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  • il y a 1 semaine
Ce lundi 2 février, Alexis Karklins-Marchay, directeur général délégué d'Eight Advisory, était l'invité d'Annalisa Cappellini dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin. Ils sont revenus sur la nomination probable, si la validation du Sénat est obtenue, de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale américaine, en lieu et place de Jerome Powell. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Avec Alexis Karklis, marché comme tous les lundis, directeur général délégué de Date Advisory.
00:04Bonjour Alexis, ravi de vous retrouver dans la matinale de l'économie avec Annalisa Capellini.
00:09Pour cette interview, on va reparler de la nomination probable, attention, parce qu'il faut la validation du Sénat
00:15de Kevin Warsh à la tête de la réserve fédérale américaine, en lieu et place de Jerome Powell.
00:24On peut peut-être déjà redire Kevin Warsh, Alexis ?
00:28Absolument, Kevin Warsh, 55 ans, originaire de l'État de New York, diplômé de deux grandes universités, Stanford et Harvard, en droit.
00:36Il a commencé sa carrière en banque d'affaires chez Morgan Stanley, où il y a passé 7 ans jusqu'en 2002.
00:40Et en 2002, il a été nommé conseiller économique du président George W. Bush.
00:452006, il a été nommé plus jeune gouverneur de la Banque Centrale Américaine, de la Fed.
00:51Il a alors 35 ans.
00:52Il a joué un rôle assez important en 2008, au moment de la crise de Lehman, parce que sa connaissance du monde des investisseurs,
00:57du monde de Wall Street, a été très important dans la structuration de la réponse américaine à cette crise majeure.
01:03Depuis, il a quitté la Fed en 2011, et il enseigne, il est conférencier, et puis il est également administrateur d'un certain nombre d'entreprises.
01:10Donc, il a un profil, un parcours, j'allais dire, très classique dans le monde de la finance américaine.
01:15Annalisa.
01:16Alexis, on sait qu'il n'était pas le favori jusqu'à il y a quelques semaines.
01:20Qu'est-ce qui a joué en sa faveur ?
01:21C'est vrai que c'est un outsider.
01:23Alors, ce n'est pas sur son parcours, encore une fois, son parcours académique et professionnel très, très cohérent.
01:28Il a un profil plus juriste qu'économiste de formation, mais finalement, Jérôme Powell, c'était déjà le cas.
01:33Il a une carrière impeccable, banque d'affaires, maisons blanches, Fed et enseignement.
01:38Et il est proche du Parti républicain.
01:40Trump le considérait déjà en 2017 pour prendre la tête de la Banque Centrale Américaine.
01:45Il avait finalement préféré Jérôme Powell.
01:47Il est membre d'un groupe, d'un think tank assez influent aux Etats-Unis, qui s'appelle le Group of 30.
01:52C'est le groupe des 30, qui regroupe des financiers, des investisseurs.
01:56Il était pressenti secrétaire au Trésor en 2024, donc au moment du retour de Trump à la Maison-Blanche.
02:02Il était effectivement un outsider.
02:03Il était bien sur la shortlist quand même.
02:05Mais il s'est bien entendu avec Trump.
02:08Il a un réseau d'influence assez important.
02:11Il est soutenu notamment par, par exemple, par Jamie Dimon, qui est le dirigeant de la banque JP Morgan.
02:15Et puis, il se dit aussi que sa nomination est en partie liée à son épouse, puisqu'il est marié avec Jane Lauder.
02:23Jane Lauder, c'est l'héritière du groupe cosmétique Estée Lauder.
02:26Et son père, le père de Jane Lauder, c'est Ronald Lauder.
02:28C'est un grand, grand donateur du Parti républicain.
02:31Un ami de Donald Trump, personnel.
02:33Et il se dit que c'est même lui qui lui aurait suggéré d'acheter le Groenland.
02:37Vous voyez que tout est lié.
02:38La mission de Jérôme Powell prend fin au mois de juin.
02:41On sait que ça ne va plus entre lui et Donald Trump, que le président lui fait une vie impossible.
02:48Quelle va être la mission ?
02:49Qu'est-ce qu'on attend concrètement de ce futur patron de la réserve fédérale ?
02:53Sa première mission, c'est de baisser les taux d'intérêt.
02:57C'est une demande constante, récurrente de Donald Trump.
03:00Baisser les taux d'intérêt pour soutenir la croissance économique et le marché du travail.
03:05Pourquoi ? Parce que l'économie américaine, depuis quelques mois, se porte bien, mais moins bien qu'elle ne le fût.
03:12La croissance est relativement limitée.
03:13Il y a des tensions, la baisse sur le marché du travail est un peu au ralenti.
03:18Et donc, il y a besoin, selon Donald Trump, de baisser les taux d'intérêt.
03:23Mais dans le même temps, l'inflation est encore à 2,7%.
03:26C'est-à-dire un niveau supérieur à ce qu'elle devrait être.
03:29Or, on prête à Kevin Walsh d'avoir été un faux cours, en tout cas dans le passé.
03:34C'est-à-dire quelqu'un très attaché à la lutte contre l'inflation, avec une certaine orthodoxie monétaire et budgétaire.
03:40Et donc, on s'attend, on attendait.
03:41Et c'est ce qui rassure d'ailleurs les marchés.
03:43On le voit depuis l'annonce de sa future probable nomination.
03:47On voit que les marchés sont rassurés parce qu'il a cette image de faucon.
03:50Oui, il devra aussi lutter contre l'inflation.
03:55Il a annoncé qu'il voulait réduire, ça c'est important, le bilan de la Banque centrale américaine.
04:00Là encore, un élément qui est donné comme un gage d'être un faucon.
04:04Sa voie va être très étroite parce qu'il est coincé finalement entre une maison blanche qui lui dit,
04:08qui lui demande, qui demande à la Banque centrale baisser les taux,
04:11et dans le même temps, un marché financier, des marchés financiers qui ont besoin d'être rassurés,
04:15que le dollar est toujours une monnaie de réserve importante,
04:17et que les taux d'intérêt doivent quand même être à un bon niveau pour lutter contre l'inflation.
04:21Justement, on sait que parfois, les promesses des candidats banquiers centraux ne sont pas tenues.
04:26Ça avait été le cas avec Jerome Powell, qui avait été choisi personnellement par Donald Trump,
04:30avant de se fâcher avec lui.
04:32Est-ce qu'il y a le risque qu'il se passe la même chose avec Kevin Walsh ?
04:35En fait, c'est tout l'enjeu de l'indépendance de la Banque centrale américaine.
04:39Et d'ailleurs, encore une fois, c'est un élément qui a rassuré les marchés.
04:42On attend à ce que Kevin Walsh soit, compte tenu de son parcours, compte tenu de ses soutiens,
04:46suffisamment résistant à la pression d'une maison blanche très envahissante,
04:51qui n'hésite pas à être très agressive, y compris publiquement,
04:55quand la politique monétaire ne plaît pas à la maison blanche.
04:59Il a cette mission de vraiment réussir à trouver ce juste équilibre
05:05entre, d'un côté, le soutien à l'économie,
05:10et de l'autre, une capacité à bien lutter contre l'inflation,
05:13et en même temps, faire en sorte, encore une fois, que le dollar ne baisse pas trop.
05:17On sait que le dollar a pas mal baissé.
05:19On a vu que le dollar avait monté. Pourquoi ?
05:20Parce qu'il y a un certain nombre d'investisseurs qui doutent de la stabilité du dollar,
05:25qui doutent de la capacité du pays à lutter contre les déficits qui sont abyssaux,
05:30et qui doutent aussi même de la géopolitique américaine,
05:33qui fait peur et qui, parfois, même contrarie un certain nombre d'alliés,
05:36notamment des fonds d'investissement étrangers, qui ont beaucoup investi en dollar.
05:38Donc, c'est vraiment cette ligne de crête, cette fit ligne de crête,
05:41où là, Kevin Walsh va avoir un rôle extrêmement important sur sa personnalité.
05:45En tout cas, il est capable, compte tenu de ses soutiens, compte tenu de son image,
05:49compte tenu de son passé, il est capable d'avancer sur cette ligne de crête avec confiance.
05:55Et d'ailleurs, on l'a vu, il y a un certain nombre de banquiers centraux,
05:58Marc Carnet, par exemple, qui est pourtant très critique de Donald Trump.
06:02Marc Carnet s'est félicité de la nomination de Kevin Walsh.
06:05Alors, la nomination, probable, parce que je l'ai dit tout à l'heure,
06:08il y a quand même un certain nombre d'étapes d'ici juin,
06:11pour être sûr que c'est lui qui va bien passer.
06:12– Absolument. Alors, en théorie, ça doit être une formalité.
06:16Simplement, le Sénat doit approuver cette nomination.
06:19Et avant que le Sénat, dans son ensemble, l'approuve,
06:21il faut qu'il y ait le comité bancaire du Sénat qui l'approuve.
06:24Or, ce comité, un membre qui s'appelle Tom Tillis,
06:27Tom Tillis est sénateur de Caroline du Nord, c'est un républicain.
06:31Mais c'est un républicain qui a été relativement critique de Donald Trump
06:34depuis le début du deuxième mandat,
06:36et surtout qui a fixé une règle qui s'est vraiment insurgée
06:40contre les poursuites judiciaires qui ont été engagées
06:43à l'encontre de Jérôme Powell sur des histoires de rénovation
06:46des bâtiments de la Banque Centrale Américaine.
06:48Et il se dit qu'en fait, ces poursuites judiciaires ont été pilotées,
06:52en tout cas commandées par la Maison-Blanche.
06:54Et donc, Tom Tillis a demandé à ce que cette enquête judiciaire soit arrêtée,
06:59ces poursuites soient arrêtées,
07:00avant de donner son approbation pour nommer Kevin Walsh.
07:03Très très vite.
07:04Alors, il reste encore quelques mois pour Jérôme Powell à la tête de la Fed.
07:07Qu'est-ce qu'il va faire pendant ces derniers mois ?
07:09Il va essayer de se faire discret ?
07:10Il va avoir encore quelques décisions à prendre ?
07:12Non, de mon point de vue, il va beaucoup travailler sur
07:15réaffirmer l'importance de l'indépendance de la Banque Centrale Américaine,
07:20rappelant que sa mission, c'est d'abord et avant tout de lutter contre l'inflation,
07:23tout en étant, bien sûr, très intelligent sur la gestion de la croissance économique
07:27et du marché du travail.
07:28Merci Alexis Karklins.
07:29Il n'y a pas une chance qu'il ait fait ça simplement par communication,
07:33c'est-à-dire qu'on connaît les messages de Donald Trump,
07:36ses allers-retours, ses changements d'avis.
07:38C'est possible, mais quand on voit le message qu'il a envoyé au moment de la nomination de Kevin Walsh
07:41en disant qu'il va être un très grand président de la Fed,
07:43peut-être même le meilleur, je cite,
07:45on a quand même une indication assez forte.
07:47Effectivement, Alexis Karklins,
07:48marché, directeur général délégué d'Eight Advisory.
07:51Merci beaucoup d'être venu ce matin, comme tous les lundis,
07:53dans la matinale de l'économie.
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