut y avoir
09:11un problème
09:12pour Bruno Retailleau.
09:13Un ténor des Républicains
09:14me disait
09:14il y a quelques semaines
09:15Bruno Retailleau,
09:16il l'emporte sans difficulté
09:17aujourd'hui
09:18dans un processus
09:19de désignation interne
09:20qui s'organiserait
09:20chez les Républicains.
09:21Vous savez,
09:22vous vous souvenez
09:22le score assez confortable
09:24qu'il a eu l'année dernière.
09:25Mais au centre,
09:26il y a une hostilité
09:27contre lui.
09:28Et là,
09:28c'est là que les choses
09:29se compliquent
09:29parce qu'il faut discuter
09:31avec Horizon,
09:32avec les autres composantes
09:34du Bloc central.
09:36L'objectif de ceux
09:37qui défendent
09:37cette discussion,
09:38c'est de dire à la fin
09:39il faut qu'il y ait
09:39un candidat
09:40qui puisse rester
09:40face à Jordan Bardella
09:42ou à Marine Le Pen
09:42et face à Jean-Luc Mélenchon.
09:44Il peut y avoir
09:44trop plein de candidats
09:45finalement à droite.
09:46Là, on est dans
09:47une vague de submersion
09:48de vagues de candidatures.
09:50Une petite tempête,
09:51oui,
09:52c'est le cas en ce moment.
09:53Sans doute trop de candidats,
09:55ça c'est une certitude.
09:56Et beaucoup font le constat
09:57que s'ils ne parviennent pas
09:58à se mettre d'accord,
09:59il faudra voir
10:00le mode de désignation.
10:01Mais c'est le crash assuré
10:03en 2027
10:03et l'impossibilité
10:04d'avoir un candidat
10:06du Bloc central
10:07au second tour
10:08de la présidentielle.
10:09Ce qui est sûr là,
10:10c'est une accélération
10:12du calendrier
10:12du côté du patron
10:14des LR
10:14qui désormais
10:15dévoile son jeu
10:16de manière un peu
10:18surprenante ce soir.
10:19Merci Marie Chantret.
10:21Merci Alexis Cuvillier.
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