- il y a 22 heures
Ce lundi 4 mai, Antoine Larigaudrie a reçu Vincent Grard, directeur France Trade Republic, et Gustav Sondén, cofondateur de Colbr, dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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TVTranscription
00:00Tout pour investir, le déchiffrage.
00:07Ils arrivent tranquillement, ils vont s'installer.
00:09Vincent Graar de Trade Republic qui est avec nous,
00:12et Gustave Sonden de Colbert.
00:14Merci d'être en direct en plateau avec nous ce matin.
00:18On va peut-être commencer par, juste un mot,
00:21on en parlait dans le Flash Info,
00:24cette espèce d'OPA sorti de nulle part.
00:27Donc, je rappelle les faits, GameStop,
00:29il y a encore un an, un an et demi,
00:31c'était la risée de Wall Street,
00:32c'était ce qu'on appelait un même stock,
00:34c'était une entreprise qui était au bord de la ruine,
00:36on ne savait pas trop où elle allait.
00:38Alors, vendre des jeux vidéo,
00:40être une entreprise qui stocke du Bitcoin,
00:42ils ne savaient pas trop.
00:43Donc, en gros, c'était un peu un jouet spéculatif.
00:46Un an et demi après, cette boîte s'est redressée,
00:49les comptes ont quand même été apurés,
00:51elle a été reprise en main par quelqu'un de compétent,
00:53mais cette boîte qui sort de nulle part,
00:55enfin du diable au Vauvert,
00:56est en train de lancer une OPA hostile
00:58à 55 milliards de dollars sur eBay,
01:02le site d'enchaire sur Internet.
01:05Et qu'est-ce qu'ils veulent en faire légal d'Amazon ?
01:09Vincent Gras, on a vu,
01:11et on se pose la question depuis quelques semaines,
01:13de savoir si les marchés ne sont pas un petit peu,
01:16quel est le terme complaisant vis-à-vis de la géopolitique,
01:19est-ce que là, les entreprises ne prennent pas le même pli
01:22en prenant un petit peu les vessies pour des lanternes ?
01:25Quand on connaît un peu l'histoire de Ryan Cohen,
01:28le CEO de GameStop,
01:32on n'est pas très étonné.
01:35Le fait qui étonne un peu,
01:36c'est que là, on est sur un David
01:38qui essaie de manger Goliath,
01:40ce qui est très très rare quand même
01:41sur les sociétés cotées.
01:45J'ai un peu l'impression
01:46qu'il est en train d'essayer de faire avec GameStop
01:48ce que d'autres font,
01:49mais d'habitude dans le capital risque,
01:50dans le non-coté.
01:51Et il essaie d'appliquer un peu cette méthode-là
01:53sur des boîtes cotées.
01:55Avec en plus une optique, j'allais dire,
01:57il se comporte un peu comme un fonds activiste.
02:01C'est-à-dire, il prend 5% du capital en loose day,
02:03enfin discrètement, sur le marché,
02:05et ensuite il dit, vous allez faire ci,
02:07vous allez faire ça.
02:08Et sinon, ça va mal aller.
02:09Donc du coup, on a un peu une compilation
02:11de ces différentes optiques de marché.
02:12Et c'est ce qu'il a fait avec GameStop
02:15depuis 2019.
02:16Il est arrivé au capital,
02:17ensuite il s'est fait nommer président
02:18et ensuite CEO.
02:19Donc en fait, il prend le capital
02:20et ensuite il impose les changements.
02:22Et c'est un peu ce qu'il essaie de reproduire là
02:23avec eBay.
02:25Cela dit, la logique n'est pas mauvaise en fait.
02:27Il veut utiliser les 1600 magasins GameStop
02:30aux Etats-Unis comme hub logistique
02:33pour améliorer la livraison côté eBay.
02:36Ce qui ferait, d'un point de vue économie d'échelle,
02:39sens.
02:40Cela lui permettrait d'économiser à peu près
02:422 milliards par an de coûts de fonctionnement.
02:44Ce qui est énorme.
02:45C'est vrai que l'essentiel de l'activité d'Ebay,
02:48à 95%, ce n'est pas eux qui s'occupent
02:51de la logistique.
02:52Exactement.
02:52Donc là, il réintègre la chaîne de valeur
02:54et ça permet de conserver,
02:55voire d'améliorer les marges.
02:56Ce qui est plutôt une bonne idée.
02:58Maintenant, on parle quand même
02:58d'une opération de 56 milliards
03:00qui est financée majoritairement par de la dette.
03:02Donc, ça reste un pari.
03:04Il reste un pari aussi.
03:06Exactement.
03:07Donc, c'est une sorte de LBO très risqué.
03:12Gustave Sanden, peut-être juste un mot de commentaire.
03:14En plus, j'ai regardé le nom de la banque
03:16qui est mandatée pour l'opération.
03:17Je ne connaissais pas du tout.
03:18C'est une toute petite banque en ligne canadienne
03:20qui doit se faire une pub monstrueuse là-dessus.
03:23Mais là aussi...
03:26Télébank, je crois.
03:27C'est ça.
03:27Télébank.
03:28Effectivement.
03:29Moi, je trouve ça assez intéressant.
03:31Parmi les gagnants du e-commerce,
03:33il y a Amazon, on en a parlé,
03:35mais aussi Walmart.
03:36Et Walmart, c'est un bon exemple
03:38d'un schéma qui est parti
03:40justement d'un maillage physique
03:42et qui a construit par-dessus
03:43une très bonne plateforme de distribution digitale.
03:46En jouant justement aussi
03:47sur ces effets logistiques.
03:49Clairement, c'est plutôt ça, à mon avis,
03:51le modèle vers lequel
03:52veut se rapprocher Ryan Cohen
03:55avec justement cette présence
03:57ou ce maillage digital
03:58peut-être plus concentré
04:00sur les petits produits.
04:02Donc, c'est assez intéressant
04:03en tant qu'actionnaire minoritaire.
04:05S'il arrive à convaincre
04:06que dans l'intérêt social
04:08de l'entreprise dans son ensemble,
04:09c'est le meilleur partenariat possible,
04:11alors tout est envisageable.
04:13En tout cas, assez amusant
04:15effectivement comme sujet à suivre
04:17dans ce marché,
04:18comme on le disait en introduction.
04:21Peut-être un peu complaisant.
04:22Oui, le seul truc aussi,
04:24au-delà du côté risque,
04:25du côté track record de GameStop
04:28par rapport à eBay.
04:29Alors, c'est vrai qu'Ebay
04:29n'a jamais fait des merveilles en bourse,
04:31mais l'objet, ça va peut-être aussi
04:34pour la direction d'Ebay de dire
04:35mais nous, on ne peut pas
04:36devenir les concurrents d'Amazon.
04:37On va se fracasser.
04:38Nous, on a toujours été
04:39un petit truc avec,
04:41et on en reparlera d'ailleurs
04:42en fin d'émission,
04:44des enchères sur les objets
04:45de collection des choses
04:46assez pointus,
04:47enfin pas du vrai commerce en ligne.
04:49Donc, du coup,
04:49il y a peut-être l'objet même
04:50de l'entreprise
04:51qui pourrait changer
04:52et ça, ils pourraient
04:53ne pas être d'accord
04:53et les actionnaires pourraient
04:54ne pas être d'accord non plus.
04:56Après, il y a une prime de 20%
04:57sur le cours actuel d'Ebay.
04:58Oui, tout à fait.
05:00Même de 45%
05:00si on regarde la moyenne.
05:02Mais voilà, encore une fois,
05:03avec de la dette,
05:04avec des actions GameStop
05:06qu'on ne sait pas où elles vont.
05:08Un peu de cash aussi quand même.
05:09Un petit peu.
05:10Voilà.
05:10Et c'est aussi peut-être
05:11l'occasion de réhabiliter
05:12une vieille endormie.
05:13On en parlait avec Vincent
05:14en introduction.
05:15On se disait,
05:17hors antenne,
05:18cette marque,
05:18elle est quand même un peu datée.
05:19On la connaît tous.
05:20C'est vrai.
05:20Un peu l'un des premiers leaders.
05:21Là, vous avez une autre marque
05:23qui est une vieille marque
05:24mais qui a une communauté
05:25extrêmement forte.
05:26C'est ça qui fait la force
05:27des marques d'aujourd'hui.
05:27Le côté communautaire.
05:28Donc, de réhabiliter
05:29une vieille marque
05:30avec une communauté
05:31très très forte
05:31et un playbook industriel
05:33qui a quand même du sens.
05:34On en parle.
05:35Je trouve que ce n'est pas hors sujet.
05:37Mais bon,
05:37les chances de succès,
05:38je ne vais pas regarder Polymarket,
05:39sont pour l'instant
05:40encore un peu limitées.
05:41Les Polymarket...
05:42Pardon, pardon.
05:42C'est dit n'importe quoi.
05:44Oh, en parlant de Belle Endormie,
05:45un très bel article
05:46du Wall Street Journal
05:47sur le retour en force
05:47de Blackberry.
05:48On ne parle plus des téléphones,
05:50bien évidemment, malheureusement,
05:51mais des systèmes de sécurité.
05:53Et là, il y a peut-être
05:53quelque chose à jouer.
05:54Effectivement,
05:54il y a peut-être une deuxième vie
05:56à trouver pour Blackberry.
05:57Elle est déjà en cours
05:58mais apparemment,
05:58ça se précise
05:59puis ça commence à intéresser
06:00les investisseurs.
06:02Tiens, Gustave,
06:03on va juste revenir quand même.
06:04On en parlait aussi
06:05sur le sans-faute
06:07de la high-tech américaine.
06:08Ça délivre,
06:09ça fait du bénéfice.
06:10Il y a du CAPEX.
06:11Il y a même Google
06:12qui est en train de nous dire
06:13mais attendez,
06:15l'IA ne va pas concurrencer
06:16nos moteurs de recherche sponsorisés.
06:18Il n'y a pas de destruction de valeur.
06:21C'est deux activités
06:22qui se complètent
06:23et qui sont un boost de performance
06:25l'une de l'autre.
06:26On a à peu près
06:27les ingrédients idéaux
06:29pour la high-tech riquaine,
06:30finalement.
06:30Si on fait un petit peu
06:31le décompte de tout
06:32ce qui a été publié
06:33et qui s'est terminé
06:34par Apple vendredi.
06:35C'est incroyable
06:37et en même temps,
06:38c'était prévisible.
06:39Il y a un mois,
06:40on était en plein
06:41dans l'œil du cyclone,
06:43du conflit géopolitique.
06:44On ne parlait que de ça,
06:45c'était dur
06:45de parler d'autre chose.
06:46Et vous avez fait remarquer
06:48sur le plateau,
06:48attention,
06:49dans le même temps,
06:50les analystes relèvent
06:51leurs objectifs de résultats.
06:53Donc en fait,
06:54pour les entreprises américaines,
06:55Q1, Q2, Q3, Q4.
06:57Il y en avait encore
06:57sous la tête.
06:58Par ailleurs,
06:59ce qu'on voyait,
06:59c'est que les positions,
07:00notamment des investisseurs retail,
07:02étaient plus vendeuses
07:03que jamais.
07:04C'est ça.
07:04Donc très protégées.
07:05Oui, oui,
07:06c'était ce qui changeait la donne.
07:07Notre constat,
07:08à ce moment-là,
07:08c'était de se dire,
07:09nous c'est le constat
07:10qu'on avait fait chez Colbert,
07:11c'est de se dire,
07:11attention,
07:11la sensibilité des marchés
07:14à la hausse
07:15sera peut-être
07:15beaucoup plus forte
07:16qu'à la baisse
07:16puisque les marchés
07:17sont déjà couverts.
07:18C'est ça.
07:18Et ce qu'on voit effectivement,
07:19en fait,
07:20c'est que ces analystes,
07:21pour le coup,
07:21ne se sont pas trompés
07:22et que les résultats
07:23sont là,
07:25massivement là.
07:26Si on prend par exemple
07:27Alphabet,
07:28donc Google,
07:28on parle de plus 60%
07:31de CA
07:32sur la partie cloud
07:33et ça se traduit
07:34par un BPA,
07:35donc un bénéfice par action,
07:36en hausse de 90%
07:39sur le trimestre.
07:42Quand on regarde
07:42les chiffres d'affaires,
07:43tout est au-dessus
07:44des attendus,
07:46on est autour
07:46de plus 2,
07:47plus 3.
07:48Quand on regarde,
07:48en revanche,
07:48les bénéfices par action,
07:50on est à plus 90%
07:51par rapport à l'attendu.
07:53Donc,
07:53ce qu'on voit
07:54dans les marchés là,
07:54aujourd'hui,
07:55ce n'est pas
07:55de la spéculation
07:56sur le détroit d'Hormuz,
07:58va-t-il ouvrir,
07:59fermer,
08:00ou quel sera
08:00le prochain contentieux
08:01géopolitique.
08:02Ce qu'on voit,
08:03c'est des résultats
08:03d'entreprises
08:05exceptionnels
08:06qui dépassent
08:07largement les attentes
08:07et qui sont effectivement
08:08largement portés
08:10par la partie
08:13IA
08:14de ces business.
08:15Là,
08:15on se focus souvent
08:16sur les Mac 7
08:17et les Magnificent 7,
08:18les 7 plus grosses valeurs
08:19dont leur place
08:20est importante.
08:20Mais donc,
08:21si on regarde
08:22effectivement dans le détail,
08:24sur Alphabet,
08:24toujours,
08:25plus 60% du CA
08:26sur la partie cloud
08:28et en fait,
08:28on est à plus 30%
08:29sur Amazon.
08:29Donc,
08:30on voit que c'est bien
08:30la partie cloud
08:31elle-même tirée
08:32par l'utilisation
08:33de l'intelligence artificielle
08:34qui vient driver
08:35ces grosses valeurs
08:36à la hausse
08:36et effectivement,
08:37on peut étendre
08:37la démonstration
08:39sur l'ensemble du marché.
08:40Oui,
08:41et puis,
08:41on est rassuré aussi
08:42parce qu'Apple continue
08:43de vendre
08:44beaucoup de téléphones
08:45et voilà,
08:46il n'y a pas d'enjeu structurel
08:48IA hyperscaler
08:49et ça lui permet
08:50de signer aussi
08:50de bonnes performances.
08:52Vincent Grave,
08:53vous avez un commentaire
08:54sur ces résultats ?
08:55Eh bien,
08:55c'est ultra concentré
08:56sur ces boîtillards
08:58en fait.
08:59Quand on regarde ça,
08:59on ne peut pas interpréter ça
09:01comme les États-Unis
09:02vont bien.
09:03Si on regarde
09:03le S&P 500 équipondéré
09:05qui enlève
09:07tout ce billet
09:08de taille de capitalisation,
09:09ce n'est plus du tout
09:10la même histoire.
09:11On est d'accord.
09:13Juste une exception,
09:15j'ai quand même regardé
09:16les résultats
09:16de valeurs
09:17très traditionnelles
09:18et très cycliques
09:18comme Caterpillar
09:20où je me suis dit
09:21mais ils vont se prendre
09:22la marée.
09:23Enfin,
09:23c'est une catastrophe
09:24le contexte en ce moment,
09:25mais pas du tout.
09:26Et leurs prévisions
09:27sont même meilleures
09:28qu'attendues.
09:28Il y a des choses
09:29à reconstruire
09:30dans le monde quand même.
09:31Oui,
09:31deux,
09:31trois trucs.
09:32c'est pas mal utile
09:33en ce moment.
09:34Oui,
09:34mais je parlais aussi
09:36de John Deere,
09:37des valeurs comme ça aussi.
09:38On sait que l'agriculture,
09:40en ce moment,
09:40on a des chiffres
09:41absolument épouvantables
09:42sur l'agriculture
09:43aux États-Unis.
09:44Tout le monde
09:44est en train de fermer,
09:45il n'y a plus d'engrais,
09:46il n'y a plus de semences,
09:46il n'y a plus rien.
09:47Mais c'est ça
09:54donc j'ai vu une estimation
09:56qui disait que
09:56tant que le baril
09:57ne serait pas à 180 dollars,
09:59l'économie américaine
10:00ne souffrirait pas
10:01du pétrole.
10:02C'est effrayant.
10:04Sur les engrais agricoles,
10:05c'est une autre histoire
10:05complètement.
10:06Oui,
10:06les chiffres ont plus
10:07que doublé,
10:08enfin c'est un délire.
10:10Et alors,
10:11on reste avec vous
10:12pour parler de la BCE
10:13au milieu de ça.
10:15Alors,
10:16on a commenté jeudi
10:17un petit peu
10:18le discours en direct
10:19de tout ce qui s'est passé
10:20et avec,
10:22par exemple,
10:22Gilles Mouèque d'AXA,
10:23on trouvait,
10:24mais c'était
10:27un petit peu partagé
10:28en termes de diagnostic,
10:29on trouvait que le ton,
10:30du point de vue
10:31de la nuance,
10:32était un tout petit peu
10:33plus accommodant.
10:34On avait une Christine Lagarde
10:36qui était un petit peu
10:37plus attentive,
10:38déjà qui mettait
10:39vraiment en garde
10:40toujours sur les risques
10:41inflationnistes
10:41liés à l'énergie,
10:43sur l'activité
10:43des entreprises,
10:44etc.
10:44Elle ne peut pas faire
10:45autrement de toute manière,
10:46tout le monde le voit.
10:47Et deuxièmement,
10:48avec un ton,
10:49on va sans doute relever
10:500,25 les taux
10:52en juin.
10:54Maintenant,
10:55pour le reste,
10:55elle avait un discours
10:56beaucoup moins
10:57entre guillemets
10:58agressif
10:59qu'en début d'année
10:59où elle disait
11:00mais voilà,
11:01on va vers une dérive
11:02inflationniste
11:03et il va falloir relever
11:04les taux.
11:04En gros,
11:05elle est un petit peu
11:06plus mesurée.
11:07Est-ce que finalement,
11:09ce n'est pas une bonne nouvelle
11:11ou une moins mauvaise nouvelle
11:12pour l'Europe ?
11:13Et la mauvaise nouvelle,
11:14c'est qu'on s'oriente
11:16vers une situation
11:17où on va être
11:18en stagflation,
11:20qui est une situation
11:21très compliquée
11:22parce que quand vous êtes
11:24en stagflation
11:25et qu'en même temps,
11:26vous êtes un État endetté,
11:28ça devient très difficile
11:29de pouvoir agir.
11:31Donc là,
11:31qu'est-ce qui se passe ?
11:32Il y a 0% de croissance
11:33en France.
11:34Après,
11:34on ne s'attendait qu'à 0,25.
11:35Donc la déception
11:37n'est pas énorme.
11:39Le chômage,
11:40la tendance est plutôt négative
11:42que positive actuellement.
11:43Vous avez,
11:44pour la France particulièrement,
11:46un pays qui est endetté
11:46à 115% de son PIB,
11:48ce qui donne une marge
11:50de manœuvre politique
11:51qui est très réduite.
11:53Et étant donné que le budget
11:54a été fait sur des prévisions
11:55de croissance
11:56et qu'on est sur une croissance
11:57à 0,
11:57il y a un moment,
11:58il va falloir réajuster
11:59quelque part.
11:59Soit de la dette,
12:00soit plus de recettes fiscales
12:02et du coup,
12:03vous impactez
12:04la consommation des ménages
12:06et potentiellement
12:06les entreprises
12:07si vous augmentez
12:08la fiscalité de ce côté-là.
12:10Soit vous coupez
12:11des coûts,
12:11des dépenses du coup,
12:13qui peuvent être sociales
12:14ou autres de l'État.
12:16C'est un pari
12:16qui est assez risqué
12:17au début de campagne présidentielle.
12:19Donc là,
12:19la situation est
12:22surtout très attentiste,
12:23je pense.
12:24Donc on peut
12:24se mettre accommodant.
12:26La vérité,
12:27c'est que l'inflation augmente,
12:29la croissance est nulle.
12:32c'est très compliqué actuellement.
12:34Gustave ?
12:35On ne maîtrise pas grand-chose,
12:37c'est un peu le problème
12:37et c'est pour ça
12:38que vous verrez
12:38que moi,
12:39je me concentre,
12:40vous avez remarqué d'ailleurs
12:41beaucoup sur les États-Unis,
12:42c'est qu'eux,
12:43ils maîtrisent
12:43leur politique énergétique,
12:45nous pas.
12:46Eux,
12:46ils maîtrisent effectivement
12:47un petit peu plus
12:49leur masse monétaire,
12:50nous moins.
12:51Et donc nous,
12:52on s'est coupé finalement
12:53de notre principale source énergétique
12:55après l'électricité
12:56il y a quelques années,
12:57je le rappelle,
12:58pour se retrouver
12:59avec des options
13:00qui sont limitées
13:01et on a choisi
13:02de devancer le cycle monétaire
13:03pour une fois.
13:04C'est-à-dire qu'on ne devait pas suivre
13:05les US
13:05mais on était capables
13:06de prendre de l'avance a priori.
13:08Et bien là,
13:08on se retrouve un petit peu gênés
13:09par cette avance
13:10puisque je le rappelle,
13:11les US,
13:11ils ont réduit leur taux
13:12à une vitesse plus lente
13:14que nous,
13:14Européens.
13:15Et donc évidemment
13:16qu'on n'a pas les moyens
13:18au niveau des individus,
13:19le marché de l'immobilier
13:20reste à tonne,
13:21au niveau des entreprises,
13:22d'augmenter en fait
13:23ces taux de financement.
13:25Donc ce n'est pas un luxe,
13:26c'est à peine un choix.
13:28Tant que la BCE
13:29pourra maintenir les taux
13:30à ce niveau-là,
13:31elle le fera
13:32jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus.
13:33Mais ce que je dirais,
13:34c'est qu'il faut surtout
13:35espérer que les Etats-Unis
13:36arrivent à se remettre sur pied
13:38et à partir de là,
13:39on pourra avoir
13:39une trajectoire
13:40un petit peu plus visible
13:41et sereine.
13:43Bon,
13:43on va terminer par,
13:44je ne sais pas,
13:45les valeurs qui vous plaisent
13:46et on va parler
13:47d'un filigrane
13:49assez sport
13:50et équipement sportif
13:52dans cette émission.
13:52Je vous le rappelle,
13:54à 11h50,
13:55on va vous présenter
13:55un truc absolument exceptionnel
13:57à ce niveau-là,
13:57une pièce de l'histoire du sport,
13:59une vraie relique sacrée.
14:01Mais en attendant,
14:02on va parler
14:02des équipementiers sportifs
14:05et dites donc,
14:06est-ce qu'Adidas
14:06n'est pas en train
14:07de régner en maître
14:09au niveau
14:10où elle est en train
14:10de partir au tapis Nike ?
14:13Alors,
14:13c'est une entreprise
14:14que j'aime bien,
14:14c'est une entreprise
14:15que je surveille.
14:17Ils ne sont pas en train
14:17de mettre au tapis Nike.
14:18Par contre,
14:19ils sont en train
14:19de mieux exécuter.
14:20En termes de dynamique,
14:21ce qu'ils ont dit,
14:22il y a quelque chose
14:22qui est en train
14:23de se passer.
14:24Exactement.
14:24Donc,
14:24ils sont en train
14:25de réussir
14:26dans la stratégie
14:27qui consiste
14:28à supprimer
14:29les intermédiaires
14:30de la distribution
14:31et avoir une distribution
14:33beaucoup plus en direct.
14:34Donc,
14:34ça passe par le site e-commerce,
14:36ça passe par des magasins
14:37détenus en propre.
14:38Donc,
14:39cette stratégie-là,
14:40ils sont en train
14:41de l'exécuter.
14:42Ça fonctionne.
14:43Ils ont augmenté aussi
14:46la part
14:47que représentent
14:47les vêtements
14:48par rapport aux chaussures.
14:49En fait,
14:50les chaussures,
14:51c'est là
14:52où on marge
14:52un tout petit peu moins.
14:53Les vêtements,
14:54vous margez beaucoup.
14:55Et ils ont augmenté
14:56de 35%
14:56sur leur exercice.
14:59La part
15:00de l'habillement,
15:02on va dire.
15:02Donc,
15:03contrôle des marges,
15:04distribution directe,
15:05augmentation des volumes,
15:06c'est une tendance
15:07qui est plutôt bonne
15:08pour Adidas
15:08en ce moment.
15:09Et souvenez-vous,
15:10il y a quand même eu
15:11un truc...
15:12Ce n'est pas souvent
15:13qu'une marque de sport
15:15fabrique,
15:16conçoit
15:16et vend
15:17avec succès
15:17un produit iconique.
15:19Et là,
15:20on a vu
15:20un petit événement
15:22quand même
15:22qui s'appelle
15:23la veste chinoise Adidas
15:24que tout le monde voulait,
15:26qui s'est vraiment
15:28écoulée
15:28à des niveaux
15:29un petit peu
15:30macroéconomiques
15:31pour Adidas
15:32et qui change peut-être
15:33la donne.
15:34Quelque chose
15:34est peut-être
15:34en train de changer
15:35là-dessus.
15:36Gustave,
15:37un petit mot à dire ?
15:37Oui,
15:38effectivement,
15:38je pense à Nike
15:39qui avait fait cette erreur
15:41pour le coup
15:41les concernant
15:42de vouloir supprimer
15:44ses intermédiaires
15:44parce qu'ils ont un réseau
15:45de distribution
15:46exceptionnel.
15:46les grands gagnants
15:47dans un premier temps
15:48on parlait peu
15:48d'Adidas,
15:49on parlait plutôt
15:49des nouvelles marques
15:51lifestyle,
15:52sportswear,
15:52on pense effectivement
15:54à Halo,
15:55dans le yoga,
15:56à Oka,
15:56sur le running.
15:58Le normal,
15:58c'est peut-être plus aux US
16:00mais effectivement
16:00ça pourrait marcher
16:01mais vraiment
16:01ces marques
16:02lifestyle premium
16:03parce que Nike
16:03était sur ce positionnement-là,
16:05en fait,
16:05ils ont laissé
16:05les étagères vacantes
16:06en partant à ce moment-là
16:08et en voulant mettre
16:08la pression
16:09ou en voulant intégrer
16:10plus de prix
16:10et ces marques
16:11se sont précipitées
16:12sur ces étagères
16:13qui étaient à leur disposition
16:14et ont pris
16:15d'importantes parts de marché.
16:17Aujourd'hui,
16:17on voit que
16:18ça serait le comble,
16:19c'est-à-dire que
16:19sur la partie distribution,
16:21ils se sont fait concurrencer
16:22par les marques
16:23que je viens de citer
16:23et sur la partie intégration,
16:25ils sont en train
16:25de se faire avoir
16:26par Adidas.
16:26Donc là,
16:27ils sont pris un peu
16:27en étau
16:28entre les deux
16:29et il y a un vrai enjeu
16:30je pense pour Nike
16:32de renouvellement
16:32et c'est vrai
16:33que les derniers chiffres
16:35sont cathares.
16:36Ils ne sont toujours pas bons
16:37parce qu'on attend
16:38des pirements.
16:39la tendance est mauvaise
16:40et on a dépassé
16:42à la baisse
16:43les mauvaises tendances
16:44sur les derniers résultats
16:44que j'avais suivis
16:45en tout cas.
16:46Il y a six mois,
16:46ça mérite un rafraîchissement
16:49mais effectivement
16:50un peu triste
16:51pour cette marque
16:51pour l'instant.
16:53Vincent Grard
16:53de Trade Republic
16:55et Gustave Sandet de Colbert,
16:56merci d'avoir commenté
16:58avec nous
16:58cette actualité
16:59encore passionnante
17:01du plus petit
17:01au plus gros.
17:02pour l'instant.
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